Quelques idées de films



Voici 10 ans que je vous propose quelques conseils cinématographiques. Pour fêter cet anniversaire, je modifie cette phrase d'introduction :

  1. L'Incroyable destin d'Harold Crick - (8,5) est une réussite inattendue pour cette nouvelle année. En effet, de par la simple présence de Will Ferrell - qui, à lui seul, avait réussi à couler l'adaptation de Ma Sorcière bien-aimée (N.Ephron - 2005) -, le pire était à craindre tant il fallait de la finesse et de la retenue pour incarner le rôle-titre (un obscur inspecteur des impôts qui entend la voix d'une narratrice). Or, son interprétation, tout en intériorité, crédibilise ce scénario qui évoque Dans la peau de John Malkovitch (S.Jonze - 1999) et l'univers de Charlie Kaufman. Épaulé par Dustin Hoffman, Emma Thompson et Maggie Gyllenhaal - toujours aussi craquante depuis la Secrétaire (S.Shainberg - 2002), il nous fait douter de la réalité qui nous entoure, ce qui est la principale réussite de ce film.

  2. L'ennemi intime - (8) nous propose un visage sans gloire d'une opération qui mit près de 40 ans à dire son vrai nom, témoignant de la perte d'innocence d'un bon nombre d'appelés et de la schizophrénie d'une partie des militaires de carrières. Incarnant un lieutenant idéaliste, Benoît Magimel mérite tous les superlatifs entendus à son égard depuis quelques années. En effet, son cheminement vers l'enfer (qui l'oblige à renoncer à sa famille lors d'une émouvante permission française) nous est évident dès ses premiers choix, mais jamais futile ou moralisateur. Pour parvenir à nous faire comprendre l'absurdité ambiante (des anciens condisciples devenus opposants aux résistants torturés devenus bourreaux), Florent-Emilio Siri l'entoure de l'évident Albert Dupontel (toujours parfait dans son jeu) et d'une foultitude (des 2 bords) de visages peu connus, renforçant la sincérité et l'adéquation du spectateur à ce projet. Au bout de 108 minutes d'apnée, on comprend enfin pourquoi nos pères ou nos oncles ne parlent jamais de cette période, car comment faire partager une folie inhumaine à ceux qui ne l'ont pas vécue ? Un film de mémoire nécessaire, mais aussi un grand film.

  3. Les promesses de l'ombre - (8) est le meilleur film de David Cronenberg et le meilleur polar de l'année. En mélangeant gang russe et enquête familiale, il nous dépeint un univers de faux semblants (les grands-pères gâteaux ne le sont pas toujours...) où la cruauté et la violence sont les marques du respect. Pour y parvenir, encore faut-il pouvoir s'appuyer sur des acteurs talentueux. C'est le cas ici avec un quatuor impeccable : le rugueux et carré Viggo Mortensen, la belle et vivante Naomi Watts, l'excessif et trouble Vincent Cassel et le terrifiant et manipulateur Armin Mueller-Stahl. À voir et à revoir.

  4. À la croisée des mondes : la Boussole d'Or - (8) est une excellente introduction à l'univers de Philip Pullman, bien plus sombre et adulte que celui de Mme Rowling. Certes, afin de rendre le résultat box-offiçable, Chris Weitz a du trahir / adapter le roman original. Mais le résultat vaut plus d'un coup d'œil. En effet, secondés par des effets spéciaux crédibles (notamment pour les ours blancs et les dæmons), le casting est en tout point idéal (de Daniel "Lord Asriel" Craig - peu utilisé dans ce premier opus - à la terrifiante et attirante Nicole "Mme Coulter" Kidman - simplement parfaite ! - en passant par la jeune Dakota Blue "Lyra Belacqua" Richards). Les deux heures passent alors trop vite, ne nous rassasiant pas assez dans l'attente de la suite. Une réussite de Noël.

  5. Harry Potter et l'Ordre du Phénix - (8) est la meilleure adaptation de la série de J.K.Rowling, malgré de nombreuses imperfections. Ainsi, si la volonté de tailler dans le gras du roman était une bonne idée, certaines ellipses peuvent être difficiles à suivre pour le non-initié (à l'image de la "trahison" de Cho, l'intervention de Rogue pour lutter contre les intrusions psychiques de Voldemort ou le "retour" de Hagrid). De même, les souffrances de Harry (dues à Dolorès Ombrage ou aux doutes de ses condisciples) ou les (très) nombreuses réunions de l'Ordre (et le désespoir de Syrius) manquent cruellement de profondeur. Mais, pour l'interprétation d'Imelda Staunton qui incarne une Ombrage haïssable à souhait et le final faramineux de noirceur et d'effets (puisque la magie devient enfin létale), ce 5e volet mérite un succès planétaire. Vivement le prochain à Noël 2008.

  6. La Môme - (7,5) est la réponse française aux biopics américaines récentes. À l'instar de ses glorieux précurseurs, la version française s'appuie sur une actrice habitée, Marion Cotillard (sur laquelle tout a été dit par la presse qui, pour une fois, ne vous trompe pas), un scénario prenant, émaillé de superbes scènes (notamment le plan-séquence de l'annonciation de la mort de Marcel Cerdan) et une réalisation inspirée. Le public est au rendez-vous pour découvrir cette vie qui s'est achevée en 1949.

  7. Détrompez-vous - (7,5) est une remarquable comédie romantique qui allie la légèreté du quatuor principal (notamment le duo Alice Taglioni (de plus en plus éclatante) - François Cluzet (évident)) et la finesse de l'écriture du scénario. Bruno Dega fait exister ces 2 couples où tous les coups sont permis pour perturber les amours des conjoints volages, y compris flirter avec leurs sentiments, nous les rendant tous les 4 sympathiques. Une savoureuse réussite.

  8. Je crois que je l'aime - (7,5) est une intelligente comédie romantique qui permet à Vincent Lindon de retrouver son metteur en scène, Pierre Jolivet. En lui faisant tomber amoureux de Sandrine Bonnaire (aussi lumineuse que dans Confidences trop intimes - P.Leconte - 2004), ce dernier propose un couple de contraires typique qu'il perturbe par l'intervention de seconds rôles délirants (de l'obsédé Kad Merad à l'enquêteur - agent secret François Berléand en passant par la secrétaire incarnée par Guilaine Londez et ses actions à vendre). Un concentré jubilatoire pour cette histoire abracadabrantesque.

  9. Mon frère est fils unique - (7,5) témoigne de la vivacité du cinéma transalpin. Cette chronique met en scène le destin croisé de 2 frères d'opinions politiques contraires entre les années 60 et 70, brillamment interprétés par Elio Germano et Riccardo Scarmacio (déjà vu dans Romanzo Criminale - M.Placido - 2006). Ce nouveau chapitre de l'histoire italienne récente ne condamne aucun de ses protagonistes, nous offrant même un triangle amoureux à savourer (Angela Finocchiaro !!!), et s'achève, après une tragique évolution, dans l'espoir de matins heureux. Un beau moment de cinéma.

  10. Ratatouille - (7,5) pose une double question : comment fait Pixar pour développer des dessins animés (toujours) géniaux et d'un réalisme aussi somptueux ? En effet, Ratatouille parvient à s'adresser avec la même acuité à tous les publics, alors que la concurrence (si on peut placer Shrek le Troisième au même niveau...) cible clairement une audience enfantine. Certes, Brad Bird n'est pas un débutant (n'oubliez jamais son Géant de Fer - 1999 - ou ses Indestructibles - 2004). Mais il est arrivé en cours de production et a sauvé les meubles, recentrant le scénario sur Rémy et Linguini. Dès lors, cette histoire d'American Dream mâtiné d'univers culinaire nous comble d'aise. Un beau moment de cinéma qui se déguste en toute gourmandise.

