Quelques idées de films



Oyez , oyez! La page critique va, cette année, un peu changer. A présent, chaque film intègre le classement annuel et est noté sur 10. (l'ancienne première catégorie correspond aux films ayant reçu une note comprise entre 0 et 2,5, etc...).

Ainsi, la page critique 1999 se présenterait à présent sous la forme :

1 - La fille sur le pont (10)
2 - Fight Club (9)
3 - South Park (8,5)...


Sur ce, en avant pour de nouvelles aventures:

  1. In the mood for love - (9) est le petit miracle que l'on n'espérait plus cette année. Au coeur d'une histoire temporelle et pourtant contemporaine, 2 personnes, magnifiquement incarnés par Maggie Cheung Man-Yuk et Tony Leung Chui-Wai, hésitent à se rencontrer et à s'aimer pour ne pas suivre la voie de leurs conjoints. Par petites touches, les scènes étant très courtes, entre chaleurs et pluies, Wong Kar-Wai dépeint une histoire simplement belle. Merci.

  2. Billy Elliot - (9) est une magnifique comédie humaine où l'émotion n'est pas la moindre de ses qualités. Subtile et entraînant (Jamie Bell étant étonnant), le film offre un instantané douloureux des années Thatcher (connue pour sa générosité) en situant les évènements pendant la longue grève des mineurs. Mais, point de larmoyances faciles (d'autant plus que la mère de Billy est mort). Seulement d'extraordinaires séquences (le face à face père-fils à l'entrée de la mine, la réponse de Billy devant le jury de l'école de danse, etc...) qui demeurent longtemps dans nos souvenirs.

  3. Gladiateur - (8) est tout simplement exceptionnel. Nous faire croire que le péplum peut être subtil et (presque) intimiste est un exploit qui marquera l'année 2000. D'autant plus que les acteurs sont à l'unisson du scénario, parfaits. Que ce soit Maximus, incarné par Russel Crowe, héros pour qui l'honneur est tout, ou Commode, vécu par Joaquin Phœnix, tout en lâcheté et folie, l'alchimie est totale, Commode et Maximus, n'étant que les 2 faces d'une même pièce, même pas séparés par leur amour pour Connie Nielsen. Rien n'est prévisible mais tout est espéré. Rendez vous dans le Colisée pour la gloire de Rome et le plaisir du spectateur.

  4. A tombeau ouvert - (8) est une hallucination de près de 2 heures qui se partage entre descente aux abysses et hilarité générale. Le film retrace 3 jours de la vie d'un ambulancier new-yorkais qui n'attend qu'une chose : être renvoyé pour dormir enfin sans que le souvenir d'une ancienne victime ne vienne le hanter. Nicolas Cage zombise avec talent, aidé au passage par son épouse (Patricia Arquette excellente actrice de True Romance, Lost Highway ou Goodbye lover) ou John Goodman.

  5. X-men - (8) est la surprise de cet été. On ne l'attendait plus, mais voilà que 8 ans après Batman returns (qui sera l'objet courant Septembre d'un dossier), une adaptation bédé est réussie. Incroyable ! Et on doit ce miracle au réalisateur des excellents Usual suspects et Un élève doué : Brian Singer. Ne s'attachant pas à la naissance des pouvoirs de tous les mutants (et c'est une très bonne idée... car ne rallongeant pas inutilement le film et laissant la porte ouverte pour de nouveaux épisodes), il se concentre sur Wolferine (aka Serval) et Rogue (aka Malicia). L'histoire sans être trop originale est une ode à la tolérance, notion parfois oubliée. Courez-y vite... pardon, volez-y vite.

  6. Chicken Run - (8) est la nouvelle réussite du studio Aardman qui ravira sans mal petits et grands. En effet, en parallèle à une comédie tonitruante, on retrouve de nombreux clins d'oeuil au cinéma (notammant à la Grande évasion et la scène du mitard pour Steve MacQueen). Très vite, on oublie que l'on est devant un film d'animation pour ne retenir qu'une chose : il faut sauver les poules !!! On attend déjà les nouvelles aventures de Wallace et Gromit.

