Quelques idées de films



Mine de rien, j'entame ici la 8e année de mes conseils partiaux... C'est fou que le temps passe vite en votre compagnie. On ne change rien, donc, à part cette phrase d'introduction :

  1. Joyeux Noël - (9) est de ces films qui vous font croire en l'être humain. À partir d'une histoire vraie (la fraternisation de tranchées ennemies au soir de Noël 1914), Christian Carion s'entoure d'un casting international (le couple Diane Krüger - Guillaume Canet, Daniel Brühl, Benno Fürmann, Gary Lewis, Danny Boon) qu'il ne diabolise pas. Car là, réside la plus grande des qualités de ce film. Après avoir débuté sur la récitation de terrifiants poèmes patriotiques, on assiste aux divers préparatifs guerriers et la présentation de nos héros (extra)ordinaires. Puis on bascule dans les diverses tranchées où chacun redoute l'Autre, cet inconnu à qui l'on prête les pires intentions. Il suffit d'un hymne écouté avec émotion, d'un chant repris en chœur pour que l'Autre devienne un Voisin, ayant les mêmes doutes, les mêmes craintes, les mêmes envies. Cet enseignement humaniste devrait être davantage d'actualité, à contrario de la réaction de la Hiérarchie qui couvrit d'opprobre ceux qui n'avaient voulu être que des humains. Il est plus facile de tuer celui que l'on hait que celui que l'on connaît. Naïf, peut-être, mais beau, assurément.

  2. Million Dollar Baby - (9) a mérité les 4 Oscar majeurs de l'édition 2005, tant est forte et émouvante cette histoire. Brouillé avec sa fille, Frankie Dunn devient, sous les yeux de Morgan Freeman, le coach d'une boxeuse qui tente d'échapper à un quotidien déprimant et à une famille dégénérée. S'apprivoisant mutuellement, le duo voit son destin basculé lors du match mondial. Si la description efficace de cette ascension nous tient en haleine dans la première partie, le final nous emporte par la grâce d'Hilary Swank et la sobriété déchirante de Clint Eastwood au delà de l'émotion. Leurs départs nous hantent longtemps après la fin de Million dollar baby, ce qui est la marque des grands films.

  3. La Chute - (8,5) a été l'objet d'une polémique injustifiée à sa sortie en insistant sur l'humanisation du monstre et le traitement de la Shoah. Si ces questionnements étaient légitimes, les dictats inquisiteurs ne l'étaient pas, la Chute ne magnifiant en rien ce personnage et l'histoire.
    Bien sûr, on découvre Hitler sous un autre éclairage. Mais c'est celui de la déchéance et de la folie affichée, à des kilomètres de toute glorification. Saluons la performance de Bruno Ganz, simplement inoubliable. Il efface des mémoires tout ce qui a été fait avant lui.
    Bien sûr, le film n'évoque (presque) pas la "solution finale". Mais, cela n'est pas son propos. Il décrit l'effondrement et le cynisme des "leaders" qui aspirent à l'anéantissement de "leur" peuple (on oublie souvent que les nazis ont d'abord sévi contre les allemands avant de s'en prendre au reste de la planète). Entre beuveries et lâchetés (ne surtout pas contrarier le chef, même si celui-ci planifie une recherche de gisements de pétrole en lieu et place d'une contre-attaque !), on est très loin des "êtres supérieurs" !
    Bien sûr, la Chute n'est qu'un film. Mais c'est un grand film.

  4. Anthony Zimmer - (8) est un polar français manipulateur et jubilatoire. La maîtresse d'un mystérieux blanchisseur d'argent sale choisit, au hasard dans un train, quelqu'un pour le remplacer aux yeux des gens qui veulent l'arrêter et/ou l'abattre. Sur cette trame, les aventures du couple principal nous tiennent en haleine pendant 90 minutes. Il faut dire que Sophie Marceau et Yvan Attal n'ont jamais été aussi convaincants. Une réussite complète. Comme quoi, 36, quai des Orfèvres n'était pas un bon polar isolé. À quand le prochain ?

  5. De battre mon cœur s'est arrêté - (8) prouve une fois de plus l'immense talent de Jacques Audiard à raconter des histoires. Après Sous mes lèvres, il nous tisse une rédemption musicale d'un infâme d'agent immobilier. C'est d'ailleurs la première fois que Romain Duris incarne un personnage, devenant enfin un acteur et non un clone de Béatrice D. Sa dualité (brute inhumaine dont les méthodes pour chasser les squatteurs font froid dans le dos / homme ému et émouvant par la musicalité du piano) nous renvoie à nos compromissions (qui n'a pas, un jour, renoncé à des rêves pour un confort éventuel ?). L'une des forces de ce scénario réside d'ailleurs à l'incompréhension de son entourage (père et "amis") incapables de se remettre en cause, en même temps que l'un des leurs, comme si Duris était un étranger ou fou. Audiard a l'intelligence de poser les questions et de ne pas y répondre, pariant sur l'intelligence des spectateurs. Espérons qu'il ait raison.

  6. Ma Vie en l'Air - (8) est la première comédie romantique française réussie depuis... Depuis ? Peut-être est-ce même la seule ? Il faut dire que cette histoire d'instructeur aéronautique terrifié à l'idée de prendre l'avion est plus qu'atypique dans l'auteurisme à la française. Pendant 103 minutes, on suit les (més)aventures amoureuses de Vincent Elbaz qui doit grandir afin d'être enfin un homme heureux. Pour ce faire, il s'épaule sur l'exceptionnel Gilles Lellouche (co-réalisateur du foutraque Narco) qui invente l'Ami ultime dans ses défauts et ses qualités et hésite entre la craquante et présente Marion Cotillard et la belle, mais irritante Elsa Kikoïne, vestige d'un passé révolu, mais inachevé. Dès lors, à l'image des meilleures scénarios romantiques (allez donc voir mon dossier consacré aux comédies romantiques pour vous faire une idée), on vibre pour nos héros et on ne souhaite qu'une fin... qu'il vous reste à découvrir en salle.

  7. Les Noces Funèbres - (8) est un magnifique conte pour tous. En mélangeant les univers de Roméo & Juliette et de l'Etrange Noël de M. Jack, Tim Burton nous offre sa seconde réussite de l'année. En ne privilégiant aucun de ses personnages amoureux (vivants et morts), il montre une fois de plus son attachement aux freaks dont l'aspect ne cache jamais leur immense humanité alors que les personnes (d'apparences) normales ont des comportements monstrueux. La musique de Danny Elfman étant à la hauteur de l'animation, c'est-à-dire enchanteresse, ces Noces... sont à voir d'urgence.