  11. Persépolis - (7,5), par ses qualités et son thème, s'apparente davantage à un film qu'à une nième production enfantine (et/ou infantilisante). En effet, même si le dessin est parfois simplifié, il n'est en rien simpliste. Marjane Satrapi adapte parfaitement son œuvre, nous montrant à la fois l'absurdité d'un régime venu chasser un despote et devenu lui-même dictatorial et la suffisance d'un occident bien pensant. Le périple de la jeune Marjane nous séduit, nous indigne, nous attriste et nous fait rire. Une rare réussite à visiter d'urgence.

  12. Ceux qui restent - (7,5) présente avec subtilité une rencontre délicate. Bertrand (Vincent Lindon et son regard au bord de la rupture) et Lorraine (Emmanuelle Devos simplement vivante) sympathisent et se soutiennent face à la douleur cancéreuse de leur épouse/ami (que l'on ne verra jamais). Comme un exorcisme de la mort, leur complicité se mue en tendresse et en culpabilité, car comment être bien (à défaut d'être heureux) alors que la déchéance inhumaine serpente dans leurs environs. En choisissant de raconter cet amour interdit (?) à travers le regard (et l'épuisement) de Bernard, Anne Le Ny a la chance de s'appuyer sur un duo en apesanteur et des seconds rôles à l'unisson (à l'image de la belle fille de Lindon, Yeelem Jappain, dont les "aveux" demeurent un moment d'apnée émotionnelle). Au final, de la grâce et de l'espoir.

  13. Raisons d'état - (7,5) est la 2nde réalisation de Robert De Niro qui parvient à rendre la durée de 2 h 47 infiniment plus courte que la majorité des polars récents. Grace à sa construction en flashbacks, on découvre la "petite" histoire de la CIA à la manière d'un thriller efficace. Entre coups bas et manipulations, Matt Damon campe un "artisan" du renseignement, prêt à tout sacrifier pour accomplir sa mission et (faire) abattre l'ennemi. Comme le casting est (évidemment) de qualité (à l'image d'Angelina Jolie étonnante en épouse oubliée), on prend un grand plaisir à ces Raisons....

  14. 300 - (7,5) est l'adaptation fidèle du comic du génial Frank Miller. Certains grincheux reprocheront que ce film ne soit qu'un fantasme numérique, alors que d'autres s'indigneront de la morale guerrière (Sic !) ou des libertés historiques de cette bataille épique. Las ! C'est grâce au mélange de ces 3 impressions que ce péplum séduit tellement. Si les 1300 plans numériques rendent ce combat suicidaire légendaire, l'humanité des personnages (notamment le couple principal, George Butler et Lena Headay) n'est pas laissée de côté. Le tout peut surprendre, mais seulement en bien.

  15. Pur week-end - (7,5) renouvelle le film de bande de trentenaires. Survivants d'un accident touristique, 7 amis se retrouvent régulièrement depuis une vingtaine d'années lors de randonnées commémoratives. Bénéficiant d'une permission, l'un d'entre eux profite de leur réunion pour ne plus retourner en prison. Menu fretin, son évasion serait passée inaperçue si son codétenu, un dangereux gangster, n'en avait pas fait de même. Dès lors, le groupe non volontaire va devoir protéger sa fuite. S'entourant d'acteurs cohérents et épatants (bravo à l'ensemble de son casting qui parvient à nous accueillir en leur sein), Olivier Doran nous offre une belle balade sans temps mort qui aurait mérité davantage de succès.

  16. Le deuxième souffle - (7,5) est une belle relecture de l'œuvre de Melville ou plutôt celle de José Giovanni. Si la durée de 2 h 35 peut rebuter à priori pour un thriller, c'est en réalité un sérieux avantage, Alain Corneau prenant le soin d'offrir à chaque personnage (le casting étant idéal) une densité et une évidence que la majorité des thrillers actuels sacrifient trop souvent au profit du cast principal. Si le polar est de facture classique (un dernier hold-up pour financer une cavale), il n'est pas qu'un simple hommage (réussi) au patrimoine français. C'est avant tout un bon film à découvrir en salle.

  17. La Tête de Maman - (7) est le premier film réussi de Carine Tardieu qui a su offrir à un excellent quatuor une touchante histoire, celle de la renaissance d'une mère déprimée. Dans le rôle de la narratrice / héroïne, la jeune Chloé Coulloud est une éblouissante découverte, aussi bien charmante que touchante ou égoïste. De toutes les scènes (ou pratiquement), sa performance mérite les félicitations, d'autant plus que les autres acteurs (Karin Viard bouleversante, Kad Merad lunaire ou Pascal Elbé juste) sont à l'unisson. Quelques instants de grâce, cela ne se refuse pas.

  18. Je suis une légende - (7) est une nouvelle adaptation du roman éponyme de Richard Matheson avec lequel elle prend quelques libertés (notamment pour le final). Dans un New York déserté où la nature a repris le dessus sur le bitume, on assiste aux déambulations d'un Will Smith habité ponctuées par les alertes horaires de sa montre car il ne faut pas être dehors à la nuit tombée. Francis Lawrence instille l'angoisse de la situation par petites touches, avant de présenter le visage de l'Ennemi. La suite nous fournit un étonnant film d'anticipation dont une sequel est déjà annoncée...

  19. Hitman - (7) est enfin une adaptation de jeu vidéo cinématographiquement réussie. Xavier Gens parvient ainsi à rendre l'univers d'Eidos crédible grâce à Timothy Olyphant, un 47 omnipotent et innocent qui ne cède pas aux (nombreux) charmes d'Olga Kurylenko. Bien sûr, tout est un peu "too much", Gens accentuant l'aspect BD de l'ensemble et cédant parfois à la facilité clipesque (notamment lors de l'assaut de la basilique de Saint-Pétersbourg). Mais le résultat surclasse aisément les productions récentes du même type.

  20. Contre-enquête - (7) est certes un nouveau rôle sérieux de Jean Dujardin (après le Convoyeur - N.Boukhrief - 2004), mais c'est avant tout un polar malin qui va à l'essentiel. C'est d'ailleurs son principal défaut car, à force d'ôter le "gras" scénaristique, certaines relations importantes (notamment celle du couple principal) sont totalement délaissées au profit de l'enquête vengeresse. Heureusement pour le spectateur, le scénario n'est pas aussi prévisible que l'on pourrait le craindre, malgré le trop marqué Laurent Lucas. Au final, Contre-enquête mérite d'être vu.

  21. La vengeance dans la peau - (7) est le meilleur et ultime volet de la trilogie Jason Bourne (précédée par la mémoire... - D.Liman - 2002 - et la mort... - P.Greengrass - 2004). Filmé comme le 3e chapitre d'une même histoire, cette Vengeance... est une course haletante de 116 mn qui ringardise la majeure partie des agents secrets ayant existés. Pour ce faire, Matt Damon court de Paris à New York, en passant par Londres et Tanger, à la découverte de son passé, fuyant malgré les Atouts lancés à sa poursuite et les multiples agences secrètes américaines. Manipulant les manipulateurs, il survit pour notre plus grand plaisir.