  7. Incassable - (8) est surprenant. Décevant à la sortie, il devient vite obsédant. En effet, plus on y réfléchit, plus on découvre ses qualités, car elles sont nombreuses. Tout se fait par petites touches et si on n'en perçoit pas immédiatement toutes les subtilités, elles contribuent au plaisir du spectateur.
    Les acteurs y sont évidents de naturel : Bruce Willis continue son petit bonhomme de chemin de héros ordinairement extraordinaire, tandis que Samuel L.Jackson accumule les moments de bravoure (sa chute dans les escaliers n'étant pas la plus agréable de ses scènes). A voir pour savoir si nous ne serions pas nous même des héros.

  8. High Fidelity- (8) est la comédie romantique intelligente de cette année, au même titre que Dieu seul me voit l'était en 1998 et En direct sur Ed T.V. en 1999. Oubliez tout de suite la bande annonce qui nous laisse croire que le film se concentrera sur les 5 pires ruptures du héros. Bien au contraire.
    C'est sa dernière aventure -qui vous rappellera forcément quelque chose - qui va l'occuper (et nous de même) durant la totalité du film. Entouré par d'étonnants personnages, John Cusack a voulu ce rôle, le produisant même et offrant à Stephen Frears une chance d'exprimer à nouveau sa légèreté et son intelligence. Il a eu raison.

  9. The Yards- (8) narre les mésaventures d'un homme trop honnête pour son entourage, qui, après avoir connu la prison, ne recherche que le calme pour sa mère. Mais, on ne choisit pas toujours... la famille guide vos choix au profit des siens. Mark Wahlberg confirme le bien que l'on pense de lui, à l'unisson avec Joaquin Phœnix qui sera parvenu en un an à être talentueux dans 2 grands films. Rare.
    N'oublions pas Cameron Diaz qui dans un registre subtil demeure crédible. Fou, non ?
    Non, the Yards.

  10. Sleepy Hollow - (7,5) démontre une fois de plus les talents de Tim Burton et de Johnny Depp. Sur un scénario pas très original, le premier donne naissance à une belle rêverie, notamment par ses choix d'éclairages qui donnent à l'ensemble un côté surréaliste suranné. Quant au second, il est une fois de plus excellent, rappelant, par bien des aspects, Edward Aux mains d'argent. Comme le reste de l'équipe est à la hauteur, le film se savoure sans retenue.

  11. Harry, un ami qui vous veut du bien - (7,5) n'est pas nécessairement un gars mauvais, ni envahissant. Il est serviable et possède une philosophie de la vie qui lui évite tous les problèmes. Il aime la poésie et a une pulpeuse petite amie (Sophie Guillemin demeure craquante de sensualité naturelle). Et en plus, il considère que le meurtre œdipien du père ne doit pas rester symbolique. Alors, c'est sûr qu'il est très serviable.

  12. Toys Story 2 - (7) montre, une fois de plus, qu'en se donnant certains moyens on peut parvenir à faire une suite supérieure à l'original. En effet, Toys Story 2, s'appuyant sur un scénario et une qualité d'images sans pareils, nous émeut (la vision des jouets délaissés peut aussi s'appliquer au relationnel humain), nous fait rire souvent (on s'amuse à retrouver quelques références cinématographiques comme l'attaque de T-Rex ou le vrai père de Buzz l'éclair...) et nous fait vivre une belle aventure.

  13. Les Rivières pourpres- (7) n'est pas exempt de défauts (la fin en est hélas la preuve, car baclissime !!!), mais le 4ème film de Mathieu Kassovitz est un polar de qualité. Il est en effet arrivé à recréer une atmosphère pesante, voire glauque sans tomber dans les caricatures offertes par Six-pack et Résurrection. Son casting (Reno - Cassel - Farès) est un réel sans-faute. Certes, la résolution de l'affaire est parfois obscure, mais cela ne nuit en rien au plaisir ressenti à la vision de ce film.

  14. Snatch - (7) reprend le découpage de Crimes, Arnaque et botanique ainsi que certains de ses protagonistes. Le résultat se partage entre rires et révolte, avec une preuve supplémentaire du talent de B.Pitt. Espérons que le nouveau mari de Madonna sera se renouveler sans perdre son originalité.