  8. Harry Potter et la Coupe de Feu - (8) était, à l'origine, le meilleur des romans comptant les aventures du jeune sorcier. Le film devient, sous la houlette de Mike Newell, le meilleur film de la série HP. Pourtant la tache n'était pas jouée d'avance, compte tenu de la longueur de livre. En recentrant les évènements sur Harry Potter, Steven Kloves et Newell parviennent à tenir le cahier des charges (notamment sur la durée de 2 h 30) tout en multipliant les moments de bravoures (la combat contre le dragon et la rencontre avec Lord Voldemort), espacés par quelques pointes de romance (les héros ont 15 ans et éprouvent leurs premiers émois). Bien sûr, on pourra leur reprocher les quasi-absences de Rogue, de Drago ou du match de kidditch. Mais qu'importe ! Le résultat est brillant et émouvant, en attendant l'adaptation du 5e (et plus mauvais) opus de la série.

  9. Kiss, Kiss, Bang, Bang - (7,5) est un délire policier qui nous propose la double résurrection de Robert Downey Jr et de Val Kilmer. Construit comme un Pulp, ce film nous plonge dans l'univers hollywoodien où strass et manipulations se côtoient dans un échange peu glorieux. Multipliant les apartés (Hé, oui ! C'est le narrateur), Downey incarne un malfrat, engagé pour jouer un détective, qui croise son amour d'adolescence, Harmony, interprétée par Michelle Monoghan. Cette dernière lui ayant demandé d'enquêter sur la mort de sa sœur, il se lance dans une enquête biscornue avec l'aide de son coach-détective gay. Bien sûr, tout est "too much" (notamment le final), mais le charme des acteurs agit pleinement, ce qui demeure l'essentiel.

  10. Saw - (7,5) est un polar crépusculaire qui vous prend et vous secoue pendant 104 minutes. Deux inconnus se retrouvent prisonniers dans une salle de bains n'ayant que quelques heures pour s'en sortir. À partir de leurs souvenirs communs, ils essayent de retrouver le chemin qui les a placés en si mauvaise position. La force de ce film réside d'ailleurs en sa construction en flash-back, qui ne nous dévoile jamais ce qui va arriver, le casting (Cary Elwes et Leigh Whannell en tête, ce dernier étant aussi co-scénariste) parvenant sans mal à nous convaincre de la perversité du maniaque. Ce superbe film vous prend, vous tient en haleine voire en apnée sans une once de soulagement. Un bad trip filmique, mais un bon trip.

  11. Le Couperet - (7,5) est une vision extrémiste du monde du travail. Constantin Costa-Gavras y dépeint un univers où les valeurs sont dangereusement perverties. Incarnant un cadre au chômage depuis 30 mois prêt à tout pour retrouver un travail et préserver sa famille, José Garcia nous rend sympathique ce meurtrier, adepte de l'élimination préventive. Le couple en bout de course qu'il forme avec Karin Viard accentue l'humanisme de ce personnage habité. Peu à peu, il devient difficile au spectateur de condamner entièrement cet assassin. Et ce n'est pas le final qui nous facilitera la tâche. Bien au contraire...

  12. Les Poupées Russes - (7,5) est le second chapitre de l'existence de Xavier que nous avions découvert dans l'Auberge espagnole. On le retrouve devenu écrivain-nègre, poursuivant sa quête de l'Amour, tout en multipliant les rencontres sans lendemain et les squats amicaux. Romain Duris continue son parcourt vers l'excellence avec une année épatante (Si Arsène Lupin a déçu certains -mais pas son interprétation !-, De battre mon cœur s'est arrêté a été unanimement salué). Pour l'accompagner, Cédric Klapisch fait à nouveau appel à Audrey Tautou (agaçante à souhait), Cécile de France (hilarante en fiancée présentée au grand-père de Xavier), Kevin Bishop (amoureux) et Kelly Reilly, LA (re)découverte de ce film. Elle justifie à elle seule l'appartenance de l'Angleterre à l'Union Européenne. Superbe et touchante, elle fait d'ailleurs la plus belle déclaration d'amour cinématographique depuis celle de Jack Nicholson à Helen Hunt dans Pour le pire et le meilleur (J.L.Brooks - 1997). Espérons la retrouver rapidement, quitte à revoir ces Poupées... bien agréables au final.

  13. Neverland - (7,5) présente une biographie burtonienne de James M. Barrie, auteur de Peter Pan. Le choix de Johnny Depp pour l'incarner n'est d'ailleurs pas innocent. Ce héros récurrent de l'œuvre de Burton apporte le brin d'enfance nécessaire à ce personnage. On s'amuse de ses inventions pour faire oublier le réel à 4 frères orphelins. On s'émeut de ses non-dits amoureux au près de leur mère, admirablement interprétée par Kate Winslet. On frissonne à la première de sa nouvelle pièce, sous le regard producteur de Dustin Hoffman. On pleure à la découverte de son pays imaginaire par la personne aimée. Une bouffée aérienne à découvrir.

  14. La Guerre des mondes - (7,5) est la version intelligente et cauchemardesque d'Independance day (R.Emmerich - 1996). En se concentrant sur les victimes humaines (et non sur les sauveurs de l'humanité), Steven Spielberg nous tient en haleine pendant 2 heures, s'offrant 2 des plus belles scènes cinématographiques de l'année : la première apparition extraterrestre et le choix d'un père pour désigner quel enfant il doit sauver. Comme quoi, les blockbusters estivaux peuvent ne pas être décérébrés.

  15. Charlie et la Chocolaterie - (7,5) est la nouvelle collaboration (clairement réussie) entre Tim Burton et Johnny Depp. À partir de la découverte d'une mystérieuse fabrique de friandises par 5 enfants (dont 4 monstres : l'ogre, la "wineuse", la "pourrie-gâtée" et le psychopathe), le jeune père Burton nous offre une virée psychédélique (notamment par la feria de couleurs), matinée de sadisme jouissif (quel plaisir de voir punir ses sales gosses par un Willy Wonka radieux !). L'humanisation de Depp, en quête paternelle, est la principale réussite de ce conte pour enfants qui ravira les grands.

