Quelques idées de films



Voici 13 ans que je vous propose quelques conseils cinématographiques. Par esprit de superstition, je ne modifie pas cette phrase d'introduction :

  1. Inception - (9,5) est un miracle d'intelligence, d'élégance et d'efficacité. Christopher Nolan conclue ainsi une incroyable décennie où il a relancé la franchise Batman (2005 - 2008), revisité le polar US (déstructuré avec Mémento - 2000 - ou perdu avec Insomnia - 2002) et mâtiné le tout de fantastique (le Prestige - 2006). Fait rarissime, Nolan est aussi l'auteur de ses blockbusters prouvant aux financiers obtus que le spectateur peut apprécier des divertissements cérébrés. Inception en est la quintessence, en proposant une histoire multiple où Leonardo Di Caprio tente de pénétrer l'inconscient endormi d'un riche héritier, quitte à se perdre - et le reste de son équipe - dans ses propres limbes. Brillamment agencé - à l'image de la chute finale de la camionnette, Inception nécessite d'apprécier le fantastique pour être totalement emporté par le tourbillon infini (ou pas) de la toupie centrale. À voir. Avoir. A voir...

  2. Des hommes et des dieux - (9,5) n'a pas reçu la Palme d'Or 2010 mais rencontre un succès populaire inattendu. Il faut dire que ce voyage épuré vers un final éprouvant ne propose aucun effet facile, mais transcende son sujet par un message universellement simple : connaître et respecter autrui. Ce qui aurait pu s'apparenter à un angélisme déplacé devient une évidence grâce à l'humanité fusionnelle des acteurs qui n'incarnent pas, mais sont les 8 moines de Tibérine. Pour y parvenir, Xavier Beauvois s'est entouré de comédiens habités - dont un éblouissant Michael Lonsdale monstre à sacrer aux prochains Césars - que l'on suit dans la banalité de leur quotidien, vivants au rythme des prières, cueillettes, aides médicales et autres rencontres locales. Deux scènes résument le plaisir de ce film. La 1ère se déroule avec le chef du village qui décrit le monastère comme la seule protection du village face à la folie meurtrière ambiante. La 2nde offre l'ultime repas d'humains conscients de l'instant sur le Casse-Noisette de Tchaïkovski. Grace et douleur, démontrant une fois de plus que le plus important n'est pas l'arrivée, mais le voyage.

  3. Sherlock Holmes - (8) trahit avec talent l'œuvre de Conan Doyle, mélangeant modernité (le duo Jude Law - Robert Downey Jr est parfait et a un goût de revenez-y) et références (l'opposition/attraction Holmes-Adler évoque le superbe couple St-Gely-Vidocq). En plongeant son couple vedette dans une histoire saturée de fantastique (à l'instar du Chien des Baskerville) et de péripéties (on se croirait dans un film de Michael Bay, en franchement moins décérébré, évidemment), Guy Ritchie nous rappelle qu'il est toujours un bon metteur en scène (malgré un mariage surmédiatisé et quelques "films" consternants récents). Vivement la suite.

  4. Scott Pilgrim - (8) est un pur plaisir de geek puisque, sous couvert d'une comédie romantique, on assiste à un mix entre jeu vidéo, manga, rock et répliques cultes. En effet, pour séduire la colorée Ramona (Mary Elizabeth Winstead en mode Sailor Moon), Michael Cera va devoir battre les ex de la belle lors de combats dignes des dernières consoles, chaque Boss proposant un défi à la Street Fighter. Bien sûr que rien n'est sérieux, mais avec un budget de 60 millions de dollars qui ne sera jamais remboursé, les effets sont parfaits et rendent crédibles les visions/réalités du héros imparfait et amoureux.

  5. Laisse-moi entrer - (8), remake de Morse (T.Alfredson - 2008), est un pur joyau fantastique qui met en scène l'amitié amoureuse entre un jeune garçon, tête de turc de ces camarades, et une mystérieuse voisine, Abby, qui ne semble fréquenter aucune école. Menacée par un policier amateur de surnaturel et par le sacrifice de son père, celle-ci (admirablement incarnée par Chloé Moretz, valeur à suivre) se dévoile à son voisin. En replaçant l'histoire suédoise en plein époque reaganienne, Matt Reeves réussit l'exploit inattendu de surpasser l'original tout en redonnant au genre vampirique son aura dangereuse que la série Twilight (2008 - 2009 - 2010) avait largement affadie. Subtil et antimanichéen, laisse-moi entrer est un grand film.

  6. The Social Network - (8) est un polar moderne sans coupable mais avec de nombreuses victimes. Porté par un admirable et convaincant Jesse Eisenberg (déjà épatant dans Bienvenue à Zombieland - R.Fleischer - 2009), ce "biopic" antipathique du créateur de Facebook est une réussite inattendue qui démontre une fois de plus l'exceptionnelle réussite de David Fincher qui ne s'est jusqu'à présent fourvoyé que dans les 5 ultimes minutes de The Game (1997). Or la gageure d'intéresser le spectateur aux mésaventures d'un (quasi)autiste qui trahit son entourage et ses meilleurs amis pour une idée était loin d'être évidente. Pourtant, par petites touches et grâce à la perfection du casting (notamment la découverte Andrew Garfield écorché et écarté de l'Autel de la gloire ou Justin Timberlake assurément meilleur acteur que chanteur), on finit par éprouver de l'empathie pour cet asocial notoire. À voir avant d'accepter de nouveaux amis...

  7. Invictus - (7,5) témoigne de 2 évidences : Clint Eastwood est un réalisateur essentiel et le rugby est LE sport d'équipe. En revenant sur les évènements sud-africains de 1995 et l'espoir d'un homme, Nelson Mandela, de réconcilier une nation, Eastwood nous offre une relecture humaniste d'une compétition sportive (où nous nous étions fait honteusement spolier en demi-finale !). Parce que cette Histoire est plus grande que l'imaginaire d'un scénariste, les 132 mn du film défilent en un instant, nous émouvant et nous passionnant grâce aux incarnations de Morgan Freeman et Matt Damon. Si seulement l'envie de la Nation Arc-en-ciel ne s'était pas délitée aussi rapidement...

  8. Raiponce - (7,5) confirme l'excellente santé des studios Disney cru Lasseter. En effet, en relisant le conte des frères Grimm, le trio de scénaristes nous propose une ludique comédie à la fois classique (une princesse accompagnée d'un séduisant voleur, un duo animalier délirant - mention spéciale à Maximus limier hors pair et rancunier - et des chansons plutôt réussies) et moderne (Raiponce n'est pas un nième godiche mais un jeune fille téméraire et indépendante, Flynn n'a rien du prince charmant et des chansons existentialistes comme "comment juger quelqu'un qui vous a élevé ?"). Rythmée par d'imparables gags 1er degré et une animation 2D dernier cri, Raiponce est un ravissement certes prévisible (on est chez Disney et c'est bientôt Noël !) mais particulièrement agréable.

