Quelques idées de films



Voici 12 ans que je vous propose quelques conseils cinématographiques. Par esprit de contradiction, je ne modifie pas cette phrase d'introduction :

  1. Good Morning England - (8,5) est un film réjouissant et irrespectueux à la M*A*S*H* (R.Altman - 1970). Richard Curtis nous plonge dans l'histoire des radios pirates anglaises qui luttaient pour leur existence et l'éducation musicale de la perfide Albion, à travers les multiples dépucelages d'un candide, le parfait innocent Tom Sturridge. L'abattage communicatif des principaux acteurs (bons - de Bill Nighy à Rhys Ifans en passant par Philip Seymour Hoffman - ou méchants - Kenneth Branagh s'amuse totalement) nous emporte sur 134 mn de purs énergie, bonheur et rock'n' roll ! Let's dance !

  2. Un Prophète - (8) est un polar crépusculaire, une tragédie Œdipienne et un apprentissage perverti de la société. En effet, Jacques Audiard plonge Tahar Rahim, découverte et futur Césarisé, dans un univers carcéral inconnu de lui. Contraint d'y survivre sous la protection d'un patriarche corse - Niels Arestrup, exceptionnellement dense, il apprend à lire, à manipuler et développe un business aux croisements des diverses communautés qu'il côtoie. Sans aucune autre idéologie que sa propre survie, Tahar Rahim multiplie les visages au gré de ses besoins. Cette réussite s'achève par un plan métaphorique où le "Prophète" accompagne la veuve de son meilleur ami suivi par un cortège de limousines...

  3. Les noces rebelles - (8) témoignent avec talent que le duo de Titanic (J.Cameron - 1997) est ce qui est arrivé de mieux au cinéma américain. En effet, sous la houlette de l'oscarisé Sam Mendes (American Beauty - 1999) et accessoirement compagnon de Kate Winslet, ils incarnent un couple qui, pour se sauver, décide de fuir leur quotidien raté des 50's et s'installer dans un Eldorado parisien fantasmé. Hélas, les conventions sociales, les pressions et incompréhensions amicales et les démissions personnelles auront raison de leurs vies. Epaulés par un quartet exceptionnel (Michael Shannon - seul à les comprendre malgré (à cause) de sa lucide dépression, David Harbour, Kathryn Hahn et Kathy Bates), Kate et Leonardo nous offrent une bouleversante histoire d'amour absolue. Espérons qu'ils n'attendent pas encore 11 ans pour se retrouver sur pellicule.

  4. 2012 - (8) est le meilleur film catastrophe de la décennie, voire davantage, tant Roland Emmerich parvient à entremêler petite et grande histoire. Il faut dire qu'il a passé ses 20 dernières années à détruire, éliminer voire exterminer les humains par des extraterrestres (Indépendance Day - 1996), un dinodragon nucléaire (Godzilla - 1998) ou une tempête glaciaire (le Jour d'après - 2004). Dès lors, soutenu par des effets spéciaux franchement efficaces (les destructions n'ont jamais été si réalistes) et de bons acteurs - et non des stars intouchables, donc immortelles, le film multiplie les citations au genre imposé (mais pourquoi faut-il toujours sauvé le chien ?) tout en les détournant jovialement (la fin de Sasha ou la présence hallucinée de Woody Harrelson, notamment). Une réussite qui fait oublier l'involontairement parodique 10000 (2008).

  5. Je l'aimais - (8) est la 2nde adaptation de l'œuvre d'Anna Gavalda après Ensemble, c'est tout (C.Berri - 2007). Zabou Breitman retrouve la grâce de Se souvenir des belles choses (2002) pour raconter cette histoire d'amour évité. Dans le rôle de l'amant qui préfère fuir l'Histoire unique, Daniel Auteuil est une fois de plus étonnant (voire parfait, mais c'est un pléonasme). Mais il n'est rien sans des partenaires à l'unisson. Depuis les Invasions barbares (D.Arcand - 2003), Marie-Josée Croze est devenue indispensable au cinéma. Son incarnation de Mathilde, toute en souffrance lumineuse, crédibilise instantanément ce beau coup-de-foudre. Quant à Florence Loiret-Caille, entre folie et écoute, elle ne semble pas jouer, gageure ultime de sa fonction. Un film triste certes, mais qui parlera à tous.

  6. Gran Torino - (8) offre à Clint Eastwood un rôle jubilatoire de rédemption. Incarnant un veuf traditionnaliste (limite raciste) et modernophobe, confronté à une famille caricaturale (son anniversaire est hilarant !), Eastwood s'amuse en redevenant un Harry Callahan âgé, plus humain qu'il n'y parait. L'installation d'une famille Mong va lui donner l'occasion de s'humaniser et lui offrir un dernier baroud d'honneur, en lui permettant une transmission de valeur (Ah... la visite chez le coiffeur !) témoignant une fois de plus qu'Eastwood est le dernier des Géants. Grrr.

  7. Watchmen - (8) est la plus exceptionnelle BD jamais parue, réinventant durablement l'univers du superhéros. D'une richesse graphique et scénaristique extraordinaire, ce roman visionnaire a longtemps été réputé inadaptable. La surprise est donc plutôt excellente, puisque Zach Snyder n'édulcore en rien la violence, la sexualité et le jusqu'au-boutisme de l'histoire, notamment à travers le personnage de Rorschach. Certes, on pourra lui reprocher quelques effets clipesques, mais son Watchmen fait passer Dark Knight (C.Nolan - 2008) pour une aimable comptine. À voir sans aucune modération.

  8. L'étrange histoire de Benjamin Button - (7,5) a longtemps été un projet maudit, passant de main en main, jusqu'à ce que le duo de Seven (1995) - Fight Club (1999) ne se reforme pour un nouveau sommet. Il faut dire que le perfectionnisme éclairé de David Fincher était nécessaire pour rendre crédible cette histoire d'un homme qui vit sa vie à l'envers. Maître des effets, il transcende une fois de plus Brad Pitt, dont l'histoire d'amour avec Cate Blanchett sert d'émouvant (et évident) fil rouge. On vibre, on rit, on retient son souffle et on a la gorge serrée pendant 164 (trop) courtes minutes. Vivement la version longue !

  9. Bienvenue à Zombieland - (7,5) est une comédie jubilatoire qui plonge une famille recomposée dans un monde dévasté. Ainsi suit-on les pas de Colombus - étonnant Jesse Eisenberg - qui survit en suivant de simples règles (n°2 : Tirer 2 fois; n°17 : (NE PAS) jouer au héros; n°31 : contrôler le siège arrière...). Au cours de son périple pour rejoindre ses parents sur la côte Ouest, il croise les pas de Tallahassee - Woody Harrelson au top de sa forme - né pour chasser les morts-vivants, de Wichita - Emma Stone sexy en diable - et de sa jeune sœur Little Rock - Abigail Breslin qui vieillit plutôt bien - bien décidées à vivre même s'il faut trahir leurs compagnons d'infortune. Entre carnages défoulatoires et caméo hollywoodien irrésistible, le quatuor improbable finira par se retrouver dans une fête foraine où chacun trouvera sa place. La belle surprise de cet automne.

  10. The Reader - (7,5) est le 2nd grand film de Kate Winslet de l'année, après les Noces rebelles (S.Mendes). Construit en flashbacks, il place le jeune Michael Berg - excellent et crédible David Kross - sur la route d'Anna, une femme de 15 ans son aînée, devenue son amante. Pour elle, il lit tout, cette dernière n'osant avouer son illettrisme. Disparue soudainement, il la retrouve 10 ans plus tard alors qu'il étudie le droit et qu'elle est accusée d'avoir été gardienne de camp de concentration. Ses choix le hanteront alors jusqu'à la fin de sa vie. L'interprétation sans faille (Ralph Fiennes et Bruno Ganz complètent magnifiquement le quatuor principal) et la mise en scène inspirée de Stephen Daldry équilibrent l'émotion et l'Histoire dramatique.

  11. OSS 117 : Rio ne répond plus - (7,5) est un plaisir coupable dans notre univers mesuré et (trop) bien-pensant qui nous permet de retrouver un Hubert Bonisseur de la Bath, encore plus déphasé et anachronique que lors du 1er opus (M.Hazanavicius - 2006). En effet, on retrouve le meilleur agent secret français ("Mais ce n'est pas à moi de le dire") à Rio de Janeiro, chargé par les autorités françaises de récupérer un microfilm compromettant détenu par un ancien dignitaire nazi. Epaulé par une lieutenant-colonel du Mossad (terrible Louise Monot), Jean Dujardin enchaîne les énormités avec un sérieux des plus efficaces alors que le monde de 1967 change (entre révolutions sexuelle et féministe). Ce pastiche, hommage vibrant aux Barbouzes de Lautner et au Bébel délirant des 80's, multiplie les saillies référencées et les scènes cultes (Ah ! cette poursuite à l'hôpital ou la tirade humaniste de Von Zimmel au pied du Cristo Redentor...) pour notre plus grand bonheur. Vivement le retour de "Double 1 - 7".