  22. Bobby - (7), sur un canevas à la Short Cuts (R.Altman - 1993), mêle les destins d'une vingtaine de personnages qui hantent les lieux de l'Ambassador, hôtel où fut assassiné Robert Kennedy le 5 Juin 1968. Emilio Estevez s'offre un casting de luxe (où Demi Moore brille en chanteuse alcoolique et Sharon Stone prouve que Casino - M.Scorsese - 1995 - n'était peut-être pas un hasard) pour cette histoire où s'entremêlent amour, incompréhension de soi et des autres, nouvelles expériences (licites ou non) sur fond de l'espoir incarné par la candidature du sénateur Kennedy. Clairement amoureux de ses acteurs, Emilio Estevez leur offre à TOUS une présence importante à l'écran, tout en se dirigeant inéluctablement vers son final historique et dramatique. Un beau moment de cinéma.

  23. Roman de Gare - (7) prouve que Claude Lelouch est un grand réalisateur. En effet, alors que récemment il s'autoparodiait à l'excès (notamment avec sa fresque des Parisiens), il parvient à nous surprendre en changeant d'acteurs principaux et de thèmes abordés. Ainsi, Dominique Pinon campe un conducteur suffisamment ambigu pour que le spectateur s'interroge longtemps sur son personnage. Comme les femmes qu'il croise (étonnante Audrey Dana et fascinante Fanny Ardant) sont à la hauteur, ce troublant (et faux) road-movie nous captive élégamment.

  24. American Gangster - (7) marque le retour (réussi) du duo Ridley Scott - Denzel Washington aux affaires. En racontant l'avènement d'un dealer au cœur de Harlem, qui se servit de la guerre du Vietnam pour importer de la drogue aux Etats Unis, Scott brosse le portrait des fins d'une espérance et de l'innocence d'une génération et du basculement de la criminalité américaine. Pour rendre sa vision crédible, il s'appuie sur un duo efficace (Washington et son capital sympathie - Crowe et sa férocité contenue) et un scénario au cordeau. Une biopic haletante.

  25. Next - (7) est un polar fantastique de la veine de Déjà vu (T.Scott - 2006), qui a le mérite d'effacer le pitoyable souvenir de Ghost Rider (M.Steven - 2006). Ainsi, à part une chevelure improbable, Nicolas Cage fait un sans-faute dans ce rôle de "voyant" pourchassé par Julianne Moore, agent du F.B.I. persuadée que ce don pourra l'aider à retrouver un engin nucléaire à Los Angeles. En démultipliant les avenirs de nos héros, Tamahori (connu pour son Meurs un autre jour - 2002) nous tient en haleine sans nous prendre pour des "cons"ommateurs. Un bon moment, en somme.

  26. Les Simpsons : le film - (7) n'est pas qu'un épisode de 87 mn de la famille la plus jaune des Etats Unis, c'est aussi une incroyable comédie où les gags et les références s'enchaînent à une vitesse ébouriffante, jusque dans le générique final (où il faut rester jusqu'au bout !). Bien sûr, tout (à une exception importante prêt) a déjà été vu lors des 400 épisodes de la série. Mais l'équipe de Groening sait nous faire rire, et souvent intelligemment. Dès lors, on rit beaucoup à ces aventures écologiques délirantes (y compris dans les cameos de Tom Hanks et d'Arnold Schwarzenegger). Du divertissement brillant.

  27. La Faille - (7) offre à Anthony Hopkins une nouvelle performance de tueur surdoué et manipulateur. Il incarne un mari trompé qui tue sa femme infidèle à son domicile sous les yeux de ses jardiniers. Comme le lieutenant de police venu l'arrêter n'est autre que l'amant, il parvient à mettre en échec un jeune procureur en partance vers le privé. Dès lors, une course à l'arrachée démarre entre les deux personnages. Comme un des meilleurs Columbo, on SAIT qu'Hopkins est le coupable. L'intérêt réside en la méthode employée pour tenter de la coincer car il doit être arrêté. Ou pas...

  28. Transformers - (6,5) est un plaisir masculin nostalgique qui, pendant 145 minutes, nous offre du spectacle. Certes, Michael Bay continue à croire que bouger épileptiquement la caméra fait "genre" alors que cela ne fait que mal au crâne. Certes, aucun des robots (bons ou méchants) n'amène une quelconque émotion au contraire du Géant de fer (B.Bird - 1999), ce qui fait que lorsque l'un d'entre eux se "sacrifie", on s'en fout au plus haut point. Certes, on se moque éperdument de l'"historique" des antagonismes Autobots - Décepticons. Certes, l'épaisseur des personnages se mesure en angströms, à l'image des rebondissements. Certes. Mais, malgré tous ses défauts, Transformers est un film fun, où les effets spéciaux ont rarement été aussi réussis, parvenant pleinement à nous convaincre d'aller voir la future suite.

  29. Un cœur invaincu - (6,5) aurait pu être un barnum bien pensant mâtiné par de larmoyantes envolées à la gloire d'Angelina Jolie. Mais cette adaptation des souvenirs de Marianne Pearl évite, par sa pudeur et sa fidélité, tous les obstacles que les critiques bien pensantes avaient prédits pour cette aventure. Ainsi, le film est une enquête efficace dont on suit les étapes avec intérêt, parvenant même à oublier l'ultime chapitre déjà écrit. Il faut dire que la mise en scène vivante à la limite du documentaire de Michael Winterbottom et l'interprétation (voire l'incarnation) réaliste de ses acteurs (Miss Jolie en tête, mais pas seulement !) favorisent pleinement l'immersion dans ce thriller qui choisit de ne pas présenter les autres aspects de ce tragique enlèvement.

  30. Rocky Balboa - (6,5) est le film que l'on n'attendait plus. Après trois opus de plus en plus consternants et une mise au rencard d'Hollywood après avoir enfin démontré ses talents d'acteurs (Copland - J.Mangold - 1994), Sylvester Stallone décide de mettre en scène son départ cinématographique. En racontant un combat improbable et perdu d'avance, il mélange sa propre histoire à celle de son personnage fétiche, s'offrant une émotion et un final en apothéose, lorsque 14 000 fans scandent son nom. Rocky rocks !

  31. Les deux Mondes - (6,5) réussit son pari de rendre crédible son pitch initial (le passage d'un semi-raté vers un demi-dieu dans deux univers parallèles). Pour ce faire, Benoît Poelvoorde ne surjoue pas les situations délirantes dans lequel il est plongé, les effets spéciaux demeurant réalistes et discrets. Le reste du casting étant à l'unisson, on passe un agréable moment en compagnie de cette fable moderne, où un homme finit par passer à l'âge adulte.

  32. L'assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford - (6,5) n'est pas seulement remarquable par sa lenteur contemplative (et une durée conséquente) ou par son titre interminable. Il vaut surtout par son duo d'acteurs (Brad Pitt habité et torturé, Casey Affleck fuyant et sous influences) qui parvient à nous tenir en haleine dans cet absence d'action, nous rendant humain deux personnages peu recommandables (James n'est en rien Robin des Bois, inquiétant y compris dans ses accès de rire ; Ford se fourvoie dans une idolâtrie déçue, devenant célèbre pour un meurtre de couard). Au final, ce film, qui se cache sous les manteaux d'un western classique, nous brosse un duel shakespearien d'hallucinés où seule la mort semble apporter le repos souhaité.

  33. La nuit au musée - (6,5) est un retour réussi vers Jumanji (J.Johnston - 1995). Certes, ce divertissement (trop ?) familial manque parfois de finesse lorsqu'il s'attache aux relations père - fils, aucun poncif ne nous étant épargné. Toutefois, dès la venue de la nuit, tous les défauts et artifices du film disparaissent. Entre un squelette de T-Rex joueur et les multiples batailles diplomatiques (Huns, Romains, Cow-boys ou singe capucin) en passant par un trio de papys infréquentables (Dick Van Dyke est toujours aussi bondissant, 42 ans après Mary Poppins - R.Stevenson - 1965), Ben Stiller - et les spectateurs - n'a pas le temps de s'ennuyer.