  9. Four Lions - (7,5) est une comédie génialement subversive qui suit les traces des 4 apprentis-martyrs les plus nuls de l'Histoire. Totalement irrespectueux (ah, les tests de sérieux de Barry !), on y assiste aux pérégrinations burlesques de Omar, Hassan, Barry et Waj, décidés à porter le djihad à Londres, d'Afghanistan où ils éliminent par maladresse Ben Laden à la campagne britannique où ils entraînent des corbeaux kamikazes. La police à leur trousse étant au même niveau, c'est une anti-course contre la montre que met en scène Chris Morris qui s'achèvera par un marathon costumé. Bien sûr, certains spectateurs s'offusqueront du sujet tragique et de son traitement. Mais c'est une part importante de notre liberté de pouvoir en rire. Alors vive la Résistance !

  10. Alice au pays des merveilles - (7,5) marque le retour aux affaires du duo Depp-Burton après Sweeney Todd (2008) pour un mélange réussi des 2 aventures d'Alice, écrites au XIXe siècle par Charles "Lewis Carroll" Dodgson. Mélangeant, avec élégance, onirisme et images de synthèse, personnages de chair et créations 3D (qui pourrait croire que la quasi-totalité du film a été tournée en plateaux verts ?) et morphant ses thèmes de prédilections aux aspirations familiales de Disney, Burton offre un magnifique écrin diaphane à Mia Wasikowska qui parvient à exister subtilement loin des caricatures voulues que sont les 2 Reines (Helena "Rouge" Bonham Carter à la tête surdimensionnée et Anna "Blanche" Hathaway à la pose Vogue permanente). Sa performance, plus que l'efficace 3D, contribue à la réussite de cette relecture guère innocente du classique enfantin.

  11. In the Air - (7,5) est une vraie surprise car qui aurait cru que suivre les aventures d'un licencieur en série serait passionnant. Mais, par l'interprétation subtile de George Clooney qui joue de son image d'éternel célibataire par choix pour incarner Ryan Bingham, la présence adorable mais décalée d'Anna Kendrick et la version féminine (mais) fantasmée du héros de Vera Farmiga, on se laisse happer par cette absence de péripétie que constitue le quotidien d'un voyageur. Mais alors que tout doit avoir une place millimétrée (à l'image de sa valise), le quotidien de Bingham se fissure, le confrontant à une réalité pas aussi simple qu'il le souhaiterait. Par petites touches, Jason Reitman prouve que Thank you for smoking (2006) et Juno (2007) ne sont en rien des accidents. Vivement la suite.

  12. Fantastic Mr Fox - (7,5) possède un charme suranné tant son animation en stop-motion saccadée paraît dépassée au vue des critères récents de fluidité. Pourtant rapidement, le charme opère et on prend faits et causes pour la lutte des habitants de la prairie contre le trio inhumain de psychopathes vengeurs. Il faut dire que cette adaptation de l'œuvre de Roald Dahl s'appuie sur une solide interprétation, des dialogues hilarants et une bande originale référencée et réussie. Multimétaphore de notre univers, ce Mr Fox offre tant de niveaux de lectures que toute la famille y trouvera son compte. Alors, courrez-y !

  13. Greenberg - (7,5) démontre une fois de plus que Ben Stiller (ou Adam Sandler) n'est pas qu'un comique monodimensionnel tant ses interprétations récentes (voire ses réalisations) ne sont pas seulement dictées par les résultats potentiels du box office. Dans ce film de Noah Baumbach, il incarne un quadragénaire dépressif et perdu, venu en Californie s'occuper de la maison de son frère. Il y croise alors Florence, jeune nounou - femme à tout faire de la famille (superbe et attachante Greta Gerwig) aussi paumée que lui et son ami instable (parfait Rhys Ifans. Leurs errances ponctuent alors ce film indépendant d'une fragilité et d'une noirceur - car Greenberg sait être odieux et nombriliste - rares dans la production américaine actuelle. Le scénario et les dialogues étant parfaitement ciselés, voir Greenberg devient une nécessité pour les amateurs de comédies intelligentes, mais pas forcément intello.

  14. Les invités de mon père - (7,5) rate de peu la 1ère place. En effet, pendant les 80 premières minutes, on assiste à une joute verbale, mais non verbeuse, d'une drôlerie et d'une ironie rarement vues dans un film français, où Fabrice Luchini et Karin Viard incarnent les enfants d'un médecin retraité humanitaire et Don Juan sur le tard qui accueille une ravissante moldave. Entre la bonne conscience de caste et le parvenu indigne, un duel de retrouvailles s'engage pour le meilleur où chaque acteur s'amuse à fleuret (pas si) moucheté. Hélas, dans son final, Anne Le Ny veut ajouter une morale sociétale à son histoire, dramatisant considérablement son propos.

  15. Toy Story 3 - (7,5) clôt avec brio la saga initiée il y a 15 ans par John Lasseter, prouvant qu'une suite peut être réussie si tant est que l'on s'en donne la peine. Or, Pixar a toujours privilégié la qualité - voire l'excellence - à la quantité. Dès lors le studio a mis 10 ans pour peaufiner les départs de Woody et Buzz vers l'infini et au-delà. Andy, intégrant l'université, doit faire le ménage de son enfance. Un malentendu avec sa mère mène les jouets survivants à une école primaire où ils sont accueillis par Lotso un ours mignon et ses amis. Dès lors, s'opposent les visions de Woody fidèle à Andy et de Jessie tentée par ce nouveau monde. Mais les jolies promesses sont-elles toujours solides ? Lee Unkrich nous propose une histoire d'évasion sans temps mort et intelligemment nostalgique où les bonnes idées s'enchaînent sans halte (Ah... la version hispanisante de Buzz) et nous offre une dernière virée joueuse avant l'âge adulte.

  16. Machete - (7,5) est le 2nd plaisir coupable de l'année. D'abord bande annonce bidon, Machete est devenu la Rolls du Portnawak où les Has-Been (Don "KKK" Johnson, Lindsey "Naked Lady" Lohan ou Steven "Je sais que je joue comme un pied" Seagal) comme les vedettes sexy (Jessica "Fais-moi mal Johnny, Johnny" Alba, Michelle "N'a qu'un Œil" Rodriguez) ou confirmées (Robert "Je jubile en salopard" De Niro) viennent surjouer avec délectation au sein d'un polar improbable. Ancien agent fédéral mexicain, Danni Trejo a vu sa famille être exterminée par un ancien collègue devenu trafiquant et a dû s'installer clandestinement au Texas pour survivre. Victime d'une machination, il doit alors fuir les autorités et quelques antipathiques racistes. Sale gosse, Robert Rodriguez s'amuse en racontant les (més)aventures de la légende, démultipliant les scènes cultes (Ah, la bataille finale !) sans soucis de logique ou de raccord, guidé uniquement par le fun. Et il y réussit parfaitement ! Vivement la suite.

  17. Hatchi - (7,5) a tout du mélo larmoyant et manipulateur tant cette histoire vraie (seulement américanisée) possède tous les éléments pour émouvoir durablement le plus endurci des spectateurs. En effet, comment ne pas craquer devant l'Akita Inus, chien typiquement japonais, qui tient autant de la peluche que du molosse ou ne pas rire devant les multiples et vaines tentatives de Richard Gere pour apprendre à Hatchi à rapporter une balle ? La réussite de Lasse Hallström réside d'ailleurs en l'alchimie entre les 2 héros, aussi cabots l'un que l'autre, qui nous donne envie d'un tel compagnon (vive le C.C.C.). Dès lors, malgré un pathos musical sursouligné et une apparition finale superflue, la disparition du professeur Wilson nous bouleverse devant l'amour et la dévotion de ce chien qui pendant 10 ans viendra tous les jours attendre le retour de son maître. Cette légendaire fidélité s'est traduite au Japon par une statue et une plaque consacrées à Hachiko. Allez le voir pour comprendre pourquoi.