  12. Là-Haut - (7,5) n'est pas le meilleur des Pixar (titre tenu par le sublime Wall-E - A.Stanton - 2008), mais décroche largement celui de dessin animé de l'année 2009. Débutant par l'une des plus tristes (et belles) séances de l'histoire de l'animation (à l'image de la disparition de la mère de Bambi - W.Disney - 1942) résumant toute une vie, Là-haut se poursuit par une double quête avant de s'égarer - un temps - avec un explorateur fou. Heureusement, le duo formé par Carl, tendre vieux bougon, et Russell, scout devant l'Eternel, nous entraîne, nous captive, nous émeut et nous séduit. Si certains trouveront la morale naïve voire simpliste, la majorité - dont je suis - aura passé un beau moment de cinéma.

  13. Very Bad Trip - (7,5) est une comédie rafraichissante et inattendue. En narrant les (més)aventures d'un quatuor venu enterrer la vie de garçon à Vegas de l'un d'entre eux, Todd Phillips emmène Bradley Cooper, Zach Galifianakis (vu dans Tru Calling - 2003 - 2004 - ou Jackpot - T.Vaughan - 2008) et Ed Helms dans un cluedo festif où chaque péripétie en déclenche une pire, multipliant les moments de bravoure (avec une préférence sadique pour le passage du trio devant une classe "policière"). Heureusement que tout ce qui se passe à Vegas (ne) reste (pas toujours) à Vegas car autrement nous aurions raté l'éclat de rire de l'été. Vivement la suite (265 millions de $, ça attise des envies, en général) et une présence plus étoffée de Heather Graham dont l'intervention est, certes, capitale mais bien trop légère à mon goût.

  14. Inglorious Basterds - (7,5) aurait pu être le meilleur Tarantino. En effet, son introduction (et la présentation de Hans Landa - génialissime Christoph Waltz, meilleure idée de cette uchronie macho) est un pur miracle de cinéma. En quelques minutes jubilatoires, il se découvre dangereusement brillant, fier de son action haïssable et d'un cynisme charmeur. Or lorsque le méchant est réussi, le film aussi. Malheureusement, le film ne se concentre pas sur lui. Sans être inintéressant, les autres chapitres (notamment ceux des Basterds) n'atteignent pas son niveau d'intérêt. Si certains trouveront cette relecture historique décevante, le plaisir régressif qu'il constitue demeure un bon moment estival de cinéma.

  15. Marley & Moi - (7,5) vaut mieux que son pitch simpliste (comment un jeune couple parvient à gérer un adorable mais impossible molosse). On assiste davantage à une chronique masculine (en l'occurrence celle d'un journaliste - Owen Wilson étonnamment sobre) voire familiale sur une dizaine d'années pimentée par les élucubrations de son labrador. Entre amours et disputes, naissances et drames (car oui, la vie n'est un long fleuve tranquille), petits renoncements et grandes joies, David Frankel transcende le roman de John Grogan et nous offre une belle histoire de vie, bien secondé par son cabot de héros. Oui, décidément, le Chien est le meilleur ami de l'homme.

  16. l'Affaire Farewell - (7,5) nous replonge au cœur de la Guerre froide, au sein d'un monde bipolaire rassurant. On suit ainsi la trahison idéologique d'un apparatchik de l'espionnage russe qui décide de révéler à la France les réseaux soviétiques implantés à l'Ouest du Rideau de Fer afin d'y piller le savoir scientifique occidental. Si Christian Caron reste fidèle à 80% à l'Histoire, c'est la petite qui l'intéresse. Pour ce faire, il nous plonge dans le quotidien d'un duo improbable - Guillaume Canet, ingénieur dépassé, et Emir Kusturica, amoureux francophile. Leur complicité rend ce retour captivant, d'autant plus face à l'absurdité d'un monde délinquant et oppresseur bien qu'idéalisé et rêvé. Si la fin est attendue, elle demeure fantasmée - pour Grigoriev - et éprouvante - pour le couple français.

  17. Avatar - (7) est un triomphe planétaire que j'aurais mis 4 mois à voir, redoutant beaucoup, compte tenu du nombre d'avis dithyrambiques et des critiques délirantes (sur l'opportunisme écologique, l'interventionnisme militaire américain à but lucratif, le paganisme antireligieux, le tabagisme militant...). Réinventant la 3D en créant l'univers parallèle de Pandora, James Cameron prouve une fois de plus que son imaginaire est visionnaire à l'image de sa patience puisqu'il est capable d'attendre 10 ans l'invention d'outils susceptibles de mettre en images ses rêves. Les 160 minutes passent alors rapidement, mais cela, vous le savez déjà.

  18. Public Enemies - (7) est un film de gangsters à l'ancienne réalisé par un Michael Mann inspiré, qui nous plonge au cœur de l'action (les scènes de fusillades sont simplement époustouflantes) tout en développant ses personnages (de Depp à Bale en passant par Marion Cotillard). En tissant étroitement les liens romantiques et aventureux des derniers mois de Dillinger, il nous propose une épopée à la Robin des Bois (Ah, quand Depp accompagne une amie dans les locaux de la police alors qu'il est activement recherché !) dont la fin inéluctable rappelle la tristesse de celle de Bonnie and Clyde (A.Penn - 1967).

  19. Star Trek - (7) est une étonnante surprise pour le spectateur trekkophobe que je suis. En effet, J.J.Abrams modernise parfaitement l'univers créé par Gene Roddenberry en nous proposant les 1er pas de l'Enterprise dans le monde de Starfleet. Grace à des effets spéciaux réussis, un scénario haletant jouant astucieusement des voyages temporels et une interprétation où domine Zachary Quinto, les 2 heures de ce film relancent la franchise avec talent, rendant même crédible les affreux pyjamas marque de fabrique de ST depuis 1966.

  20. Ponyo sur la falaise - (7) témoigne une fois de plus de l'imaginaire féérique de Hayao Miyazaki, après son Voyage de Chihiro (2002). Sous des abords enfantins (mais non puérils) et sans doute moins adulte que ses œuvres les plus connues, ce conte, qui rappelle aussi la Petite sirène (J.Musker & R.Clements - 1990), nous offre une belle histoire romantique d'apprentissage, mâtinée de discours écologique responsable, qui se savoure sans modération. Miyazaki est bien le seul génie capable de rivaliser avec les animateurs de Pixar.

  21. (500) Jours ensemble - (7) propose la déconstruction temporelle d'une histoire d'amour, multipliant les allers-retours entre les jours heureux et agités. Sur une bande-son jukebox (plus que) réussie, on suit les pas de Joseph Gordon-Levitt amoureux abandonné dépressif/musicalement heureux tentant de vivre/(re)conquérir la craquante Zooey Deschanel, partagée par l'amitié et l'envie de flirter. Comme l'annonce la voix-off, ces (500) jours... ne content pas une histoire romantique. Quoi que...

  22. Anges et Démons - (7) est le 2nd volet des aventures du professeur Langdon, après le controversé (et lucratif) Da Vinci Code (R.Howard - 2006). Prenant de grandes libertés avec le roman originel, cet opus est un bon thriller d'action qui, sans être révolutionnaire, remplit pleinement ses objectifs : divertir, sans laisser le moindre répit au spectateur. Bien sûr, c'est invraisemblable. Mais qu'importe, puisque l'on s'y laisse prendre.

  23. La Proposition - (7), plus grand succès américain de Sandra Bullock, n'est pas la comédie romantique la plus originale de la décennie, lorgnant vers les classiques Vous @vez un message (N.Ephron - 1999) ou Just Married (G.Marshall - 1999). Mais l'alchimie entre Miss Bullock et Ryan Reynolds (déjà épatant dans Un jour, peut-être... - A.Brooks - 2008) est évidente. On assiste alors à un jeu de faux semblants où on jubile à voir les ennemis d'hier s'apprivoiser, Miss Bullock, canadienne, ayant contraint son secrétaire à un mariage blanc afin de ne pas être expulsée des Etats Unis. Dès lors la visite à la future (et richissime) belle-famille accumule les (adorables) moments de bravoure et nous attendons avec gourmandise l'inévitable happy-end, Andy Fletcher parachevant son hommage par une citation à Quand Harry rencontre Sally (R.Reiner - 1989). Une belle anthologie en somme.

