Quelques idées de films



Voici 11 ans que je vous propose quelques conseils cinématographiques. Par esprit de contradiction, je modifie cette phrase d'introduction :

  1. Il y a longtemps que je t'aime - (8,5) mériterait de rencontrer un large public par son humanisme et l'émotion prégnante que le duo principal (et si évident) nous procure. Elsa Zylberstein (de plus en plus belle) et Kristin Scott Thomas (dans son meilleur rôle à ce jour) interprètent 2 sœurs qui se retrouvent après l'incarcération pendant 15 ans de l'aînée. Son retour à la vie chamboule celle de sa cadette, par sa volonté de se rapprocher d'elle et de comprendre la tragédie qui l'a tenue éloignée si longtemps. Epaulées par la délicatesse du scénario de Philippe Claudel, les deux actrices nous bouleversent et ne nous quittent que bien après la fin du générique de cette merveille simple. Merci.

  2. Le premier jour du reste de ta vie - (8) est le 2nd film réussi de Rémi Bezançon après l'inattendu petit miracle de Ma vie en l'air (2005). On suit ainsi les pas plus ou moins difficiles d'une famille qui pourrait être la notre pendant une douzaine d'années à travers 5 journées particulières (une pour chaque membre de cet attachant foyer). Le plaisir des situations et la qualité du quintet principal (les parents - Zabou Breitman et Jacques Gamblin - et les enfants - Pio Marmaï, Marc-André Grondin et Déborah François - à l'unisson) contribuent au plaisir et aux émotions du spectateur. Un moment rare de cet été que vous pouvez aller savourer en confiance.

  3. Bienvenue chez les Ch'tis - (8) va casser la baraque (à frites de Momo), car c'est de loin la meilleure comédie de ces dernières années (hors dessins animés). En jouant habilement de tous les poncifs afférents à la région Nord Pas-de-Calais, Dany Boon propose une vivifiante déclaration d'amour à ses racines. Jamais il ne se moque de ses personnages, préférant rire "avec" que "sûr". Pour y parvenir, il s'est entouré d'acteurs brillants (de Kad Merad à Zoé Félix, en passant par l'équipe nordiste - Anne Marivin, Philippe Duquesne, Guy Lecluyse) qui nous font rire aux larmes. Au final, comme le couple sudiste, on quitte cet univers avec une tristesse, en souhaitant y retourner très vite.

  4. 2 Jours à tuer - (8) marque le retour aux sources de Jean Becker après de nombreuses comédies bucoliques plutôt réussies. Ainsi assiste-t-on à la destruction d'un quotidien de magazine, entre une réussite professionnelle et une famille parfaite. Dans ce jeu de massacre réduit à son essence sans fioriture, Albert Dupontel est une fois de plus évident, tant il parvient à asséner les pires horreurs à son entourage (de ses enfants à ses amis, en passant par la joute libératoire de la belle-mère). Bien sûr, le final est évident. Mais il vous prend aux tripes et vous émeut longtemps, à l'instar du superbe générique lu par Serge Reggiani. Indéniablement, un bel instant.

  5. The Dark Knight - (8) n'est peut-être pas aussi fantastique que Batman returns (T.Burton - 1992), mais c'est de très loin la meilleure adaptation de superhéros de ces 15 dernières années. Il faut dire que Christopher Nolan s'appuie sur un scénario d'une rare noirceur sans aucune (!!!) compromission et sur une interprétation extraordinaire de Heath Ledger. Dès que ce dernier apparaît, la folie géniale du Joker éclipse toutes les autres présences. Heureusement pour ce Chevalier noir, Aaron Eckhart et Christian Bale sont à la hauteur de sa prestation. Dès lors, les 150 minutes du film passent bien trop vite, d'autant qu'il faudra patienter 3 ans pour voir l'ultime volet de la trilogie imaginée par Nolan. D'ici là, heureusement, le dvd sera sorti !

  6. Wall-E - (8) prouve d'une part que je suis un fan absolu des œuvres Pixar et d'autre part, que les artisans de ce studio sont des magiciens (à l'image du court métrage, Presto, pour mise en bouche), capables d'émouvoir sans parole (ou presque pendant 45 mn), de nous faire croire à cet amour entre un robot au cœur si grand (quel génie dans le choix de son graphisme plus expressif que Roger Moore ne le fut dans toute sa carrière) et une sonde moderne immaculée, de sensibiliser toutes les couches de la population à l'état de la planète (aussi bien qu'Al Gore) sans surligner son propos tant il est évident, de nous faire redouter le pire pour n'avoir que le meilleur, en un mot, d'exceptionnel. Que ceux qui redoutaient leur passage sous la bannière Disney se rassurent, Pixar est et demeure (avec les studios Ghibli) le présent (et l'avenir) de l'animation.

  7. Il Divo - (8) propose une biographie non autorisée (et pour cause !) de Giulo Andreotti, dinosaure type carnassier de la politique italienne, accusé de tous les maux (essentiellement les pires). Présentée comme un polar, cette vie toute entière motivée par le pouvoir (surtout sa garde) captive pendant 100 mn, notamment grâce à la fabuleuse personnification de Tony Servillo. Bien sûr, Paolo Sorrentino a choisi son camps (le déroulant final est, à ce sens, édifiant), mais comme le dit le principal intéressé après le prix décerné à Cannes : "Mieux vaut être critiqué qu'ignoré". Du Talleyrand dans le texte.

  8. Soyez sympas, rembobinez - (7,5) est un fantasme d'apprenti-cinéaste. En comptant les aventures (absurdes) d'un duo de (re)faiseurs de succès, Michel Gondry poursuit son œuvre improbable avec davantage de réussite que pour Eternal Sunshine of the spotless Mind (2004) ou la Sciences des Rêves (2006). Il faut avouer que l'alchimie du duo Mos Def - Jack Black contribue à rendre crédible leurs relectures fauchées de Ghostbusters (I.Reitman - 1984) et autres Rush Hour 2 (B.Ratner - 2001). Le tout est mâtiné d'un esprit communautaire où voisinage et solidarité ne sont plus des concepts d'un autre temps, mais une part importante de la vie. Une morale pas si bête que cela, en somme.

  9. Two lovers - (7,5) est une hésitation amoureuse conduite de main de maître par James Gray dont l'univers n'est guère porté à la romance. Bien sûr, s'il en respecte les codes - notamment le triangle et l'évidence des sentiments, l'intention de Gray n'est pas de nous offrir une comédie romantique classique et confortable. Bien au contraire. S'appuyant sur un quintet d'orfèvres (et tout particulièrement sa muse, Joaquin Phoenix, et ses amours, Gwyneth Paltrow - enfin, à nouveau, convaincante - et Vinessa Show, pas aussi inexistante que son rôle le suggèrerait), il parvient à nous émouvoir et à décrire la cruauté des choix qui nous amène à survivre plutôt qu'à vivre. Un sans faute, une fois de plus.

  10. Jackpot - (7,5) prouve une fois de plus qu'un genre aussi balisé que celui de la comédie romantique doit s'appuyer sur un solide scénario et un couple à l'alchimie évidente pour pouvoir être vraiment apprécié. Or ici, les deux sont largement réunis. Ainsi, le duo Cameron "Miam-miam" Diaz - Ashton "Effet Papillon" Kutcher se déteste à l'instar de Meg Ryan et Tom Hanks dans Vous @vez un message (N.Ephron - 1999) ou Andy MacDowell et Bill Murray dans un Jour sans fin (H.Ramis - 1993) ou Julia Roberts et Richard Gere dans Just Married (G.Marshall - 1999). Les regarder redoubler d'imagination pour se pourrir leur quotidien respectif devient alors extrêmement jouissif, d'autant plus qu'ils sont parfaitement entourés (notamment l'épique psy incarnée par Queen Latifah). Au final, Tom Vaughan nous offre un sans-faute savoureux et amoureux.

  11. Las Vegas 21 - (7,5), tiré d'une histoire vraie, est une excellente surprise qui met en scène une équipe de génies des mathématiques ayant plumé légalement les casinos de Vegas pendant près de 6 ans. Dans ce monde de faux semblants, règne Jim Sturgess, brillant étudiant qui accepte la proposition (mal ?)honnête de son professeur, Kevin Spacey, afin de se payer ses futures études et conquérir le cœur de la (superbement) belle Kate Bosworth. Schizophrène, il s'éloignera de son passé et de son chemin avant d'être ramené durement à la réalité. Sa rédemption étant assez inattendue, vous quitterez la salle avec la banane, ce qui est assez remarquable en cette saison.

