Quelques idées de films



Mine de rien, j'entame ici la 9e année de mes conseils partiaux... C'est fou que le temps passe vite en votre compagnie. On ne change rien, donc, à part cette phrase d'introduction :

  1. Le Labyrinthe de Pan - (9) est une incroyable féerie réelle. Au cœur de l'Espagne franquiste, se déroulent la traque et l'extermination des républicains par les troupes au pouvoir. À leur tête, un capitaine implacable (Sergi Lopez honteusement oublié à Cannes et futur multi-récompensé pour sa performance). Sa femme enceinte fait un long voyage pour venir le rejoindre. Amatrice de contes, sa jeune fille, issue d'un premier mariage, découvre un labyrinthe de pierres dans la forêt avoisinante à l'aide d'une fée et y fait la connaissance d'un faune qui lui assigne la tache de surmonter 3 épreuves afin de pouvoir rejoindre son royaume. Commence alors le mélange des 2 mondes : celui de l'enfance magique et celui de l'adulte tragique. La plus grande réussite de ce film réside dans ce croisement qui, sans effet superflu, parvient à nous inquiéter tout en nous laissant espérer la véracité des visions d'Ofélia. Merci pour ces 112 mn de beauté et de bonheur. Elles sont si rares dans ce monde où les intelligences du cœur et de l'esprit semblent nous avoir abandonné à nos sorts si peu enviables d'humains déshumanisés. À voir encore et encore...

  2. Vol 93 - (9) est à la fois un hommage et une description clinique de l'évènement majeur de ses 5 dernières années (et aux répercutions toujours dramatiquement présentes). En choisissant de raconter à la manière d'un docu-fiction (sincère car dénué de jugements moraux) les deux heures centrales du 11 Septembre 2001, Paul Greengrass, en multipliant les points de vues (des contrôleurs aériens perdus devant leurs échos radars qui dévient et disparaissent aux passagers qui se rebellent pour survivre en passant par les terroristes fanatisés mais non tous abrutis par leur cause), nous plonge dans une abyssale apnée, efficace par sa sobriété, mais profonde par sa rigueur. Vol 93 n'est pas un divertissement estival, mais c'est un devoir de mémoire nécessaire, pour espérer poursuivre notre route.

  3. OSS 117 : Le Caire, nid d'espions - (8,5) est la meilleure comédie française de ces dernières années. En narrant, avec sérieux, les aventures d'un espion consternant (admirablement interprété par Jean Dujardin), Michel Hazanavicius réactualise le personnage de Hubert Bonisseur de la Bath, macho et anachronique. Il le plonge dans une classique mission de maintient des intérêts nationaux au Moyen Orient, où son héros évolue avec la légèreté d'un pachyderme inculte. Multipliant les bévues et les gags (il faut voir la manière qu'utilise Hubert pour ne pas être dérangé la nuit), cet OSS 117, par ses choix parodiques et sa qualité d'écriture, est digne des Tontons Flingueurs et autres Barbouzes (1964) du duo Audiard - Lautner. Culte, donc.

  4. Lord of War - (8) nous plonge au cœur de la majorité des conflits de la planète de ces 30 dernières années, grâce au portrait inspiré d'un trafiquant d'armes, incarné (avec brio) par Nicolas Cage. Par ses états d'âme (et aussi leurs absences), ses coups de poker, ses trahisons et ses certitudes, l'histoire récente présente un visage lucide (bien que souvent cynique). Evidemment, tout a un prix. On ne peut côtoyer impunément l'horreur (des dictateurs africains et leurs massacres "libérateurs", par exemple) sans que celle-ci ne vous transforme. Ainsi, notre "héros" (métaphore consciente de nos sociétés) finira par en payer un excessif. Un film fort à voir pour votre édification.

  5. Cars - Quatre roues - (7,5) fête dignement les 20 ans des studios Pixar avec la nouvelle réalisation de John Lasseter, papa des Toys Story. S'appuyant sur une technique sans faille (aucune autre production 3D n'avait jamais atteint un tel réalisme), il nous propose une histoire émouvante et simple, voire naïve (mais pas simpliste) d'une humanisation (enfin d'une "voiturisation") d'un jeune égoïste au contact de voitures solidaires. Bien sûr, il n'y a rien que l'on n'ait jamais vu (y compris le générique final surprenant, mais attendu). Mais le plaisir est là. Donc roulez-y vite.

  6. La Tourneuse de pages - (7,5) distille inquiétude et menace avec une lenteur gourmande. Ayant renoncé à une future carrière musicale en raison du comportement d'une examinatrice (dense Catherine Frot), la "douce" Mélanie (parfaite -et sublime - Déborah François) a l'occasion de s'insinuer dans l'entourage de cette dernière. Dès lors, elle n'a de cesse de se rendre indispensable au fonctionnement de cette famille. Si la réussite de son entreprise nous est acquise en préambule (la vie de la pianiste doit être et sera réduite en poussière), les moyens (discrets) qu'elle emploie et la satisfaction (retenue) qu'elle en éprouve constituent alors un vrai plaisir pervers. Cette tourneuse Chabrolienne est une excellente surprise estivale.

  7. Prête-moi ta main - (7,5) doit (presque) tout à Alain Chabat, producteur, initiateur du projet et acteur principal de cette comédie romantique française. Tout, car il se démène pour s'assurer un quotidien paisible malgré sa mère et ses 5 sœurs, bien décidées à le voir enfin pris en main par SA femme. Il s'invente une fiancée parfaite, puis la rend détestable, pour mieux réussir son coup. Il n'arrive qu'à rendre indispensable sa fausse compagne. Presque, car le septuor féminin lui tient largement la dragée haute (avec un satisfecit particulier pour Charlotte Gainsbourg de plus en plus talentueuse et pour Bernadette Laffont), à l'image de son "anti-consumériste" d'ami, Grégoire Oestermann. Une hilarante fantaisie, qui mérite son succès.

  8. Je vais bien, ne t'en fais pas - (7,5) débute comme une crise générationnelle (l'univers banlieusard étouffant l'amplifiant) pour se poursuivre par un humanisme fou. En racontant la quête d'une sœur de son jumeau parti à la suite d'une dispute familiale, Philippe Lioret nous offre une belle surprise, proposant à son quintet d'orfèvres (notamment avec les géniaux Kad Merad -qui DOIT recevoir le César du meilleur acteur- et Mélanie Laurent) une partition précise et juste, sans fioritures superflues. Émouvant et subtil, ce film ouvre agréablement l'automne cinématographique français.