  34. Blood Diamond - (6,5) n'a certes pas la profondeur de Lord of War (A.Niccol - 2006) mais propose une vision des conflits africains et de l'exploitation des enfants comme soldats. En proposant une forme épique (la quête d'un diamant par un trio disparate), Edward Zwick espère que ses concitoyens seront imprégnés par le fond. Cet objectif peut sembler naïf (à l'image du final bien pensant), mais devant tant d'inhumanité, un retour vers l'enfance peut être salutaire.

  35. 7h58, ce samedi-là - (6,5) est un Lumet inspiré qui déstructure un classique braquage en multipliant les flashbacks et les visions différentes. Ainsi, deux frères décident de cambrioler la bijouterie familiale, s'imaginant que personne n'y sera perdant et espérant que cette rentrée monétaire règlera leurs (multiples) problèmes. Alors que le duo Hoffman - Hawke incarne une improbable fratrie amoureuse de la sublime Marisa Tomei et perdue dans leur vie respective et leurs mensonges, Albert Finney, en mari meurtri et vengeur, est d'une justesse classieuse. La meilleure partie de ce drame réussi.

  36. Ensemble c'est tout - (6,5) permet à Claude Berri de revenir à une comédie romantique légère après la douloureuse introspection d'Un reste, l'autre part (2005). Pour ce faire, il adapte un roman d'Anna Gavalda en offrant à un quatuor épatant (Bertin, Canet, Stocker et Tautou) 4 personnages attachants. On se délecte de leurs croisements, errements et destins. Certes, la fin est prévisible. Mais n'est-ce pas ce que l'on espère d'un tel film ?

  37. Zodiac - (6,5) marque le retour du génial David Fincher (auteur des plus qu'estimables Alien 3 - 1992, Se7en - 1995 - et Fight Club - 1999). Sans atteindre les sommets déjà cités, sa vision de la recherche du Zodiac, un serial-killer qui sévit aux États Unis au début des années 70, captive pleinement durant près de 2 h 30. Pour ce faire, il entremêle les enquêtes et les déchéances de 3 hommes (Gyllenhaal, Ruffalo et Downey Jr) obsédés par une quête inachevée. Si, sur les bases de l'œuvre de Robert Graysmith, le scénario nous offre un coupable potentiel, l'essentiel demeure l'analyse des obsessions du trio majeur. Fincher prouve alors qu'il n'est pas qu'un faiseur génial, mais un véritable auteur. Il ne lui reste plus qu'à trouver un projet à sa hauteur.

  38. Dialogue avec mon jardinier - (6,5) se concentre sur un duo si évident que l'on se demande pourquoi seul Jean Becker y a pensé, tant l'alchimie entre Daniel Auteuil et Jean-Pierre Darroussin est entière. Sur une opposition ville - artiste / campagne - ouvrier des plus classiques, ils nous offrent une danse à deux humaniste et émouvante où chacun gagne à la rencontre de l'autre. Bien sûr, Becker reprend ses thèmes de prédilection (Vive la ruralité !) mais sans se laisser aller à un passéisme démagogique (notons d'ailleurs qu'il s'amuse de ses critiques récurrentes en s'en moquant lors d'un vernissage "populaire"). un bon cru.

  39. La nuit nous appartient - (6,5) est le nouveau polar de James Gray, déjà responsable de The Yards (2000). Si ce thriller met une nouvelle fois en scène la mafia russe, là n'est pas l'essentiel. En effet, le choix de LA famille (réelle/adoption) est le thème central de cette Nuit..., puisque Joaquin Phoenix est amené à franchir le pas lorsque son père et son frère, policiers haut-placés, deviennent les cibles de ses employeurs. Parfaitement interprété et bien écrit, ce film ne pâtit que de la comparaison normale avec les polars récents, et notamment des Promesses de l'Ombre (D.Cronenberg - 2007).

  40. Les rois de la glisse - (6,5) est une nouvelle variation de la vie des pingouins (après les vrais et les chanteurs) : ils sont aussi surfeurs ! Certes, ce dessin animé n'est pas original (des gags aux clins d'œil référencés comme ce promoteur de tournois, en passant par le final moral - voire moralisateur), mais les personnages sont suffisamment attachants pour que passer 90 minutes en leur compagnie ne soit pas une perte de temps.

  41. 99 F - (6,5) est brillamment réalisé par un Jan Kounen maître en effets visuels (rappelons-nous le consternant Blueberry - 2004) qui multiplie les formes afin que le fond (une descente aux enfers publicitaires) laisse subtilement sa trace. Il faut dire que le roman d'origine est une attaque destructive en règle de l'univers publicitaire, son héros, Octave, étant un cynique imbu de lui-même. Pour l'interpréter à l'écran, Jean Dujardin est une évidence inattendue. Il EST Octave Beigbeder (et pas seulement à l'aide d'un morphing), jusqu'au bout de ses deux avenirs. Grâce à lui (et à ses acolytes - Jocelyn Quivrin, Vahine Giocante, Élisa Tovati et Patrick Mille), on ne regardera plus les coupures publicitaires avec la même "innocence", espérant un futur détournement télévisé.

  42. Hairspray - (6,5) rappelle, par certains égards, la meilleure comédie musicale teenager, Cry Baby (J.Waters - 1989), par son enthousiasme communicatif et la volonté de certains protagonistes de lutter contre les carcans bien-pensants des 50/60's américaines. Mixe de l'original, dû à Waters (qui apparaît en exhibitionniste au début du film), et de la comédie musicale éponyme qui triomphe à Broadway depuis 2002, ce film respecte, à l'envie, les codes couleurs, kitsch à souhait, et les chansons toniques du duo Shaiman - Wittman. Comme cette ode à la tolérance (physique et sociale, avec des prémices de la Marche des Fiertés) a le mérite de l'élégance et de l'intelligence, je ne peux que vous incitez à vous y rendre.

  43. Le goût de la vie - (6,5) est une comédie romantique mâtinée de mélo. Une chef ascète qui ne vit que pour sont travail, la classieuse Zeta-Jones, doit du jour au lendemain s'occuper de sa nièce orpheline, la Little Miss Sunshine Abigail Breslin, et faire face à l'ingérence d'un second bon vivant, le pour une fois gentil Aaron Eckhart. Cet amateur d'opéra et de cuisine italienne parviendra, sans surprise, à l'humaniser. Si ce soufflé n'est guère original, il n'est toutefois pas réchauffé, laissant ici et là des effluves gustatifs gourmands que l'on peut savourer sans modération.

  44. Michael Clayton - (6,5) est un polar sympathique, à la construction en flash-back parfois excessive, qui lorgne vers les thrillers juridiques à la Grisham, la dimension politique en plus. Il faut dire que George Clooney a depuis longtemps prouvé son intérêt pour les grandes causes (il a par exemple ouvert les yeux américains sur le drame du Darfour). Dès lors, son implication à ce projet de l'auteur de la trilogie Jason Bourne sur les manipulations nauséeuses d'une importante multinationale, prête à tout pour nier sa responsabilité dans les morts d'agriculteurs, était une évidence. En 2 heures (et 5 jours), il changera sa vie et celle de l'entreprise et nous divertira par la même occasion.

  45. Le Cœur des hommes 2 - (6) est une suite (limite) paresseuse du premier opus (M.Esposito - 2003), toujours sympathique mais moins bien écrite (notamment pour les personnages féminins, davantage desservis que pour l'original). Bien sûr, on retrouve tous les acteurs avec plaisir, même si on a la désagréable impression que le scénario n'a été écrit que pour permettre au quintet masculin de partir en congés payés. Mais passer des vacances en leur compagnie, il y a pire comme punition.