  18. The Ghost Writer - (7) est un thriller parasité par l'incarcération retardée de son réalisateur, Roman Polanski. Or, ce polar met en scène un ancien Premier ministre anglais - efficace Pierce Brosnan - harcelé par la presse et la foule à la suite d'accusation de crimes de guerre contre de présumés terroristes. Mise en abîme involontaire et forcément pleine de sens face à son propre lynchage médiatique et judiciaire, Polanski avait insufflé à son Ghost Writer une veine conspirationiste parfaitement appréhendée par un Ewan McGregor (enfin de retour !) avec ce nègre littéraire. Une belle surprise qui ne doit pas être boudée en raison d'événements extérieurs.

  19. La Princesse et la Grenouille - (7) marque le retour réussi à l'animation 2D des Studios Disney, avec aussi les quelques scories agaçantes du passé (trop de chansons et les sourires ultrabrite-têtes à claques). Si le choix d'une héroïne afro-américaine peut s'apparenter à un opportunisme mercantile, cette relecture du Prince Grenouille est drôle, jazzy comme les Aristochats (W.Reitherman - 1971), enlevée et un véritable hommage au passé glorieux du Studio aux Grandes Oreilles pour espérer que le génial John Lasseter parviendra à relancer durablement la création artisanale manuelle.

  20. L'Arnacœur - (7) est une comédie romantique française à l'américaine, percutante et enlevée qui place un briseur de couples professionnel - Romain Duris, étonnamment à l'aise - sur la route d'une belle héritière et future mariée - Vanessa Paradis éblouissante pléonasmatique. Sur un pitch classique (suis-moi, je te fuis; fuis-moi, je te suis), le trio de scénaristes entoure le duo principal de 2nds rôles décalés (François Damiens, beau-frère et acteur qui s'ignore; Helena Noguerra, amie nymphomane et alcoolisée) ou attachants (Julie Ferrier, en sœur complice et soutien logistique, et Jacques Frantz, père bienfaiteur et entremetteur) qui rendent cette histoire euphorisante. Et dire qu'aucune télé n'a voulu financer ce projet...

  21. Dragons - (7) a compris que ce qui fait le succès d'un film n'est pas la forme (ici, la 3D, Graal monétaire pour des responsables décérébrés qui n'ont pas tout compris au phénomène Avatar - J.Cameron - 2009) mais le fond. En effet à l'instar de Là-haut (P.Docter & B.Peterson - 2009), voir Dragons en 3D ne vous fera pas vous relever la nuit d'émerveillement pour des effets à la Voyage au centre de la terre (E.Brevig - 2008). Par contre, la vision (un poil) caricaturale des bornés vikings, la qualité et la précision (quasi-irréelle) de l'animation, les aventures linéaires mais agréables des héros et le quintet principal attachant contribuent largement à la réussite de ce dessin animé.

  22. Moi, moche et méchant - (7) est une heureuse surprise due à l'inventivité de 2 français, Pierre Coffin et Chris Renaud, qui pour Universal renouvelle intelligemment le dessin animé. Ainsi suit-on les manigances de Gru, génie du mal qui a comme projet de dérober la lune. Mais tout n'est pas simple dans le monde des supervilains puisque Vector, méchant en herbe, lui a dérobé son rapetisseur. Ayant échoué à pénétrer dans le refuge de ce dernier, il se résout à se servir de 3 orphelines pour parvenir à ses fins. Mais le cœur de Gru restera-t-il de marbre ? Là où le charme de ce dessin animé opère réside en son parti pris graphique (des minions aux héros principaux) et ses nombreuses citations (de la banque des vilains appelée Lehman Brothers à la parodie de Mission Impossible - B.De Palma - 1996) qui nous place en empathie avec Gru et Cie. Oui, Moi, moche et méchant est hilarant. Oui, il mérite son futur succès.

  23. Megamind - (7) est une variation réjouissante du monde bipolaire qui voit (encore !) un méchant remplacer le gentil. En effet, après avoir vaincu sa Némésis, Métro Man, le génie du Mal, Megamind, finit par s'ennuyer de son univers sans adversité. Il en crée donc une qui s'avère pire que l'originale et tombe en parallèle amoureux de l'ex-fiancée du Héros. Et si l'autre côté du miroir n'était pas plus agréable ? Sur une idée simple (que se passerait-il si le Méchant gagnait enfin la partie ?), Dreamworks (et Tom McGrath) nous offre un bon film de Noël où les références décalées et la qualité de l'animation 3D séduiront toute la famille. Cela n'a rien de révolutionnaire, mais ce n'est pas non plus infantile.

  24. Trop loin pour toi - (7) marque enfin le retour de Drew Barrymore dans un bon film, sa dernière virée dans l'excellence datant déjà de 2004 (Amour et Amnésie - P.Segal). Pour ce faire, elle propose avec son compagnon Justin Long une romance sur l'éloignement dont la meilleure idée est constituée par son casting de 2nds rôles percutants et délirants (à l'instar de la performance sans fausse note de Christina Applegate). Alternant des gags à la Apatow (le concile mâle, le bar aviné de l'héroïne ou le coloc fan des 80's) et la désillusion des situations plus classiques, ce Trop loin pour toi s'apprécie pleinement.

  25. Les petits Mouchoirs - (7) débutent par un faux-plan continu qui s'achève violemment à l'hôpital. Les minutes suivantes nous permettent alors de découvrir la petite bande qui va nous accompagner pendant près de 150 mn : le grand frère Cluzet, son amoureux transi Magimel, l'irritant monomaniaque Lafitte, le dragueur pathétique Lellouche, la trentenaire faussement indépendante Cotillard, la psychorigide mère de la Bande Bonneton et la délaissée Arbillot. Au gré de leurs mesquineries, leurs mensonges ou non-dits et de leurs amours, ce groupe finit par être le notre, tant l'écriture de Guillaume Canet a su capter avec finesse les travers de notre époque et nos petits arrangements quotidiens. Une belle peinture lucide où chacun d'entre nous se retrouvera forcément.

  26. Tout va bien, the Kids are all right - (7) nous présente la quête paternelle d'une fratrie (Josh "Secret de Terabithia" Hutcherson et Mia "Alice" Wasikowska) élevée par un couple lesbien (touchantes Annette Bening et Julianne Moore). Le père retrouvé (déboussolé Mark Ruffalo) s'immisce alors dans leur quotidien, bouleversant alors leurs convictions. La scène où Annette Bening prend conscience d'une certaine réalité avec en off les conversations de table vaut à elle seule le billet de l'immense majorité des productions américaines. Sachant que le reste mélange humanité, identité et fragilité, je ne peux que vous incitez à rendre visites à ces enfants.