  9. Quand j'étais chanteur - (7) marque le retour aux affaires de Gérard Depardieu. En incarnant un chanteur de bals populaires (et en interprétant une quinzaine de titres), il parvient à projeter sa propre carrière à l'écran, nous laissant nous interroger sur la nature de ce que l'on voit. Les doutes et les douleurs qu'il montre sont-elles celles d'Alain M. ou de Gérard D. ? Sans jamais répondre et épaulé par une Cécile de France rayonnante (et indispensable dans l'univers cinématographique français), il nous emporte pendant 112 mn, refusant la gloire (lors d'un concert de Christophe), pour se consacrer à ce qu'il sait faire de mieux : faire valser les dancings provinciaux et nous charmer.

  10. Les Brigades du Tigre - (7) est la seconde relecture réussie d'une série française (après celle de Vidocq). Certes, ce film n'est pas exempt de défauts (comme le traitement du complot de la "Triple Entente" ou de la logique de la relation Bonnot - Constance). Mais Jérôme Cornuau (pourtant réalisateur du génialissime Folle d'Elle) a su s'entourer d'un casting parfait (de Jacques Gamblin brûlant d'humanisme anarchique à la double Diane Kruger en passant par le trio star Cornillac - Gourmet - Baer). Comme le scénario possède le souffle historique qui manquait à Arsène Lupin, ce film mérite un public très large. Vivement le second volume !

  11. Nos jours heureux - (7) est un film de bandes nostalgique, dont l'innocence n'est qu'apparente. En racontant les (més)aventures d'une colo charentaise, les 2 réalisateurs offrent à Jean-Paul Rouve et à son groupe d'animateurs (notamment le trio "adulte" interprété avec légèreté par Catherine Hosmalin, Jean Benguigui et Jacques Boudet) une cure de jouvence communicative. Comme les enfants sont à l'avenant (des premiers baisers aux paris amoureux), Nos jours heureux méritent leur succès. Une excellente surprise qui a le défaut de passer trop vite, comme les vacances.

  12. Mon meilleur ami - (7) est une comédie douce-amère de Patrice Leconte, bien plus subtile que "ses" Bronzés 3 du début d'année. Il faut dire qu'il retrouve pour la 3e fois son lanceur de couteau, le parfait Daniel Auteuil. Un homme sans ami demande à un chauffeur de taxi un peu collant (Dany Boon dans la veine de Joyeux Noël - C.Carion - 2005) de lui apprendre comment se faire des amis. L'humanisation du premier sera parfois difficile, mais émouvante, épaulée par une épatante et colorée Julie Gayet. Certes, la participation au jeu animé par Jean-Pierre Foucault est un peu facile, mais l'ensemble se savoure.

  13. Président - (7) pourrait être la bio du (de la) futur(e) président(e) français(e), tant il fourmille de coups bas et de fauves politiques. Au centre de cette jungle, Albert Dupontel incarne un jeune loup qui a réussi après avoir abandonné ses illusions. Guidé par un Claude Rich chafouin à souhait, il a tout conquis, tout en préservant sa seule réussite innocente, sa fille, l'impeccable Mélanie Doutey. Hélas, lorsque ses 2 vies (l'espérée et la réelle) se confrontent sous l'impulsion de l'énigmatique anarchiste, Jérémy Renier, seul personnage un peu faiblard, Dupontel fait un choix logique, mais regrettable pour son entourage (Ah! la séance photo prise sur le vif !). Rien de révolutionnaire, en somme, mais une bonne mise en bouche de l'année électorale qui nous attend.

  14. Fauteuils d'orchestre - (7) est une valse dont les danseurs s'échangeraient leurs cavalières avec légèreté. Délicatement ciselé par Danièle Thompson (qui avait réussi ses 2 premières mise en scènes, la Bûche et Décalage horaire) et son fils, ce film choral décrit l'importance d'une journée avenue Montaigne, où diverses histoires vont se croiser. Porté par des solistes (notamment les magnifiques Claude Brasseur et Valérie Lemercier) qui s'effacent, ce film décrit avec talent un microcosme artistique et populaire. Une réussite.

  15. Inside Man - (7) est un polar de commande auquel Spike Lee insuffle son talent. Débutant comme un banal hold-up suivi d'une prise d'otages, cette histoire multiplie alors les manipulations et les coups de théâtre plus ou moins réussis (dont l'intrusion ratée de la talentueuse Jodie Foster ). Mais, grâce à une déconstruction en flash-back et aux talents de Clive Owen et de Denzel Washington, on reste captivé pendant 130 minutes par cette histoire. Une bonne surprise à déguster sans modération.

  16. La Doublure - (7) n'est pas un Veber drolatique (à l'image de la Chèvre), mais un Veber amusant (à l'instar du Placard). En développant (pour la première fois) un personnage féminin (Alice Taglioni allie beauté et comique), il se renouvelle tout en gardant ses qualités d'écriture. Même si son duo principal (Elmaleh - Auteuil) fonctionne parfaitement, il laisse aux seconds rôles les meilleures répliques (Richard Berry incarne un avocat jouissivement vicieux), déséquilibrant malheureusement sa Doublure. Au final, on passe un bon moment sans happy-end futile.

  17. Je vous trouve très beau - (7) est une comédie humaniste. En adaptant la recherche de l'âme sœur à la vie campagnarde, Isabelle Mergault aurait pu tomber dans le piège de la nostalgie (et des travers passéistes afférents). Heureusement, soutenue par un casting parfait (Michel Blanc bourru comme Raimu et Medeea Marinescu adorable expatriée), cette histoire émeut. Certes, tout est un peu (trop) bon enfant, mais pourquoi la naïveté et la simplicité seraient-ils des défauts ?

  18. Syriana - (7) est le 3e brûlot politique de ce début d'année. En présentant crûment aux spectateurs (notamment américains) les manipulations et les exactions des gouvernements (notamment américain !) afin de maintenir leurs approvisionnements pétroliers. Sur un canevas à la Short Cuts, cette production Section Eight met en scène une troupe brillante - où s'illustre l'épatant George Clooney (récemment oscarisé). On aimerait que ce ne soit qu'une fiction... Mais l'histoire récente prouve que la réalité est souvent pire que l'imaginaire.