  46. Die Hard 4, retour en enfer - (6) marque le retour de John McClane aux affaires. Certes, Bruce Willis a 15 ans de plus. Certes, à part Superman, il n'y a personne de plus indestructible que McClane. Certes, la V.F. rend les bad guys italiens alors que la V.O. les rendait français. Certes, le scénario délivre (contractuellement ?) une cascade délirante et invraisemblable toutes les 10 minutes. Certes, il n'y a aucune originalité ni surprise (à l'instar des bons mots de Willis). Mais, ce western moderne ne prétend pas à autre chose qu'à divertir et si le spectacle n'apporte rien d'autre à la Grande Question de l'Univers, c'est franchement mieux que rien.

  47. Ce soir, je dors chez toi - (6) avait tout pour être la comédie romantique française de l'année : des scènes exceptionnelles (le "Pleure !" de Mélanie Doutey demeure un grand moment de 2007), une actrice craquante (la fameuse et délicieuse Mélanie) et un duo rigolo (Rouve - Mérad). Mais, la recette a du mal à prendre, la faute aux trop nombreuses hésitations du personnage de Jean-Paul Rouve qui en devient (presque !) antipathique. Le mieux est parfois l'ennemi du bien.

  48. Resident Evil : Extinction - (6) devrait être le dernier volet de la franchise RE 1 et 2. Pour cet enterrement en fanfare, Russel Mulcahy nous propose un remake des Mad Max (G.Miller), plongeant son héroïne Alice (Milla Jovovich photoshopée tout le long du métrage) dans un désert mondial où les zombies règnent en surface. Sans originalité mais remplissant son cahier des charges, cette ...Extinction vaut son poids d'effets spéciaux, de maquillages (à la limite du) grotesques et de rebondissements annoncés au haut-parleur. Du Z certes, mais du Z assumé.

  49. Hell Phone - (6) est clairement un film crétin, mais pas de ou pour. La nuance peut sembler fragile, mais pour un tel scripte (un téléphone mobile satisfait tous les désirs de son propriétaire aux périls de son entourage !), elle est importante. En effet, si le thème semble tout droit sorti de l'esprit d'un financier qui a trop regardé les Producteurs (M.Brooks - 1968), James Huth arrive à en tirer un bon pop-corn movie clairement destiné à une cible ado. Pour ce faire, il mélange casting vitaminé et références cinématographiques. Au final, à l'exception d'une exposition un brin longuette, on se divertit pleinement dans ce teenage movie français.

  50. La fille coupée en deux - (6) est un Canada Dry sexué. En effet, en adaptant un fait divers crapuleux dans l'univers bourgeois et discret lyonnais, Claude Chabrol met en place tous les éléments érotiques imaginables (de la garçonnière au bordel - où l'ellipse règne en maître, en passant par deux actrices sublimes - Mathilda May (et son maillot de bain une pièce) et Ludivine Sagnier qui se suffit à elle seule). Seulement, il choisit de ne jamais satisfaire le voyeurisme du spectateur, le confrontant ainsi à l'hypocrisie du milieu qu'il décrit. Berléand (enfin dirigé) et Magimel (obsessionnel et -de plus en plus- brillant) complètent ce carré d'as frustrant (et frustré), dont seule la fin manque sa cible.

  51. Tel père, telle fille - (6) est l'adaptation light du roman de Virginie Despentes, Teen spirit. Bruno, un "adulescent" musicien (joué par un Vincent Elbaz azimuté) se découvre une fille (Daisy Broom à suivre) de 13 ans en pleine crise adolescente. Dès lors, chacun va devoir vieillir pour vivre (avec) l'autre. Certes, on pourra regretter l'aspect lissé de l'ensemble et quelques rôles mal distribués (comme Frédérique Bel qui n'a toujours pas trouvé le "bon" personnage). Mais cet apprentissage de la paternité mérite d'être vu (mais pas écouté !).

  52. Shoot'em up - (6) est un délire de gamer passé sur grand écran. En effet, pendant 90 minutes, on assiste à d'improbables gunfights qui démontrent que Superman n'a pas encore disparu. Pour l'interpréter, on retrouve un Clive Owen qui s'amuse et flingue à tout va, protégeant à l'occasion un bébé miraculé. Sur sa route, il croisera une sainte prostituée (la bellissime Monica Bellucci) et un surdoué psychopathe (Paul Giamatti sadique à souhait). Du fun, sans fond, mais là n'est pas le principal.

  53. Mr Brooks - (5,5) nous plonge dans la schizophrénie d'un aimable père de famille, tueur en série à ses heures. Sans être un navet, ce polar s'en approche à de nombreux moments à l'instar de Marshall, surjoué par William Hurt, ou des (més)aventures de Demi Moore. Seulement, en choisissant Kevin Costner pour incarner le "tueur de l'ombre", Bruce A.Evans a sauvé son film. Torturé et méthodique, celui-ci parvient à être à la fois compatissant (envers sa famille et sa fille en particulier, désireuse de reprendre les "entreprises" paternelles) et terrifiant (dans l'application de ses fins). Espérons maintenant qu'un vrai scénariste et/ou réalisateur lui proposent un projet à sa hauteur.

  54. Les 4 Fantastiques et le Surfeur d'Argent - (5,5) suit la voie de son aîné (T.Story - 2005) et nous propose des superhéros pour enfants. Ainsi, entre blagues potaches de l'ineffable duo Evans / Chiklis et disparition de toute aspérité psychologique complexe, ces 4..., qui n'ont pas grand chose de fantastiques, assurent le minimum syndical (car les effets sont réussis) : nous divertir pendant 90 minutes. Et ce ne sont pas les venues du Surfeur (admirablement recréé) et de Galactus (devenu un nuage menaçant à la "5e élément" - L.Besson - 1997) ou le retour (inexpliqué) de Fatalis qui vont changer le résultat : ce film est un kleenex, aussitôt vu, aussitôt oublié.

  55. Pirates des Caraïbes - Jusqu'au bout du monde - (5,5) n'est pas le final éblouissant que laissait espérer le volume précédent. En effet, après un long début poussif, il faut attendre près de 45 mn (sur un total de 168 mn) pour que l'histoire prenne enfin son envol (et encore timidement). Dès lors, on assiste à une surenchère de combats, de raccords approximatifs (Du Kraken à la disparition de Calypso) et de Jack Sparrow (démultiplié jusqu'à l'indigestion). Dans ce gloubiboulga naufragesque, seuls surnagent Geoffrey Rush (épatant - et sobre - capitaine Barbossa) et Keira Knightley (qui sera la meilleure surprise de ce diptyque). Même l'apparition (enfin) de Keith Richards rate le coche (fallait-il vraiment lui mettre une guitare entre les mains ?). Bien entendu, vous irez le voir et vous vous ferez votre propre opinion.

  56. Shooteur - Tireur d'élite - (5,5) a de nombreuses qualités et un défaut. En narrant les aventures d'un snipper surdoué en rupture de ban de l'armée à la suite d'une mission ratée, Antoine Fuqua nous propose un solide film d'action qui a la bonne idée de basculer en chasse à l'homme au milieu de son histoire. Dès lors, dans un remake de David contre Goliath, Mark Wahlberg nous tient en haleine pendant près d'une heure. Hélas, le final (logique) déçoit en s'inspirant des pires Bronson et des téléfilms du samedi soir. Sans cette dernière fausse note, le résultat aurait été plus qu'honnête.