  15. Scream 3 - (6,5) finit (presque) en beauté la trilogie de Wes Craven. Si aucune surprise n'était réellement attendue, le remplaçant de Kevin Williamson n'étant pas un aventurier (pourquoi ne pas avoir vraiment supprimé un des rôles principaux ?). Mais la mécanique est toujours aussi efficace et le tueur reste imprévisible. Mais qui s'en soucie ?

  16. Kennedy et moi - (6,5) présente un beau portrait d'un cinquantenaire au bord de la rupture et des conséquences plus que néfastes sur son entourage. Jean-Pierre Bacri crée un personnage touchant qui sait être abjecte au bon moment (la première visite de son futur gendre est un instant de plaisir). Mais, en perpétuel équilibre, il vacille mais ne tombe pas. Bacrissime.

  17. Le goût des autres - (6,5) est le retour du duo Jabac. L'étude des personnages est toujours aussi bien ciselée, permettant au casting, cohérent et de qualité, de briller (avec une palme particulière pour son humanisme à Jean-Pierre Bacri).
    Alors pourquoi ce film ne se retrouve-t-il pas au sommet de cette liste ?
    Peut-être parce que l'on devient très exigeant avec les gens que l'on aime... Naturellement, ce film est à conseiller et mérite un immense succès en salle.

  18. Scary Movie - (6,5) marque le retour de l'esprit ZAZ appliqué au cinéma à la mode, celui des slashers. Si le scénario repique génialement celui de Scream, il lui ajoute un sens de l'énorme, au sens premier du terme lorsqu'il parodie le meurtre de Rose McGowan. Sexuellement actif, la recherche de l'assassin ne nous intéresse pas, mais à la différence de la série de Wes Craven, on peut être certain que l'héroïne ne reviendra pas nous ennuyer. Et c'est une excellente idée.

  19. Taxi 2 - (6,5) a le mérite de ne pas se prendre la tête. Sans complexe, l'équipe se reforme et nous offre une copie plus délirante que l'original (comme quoi...). Ne serait-ce que pour le démarrage vocal d'une voiture prototype ou une déclaration enflammée dans la plus stricte intimité... Opération Zen, en somme.

  20. Space Cow-boys- (6,5) est une bonne production du valeureux Clint, qui réalise un rêve enfantin : voler dans l'espace. Entouré par une fine équipe (T.L.Jones, D.Sutherland, J.Gardner) qui prend un vrai plaisir à assumer son âge, il renvoie Armageddon à ses chères études, bien qu'employant les mêmes recettes. Mais, c'est du Clint...

  21. La parenthèse enchantée - (6) aurait pu être un grand film, les acteurs s'étant pleinement investis dans cette plongée psychédélique de la fin des sixties, mais comme l'histoire d'amour entre Vincent Elbaz et Clotilde Courau, le film tourne un peu sur lui-même, et finit par rater la plupart de ses cibles. L'ensemble demeure tout à fait appréciable et certaines scènes, comme le sauvetage clinique du couple Viard-Zem, nous rappellent que nous sommes dans une comédie.

  22. Erin Brokovitch - (6) n'est sans doute pas très original par son thème (le combat de gentils David contre la méchante très riche et surpuissante Goliath), mais l'est par son traitement, puisqu'il est plus que rare qu'un film d'avocats justiciers se passe totalement de scènes larmoyantes de procès. De plus, grâce à une tonne de coton et un wonderbra sous-dimensionné, on découvre une facette rare de Julia R. Et si finalement, c'était une grande actrice ? Ce doute m'a effleuré et a contribué au plaisir du visionnage. A vous de voir.

  23. American Beauty - (6) est une pure descente aux enfers de l'American Dream. Kevin Spacey continue à bâtir la carrière cinématographique la plus brillante de cette fin de millénaire; quant à Annette Bening, elle nous prouve qu'elle peut être plus que Mme Warren Beatty ou l'actrice du navet Prémonitions, ce qui n'est pas un mince miracle.
    Vive la famille...

  24. En pleine tempête - (6) offre des images impressionnantes (je n'aimais déjà pas le bateau par temps calme, mais alors là) et des paraboles lourdes (l'apparition d'un rayon de soleil laissant espérer aux 6 marins qu'ils vont s'en sortir), des personnages bien décrits (puisque la première heure est consacrée à la présentation de l'équipage) et d'autres caricaturaux (vilain entrepreneur qui pousse les courageux marins à l'exploit pour pêcher ces sal**** d'espadons). On est ému par les (trop ?) grosses ficelles de ce drame tiré d'un fait réel. Un bon film d'été en somme.