  19. Dikkenek - (7) ose : sortir avant la fête du Cinéma et proposer une alternative intelligente à la majorité des sorties estivales; transgresser les codes de bon goût(Toutes les classes d'écoles primaires devraient visiter un musée des accidents de la route); multiplier les freaks tendance gomina (avec la découverte Jean-Luc Couchard); enchaîner les saynètes sans forcément les relier (Voir Jérémie Renier se faire régulièrement dérouiller - y compris par des enfants - est un réel plaisir, même si cela n'apporte rien à l'histoire principale - une quête du véritable amour); ne pas être tiède. Vous aimerez ou pas. En ce qui me concerne, pour l'ensemble du casting (excellent et adorable - pour la partie féminine), j'aime !

  20. Pirates des Caraïbes - le Secret du coffre - (7) reprend l'histoire là où l'opus original nous avait laissé. Alors que Will (Orlando Bloom, moins fadasse que pour le 1er volet) et Elizabeth (Keira Knightley de mieux en mieux) sont sur le point de se marier, l'arrivée d'un nouveau Commodore les oblige à se remettre sur le chemin de Jack Sparrow (Johnny Depp en roue libre totale). Dès lors, tous (je dis bien, tous !) les personnages marquants de la Malédiction... sont de retour, pour notre plus grand divertissement. Et il y en a pendant les 150 minutes de ce Secret.... Entre les multiples fourberies de Jack (et Elizabeth), les scènes délirantes de combat (notamment un "triel" mémorable), les réparties comiques, les retournements de situation, on ne voit pas le temps passé, en oubliant presque le principal défaut de cette suite : être en 2 parties !

  21. Ne le dis à personne - (6,5) confirme le talent de réalisateur de Guillaume Canet, après le coup d'essai constitué par Mon idole (2003). En choisissant d'adapter un roman d'Harlan Coben, il nous offre une expérience, parfois maladroite, mais majoritairement prenante. La quête de François Cluzet croise la route d'un casting de luxe, mais efficace (de Kristin Scott Thomas à Natalie Baye, en passant par l'incroyable Gilles Lellouche). Hélas, le final facile gâche notre plaisir, affadissant ce qui aurait pu être le meilleur polar de l'année.

  22. Bambi 2 - (6,5) est la suite réussie du classique Disney de 1942. Si le premier opus marquait la fin de l'enfance, cette suite (qui s'adresse davantage aux jeunes enfants) propose un retour à l'innocence. Sur une trame classique (l'acceptation de soi par le regard des autres), les 2 réalisateurs multiplient les émotions et les rires de personnages qu'on a plaisir à retrouver (notamment Pan Pan et Fleur), parvenant à faire de ce produit vidéo un vrai dessin animé de cinéma.

  23. Quatre étoiles - (6,5) est une histoire romantique perverse. Dépensant un héritage dans un palace cannois, Isabelle Carré (qui n'a jamais été aussi magnifiée et resplendissante au cinéma) fait la connaissance d'un escroc, José Garcia (magistral dans sa misanthropie), totalement insensible à ses charmes, et d'une victime potentielle, François Cluzet (étonnant dans sa simplicité), amoureux (é)perdu. Dès lors, on assiste à une fuite mensongère du duo (et parfois du trio) où arnaqueur et arnaqué ne sont pas forcément ceux que l'on croit, et cela pour notre plus grand plaisir.

  24. Adieu Cuba - (6,5) propose une fresque familiale centrée sur les derniers jours de Batista et les premiers de Castro à La Havane. Dinosaures aisés, la famille Fellowe doit faire face au changement. Pendant que 2 de ses frères participent activement à la chute du tyran (l'un avec Fidel, l'autre pour "Cuba libre") tout en partageant un destin identique, l'aîné (Andy Garcia, carré), directeur d'un cabaret, tente de maintenir l'union familiale, quel qu'en soit le prix (y compris son amour pour Inès Sastre). Dépassé par l'effacement des valeurs humaines et lucide sur l'avenir de Cuba (que peut faire un pays qui interdit de jouer à un orchestre s'il y a un saxophone ?), il hésite entre le crépuscule et le réveil. Épique et parfaitement interprété (du débonnaire Murray au presque caméo Hoffman), cet Adieu... n'est pas un, mais un "À bientôt" gourmand.

  25. Romanzo Criminale - (6,5) mélange fresque historique et conte policier. En effet, en narrant l'émergence d'une bande de gangsters amis d'enfance, Placido Domingo s'offre un retour sur les années de Plomb qui secouèrent l'Italie. Il mêle alors images d'archives (l'assassinat d'Aldo Moro ou le terrible attentat de la gare de Bologne en 1979) et scènes de drame aux couleurs désaturées, rendant l'ensemble cohérent et tragique. Epaulé par une troupe à l'unisson (de la sublimissime et émouvante Anna Mouglalis au ténébreux Pierfrancesco Favino), Domingo nous offre une fresque à la fois moderne et ancienne. À voir.

  26. X-Men 3 : l'affrontement final - (6,5) est un curieux dernier chapitre des aventures de nos super-héros, où le meilleur y côtoie le grotesque. Commençons par le pire : Brett Ratner n'a pas le talent de Brian Singer et sa réalisation est des plus impersonnelles. Il multiplie les nouveaux personnages, quitte à leur laisser peu de place (comme Angel) et mise davantage sur les effets (comme l'incroyable attaque d'Alcatraz !) que sur l'histoire. Néanmoins, sous sa direction, tout peut arriver, y compris la disparition des monuments. Là, réside d'ailleurs la bonne surprise de ce volet : puisque tout peut arriver, le spectateur ressent davantage l'insécurité et l'importance des choix des héros. Au final, sans être somptueux, l'enterrement de la trilogie des X-Men nous fait passer un bon moment.

  27. Volver - (6,5) est un retour aux sources (féminines) de l'œuvre de Pedro Almodovar. Pour narrer les (més)aventures de 3 générations d'une même famille, celui-ci nous plonge dans la région de son enfance et ses vents infernaux. La bombissime Pénélope Cruz y essaye de gagner sa vie en préservant sa fille de l'inconséquence de son beau-père. Lorsque survient le décès d'une tante, le fantôme de sa mère (émouvante Carmen Maura) agite le village natal. Coloré et rempli d'espoir, ce film a conquis le jury de Cannes, offrant au casting féminin et à son auteur deux prix mérités.

  28. Déjà vu - (6,5) offre une nouvelle aventure temporelle, certes pas à la hauteur de l'Effet papillon (E.Bress & J.M.Gruver - 2004), mais largement suffisante pour passer un bon moment. Il faut dire que Tony Scott a su s'entourer de solides acteurs. Après un attentat meurtrier (enfin, la menace terroriste n'est pas lointaine et abstraite), l'agent Carlin (toujours impeccable Denzel Washington) aide le FBI à retrouver le coupable en participant à une expérience scientifique (Adam Goldberg mérite de meilleurs rôles). Dès lors, tout acte a ses conséquences, bonnes comme mauvaises, confrontant les personnages (et le spectateur) à leurs (ses) propres décisions. Une excellente surprise de fin d'année.