  57. Spider-man 3 - (5,5) n'est pas le final que laissait espérer le second volet (S.Raimi - 2004) de la franchise. La faute en incombe à une volonté de trop en faire, comme si Sam Raimi avait voulu réaliser 2 (au moins) films en 1. Ainsi, entre les errements psychologiques des héros, le ridicule de certaines scènes (pauvre Tobey Maguire qui déambule les rues de New York en sex-machine pathétique) et la démultiplication des super-vilains (dont la justification ne semble être que l'esbroufe visuel), on ne frôle pas que l'indigestion. c'est dommage mais le mieux demeure l'ennemi du bien.

  58. Bienvenue chez les Robinson - (5,5) s'adresse clairement au plus jeune public. Ainsi, si cette histoire d'orphelin inventeur de génie amené dans le futur n'a rien d'originale (avec ces références aux trilogies retour vers le futur - R.Zemeckis - 1985 - 1989 - 1990 - et Matrix - L. & B.Wachowski - 1999 - 2003 - 2003) tout en remplissant son quota de rebondissements prévisibles, elle pêche surtout par son manque de second degré, ce qui est presque rédhibitoire dans de telles aventures, Ratatouille étant déjà passé par là cette année.

  59. Un jour sur Terre - (5,5) serait parfait sur National Geographic, par la beauté de ses images et l'urgence de son message planétaire. Hélas, dans le format cinématographique choisi, il faut davantage qu'une multitude de vignettes juxtaposées pour créer une intensité dramatique nécessaire. Dès lors, sans totalement se désintéresser de ce documentaire, on ne s'y implique que superficiellement, ce qui est dommage pour un tel projet.

  60. Cœurs perdus - (5,5) court deux lièvres (les troubles psychologiques d'un flic veuf et les relations fusionnelles d'un couple d'assassins) dans l'Amérique de l'après-guerre. Hélas pour le spectateur, Todd Robinson n'est guère aidé par l'interprétation éteinte de John Travolta, venu payer ses impôts. Ce dernier ne tient pas sa place et déséquilibre totalement le film. Dès lors, on se désintéresse de ses apparitions. Au contraire, Salma Hayek et Jared Leto forment un duo amoureux dont la folie criminelle est parfaitement abordée. Le film aurait gagné en épaisseur (et en qualité !) si le scénario ne s'était recentré QUE sur eux. Mais ce n'est pas le cas.

  61. Taxi 4 - (5,5) n'efface pas le gâchis du 3 e opus (G.Krawczyk - 2003), mais nous offre un aimable passe-temps dont le principal intérêt (en dehors du one-man show de Bernard Farcy) est le retour du génial duo belge de Dikkenek (O.Van Hoofstadt - 2006) : Jean-Luc Couchard et François Damiens. Si le taxi (et par la même occasion, Samy Naceri) n'est plus au centre de l'histoire, le scénario imaginé par Luc Besson enchaîne suffisamment de péripéties pour ne pas avoir l'impression de perdre 90 minutes.

  62. 88 minutes - (5,5) n'est pas le navet annoncé par la presse cinématographique. Certes, Al Pacino a été bien meilleur (et de très loin). Certes, les coups de théâtre sont peu nombreux et plus que prévisibles. Certes, les dialogues ont été écrits par un analphabète. Certes, la résolution des meurtres est sans saveur. Certes, le gimmick temporel n'apporte absolument rien à l'histoire. Certes. Mais, en dépit de tout ça, et parce qu'on s'attend au pire, on finit par se laisser prendre par l'ensemble. Il est parfois reposant de suivre une nullité.

  63. La vérité ou presque - (5,5) est une nouvelle fausse comédie chorale, très à la mode actuellement dans le cinéma français. Seulement si Sam Karmann s'inspire de ses amis, les Jacri, son histoire n'a pas le même intérêt. Malgré un casting de luxe (Viard, Dussolier, Cluzet), ce film tourne à vide, chacun des protagonistes se croisant sans objectif réel ni épaisseur crédible (les multicoucheries poussent le tout vers un marivaudage stérile). Dès lors, tout semble gauche et inutile. À quand la sortie en Dvd des Maris, les femmes, les amants (P.Thomas - 1989) ?

  64. Dans la vallée d'Elah - (5,5) propose une vision déprimante (mais réaliste) du conflit irakien en concentrant notre attention sur un fait divers. Tommy Lee Jones incarne un père militariste qui enquête sur la disparition de son fils au retour d'une longue mission en Irak. Rapidement, il est confronté à l'indifférence des autorités locales et militaires, agacées par sa ténacité et sa volonté à découvrir ce qui s'est réellement passé. Son interprétation, tout en retrait, finit par nous exclure de son enquête et de sa morale. Gênant pour un film à message...

  65. King of California - (5,5) n'est pas encore le film de la renaissance pour Michael Douglas, dont le personnage s'offre parfois des envolés à la Fisher King (T.Gilliam - 1991). Mais cette fable n'est que rarement fantaisiste malgré la présence rayonnante d'Evan Rachel Wood, principale réussite de ce Roi sans royaume. Leur quête n'effleure que trop souvent les divers thèmes abordés (la folie, la paternité, la responsabilité) pour parvenir à convaincre. Un retour en mode mineur, donc.

  66. Les Contes de Terremer - (5,5) n'est pas la meilleure production Ghibli. La faute en incombe à un scénario poussif qui joue sur la lenteur sans forcément de logique. Ainsi, l'acte fondateur (l'assassinat du roi) demeurera sans explication, à l'image de la transformation de Therru. S'ajoutent une animation parfois limite (notamment sur les chansons) et des personnages monofaces dans cette pâlotte adaptation d'un classique de la littérature fantasy. Le fils n'a hélas pas encore dépassé le père.

  67. La Ferme en folie - (5,5) est un dessin animé qui s'adresse (trop franchement) aux plus jeunes spectateurs. Sur un thème éculé et simpliste (le passage à l'âge adulte), cette production Nickelodeon due à l'impayable Steve Oedekerk (réalisateur / scénariste d'Ace Ventura en Afrique - 1996) nous offre quelques bons moments néanmoins comme le passage à sabot du fermier. On est loin de la délirante Véritable histoire du petit chaperon rouge (C. & T.Edwards, T.Leech - 2005), mais cette Ferme... mérite la visite.

  68. Ocean's 13 - (5) est le 3e volet de la franchise de Soderbergh. Hélas, à trop vouloir braquer les casinos, les plans deviennent de plus en plus light, à l'image de l'intérêt du scénario. Retrouver l'intégralité du casting masculin (mais adieu Julia Roberts et Catherine Zeta-Jones !!!) aurait été un atout si l'on avait su à quoi les employer. Malheureusement, à l'image d'Andy Garcia, ils se baladent sans réelle direction, cabotinant à qui mieux-mieux. Certes, le tournage a dû être fun, mais ce n'est pas l'éventuel futur Making of du Dvd que nous venons voir. Peut-être est-ce la malédiction de 2007 contre les troisièmes opus qui frappe à nouveau ou la paresse d'apprenti-scénaristes, mais dans tous les cas, les pigeons sont dans la salle.

  69. Boulevard de la mort - (5) est le premier raté de Quentin Tarantino, qui se laisse aller clairement à un complexe de supériorité. En effet sûr de son talent, il nous offre un "hommage" aux séries B de sa jeunesse. Hélas, le spectateur n'y verra qu'un long trip véhiculé où un cascadeur dément se sert de sa voiture pour assassiner de jolies pépées. Heureusement, le vilain méchant loup va trouver sur sa route de jolies cascadeuses qui lui rappelleront que le sexe dit faible ne l'est pas. Pour faire plus vrai, Tarantino scratche ou désature sa pellicule. Mais quand la forme ne sauve pas le fond, il ne reste plus qu'à passer son chemin, ce qu'a fait logiquement le public américain. Pour une fois, vous pouvez lui faire confiance.