  27. Harry Potter et les reliques de la mort - Partie 1 - (7) met en place un final que nous pouvons imaginer triomphal et terrible. Hélas, avant d'être confronté à l'ultime bataille, nous devons assister à un épisode de transition (heureusement) largement supérieur à son prédécesseur où les amitiés sont (parfois caricaturalement) mises à l'épreuve, les péripéties létales (oui, le monde de HP est devenu dangereusement adulte depuis la disparition de Dumbledore) et les effets calmement menaçants. Le trio principal a grandi devant nos yeux et est devenu particulièrement convaincant en 10 ans. Espérons qu'il retrouve d'autres emplois à l'avenir en attendant le 8e et dernier volet en Juillet.

  28. Kick-Ass - (7) est une relecture funky du monde des superhéros, infiniment moins dense que la bande dessinée des Watchmen d'Alan Moore et Dave Gibbons mais assurément plus fun. Sur un postulat simple (Pourquoi aucun Geek ne s'est jamais déguisé afin de faire régner la justice ?), cette adaptation d'un comic de Mark Millar renonce rapidement au politiquement correct (avec une évidente préférence pour Nicolas "Big Daddy" Cage et Chloe "Hit Girl" Moretz, tout simplement exceptionnels) afin de nous faire sourire (Bien sûr que tout est énorme !) et réfléchir pendant près de 2 heures, en dressant un portrait de notre société pas si éloignée de la réalité (sur les relations des medias et d'internet, notre lâcheté latente voire naturelle ou le statut people des "vedettes" actuelles). Comme le héros n'a aucun trauma psychologique particulier, on ne peut qu'adhérer à cette future comédie culte.

  29. Tamara Drewe - (7) prouve le fait que Stephen Frears possède encore un talent de raconteur. Ainsi, nous plonge-t-il dans une ferme d'écriture où des auteurs en mal d'inspiration viennent achever leurs derniers ouvrages sous la houlette d'un romancier à succès, infatigable coureur de jupons et de son épouse et muse. A ceux-là, s'ajoutent deux lycéennes qui s'ennuient, une star du rock puissante et son chien fou, un jardinier amoureux et Tamara Drewe, journaliste et de retour au pays. Cette dernière, par son hyper-sensualité, (Que Gemma Arterton est miam-miamesque !) va secouer durablement et radicalement ce morne et paisible univers. Soutenu par un solide scénario et une efficace interprétation du casting (de la tête à claques Jessica Barden au vieil apollon Roger Allam en passant par la bafouée Tamsin Greig et son nouveau prétendant Bill Camp), Frears nous offre une critique sociétale pas si désuète que cela.

  30. Ces amours-là - (7) pourrait être le film-conclusion de Claude Lelouch, tant il y a mis de lui et de son œuvre (à l'instar des 3 minutes-citations qu'il s'offre). Si les (més)aventures d'Ilva (Audrey Dana de retour) multiplient les invraisemblances / péripéties sans soucis de cohérence, le lyrisme romanesque du scénario de Lelouch nous emporte au son d'une symphonie composée par Francis Lai. Bien sûr les grincheux pourfendront la candeur du propos, ne voyant que le simplisme des aphorismes et les tics de mise en scène. Mais cela fait près de 50 ans qu'ils n'aiment pas (parfois à raison, quand même) Lelouch. Ces amours-là ne pourront pas les réconcilier. Mais qu'importe car si vous ne boudez pas votre plaisir, vous passerez un bon moment.

  31. Brothers - (7) est le dernier film de Jim Sheridan, réalisateur du miraculeux et révoltant Au nom du père (1994). Délaissant son Irlande natale, il renouvelle le triangle amoureux en plongeant une fratrie (convaincants Jake Gyllenhaal et Tobey Maguire) dans le conflit afghan. Pendant que l'aîné, militaire qui a suivi les traces paternelles, a été capturé, le cadet, fraîchement sorti de prison, tombe sous le charme de sa belle sœur, sobrement incarnée par Natalie Portman. Le retour inattendu du "héros" libéré, mais pas sans reproches, finira par faire basculer sa famille dans le drame à partir de l'anniversaire de sa plus jeune fille, prouvant que la folie n'a pas besoin d'être surmontrée pour être démontrée. Mais non, je ne parle pas de Martin Scorsese...

  32. L'Élite de Brooklyn - (6,5) suit les pas de 3 flics new-yorkais au bord de leur rupture : Don Cheadle, infiltré depuis si longtemps qu'il ne sait plus qui est sa "vraie" famille, Ethan Hawke, père de famille nombreuse financièrement exsangue, et Richard Gere, suicidaire et à une semaine de la retraite. En choisissant délibérément une atmosphère poisseuse et jusqu'au-boutiste, Antoine Fuqua retrouve l'univers de son Training Day (2001). Le casting étant solide ET convaincu, on se laisse prendre dans cette descente inévitable où chaque "héros" se croisera au bout de la nuit.

  33. Trop belle ! - (6,5) est une agréable surprise tant les comédies de Judd Apatow semblaient avoir essoré le filon des films de potes existentialistes. Jay Baruchel incarne un jeune homme dont tombe amoureuse une parfaite déesse, Alice Eve (Soupir !). Mais alors qu'il devrait savourer son présent, Baruchel gâche sa relation en s'interrogeant sans cesse sur le pourquoi de cette attention. Là où Jim Field Smith réussit son pari de comédie romantique, ce sont les multiples scènes dysfonctionnelles comme le discours de Jay dans l'avion où il insulte sa famille mais ne peut quitter les lieux, le rasage intime du héros ou la 1ere soirée intime du duo principal interrompue par la famille de la Belle. Au final, malgré le ridicule du titre (comment ne pas lui préférer l'original, She's out of my League ?), TB ! mérite le détour estival.

  34. The Killer inside me - (6,5) est un thriller déviant qui met en scène Lou - inquiétant Casey Affleck par son sourire et son indifférence, un shérif ayant beaucoup de mal à gérer ses relations avec les femmes et ses envies meurtrières. Sa rencontre avec Joyce - craquante Jessica Alba qui aurait pu devenir une publicité pour Jacques Serguine, prostituée et amoureuse, lui permet alors d'être un temps lui-même avant de reprendre sa fuite en avant. En adaptant l'œuvre de Jim Thompson absolument pas nostalgique, Michael Winterbottom s'offre un voyage poisseux dans l'Amérique bien pensante des 50's, dont la modernité n'est en rien de façade. Le final, certes facile, conclue brillamment ce polar noir. Comme quoi il ne faut pas désespérer de l'été.

  35. Les 3 prochains jours - (6,5) est le remake du thriller français Pour elle (F.Cavayé - 2008). Si on perd en densité avec l'interprétation stéréotypée d'Elizabeth Banks (Diane Kruger avait mis la barre haute dans le désespoir), Russell Crowe incarne un professeur d'université (le lycée n'étant pas assez sexy pour lui) charismatique, amoureux et obstiné. Si l'américanisation de l'histoire prend quelques libertés avec l'original (près de 40 mn de plus au compteur), c'est au profit des 2nds rôles (le père et la belle voisine) et de quelques montées d'adrénaline parfois facile mais qui tiennent en haleine le spectateur (Ah, cette pièce dans l'égout !). Alors, savoir lequel des 2 films est le meilleur est sans intérêt car ils s'apprécient à l'identique. Croisons les doigts pour The Tourist remake d'Anthony Zimmer (J.Salle - 2005).