  25. Tigre et dragon- (6) offre un univers parfois féerique (trop court combat à la cime des arbres), parfois distant (ne surtout pas perdre ou faire perdre la face au mépris de tout autre sentiment y compris l'amour). Sans être véritablement un film martial, ni une réflexion sur la société au travers de la Chine, Tigre et dragon est beaucoup et si peu. Une aile pesante. Un sabre aérien.

  26. Le 6ème sens - (6) donne une nouvelle chance à Bruce de pulvériser le box-office. Mais là n'est pas le principal. On découvre avec stupeur un jeune acteur sur les épaules du quel reposent entièrement le film. Mais là n'est pas tout à fait le principal. Non, ce qui est essentiel, ce qui focalise l'attention durant la majorité du film, c'est imaginer, découvrir, trouver ce pu**** de coup de théâtre final dont tout le monde parle sans réellement trahir le secret. Alors, ne me refusant aucun scoop, je vais vous le dire...

  27. Dinosaure - (6) est la dernière création en images de synthèse des Studios Disney. Si la réussite est encore au rendez-vous, le scénario est franchement orienté vers les petits bouts de choux (malgré 2-3 passages à la Bambi) sans réelle surprise, où les gentils sont altruistes et courageux, où l'amour finit par triompher et l'égoïsme perdre. Il manque juste une pointe de perversion...

  28. Fous d'Irène - (5,5) permet à Jim Carrey d'être employé doublement pour le même salaire (ce qui est une bonne affaire pour le producteur). Les frères Farelly demeurent fidèles à leur veine scato. On aime ou pas, mais c'est un film typique pour une virée entre amis et se délecter du faux film politiquement incorrect (ce qui demeure une très bonne affaire pour le producteur). Heureusement, il y a Renée Zellweger... (qui est assurément une excellente... Désolé).

  29. Charlie et ses drôles de Dames- (5,5) n'a aucun scénario (eh! oui s'il y a eu 42 scénaristes, c'est qu'il y a eu une raison...), mais on s'en fout. Plus grave, adapter une série énervante risquait d'accoucher un film gonflant, mais on s'en fout. Tout est "too much" des cascades aux bagarres plus surréalistes et improbables les une des autres, mais on s'en fout. Les rôles masculins sont des faire-valoir plus ou moins réussis (Bill Murray n'a pas encore retrouvé un rôle à la hauteur d'Un jour sans fin), mais on s'en fout. Le tournage a été le théâtre de brouilles et de disputes, mais on s'en... ?....? Fou ! (Merci de suivre).
    On se fiche de tout car on s'occupe, durant tout le film, à compter qui aura le plus de tenues différentes et sexy des 3 angels... (ma préférence allant à Mlle Barrymore qui sort vivante d'une chute de 20 m, toute nue... Vivement le dvd, pour tester l'image par image de mon lecteur). Et c'est un prétexte tout à fait suffisant pour aller voir ce film.

  30. La veuve de Saint Pierre - (5,5) est la nouvelle réalisation du Woody Allen français (pour sa prolixité), Patrice Leconte. S'il reprend son césarisé d'acteur pour la fille sur le pont, Daniel Auteuil, bouleversant dans ce rôle de capitaine amoureux qui se sacrifie pour sa passion pour sa femme, il offre à Juliette Binoche le rôle d'une Emma Bovary un peu trop prévisible, ce qui gâche le plaisir du film. Seulement, qui aurait pu incarner cette Madame La? Peut être, Emmanuelle Béart... mais là, il ne faut guère rêver.

  31. Mon voisin le tueur - (5,5) est très frais, (craquante Amanda Peet) la morale l'emportant (magnifique Amanda Peet) puisque les méchants sont punis de façon définitive (sublime Amanda Peet). De plus, il nous offre une nouvelle manière de se débarrasser de sa femme (féminissime Amanda Peet) et offre une nouvelle image positive à un métier méconnu et décrié (Amandissime Amanda Peet) : dentiste.
    En un mot, un bon film pop-corn.
    PS: On découvre une jeune actrice, dont le nom m'échappe... mais qui devrait revenir rapidement en vedette.