  70. 3 Amis - (5) a un défaut majeur : venir après l'excellent Père et fils (M.Boujenah - 2003). En effet, si, dans le premier, le duo Boujenah - Elbé reliait sans mal les différentes actions de leurs protagonistes, parvenant à les rendre (encore !) meilleurs, là, il échoue complètement, transformant leur scénario en juxtaposition de sketchs plus ou moins drôles, et ce, malgré l'évidence du trio amical que forment Mathilde Seigner, Kad Merad et Pascal Elbé. C'est d'ailleurs le principal reproche que l'on doit faire à Michel Boujenah, dont la sincérité et l'amour de ses acteurs (Merci, pour l'apparition de Philippe Noiret) ne peuvent être mises en doute : pourquoi avoir gâché ces 3 personnages qui méritaient un vrai scénario ? Espérons que ce n'est qu'un court moment d'impuissance et qu'il ne durera pas 2 ans...

  71. J'veux pas que tu t'en ailles - (5) tente de mélanger comédie romantique et psychiatrie. Si parfois cette curieuse alchimie peut donner d'heureux résultats (comme Confidences trop intimes - P.Leconte - 2004), ce n'est pas le cas cette fois. Ainsi, malgré leurs talents, le couple Berry - Godèche apparaît tellement factice que leurs problèmes amoureux me laissent froid. Le final bien pensant ne fait que confirmer le formatage de ce film pour son passage télé dominicale. Dommage.

  72. Cow-boy - (5) nous offre, entre autres, les portraits peu sympathiques d'un ex-révolutionnaire devenu gigolo (un grand Gilbert Melki) et d'un ancien idéaliste devenu bourgeois individualiste (un Benoît Poelvoorde fatigué). Hélas, à force de ne pas aimer ces personnages, Benoît Mariage nous les rend aussi insupportables. Dès lors, seule la partie sordide de ce voyage retient l'attention, dissimulant le reste et notamment l'essentiel des intentions du réalisateur. Tant pis.

  73. Le Secret de Terabithia - (5) est un film dual (à la limite de l'escroquerie si l'on espère un univers réellement fantastique). Pendant près de 70 mn, il ne s'adresse qu'aux très jeunes enfants avec une psychologie monochrome (des "camarades" d'école aux parents laborieux). Puis, à la suite d'un évènement délicat, l'histoire bascule dans l'univers adulte, prenant alors toutes les variations du gris. Un peu tard, sans aucun doute, mais cela sauve le film de l'ennui absolu, nous révélant davantage de profondeur que l'on aurait pu croire.

  74. Bande de sauvages - (5) s'adresse à un public clairement familial et connaîtra (sans doute) un destin dominical. En attendant, ce road-movie "rebelle" est un édulcorant de voyage. Il faut dire que les héros, des quinquas en (fausse) rupture de ban, sont des caricatures Disney d'aventuriers, qui ne peuvent que triompher des obstacles que le "Wild Wild West" - à l'instar d'un anachronique Ray Liota venu payer ses impôts (enfin on l'espère...) - pourrait placer sur leur route. Si on ne s'y ennuie pas totalement, c'est parce que l'on aimerait sans doute être à leur place et ne pas regretter nos vies rangées. Ou que les salles de cinéma sont climatisées.

  75. Paranoïak - (4,5) est à la limite de l'escroquerie. En effet, ce thriller allégé pour préados annonce au haut-parleur et à la corne de brume tous ses "coups de théâtre", afin de désamorcer les rares moments de tension qu'il propose (le summum étant atteint par l'intervention du prévisible David Morse). Et pourtant, dans son exposition, Paranoïak laissait présager le meilleur nous proposant une relecture de Fenêtre sur cour (A.Hitchcock - 1954) avec un Shia LaBœuf jouant parfaitement les ados tête-à-claques. Mais à force de diluer son ennui, celui-ci touche rapidement le spectateur. Et ce n'est pas le final moral (limite moralisateur) qui viendra changer l'appréciation générale.

  76. Faut que ça danse ! - (4,5) m'a ennuyé malgré les présences (parfois) émouvantes de Jean-Pierre Marielle et de Sabine Azéma. En effet, cet hymne à la danse manque de légèreté et de pas de danse (à l'exception d'un cours). Les personnages s'agitent en parallèle, mais ne se croisent pas nécessairement. Agaçant davantage qu'ils ne séduisent, leurs péripéties s'enchaînent sans que l'on se sente concerné. Gênant, non ? Seule Valeria Bruni Tedeschi se sort sans dommage de toutes les situations abracadabrantes dans lesquelles sont plongés les acteurs. Une déception au final, compte tenu des protagonistes.

  77. Un secret - (4,5) nous offre les 2 faces d'une histoire d'amour, la perçue et la vécue. C'est dans cette seconde partie que le film de Claude Miller est le plus convaincant (notamment grâce au quatuor principal). Mais à force d'aller-retour avec le présent (et le ridicule des maquillages de Patrick Bruel) et les fantasmes du jeune héros, l'intérêt se dilue au point de perdre de vue que cette histoire est inspirée d'évènements réels. Le final (et son cimetière d'animaux arrangé par la fille de Laval !) est édifiant, mais trop tardif.

  78. Le come-back - (4,5) est loin d'être la meilleure comédie romantique de la décennie. La faute en incombe au kitsch assumé des années new wave - avec ses déhanchements et ses coupes de cheveux ridicules -, aux trop nombreuses musiques interprétées "live" et à un rythme plus que paresseux. Il est temps à Hugh Grant (qui s'est un peu perdu depuis Pour un garçon - P.Weitz - 2002) et à Drew Barrymore (sublime dans Amour et Amnésie - P.Segal - 2004) de retrouver un projet digne de leurs talents.

  79. Les Femmes de ses rêves - (4) agace davantage qu'il n'amuse, à l'instar des œuvres récentes des frangins Farrelly. En multipliant les outrances (souvent scatologiques) - pauvre Malin Akerman... -, ils essaient, en compagnie de Ben Stiller, de retrouver le succès de Mary à tout prix (1998). Mais, cette fois, l'alchimie ne prend pas en dépit de quelques bonnes idées (voir Stiller prostré aux côtés de son épouse ou passé à tabac par des infirmes demeure jouissif). Croisons les doigts que leur traversée du désert prenne enfin fin.

  80. Une vieille maîtresse - (4) est usant, malgré l'interprétation prenante de Fu'âd Aït Aatou. Adaptant un roman de Barbey d'Aurevilly, Catherine Breillat impose une actrice aussi borderline qu'elle, Asia Argento, dans le rôle-titre. Tout en excès, elle surjoue à la demande de sa réalisatrice, quitte à gâcher la majorité de ses scènes qui auraient gagné à plus de subtilité. Mais ce n'est pas à 58 ans que Breillat va changer. Tant pis pour nous.

  81. L'Invité - (4) se veut une comédie à la Francis Veber, mais ce scénario de David Pharao témoigne de la différence fondamentale entre le Vouloir et le Pouvoir. En effet, le résultat parvient que très épisodiquement à nous faire sourire. Pourtant, Laurent Bouhnik avait en main un quatuor (plus que généralement) talentueux. Hélas, alors que Valérie Lemercier reprend son pire rôle (celui de Béatrice de Montmirail des Visiteurs - J-M.Poiré - 1993), Thierry Lhermitte s'inspire poussivement de Pierre Brochant, héros du Dîner de cons (F.Veber - 1998), et Daniel Auteuil est au minimum syndical. Seul Hippolyte Girardot est à la hauteur. Comme il n'a que 2 scènes, vous comprendrez la déception de cette invitation.