  36. The Town - (6,5) est un polar extrêmement classique qui suit les traces d'un malfrat - Ben Affleck devant et derrière la caméra, de moins en moins falot - qui, tombé amoureux d'une civile - Rebecca Hall - doit faire le choix entre son passé (et quelques amis d'enfance collants et psychopathiquement dangereux à l'instar de Jeremy "Démineurs" Renner) et son futur, tout en assurant un dernier coup. Bien sûr, tout a été déjà vu et souvent en mieux (Cf : Heat - M.Mann - 1995). Mais l'ouvrage est avec soin (dé)troussé et on frémit aux (més)aventures bostoniennes de Doug.

  37. L'Agence tous risques - (6,5) est la première adaptation d'une série télé réussie. Bien sûr, comme je n'aimais pas l'originale, il était sans doute plus aisé de me satisfaire. Ici, on (re)découvre les origines du quatuor militaire, remixant MacGyver (1985 - 1992) ou Mission impossible (1966 - 1973) à la sauce Robin des Bois, trahi lors d'une mission en Irak et forcé depuis à fuir les polices militaires et civiles. Bien sûr, tout est ENORME, à l'image de l'évasion en tank volant de l'A-Team. Mais comme Neeson, Cooper, Jackson et Copley s'amusent pleinement, le spectateur se laisse emporter par leur tentative de réhabilitation. J'adore qu'un plan se déroule sans accroc ! Espérons alors une suite à leurs aventures.

  38. Lovely Bones - (6,5) semblait être une gageure tant la représentation de l'au-delà pouvait devenir un piège facile, entre naïveté ridicule et prosélytisme religieux déplacé. Heureusement, Peter Jackson n'est pas un débutant. Il parvient par sa maîtrise formelle à rendre crédible le roman éponyme d'Alice Sebold. Bien sûr, certains effets (comme la surabondance de ralentis et de surexpositions lumineuses) et un (léger) surjeu général peuvent faire sourire. Mais au final, grâce à la jeune Saoirse Ronan et à l'éprouvant Stanley Tucci, on se laisse prendre par cette terrible histoire d'amour familial.

  39. Chloe - (6,5) est donc le remake américain de Nathalie (A.Fontaine - 2004) qui, en franchissant l'Atlantique, rajeunit drastiquement l'âge de l'Escort-girl (Vivement la prochaine apparition de la craquante ET convaincante Amanda Seyfried) et enrichit le couple principal (Julianne Moore et Liam Neeson) d'un fils troublé. N'hésitant pas à accentuer le côté sexué voir sexuel de cet amour destructeur, Atom Egoyan prouve qu'une relecture peut - parfois - améliorer l'original, déstabilisant durablement le spectateur dans ses souvenirs ou dans ses certitudes. Un bon film, en somme.

  40. Le bruit des glaçons - (6,5) possède un pitch imparable (que faire quand votre cancer vient vous rendre visite ?) et un réalisateur, Bertrand Blier, de retour aux affaires brinquebalantes. Hélas, si Albert Dupontel s'intègre comme un charme à son univers foutraque - à la manière d'un Patrick Dewaere, l'arrivée de Jean Dujardin n'est pas aussi aisée, tant sa diction du Blier paraît théâtrale voire incommode - n'est pas Depardieu qui veut. Heureusement, sa bonne volonté, le duo féminin parfait (Anne Alvaro - Myriam Boyer) et un scénario presque exempt de scories nuisibles - à l'exception des présences tire-lignes de la juvénile maîtresse (Christa Théret a toutefois un charme certain) et du fils de Faulque - rendent ce Bruit.. mélodieux.

  41. Twelve - (6,5) présente une certaine jeunesse américaine, friquée et désabusée voire désemparée, errant de tristes fêtes en parents absents et cherchant par tous les moyens à ressentir, quitte à sombrer dans toutes les addictions légales ou non. Au sein de ce microcosme, se balade White Mike dealer qui ne boit ni ne fume afin de garder son pouvoir sur les Autres. Mais entre le meurtre initial de son cousin et l'anniversaire dégénéré final, rien ne sera simple pour Chace Crawford. Certes Joel Schumacher est essentiellement un tâcheron qui a mis fin à la franchise Batman. Mais en adaptant le roman de Nick McDonell, il parvient à l'instar de Gregg Araki ou Larry Clark à dépeindre une adolescence états-unienne déboussolée, le fun sulfureux en moins.

  42. The Karaté Kid - (6,5) est une heureuse surprise tant la trilogie originale fleuretait avec le pire du ridicule des 80's. Or, en délocalisant ce remake, Harald Zwart fait immédiatement table rase du passé "glorieux", proposant de plus (et enfin !) à Jackie Chan un vrai personnage à défendre - et non plus la caricature de sa propre légende - celui du mentor taciturne et marqué. Son élève, le jeune et crédible fils des producteurs Jada Pinkett Smith et Will Smith, Jaden S., se confronte à des patibulaires de son âge mais dantesquement plus dangereux par leur maîtrise du kung-fu. Dès lors, par un entraînement du quotidien (enlever - ramasser - accrocher) et une visite carte-postale de l'Empire du milieu, le gringalet mais souple souffre-douleur va prendre sa revanche et séduire la fille. Simple et parfois naïf, ce divertissement familial mérite une pause estivale.

  43. Salt - (6,5) est une incongruité cinématographique puisqu'il confirme le statut unique d'Angelina Jolie, seule actrice crédible dans un film d'action surtestostéroné. Depuis les 2 Tomb Rider (S.West - 2001 / J.De Bont - 2003) ou Mr & Mrs Smith (D.Liman - 2005), Mme Brangelina s'était consacrée, avec talent mais sans succès populaire, à des projets plus dramatiques (Raison d'état - R.De Niro - 2007, Un Cœur invaincu - M.Winterbottom - 2007 - ou L'Echange - C.Eastwood - 2008). Après 2 grossesses et de multiples actions humanitaires, la voilà de retour aux affaires. Récupérant une histoire initialement destinée à Tom Cruise trop occupé à convaincre que la Sc*** est autre chose qu'une secte, elle devient Evelyne Salt, membre de la CIA accusée par un mystérieux transfuge de l'Est d'être un agent russe chargée d'assassiner le président soviétique. Suivent alors 75 mn où le spectateur n'a guère le temps de se reposer tant les coups de théâtre et de feu se succèdent à un rythme effréné. Bien sûr, nous sommes loin de l'hyperréalisme des Jason Bourne (D.Liman - 2002 / P.Greengrass - 2004 & 2007). Mais, Salt est un concentré de plaisir revival. Pourquoi devrait-on faire la fine bouche en fin d'été ?

  44. Red - (6,5) est une variation 3e âge (mais pas déambulatoire) du monde de l'espionnage où des agents retirés des opérations (mais extrêmement dangereux... d'où le titre) deviennent les proies de nettoyeurs de la CIA. Naturellement, comme ces vieux de la vieille ont pour noms Bruce Willis, Morgan Freeman, Helen Mirren ou John Malkovich, la tâche de ces jeunots ne va guère être facilitée. Certes, on pourra critiquer la minceur de la trame principale, la facilité des réparties ou des situations (Pourquoi affubler Willis d'une love story de 15 ans sa cadette ?) ou la piètre qualité des rebondissements (Léon s'était déjà échappé en revêtant un équipement de pompier). Mais une chose est sûre : dès que le quatuor arthritique apparaît à l'écran, l'alchimie est là, devenant quasi-jubilatoire lorsque l'ex-ennemi russe participe au bottage fessier. Vive les retraités !