  29. Mémoires de nos pères - (6,5) est le premier tome d'une aventure cinématographique à la Rashomon (A.Kurosawa - 1950) menée par Clint Eastwood. Ce premier chapitre est un film de guerre, mais pas seulement. En effet, à part quelques scènes de combat en flash-back, l'essentiel est la "petite" histoire derrière la grande. Ainsi suit-on le périple médiatique du trio survivant des "Héros d'Iwo Jima" en tournée pour lever des fonds afin de soutenir l'effort de guerre. Loin de tout héroïsme manichéen, leurs destins furent tragiques ou peu glorieux. Un effort de mémoire nécessaire et serein.

  30. Mauvaise foi - (6,5) propose une vision optimiste des relations judéomusulmanes, et au delà, de l'acceptation des différences. En s'inspirant de sa propre histoire (l'épouse de Roschdy Zem étant juive), le néo-réalisateur perturbe l'existence amoureuse d'un couple, par l'arrivée d'un futur bébé et la découverte du conjoint par les belles-familles. L'intelligence du scénario est, alors, de ne pas avoir céder à la facilité en donnant trop d'importance aux évènements mondiaux (la scène du poker montre d'ailleurs la bêtise des 2 camps) et à l'influence des familles car ce sont Clara et Ismaël qui décident de leur retour identitaire, par peur de leurs avenirs de futurs parents. Cécile de France et Roschdy Zem composent, de manière évidente, ce couple attachant qui préfère l'amour à la tradition passéiste, comme une preuve d'espoir à ceux qui savent que l'on est TOUS des humains.

  31. Casino Royale - (6,5) rate de peu le podium des meilleurs James Bond, la faute en incombant à un méchant à la fois charismatique et falot et à une accentuation démesurée de la relation amoureuse entre Eva Green et Daniel Craig. En décidant d'un retour aux sources, les responsables de la licence avaient pourtant fait le bon choix. Découvrir comment James Bond devenait un 00 laissait augurer d'un très grand cru, rapidement confirmé par son ingérence dans la vie de M. Hélas, la suite, malgré une superbe partie de Poker (aussi fun que celle de Maverick - R.Donner - 1994), fait la part trop belle au romantisme de Bond (où est la macho cynique originel ?) et règle le cas du Chiffre de manière désinvolte. Une faute de goût qui sera corrigée (enfin, je l'espère) dans le prochain épisode.

  32. J'invente rien - (6,5) n'est pas qu'une nième variation sur les errements amoureux de trentenaires "adulescents" (Kad Merad - inventeur dépassé par sa "créature" - et Elsa Zylberstein - dont la fraîcheur du jeu et la beauté semblent infinis), ni un conflit pour trouver sa place au sein d'un groupe, ni une ode à l'absurde (vive la pognette !) et au mystérieux (incarné par l'inventeuse Liliane Rovère). Non, c'est un tout largement supérieur à ses parties, parfois maladroit par ses dialogues ou situations, mais attachant par sa naïveté et revigorant par ses (excellents) acteurs.

  33. Bandidas - (6,5) est, certes, une production Europa grand public, mais elle a le mérite de ne pas s'adresser EXCLUSIVEMENT aux préados. Si cette histoire de Robins des Bois féminins a du mal à se lancer, dès que Salma Hayek et Pénélope Cruz sont à l'écran ensemble, le plaisir est là. Comme Steve Zahn (seule bonne idée du désastreux Sahara) se met à leur niveau de délire, ce western parodique laisse un bon souvenir et un espoir de suite.

  34. Le temps des porte-plumes - (6,5) doit peut-être son existence au succès des Choristes, mais n'est en rien opportuniste. En effet, Daniel Duval se remémore, avec nous, son enfance difficile et rend hommage au couple qui l'a accueilli (Anne Brochet distante par réserve et Jean-Paul Rouve tellement humain). L'univers campagnard qu'il décrit semblera, à certains, naïf voire factice. Mais qu'importe, car il n'y a aucune honte à être nostalgique d'une telle époque.

  35. Jugez-moi coupable - (6,5) offre à Sidney Lumet un retour dans les prétoires cinématographiques. En s'inspirant d'un procès fleuve, celui de la famille mafieuse des Lucchese, et en reprenant une partie des vrais échanges du procès, il donne l'occasion à l'inattendu Vin Diesel de prouver qu'il est un vrai (et si !) acteur. Ce dernier en profite pour faire un show à l'image du truculent Jackie DiNorscio qu'il incarne. Amusant et humain, voire émouvant (lorsqu'il s'adresse à son cousin), Diesel est la meilleure surprise de cet honnête ouvrage, qui, sans révolutionner le genre, vous fera passer un bon moment.

  36. World Trade Center - (6,5) mélange le meilleur au pire. Car il faut bien l'avouer, tout n'est pas inoubliable dans cet hommage parfois sans distance. J'en veux pour preuve l'apparition d'un Dieu à la bouteille d'eau ou LA mission divine du futur-ex-marine qui sont tellement politiquement corrects qu'elles pourraient passer pour des caricatures. Heureusement, il y a aussi l'humanisme et la fragilité du hasard (des 3 survivants initiaux, le seul épargné ne l'est pas longtemps), parfaitement incarnés par Michael Peana et Nicolas Cage. Leur survivance devient la notre et on se laisse prendre par leurs émotions, ce qui n'est pas si mal pour un film, mais tellement peu pour cet évènement.

  37. L'Âge de glace 2 - (6,5) suit la voie tracée par ses illustres concurrents (Pixar et Dreamworks) en donnant vie à une seconde aventure de ses héros emblématiques de l'Âge de glace, Manny, Sid et Diego. Bien sûr, les gags sont nombreux et le scénario insignifiant. Bien sûr, Scrat et la famille opossum volent la vedette du trio originel. Bien sûr, le plaisir et les clins d'œil demeurent là. Bien sûr, nous serons nombreux à aller les voir et à passer un bon moment. Et c'est tant mieux !