  82. La légende de Beowulf - (3,5) améliore encore la technique exploitée par Robert Zemeckis dans son précédent conte (le Pôle Express - 2004), rendant immédiatement reconnaissable les visages des acteurs engagés pour cette aventure (d'Anthony Hopkins à Angelina Jolie). Mais cet écrin technique n'a pas d'âme, comme si le défit technologique avait pris le pas sur toute autre considération, y compris celle essentielle du scénario. Dès lors, jamais on ne s'intéresse aux (més)aventures des héros, qui peuvent (se) trahir ou (se) sacrifier, sans que cela ne déclenche la moindre émotion. Au final, si cette animation ressemble et a le goût du cinéma, cela n'en est pas !

  83. Shrek le troisième - (3,5) prouve par l'absurde le génie de Pixar. En effet, à force de vouloir surexploiter leurs filons, Katzenberg et Cie gaspillent leurs créations. Si l'animation gagne en photoréalisme, le film y perd son âme, son humour et son intérêt. On est loin de l'original irrespectueux à la marge Tex Averyenne, plus que trahi par cette version "disneyisée" de l'Ogre vert. Dreamworks fait donc tout le contraire de Pixar, qui cherche à chaque fois à surprendre, à créer, à se transcender. Vivement Ratatouille.

  84. La disparue de Deauville - (3,5) n'offre pas à Christophe Lambert un retour gagnant, faute à une histoire abracadabrante et nauséeuse. Et pourtant, Sophie Marceau maîtrise sa mise en scène, en multipliant les effets de caméra plus ou moins bienvenus. Mais, la forme ne compense pas la nullité du fond. Pas tout à fait un naufrage, mais pas loin quand même.

  85. Le prix à payer - (3) est une comédie au thème plus que limite. Ainsi, un manager, subtilement interprété par Christian Clavier (si, c'est encore possible), et son chauffeur (bofissime Lanvin) décident de couper les vivres à leurs épouse-concubines afin d'obtenir un peu d'attention de celles-ci. Dans ce scénario misanthrope, seul le personnage de Clavier n'est pas foncièrement antipathique, juste pathétique, à l'image du final. Trop de cynisme tue la comédie. Espérons qu'Alexandra Leclère s'en souvienne la prochaine fois.

  86. Pars vite et reviens tard - (3) est un polar agaçant car il reprend tous les pires travers des feuilletons télés de l'été (avec ses nombreux suspects et son twist désespérément classique), tout en parsemant ici et là de bonnes idées cinématographiques (comme ce crieur des temps modernes). Hélas, malgré quelques acteurs habités (José Garcia ou Olivier Gourmet), le résultat déçoit (si quelqu'un peut m'expliquer ce que vient faire le personnage de Marie Gillain dans les bras d'Adamsberg, je suis preneur). Pars vite et reviens tard n'est pas l'inégalé Maître du Zodiac, mais il s'en faut de peu (4 mauvais autres épisodes, en fait).

  87. En cloque, mode d'emploi - (2,5) n'est pas une comédie drôle. Malgré la présence de Katherine "Grey's Anatomy" Heigl, cette histoire ne provoque même pas l'ébauche d'un sourire, la faute à deux univers antagonistes peu sympathiques et à l'absence de situations intéressantes. Comme la durée est de plus inhabituelle, le résultat s'apparente davantage à un avortement qu'à une renaissance du genre.

  88. Big Movie - (2,5) parodie sans finesse une foultitude de succès récents à la Scary movie (K.I.Wayans - 2000). L'avantage d'un tel choix est que le sou(s)rire peut venir au détour d'une référence (des X-Men 3 (B.Ratner - 2006) au Monde de Narnia - chapitre 1 (A.Adamson - 2005), vous aurez le choix). À contrario, l'exercice a le défaut de ce choix, devenant irregardable dans un avenir proche. Hélas, pour BM, ce futur est immédiat. On est loin des productions Monty Python et ZAZ...

  89. Les Témoins - (2,5) ressemblent davantage à un téléfilm d'une autre époque qu'à un film récent. Malgré une sublime Emmanuelle Béart et un habité Sami Bouajila, l'histoire ne prend pas, frôlant plus souvent le ridicule (à l'image de la danse entamée par nos héros) que l'intéressant (pourquoi ne pas avoir creusé davantage la relation mère - nouveau né ?). Ce film vient peut-être trop tard...

  90. Le Nombre 23 - (1,5) a la couleur et (parfois) le goût d'Angel Heart (A.Parker - 1987). Mais Joël Schumacher est très loin d'Alan Parker. Ainsi, au lieu d'être original dans le fond, il multiplie les plans à la Se7en (D.Fincher - 1996) pour faire "torturé", espérant que ce style permettra de rendre crédible son absence de scénario. Hélas, Jim Carrey n'est pas, comme Mickey Rourke, épaulé par la perversité de Robert De Niro, malgré la bonne volonté de Virginia Madsen. Il ne fait que s'agiter, dépassant trop souvent les limites du ridicule. Mais rien de plus normal à cela car lors d'un naufrage, le capitaine sombre toujours avec son navire.

  91. Hyper Tension - (1) est usant à force de vouloir nous faire vivre le bad trip du héros. Le binôme de réalisateurs cache l'abyssal vide de leur histoire par une débauche d'effets de style, plus proches de la nausée que de la virtuosité. Jason Statham gâche son "talent" en se parodiant involontairement dans cet ersatz de jeu vidéo. À fuir, même si vous avez envie de pop-corn.

  92. Ghost Rider - (0,5) n'aurait jamais dû devenir un film. Il faut dire que ses producteurs ont longtemps tardé à le montrer repoussant à maintes reprises sa sortie sur les écrans. Mais comment justifier un direct-to-vidéo quand on paye l'acteur principal 15 millions de $ ? Alors pour rentrer dans leurs frais, ils ont multiplié les gros plans sur les seins (généreux) d'Eva Mendès (afin d'attirer au mieux le public masculin) -et unique intérêt ces 106 minutes- et ont soigné la majorité des effets spéciaux fidèles au comic originel. Hélas, celui-ci était déjà risible. Le film est donc tout à fait représentatif !

  93. Sa Majesté Minor - (0) fait de 2007 une année exceptionnelle. En effet, jamais dans mon souvenir, deux projets pharaoniques français n'avaient été de tels navets. Sans atteindre le vide abyssal de l'île aux trésors, le film de Jean-Jacques Annaud atteint un niveau de crétinerie qui surprend, compte tenu des talents attachés à ce projet (seul Vincent Cassel parvient à s'en sortir indemne). Après tant de réussite, il pouvait se permettre une folie. Mais revenons vite à du cinéma !

  94. L'Île aux trésors - (- 0,5) est sans doute l'un des pires gâchis de la carrière de Gérard Jugnot. En s'essayant au film de pirates, Alain Berberian semble avoir voulu se confronter avec de glorieux prédécesseurs (comme Pirates - R.Polanski - 1986 - ou Pirates des Caraïbes - le secret du coffre - G.Verbinski - 2006) sans moyens (d'où la multiplication de plans en hélicoptère du trois mats statique !!!) et sans scénario (à quoi servent les meurtres d'Alice Taglioni dont on n'aura jamais la moindre explication ?). Ce pari était donc perdu d'avance. Si la bande annonce laissait espérer de l'aventure et de la comédie, le long métrage est au mieux consternant, au pire une escroquerie que la presse a majoritairement descendu. Pour une fois, faîtes-leur confiance les yeux fermés.

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