  24. The Wrestler - (7) n'est pas le constat le plus glamour sur l'univers du catch pro. En effet loin des paillettes de la WWE, essaye de survivre une ancienne gloire, Randy "The Ram" Robinson, alternant galas plus ou moins miteux et petits jobs, seul et abandonné de presque tous à l'exception de Marisa Tomei, une stripteaseuse dépassée aussi. Pour incarner ce survivant revenu de tout, Mickey Rourke est tout simplement grand, tant son histoire personnelle transcende (et parasite) cette revanche. Comme Randy, il a gâché beaucoup. Comme Randy, il espère encore. Dommage que les Oscars ne l'aient pas récompensé, cela aurait eu du panache.

  25. Terminator Renaissance - (7) méritait mieux que le relatif insuccès que ce 4e opus a rencontré un peu partout dans le monde. En effet, en projetant John Connor dans un univers désolé à la Mad Max (G.Miller - 1979) tout en centrant l'histoire sur le personnage de Marcus Wright - véritable héros du film, McG redonne un coup de fouet à la juteuse série tout en s'affranchissant de l'importance des Terminators et en nous offrant une relecture philosophique de l'Humanité. Divertir intelligemment... Une gageure, non (voire une hérésie pour une partie du public qui ne l'a bêtement pas suivi) ?

  26. Max et les Maximonstres - (7) est un film paradoxal. Alors que son thème est l'enfance (et sa signification, voire ses enjeux), il ne s'adresse guère au jeune public, tant les bons moments dégénèrent régulièrement vers le tragique (à l'instar de l'éprouvante bataille de boules de terre). Formellement admirable - Spike Jonze SAIT se servir d'une caméra - mais souffrant de son insupportable héros égoïste qui n'apprend jamais de ses erreurs (Que de fois n'a-t-on envie de le botter), Max... devient aérien dès que les Maximonstres - Carol et KW en tête - font leur apparition. Ils sont LA réussite de ce conte (pas vraiment) enfantin.

  27. This is it ! - (7) est le parfait Making of que l'on aurait dû retrouver dans les coffrets collector du concert de Michael Jackson. Hélas, les faits divers étant passés par là, ce reportage du Work in Progress de la tournée d'adieu du Roi de la Pop devient l'ultime témoignage d'un rêve de fan. Ainsi découvre-t-on les premiers pas hésitants de Bambi (période pantalon orange), la réalisation des incrustations murales (avec une mention spéciale pour celles de Smooth Criminal et Thriller) et ce qui semble être une générale où Michael Jackson démontre que ce retour n'était pas qu'un coup publicitaire. On pourra évidemment se gausser de l'"apport" cinématographique de cette sortie limitée, s'interrogeant sur l'hommage ou le retour sur investissement. Mais la question demeurera toute rhétorique pour le spectateur qui a croisé la route de la star en 1984. Quant aux autres, parfois la curiosité n'est pas qu'un vilain défaut.

  28. L'Imaginarium du Dr Parnassus - (7) ne doit pas seulement être vu comme le testament d'un génial Joker, mais comme le délire (à l'instar de la campagne d'engagement des bobbies anglais) d'un créateur trop souvent malchanceux, Terry Gilliam. En effet, à l'aide des interventions de Jude Law (très inspiré), Johnny Depp et Colin Farrell, il crée un conte fantastique et faustien, un brin déstructuré, où l'imagination est l'arme la plus puissante face à la tentation et l'envie. Si son histoire se perd parfois dans les méandres de la forme, le plaisir demeure réel, notamment grâce aux belles prestations de Lily Cole et Tom Waits.

  29. Le petit Nicolas - (6,5) débute par un superbe générique de papier, se poursuit par une adaptation agréable (bien que sage) de l'œuvre de Goscinny et Sempé où le héros redoute la venue d'un(e) éventuel(le) petite sœur ou petit frère et s'achève sur une nostalgie bienveillante. Le casting délicat des enfants étant réussi - Maxime Godart, particulièrement, ce spectacle familial inoffensif s'apprécie sans honte et laisse présager quelques suites futures.

  30. Le Coach - (6,5) marque le retour des duos sympathiques bien qu'improbables. Ainsi, Maximilien Chêne - toujours épatant Richard Berry - célèbre coach de stars (Oui, Manaudou joue comme une truelle) surendetté, accepte de guider à son insu le neveu du patron - lunaire Jean-Paul Rouve - afin de décrocher le contrat qui doit sauver l'entreprise. Bien sûr, la mécanique évoque les classiques de Veber. Bien sûr, les quiproquos sont très nombreux. Bien sûr, les réparties sont idéales. Bien sûr, le casting est Bien sûr, le final est raté. Et alors ? Pourquoi se priver du plaisir d'une bonne comédie réussie ?

  31. De l'autre côté du lit - (6,5) est une aimable comédie, qui met en scène 2 chouchous du public français, Sophie Marceau et Dany Boon. L'échange de leur vie respective réserve émotions et sourire, teintés de prise de conscience (légèrement) sexiste mais qui retourne intelligemment les codes de la comédie. Entre les commentaires sarcastiques - mais pertinents - de Sophie Marceau, les réactions en retenue de Dany Boon et les excellents 2nd rôles (Arsène Mosca, Roland Giraud, Antoine Duléry, Juliette Arnaud et Anny Duperey), on passe un très bon moment.

  32. District 9 - (6,5) est le succès surprise de science-fiction de cette rentrée. Evidente métaphore de l'apartheid, Neill Blomkamp multiplie la forme (reportage, vue suggestive, film) et les points de vue pour bâtir cette expulsion d'extra-terrestres de leur bidonville qui rapidement inverse les ennemis. Dans une interprétation pompidolienne du responsable de ce "déménagement pour leur bien", Sharlto Copley constitue l'un des principaux atouts de ce drame, tant il parvient à exprimer la suffisance et le désespoir avec la même acuité. Au final, appuyée par des effets spéciaux réussis, cette ode à la tolérance demeure effroyablement actuelle.

  33. L'enquête - The International - (6,5) est un assez bon thriller d'actualité. En effet, au lieu de nous proposer un ennemi terroriste, Tom Tykwer nous plonge dans les arcanes industrielles se focalisant sur l'IBBC, une banque symbole de tous les excès. Peu populaire ces derniers temps, les milieux financiers ne deviendront pas davantage sympathiques, tant le scénario les présente cyniques et impitoyables. Face à ce Goliath nébuleux, Clive Owen et Naomi Watts font leur possible pour faire éclater la vérité, sans tout à fait forcer leurs talents. C'est d'ailleurs la principale critique que l'on peut faire à ce polar efficace. Il n'y a toutefois pas de quoi bouder son plaisir.

  34. Erreur de la banque en votre faveur - (6,5) est une agréable surprise dont Gérard Lanvin est le principal responsable. Il faut dire que Michel Munz et Gérard Bitton - auteurs de Ah ! Si j'étais riche (2002) - lui offrent un bel écrin, tant ce Julien Foucault multiplie les jolies scènes et les moments d'intense humanité. En effet, le duo de scénaristes a particulièrement soigné leurs personnages (à l'exception notable de Jean-Pierre Darroussin immortel adulescent post-baba cool - bravo à l'imagination !), notamment la belle et surprenante Barbara Schulz et l'odieux Philippe Magnan, permettant à chacun d'exister dans cette comédie plus amère que drôle. Ne vous privez pas d'un bon moment.

  35. Esther - (6,5) ne va guère aider à populariser l'adoption tardive tant la nouvelle venue dans la famille Coleman est inquiétante. Ainsi, après la perte de son 3e enfant lors de l'accouchement et une dérive alcoolique, Kate - pauvre Vera Farmiga - recueille une jeune fille, Esther - parfaite et redoutable Isabelle Fuhrman, dont l'angélisme se fissure rapidement, l'adorable petite n'hésitant pas à éliminer (physiquement ou non) toute personne qui se met sur sa route. Face à l'incrédulité du mari - Peter Sarsgaard excessivement falot- et la perdition de la mère, la réussite d'Esther n'est pas entièrement gâchée par le final grandguignolesque. Mais il s'en faut de peu.

  36. Arthur et la vengeance de Maltazar - (6,5) confirme la bonne impression laissée par le 1er opus, avec ses qualités (une animation crédible, des personnages attachants, une ambiance écologiste à la mode) et ses défauts (une orientation très infantile, des personnages caricaturaux à l'instar du père, une ambiance écologiste à la mode). Divertissement familial de Noël, ..la vengeance de Maltazar n'est hélas que le 1er volet d'un diptyque qui s'achèvera à l'automne 2010 par .. la Guerre des deux mondes. Frustrant, ce qui est bon signe, non ?

  37. Sept Vies - (6,5) n'est pas une ode à l'optimisme malgré une belle leçon d'humanité. En effet, pendant 2 heures, on suit Will Smith tenter de seconder le Père Noël. Si le final est évident dès le premier quart d'heure, Smith parvient par petites touches à nous faire oublier l'inéluctable, d'autant plus qu'il tombe lentement et assurément amoureux de Rosario Dawson, l'un des 7 personnages dont il voulait bouleverser la vie. Alors, certes, les autres destins sont laissés de côté. Certes, la réalisation souligne à l'envie le mélo du thème. Certes. Mais le charme joue néanmoins et c'est bien là l'essentiel.