  12. Madagascar 2 : la grande évasion - (7,5) débute quelques temps après le 1er opus (E.Darnell & T.McGrath - 2005). Après un court voyage aérien, on retrouve notre quatuor et les 4 pingouins en Afrique. À l'instar de Scrat pour la franchise de l'Âge de glace (2002 - 2006), ces derniers voient leurs aventures prendre davantage d'importance, l'effet répétitif en moins. En parallèle, le duo à la tête de la série Madagascar lorgne du côté du Roi Lion (B.Minkoff & R.Allers - 1994), en nous offrant les retrouvailles d'Alex avec sa famille perdue. S'appuyant sur de solides références et une animation toujours plus réussie, ils nous offrent le divertissement parfait des fêtes de Noël, chacun y trouvant son angle de lecture. Vivement la suite.

  13. Paris - (7,5) est le film-choral que l'on n'espérait plus de Claude Lelouch. En narrant les derniers jours d'un danseur (superbement interprété par Romain Duris), on croise les chemins d'un célèbre historien amoureux (Luchini fou, mais sincère), une assistante sociale à la dérive (Juliette Binoche, lumineuse), un maraîcher renaissant (Albert Dupontel, évident) et une kyrielle de personnages qui parviennent tous à exister. Au gré de leurs rencontres, ils tissent un portrait de la capitale multicolore - mais non idéale comme en témoigne l'abandon par Binoche d'un SDF venu quérir un peu d'aide - et enivrante. Malheureusement pour Lelouch, Paris est dû à Cédric Klapisch...

  14. Pénélope - (7,5) est la comédie romantique qu'aurait pu imaginer Tim Burton s'il ne s'était pas attelé à l'adaptation de Sweeney Todd. Cachée du monde par ses parents en raison d'une vieille malédiction, Pénélope aspire au bonheur malgré un nez et des oreilles porcins. L'intervention d'un journaliste et d'un aspirant éconduit l'amènera à croiser les pas de l'Amour et de l'univers inconnu. Sur une trame (et une imagerie) de conte de fées, Christina Ricci campe, avec l'innocence et le charme nécessaire, une héroïne touchante dont les aventures sont épaulées par un casting parfait et équilibré, Leslie Caveny ayant écrit de véritables personnages et non des faire-valoir à peine esquissés. Sous la baguette d'un Mark Palansky inspiré, cette modernisation du vilain petit canard vaut plus qu'un simple coup d'œil.

  15. Hellboy II : les légions d'or maudites - (7) marque le retour réussi du démon humain et de ses étranges partenaires. S'appuyant sur des effets spéciaux particulièrement bien intégrés, un scénario intelligent où s'entrecroisent quête d'identité, perspectives passionnantes et amours délicates et des acteurs parfaits (à l'instar du duo principal Salma Blair - Ron Perlman), Guillermo Del Toro nous divertit à nouveau, poursuivant une carrière sans faute. Certes, Hellboy 2 n'atteint pas le sublime comme son Labyrinthe de Pan (2006), mais HB 2 est tellement supérieur à la majorité des films de superhéros que vous pouvez aller le voir en toute confiance.

  16. Bons baisers de Bruges - (7) est un polar atypique complètement décalé qui met en scène un duo de tueurs à gages (Colin "Petit scarabée" Farrell et Brendan "Maître Fu" Gleeson) venu se faire oublier à Bruges. Alors que l'aîné jouit de la visite de cette ville-musée, le cadet s'ennuie et multiplie les rencontres (d'un nain cocaïnomane et raciste à une jeune détrousseuse de touristes) afin d'oublier sa dernière mission, dans l'attente d'un appel de leur commanditaire, Ralph "Gentleman" Fiennes. Si vous recherchez de l'action débridée, passez votre chemin. Par contre, si une atmosphère rétro et bizarre soutenue par des dialogues et une interprétation de qualité vous tente, ces Bons baisers... sont pour vous.

  17. Secret Défense - (7) est un film d'espionnage nerveux et racé comme le cinéma français n'en avait pas produit depuis longtemps. En narrant les recrutements de Vahina Giocante (Soupir !) par Gérard Lanvin et de Nicolas Duvauchelle par le réseau de Simon Abkarian, Philippe Haïm dresse un bilan de l'état de ce monde, devenu fou par manque d'écoute de l'autre, où le bien et le mal sont des notions opportunistes qui oublient l'humain (l'élimination de son compagnon anglais en Afghanistan par Duvauchelle en est l'un des témoignages les plus âpres). Dès lors, les multiples manipulations nous captivent - sans nous surprendre - tant le propos de Haïm est précis. Du bel ouvrage, en somme.

  18. L'échange - (7) s'inspire d'une dramatique fait-divers oublié des années 20, la disparition d'un enfant et le combat d'une mère contre l'autorité. D'une facture classique et minutieuse, ce polar s'appuie sur la performance bouleversée d'Angelina Jolie qui repousse l'injustice avec une pudeur communicative. Ainsi, en totale empathie avec elle, on s'indigne devant l'aveuglement policier confrontée aux multiples preuves de son erreur, on souffre lors de l'incarcération psychiatrique (éprouvant code 12), on jubile pendant le procès final ou on se dégoûte face à la folie de Gordon Northcott. Certes, cet Echange n'est peut-être pas le chef d'œuvre de Clint Eastwood, mais reste largement supérieur à la majorité de la création actuelle.

  19. Wanted : choisis ton destin - (7) est un film d'action efficace et réussi, qui ne cherche pas d'excuses métaphysiques et philosophiques pour nous en mettre plein la vue. En intégrant une secte de tueurs, le jeune (et insignifiant) James McAvoy (excellent dans le Dernier roi d'Ecosse - K.MacDonald - 2007 - ou Pénélope - M.Palansky - 2008) croit sauver le monde en affrontant le mystérieux dissident Cross. Timur Bekmambetov, qui a suffisamment de talent pour ne pas tomber dans la facilité, enchaîne alors les moments de bravoure jubilatoires et nous tient en haleine jusqu'au bout. Un blockbuster largement fréquentable en somme.

  20. Mesrine : l'ennemi public n°1 - (7) retrace les dernières années de la vie du malfrat, des évasions fracassantes aux vols avec panache, des coups de sang ultraviolents aux rencontres de cavales, des interviews clandestines à ses velléités extrémistes. Devant le one-man show de Vincent Cassel - vraiment !- éblouissant, Mathieu Amalric, Gérard Lanvin et Ludivine Sagnier parviennent toutefois à exister, volant ici ou là quelques scènes. Au final, si l'Instinct de mort m'avait laissé sur ma faim, ce 2e volet rehausse le tout pleinement et indissociablement.

  21. Kung Fu Panda - (7) ne s'appuie pas seulement sur une perfection technique (en projection numérique, on a rarement vu plus beau !) ni sur un scénario ciblé sur les 4 - 12 ans à l'instar des productions Dreamworks récentes (non, je ne citerais pas le 3e Volet raté d'un ogre célèbre). Non, cette fois, les duos scénaristes - réalisateurs mettent en place des péripéties délirantes et des personnages réussis (Pô et son maître, notamment), non dénués de 2nd degré. Certes, les valeurs restent familiales, mais en quoi serait-ce un handicap ?

  22. Chasseurs de dragons - (7) est le prologue cinématographique de la série animée éponyme. Dans un univers 3 D d'une finesse et d'une beauté rappelant les meilleurs Miyazaki (notamment son Voyage de Chihiro - 2002), on suit les pas du trio Gwizdo - Lian Chu - Hector, devenu quatuor avec la groupie Zoé, sur les traces du Dévoreur de Mondes. S'appuyant sur un ton décalé et un solide scénario, cette adaptation française rivalise sans peine avec les meilleures productions animées outre-Atlantique, parvenant à captiver aussi bien les initiés que les non à l'univers d'Arthur Qwak et Valérie Hadida. Vivement la suite.