  45. Les émotifs anonymes - (6,5) est une comédie romantique à l'américaine qui reforme le couple d'Entre ses mains (A.Fontaine - 2005). Cette fois, on retrouve le duo dans l'univers de la chocolaterie. Isabelle Carré incarne la timide Angélique forcée de se créer un double génial afin de cacher son inventivité. Engagée par Jean-René, patron d'une fabrique de chocolat en perdition, elle se démène pour sauver les emplois de ses nouveaux amis, malgré sa réserve maladive. La réussite de cette comédie tient à la retenue du duo principal qui multiplie les fuites jusqu'à LA scène de la déclaration, passage obligé du genre. Un bon film de Noël.

  46. Arthur 3 - la Guerre des deux mondes - (6,5) clôt avec réussite la trilogie de Luc Besson (2006 - 2009) en proposant aventures débridées et humour bon enfant. Alors que Maltazar arpente le monde des humains à la tête de sa cohorte de moustiques géants, Selenia, Bétamèche et Athur rejoignent la maison de ce dernier afin de mettre fin aux méfaits du tyran. Soutenu par une animation 3D sans failles, une morale écolofamilliale, une volonté de s'adresser à tous les publics et d'en finir en beauté, cet ultime opus ne trahit pas la saga littéraire, n'ayant rien à envier à la qualité animée américaine.

  47. Mon pote - (6,5) romance la véritable amitié entre Marc Esposito, réalisateur/créateur de Première et Studio, et Jean-Luc Levesque, ex-braqueur et futur chef-maquettiste émérite. Celui-ci s'entoure d'un duo parfaitement empathique (Edouard Baer et Benoît Magimel évidents) qui sont de toutes les scènes. Le 1er, rédacteur d'un magazine automobile, sympathise et engage le 2nd. Mais les problèmes financiers de Baer et les aspirations à la tranquillité de Magimel referont-ils plonger ce dernier en prison au risque de les perdre tous les deux ? La réponse est évidente et se suit avec plaisir.

  48. Infectés - (6) a mis 2 ans pour traverser l'Atlantique et/ou quitter les étagères d'un producteur frileux. Pourtant, entre l'excellent Bienvenue à Zombieland - R.Fleischer - 2009 - et le x-filien The Crazies - B.Eisner - 2010, ce film de "morts-vivants" ne déparait pas. En effet, en occultant intelligemment les raisons de cette fin du monde, il concentre l'attention du spectateur sur le quatuor en balade pour la mer, dernier Eldorado préservé. Naturellement, leur voyage ne sera pas si facile, chacun tentant de survivre un peu plus longtemps, même si cela implique une perte d'humanité. Là réside d'ailleurs la force des jumeaux Pastor puisqu'ils nous confrontent régulièrement à nos morale et instinct de survie, posant ici et là leurs dérangeantes chausse-trappes. Oui, Infectés méritait une sortie nationale et oui, l'être humain veut survivre. Mais à quel prix ?

  49. Elle s'appelait Sarah - (6) propose en parallèle l'enfance de l'héroïne-titre et l'enquête actuelle de la journaliste Kristin Scott Thomas. Obsédée par ses découvertes, cette dernière sacrifie son présent et sa famille pour retrouver la fameuse Sarah, redoutant notamment que sa belle-famille soit responsable de sa déportation. Après un premier tiers qui fait craindre le pire, le scénario de ce thriller historique parvient à captiver son auditoire malgré quelques ficelles moralisatrices et/ou lacrymales. Bien sûr, on ne saura rien des motivations de la Sarah adulte. Mais cette ignorance contribue à la réussite de ce film.

  50. Les chèvres du Pentagone - (6) est un trip sous LSD qui ne serait que ridicule s'il ne s'appuyait pas sur une histoire vraie. Imaginer que l'armée américaine ait cherché à développer les capacités psychiques d'un groupe d'élite démontre combien nos dirigeants ont beaucoup (trop ?) regardé les X-Files. Mais le quatuor principal (George Clooney, Ewan McGregor, Kevin Spacey et Jeff Bridges) est à ce point convaincant (voire convaincu) que l'on se laisse prendre par cette histoire Bigger Than Life, où le ridicule affleure souvent mais pas le pathétique. Une drôle d'histoire, mais drôle.

  51. Crazy Night - (6) réunit Tina "Sarah Palin" Fey et Steve "Toujours puceau" Carell dans une comédie adulte détonante. En effet, alors que leur couple s'enlise dans un quotidien ennuyeux, ils décident de prendre la réservation pour un restaurant ultrabranchée d'un autre couple. Mal leur en prend puisqu'ils deviennent alors les proies de policiers corrompus. Leur course folle pour rester en vie nous tient alors en haleine, quitte à ce que le scénariste multiplie le n'importe-quoi afin de profiter de l'abattage du duo principal. Bien sûr, on a vu beaucoup mieux et bien plus drôle. Mais en cette période de vaches maigres (les navets français se comptent par dizaines, la plus navrante demeurant Protéger et servir - E.Lavaine - 2010 - que j'ai halluciné - pas découvert - en dvd), il ne faut jamais bouder son plaisir.

  52. The Runaways - (6) suit la trajectoire du premier rock-band féminin qui avait comme leaders Cherie Currie et Joan Jett. Si l'injuste Histoire n'a retenu le nom que de cette dernière, le film met toute la lumière sur le duo électrique et énergique que formèrent la Brune et la Blonde, le reste du groupe faisant essentiellement tapisserie, tout en dépeignant une Amérique schizophrène où les préjugés tiennent lieu de philosophie. La gageure réussie de ce film est d'avoir confié ces rôles iconiques à 2 actrices étonnamment crédibles en égéries d'une génération, les (pas que, finalement) Twilight - Sisters, Kristen Stewart et Dakota Fanning. Leur complicité et leur implication nous immergent pleinement dans ce biopic débridé. Yes, I love Rock'n'Roll.

  53. Unstoppable - (6) marque les retrouvailles ferroviaires du tandem Scott - Washington après l'Attaque du métro 123 (2009). Cette fois, à partir d'un fait divers réel quasi absurde, il parvient à nous captiver avec une histoire de petit train puisque l'on suit la tentative désespérée d'un duo inadapté pour éviter une catastrophique chimique. Soutenu par de bons effets spéciaux et quelques mouvements dramatiques récurrents, cet apprenti-film catastrophe se laisse voir.

  54. Kiss & Kill - (6) précède de quelques semaines le duo Diaz / Cruise avec le film Night & Day (J.Mangold) au thème voisin, mais se laisse voir sans déplaisir tant le duo Heigl / Kutcher semble s'amuser dans cette comédie romantique d'action parodique. Il faut dire que le quotidien du couple Jen - Spencer se bouleverse quand tous leurs voisins et amis se transforment en tueurs à gages, un beau matin, afin de toucher la prime de 20 millions de dollars pour la tête de Spencer, agent secret retraité éliminateur de nuisibles. Bien sûr, le couple Aimes n'a pas le centième du charisme de Mr & Mrs Smith (D.Liman - 2005) et le ventre mou du film l'est peut-être un peu trop. Mais par petites touches - comme l'alcoolisme de Catherine O'Hara, Robert Luketic trousse un divertissement léger qui peut s'apprécier sans honte.