  38. Harvey Milk - (6,5) se présente comme un biopic classique, décrivant l'ultime décade (et particulièrement la dernière année) de Harvey Milk, militant de la cause gay dans le San Francisco de la fin des seventies. Soutenue par la performance du récemment Oscarisé Sean Penn (il ne l'a pas volé, étonnamment), cette lutte, portée à l'écran par Gus Van Sant, montre l'importance des idées face aux peurs qui conduisent aux extrêmes (personnifié ici intelligemment par Josh Brolin). Militant mais jamais donneur de leçon, ce Harvey Milk touche tout le monde et fait ouvrir les yeux au public, ce qui n'est pas la moindre des gageures.

  39. Dans la brume électrique - (6,5) est la nouvelle déclaration d'amour de Bertrand Tavernier pour le cinéma américain. En choisissant d'adapter le roman éponyme de James Lee Burke, il plonge Tommy Lee Jones dans une Louisiane post-Katrina suintante et étouffante des bayous, en quête d'un terrifiant serial-killer. La recherche de la vérité n'étant pas son but privilégié, Tavernier multiplie les 2nds rôles troubles (à l'instar de John Goodman) dans une ambiance fantastique (Jones discutant régulièrement avec un général sudiste), déroutant le spectateur. Dès lors, vous réagirez de 2 façons : soit comme le producteur américain qui a remonté le film pour son public, dénaturant largement les intentions de Tavernier, soit comme moi, en vous laissant peu à peu happé par l'atmosphère particulière voire littéraire de ce thriller amoureux. Au final, un voyage perturbé, à défaut d'être perturbant... Mais seuls les chemins pris ont de l'importance, non ? Pas la destination.

  40. Clones - (6,5) est une bonne surprise. Dans un futur proche où l'être humain a été remplacé par son clone anéantissant pratiquement le crime, une série de meurtres compromet l'existence de ce petit paradis. Sur une trame à la Minority Report (S.Spielberg - 2002) - mais avec l'agaçant Tom Cruise en moins, on suit Bruce Willis - décidément à l'aise dans le genre fantastique - retrouver son humanité et son épouse. Si le script ne laisse que peu de suspens, le traitement réaliste de cet univers est aussi crédible que son glorieux ancêtre, Blade Runner (R.Scott - 1982), la noirceur en moins, contribuant au plaisir du spectateur.

  41. Coco avant Chanel - (6) n'apporte peu ou pas d'informations pertinentes sur celle qui bouleversa l'univers de la couture. Ainsi, ce biopic, de facture tellement classique, s'intéresse sur les premières années de Gabrielle, pas tout à fait encore Coco. Si l'interprétation d'Audrey Tautou semble convaincante, elle est hélas éclipsée entièrement par celle de Benoît Poelvoorde, flamboyant Etienne Balsan. À chacune de ses apparitions, il bouleverse le souvenir précédent, contrebalançant par sa folie la sagesse retenue de Coco, sans devenir néanmoins un one-man show. À croire qu'Anne Fontaine est davantage amoureuse de son héros que de son sujet (même Boy Capel, joué par Alessandro Nivola, semble terne !). Cela n'est pas un défaut, bien sûr, mais cela pourrait être une gêne pour le spectateur venu découvrir Coco Chanel.

  42. LOL - (6) est, comme l'a dit la presse, une version réactualisée de la Boum (C.Pinoteau - 1980) qui avait lancé la carrière de Sophie Marceau. Comme une transmission de flambeau, cette dernière incarne la mère dépassée de 3 adolescents, dont l'aînée, Lola, interprétée par l'éblouissante découverte Christa Theret (j'avais raté Et toi, t'es sur qui ? - L.Doillon - 2007), est en pleine crise (amoureuse, amicale, voire existentielle). Certes, Lisa Azuelos privilégie (à l'excès ?) le versant ado au dépend de l'histoire adulte, perdant ponctuellement l'intérêt du spectateur de plus de 16 ans. Mais elle rattrape cela par son casting réussi, quelques scènes cultes (le retour prématuré de Sophie Marceau et la confrontation avec sa fille et sa mère, les différentes familles anglaises...) et la fraîcheur de son histoire. Pas encore culte, mais qui sait ?

  43. Cœur d'encre - (6) est un divertissement (assurément !) familial. Porté par un Brendan Fraser au mieux de sa forme, qui incarne un être capable de matérialiser ses lectures, ce film d'aventure se propose de nous amuser en nous émerveillant. Bien sûr que la menace incarnée par Andy Serkis ne traumatisera guère nos chères têtes blondes. Bien sûr que les coups de théâtre ne sont guère inventifs à l'image des multiples retrouvailles. Mais le charme (parfois) suranné de ce Cœur... touche régulièrement le notre pour peu que l'on accepte le voyage.

  44. Astroboy - (6) est une relecture enfantine en 3 D de I, robot (S.Spielberg - 2004) et une introduction plutôt attrayante du célèbre manga d'Osamu Tezuka. Bien sûr le polissage de cette quête identitaire ne s'adresse guère aux adultes tant la cible recherchée ne dépasse pas les3-6 ans. Malgré un final envahissant absurde, son animation plutôt réussie, ses personnages attachants et ses dialogues familiaux mais non stupides emportent la sympathie. Etonnamment, il n'a pas rencontré le public. Comme quoi...

  45. Fast and Furious 4 - (6) ne ment pas sur la marchandise : pendant 100 mn, on va en prendre plein la vue. Après un démarrage qui rappelle les invraisemblances délirantes des James B. des 80's (avec un seul mojo : "Plus c'est gros, mieux ça passe"), on retrouve, comme l'annonce fièrement la campagne publicitaire, le duo originel (Vin Diesel - Paul Walker) qui a dû lourdement insister sur l'épaisseur du scénario. Bien sûr, cette vengeance n'est pas originale. Bien sûr, les réparties, les explosions et les belles (enfin opulentes) demoiselles reviennent métronomiquement dans ce blockbuster surtestostéroné. Bien sûr. Mais le tout est efficace et ne trompe pas son public.

  46. Confession d'une accro au shopping - (6) est une nouvelle comédie romantique qui tente de renouveler le genre en y greffant un thème de société (ici, le serial-shopping). Le résultat, notamment grâce à la délicieuse Isla Fisher - déjà héroïne du réussi Un jour, peut-être (A.Brooks - 2008), se laisse déguster sans trop d'efforts, malgré quelques (énormes !) ficelles superflues (multiplier les quiproquos et les coïncidences irréalistes, préférer son apparence à sa meilleure amie et le regretter...) et un amoureux transparent, Hugh Dancy.

  47. Tempête de boulettes géantes - (6) est un divertissement efficace où la 3D stylisée renforce le scénario délirant qui met notre société face à sa gloutonne surconsommation. Bien sûr, rapidement, la critique sociale sous-jacente s'oublie pour une démultiplication de péripéties plus cartoonesques les unes que les autres. Dès lors les 80 mn passées avec l'inventeur fou et ses amis se savourent pleinement, sans indigestion particulière. Sony n'est pas Pixar, loin s'en faut, mais nous propose, après Monster House (G.Kenan - 2006) et les Rois de la glisse (A.Brannon & C.Buck - 2007), un dessin animé qui plaira à tous les publics.

  48. Millénium - (6) ne se présente plus. Adapter un tel succès en seulement 2 h 30 semblait être une gageure, à moitié réussie malheureusement. En effet, le duo des scénaristes s'est recentré sur la disparition d'Harriet Vanger, délaissant tous les évènements qui touchent à Millénium. Dès lors, certaines ellipses rendent le récit bancal. Comme la mise en scène est peu inventive, l'échec n'était pas loin. Heureusement, le casting - Michael Nyqvist et Noomi Rapace, LA Lisbeth Salander incarnée - et quelques scènes bien pensées nous donnent envie de voir les 2 prochains tomes. L'automne sera noir et cyber.

  49. Destination finale 4 - (6) revient sur le devant de la scène cinématographique à l'instar de nombreuses franchises et même si les intentions des producteurs ne varient en rien de celles des autres marchands du temple (non, je ne parlerai pas des risibles Saw et autres séries horrifiques), ils ont l'intelligence (la chance ?) de s'appuyer sur des artisans - scénaristes et réalisateurs - efficaces. Ce 4e volet ne déroge pas à la règle en nous proposant des morts toujours plus accidentelles, voire inattendues. L'humour ou l'ironie sont aussi présents (à l'image des tentatives infructueuses de suicide de l'un des héros), contribuant à développer l'empathie du spectateur. Le tout ne déborde sans doute pas d'originalité, mais conserve un charme certain.