  16. Il ne faut jurer de rien - (7,5) est une bulle de savon jouissive qui me rappelle les meilleurs moments de la série les Nouvelles aventures de Vidocq. En réactualisant une comédie d'Alfred de Musset de 1836, Eric Civanyan offre à un trio performant une comédie romantique légère. La délicate Mélanie Doutey campe une héritière que sa mère veut marier. Un commerçant intéressé, le parfait Gérard Jugnot, lui propose une alliance avec un neveu dévoyé, le bondissant Jean Dujardin. Pour convaincre ce dernier, il passe un pari avec lui. Mais peut-on jouer sans perdre ? L'histoire y répond avec un charme certain.

  17. Ray - (7) est une biographie sans concession d'un des plus grands génies musicaux de ce siècle, Ray Charles. En n'hésitant pas à le présenter avec ses bons et ses (très !) mauvais côtés, Taylor Hackford nous permet de découvrir un personnage loin de la vision paillette et de s'y attacher. Il faut dire que l'interprétation inspirée de Jamie Foxx (vu entre autres dans Collateral (M.Mann - 2004)) l'y aide grandement. Il ne joue pas Ray, il est Ray ! L'acteur habité (et multi-récompensé pour son interprétation) nous enchante, notamment lors de ses concerts où l'on finit par croire qu'il créé sous nos yeux des standards comme Georgia on my mind ou What'd i say. De la grâce et du swing. Que demander de plus pour passer une bonne soirée ?

  18. Hitch, expert en séduction - (7) est la comédie romantique de ce premier trimestre. En interprétant un consultant en relations amoureuses, Will Smith nous prouve qu'il peut avoir du charme loin des explosions et autres révolvers habituels. Il faut dire qu'il est parfaitement épaulé par un scénario intelligent et des seconds rôles de qualités : la belle, Eva Mendes, et le couple contre-nature, Amber Valetta - Kevin James, qui vole presque la vedette à nos héros. Au final, on s'amuse, on s'irrite et on prend plaisir à leurs aventures.

  19. Star Wars 3 : la Revanche des Sith - (7) clôt (presque) brillamment la première trilogie de Georges Lucas. Après 20 ans d'attentes, on découvre enfin ce qui a fait basculer Anakin Skylwalker du côté obscure de la force. C'est hélas la partie la plus faible de cette Revanche.... En effet après une évolution naturelle, la chute d'Anakin est plus qu'abrupte. En moins de 5 minutes, il change de maître et accepte d'exterminer des enfants. À cette réserve près, la Revanche... enchaîne les scènes de qualité (on ne compte plus les combats intenses, jusqu'à l'apothéose de la rencontre Anakin - Obi-Wan), ce qui est tout ce que les fans attendaient.

  20. Garden State - (7) est écrit, joué et réalisé par Zach Braff. Débutant comme un immense fourre-tout zarbi, cette histoire finit par nous charmer. Un jeune comédien revient dans sa ville natale pour assister à l'enterrement de sa mère. Entre des amis d'enfance passablement décalés et un père lointain, il croise l'illuminante Natalie Portman qui l'aide à faire la paix avec lui-même et les autres. On suit alors leurs aventures du quotidien avec plaisir, guettant avec délectation les sourires de Natalie et l'air ahuri de Mr Zach.

  21. The Jacket - (7) est un bon film fantastique qui s'inspire du chef d'œuvre l'Effet Papillon. Adrien Brody incarne un vétéran de la guerre du golfe amnésique qui, accusé d'un meurtre, est interné dans un hôpital psychiatrique pour délinquant. Victime d'un traitement choc, il se projette dans le futur et tente alors de modifier son présent afin d'améliorer les futurs qu'il côtoie. Secondé par la craquante Keira Knightley, la trop sous-employée Jennifer Jason Leigh et le survivant Kristofferson, il campe Starks avec un sérieux nécessaire pour une telle histoire. Un agréable film de rentrée.

  22. Angel-A - (7) permet (enfin !) d'effacer le souvenir pénible de Jeanne d'Arc (1999). Sans égaler ses plus grandes réussites - Subway (1985) et Leon (1994), Luc Besson nous propose une agréable romance et offre à Djamel Debbouze son premier grand rôle, son interprétation étant simplement éblouissante (comment oublier son face à face avec son reflet ?). Hélas, Besson pêche une fois de plus par son incapacité à terminer correctement ses histoires, gâchant (un peu) cet amour impossible entre Djamel et la sculpturale Rie Rasmussen. Au final, Angel-A n'atteint pas l'excellence de la Fille sur le Pont (P.Leconte - 1999), mais vous fait passer un bon moment de cinéma.

  23. Sin City - (7) est la première adaptation hybride d'une bande dessinée. Bâti comme Pulp Fiction (Q.Tarantino - 1994), cette œuvre multiplie les vignettes cartoonesques, à l'image des personnages que Frank Miller et Robert Rodriguez mettent en scène. Entre Bruce Willis qui se bat contre un pédophile et Mickey Rourke qui punit ceux qui ont tué une prostituée, entre Jessica Alba qui refuse de crier sous la torture et Rosario Dawson qui règne sur la prostitution, entre Benicio Del Toro qui parle même mort et Devon Aoki qui rend hommage à Kill Bill (QT - 2003), Sin City nous séduit et nous fait espérer un second volume de qualité.

  24. Robots - (7) est la seconde création de Chris Wedge après la réussite de l'Âge de glace. Secondé par une technique irréprochable et un scénario malin (où se croisent de nombreuses références cinématographiques), il nous offre une comédie pour toutes les générations, ce qui n'était pas le cas par exemple de Vaillant. Bien sûr, il n'évite pas certaines maladresses (quelques personnages, comme Bigweld, ne sont qu'esquissés), mais cela n'enlève rien au plaisir du spectateur.

  25. Tout pour plaire - (6,5) est la version féminine du Cœur des hommes (M.Esposito - 2003). On découvre ainsi les (més)aventures amoureuses et existentialistes du trio Mathilde Seignier - Judith Godrèche - Anne Parillaud. Epaulées par des dialogues savoureux (souvent dans la bouche de Mlle Seignier) et des situations rencontrées par les 2 sexes, elles s'amusent, tout en nous laissant devenir leur complice. Un premier film savoureux, donc, à voir en couple.

  26. Serenity - (6,5) est la meilleure adaptation d'une série télé depuis le prélude de Twin Peaks par David Lynch (1992). Fausse suite (ou épisode long) de la défunte Firefly de Joss Whedon, Serenity donne envie de découvrir davantage cette équipe de bras cassés. Sur le sauvetage d'une télépathe manipulée par la méchante société Big Brother, Whedon parvient à faire exister tous ses personnages (de Nathan Fillion à Gina Torres) dans leurs désirs et leurs inquiétudes. Bien sûr, l'histoire n'est pas originale. Bien sûr, Whedon a été souvent plus radical lors de ses créations Buffy et Angel. Mais, ce ne sont pas des raisons suffisantes pour bouder son plaisir.