  23. L'Île de Nim - (7) est une charmante comédie d'aventure qui séduira aussi bien les grands que les petits. Il faut dire que le choix inattendu de Jodie Foster pour interpréter l'auteure Alex(andra) Rover apporte une fraîcheur appréciable à l'ensemble. Antithèse de son héros éponyme, clone d'Indiana J., qui fait rêver la planète et notamment la petite Nim Rusoe (Bien sûr, son père s'appelle Jack !), elle multiplie les TOC agoraphobes et les dialogues schizophrènes avec sa création avec un délice communicatif. Son périple pour sauver sa petite fan des abus de la civilisation vaut à lui seul le prix du ticket. Comme le versant écologique de cette fable et le casting de la famille Rusoe sont aussi réussis, le tout mérite la visite en toute confiance.

  24. Un jour, peut-être... - (7) renouvelle plutôt sympathiquement les codes de la comédie romantique en nous offrant un scénario à la How i met your Mother (2005 - ...) : une jeune fille - l'inoubliable Abigail "Little Miss Sunshine" Breslin - demande à son père récemment divorcé comment il a rencontré et aimé sa mère. S'en suit un récit où 3 mamans potentielles - la blonde perdue de vue Elizabeth Banks, l'intellectuelle brune Rachel Weisz et la tornade rousse Isla Fisher - croisent la route d'un papa directeur de communication - Ryan Reynolds plutôt sympathique. Le cluedo amoureux se suit sans déplaisir sur une quinzaine d'années, nous rappelant les meilleures créations des anglais de Working Title (Coup de foudre à Notting Hill et autres Love Actually), ce qui est normal puisqu'ils en sont producteurs !

  25. Igor - (7) est un hommage, à la limite du plagiat, à l'univers de Tim Burton, tant les designs, les personnages ou les thèmes de ce dessin animé semblent sortis de l'imaginaire burtonien. Ainsi dans un monde où les savants fous doivent redoubler de folie pour le sauver, Igor, un assistant à la Quasimodo, se transforme en Dr Frankenstein en créant la monstrueuse Violette. Seul petit problème : cette dernière n'est en rien maléfique. Dès lors, secondé par Rapidos et Brain aka Brian, il devra choisir entre un destin et un amour. Evidemment, ce conte enfantin ne sortira pas davantage des chemins balisés, mais qu'importe car le plaisir sera partagé par toute la famille.

  26. Le Monde de Narnia, chapitre 2 : le prince Caspian - (7) corrige efficacement l'impression laissée par le 1er opus. Il faut dire que cette histoire laisse peu de place à la niaiseuse "innocence" du précédent ouvrage. Peut-être est-ce dû au fait que les orphelins Pevensie ne sont plus les seuls au centre des événements, à l'instar du prince Caspian et de son oncle (le toujours précieux Sergio Castellito). Alors, certes, ce film d'heroic fantasy est une production Disney, ce qui implique son lot de bons sentiments et sa quasi-absence de violence graphique (Narnia N'EST PAS la terre du Milieu). Mais la qualité des effets spéciaux et la quête proposée captivent largement. Souhaitons que le futur de Narnia soit encore plus flamboyant.

  27. Burn after reading - (7) est une ode à la crétinerie, menée par deux adultes attardés, les frangins Coen, capables de convaincre le quintet Pitt - Clooney - Malkovich - McDormand - Swinton à se parodier sans mauvaise pudeur. Si le scénario, forcément absurde, tient sur un timbre (des documents secrets de la CIA atterrissent entre les mains d'amateurs qui espèrent en profiter), le plaisir jouissif des comédiens est communicatif, nous amusant en ces temps difficiles. Burn... n'est sans doute pas le chef d'œuvre ultime de la longue carrière des Coen, mais constitue une agréable récréation.

  28. Braquage à l'anglaise - (6,5) mélange affaires d'état (la princesse Anne était-elle si délurée ?), corruption de policiers, chantages de Lords, manipulations de services secrets, grandes fripouilles et bras cassés réunis pour un casse à la Spaggiari dans la rue de Sherlock Holmes. Il faudra beaucoup de hasard (dont la chute d'un talkie-walkie) et de trahisons pour qu'un trio (je savais bien que Jason Statham pouvait être un acteur, même si cela date de son passage chez Guy Ritchie) touche un gros lot inespéré. Un peu gros peut-être, mais le film est tiré d'une histoire vraie...

  29. Pour elle - (6,5) ne se concentre pas sur l'injustice judiciaire qui frappe le couple heureux et amoureux incarné par Diane Kruger et Vincent Lindon, mais sur le jusqu'au-boutisme qu'implique cet amour complet. On suit alors les préparatifs d'un simple professeur de français prêt à tout pour faire évader la femme de sa vie, quitte à ne plus revoir le reste de ses proches (les dernières scènes avec son père - interprété magistralement et pudiquement par Olivier Perrier - sont d'ailleurs les plus émouvantes du film) et à tout perdre. Dès lors, on suit inquiet sa lutte pour une survie éphémère mais nécessaire. Au final, Fred Cavayé traite son sujet avec pudeur et intelligence, chose pas si courante cette année.

  30. Cortex - (6,5) ne vaut que pour l'interprétation d'André Dussollier. En effet, cette enquête sur un éventuel tueur en série au sein d'une clinique s'occupant de patients atteints d'Alzheimer n'a rien de palpitant. Mais, Dussollier, amaigri d'une quinzaine de kilos, est magistral. Il nous plonge dans les arcanes de la maladie avec une acuité absolue. On retrouve alors douloureusement les symptômes que chacun a déjà perçus chez un proche atteint. La rédaction de ses notes en est un des témoignages les plus subtiles. Dès lors, le malaise de cet ancien inspecteur nous est palpable et parvient à nous captiver malgré la vacuité de l'intrigue.

  31. JCVD - (6,5) laisse un petit goût amer, un soupçon d'inachevé et une grande frustration. La faute en incombe à l'exceptionnelle performance de Jean-Claude Van Damme que l'on n'attendait pas. En effet, il suffit de quelques scènes (dont un hallucinant témoignage face caméra voulue par JC) et de gros plans sur un visage revenu de tout pour comprendre à quel point on a pu se fourvoyer sur le côté "Aware" et baroque d'un personnage public, comique involontaire et perdu dans des paradis non désirés. Hélas, Mabrouk El Mechri le respecte trop, lui offrant un scénario pas assez jusqu'au-boutiste, bien que parfaitement écrit. Il lui manque un grain de folie pour que cet exercice de style (et de rédemption) ne parvienne à atteindre son but : rendre à JCVD son humanité.

  32. Coup de foudre à Rhode Island - (6,5) est une comédie romantique qui, sans être vraiment originale, remplit honorablement son quota d'émotions en nous narrant le coup de foudre involontaire entre un veuf, père de 3 adolescentes, et sa future belle-sœur. Au côté du duo principal (Juliette Binoche pas toujours convaincante et Steve Carell étonnamment juste) gravite une famille largement réussie (des filles du héros aux parents chefs de tribu unie et délirante), malheureusement desservie par une mise en scène peu inspirée et quelques péripéties paresseuses. Le tout s'apprécie sans fine bouche, ce qui est loin d'être superflu en cette saison.

  33. Modern Love - (6,5) vaut, pour une fois, mieux que sa bande annonce. En reprenant les codes des comédies romantiques, Stéphane Kazandjian nous invite à suivre les pas d'un scénariste (PEF peut-il interpréter un personnage autre que lunaire ?), auteur d'une histoire idéale. En mélangeant intelligemment réalité (et ses échecs) et fiction (décalco des œuvres de Richard Curtis ou Nora Ephron) et en s'appuyant sur un casting crédible (notamment Clotilde Courau et Bérénice Béjo), Kazandjian réussit sur tous les tableaux sans (trop de) mièvrerie. Peut-être pas un film référence, mais assurément un bon moment.

  34. Mamma Mia ! - (6,5) est l'adaptation cinématographique d'un spectacle musical tirée de l'œuvre d'ABBA. Hélas, la néophyte Phyllida Lloyd ne transfigure pas sa mise en scène théâtrale, caricaturant jusqu'à l'absurde les "pauses" sur-soulignées des protagonistes (citons, entre autres, la découverte de Meryl Streep de ses anciens amours). Malgré cette restriction - et un scénario indigent, le plaisir de voir et entendre le duo principal (Meryl Streep et Pierce Brosnan simplement épatants) est complet, notamment lors des 2 moments de bravoure de cette comédie musicale (l'interprétation de The Winner takes it All par Meryl Streep est bouleversante). Comme les 2nds rôles s'amusent à l'unisson (à l'exception, peut-être, de Stellan Skarsgard qui semble perdu dans cet univers), on quitte -après les 2 reprises du générique !- la salle comblé, se rappelant que la période disco n'était pas seulement une comédie française ratée.