  50. Slumdog Millionnaire - (6) est l'adaptation d'un best-seller indien par Danny Boyle, ponctuant les questions d'un jeu télévisé par des flashbacks sur la vie du héros, Jamal, et de sa quête de l'amour incarnée par la troublante Latika. Décidé à dépeindre l'Inde contemporaine et non celle fantasmée des touristes réalisateurs, Boyle ne nous épargne aucune des plaies modernes (du trafic humain au racisme, en passant par la corruption). Mais il parvient néanmoins à nous séduire, grâce à l'efficacité du scénario de Simon Beaufoy et de l'empathie que déclenchent Dev Patel et l'obstination de son personnage.

  51. Largo Winch - (6) s'appuie sur un BD à succès, un héros réussi (étonnant Tomer Sisley), une histoire plutôt solide, des moyens présents sans ostentation, des seconds rôles assez bien servis (à l'instar de Kristin Scott Thomas et Gilbert Melki) mâtiné d'une pointe d'érotisme (oui, Mélanie Thierry est craquantissime). Sans être exceptionnel, ce 1er volet remplit amplement son contrat (rendre crédible l'adaptation) et permet déjà le lancement de la suite avec la même équipe.

  52. Ce que pensent les hommes - (6) utilise - sans les transcender - le code balisé de la romance sur pellicule (des "témoignages" à la Quand Harry rencontre Sally - R.Reiner - 1989 - aux croisements "hasardeux" des divers protagonistes à la Single - C.Crowe - 2003). Mais ce qui sauve ce film de saison est son casting 3 étoiles et sexy (chaque sexe y trouvera son compte - notamment, pour moi, grâce à la sublimissime Scarlett Johansson) dont on suit sans déplaisir les péripéties. Bien sûr, certains couples frôlent la caricature (le duo Aniston - Affleck, pour ne pas le nommer) et on a vu déjà mieux. Mais pourquoi bouder un moment sympathique ?

  53. Espion(s) - (6) est un peu moins réussi que le récent Secret défense (P.Haïm - 2008), mais présente le même constat peu avenant sur l'univers (et les manipulations) des services secrets. On suit, cette fois, les pas d'un bagagiste malhonnête - Guillaume Canet - qui, pour se sauver, accepte de piéger la femme d'un entrepreneur - Géraldine Pailhas - suspecté d'accointance avec le terrorisme irakien. Personne, bien sûr, ne sortira grandi de cette enquête (à l'exception de Stephen Rea, parrain occasionnel et humain permanent), mais ces Espion(s) nous auront procuré un bon divertissement.

  54. King Guillaume - (6) est une nouvelle incartade dans l'univers délirant et bariolé de Pierre-François Martin Laval. Qui, à part lui, peut imaginer cet héritage royal si particulier et la tradition de traîtrise des habitants de Guerreland ? Qui peut multiplier les personnages plus fous les uns que les autres (avec des one-(wo)mens shows de Florence Foresti et de Pierre Richard) dans des situations abracadabrantes ? Qui peut proposer un univers à la fois naïf, touchant, délirant et crédible ? Hélas, il manque une fois de plus un soupçon de grâce, de folie et de scénario pour que la magie soit présente. Ce 2nd film n'est donc pas une réussite, mais il faut le voir pour encourager la folie douce.

  55. Incognito - (6) est une bonne surprise. En effet, entre une humoriste trop souvent excessif et un chanteur (certes génial mais totalement) débutant, un script qui aurait pu (à tout moment) devenir un nième buddy-movie lourdingue ou une charge à la Paparazzi (A.Berberian - 1998) sur la célébrité, tout était réuni pour une nouvelle comédie française ratée. Seulement, voilà : Bénabar est un excellent comédien, Franck Dubosc reste (pratiquement) sobre et l'histoire, écrite à 6 mains, privilégie la situation à l'effet, en exploitant intelligemment son pitch initial (comment cacher sa célébrité à un ami ?). Certes, les sourires sont plus nombreux que les rires, mais le duo amical semble sincère, ce qui rend largement sympathique ce film.

  56. Meilleures Ennemies - (6) commence en aimable conte pour jeunes filles, se poursuit en guerre totale entre harpies et s'achève comme il le faut. Entre, on assiste à une bataille sans merci à l'image du choix de leur nouvelle Dame d'honneur, le déjeuner en compagnie de leurs amies, les séances de bronzage et coiffure, etc... témoignant combien l'amitié est quelque chose qui s'entretient - à l'instar des multiples cadeaux que se font Anne Hathaway et Kate Hudson. Oui, c'est sans prétention, léger et divertissant. Mais c'est si rare en ce début d'année qu'il ne faut pas gâcher son plaisir.

  57. La Panthère rose 2 - (6) n'est pas d'une grande finesse, certes. Mais devant l'abattage de Steve Martin, à l'aise dans ce costume d'éléphant archétypal, la consternation communicative de ses acolytes (Que de stars, y compris notre Johnny !) conscients de l'incommensurable niaiserie de Clouseau, les multiples bourdes background à la ZAZ, les rivalités infantiles des enquêteurs et les références à la série originale (du générique aux attaques des suppléants de Kato), on finit par rire régulièrement à cette pochade. Consternant, d'accord, mais jubilatoire.

  58. G Force - (6) est clairement ciblé pour le très jeune public. En racontant le sauvetage du monde d'un industriel fou par une escouade de cochons d'inde agents secrets - si, si !!, les studios Disney nous proposent un film d'animation 3 D réelle, extrêmement réussie, à la B.O. moderne (Black Eyed Peas, Lady Gaga ou les Carmina Burana) mélange de Transformers (M.Bay - 2007 & 2009) et de Alvin et les Chipmunks (T.Hill - 2007). Bien sûr, nous ne sommes pas chez Tex Avery, mais chez Disney. Donc la morale familiale sera sauve. Avant le prochain opus, évidemment.

  59. Coraline - (6) est le nouveau conte du marionnettiste Henry Selick, déjà auteur de l'Etrange noël de Mr Jack (2003). Plongeant son héroïne dans un monde d'envie et d'illusions, Selick édulcore toutefois son univers pour s'adresser nettement aux plus jeunes des spectateurs. Conservant néanmoins une esthétique à la Burton, Coraline propose une alternative crédible aux films d'animation 3D. Ne reste plus qu'à développer des scénarii réussis...

  60. Safari - (6) est la meilleure comédie du duo Kad & O., ce qui n'est pas forcément un compliment après les affligeants Mais qui a tué Pamela Rose ? et Un ticket pour l'espace (E.Lartigau - 2003 & 2006), Ce soir, je dors chez toi (O.Baroux - 2007) boxant dans une autre catégorie (dans cette comédie romantique, Kad n'ayant qu'un rôle secondaire, bien qu'important). C'est donc avec appréhension qu'on suit les (més)aventures de Richard Dacier guidant malgré lui 6 touristes à la découverte d'une savane totalement inconnue qu'il abhorre. Au fil des rencontres improbables (Yannick Noah en coach de villages "authentiques" et Omar Sy en putschiste à l'accent québécois), on se déride et on finit par apprécier cette comédie d'aventures, sans prétention.

  61. Jennifer's Body - (6) est le 2nd scénario dû à Diablo Cody après la surprise réussie Juno (J.Reitman - 2007). Attendue au tournant, cette histoire ne révolutionne en rien le genre popularisé par Carrie au bal du Diable (B.De Palma - 1976) qui voit l'un des étudiants massacrer ses coreligionnaires. Ici, cette tâche est dévolue à la craquantissime Megan Fox qui, après avoir été sacrifiée par un groupe de rock, revient possédée par un démon affamé de chaire fraîche. Heureusement pour nous, Amanda Seyfried, la révélation de Mamma Mia ! (P.Lloyd - 2008), meilleure amie de la succube, va s'opposer à elle. C'est fun, (plus que) sexy et totalement sans aucune importance.

  62. Numéro 9 - (6) est techniquement réussi, mais aurait nécessitait un soupçon d'originalité supplémentaire. En effet, c'est un nième monde dévasté par une guerre hommes-machines que l'on découvre. En son sein, survivent des poupées créées par un savant visionnaire à qui il a confié sa dernière parcelle de vie. L'arrivée de sa dernière création va faire tomber ce fragile équilibre, en réveillant l'Exterminatrice sans âme. Suivent alors les quêtes d'une humanité perdue et d'une utilité identitaire. Si Numéro 9 enchaîne tous les chapitres attendus pour une telle histoire, c'est avec une efficacité laborieuse du bon élève, mais pas de l'artiste surdoué. Tant pis.