  38. Mission : Impossible 3 - (6,5) permet à J.J.Abrams de réaliser son premier block-buster après avoir créer des séries à succès (comme Lost ou Alias). Il suit d'ailleurs parfaitement le code du genre : un héros malmené (avec un acteur tête à claques), un vilain imposant (Philip Seymour Hoffman mérite son Oscar !), un complice truculent (Ving Rhames a toutes les bonnes répliques), un traître prévisible, des poursuites infernales (notamment l'évasion du méchant), des scènes d'anthologies (comme l'introduction !) et un quota survitaminé d'explosions (mais pas excessif comme chez Michael Bay). Au final, une bonne ouverture de la saison estivale.

  39. Happy Feet - (6,5) est une version animée et joyeuse de la Marche de l'Empereur (L.Jacquet - 2005) couplée à celle du vilain petit canard. Alors que les parades amoureuses s'effectuent au son de tubes célèbres, le jeune Mumble souffre d'une voix de crécelle le condamnant à rester célibataire. Seul son talent de danseur de claquettes le sauvera. Si cette réalisation de George "Mad Max" Miller n'apporte rien de neuf aux dessins animés 3 D - entre les personnages secondaires comiques et le happy-end prévisible, tout y est -, elle demeure toutefois plaisante à voir.

  40. Essaye-moi - (6,5) est un film, à l'image de son réalisateur Pierre-François Martin-Laval, naïf. La cascadeur fou des Robins a bénéficié de moyens conséquents pour mettre en image son imaginaire lunaire. Sur une romance improbable d'un cosmonaute qui demande à son amour d'enfance de l'essayer pendant 24 heures, il multiplie les vignettes candides, s'entourant de personnages touchants (Pierre Richard est LE père de Pef !) et drolatiques (les parents de Julie Depardieu, Isabelle Nanty et Wladimir Yordanoff). Un film (et un univers) rare à défendre.

  41. Entre deux rives - (6,5) est la nouvelle comédie romantique de la remplaçante de Meg Ryan, Sandra Bullock. Sur une trame fantastique (comment faire croire à une histoire d'amour se passant à deux ans d'intervalle ?) et une réutilisation d'Elle et Lui (L.McCarey - 1957), cette bluette réussit la gageure de rendre crédible cette fausse rencontre, se permettant quelques clins d'œil à la M.Night Shyamalan (guettez les signes !), et nous proposant une once de légèreté absente de nombreux films de l'été.

  42. Ma Super ex - (6) est une variation fantastique romantique dont le principal défaut est de ne pas être réalisé avec plus d'ambition. En effet, Ivan Reitman ne parvient pas à rendre crédible la partie où Uma Thurman incarne G-Girl. Il ne trouve le zeste de folie de Joe Dante pour transcender cette histoire de super-héroïne que lors de la scène de restaurant où G-Girl se moque de sauver New York afin de ne pas laisser en tête à tête Matt et Hannah. Mince, non ? Heureusement, Luke Wilson, Anna Farris, Eddie Izzard et Rainn Wilson ne se prennent pas au sérieux, parvenant à rendre sympathique ce gloubi-boulga (parfois) indigeste.

  43. Da Vinci Code - (6) n'est ni le pamphlet anti-catholique redouté (rappelons-nous que ceci n'est qu'une simple fiction !), ni le chef d'œuvre censé bouleverser l'histoire cinématographique. Ce n'est qu'un aimable polar ésotérique où Tom Hanks passe 150 minutes à se démener pour sauver sa vie (et celle d'Audrey Tautou). Si vous avez lu le roman originel, vous ne serez pas dépaysé puisque l'essentiel y est (notamment les principales fausses pistes et conspirations). Dès lors, selon votre opinion sur l'histoire de Dan Brown, vous passerez un agréable moment ou vous baillerez souvent !

  44. Le Diable s'habille en Prada - (6), adaptation du best-seller éponyme, ne révolutionne pas la comédie américaine, mais remplit pleinement son rôle : divertir intelligemment. Il faut dire que Meryl Streep nous gratifie d'un numéro, qui devrait lui permettre son 3e Oscar, en incarnant la terrifiante Miranda Priestly, papesse de la Mode et tyran professionnel. Face à elle, Anne Hathaway existe et campe, avec subtilité, sa nouvelle assistante. Par petite touche, elle évolue malgré elle, se reniant. Leur confrontation tient alors toutes leurs promesses, au plus grand plaisir des spectateurs.

  45. Les Infiltrés - (6) est une relecture d'Infernal Affairs (A.Lau & A.Mak - 2002). Tout en conservant l'essentiel des scènes chocs du film original, William Monahan développe 2 nouveaux personnages (le sergent-chef Dignam et la psychiatre Madeleine) qui permettent de lier davantage les existences de nos infiltrés principaux. Cette dernière développe ainsi un lien sentimental entre DiCaprio et Damon, absent de IA, offrant une perspective nouvelle aux existences de nos infiltrés. Epaulés par un Jack Nicholson cabotin (pire que son Joker) et dangereux, et un Martin Sheen paternaliste, ils rendent leur quête de l'Autre détonante, bien qu'un cran inférieur au duo originel. Du bel ouvrage, mais sans plus.

  46. Les Bronzés 3 - (6) est une agréable comédie qui parvient à nous distraire pendant 90 minutes. Certes, ces Amis pour la vie sont moins corrosifs que leurs modèles. Certes, les seconds rôles sont sacrifiés. Certes, l'histoire ne transcende jamais le pitch initial. Certes. Mais, c'est avec une jubilation sincère que les membres du Splendide se retrouvent et leur bonne humeur est communicative. Allez donc le vérifier par vous même.

  47. La Science des rêves - (6) a les qualités de ses défauts. Bricoleur et Méliès à ses heures, Michel Gondry nous offre un voyage en absurdie où tout est possible comme imposer à Gaël Garcia Bernal des dialogues incompréhensibles pour lui, multiplier les inventions (pas forcément) futiles comme la machine à remonter / avancer le temps d'une seconde ou mélanger rêves et réalités jusqu'à perdre les acteurs (ce qui n'est pas gênant) et le spectateur (ce qui l'est davantage). Atteint de McBealisme aigu, notre héros ne parvient plus à distinguer sa vie de ses fantasmes, comme si Gondry n'arrivait plus à boucler son rêve en film, sacrifiant quelques acteurs au passage (notamment Miou - Miou). Mais le voyage n'est-il pas toujours préférable à la destination ?

  48. L'Affaire Josey Aimes - (6) s'inspire de l'un des premiers procès victorieux pour harcèlement sexuel. En racontant la lutte d'une mère (violée à l'âge de 16 ans par son professeur) battue par son ex-mari contre le comportement indigne de ses collègues, Niki Caro offre à Charlize Theron un second rôle à Oscar consécutif. Elle y témoigne d'ailleurs d'une humanité que certain(e)s habitant(e)s ont perdu depuis longtemps. En mélangeant biopic et film à procès, cette Affaire... s'apprécie tout en édifiant.