  27. 7 ans de séduction - (6,5) est la première comédie romantique valable depuis Hitch. Sur un canevas qui rappelle l'excellentissime Quand Harry rencontre Sally (R.Reiner - 1989) (à ce sujet, guettez les prochains dossiers ciné...), en 4 scènes, Nigel Cole présente la rencontre à répétition d'Amanda Peet (principale réussite de Mon voisin le tueur - J.Lynn - 2000) et d'Ashton Kutcher (héros du chef d'œuvre l'Effet papillon - E.Bress & J.M.Gruver - 2004). Si leur alchimie est évidente pour le spectateur, les voir se croiser en vain à plusieurs reprises (en sachant pertinemment qu'il y aura un happy-end) est un réel plaisir. Ne boudez pas votre plaisir.

  28. Constantine - (6,5) est l'après-Matrix de Keanu Reeves. Dans un film à effets spéciaux non spectaculaires mais réussis, cette adaptation du comic Hellblazer introduit le personnage de John Constantine, un chasseur de démons désabusé en phase terminale. Afin d'obtenir sa rédemption, il doit venir en aide à l'agent Dodson, incarnée par Rachel Weisz, qui enquête sur la mort de sa jumelle. Bien sûr, le thème a déjà été abordé et certains rebondissements sont prévisibles. Seulement, en ne prônant pas la surenchère visuelle à la place de scénario, Constantine devient une excellente introduction à une future suite plus sombre et punchy. À suivre, donc.

  29. Saint-Jacques... La Mecque - (6,5) montre que Coline Serreau sait encore filmer avec une caméra 35 mm. Afin de pouvoir hériter, 2 frères et une sœur, malgré leurs détestations réciproques, sont contraints d'effectuer ensemble le pèlerinage de Saint Jacques de Compostelle. Entourés par des pèlerins d'univers différents (une ancienne malade chimio, un guide qui voit son couple disparaître en son absence, un lycéen amoureux qui a convaincu son ami qu'ils allaient faire un voyage religieux jusqu'à la Mecque...), ce trio (savoureusement interprété par Muriel Robin, Artus de Penguern et Jean-Pierre Daroussin) va s'humaniser, chacun découvrant sa place au sein du groupe et, par ricochet, au sein du monde. Cette ode à la tolérance multiplie les bons moments (ah... les cadres de France T*** !) et propose un avenir heureux pour tous. Et si finalement il suffisait d'une marche entre humains pour nous rendre meilleurs ? Simple... non ?

  30. Quatre Frères - (6,5) narrent la vengeance de 4 mauvais garçons que l'amour d'une assistante sociale a (presque) sauvé. L'assassinat de cette dernière les réunit, alors, dans une quête sanglante. L'originalité de ce polar de John Singleton (réalisateur, entre autres, de Shaft) réside essentiellement dans le choix de ces frères (2 noirs, 2 blancs) différents mais semblables qui s'aiment, se chambrent, se bagarrent mais se protégent envers et contre tout(s). En effet, l'histoire et la mise en scène sont des plus classiques et seule l'alchimie de cette fratrie improbable donne du charme à ces 4 frères.

  31. Kingdom of Heaven - (6,5) nous offre le retour de Ridley Scott pour une nouvelle épopée historique après la réussite de Gladiator. En nous racontant la rédemption d'un forgeron en terre sainte, il nous dépeint un monde où les hommes de bonne volonté ne l'emportent pas, débordés qu'ils le sont par des fanatiques croisés. En leur opposant des musulmans valeureux et chevaleresques, il propose une vision assez rare ces derniers temps, où l'important n'est pas ce qui sépare, mais ce qui rapproche. Une leçon de respect et d'humanisme à méditer. Par tous.

  32. L'Anniversaire - (6,5) met à l'écran un des succès de Patrick Bruel, Place des grands hommes. Un groupe d'amis se retrouve 20 ans après que l'un d'entre eux, Lambert Wilson, les ait trahis (ainsi que leurs idéaux communs). Devenu riche, le livre de son frère (Jean-Hugues Anglade souvent émouvant) lui offre une opportunité de s'amender. Mais, peut-on effacer tant d'années en quelques journées marocaines ? Bien sûr que non. Mais là n'est pas l'essentiel.

  33. Madagascar - (6,5) est la production animée 3D annuelle des studios Dreamworks. Si Gangs de Requins (E.Bergeron & V.Jenson - 2004) m'avait largement déçu, Madagascar rectifie pleinement le tir, notamment grâce à un gang de pingouins débridés. Bien sûr, les grincheux m'objecteront que le scénario n'est guère épais (ce qui est loin d'être faux) et que l'on déjà vu ça (la quête initiatique est la base du politiquement correct). Mais pour les autres, le plaisir sera au rendez-vous.

  34. Wallace & Gromit : le mystère du lapin-garou - (6,5) est (enfin !!!) la nouvelle aventure du duo phare des studios Aardman. On retrouve avec une certaine gourmandise les inventions délirantes de Wallace et la clairvoyance de son compagnon Gromit. Hélas, sur la longueur, leurs délires s'enlisent parfois, atténuant notre plaisir. Heureusement que Steve Box et Nick Park connaissent leur métier. Ils parviennent à nous concocter un film qui séduira, aussi bien, grands et petits, ce qui est, après tout, l'essentiel.

  35. Batman Begins - (6,5) est une relecture des origines de la chauve-souris. Etonnamment, ce n'est pas une adaptation sombre, pyrotechnique ou ridicule que les visions récentes des super-héros nous avaient proposée. Bien au contraire, Christopher Nolan choisit la voie de la sobriété, redonnant une certaine vigueur au personnage de Batman si maltraité par Joel Schumacher. Certes, on est loin des sommets atteints par Batman returns, mais Christian Bale campe parfaitement ce super-héros humain. À suivre, donc.

  36. xXx 2 - (6,5) règle efficacement le problème d'une suite qui perd son acteur principal et son réalisateur. Il suffit d'avoir un acteur remplaçant efficace (Ice Cube) et un maître d'œuvre (Lee Tamahori) qui a déjà prouvé sa maîtrise à l'école Bondienne. Dès lors, malgré de nombreuses extravagances inhérentes à de tels films, cette suite supplante sans mal l'original. Un bon pop-corn movie en avance sur l'été.