  63. L'Âge de glace 3 : le Temps des dinosaures - (5,5) prouve une fois de plus le vieil adage sur les 3e volets d'une franchise : ils ne sont faits que pour l'argent et sont les plus faibles du trio. Hélas pour nous, malgré une perspective 3D, Carlos Saldanha n'a pas osé, se contentant de reprendre les ficelles des opus précédents (2002 - 2006) en accentuant démesurément le côté familial de son propos (on est loin de toute réflexion sur l'Humanité qu'abordait le film original). Seul Scrat s'en sort moins mal que ses acolytes, devant lutter avec une adorable Némésis pour son gland. Ce n'est pas beaucoup, mais vu son triomphe estival, le choix des banquiers semble avoir été le meilleur.

  64. Harry Potter et le Prince de sang-mêlé - (5,5) a coûté une fortune, édulcore démesurément le 6e ouvrage de Mme Rowling, est le plus décevant de la série et massacre son titre en 10 secondes ! Et pourtant, il est bien moins pire que ce que l'on était en droit de redouter, à la lecture des multiples critiques qui se sont abattus sur sa tête. Bien sûr, cet épisode mineur n'est qu'un chapitre de transition avant la lutte finale attendue pour 2010 et 2011. Bien sûr, à vouloir s'adresser aux plus jeunes, Peter Yates et son scénariste oublient que les fans de la série ont grandi et aspirent à davantage de noirceur (Non, le monde des Bisounours n'est pas celui de HP à 16 ans...). Bien sûr. Mais le choix d'un retour à Poudlard est une excellente idée qu'une meilleure gestion de la 2nde partie aurait pu transcender. Bien sûr, l'Enfer est pavé de bonnes intentions. Alors croisons les doigts que ce Sang-mêlé ne soit qu'un accident qui trouvera pleinement sa place à la fin de l'aventure HP. Oui, croisons !

  65. Cinéman - (5,5) pourrait être un pur fantasme de cinéphile si le héros n'était pas Frank Dubosc. En effet, ce scénario improbable revisite une kyrielle de succès des 90 dernières années passées (de Safety Last ! - F.C.Newmeyer & S.Taylor - 1923 - à Taxi Driver - M.Scorsese - 1976 - en passant par Pour une poignée de dollars - S.Leone - 1964 - ou Sissi - E.Marischka - 1955), composant de nombreux petits chapitres décousus. Hélas, Yann Moix tente en vain de les relier par l'intervention de son héros, l'insupportable Dubosc qui oublie trop souvent qu'il doit s'effacer derrière son personnage et non l'inverse. Dès lors, malgré une superbe BO nostalgique et l'avant-dernière apparition de la sublime actrice Lucy Gordon, Cinéman rate sa cible.

  66. Monstres contre Aliens - (5,5) témoigne de l'excellence technique des studios Dreamworks, mais aussi de leur paresse scénaristique - qui les éloigne de plus en plus des géniaux flibustiers de Pixar. En effet, cette ode à la différence et à l'acceptation d'autrui s'adresse en priorité au jeune public, là où les magiciens de Pixar interpellent avec la même intelligence toutes les générations. Bien sûr, le résultat (et les aventures de Susanne devenue géante) se sui(ven)t sans déplaisir. Mais on regrette l'application systématique de recettes en lieu et place de réinventions. Notons, d'ailleurs, que le principal argument du gourou de Dreamworks Animation, Jeffrey Katzenberg, reposait sur l'artifice 3D de ce dessin animé, et non sur son histoire...

  67. La Nuit au musée 2 - (5,5) a le défaut récurrent des suites sans âmes : croire que la surenchère d'effets peut palier le manque d'originalité du scénario. Dans ce 2e opus qui plonge Ben Stiller au Smithsonian Muséum, on retrouve l'essentiel des personnages du 1er volet (S.Levy - 2007) confronté à Hank Azaria, pharaon pathétique sur le retour qui désire récupérer la tablette d'Ahkmenrah. Shawn Levy multiplie alors les effets spéciaux réussis où tous les univers se mêlent (tableaux, sculptures, passés, futurs, love story et Cupidons...), sur un plagiat de la Momie (S.Sommers - 1998). Mais la forme ne suffit pas sans le fond. Oui, la Nuit 2 est drôle et bien produit. Mais c'est tout.

  68. 17 ans encore - (5) est une réactualisation adulescente de La vie est belle (F.Capra - 1947) et de Retour vers le futur (R.Zemeckis - 1985) avec la star des ados, Zac Ephron. Ainsi, voit-on plonger un adulte - Matthew Perry caricaturalement le même, père de famille en instance de divorce et détesté par ses enfants, dans sa peau de lycéen populaire et talentueux. Que se passera-t-il donc ? Le suspens est à son comble, le scénario ne nous épargnant aucune des figures attendues pour un tel projet. Mais l'abattage d'Ephron et la juxtaposition passé/présent permettent malgré tout de passer de bons moments (Ah... Gifler Zach Ephron...).

  69. Jeux de pouvoir - (4,5) tente en 2 heures d'américaniser une série britannique de 6 épisodes. Hélas, malgré un casting plutôt convaincant (Russell Crowe, Robin Wright Penn et - presque - Ben Affleck), la sauce prend mal tant l'enquête journalistique est bancale. On est loin des Hommes du président (A.J.Pakula - 1976). Entre un twist qui se devine rapidement et un juste final, les amateurs de thriller peu exigeants se satisferont de ces Jeux.... Les autres attendront un prochain polar.

  70. Prédictions - (4,5) a des allures d'Incassable (M.N.Shyamalan - 2000), mâtiné de Destination finale (2 & 3). Ainsi suit-on les pas de Nicolas Cage, scientifique travaillant au MIT, qui découvre une feuille annonçant la date, le lieu et le nombre de morts de multiples catastrophes. Débute alors une course contre l'incroyance et l'inévitable (?). S'il n'y a rien de révolutionnaire dans cette histoire, les effets spéciaux (les 2 crashs sont impressionnants) et l'alchimie du duo Cage - Byrne nous font passer de bons moments. Hélas, le final créationniste/messianique/infernal de ce blockbuster apocalyptique vient gâcher durablement le plaisir des 90 premières minutes. Ce mysticisme était-il bien nécessaire ? Assurément non.

  71. Démineurs - (4,5) offre à Kathryn Bigelow l'occasion de nous rappeler qu'elle demeure une réalisatrice brillante dans l'univers testostéroné de l'action. Ainsi, nous plonge-t-elle dans le quotidien irakien d'un trio de démineurs confronté aux multiples tentatives d'attentats, multipliant les scènes efficaces. Malheureusement, à trop vouloir présenter un quotidien sans fard engluant ses personnages dans un conflit qui les dépasse, elle en oublie l'essentiel cinématographique : proposer une histoire empathique. Or, là, le bas blesse. À trop vouloir s'affranchir des codes narratifs, elle perd le spectateur qui ne retiendra de ce film que sa virtuosité. C'est peut-être suffisant pour un film estival. Ou peut-être pas.

  72. The Box - (4) se veut un conte fantastique sur l'existentialisme et la condition humaine. Hélas, pour faire d'une nouvelle de 6 pages un long métrage de près de 2 heures, Richard Kelly étire indéfiniment son concept et recrée les choix sadiques de la série Saw (mourir pour sauver son enfant, tuer un inconnu pour avoir une belle vie), l'effusion d'hémoglobine en moins. La musique crispante

  73. Micmacs à Tire-Larigot - (4) est une franche déception tant Jean-Pierre Jeunet semble s'être consacré sur la forme à la place de son histoire. Ainsi, s'il développe à l'extrême des personnages bizarres et des décors d'une richesse esthétique caricaturale jusqu'au maniérisme filmé avec filtre sépia, il maltraite cette vengeance d'un "humble" (Dany Boon moins inspiré que d'habitude, interprétant encore - ! - un Pierrot lunaire) face à deux "puissants" (forcément) ridicules (Nicolas Marié un peu plus truculent qu'André Dussollier), s'autocitant ostensiblement. Dès lors, les 104 mn sont bien loin de nos espoirs.

  74. Duplicity - (4) marque le retour de Julia Roberts dans un film d'arnaque industrielle. Si elle n'a rien perdu de sa grâce, elle ne s'est guère offert un écrin à sa taille tant ce Duplicity manque de consistance. Ainsi peut-on la suivre avec Clive Owen monter une duperie entre 2 entrepreneurs prêts à tout pour humilier leur adversaire. Mais le scénario se veut plus malin en multipliant artificiellement les fausses routes, croyant que faire compliquer c'est rendre intéressant son propos. Las. À force d'être en avance sur le spectateur, Duplicity le perd. Une duperie peut-être pas mais une escroquerie certainement.