  49. Du Jour au lendemain - (6) n'est pas le meilleur film de Benoît Poelvoorde, mais il demeure une aimable comédie. Si le départ est jubilatoire (la vie médiocre de François Berthier s'illumine du jour au lendemain sans explication), peu à peu, la quête du sens de ce revirement prend le pas sur le comique, lassant plus qu'elle n'intéresse. En voulant rationaliser son propos, Philippe Le Guay rate sa cible et perd son spectateur. Heureusement, il reste Benoît.

  50. Arthur et les Minimoys - (6) ne sera heureusement pas l'ultime réalisation de Luc Besson. En effet, même s'il reste fidèle à ses romans, il s'adresse davantage au très jeune public qu'aux amateurs de Léon (1994) ou Nikita (1990). C'est dommage car les images de synthèses sont largement au niveau des meilleures productions Pixar et Dreamworks et un scénario plus adulte n'aurait en rien gâché cet aimable compte pour enfant. À noter que les personnages 3D sont plus attachants que les vrais acteurs...

  51. Toi et Moi - (6) n'est pas la meilleure comédie romantique française, mais la plus inventive visuellement. En mélangeant romans photos et réalité, Julie Lopes Curval propose les amours (plus que) difficiles de 2 sœurs interprétées par la parfaite Marion Cotillard (qui semble se spécialiser dans ces personnages à la Meg Ryan) et la (trop) souvent agaçante Julie Depardieu. Certes, ces histoires ne sont guères originales, à l'image des dialogues, mais l'ensemble s'apprécie sans peine.

  52. Poséidon - (6) est un film catastrophe pop-corn efficace, mais sans âme. Si la psychologie des personnages n'est pas le point fort (mais compte tenu que l'histoire se déroule sur une courte durée, cela importe peu !), les scènes d'action remplissent leurs quotas de destruction et d'héroïsme (perverti par le 11 Septembre 2001). Bien sûr, un enfant ne peut mourir au premier plan et tous ne pourront survivre. Mais, bon. Vous savez à quoi vous attendre en allant voir un tel film.

  53. Monster House - (6) est un croisement entre la série Chaire de Poule et les dessins en 3D actuels, faisant de cette Maison... la descendante enfantine des House (S.Miner - 1986). Bénéficiant d'une technique efficace (et des choix clairement animés comme les chevelures des héros), Monster House a malheureusement les limites de ses ambitions, notamment du point de vue de ses rebondissements, qui font passer ceux de Derrick (1974 - 1998) pour originaux. Cela ne gâche pas l'ensemble, mais il en faut de peu.

  54. Souris City - (6) est la première incartade du Studio Aardman dans l'univers 3 D. Hélas, malgré de nombreuses références à la culture moderne et quelques belles idées (comme la maison déstructurée), le résultat demeure trop sage, la faute en incombant à un scénario simpliste et classique. Pourtant, David Bowers et Sam Fell ont su développer des personnages attachants, voire picaresques (comme "the Frog") au look pâte à modeler caractéristiques de la maison mère, ce qui laisse espérer un second opus plus réussi.

  55. Nos Voisins les Hommes - (6) est la nouvelle production Dreamworks. Si elle n'a pas l'originalité (et le charme) de leurs précédentes œuvres (y compris Madagascar - E.Darnell & T.McGrath - 2005), cette fable bon enfant et moraliste se laisse voir sans déplaisir. Bien sûr, la cible est essentiellement enfantine, mais faut-il vraiment une excuse pour prendre le frais dans une salle de cinéma ?

  56. Destination Finale 3 - (6) est une suite plus réussie que le précédent épisode, mais qui rate sa scène d'ouverture. En effet si l'explosion d'avion (Cf : DF 1) et l'accident routier (Cf : DF 2) étaient impressionnants, le déraillement de Grand 8 fait tellement cheap que l'on craint le pire. Heureusement, la suite s'améliore, les accidents mortels étant les plus inattendus. Vivement le prochain volume.

  57. Scoop - (6) est, certes, un Woody Allen mineur, mais il multiplie les bons mots au cours de cette enquête désuète, menée par la bombissime Scarlett Johansson, sur les traces de Wolferine, Hugh Jackson. Dès lors, on sourit avec bienveillance en repensant à son excellent Sortilège du scorpion de Jade (2001) et en attendant la suite.

  58. Miami Vice - Deux flics à Miami - (6) est la relecture d'une série télé (extrêmement) marquée par les années 80, où deux policiers s'infiltraient dans la pègre afin de l'éliminer. Du tape à l'œil originel et de la musique omniprésente, ne subsistent que les voitures et quelques fringues, Michael Mann ayant privilégié l'authenticité sonore de l'environnement. Hélas, il n'a pas renoncé aux grosses ficelles scénaristiques, quitte à composer un propos déconstruit (pourquoi Sonny Crockett drague l'épouse de l'Archange sans y laisser sa tête ?) où le happy-end se doit d'être amer (comme lors de nombreux épisodes de la série), mais présent. Ni réussite, ni franc échec, ce Miami... tient plus du pétard mouillé que de Collateral (M.Mann - 2004).

  59. La Maison du Bonheur - (6) est l'adaptation de la pièce éponyme par son auteur, Danny Boon. Voulant offrir une maison de campagne en ruine à son épouse (adorable Michèle Laroque), un radin (Boon), viré par jalousie, doit se démener entre ses anciens collègues (dont le toujours impeccable Michel Villermoz), un agent immobilier (quasi)véreux (Daniel Prévost en roue libre) et 2 ouvriers incompétents (Zinédine Soualem et Laurent Gamelon). Si l'on demeure très loin de l'éprouvant Travaux : on sait quand ça commence, cette Maison... n'est pas la comédie de l'année, mais un aimable divertissement printanier.

  60. Eragon - (5,5) prouve que Peter Jackson n'est pas le premier metteur en scène venu car réussir l'adaptation d'une trilogie d'héroic fantasy n'est pas si facile que cela. J'en veux pour preuve ce premier tome (et sans doute unique, compte tenu de son semi-échec public) de l'univers créé par Christopher Paolini. En effet, si les effets sont largement à la hauteur (la dragone Saphira étant une réussite), le choix de restreindre les 500 pages du roman originel à 105 mn est une folie dont pâtit pleinement ce film. Ainsi, tous les personnages ont l'épaisseur d'un timbre poste et les diverses péripéties s'enchaînent sans que le spectateur ne s'intéresse vraiment à leurs sorts, à part celui (un comble !) de Saphira. Au final, si le gâchis n'est pas total, il s'en faut de peu.