  37. Le Château ambulant - (6,5) est le nouveau film de Hayao Miyazaki, après le fabuleux Voyage de Chihiro. Si on retrouve l'univers de ce génie (victime d'une sorcière qui l'a vieillit prématurément, la jeune Sophie se met au service d'un puissant magicien), il y manque une pointe de magie entêtante qui faisait de Chihiro un film captivant. Bien que moins réussi, ce Château... demeure infiniment plus humain, émouvant et drôle que les dernières productions Disney, ce qui est largement suffisant pour vous inciter à aller le voir.

  38. Mon petit doigt m'a dit - (6,5) est une relecture d'un médiocre roman d'Agatha Christie par Pascal Thomas (qui a réalisé le génial Les femmes, les Maris, les Amants - À quand le Dvd ?). Epaulé par Catherine Frot et André Dussolier, il nous séduit par le pittoresque de ses personnages et de leurs univers. Hélas, le charme opère moins quand il s'attaque à l'enquête proprement dite, la faute incombant davantage au roman originel qu'au talent de Thomas. Au final, ce Petit doigt..., assez léger, se regarde sans aucun déplaisir.

  39. Mr et Mrs Smith - (6) est le film le plus glamour de l'été. Après un début drolatique chez le psy, on suit les tribulations d'Angelina Jolie et de Brad Pitt avec un plaisir gourmand. Bien sûr, il n'y a pas de scénario. Mais qu'importe, puisque dès qu'ils apparaissent, on profite de l'instant (superbe scène de retrouvailles explosives). On se demande dès lors pourquoi personne ne les avait réunis plus tôt et on se prend à espérer d'une suite rapide. Sous toutes les formes possibles.

  40. Papa - (6) est le second film de Maurice Barthélemy, membre des géniaux Robins. Après un pur délire (Casablanca driver - 2004), il nous propose un road-movie pudique entre un fils et un père (Chabat, une fois de plus grandiose). Par petites touches, il construit le drame qui a frappé cette famille, sans rechercher le mélo. Privilégiant la qualité à la quantité (le film dure un peu moins de 80 minutes), son scénario alterne scènes surréalistes (le comparatif de biscuits) et émouvantes (l'histoire racontée par Martin à son père), pour au final remporter l'adhésion du spectateur.

  41. Night Watch - (6) ouvre (parfois maladroitement) une nouvelle trilogie fantastique dont la principale originalité réside en son origine russe. En narrant un nième combat de l'Ombre et de la Lumière, Timur Bekmambetov privilégie la forme (qui rappelle les (pires) travers de Michael Bay) sur le fond (assez confus pour ce premier opus). Toutefois, les bases étant intéressantes, on attendra les Autres volets avec une certaine bienveillance.

  42. Aviator - (6), fresque de 165 minutes, narre 20 ans de la vie du magnat Howard Hughes, de son film Hell's Angel au vol de son "Hercules". Extravagant et névrosé, il conquit Hollywood et les airs, mais perdit l'esprit. Parce que Leonardo DiCaprio nous offre sa meilleure interprétation, on y croit, notamment dans sa folie. La mise en scène de Scorsese, par son ampleur, pêche parfois dans sa volonté à souligner la démesure du personnage. Mais, ce n'est qu'un léger défaut dans la peinture d'un tel destin.

  43. Match Point - (6) marque un renouveau dans l'univers de Woody Allen, puisqu'il s'exile enfin de New York. Arrivé à Londres, il nous offre une ascension sociale où argent et amour ne font pas bon ménage. S'entourant de gravures de modes (Scarlett Johansson - largement plus intéressante que dans The Island - et Jonathan Rhys-Meyers), il filme ses acteurs avec une gourmandise, parfois érotique, qu'on ne lui connaissait pas. Espérons que ce regain de forme se poursuivra dans l'avenir afin qu'il nous propose une œuvre moins mineure que cette joute tennistique.

  44. Crazy Kung-Fu - (6), nouvel avatar de Stephen Chow après Shaolin soccer, mélange délires à la Tex Avery et hommage aux films de kung-fu, références mondiales et clins d'œil asiatiques, combats variés et love-story minimaliste. Qu'on aime ou pas, on ne peut que louer le talent de réalisateur de M. Chow qui nous offre une bulle de savon cinématographique : légère mais qu'on oublie aussitôt après sa fin.

  45. Espace détente - (6) est la version cinéma de Caméra café. Tenter de faire exister 15 personnages n'était pas chose facile et Solo et Bolloc'h n'y parviennent que partiellement. On a d'ailleurs souvent l'impression qu'ils ne savent pas quoi en faire (Juju, Maeva, Vince, le président...). Mais avec les piliers, le duo nous tisse une histoire souvent souriante, parfois agaçante et quelquefois grinçante. Rejoignez Jean-Claude et sa famille dégénérée et Hervé et ses magouilles pour une pause-café allongée.

  46. L'Antidote - (6) permet à Christian Clavier de ne pas se retrouver dans un nième navet et à Jaques Villeret de nous rappeler combien il excellait dans les rôles de naïf humain. Certes, l'Antidote n'est pas une comédie où on rit à gorge déployée. Certes, son scénario est assez convenu, à l'image des traîtres. Mais lorsque le duo est à l'écran, on tombe sous leur charme. Une dernière fois, malheureusement.

  47. Otage - (6) débute par un magistral générique, nous laissant espérer un bon polar. Si une partie du contrat est remplie (notamment grâce à une parfaite maîtrise technique de Florent Siri), cette nouvelle prise d'otages multiplie, hélas, les rebondissements vains (pourquoi faut-il que Bruce Willis ait encore un passé douloureux ?). Entre personnages (excessivement) torturés et effets pyrotechniques dévastateurs, le film bascule peu à peu dans un grand n'importe quoi héroïque qui se laisse toutefois largement regardé.

  48. Entre ses mains - (6) débute comme une banale histoire amoureuse entre une femme mariée (la toujours impeccable Isabelle Carré) et un vétérinaire (l'étonnamment calmé Benoît Poelvoorde). Peu à peu, leur relation, sans être malsaine, initie un malaise latent. En effet, alors que leur liaison se développe, un meurtrier hante leur région. Isabelle Carré s'interroge, comme le spectateur, sur son nouvel ami. Le découvrir n'est qu'une étape, que l'on suit avec crainte mais avec intérêt. Allez donc faire votre opinion en salle.