  75. Yes Man - (4) hésite entre la comédie romantique et la comédie de mœurs à la Tex Avery - les gesticulations faciales de Jim Carrey étant de retour. Débutant comme un embrigadement sectaire, ce Yes Man réussit davantage son incursion amoureuse que sa partie enquête, les grimaces de Carrey desservant amplement son propos sérieux. En effet, le one-man show de l'acteur est si daté qu'on s'étonne qu'il puisse encore trouver des scénarios tentant de l'exploiter. Dès lors, lorsqu'il devient sobre - face à Zooey Deschanel, essentiellement, Yes Man atteint sa cible. À lui de faire les bons choix dans l'avenir.

  76. Le Secret de Lily Owens - (4) est un téléfilm de luxe, financé par Will Smith. Contant la rencontre d'une jeune fille et d'une fratrie noire menée par Queen Latifah dans le Sud américain raciste de la fin de 50's, ce film inoffensif - car indolore et inodore - se veut une ode au melting-pot culturel. S'il se regarde sans réel déplaisir, il ne provoque non plus aucune passion tant il manque d'aspérités. Monochrome à l'excès - le monde est noir ou blanc, sans mauvais jeu de mots, il rate sa cible et finit par se voir sans y penser.

  77. Walkyrie - (4) témoigne une fois de plus (et heureusement !) que toute l'Allemagne n'était pas hitlérienne (un musée berlinois témoigne d'ailleurs de cette résistance et de la folie du dictateur). Mais une fois ce constat fait, il faut davantage pour captiver l'attention, puisque le final est déjà connu. Et c'est là que le compte n'y est pas. En effet, Brian Singer choisit une approche factuelle efficace mais sans âme, empêchant toute empathie avec les acteurs, malgré un casting 4 étoiles. On ne s'ennuie pas, certes, mais on ne se passionne pas, malheureusement.

  78. Twilight - Chapitre 2 : Tentation - (3,5) est le 2nd volet de la saga triomphale de la mormone Stephenie Meyer. Me jugeant hors cible adolescente hormonalement délirante, j'avais boudé le 1er opus .. Fascination (C.Hardwicke - 2009) au cinéma. Mais une découverte dvd m'avait montré mon erreur. Las. Cette suite est centrée sur les déchirements amoureux de Kristen Stewart qui hurle (s'égosille, s'époumone, vrille nos tympans), hallucine et se morfond après l'abandon du vampire Pattinson. Dans sa course effrénée à l'adrénaline pour combler le vide immense de son cœur, tombera-t-elle dans les bras de son ami d'enfance et opportunément lycanthrope, Taylor Lautner, ou se suicidera-t-elle en bonne romantique du XIXe siècle ? Les jeunes demoiselles crieront-elles le nom de Robert pendant ..Tentation tout en se replongeant dans Roméo et Juliette subtilement cité au début de l'histoire ? Le suspens est à son comble. Oui, je sais, je me moque. Mais ce n'est pas moi qui aie commencé...

  79. Lucky Luke - (3,5) poursuit l'insupportable tradition des adaptations ratées. En effet, il est difficile de demeurer fidèle à l'esprit d'une BD à succès - surtout si elle est ancienne : soit on décalque les personnages, soit on respecte à la lettre l'histoire sans oser moderniser le propos. Pour un Chabat qui s'attire les foudres de Uderzo en triomphant avec Astérix : Mission Cléopâtre (2002), combien de Terence Hill (Lucky Luke - 1991) ou Jan Kounen (Blueberry - 2004) ? Si Jean Dujardin est un brillant OSS (.., Le Caire nid d'espions / .. : Rio ne répond plus - M.Hazanavicius - 2006 - 2009), son duo scénaristique qu'il forme avec James Huth (Cf : Brice de Nice - 2005) n'est pas une réussite. En effet, jamais ils ne se lâchent avant le générique de fin, meilleur moment pour ses inserts délirants. Hélas, le reste des 104 mn est un ratage sans nom, où l'absurde du scénario ne nous arrache aucun sourire. Espérons que le proverbe "Jamais 2 sans 3" ne s'appliquera pas à leur prochaine collaboration.

  80. Partir - (3,5) offre à Kristin Scott Thomas un nouvel emploi torturé mais rate totalement sa cible, tant cette histoire apparaît factice. Est-ce la faute à une construction en flash-back qui ne se trahit jamais et ne provoque donc jamais de surprise ? Ou celle des acteurs excessifs (la palme revenant à Yvan Attal) ? Ou à Catherine Corsini qui s'est perdue depuis la Nouvelle Eve (1999) ? Ou à une histoire particulièrement non universelle ? Dans tous les cas, je suis passé à travers et ai trouvé le temps long, long, long.

  81. Transformers 2 - La revanche - (3) parvient à durer aussi longtemps que le 1er volet (M.Bay - 2007) avec un scénario encore plus mince et des rebondissements encore moins palpitants (kidnapping des parents du héros, "sacrifices" des 2 héros, présence d'une terminatrice...). Certes, les effets spéciaux sont toujours aussi réussis, mais le charme coupable du film originel - malgré les multiples références laissés ici ou là (à Indiana Jones 3, aux Gremlins...) - a disparu, dévoilant clairement sa finalité : faire beaucoup d'argent avec de la nostalgie. Rien de répréhensible - car Michael Bay nous en donne pour notre argent - mais bon...

  82. X-Men Origins : Wolverine - (3) tente de faire le lien entre la trilogie X-Men (B.Singer - 2000 & 2003; B.Ratner - 2006) et les BD Marvel. Si on attendait beaucoup de ces retrouvailles avec Hugh Jackman, on est forcément déçu tant certains effets semblent ratés (que dire de l'apparition rajeunie du professeur Xavier ?) et autres personnages à peine esquissés (de Dominique Monoghan à Ryan Reynolds, en passant par Taylor Kitsch). Certes, le film avait pour sujet Wolverine. Mais donner de l'épaisseur à son histoire et aux personnages qu'il rencontre aurait permis de lui donner davantage d'aura. Les scénaristes ne semblent pas avoir été du même avis, jugeant que son "animalité" suffirait à tous les publics. Mauvaise pioche.

  83. Underworld 3 : le Soulèvement des Lycans - (3) n'a pas le charme des 2 premiers opus (L.Wiseman - 2003 - 2006), la faute revenant à la période médiévale de ce prologue (dont les principaux évènements furent décrits lors du 1er volet) et à l'absence (quasi)complète de Kate Beckinsale. Si ce Spartacus poilu (S.Kubrick - 1960) retrouve la majorité de son casting (plus Rhona Mitra), les diverses péripéties tombent à plat - car comme dans Walkyrie, on connait déjà la fin et il n'est pas facile de se passionner pour le combat final entre Lucian et Viktor - plombées par un surjeu de la majorité des acteurs et une mise en scène flashy à base de ralentis clipesques et de grandes envolées caricaturalement lyriques. Dommage que ce film n'ait pas été le 1er...

  84. Volt, star malgré lui - (3) est la vision disneyenne de la 3D : caricaturalement familial (à l'instar de Chicken Little - M.Dindal - 2005), largement destiné à un jeune public, dénué de 2nd degré et correctement animé où les coups de théâtre sont téléphonés. Ce Volt... souffre surtout de la comparaison avec les productions des génies de Pixar ou des corrects artisans de Dreamworks, qui n'hésitent pas à s'adresser (aussi) aux neurones des spectateurs. Que l'époque de Kuzco (M.Dindal - 2001) semble loin (voire légendaire)...

  85. Alvin et les Chipmunks 2 - (3) surfe sur le succès calibré du 1er opus. Après s'être débarrassé des héros humains de l'original dans les 5 premières minutes (au cas où on n'aurait pas encore compris qui sont les "stars" de ce film...) et changé de réalisateur, la Fox - sans aucune vue mercantile, naturellement - nous offre la version décalco et féminine du trio originel - cela doit économiser du temps d'ordinateur, tout en reprenant les succès musicaux récents à la sauce tv-crochet, élargissant ainsi son public potentiel. Ce n'est pas que ce film soit raté, mais il laisse un arrière-goût de tiroir-caisse excessif.

  86. Saw 6 - (2,5) n'est pas qu'un jeu de mot pourri, mais aussi un très lointain cousin de la bonne surprise Saw (J.Wan - 2005). Alors que je m'étais désintéressé de la franchise devenue portnawak, j'ai voulu voir comment un personnage décédé lors de 3e opus pouvait encore être le héros d'un film. Et il faut bien l'avouer, je n'ai pas été déçu. Je m'attendais à une histoire affligeante où le twist était la raison de vivre des scénaristes au détriment de la cohérence du script et c'est ce que j'ai eu entre une démultiplication de flashbacks de flashbacks, de choix torturés - Qu'on est loin de la peur imaginaire des débuts ! - et de sentences comicophilosophiques. Alors bien sûr, on pourra m'objecter que beaucoup des enjeux - liés aux nouveaux personnages - m'étaient étrangers. Mais, bon, une bouse reste une bouse.