  61. Astérix et les Vikings - (5,5) est une traduction fidèle de la BD éponyme de Goscinny et Uderzo, sans fantaisie ni fioriture. Si les aficionados seront satisfaits par cette version, ceux qui se seront bidonnées par le toilettage d'Alain Chabat (Astérix : Mission Cléopâtre) resteront sur leur faim. Mais Papy Uderzo veille au grain et ne supporte pas que l'on modernise "son" Œuvre". Tant pis pour moi.

  62. The Sentinel - (5,5) se veut la version Michael Douglassienne de Dans la ligne de mire (W.Petersen - 1992). Sur une trame identique (on veut assassiner le président américain et un vieux héros du Service de protection présidentielle va s'interposer), Clark Johnson parvient péniblement à nous offrir un téléfilm de seconde partie de soirée. Il faut dire qu'entre un scénario ultra prévisible et un jeu d'acteurs poussif (Douglas et Kiefer Sutherland se disputant la palme du plus cabot) il a bien du mal à ne pas endormir le spectateur. Revoyez plutôt la version originale avec Clint Eastwood.

  63. Enfermés dehors - (5,5) est le nouvel O.F.N.I. d'Albert Dupontel qui, à trop vouloir surenchérir dans le surréel, déborde largement dans le portnawak avec la plus grande sincérité qui soit. Là, réside d'ailleurs la principale déception de ce 3ème film de Dupontel. À force d'exagération (comme la rédemption-minute d'un grand patron) et d'un montage psychotique, Dupontel rate sa cible et gâche nos plaisir et attente. Tant pis ! Ce sera pour son prochain film.

  64. Basic Instinct 2 - (5,5) est une suite Canada Dry (ou une escroquerie, si vous êtes négatif). En effet, si vous espérez du stupre et de la luxure, vous n'en aurez pas pour vos 10 € (en allant sur la plage, cet été, vous verrez davantage de chaire que dans ce film). Par contre, si vous espérez un polar potable, cette suite peut s'apprécier sans honte. Bien sûr, le twist final n'en est pas un et Sharon Stone a survendu ce 2nd opus. Qu'importe.

  65. Click - (5) n'a pas la finesse d'Un jour sans fin (H.Ramis - 1993, ni celle d'Amour et Amnésie (P.Segal - 2003), seule réussite d'Adam Sandler, tout en essayant d'exploiter le même fillon. Hélas, à part quelques scènes émouvantes (dont la dernière rencontre père - fils, où Henry Winkler prouve qu'il n'était pas que LE Fonze'), le tout est indigeste. Du gâchis romantique.

  66. L'Entente cordiale - (5) a tout du téléfilm de luxe : des têtes d'affiche bankables (Clavier et Auteuil), des guest anglais prestigieux (Jennifer Saunders et John Cleese !), un duo improbable antagoniste, une histoire d'espionnage abracadabrante (mais lisse) et quelques rires polis. Ce n'est pas un vrai gâchis, mais il s'en faut de peu.

  67. Superman returns - (5) se veut respectueux des deux premiers Superman (R.Donner - 1978 & 1980). Se déroulant 5 années après la fin du second opus, il marque le retour de Kal-El sur terre. Dès lors, on assiste à sa prise de conscience et sa difficile réintégration. Hélas, cela prend à Brian Singer près de 150 minutes, le plus souvent d'une lourdeur et d'un ennui cosmiques inattendus de la part du réalisateur d'Usual suspects (1995), un Élève doué (1999) et des 2 premiers opus des X-Men (2000 & 2003). Comme Kevin Spacey rate son Lex Luthor, le résultat dépasse difficilement la pire de nos attentes : ne pas s'endormir. Certes, de peu.

  68. Marie-Antoinette - (5) propose une vision plus que parcellaire de la dernière souveraine de France. Malgré le capital sympathie dont dispose Kirsten Dunst, on s'ennuie ferme, tant le choix de Sophia Coppola de privilégier l'anecdotique nous prive d'une substance historique dense. Parfois, l'épure ou l'esquisse se transforme en caricature. Dommage pour tant de talents réunis.

  69. American Dreamz - (5) réunit les talents de Comme un garçon (2003), Hugh Grant et Paul Weitz. Malheureusement, si l'idée de parodier les émissions de télé-crochet à la mode pouvait laisser la place à une critique de la société actuelle basée sur l'image (parfaite Mandy Moore dans ce rôle d'arriviste amorale), le résultat n'en est que plus décevant, comme si Weitz n'avait pas osé dépasser le pitch initial. Dès lors, cette comédie rate sa cible et nous laisse sur notre faim.

  70. Selon Charlie - (5) a été mal reçu à Cannes et, pour sa sortie cinéma, a perdu 30 minutes. Hélas, les coupes ne suffisent pas à rendre l'ensemble crédible et intéressant. Sans parler du sacrifice d'Arnaud Valois (dont le rôle de tennisman ne sert plus à rien), la volonté de faire un Short Cuts (R.Altman -1993) à la française n'est pas suffisante pour justifier un tel gâchis. Entouré par des acteurs de talent (Jean-Pierre Bacri et Benoît Magimel s'en sortant le mieux), Nicole Garcia a sans doute pêché par trop d'ambition dans son propos, ne parvenant pas à les aimer à l'unisson. Dommage pour eux, et pour nous aussi.

  71. Hors de prix - (5) est la seconde comédie française à se dérouler dans l'univers des palaces. Hélas, cette fausse comédie (car on n'y rit pas) souffre de la comparaison avec Quatre étoiles (C.Vincent - 2006). Le duo Tautou - Elmaleh n'a pas la classe du binôme Carré - Garcia et ne bénéficie pas d'une histoire attachante. Ainsi, ils doivent défendre deux "héros" cyniques et peu sympathiques, qui abusent de la compagnie (voire des sentiments) de richissimes anciens. Rien ne les sauve, ni le sein d'Audrey Tautou entrevu, ni la fuite à scooter de ce couple d'amoureux.

  72. Scary Movie 4 - (5) est un sinistre retour en arrière dans la série des Scary Movie (1, 2 et 3). En effet, après les heureuses surprises des n° impairs, on retrouve le niveau lamentable du n° 2 (avec le retour du cuisinier fou). En privilégiant les parodies de succès récents (choix facile et pas toujours efficace, comme les choix du Grudge et de la Guerre des mondes) ou les multiples objets que se prennent les héros dans la face, David Zucker prenait le risque de rendre "l'humour" de son scénario obsolète à très brève échéance. Avait-il imaginé que cela serait immédiat ? J'en doute...