  49. Palais Royal - (5,5) n'est pas une comédie hilarante, mais propose une amusante étude de mœurs. En narrant la succession d'un royaume démocratique, Valérie Lemercier s'inspire de princesses anglaises pour camper Armelle, une fausse ingénue malgré elle, qui se venge de son mari et de sa belle-mère en devenant extrêmement populaire et en manipulant sa belle-famille. Responsable du scénario, elle offre à ses partenaires de nombreuses répliques mordantes (Ah... la série de P de Catherine Deneuve !). Hélas, en privilégiant un final radical, elle se prive d'un dernier pied de nez qui n'aurait pas manqué de sel.

  50. L'Amour aux Trousses - (5,5) tente maladroitement de mélanger casting "hot", comédie policière, ménage à 3 et road-movie. Sans échouer partout, Philippe de Chauveron a du mal à contenter tout le monde. Malgré des situations (souvent) ridicules et des dialogues oubliables (n'est pas de la famille Audiard qui veut), ce petit film français est sauvé par son trio d'acteurs (notamment Caterina Murino, pour qui tout le monde se damnerait).

  51. Le Monde de Narnia - Chapitre 1 - (5,5) est la riposte Disney face à la franchise Harry Potter. Il faut bien avouer que ce premier opus est loin d'égaler l'original, la faute incombant davantage à la cible visée par ce film (le (très !) jeune public) que l'univers merveilleux de Narnia. Entre une morale infantilisante (tous les gentils sont sains et sauf !!!) et des héros insipides et/ou têtes à claques (comme le jeune Edmond), on passe très près d'un immense gâchis. Espérons que le chapitre 2 corrigera cela.

  52. Iznogoud - (5,5) est la nouvelle adaptation d'une bédé à succès due à Patrick Braoudé. Il faut espérer que ce soit la dernière car après Blueberry ou autres Dalton, je finis par désespérer. Non pas qu'il n'y ait pas de moments réjouissants (Michaël Youn est hilarant dans le rôle titre), mais des mini sketchs et quelques chansons ne font pas un film s'il n'y a pas de scénario. Comme, de plus, Braoudé ne s'approprie jamais l'univers de Goscinny et Tabary, le résultat est décevant.

  53. La boîte noire - (5,5) témoigne de l'inventivité de Richard Berry qui n'hésite pas à se renouveler dans le fond et la forme. Cette troisième réalisation plonge José Garcia dans un terrifiant coma où passé, présent, réalité et délires s'entremêlent, à l'image des visages de Marion Cotillard, d'Hélène Noguera et de Bernard Le Coq. À la recherche de sa personnalité, il se redoute meurtrier, mais ne renonce pas à sa quête, quitte à se perdre définitivement. C'est hélas ce qui nous arrive lors du final qui ternit terriblement ce thriller psychologique. Vivement la prochaine réalisation de Berry.

  54. Combien tu m'aimes ? - (5,5) prouve que :
    1) Monica Bellucci est une incroyable beauté (malgré des formes très épanouies) et une excellente actrice ;
    2) Bernard Campan a largement gagné sa place dans le milieu cinématographique français ;
    3) Bertrand Blier a un talent certain pour la construction d'histoires bizarres ou l'écriture de dialogues souvent percutants, mais il ne sait plus comment achever ses films de manière cohérente.
    Au final, ce film, au fort potentiel de sympathie, est une déception, malgré des seconds rôles de qualité (Jean-Pierre Daroussin et Gérard Depardieu).

  55. Peindre ou faire l'amour - (5,5) est une vision provinciale de l'échangisme. Le couple Azéma - Auteuil achète une maison à la campagne et sympathise avec un couple voisin, l'aveugle Sergi Lopez et la craquante Amira Casar. Dès lors, leur quotidien est rythmé par leurs hésitations et leurs attentes. Sans sensationnalisme ni moralisme, les frères Larrieu nous emmènent dans un univers tentant, mais toutefois très impersonnel. D'où un petit goût d'inachevé désagréable.

  56. Les Parrains - (5,5) se veut un hommage au cinéma d'Audiard et aux films de bandes (dont les tontons flingueurs ou l'Aventure, c'est l'aventure sont d'excellents représentants). Hélas, malgré Gérard Darmon, Gérard Lanvin et Jacques Villeret, la sauce prend mal, donnant la mauvaise impression de voir un téléfilm en lieu et place d'un polar. La faute en incombe souvent à des dialogues gouailleurs mais datés et à une volonté de manipuler à tout va. Le trop étant l'ennemi du plus, le résultat a la légèreté du gloubi-boulga. Dommage.

  57. Les 4 Fantastiques - (5,5) n'est pas la pire vision ciné de super-héros (Qui a pu oublier les inénarrables Daredevil et autre Catwoman ?). Mais ces Fantastiques s'adressent davantage au moins de 15 ans qu'aux amateurs des X-men. Faute en incombe à l'inconsistance du scénario, à la nécessité de présenter les protagonistes et à l'absence de charisme de Mr Fantastique. Un premier volume kleenex peut-être, mais pas jetable directement.

  58. L'interprète - (5,5) rate la rencontre entre la sublime Nicole K. et le dense Sean P., malgré une plongée dans les locaux de l'O.N.U. La faute incombe à un scénario plan-plan qui ne décolle qu'à l'occasion de la scène du bus. Dès lors, les douleurs de l'un et les non-dits de l'autre apparaissent trop souvent comme factices, augmentant l'immense déception qu'est ce retour aux affaires de Sydney Pollack.

  59. H2G2 : le guide du voyageur galactique - (5,5) n'est pas à la hauteur de l'œuvre de Douglas Addams, disparu début 2001 et auteur de l'unique trilogie en 5 volumes de l'histoire. Certes, on retrouve quelques bons passages du premier volume du Guide du Routard galactique (notamment les pensées du cachalot !), mais le résultat manque de substance (de par la courte durée du film) et les quelques bonnes idées (comme la traversée du désert de la Vogosphère) ne suffisent pas à l'amateur basique (que je suis) pour être entièrement convaincu. Heureusement que l'on peut trouver en Dvd Zone 2 l'intégrale de la série télé... en attendant l'adaptation (plus qu'éventuelle) des 4 autres volumes.

  60. Zim and Co - (5,5) raconte les tribulations d'un djeun's afin d'obtenir un travail sédentaire susceptible de lui éviter la prison. Bien entouré, il zone et se débat dans la morosité (et la solidarité) des cités délabrées. Pieds nickelés sortis de l'adolescence, le trio de copains, incarné par Adrien Jolivet, Mhamed Arezki et Yannick Nasso, épaulé par Naidra Ayadi, a un bel avenir.