  87. Paranormal Activity - (2,5) repose sur un concept simple : faire peur avec (presque) rien. Ainsi subit-on les nuits agitées d'un couple qui vient de s'installer dans une superbe maison. Peu à peu, leur petit paradis constamment filmé (car évidemment c'est la 1ère chose qui doit traverser l'esprit quand on est harcelé) s'évapore pour laisser la place au terrain de jeu d'un démon. Qui l'emportera entre le poltergeist qui aime claquer les portes à 3 h du matin et les vidéastes amateurs ? Trouvera-t-on plus courageux que le "médium" Mark Fredricks ? Pourquoi laisser la porte de la chambre ouverte toutes les nuits permettant à l'esprit d'y faire ce qu'il veut ? Cessera-t-on un jour de prendre le public pour ... ?

  88. L'Attaque du métro 123 - (2,5) est un gâchis épileptique du talent de Denzel Washington, égaré dans l'adaptation clipesque d'un thriller mou du genou. Si John Travolta se Christophe-Lambertise (et je suis poli !) en interprétant (?) un vilain preneur d'otages revanchard, Washington apporte un peu d'humanité à ce contrôleur malmené et soupçonné. Hélas, peu aidé par un scénario ridicule (pourquoi lorsqu'on est poursuivi par toute la police de la ville s'enfuit-on à pied ?), Tony Scott renoue avec son pêché mignon : battre le record de plans que peut contenir un film de 100 mn. Il y parvient mais au détriment du spectateur qui souffre au final d'une migraine carabinée.

  89. Solomon Kane - (2) n'a étonnamment pas rencontré le succès en cette fin d'année. Pourtant, tout y était : des dialogues à faire rougir Michael Bay, une interprétation - notamment du héros charismatique et toc, James Purefoy - à intimider Steven Seagal, des effets clipesques dignes des années 80, un scénario écrit un soir de beuverie par un programme informatique de Spectrum Z81 et un twist aussi inattendu qu'une déclaration d'impôts. En un mot, un chef d'œuvre du nanar à 45 millions de dollars, soit une bonne perte de temps.

  90. La copine de mon meilleur ami - (2) souffre de la vulgarité de son pitch (un homme incarne l'anti-rendez-vous masculin afin de faire revenir les ex), d'acteurs falots et/ou en roue libre (Alec Baldwin ou Dane Cook), de rebondissements piochés dans la collection Arlequin et de personnages lâches et/ou antipathiques. Si malgré cela, l'envie vous vient de voir cette pochade, sachez que la morale est à l'avenant : il faut s'accepter pour être accepté par les autres. Oui, consternant.

  91. Envoyés très spéciaux - (2) est un plantage quasi-total malgré le quintet principal plutôt bien trouvé (notamment Omar Sy qui mériterait un vrai grand rôle), une scène culte (le match nul des baffes) et un sujet sociétal (le journalisme de guerre et ces risques - de l'enlèvement à la manipulation). Mais pour réussir une comédie, il faut parvenir à composer une alchimie précise, subtile et équilibrée. Et il faut bien l'avouer, Frédéric Auburtin échoue à ce niveau (citons par exemple l'éprouvante émission télé et l'intervention très dispensable de Laurent Gerra), ratant pratiquement toutes ses cibles. Du potentiel comique ne reste que l'indigestion et le sentiment insistant d'un gâchis.

  92. Les Passagers - (1,5) est le plus insoutenable suspens depuis Petit Ours sur la banquise et la question cruciale "Va-t-il s'en sortir ?". En effet, pressentant le twist ultime dès les 5 premières minutes, on espère pendant 80 mn s'être trompé guettant n'importe quel signe qui nous guiderait sur une autre voie. Dès lors, malgré (ou à cause ?) les efforts de Anne Hathaway ou les effets musicaux à la 6e Sens (M.N.Shyamalan - 2000) - Mais non, je ne vous dévoile pas la fin...-, on se désespère de la si grande relativité du temps et de la vacuité de cette histoire.

  93. Whiteout - (1) est un navet glacial où se perd une fois de plus Kate Beckinsale. Marshall égarée dans une station scientifique de l'Antarctique ayant perdu la foi en son action, elle se voit obliger d'enquêter sur la première série de meurtres du cercle polaire. Suivent des péripéties improbables (Et oui, les héros peuvent s'échapper d'une couche de 3 m de glace en pleine tempête !), mâtinés de traumas - surlignés en sépia et ralentis - et de coups de théâtre imparables (Il ne reste que 3 personnes valides dans la station dont 2 qui ont failli mourir auparavant... Qui est donc le coupable ?). Fallait-il dépenser 35 millions de dollars pour un tel résultat ? En ce qui me concerne, la réponse est non.

  94. G.I. Joe : le réveil du Cobra - (1) multiplie les effets spéciaux flashy, les histoires 2ndaires caricaturales (la méchante - mais ce n'est pas sa faute - est le grand amour du héros, le méchant ninja retrouve son "frère" ennemi chez les Gentils Idiots) ou les gadgets dignes des James B. des années 60 (à l'image des méchants et de leur repère). Comme le suspens est à l'avenant, banal et surannoncé, ce vecteur, produit afin de relancer les ventes de figurines bodybuildés et guerrières, peut ne pas se voir sans aucun souci.

  95. Coco - (1) est un film qui ne déçoit pas. En effet, avant de le voir, je redoutais que ce sketch étendu sur 90 mn ne soit ni drôle, ni une bonne idée. Grâce à Gad Elmaleh, la preuve est faite tant ce Coco est pathétique et affligeant. Pour une (voire deux, et encore j'hésite) scène qui fait sourire, il faut subir tous les excès et caricatures imaginables. Oui, Coco est un drôle de lascar, mais pas un lascar drôle. Que dire, alors, du final "émouvant"... Mais vous avez une petite idée de mon opinion, non ?

  96. Push - (1) surfe sur les bases ratées de Jumper (D.Liman - 2008), en recyclant les mêmes thèmes à la Heroes version ado affligeante. Paul McGuigan ne nous épargne aucune des plaies de ce genre : une réalisation clipesque où l'effet se veut scénario, des personnages pour lesquels on développe une empathie identique à celle de l'amibe pour le hamburger, une BO si marqué MTV qu'elle ratera tous les hit-parades mondiaux et des effets spéciaux qui nous rappelle que Méliès a été stupidement oublié par des apprentis réalisateurs. Même vu comme une parodie, Push est une nullité. Heureusement que le public sait parfois faire le tri...

  97. Che - 1ère partie : l'Argentin - (1) est le premier volet d'un diptyque qui ne donne pas envie de connaître la suite, tant la construction de Steven Soderbergh est emphatique. Si Benicio Del Toro semble habité et permet de donner un peu de corps à une légende photographique, les 2 heures paraissent bien longues, entre jungle cubaine colorée et tribune onusienne monochrome. Monolithe sans dimension (ou ombre), ce Che n'est pas révolutionnaire et est sans doute un hommage caché à Horst Tappert, décédé mi-décembre 2008...

  98. Dragon Ball Evolution - (0,5) pose une excellente question : peut-on encore trouver de l'argent pour saboter l'adaptation d'une série télé ou animée en 2009 ? Hé bien, oui. Bien que n'étant pas un grand amateur de l'univers de DB, je ne m'attendais toute fois pas à cette parodie involontaire. En effet, alors que Ben Ramsey, le "scénariste" responsable de cette niaiserie, a accentué l'aspect infantile des personnages (oui, il pille le pire des American Pie), James Wong abuse de tous les effets flashy et clipesques qui parasitent les productions Z en s'appuyant sur des effets spéciaux et des prothèses dignes des grands films de Christophe Lambert. Dès lors, on ne s'étonne plus de l'échec au Box office de ce navet, mais de la raison qui nous a poussé à aller le voir.

  99. Le séminaire - (0,5) est une escroquerie, en totale démarquage de la série télé et du premier volet (Espace détente - B.Solo & Y.Le Bolloc'h - 2005). Ainsi, ne retrouve-t-on plus que 7 des employés de la société Geugène, (en partie) montés à Paris pour participer à un stage destiné à recomposer leur esprit d'entreprise. Sauf que rien n'est drôle (à l'instar de l'épilogue qui ne sert à rien sinon permettre à Yvan Le Bolloc'h de se produire avec son groupe musical !), notamment parce que l'équipe des scénaristes a voulu donner davantage d'épaisseur aux personnages télé en les encrant dans la réalité. Mais lisser des protagonistes caractériels enlève le sel principal du succès de la série. Il faut donc être soit prétentieux, soit suicidaire, soit idiot pour ne pas contrebalancer ce choix par une histoire efficace et réussie. Espérons que les aventures des membres de Digix viendront effacer ce mauvais souvenir.

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