  73. On va s'aimer - (5) est l'exemple type de la fausse bonne idée. Alors que l'on suit les hésitations amoureuses de Julien Boisselier (Alexandra Lamy est plus que craquante), les différents protagonistes poussent la chansonnette sans prévenir. Si cela avait son charme dans On connaît la chanson (A.Resnais - 1997), le choix du répertoire, en ciblant les années 80, laisse plus qu'à désirer. Comme les diverses péripéties sont d'une banalité confondante, on finit par se détacher de ce qui arrive au quatuor principal. Tant pis... Ce n'est pas avec ce film que l'on aura un successeur français à Ma vie en l'air (R.Bezançon - 2005).

  74. Underworld 2 : Évolution - (5) est le second chapitre de l'univers de Len Wiseman après un premier opus. Hélas, celui-ci n'a pas la maestria de Joss Whedon. Son monde vampirique ne vaut que par la beauté (et les tenues sexy-moulantes) de son épouse, Kate Beckinsale. C'est à la fois beaucoup et très peu pour un block-buster.

  75. La Rupture - (5) a offert un succès inattendu à Jennifer Aniston. Sur une idée de son fiancé, Vince Vaughn, qu'il a aussi produit, cette Rupture aurait pu être un bon film. Hélas, à part Jon Favreau (parfait), l'environnement du duo principal est sans saveur et finit par plomber l'histoire. Les quelques rares idées sont noyées dans un flot de banalités (faussement) romantiques. Ce n'est pas de l'ennui, mais ça y ressemble pas mal.

  76. Zidane : un portrait du 21e siècle - (5) est un curieux documentaire. En concentrant notre attention sur le visage, les tics gestuels et les attentes d'un des plus grands footballeurs de ces dernières décennies, les 2 réalisateurs oublient le plaisir du jeu (et du spectateur). À trop vouloir cerner l'indicible, ils se perdent et nous ennuient, ce qui est un comble quand on a un tel sujet.

  77. Renaissance - (4,5) a le défaut de son esthétisme. En choisissant 2 teintes (ombre et lumière), il ne laisse pas la place à la nuance. Il faut aimer ou pas. Hélas, ce graphisme dessert un scénario par trop linéaire, ne nous permettant jamais de nous attacher (voire de nous identifier) à ces personnages. Une vraie déception car le concept était alléchant.

  78. Le Dahlia noir - (4,5) est une déception à la hauteur de l'attente de cette adaptation du roman de James Ellroy. En effet, tout sonne faux dans cette relecture du chef-d'œuvre d'Ellroy : du scénario aux jeux des acteurs (avec 2 accessits pour leur surjeu à Josh Hartnett et Hilary Swank), en passant par l'aspect sépia de l'image, qui accentue le côté rétro-toc de l'époque. On est loin de l'excellent L.A. Confidential (C.Hanson - 1997). Malheureusement.

  79. L'Ivresse du pouvoir - (4,5) est une adaptation de l'affaire Elf, même si Claude Chabrol s'en défend dès le générique initial. Se concentrant sur l'enquête d'un juge d'instruction (interprétée monolithiquement, hélas, par Isabelle Huppert), Chabrol ne fait qu'esquisser ses personnages (pauvre Jean-François Balmer !) comme s'il ne savait quoi en faire (Bruel aurait pu être une balance d'envergure et non une balance insipide). De cette impression de gâchis ne se sauve que François Berléand, toujours excellent. Souhaitons que Chabrol se reprenne rapidement.

  80. V pour Vendetta - (3,5) est une relecture par les frères Wachowski de la B.D. culte d'Alan Moore (auteur aussi des génialissimes Watchmen). Avec leur finesse coutumière, ils dénaturent entièrement l'histoire originelle au point que Moore ait exigé le retrait de son nom du générique. Ceci est dommage pour Natalie Portman, qui s'est entièrement investie dans le personnage d'Evey, et pour le spectateur, qui mérite mieux.

  81. Borat - (3) est une fausse bonne idée. En voulant montrer la bêtise et l'hypocrisie d'une partie de la population américaine franchement condescendante, Sacha Baron Cohen multiplie les outrances parfois excellentes (comme lorsqu'il participe à un concours de rodéo), mais majoritairement navrantes. Un grand n'importe quoi qui m'a laissé froid.

  82. Bleu d'enfer - (3) est le produit (et non film !) typique des vacances estivales : un lieu paradisiaque (les Caraïbes), de beaux héros (Jessica Alba et Paul Walker car il en faut pour les 2 sexes) "très profonds", une histoire simplette (il y a quand même un scénariste crédité... Si, si !), un vilain (tellement) surprise (et antipathique) et des rebondissements balisés à la défricheuse géante. Au final, pas nécessairement l'impression de s'être fait volé mais la perte irrémédiable de 110 mn de soleil.

  83. Camping - (2,5) est la nouvelle "comédie" de Fabien Onteniente. Elle est, hélas, au niveau de ses précédentes œuvres (comme 3 Zéros). De ce naufrage où Franck Dubosc exaspère et Gérard Lanvin afflige, ne surnage que le couple Seigner - Duléry qui méritait mieux. Reconnaissons, toutefois, à Onteniente un talent rare, celui de se consacrer uniquement aux pires nanars.

  84. Un ticket pour l'espace - (2,5) est la suite des aventures cinématographiques de Kad & Olivier. Après le raté Mais qui a tué Pamela Rose ?, le duo nous invite à une aventure spatiale qui hésite constamment entre le sérieux et la parodie. Si le pitch initial (2 civils ont gagné à la loterie un séjour dans la station spatiale française) laissait augurer du meilleur (comme la critique le laissait entendre), cela sonne, hélas, creux. La faute en incombe en priorité à la volonté de Kad & O de trop bien faire. À force de vouloir citer toutes leurs références, ils en oublient leur esprit critique et nous amènent au bord de l'indigestion. Un lourd retour terrestre en somme.

  85. Silent Hill - (2) est l'adaptation d'un célèbre jeu vidéo par Christophe Gans. Hélas, si son talent graphique s'exprime, c'est aux dépens d'une histoire (trop) souvent grotesque. Rapidement, on se désintéresse de ce qui arrive à notre héroïne et on se demande ce que tous, le spectateur compris, sont allés faire dans cette galère.

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