  32. Le Grinch - (5) est la nouvelle exportation culturelle américaine (après le coca et Halloween). Celle-ci est moins crétine que les précédentes, mais tout juste. Là encore, si Jim Carrey est un acteur protéiforme, c'est la petite Molly Shannon qui illumine ce conte de Noël, et qui nous fait presque oublier que cette histoire s'adresse à mes petits neveux et nièce. Presque.

  33. Accords et désaccords - (5) présente la biographie apocryphe d'une tête à claques mégalomane mais guitariste génial. C'est l'occasion pour Sean Penn de nous offrir une composition nuancée et réussie, qui parvient même à nous faire aimer Emmet Ray: on désire l'écouter et l'emplâtrer.

  34. Toutes pour unes - (5) n'est pas le pire des films de Claude Lelouch, mais si vous faîtes confiance à la campagne presse, vous serez déçu. Toutes pour unes n'est pas un l'Aventure c'est l'aventure féminin, et ce pour 2 raisons : l'illustre aîné était drôle, épatant et scénarisé; malheureusement, ce n'est plus le cas à partir du milieu de Toutes.., la fin étant totalement ridicule.
    Deuxièmement, je ne suis pas encore près à vénérer Toutes.. comme je le fais de L'aventure... (Entre Ventura, Brel et Denner, il ne manque que Blier pour constituer la plus merveilleuse équipe du cinéma français).
    Pour ne pas finir sur une mauvaise note, il faut quand même remarquer que les actrices principales s'investissent totalement dans l'histoire, la rendant parfois attachante.

  35. Aniki mon frère- (5) traduit le passage de Kitano du Levant au Couchant, mais il y oublie sa subtilité et sa poésie. Heureusement, demeurent quelques moments de pures comédies (comme la rencontre Aniki-Denny ou les premières réactions du gang de son demi-frère Ken face à l'élimination de la concurrence par Aniki). Mais, cela ne fait pas beaucoup dans la balance.

  36. Shaft- (4,5) est à la Blaxploitation ce qu'est Independance Day à la subtilité, en un mot une arnaque de plus. Non pas que le film soit mauvais, mais c'est insipide, inodore et sans saveur. Désolé pour les fans de Samuel L.Jackson, mais ce n'est pas ce personnage qui marquera le nouveau millénaire.

  37. Hollow man- (4,5) n'est pas aussi creux que la vraie traduction du titre. Mais peu s'en faut. Certes, les effets spéciaux sont réussis, mais en ces temps infographiques, le contraire aurait été étonnant pour une telle production. Par contre, à quoi bon photocopier encore et encore les mauvais scénarios d'action movies déjà tournés ? Les cellules de la créativité sont-elles aussi devenues invisibles car rien ne nous est épargné : Kevin Bacon possède une résistance extraordinaire aux brûlures au 3ème degré et aux explosions (qui détruisent totalement son labo mais le laissent intact), son ex-fiancée couche avec son assistant, sa voisine se déshabille sans se soucier de ses voisins mateurs (elle est d'ailleurs craquante, mais là n'est pas la question)...

  38. Meilleur espoir féminin - (4,5) permet à Jugnot de présenter un nouvel aspect de la France profonde, en mettant en scène une question simple : que faire lorsque nos enfants ne veulent pas suivre nos traces professionnelles ? Gorgé de bons sentiments et parfaitement moral, le film n'ennuie pas, mais laisse un goût avancé de désintérêt, ce qui est pire et injustifié. Mais pourquoi y aurait-il de la justice dans les goûts du public ?

  39. Titan A.E.- (4) est un dessin animé bâtard car il n'ose pas assez pour intéresser les adultes et n'offre aucune chanson pour enchanter les enfants. Sur un scénario d'une platitude sans équivoque, on a droit à tout : la trahison d'un gentil qui gagnera sa rédemption dans son sacrifice; les méchants Aliens ,'étant qu'énergie sont donc assez invulnérables au départ pour détruire la terre, mais pas assez à la fin pour battre le héros; évidemment, au milieu d'une love-story débilitante (car l'héroïne n'ayant le choix qu'entre le jeune héros et une tripoté d'aliens, qui croyez-vous qu'elle choisira ?), on apprend que lorsqu'on est malin et aidé, on peut remettre en route en même pas une journée un vaisseau spatial - que personne n'avait eu l'idée de toucher pour trouver une bonne petite planète...
    Et si les scénaristes pouvaient se mettre à plusieurs la prochaine fois...