  61. A History of Violence - (5) débute banalement sur un duo de meurtriers venus perturber la vie paisible d'une famille. Abattus par le père de famille (incarné par Viggo Mortensen), celui-ci devient le héros des médias permettant à un passé peu glorieux de ressurgir. Dès lors que choisira-t-il ? Son présent familial ou son histoire violente (d'où le titre pour ceux qui n'auraient pas tout compris) ? Le suspens est à son comble. Enfin presque...

  62. L'un reste, l'autre part - (5) n'est pas que le nouveau film de Claude Berri. C'est le prolongement de sa récente autobiographie, où il racontait comment il avait rencontré un nouvel amour peu après le tragique accident dont son fils Julien avait été victime. Il nous rend voyeur de sa douleur, en confiant à Daniel Auteuil une histoire voisine. Le couple qu'il forme avec Charlotte Gainsbourg est évident, mais difficile. Heureusement, Berri nous offre une alternative festive à cet amour naissant grâce aux mésaventures amoureuses de Pierre Arditi. Cette pointe de vaudeville permet au spectateur de se confronter à la souffrance d'un père et de ne pas la refuser.

  63. Coup d'éclat - (5) n'en est pas un. A partir d'une histoire de cambrioleurs géniaux (forcément, puisque ce sont Salma Hayek et Pierce Brosnan) et de fausses manipulations, Brett Ratner nous trousse un aimable divertissement qui aurait pu être la suite de Thomas Crown avec un peu plus d'énergie. Ce n'est pas Derrick, mais ce n'est certainement pas James B.

  64. King Kong - (5) se veut un hommage à l'original (?.Schoedsack & ?.Cooper) de 1933 par Peter Jackson. Hélas, en voulant réaliser un film-somme, il nous offre un interminable long-(beaucoup trop !)-métrage qui multiplie les moments de bravoure vains (Jackson a confondu le remake de King Kong avec celui des Jurassic Park). De temps en temps, il essaime de superbes scènes (les scènes de "séduction" entre la Belle et la Bête, notamment) nous montrant ce qu'aurait dû être ce film. Le mieux est vraiment l'ennemi du bien.

  65. Boudu - (5) n'est pas un remake de Boudu sauvé des eaux (J.Renoir - 1932) mais une réactualisation de la pièce éponyme de René Fauchois. Si sa mise en scène évoque davantage le théâtre que l'univers cinématographique, Gérard Jugnot a la chance de s'appuyer sur de bons acteurs (Catherine Frot et Gérard Depardieu en tête) pour nous faire passer quelques idées humanistes. Toutefois, il manque un petit quelque chose pour que le plaisir soit présent. À moins que je ne sois passé simplement à côté de ce Boudu.

  66. Un fil à la patte - (5) est une adaptation d'une pièce de Feydeau (le pape d'un genre théâtral particulier, celui des claquements de portes). Construit comme la pièce éponyme, il offre la réalisation d'un fantasme : je veux être à la place de Charles Berling ! Le reste, bien que charmant, n'est qu'anecdotique.

  67. L'Empire des Loups - (4,5) est une nouvelle adaptation du (très ?) surfait auteur, Jean-Christophe Grangé. À partir de son roman crépusculaire, Chris Nahon nous offre 128 minutes d'action et de suspens. Seulement, si l'écrivain peut se permettre une ode nihiliste, le réalisateur se doit d'exploiter sa star, Jean Reno, quitte à modifier la trame initiale (Souvenez-vous de la fin littéraire de Nirmans, déjà interprété par Reno dans les Rivières pourpres) pour la rendre ridicule. C'est pourquoi les aficionados de Grangé vomiront cet Empire... et ses détracteurs (et ceux qui ne l'ont pas lu !) y trouveront du plaisir. À votre avis, à quel clan appartiens-je ?

  68. L'ex-femme de ma vie - (4,5) est l'adaptation par Josiane Balasko d'une de ses pièces à succès. Sur le thème de retrouvailles difficiles (l'ex d'un écrivain fait irruption dans sa vie, bouleversant son quotidien et ses certitudes), cette ex-femme... permet (enfin !) à Karin Viard de montrer sa palette comique. Toutefois, malgré des qualités évidentes (notamment grâce à Josiane Balasko qui s'est gâtée en interprétant un psychiatre qui a changé de sexe), ce film souffre d'être à la base une pièce, la réalisatrice ne parvenant jamais à nous faire oublier la théâtralité de l'œuvre.

  69. Les Enfants - (4,5) est une vision moins idyllique de la série US 8, ça suffit ! Sur le thème de la famille recomposée, Christian Vincent montre que l'amour de 2 personnes (ici, Karin Viard et Gérard Lanvin, bons comme toujours) ne suffit pas pour assurer leur bonheur, surtout si leur entourage (en l'occurrence leurs enfants respectifs) le leur gâche (involontairement ?). Loin d'être un mauvais film, cette histoire m'a simplement laissé indifférent. Donc à vous de juger.

  70. Le plus beau jour de ma vie - (4) est la nième comédie française qui parle de mariage ou de trentenaires. Pas pire ou meilleure que les autres, elle offre à Hélène de Fougerolles et à Jonathan Zaccaï de bons moments qui permettront aux nostalgiques d'Un gars, une fille de patienter avant un éventuel 3e Best of.

  71. Le parfum de la dame en noir - (4) est le second opus des aventures de Rouletabille abordées par les frères Podalydès. Hélas, en privilégiant le bizarre sur l'histoire, la forme sur le fond, on perd en chemin le plaisir de cet univers atypique. Dès lors, tout devient sans intérêt, à l'image d'un scénario qui laisse les acteurs si libres qu'ils surjouent outrageusement, au dépend du résultat. Dans ce gâchis attristant, seule la performance de Michel Vuillermoz en curé (comme dans le délirant Des nouvelles du bon Dieu - D.Le Pêcheur - 1996) arrive à nous faire sourire.

  72. Saw 2 - (4) est la suite de l'excellente surprise Saw de ce début d'année. Si le premier opus se concentrait sur un duo, celui-ci plonge 8 inconnus dans une maison piégée sous les yeux de policiers impuissants. Croyant que davantage de gore peut compenser l'absence de bonnes idées, Darren Lynn Bousman joue la surenchère et nous perd. Tant pis.

  73. En bonne compagnie - (4) n'est pas un mauvais film, mais un film simplement inintéressant. Pourtant, les frères Weitz mélangent la comédie romantique à la satyre sociale, secondés par de bons acteurs (Dennis Quaid, Topher Grace ou Scarlett Johansson). Hélas, le résultat m'a simplement ennuyé.