  35. Vicky Christina Barcelona - (6,5) est à nouveau un Woody Allen mineur, mais de plutôt bonne facture. On suit ainsi les aventures caliente ibériques de 2 amies américaines, Rebecca Hall et Scarlett Johansson, séduites par le ténébreux peintre Javier Bardem. Entre chassés-croisés amoureux et libertaires, Woody Allen redessine la sensualité avec un trio féminin convaincant et complémentaire, fantasme absolu de tout spectateur (et de votre serviteur en particulier). Vivement ses prochaines aventures.

  36. Sans arme, ni haine, ni violence - (6,5) n'est pas centré sur le casse de la Société Générale de Nice, mais sur son maître d'œuvre : Albert Spaggiari, tartarin moderne. Le long d'une interview (temporellement allongée), on découvre le personnage, de sa mythomanie à sa réalité. Le portrait que nous peint Jean-Paul Rouve est en partie apocryphe, mais totalement crédible. Entouré par Alice Taglioni (toujours miam ! et de plus en plus juste) et Gilles Lellouche (largement en empathie), Rouve est simplement évident, tant son modèle semble avoir été imaginé pour devenir un héros cinématographique. Hélas, la volonté de minimiser au maximum l'aspect sensationnel de l'histoire de Spaggiari pourra déstabiliser le spectateur en quête de davantage d'aventures. Si vous dépassez ce choix conscient, ce (presque) biopic vous fera passer un bon moment.

  37. Voyage au centre de la terre 3D - (6) est ma 1ère expérience de 3D au cinéma et il faut bien l'avouer, c'est techniquement une réussite. Certes, le scénario n'est pas sa qualité première. Ainsi, suit-on les pas maladroits de 3 aventuriers malgré eux qui se retrouvent sous terre, sur les traces du roman éponyme de Jules Verne. Mais les nombreux effets nous plongent au cœur des péripéties de Fraser et consorts transcendant cette histoire gentillette. À découvrir donc pour cette immersion et non pour son originalité.

  38. Au bout de la nuit - (6) est un polar classique qui ne révolutionne en rien le genre, mais qui a le mérite de nous divertir pleinement. On suit ainsi la contre-enquête d'un détective de LA - Keanu Reeves alcoolisé et jusqu'au-boutiste - sur la mort de son ancien partenaire. Tiraillé entre son mentor - l'imposant et excessif Forest Whitaker - et un capitaine de l'IGS - Hugh "Dr House" Laurie, il survit à toutes les fusillades qui ponctuent métronomiquement le scénario, tel un héros de western pas tout à fait sans reproche. On pourra, bien sûr, regretter l'absence de profondeur des personnages ou les ficelles grossières (notamment ces fameuses fusillades) du scénario de James Ellroy. Mais, bon, en période de disette, on se contente de ce que l'on a.

  39. Vilaine - (6) n'est sans doute pas la comédie la plus fine de cette année. Néanmoins, grâce à la prestance de Marilou Berry et de nombreux gags bien sentis (la visite d'un musée de la porcelaine, la récurrence du chaton, la navrance de PEF, les prestations télé d'Alice Pol...), on se divertit pleinement de cette vengeance. Il faut dire que le trio de chipies mené par Frédérique Bel l'a bien cherché, en inventant un prince charmant pour se divertir aux dépends de leur amie d'enfance, la peu gâtée par la vie, Mélanie. Les moyens qu'utilise cette dernière pour rééquilibrer son univers sont alors jubilatoires, bien que premier degré. Mais pourquoi s'en plaindre puisqu'on rit ?

  40. The Spirit - (6) propose une adaptation, à la limite de la parodie, d'une BD créée par Will Eisner pendant la 2nde Guerre mondiale. En privilégiant le graphisme à l'excès, le co-réalisateur de Sin City (R.Rodriguez - 2005) s'approprie et redéfinit l'univers du Spirit, quitte à multiplier les répliques à la Audiard (Si ! Si !), les héroïnes plus belles et dangereuses les unes que les autres et le portnawak totalement foutraque. S'il y a un scénario à cette surenchère numérique, il est bien caché. Mais qui s'en soucie ?

  41. L'Œil du Mal - (6) plonge Shia LaBeouf - nouvelle action star - dans une course contre la montre face un mystérieux ennemi (trop) omnipotent (pour être honnête). Sur sa route, il croise le chemin de la craquante Michelle Monoghan (davantage crédible que dans les Femmes de ses rêves - P. & B.Farrelly - 2007) et parvient à sauver le monde. Dit comme ça, cela ne fait guère envie. Heureusement, les péripéties se multiplient et nous tiennent largement en haleine. Hélas, le final risible nous rappelle qu'il a fallu pas moins de 4 scénaristes pour venir à bout d'une idée de Steven Spielberg... Nobody's perfedt, isn't it ?

  42. Sweeney Todd - le diabolique Barbier de Fleet Street - (6) est une comédie musicale horrifique de Stephen Sondheim, qui narre le destin tragique de Benjamin Barker - Johnny Depp effrayant à souhait - condamné par un juge - Alan Rickman machiavélique - désireux de lui "voler" son épouse qui revient à Londres 15 ans plus tard pour se venger. Seul Tim Burton avait l'imaginaire susceptible de retranscrire pleinement un tel univers. Épaulé par son duo fétiche (Depp et son épouse, Helena Bonham Carter), il nous propose une mise en image désaturée idéale pour cette tragédie, où l'espoir semble d'un autre temps.

  43. La guerre selon Charlie Wilson - (6) est un biopic à peine croyable dont seuls les États Unis ont le secret. Si on connaissait depuis longtemps l'intervention secrète américaine en Afghanistan, on était loin de se douter du niveau pied-nickelé des instigateurs. Ainsi entre un député (plus que) sexué - Tom Hanks à son niveau naturel, une richissime texane en croisade religieuse - Julia Roberts blonde platine glamour - et un espion anti-communiste actif - Philip Seymour Hoffman caméléon des années 2000, on découvre un univers simplement fantasque dont les interventions (et l'inaction aveugle des administrations US) se font encore sentir. Certes, le tout n'est pas transcendant mais il donne envie de se lancer dans la politique, si ce n'est pour les idées, du moins pour les assistantes...

  44. Horton - (6) adapte l'un des contes enfantins du Dr Seuss (auteur notamment du Grinch - R.Howard - 2000). En dehors d'une morale simple (voire simpliste à l'image du final agaçant) et d'une irritante dame kangourou plus tête à claques que possible, l'ensemble se suit sans déplaisir grâce à une animation parfaite et à quelques personnages secondaires (à l'instar de Vlad) délirants. Horton n'est pas une révolution, mais il prouve que le studio Blue Sky peut rivaliser avec Dreamworks et Pixar (enfin presque, pour ces derniers).

  45. 27 Robes - (6) est une agréable comédie romantique qui ne révolutionne pas le genre, mais remplit correctement son quota de bons sentiments. On suit donc les aventures d'une demoiselle d'honneur à répétition (Katherine Heigl plus à son aise que En cloque, mode d'emploi - J.Apatow - 2007) qui se voit charger d'organiser le futur mariage entre sa sœur cadette et l'homme de sa vie, sous le regard goguenard d'un journaliste cynique. Evidemment tout ne se passera pas comme prévu mais s'achèvera comme espéré.

  46. No Country for old Men - (6) est entièrement gâché par un final plus que raté. En effet, alors que les frères Coen nous avaient baladés pendant près d'une 1 h 30 sur les pas improbables d'un tueur fou mais efficace (Javier "Mireille Mathieu" Bardem détonnant) à la poursuite de 2 millions de $ et d'un cow-boy débonnaire (Josh "Nick Nolte" Brolin) nous concoctant quelques scènes réussies (les deux premières embuscades dans les motels miteux texans par exemple), l'après-El Paso fait retomber le soufflet en mettant un terme absurde à ces cavales, à l'image de la retraite du vieux shérif. Noir, c'est noir ou à peine gris foncé.