  40. O'Brother- (4) aurait dû être un excellent film, pléonasme de l’œuvre des Cohens'Bros. Seulement à force d'hésiter entre (presque) réalité et pur délire, ils aboutissent à un film bancal qui ne se lâche jamais assez pour nous faire rire. Seules les chansons sauvent l'ensemble. Malheureusement, elles ne durent pas longtemps.

  41. Mission impossible 2 - (4) l'est par trop, impossible. Ce n'est pas qu'il n'y ait plus aucun rapport avec la série télé, ni que Tom C. ait oublié son équipe, ni que John W. ne soit plus un virtuose de l'image ou que le scénario soit par trop simpliste (moi méchant mais caché sous masque du gentil, moi gentil caché sous masque du méchant, moi savoir bien faire de la moto, moi sauver ma copine d'une mort affreuse à la dernière seconde après avoir réglé compte du méchant). Non, ce n'est pas ça.
    Quoique.

  42. Les Acteurs - (3) n'est pas un film, mais une juxtaposition de courtes saynètes qui conservent au début du moins une certaine cohérence (les 3 premiers quarts d'heures sont jubilatoires entre les joutes oratoires du trio Marielle - Villeret - Dussolier et le couple Arditi - Briali). Malheureusement, cela ne dure pas et on se retrouve devant des sketchs plus ou moins fins (la participation de Belmondo est pathétique alors que le monologue de Delon, dont le thème demeure splendide, intervient un peu à contre courant). Le sentiment de capharnaüm hasardeux prédomine et gâche la joie de l'ensemble. Heureusement, le final est éblouissant.
    Et si finalement, le film n'avait été écrit que pour cet appel d'outre tombe ?

  43. Mission to Mars - (3) n'est pas nul, non. Il n'est pas non plus inintéressant, non. Il n'est pas non plus stupide, non.
    Non, c'est autre chose... Il est simplement inutile.

  44. Peur Bleue - (2) est le premier navet de l'année, qui a surtout l'avantage de s'assumer comme tel. Mais, en conséquence, rien ne nous est épargné : de l'ode à l'espoir qui se termine en repas-requin au requin qui parvient, en une fois, à détruire une vitre de 10 cm d'épaisseur mais doit s'y reprendre à 3 fois pour fêler la vitre d'un four...
    On attend avec impatience la victoire du requin pour abréger le supplice des "acteurs", tout en nuances, qui donnent vie à leur personnage avec délicatesse et passion...
    Non, je déconne.

  45. Résurrection - (2) est produit par Christophe Lambert, sur l'Idée de Christophe Lambert, avec Christophe Lambert, dans l'espoir avoué de redorer le blason d'acteur de Christophe Lambert. Le résultat est subtil et novateur. Entre la mort du fils unique du héros un an auparavant et le record de meurtres par le psycho-killer, entre les blagues sur les blondes et l'espoir de réintégration d'un flic mutilé, on finit par trouver le film excellent... enfin, surtout si on cherche une comédie. Sinon, Se7en sort en Dvd.

  46. Pokémon - (1,5) prouve que si vous n'avez pas de (très très) jeunes enfants, neveux, nièces ou cousin(e)s et que vous êtes allé voir ce dessin animé, il faut aller consulter d'urgence votre médecin de famille: vous retombez en enfance et c'est le premier signe d'un Alzeimer précoce. Faîtes gaffe.

  47. Six-pack - (1) est le recordman de ce début d'année de la subtilité scénaristique. Alain Berbérian a atteint des niveaux que seuls les dernières (trois fois hélas) productions de Christophe Lambert avaient effleuré. Ce film est un excellent cas d'école : il présente ce qu'il ne faut pas faire pour obtenir un bon policier. Merci beaucoup, mais à ce prix là, sans façon.

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