  55. Expendables : unité spéciale - (6) est un plaisir coupable dont la navrance cinématographique est compensée par le revival de mon adolescence. Revoir (presque... Jean-Claude peut être idiot, parfois) tous les héros bodybuildés de ces 3 dernières décennies (de Dolph "Rocky 4 / Universal Soldiers" Lundgren à Jason "Pas que le Transporteur !" Statham en passant par "Stone Cold" Steve Austin ou Jet "Je t'aurais battu" Li) est un pur bonheur, d'autant plus que le chef d'Orchestre Stallone ne cherche pas à se cacher derrière un scénario psychologique. Les Expendables.. sont là pour sauver la belle princesse (ou fille du dictateur) quitte à rayer de la carte une armée de 200 personnes ou pulvériser un palais en se moquant éperdument de la crédibilité de leurs actions - puisqu'aucun membre de la section ne sera blessé - bourrinant dans un déluge pyrotechnique les vilains narcotrafiquants. Si la rencontre Arnold - Bruce - Sylvester n'a plus la portée imaginée, ce concentré de testostérone est une bouffée portnawak à dévorer sans chichi.

  56. Piranha 3D - (6) est un plaisir coupable qui se savoure sans faire la fine bouche, tant le quota filles sexy (Cachez ce(s) sein(s) que je ne saurais voir... ou alors montrez-les-moi pleinement !) - frissons maritimes (Qu'elles sont vilaines ces bébêtes qui viennent troubler le bal des naïades !) - scènes héroïques (le pique-nique cannibale ou l'évacuation finale) s'enchaînent sans rupture de rythme. Bien sûr, tout est excessif, Alexandre Aja ayant battu le record mondial d'hémoglobine. Mais malgré un final moral (limite moraliste) - on peut dévorer une bimbo au grand cœur mais pas d'insupportables gamins, Aja poursuit son aventure américaine, à l'aide de ce remake jouissif dont la 3D n'est hélas pas le meilleur atout. Mais bon, j'ai toujours aimé le poisson au vin blanc...

  57. Le Royaume de Ga'Hoole - la Légende des gardiens - (6) est une incongruité fantastique destinée à un jeune public. Ainsi, suit-on les prouesses d'une fratrie de chouettes qui vont choisir de servir deux visions du pouvoir. Virtuose des effets spéciaux (The Watchmen demeurent une réussite inattendue), Zach Snyder nous époustoufle par les envolées et les combats héroïques de ses héros, tout en conservant un réalisme de l'animation rarement atteint. Bien sûr, l'auditoire auquel il se destine limite la noirceur qu'un tel projet aurait pu (dû !) avoir, faisant de cet aimable conte enfantin une épopée guerrière mémorable. Mais ne gâchons pas notre plaisir. Ce Royaume... vaut largement le détour.

  58. L'Apprenti Sorcier - (6) a tout de la comédie fantastique familiale : un héros charismatique et capilairement incongru - mais oui, vous avez bien reconnu Nicolas Cage, un geek égaré des productions Judd Apatow - Jay Baruchel, un vilain méchant pas beau - Alfred Molina qui a été meilleur, une zeste de charme limite mormone - Monica Bellucci, plus plante verte que d'habitude, et Theresa Palmer, l'adorable mais touchante blonde de service, quelques saillies verbales, des effets spéciaux réussis et quelques hommages évidents à la Disney Touch. Hélas, le tsunami Harry Potter de fin d'année a obligé Jerry Bruckheimer à une sortie estivale de son Apprenti.., le privant clairement d'une part importante de son public outre-Atlantique. Souhaitons-lui une carrière internationale de rattrapage car cet Apprenti.. peut s'apprécier sans aucune honte.

  59. Percy Jackson le voleur de foudre - (6) se veut la nouvelle franchise post-Harry Potter car avec déjà 5 romans publiés, le personnage de Rick Riordan a tout pour conquérir le public adolescent de son célèbre aîné : des préoccupations juvéniles et des pouvoirs surnaturels. Pour ce faire, la Fox n'a pas négligé son sujet et a confié à Chris Colombus, metteur en scène des 2 premiers opus de HP (2001 - 2002), la tâche de transformer cet univers en ruée vers l'or. Soutenu par des acteurs concernés, des effets réussis, des dialogues amusants et aucun temps mort, ce 1er opus laisse augurer du meilleur pour la suite.

  60. Repo Men - (6) est une incongruité temporelle qui plonge 2 stars (Jude Law et Forest Whitaker) dans un futur où tout peut s'acheter à crédit, y compris des organes synthétiques. On suit alors les pas de 2 recouvreurs qui les prélèvent sur des clients involontaires et incapables de payer leurs dettes à L'Union. Tout irait pour le mieux dans le plus Orwelien des mondes si leurs proches acceptaient leur emploi d'apprenti-bouchers. Alors quand Law perd sa famille et se voit greffer un nouveau cœur, un nouvel avenir se présente à lui : devenir le gibier de ses anciens compagnons. Sans être totalement réussie, cette variation romantico (Alice Braga est assez convaincante comme alternative) - fantastique se suit sans aucun déplaisir à l'exception d'un questionnement permanent : comment Miguel Sapochnik a-t-il réussi à convaincre ses acteurs et des financiers pour se lancer dans cet anti-blockbuster coûteux ? Mystère et twist plutôt efficace.

  61. Love, et autres drogues - (6) est une comédie plus générationnelle que romantique, puisque nous assistons au passage à l'âge adulte de Jake Gyllenhaal. Commercial pour une célèbre compagnie pharmaceutique, ce dernier fait la connaissance de la craquante Anne Hathaway, condamnée à moyen terme. Aucun des 2 ne veut une relation durable et c'est pour cela qu'ils vont s'attacher, entre sexe ludique et addictif et échanges profonds. La réussite de ce film tient à l'évidence du couple principal qui mériterait de se retrouver dans un univers enfin léger (après celui de Brokeback Mountain - A.Lee - 2006). Mais ne gâchons pas notre plaisir tant leur alchimie parvient à nous charmer malgré les obstacles sur leur route. Maggie et Jamie forment un couple moderne, confronté à de vraies problématiques. Bon voyage à leurs côtés.

  62. À bout portant - (6) est le nouveau thriller de Fred Cavayé, spécialiste du polar sans aucun gras (comme Pour elle - 2008). Ainsi en 85 mn, nous plonge-t-il dans le cauchemar éveillé d'un infirmier (dense Claude Lellouche) forcé à évader un criminel blessé (Roschdy Zem) afin de pouvoir récupérer son épouse enceinte kidnappée par les amis de Roschdy. Dès lors, ce polar musclé ponctué par des poursuites et des fusillades dignes des meilleures séries B américaines nous tient en haleine, malgré quelques facilités scénaristiques (Oh, qui est le vrai vilain ?).