  47. Angles d'attaque - (6) ne révolutionne en rien le polar. Néanmoins, en choisissant de présenter son histoire à la manière de Rashomon (A.Kurosawa - 1950), Pete Travis nous divertit pleinement avec cet attentat contre le président américain. Si tous les points de vue ne sont pas à la hauteur (à l'image de celui de Forest Whitaker dont les interventions sont trop visiblement superficielles), le résultat ne laisse que peu de répit, la mode action (TV avec 24 heures et ciné avec les Jason Bourne) étant passée par là. Du bon pop-corn movie : vite vu, vite oublié mais sans indigestion.

  48. Les Femmes de l'Ombre - (6) me prouvent que j'apprécie le cinéma de Jean-Paul Salomé (ou du moins les thèmes de ses longs métrages). Dans la France de l'ante-débarquement, Sophie Marceau se voit, sous la supervision de son frère, Julien Boisselier, confier la charge de constituer une équipe afin de récupérer un géologue anglais capturé par l'armée allemande. L'urgence de la situation est accentuée par l'intervention du colonel Heindrich (Moritz Bleibtreu, glaçant) qui le soupçonne de préparer une action d'envergure des alliés. Dès lors, pendant près de 90 mn, le quintet féminin (Sophie Marceau, Julie Depardieu, Marie Gillain, Déborah François, Maya Sansa, à l'unisson) nous captive, ne nous laissant que peu de répit. Hélas, le film dure près de 2 heures et a du mal à se maintenir dans une dernière ligne, faisant de ce divertissement un bon moment, mais sans plus.

  49. Les liens du sang - (6) adapte l'histoire vraie des frères Papet, nous replongeant dans l'univers des 70s, entre cheveux longs et pantalons patte d'eph, où la clope n'était pas encore la serial-killeuse du siècle. Ainsi, Guillaume Canet incarne le flic et François Cluzet le repris de justice libéré qui désire s'amender. Mais le naturel et les aprioris reprennent rapidement le dessus. Dès lors, leurs choix devront être radicaux : eux ou leur famille. Hélas, malgré un casting convaincant, le choix formel de Jacques Maillot plombe davantage le projet qu'il ne le met en valeur (notamment son utilisation de filtres sépia pour vieillir l'image). Sans se désintéresser de leurs destins, on finit par leur préférer leurs modèles vivants.

  50. Notre univers impitoyable - (6) a deux atouts majeurs : sa musique composée par Sébastien Shuller (que j'espère retrouver rapidement en CD) et Alice Taglioni dont la sublime plastique n'occulte plus le talent de comédienne. Hélas, Peter Howitt a déjà utilisé ce procédé en 2001 avec son Pile et Face diablement plus convaincant (sans parler du chef d'œuvre d'Alain Resnais Smoking - No Smoking - 1993). Certes, le duo principal n'est pas laissé en plan par le scénario efficace de Léa Fazer. Mais comment défendre des personnages antipathiques dans un univers de requins ? Si la mission n'est pas impossible, elle demeure ardue.

  51. MR 73 - (6) est le nouvel hymne à la joie d'Olivier Marchal, dont l'ancien métier d'inspecteur a durablement imprégné sa vision de l'humanité en général et des flics en particulier. Si 36, Quai des orfèvres (2004) ne baignait pas outrageusement dans l'optimisme, MR 73 se plonge davantage dans la noirceur du système, largement perverti par le pouvoir et ses abus, qui n'hésite pas à broyer les rouages humains. Pour incarner ce désespoir, il s'appuie sur le génial Daniel Auteuil dont la performance est une fois de plus sans faille. Peut-être pourra-t-on reprocher à Marchal de surligner (trop ?) maladroitement, par ses choix graphiques et musicaux, le sordide et la crasse des situations, mais pour une fois, l'Enfer ne sera pas pavé de bonnes intentions.

  52. Le Transporteur 3 - (6) est une parfaite série B qui mélange, sans prise de tête, action absurde (à l'image de la poursuite entre 2 camions dans la campagne magyare), érotisme toc (en compagnie de la craquante Natalya Rudakova), combats stylisés (où Jason Statham rentabilise ses nombreuses heures de musculation) et péripéties prévisibles - bien qu'improbables (à l'instar de tout le scénario) : aussi vite vue, aussi vite oublié. Mais, Besson ne nous gruge pas sur la marchandise, remplissant parfaitement le contrat tacite pour une telle production. Donc si vous voulez vous détendre sans fausse excuse, ce 3e opus est le meilleur de la franchise.

  53. Ca$h - (5,5) est un film d'arnaque(s) qui place Jean "OSS 117" Dujardin sur les routes d'escrocs (Alice Taglioni et Jean Reno) et de policiers (Valeria Golino) plus ou moins fréquentables. Pendant 100 mn, les péripéties et les fausses pistes se multiplient, parfois maladroitement, sans que le spectateur ne devine qui est le véritable pigeon. Hélas, je ne sais pourquoi, mais le charme n'opère pas entièrement, malgré l'abattage des acteurs qui semblent au moins se divertir.

  54. Faubourg 36 - (5,5) réussit l'exploit d'être inférieur à la somme des individualités qui le composent. En effet, si l'on peut louer les performances de la majorité du casting (notamment Kad Merad tout simplement extraordinaire - y compris dans ses pitoyables imitations, Pierre Richard - qu'il est agréable de retrouver dans un vrai rôle, Bernard-Pierre Donnadieu si évident qu'on s'interroge sur sa longue absence cinématographique, Clovis Cornillac de plus en plus convaincant dans une réincarnation de Gabin ou la découverte Nora Arnezeder), apprécier certains titres (dont la déclaration d'amour bouleversante de Douce), sourire aux péripéties de cette équipe de choc, le tout s'apparente à un gloubiboulga "too much" où la mise en scène, les décors, les costumes sursoulignent sans cesse le savoir-faire de Christophe Barratier au détriment de l'émotion. Un ratage de cible sinon impardonnable, du moins décevant pour une telle entreprise.

  55. Cliente - (5,5) a longtemps été un projet frustrant pour Josiane Balasko, ne trouvant pas de financement auprès d'investisseurs frileux. Après l'avoir transformé en succès de librairie, elle parvient enfin à le réaliser au bout de 6 ans de gestation. Malheureusement, si le trio principal - Isabelle Carré, Natalie Baye, Eric Caravaca - EST, le reste du casting ne semble pas savoir quoi faire dans cet histoire de gigolo occasionnel pour femmes mûres, comme si Josiane Balasko avait voulu transformer cette mésaventure en instantané familial (entre ses 2 enfants, son ex-beau-frère et son nouvel époux), déséquilibrant le tout. Ce n'est pas totalement une faute, mais il s'en faut de peu.

  56. Les 3 p'tits cochons - (5,5) est une relecture grivoise 1er degré du conte enfantin popularisé en 1933 par Walt Disney (même si la parodie guerrière de Tex Avery lui est largement supérieure). Carton Québécois, ce premier film de Patrick Huard confronte 3 frères à leurs envies d'infidélité au chevet de leur mère comateuse. Si les acteurs (et trices) sont plutôt sympathiques, le scénario, qui se voudrait une version masculine du Déclin de l'empire américain (D.Arcand - 1986), voire une variation fraternelle du Cœur des hommes (M.Esposito - 2003), ne fonctionne pas tout à fait, la faute peut-être aux expressions propres à la Belle Province qui nous oblige (trop) régulièrement à lire les sous-titres, nous déconnectant de l'histoire. Au final, le film demeure sympathique ET anodin, ce qui ne devait pas être la volonté de Huard.

  57. Le témoin amoureux - (5,5) essaye de capitaliser sur la côte romantique de Patrick "Dr Mamour" Dempsey et le joli minois de Michelle Monoghan. Seulement, on a fait beaucoup mieux, y compris cette année (Jackpot, pour ne citer que lui), dans le domaine romantique. Il manque, en effet, le brin de perversité que laissait attendre le pitch initial (un homme amoureux de sa meilleure amie est décidé à dynamiter de l'intérieur le futur mariage de cette dernière). Jamais Dempsey n'utilise de tours pendables pour (re)conquérir l'être aimée, ce qui aurait au moins eu le mérite de nous faire rire (un peu...). Dès lors, sans s'ennuyer vraiment, on regarde ce bonbon rose pâle, qui sera rapidement oublié un fois fini.