  74. Brice de Nice - (4) est un film con qui s'assume comme tel. Destiné aux préados et aux adolescents attardés, Brice voit son scénario réduit à sa plus simple expression : des gags pas drôles qui s'enchaînent cahin-caha. Cassé !

  75. Chicken Little - (4) est la première production Disney en 3D. Si l'animation est à la hauteur de celle de Pixar ou de Dreamworks, l'histoire n'a rien d'emballante, devenant même un condensé du bien pensant (entre le sympathique mais - très - obèse cochon et l'affreuse petite amie) pour le jeune public (notamment américain). Chicken Little ne sauvera pas le monde car Harry Potter le devancera !

  76. Une aventure - (3,5) propose la rencontre improbable d'une somnambule bancale (Ludivine Sagnier) et d'un voisin (Nicolas Duvauchelle) qui s'est perdu dans sa relation de couple. Hélas, en privilégiant le glauque au suspens, Xavier Giannoli rate sa cible puisqu'on finit par ne retenir que le sordide de l'histoire, et non sa manipulation. Une franche déception et non une belle aventure, au final.

  77. Be Cool - (3,5) est la suite de Get Shorty (B.Sonnenfeld - 1995), une jouissive adaptation de l'œuvre d'Elmore Leonard. Si on reprend John Travolta et Dany DeVito (co-producteur des 2 films), on perd le fun de l'original. Se plaçant cette fois dans l'univers (plus que) mafieux de la musique, l'ex-préteur sur gage, Chili Palmer, aide la veuve d'une connaissance, Uma Thurman, à produire une jeune chanteuse pleine de talent. L'une des bonnes idées de l'original résidait en la présence de seconds rôles brillants. Ici, c'est malheureusement l'une des pires. Entre The Rock qui s'auto-parodie et Vince Vaughn, tellement excessif qu'il en devient crispant, on ne sait à qui décerner la palme du pire. Seul André 3000 s'en sort grandi. Au final, le capital sympathie du premier s'estompe pour laisser la place à une grande déception. Un vrai gâchis.

  78. La Vie aquatique - (3) est ratée. Même s'il demeure bien entouré (Bill Murray, Willem Dafoe, Cate Blanchett ou Owen Wilson), Wes Anderson ne fait donc pas mouche à tous les coups. Il nous propose les aventures tragicomiques d'une équipe de bras cassés à la poursuite d'un requin géant. Souvent pathétiques, elles peinent, hélas, à nous tirer un sourire.

  79. The Island - (3) a comme principal défaut d'être un film de Michael Bay. Se croyant obligé de battre à chacun de ses films le nombre maximal de plans que peut supporter un spectateur, il nous gratifie d'un montage tellement speedé que cette histoire de clonage finit par perdre tout intérêt. Et pourtant il bénéficiait d'un budget plus que conséquent et de 2 bons acteurs (Ewan McGregor et la bellissima Scarlett Johansson). Un énorme gâchis estival.

  80. Capitaine Sky et le monde de demain - (3) se veut un film d'aventures à la sauce des pulps hollywoodiens des années 30. Hélas, seule la forme semble avoir été la préoccupation de Kerry Conran (le film a été entièrement tourné devant un fond vert et retravaillé à l'ordinateur). Le fond (il faut sauver le monde !) ne tient guère en haleine.

  81. La légende de Zorro - (2,5) est la suite ratée du Masque de Zorro. Si on retrouve la même équipe (Martin Campbell derrière la caméra, Catherine Zeta-Jones et Antonio Banderas devant), 7 ans se sont écoulés et les héros (et le scénariste) semblent vraiment fatigués. Ce barbant film d'aventures ne s'adresse qu'aux enfants de 0 à 6 ans. Au delà, passez votre chemin.

  82. Les Frères Grimm - (2) sont restés plus d'un an dans les tiroirs de Miramax, en raison d'un conflit sur le montage entre le génial (et trop souvent bridé) Terry Gilliam et les frères Weinstein. Au bout de leurs désaccords, c'est le réalisateur qui a eu gain de cause. Hélas, cette fois-ci, ce ne fut pas une bonne idée, compte tenu du résultat (trop souvent) pathétique de ces Frères.... À oublier donc.

  83. Vaillant, pigeon de combat - (2) est un nouveau film d'animation en 3D. Hélas, sur une scénario sans originalité et des effets parfois cheap en comparaison des productions Pixar, cette histoire n'emporte pas l'adhésion, semblant davantage s'adresser aux (franchement) plus jeunes qu'à l'ensemble de la famille. Tant pis, on ne peut pas être gagnant à chaque fois.

  84. Ma sorcière bien-aimée - (1,5) est la nouvelle adaptation décevante d'une série télé culte. Et pourtant le choix de Nicole Kidman pour incarner Samantha était une bonne idée. Mais une fois n'est pas coutume, Nora Ephron rate totalement sa cible, la faute en incombant essentiellement à la finesse éléphantesque de Will Ferrell et au choix du remake télé de la série. Franchement, si les sorcières existent, remuez votre nez afin de faire disparaître ce navet.

  85. Sahara - (1) aurait dû lancer une nouvelle licence à la "Indiana Jones". Pour ce faire, Brian Eisner (fils de l'ex-M. Disney) sacrifie un budget de 130 millions de $ dans un film de 2 heures (qui en paraît 3) qui tente (plus que) maladroitement de mélanger romance, écologie, politique et aventure. Mais c'est sur ce dernier point qu'il échoue le plus lourdement car à trop vouloir s'approcher de la réalité, il nous ennuie. On est très loin de Benjamin Gates et le public s'en est rapidement rendu compte. À vos risques et périls donc.

  86. Travaux : on sait quand ça commence - (1) présente 2 bonnes idées : le retour d'Aldo Maccione et l'utilisation comique de Carole Bouquet. Hélas, l'Enfer est pavé de bonnes intentions et Brigitte Roüan ne parvient pas à concrétiser les siennes. Au final, on ne rit pas et on est souvent gêné par le message sous-jacent. À rapidement oublier.

  87. Last Days - (0) est une escroquerie encensée par la critique. À partir d'une absence de scénario et de plans séquences plus ou moins fixes où un ersatz de Kurt Cobain annone indistinctement, Gus Van Sant retente une déconstruction à la Elephant (2003). Au final, il faut soit de l'inconscience, soit du courage pour visualiser le film en entier. À fuir et à oublier en préférant revoir l'original.

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