  58. Nos 18 ans - (5,5) tente de marcher sur les pas des comédies pour ados (Breakfast Club et la Folle journée de Ferris Bueller - J.Hughes - 1985 & 1986 - ou Pump up the Volume - A.Moyle - 1990 - en sont les chefs d'œuvre). Certes, les acteurs sont sympathiques bien qu'excessivement stéréotypés et les péripéties plutôt bien amenés. Mais à part un départ plutôt réussi (qui n'a pas rêvé de dire ses 4 vérités à une peau de vache ?), on finit par se désintéresser de cet aimable téléfilm de samedi après-midi. Un vrai Canada Dry.

  59. Mesrine : l'instinct de mort - (5,5) n'est sans doute pas la partie la plus intéressante du diptyque consacré à l'ennemi public n°1 des années 70, car suivant la chronologie du voyou, ce film se concentre sur ses jeunes années et son exil canadien. En effet, malgré l'abattage convaincant de Vincent Cassel, l'aura et la folie de Mesrine ne prendront vraiment leur envol que lors de sa confrontation avec la police du commissaire Broussard. Dès lors, malgré les qualités de cette mise en bouche, on s'impatiente, au détriment des divers protagonistes - à l'instar de Cécile de France et son mini-rôle ou de Gérard Depardieu abattu en sous-entendu.

  60. Hancock - (5,5) n'est ni une franche réussite, la faute incombant notamment aux trop - !? - nombreuses incohérences du scénario (les 2 superhéros ne doivent pas être ensemble au risque de perdre leur pouvoir mais peuvent se battre en dévastant Los Angeles et sa banlieue !) ni un parfait ratage car l'idée de nous offrir un homme indestructible alcoolique et misanthrope haï par les gens qu'il sauve était un excellent point de départ. Mais à force de vouloir nous proposer un divertissement familial, Peter Berg en fait trop et gâche ce qui aurait pu être la renaissance des films de superhéros.

  61. Deux sœurs pour un roi - (5,5) se penche sur la charnière historique que fut le règne de Henry VIII, en proposant une uchronie centrée sur la famille Boleyn, et plus particulièrement Anne et Mary qui furent les maîtresses successives du roi. Alors que Scarlett Johansson interprète la cadette effacée et trahie, Natalie Portman incarne l'arriviste et manipulatrice aînée. Bien entendu, ce personnage offre davantage de chaire à défendre. Mais les deux interprétations sont les versants d'une même pièce, complémentaires et indissociables. Seul problème, mais de taille : Eric Bana (à l'image du reste du casting) n'est pas à leur hauteur. Dès lors, cette adaptation du roman de Philippa Gregory ne convainc pas, car trop déséquilibrée.

  62. Sagan - (5,5) est un biopic initialement destiné à la télévision, que Luc Besson a décidé de sortir au cinéma en raison de l'excellente performance de Julie Testud. Hélas, passé son incarnation sans faille, on s'ennuie fermement. Si Françoise Sagan a connu de multiples vies, Diane Kurys semble ne vouloir que les effleurer, abordant avec trop de respect les nombreuses aspérités de l'écrivain géniale (droguée, bisexuelle, égoïste, mère parcellaire...). Sans doute que le téléfilm gommera ces nombreux défauts, mais ce n'est pas le cas du film...

  63. Enfin veuve - (5,5) ne sera pas la comédie de l'année malgré quelques sourires liés à l'outrance de l'entourage de Michel Laroque (Giflons ce fils aimant, aveugle et chanteur !!!). Si le casting est parfait, le scénario est parfois poussif et manque la majeure partie de ses scènes de peu. Souhaitons qu'après l'heureuse surprise de Je vous trouve très beau (2006), cette deuxième mise en scène ne soit qu'un accident de parcours.

  64. Indiana Jones et le royaume du Crâne de Cristal - (5,5) sera le triomphe 2008 du Box Office mondial, non parce que le film est réussi mais en raison de l'attente suscitée par les clones plus ou moins ratés de l'Aventurier archétypal (de Benjamin G. aux O'Connell). Hélas, si le film remplit pleinement sa tâche dans sa première heure (jouant sur la nostalgie et les références aux 3 opus précédents, nous faisant - presque - oublier les 19 ans passés et/ou l'arthrite de Harrison Ford), tout bascule dans le ridicule dans la 2nde partie (le final évoquant bien malheureusement celui nullissime du Retour de la Momie - S.Sommers - 2001). Dire qu'une dizaine de scénaristes s'est relayée pour un tel résultat...

  65. Le crime est notre affaire - (5) voit le retour du pittoresque duo de Mon petit doigt a dit (P.Thomas - 2005), Prudence et Bélissaire Beresford aka Catherine Frot et André Dussolier. Si le charme demeure, notamment dans les sous-entendus de nos héros, l'enquête policière continue à plomber l'ensemble. À force de multiplier les invraisemblances et les effets décalés, on finit par se lasser et espérer que Thomas s'occupe enfin de l'adaptation d'un roman majeur d'Agatha Christie.

  66. La personne aux 2 personnes - (5) est un OFNI qui, à trop vouloir en faire dans le décalage, perd de vue le spectateur. Dans un univers très référencé (Nicolas et Bruno nous replongent dans leur monde des Messages à caractère informatif et des entreprises grises et vertes à la Derrick), on suit la vie trépidante d'un comptable (culoté - voire slipé - Daniel Auteuil) perturbé par la présence, dans sa tête, d'une ex-vedette de la variété ringarde (Alain Chabat à la voix). Hélas, la mayonnaise ne prend que par intermittence, rendant le tout plus souvent indigeste qu'aérien, ce malgré le caméo final bien trouvé. N'est pas Charlie Kaufman qui veut.

  67. Phénomènes - (5) peut s'apprécier à l'unique condition de redouter (espérer ?) un naufrage total. En effet, sans être tout à fait consternante, l'histoire est souvent drôle (plus ou moins involontairement), ce qui n'est pas nécessairement l'effet voulu par un film "angoissant". Shyamalan le souligne d'ailleurs régulièrement par des suicides (relativement) gore (vous ne regarderez plus de la même façon votre tondeuse). Malheureusement, il rate sa cible, son duo principal (Zooey Deschanel - Marc Wahlberg) se démenant sans que l'on n'éprouve la moindre empathie pour leur éventuelle survie. Au final, ce film de catastrophe est davantage catastrophique qu'euphorique.

  68. Passe-passe - (5) se veut une version comique (ou, du moins, décalée) de l'affaire Elf (déjà maltraitée dans l'Ivresse du pouvoir - C.Chabrol - 2004). Hélas, si le duo principal (Nathalie Baye - Edouard Baer) est plutôt bien servi par Tonie Marshall, il n'en est pas de même de la foultitude de 2nds rôles dont la majorité est laissée en rase campagne sans plus d'explication par une scénariste qui semble avoir eu beaucoup de mal à relier tous les fils de son histoire. Couper franchement aurait permis d'avoir davantage d'empathie pour ses personnages. Au lieu de cela, ils se croisent sans que l'on ne s'intéresse vraiment à leurs destins, en dehors du binôme central. Frustrant, donc.

  69. L'incroyable Hulk - (4,5) surpasse sans problème la piteuse version d'Ang Lee (Hulk - 2003) notamment par ses effets spéciaux et l'implication des acteurs principaux (Edward Norton est toujours le meilleur acteur de sa génération, ou tout court). Mais une fois de plus, il n'est pas facile d'avoir de l'empathie (si ce n'est de la sympathie) pour un monstre vert qui n'a que "Grumph" comme vocabulaire. Dès lors, sa rencontre avec l'Abomination nous laisse totalement indifférent, et dans l'expectative : faut-il vraiment que la (future) rencontre présumée par le caméo final se passe ? À mon sens, non. Mais seules les rentrées pécuniaires rentrent en ligne de compte à présent. Dommage car Brian Singer n'est pas libre avant longtemps...

  70. Mes stars et moi - (4,5) part d'une bonne idée, la vengeance de comédiennes harcelées par un fan plus que collant. Hélas, Laetitia Colombani rate sa cible en privilégiant l'émotion et la fêlure du harceleur par rapport à un comportement vachard et impolitiquement correct des "victimes". Même si le quintet principal semble s'amuser, ce n'est guère le cas du spectateur qui s'interroge encore comment Catherine Deneuve, Emmanuelle Béart, Maria de Medeiros, Mélanie Bernier et Kad Merad (tous convaincants) ont accepté une telle absence de cohésion. Comme quoi un bon pitch tient plus de la publicité que du cinéma.

  71. Seuls Two - (4,5) semble n'avoir d'intention que le plaisir égoïste du duo principal (scénaristes, réalisateurs, acteurs). Ils s'offrent ainsi la capitale pour eux seuls (tel Will Smith dans New York pour Je suis une légende - F.Lawrence - 2007), sans réelle finalité, l'un frôlant la folie (Eric joignant par téléphone chaque habitant de Paris), l'autre se donnant du bon temps (Ramzy conduisant sa formule 1 sur les quais de seine). Mais leur univers baroque pâtit d'un scénario pas assez drôle pour se suffire à lui-même. Dès lors, leurs multiples fuites s'apparentent davantage à du remplissage qu'à une relecture Tex Averyenne. Dommage.

  72. Iron Man - (4) n'est pas aussi raté que Hulk (A.Lee - 2003), compte tenu des progrès des effets spéciaux. Mais, le scénario et la finesse des personnages étant définis à la pelleteuse conduit par un chauffeur aux gants de boxe, on se désintéresse rapidement de ce (trop) long métrage aussi clinquant que creux (à l'instar du personnage de Gwyneth Paltrow).

  73. Mes amis, mes amours - (3,5) n'est pas le meilleur roman de Marc Lévy. Dès lors, sa sœur ne pouvait guère parvenir à faire des étincelles, même si elle n'a pas entièrement respecté l'ouvrage du frangin. Hélas, le choix du duo masculin principal (Vincent Lindon continue à porter toute la misère du monde dans son regard et Pascal Elbé joue étonnamment faux) plombe le peu qu'il y avait à sauver, malgré les enfants (excellents) et le quatuor féminin. Comme quoi les best-sellers ne font pas (nécessairement) les succès du box-office.

  74. Le grand Alibi - (3,5) est une relecture d'un mauvais roman d'Agatha Christie, à la sauce bourgeoise française. À part nous proposer pour la 1ère fois la plastique agréable de Caterina Murino, on assiste à un enchaînement d'événements quasiment sans queue ni tête où les acteurs semblent laissés sans aucune direction de jeu (à l'instar d'un Dany Brillant qui se demande encore ce qu'il vient faire là). Plus proche du téléfilm que du long métrage, ce grand alibi n'en est pas un pour perdre son temps.

  75. Affaire de famille - (3,5) est un nième exercice de style raté comme si se lancer dans un tel défi devait justifier à lui seul le financement d'un film français. Là, c'est Rashomon (A.Kurosawa - 1950) qui sert de forme à cette Affaire. Claus Drexel plonge André Dussolier, Miou-Miou et Hande Kodja dans un vol pas aussi simple qu'il n'y paraît. Seul hic, mais de taille : on ne s'attache à aucun d'eux, desservis qu'ils sont par des personnages trop caricaturaux. Dès lors, ils peuvent mentir, trahir, travestir la réalité ou être torturé sans que cela n'embête le spectateur. "Tuez-les tous, Dieu reconnaitra les siens". Pas nous.

  76. Babylon A.D. - (3,5) est l'adaptation du roman d'anticipation de Maurice G. Dantec, Babylon babies, voulue depuis une petite décennie par Mathieu Kassovitz. Bénéficiant d'un budget correct et d'une star américaine, Vin-"J'ai une expression de plus que Steven Seagal, enfin je crois..."-Diesel, Kassovitz se fait plaisir en multipliant les scènes d'action au détriment de toute psychologie, perdant peu à peu le fond du roman et l'empathie du spectateur. Et ce ne sont pas Charlotte Rampling, Lambert Wilson ou Gérard Depardieu - ridicules comme rarement ces dernières années - qui sauveront ce raté. Seules Michelle Yeoh et (parfois) Mélanie Thierry surnagent lorsque Kassovitz se décide à les laisser s'exprimer. Dommage, car il y avait la place de faire un bon film, si ce n'est un grand !

  77. Cloverfield - (3,5) veut nous refaire le coup (déjà !) fumeux de le Projet Blair Witch (D.Myrick & E.Sanchez - 1999), en nous proposant un film catastrophe caméscopé "par hasard". Dès lors, pendant 90 mn, on est secoué, scrutant des visages ou des pieds au gré des fuites et des zooms rapides des protagonistes. Alors, certes, c'est bien fait. Mais, cela n'a rien d'une révolution, à peine une relecture plus cracra de Godzilla (R.Emmerich - 1998).

  78. Quantum of Solace - (3,5) débute très mal - une course-poursuite sans queue ni tête - avant de continuer par le pire générique (chanson ET animation) qu'ait connu la série. Dès lors, malgré l'excellent souvenir de Casino Royale (M.Campbell - 2006), on va de déception en déception, Marc Forster, à la tête d'un budget démesuré, semblant n'être intéressé que par la surenchère de cascades inutiles au détriment de toute psychologie. Cela est d'autant plus gênant qu'à de rares moments (les première et dernière apparitions convaincantes de Mathieu Amalric, notamment), on retrouve les promesses des débuts Bondesques de Daniel Craig. Mais trop de mauvais choix (un retour raté, un méchant en 2nd insipide, un final pyrotechnique risible) gâchent le plaisir de cette suite. Espérons que le prochain opus remettra tout à plat.

  79. John Rambo - (3,5) n'est pas une campagne publicitaire touristique pour la Birmanie ni un choc réussi à l'image de Rocky Balboa (S.Stallone - 2007). Il faut dire que l'univers de Rambo se prête moins à une éventuelle rédemption, à l'instar du manichéisme réaliste de la situation. Alors Stallone fait le choix de la crudité guerrière, où on étripe, décapite et extermine l'ennemi (de manière absurde pour les méchants très méchants et de manière libératoire pour les gentils vraiment gentils). À vous de voir si une boucherie militaire vous tente.

  80. Parlez-moi de la pluie - (3) est la 3e réalisation des Jabac, et de loin la plus faible, car, à part donner un vrai rôle à Jamel Debbouze - seule réussite de ce naufrage, cette histoire ne retrouve pas la pertinence et l'acuité des scénarios précédents du duo. Tout sonne faux dans ce reportage sur une féministe se lançant dans la politique, des situations caricaturales (l'interview en rase-campagne...) aux liens entre les personnages. Même Jean-Pierre Bacri semble en sous-régime. Dès lors, le titre semble prémonitoire car parler de la pluie ou du beau temps est ce que l'on fait pour éviter les sujets délicats comme l'indigence de cette histoire. Mais ça, vous l'aviez déjà compris.

  81. Disco - (3) nécessite un réel conditionnement pour être supporté : s'attendre au pire du kitsch et ne pas espérer s'y amuser. Dès lors, malgré l'abattage fatiguant de Franck Dubosc, on peut parfois sourire aux chorégraphies des Bee Kings ou s'identifier à la vision d'Emmanuelle Béart de leur univers décalé, parvenant même à ne plus trouver Dubosc insupportable. Enfin, pas pour tout le film...

  82. Jumper - (3) est un blockbuster "bling-bling" : clinquant et creux, où les effets spéciaux efficaces doivent suppléer une absence de scénario. Certes, savoir vendre un pitch est devenu un talent nécessaire à Hollywood pour voir un projet se monter. Mais savoir écrire une histoire passionnante devrait être obligatoire quand on dispose d'un tel budget. Doug Liman plonge alors ses acteurs dans un grand n'importe quoi où Paladins et Jumpers peuvent s'étriper en paix : quelques soient les vainqueurs, le spectateur sera le grand perdant.

  83. La Momie 3 : la tombe de l'empereur dragon - (2,5) prouve qu'il ne faut pas tenter de réveiller de vieux fossiles, notamment les franchises depuis longtemps disparues (qui pense à Indy ?) car les Momie(s) sont souvent capables du pire. Sentant le danger, l'incomparable Rachel Weisz et Stephen Sommers n'ont pas oublié la maxime romaine ("Engagez-vous, qu'ils disaient. Rengagez-vous, qu'ils disaient"), ce qui n'est pas le cas de Brendan Fraser et de John Hannah qui sont allés se fourvoyer dans cette galère (ainsi que Jet Li et dans une moindre mesure, Michelle Yeoh). À la fin du film, on s'interroge sur ce qu'il y a de pire dans ce film : la nullité du scénario, la sur-surenchère des effets spéciaux ou le cabotinage éhonté des acteurs. Quelle que soit la réponse, le sentiment d'avoir perdu 110 minutes de vie est tenace.

  84. Super héros movie - (2,5) parodie Spider-man et autres X-men. Si les codes du genre ont été bien digérés par les scénaristes, leurs gags ne dépassent pas le niveau du bac à sable vide, ce qui est ennuyeux pour une comédie, car, à moins d'avoir la cervelle d'un moustique impuissant, on ne sourit que rarement. Alors, bien sûr, les salles sont climatisées en été. Mais c'est cher payé le frais.

  85. La loi et l'ordre - (2) ne serait pas si décevant si le duo principal n'était pas constitué d'Al Pacino et Robert De Niro. Hélas pour les cinéphiles, ces acteurs mythiques ne bénéficient pas d'un écrin à la hauteur de Heat (M.Mann - 1995), cette histoire policière enchaînant les pires poncifs sur les films de "justicier". Entre des "coups de théâtre" téléphonés et des acteurs en roue libre, le naufrage est complet, la mise en scène soulignant la nullité de l'ensemble. Annoncée comme une Dream Team, cette Loi... ne la fera pas.

  86. Astérix aux Jeux Olympiques - (2) ne pourra en aucune façon être le sauveur du cinéma français que fut son glorieux prédécesseur (A.Chabat - 2002). La faute en incombe au gardien du temple, Uderzo, qui a perdu le lien avec l'humour (preuve en est, les derniers albums des célèbres gaulois). Celui-ci, n'ayant pas goûté la relecture chabatienne, avait désavoué toutes les tentatives de dépoussiérer l'univers d'Astérix (notamment celle de Gérard Jugnot). Il n'accepte que la vision fidèle, graphique et insipide que lui propose Thomas Langmann. Reste le personnage excessif et irritant de Poelvoorde, un subtil monologue d'Alain "César" Delon et un nouvel Astérix, Clovis Cornillac, convaincant.

  87. L'amour de l'or - (2) est la 2nde tentative ratée de Matthew McConaughey pour devenir chasseur de trésor, après l'éprouvant Sahara (B.Eisner - 2005). Ce n'est pas que le film soit inintéressant, c'est qu'il utilise toutes les recettes éculées des buddy movies, avec les gentils sourire Colgate et les méchants au QI proche de l'amibe, des dialogues très 2nd degré (mais clairement présentés comme tels) et des blagues potaches dignes des pires American Pie (P. & C.Weiss - 1999), le tout relié à la corde navale. Que de la finesse, en somme.

  88. Benjamin Gates et le livre des secrets - (2) est clairement une version extra-light (et insipide) d'Indy (qui revient enfin le 21 Mai !!!). Aussi linéaire que les pires jeux d'"aventures" de la préhistoire consolaire et peu exaltant qu'un bottin téléphonique, les "péripéties" s'étalent sur plus de 2 heures. Certes, on voyage (de la "Vieille" Europe à la "jeune" Amérique). Mais à force de caresser ses concitoyens (il est logique que les trésors incas se trouvent près du Mont Rushmore), ce film s'oublie instantanément (voire simultanément !).

  89. Ça se soigne ? - (1,5) est fatigant, le personnage de Thierry Lhermitte étant pathétique et irritant. Sa dépression nous donne envie de le gifler, tant son égoïsme est patent. Si le scénario avait été drôle, cela aurait été un moindre mal. Mais aucune des (rares) péripéties ne provoque le moindre sourire. Seul le duo Julie Ferrier (une découverte) - Michel Vuillermoz sauve (un peu) sa peau. Maigre, non ?

  90. Le jour où la terre s'arrêta - (1) témoigne du manque flagrant d'imagination de certains producteurs hollywoodiens qui préfèrent remaker d'improbables films de série Z plutôt que de développer des projets risqués, misant sur l'amnésie générale et des effets numériques clinquants, mais stériles. En effet, si la forme seule suffisait à déclencher l'émotion, il suffirait d'un ordinateur pour faire un bon film. Heureusement, ce Jour... prouve une fois de plus que la magie cinématographique est aussi liée à la bêtise du scénario. Or, celle-ci est abyssale. Ne provoquant aucune empathie, on se moque totalement des "péripéties" qui frappent les américains caricaturalement obtus. Que Klaatu vienne sauver ou détruire la planète nous indiffère. Mais qu'il nous fasse perdre 1 h 40 de notre vie est beaucoup plus embêtant. Heureusement, il n'y aura pas de suite !

  91. The X-Files : Régénération - (1) est un échec mondial au Box-office et il faut bien l'avouer, c'est mérité ! Car, à part le réel plaisir à retrouver Scully et Mulder, rien n'est réussi dans ce retour de la franchise X-Files, comme si Chris Carter, qui a perdu le script original, ne s'était pas souvenu de son histoire et avait pondu une nullité juste avant la grève des scénaristes américains. Dès lors, Gillian Anderson et David Duchovny font ce qu'ils peuvent pour ne pas sombrer avec cette faillite artistique. Sans y parvenir, malheureusement. Certes, XF : Combattre le futur ne s'adressait qu'aux fans, mais à vouloir s'en éloigner, Carter (et la Fox) se trompe(nt) de cible car qui 6 ans après la fin de leur série référente, avait vraiment envie de retrouver le duo des Affaires non classées ? Pas le public généraliste, visiblement.

  92. Max Paine - (0,5) est l'adaptation d'un jeu vidéo qui laissait espérer un mélange de fantastique à la Constantine (F.Lawrence - 2005). Hélas ! Rapidement, on perd toute illusion, tant les choix visuels de John Moore (De la neige, de la neige et encore de la neige !) et l'absence de rebondissements plombent le film. Oui, MP est un nanar qui ne peut même pas se targuer de remplir son minimum syndical. Oui, MP est un film daté du début des années 80 lorsque n'importe quel clippeur s'improvisait réalisateur. Oui, MP est la pire prestation de Mark Wahlberg, période musicale incluse - et de tous les acteurs venus cachetonner. Oui, MP m'a fait perdre 100 mn de ma vie - étant resté jusqu'au bout dans l'espoir d'un moins pire qui n'est jamais venu. Oui, MP est tout cela. QUE cela.

  93. Le nouveau Protocole - (0,5) épuise par l'outrance de Marie-Josée Croze qui, une fois n'est pas coutume, oublie toute nuance, et l'intériorité monolithique de Clovis Cornillac qui donne à chaque instant l'impression au spectateur de signifier ce qu'il doit ressentir ("Regardez comme je souffre", "Voyez comme je suis perdu"...). Hélas, le thème de ce "thriller" (sur les manipulations de grandes entreprises pharmaceutiques) méritait mieux, comme l'a montré The Constant Gardner (F.Meirelles) en 2006. Allez-vous en convaincre avec l'édition DVD de ce dernier sortie chez Studio Canal.

  94. Les chimpanzés dans l'espace - (0,5) se moque de son très (!) jeune public en nous proposant une histoire navrante, à l'animation simpliste - à des années lumières de ce que nous offrent Pixar (voire Dreamworks) - et aux choix graphiques dignes de la télévision de la fin du 2nd millénaire. Les dialogues et les situations étant à l'avenant, on peut sans mal se passer des 75 minutes de ce "dessin animé".

  95. Les Insoumis - (0) est un très mauvais téléfilm français où tout (du cadre - le décor du commissariat est parfaitement dans le ton - aux acteurs - mais qu'allait faire dans cette galère Richard Berry ? -, des situations - surjouées dans le meilleur des cas - aux dialogues - écrit sans aucun doute sur le principe du cadavre exquis, tant ils sont incohérents et fades) est raté. Je veux bien aider le cinéma français. Encore faut-il que lui ne se moque pas de ses spectateurs ! Les insoumis n'est pas le pire nanar de la décennie, mais il rentre indiscutablement dans le top 5.

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