  63. Wall Street : l'Argent ne dort jamais - (6) nous arrive après les récentes tempêtes boursières, perdant le cynisme jubilatoire et amoral de l'original au profit d'un humanisme familial parfois simpliste. Si les seconds rôles manquent souvent de prestance ou de profondeur, la présence de Gordon Gekko (rôle d'une vie pour Michael Douglas) dynamisme et illumine cette histoire, au risque de déséquilibrer régulièrement le propos (toutes les répliques marquantes ou les actions d'éclat lui sont confiées). Malgré une rédemption paternelle et tardive qui affadit le propos, ces retrouvailles se savourent comme un vieux cru, pas nécessairement exceptionnel mais dont la mémoire transcende le goût.

  64. Green Zone - (6) plonge le duo gagnant de la trilogie Jason Bourne (D.Liman - 2002 / 2004 & 2007), Matt Damon et Paul Greengrass, au cœur du bourbier irakien à la période charnière où de libérateurs, les américains devinrent des envahisseurs avides de pétrole. Simpliste certes, cette vision est accentuée par le manque de nuances développées par le scénariste Brian Helgeland. Ainsi, suit-on un héros seul contre tous (et notamment son chef qui désire couvrir ses mensonges justificatifs de l'invasion) dans un chaos où les bonnes intentions ne sont jamais crues (à l'image de ce patriote irakien venu prévenir les américains d'une entrevue conspiratrice qui manque de se faire tuer en récompense de son aide). Comme Greengrass n'est pas un incapable, il parvient à nous immerger pleinement dans la quête (forcément !) vaine de justice de Damon, nous offrant un sympathique thriller, mais pas plus.

  65. Daybreakers - (6) pousse à son paroxysme l'idée soutenue par la trilogie Blade (1999 - 2003 - 2004) : le monde est dominé par les vampires et quelques humains tentent de résister. Lorsqu'une pénurie de sang éclate entraînant une mutation inquiétante, la capture de ces derniers devient alors vitale à la survie de la majorité. Entre métaphore appuyée de notre société et divertissement fantastique au budget intelligemment utilisé (il n'a coûté que 20 millions de dollars !), Daybreakers assure l'essentiel, même si l'outrance du combat final et son ralenti clipesque auraient pu gâcher cette bonne surprise.

  66. New York I love you - (6) propose, malgré le défaut de sa structure, un portrait enivrant de la Grande Pomme où se balade, au gré d'imaginaires new-yorkais, une pléthore d'acteurs de talents. Malheureusement, l'ensemble souffre des limites imposées par la qualité fluctuante des courtes scénettes. Si certaines sont superbes (la conversation d'un couple de fumeurs à l'extérieur d'un restaurant ou le trio de voleurs), d'autres provoquent d'aimables rictus (qu'apporte donc l'histoire du peintre ?). Mais une balade furtive ne se refuse pas en ces temps d'éléphantesques blockbusters.

  67. When you're strange - (6) propose un voyage accompagnant un faux Jim Morrison sur les traces des Doors, mythique groupe de la fin des 70's. Tom DiCillo mélange alors images d'archives et recréations délavées qui donnent une cohérence à son propos. Si Oliver Stone avait déjà présenté sa vision des errances du chanteur dans son film éponyme (1991), DiCillo est le premier à consacré un documentaire sur le quatuor sulfureux (essentiellement Morrison drogué et souvent malmené par les autorités). Dès lors, soit on se laisse prendre par la musique et le commentaire parfois emphatique, soit on n'adhère pas à cet exercice de style sur un groupe d'une autre Ere. Quant à moi, j'ai toujours aimé Riders on the Storm.

  68. Takers - (6) est un honnête film de braquage (comme The Town - B.Affleck - 2010) qui ne révolutionne ni ne fait honte au genre. Entre la requête d'un ancien complice fraichement libéré de prison, une cohorte russe vengeresse, l'acharnement d'un flic et la compromission de ses collègues, un quintet de voleurs décide de replonger pour un dernier coup, le vol d'un butin de 20 millions de dollars. Comme Heat (M.Mann - 1995) - mais en moins bien, évidemment, rien ne se passera comme prévu. Qu'importe ! Les efficaces fusillades et le rythme soutenus par de bons acteurs nous font passer un bon moment, oublié dès la fin du film.

  69. Fée malgré lui - (6) est un film familial parfaitement calibré où l'ex-star du catch, Dwayne "The Rock" Johnson, poursuit sa reconversion d'ex-gros bras. Mais si de glorieux anciens - Vin Diesel dans Baby-Sittor (A.Shankmann - 2005) ou Arnold Schwarzenegger dans Un flic à la maternelle (I.Reitman - 1990) - s'y essayèrent UNE fois pour adoucir leur image, Johnson semble s'en faire une spécialité. Cette fois, il incarne un joueur de hockey en fin de carrière forcé à devenir par intermittence la petite souris en punition pour s'être moqué des fées. Affublé d'un ridicule costume bleu de balai, d'encombrantes ailes et d'un superviseur geek et dégingandé, il retrouvera ce qui lui importe vraiment pour le plus grand plaisir des grands et des petits. Bien que le scénario soit nunuche, la morale par trop morale et les effets trop Disneyens, l'abattage du héros et les 2nds rôles attachants rendent au final cette fée... attachante.

  70. Comme chiens et chats 2 - la Revanche de Kitty Galore - (6) est le divertissement familial par excellence. Si l'original (L.Guterman - 2001) m'avait consterné, ce 2e opus m'a réjoui, autant par ses nombreuses citations cinématographiques (de la série des James Bond au Joker de Tim Burton en passant par Hannibal Lecter) que par la qualité de ses acteurs (avec un net avantage pour les chiens, évidemment) ou de son parodique scénario. Bien sûr, certains effets visuels sont plus ou moins réussis (il n'est pas toujours facile de faire parler des animaux...) et les rôles humains ont été délaissés par les scénaristes. Mais vous pouvez aller voir cette collaboration animalière en toute confiance car vous y retrouverez votre âme d'enfant.

  71. Bébé mode d'emploi - (5,5) est une comédie romantique paresseuse qui reprend l'idée d'En cloque, mode d'emploi (J.Apatow - 2007), déjà avec Katherine Heigl. Cette fois, cette dernière devient mère lorsqu'un couple d'amis se tue en voiture, lui laissant la garde de sa filleule. Problème : elle doit partager son éducation avec le parrain, Josh Duhamel, rustre et dragueur impénitent. Evidemment, ils tomberont amoureux et élèveront la petite Sophie à la fin. Bien qu'ultra formaté et sans aucune surprise, ce Bébé.. se laisse néanmoins voir sans déplaisir grâce à quelques bonnes idées (à l'image de la visiteuse sociale ou la nounou taxi).

  72. Vous allez rencontrer un bel et sombre inconnu - (5,5) est un Woody Allen classique, qui ne renouvèle pas le genre chorale. En proposant les mésaventures et désillusions amoureuses de 2 couples (Naomi Watts et Josh Brolin en perdition pour un patron et une belle voisine; Anthony Hopkins et Gemma Jones exploités par une mariée cadette de 50 ans et une directrice de karma), Allen tourne en rond. Mais, même mineur, ce film propose quelques moments de qualité (à l'instar de la déception de Naomi qui découvre que sa meilleure amie est devenue la maîtresse de son espoir de futur). Espérons que la suite de sa filmographie retrouvera la grâce de sa jeunesse.

  73. Resident Evil : Afterlife - (5,5) donne le ton lors d'un prologue paroxystique où Alice retrouve son humanité après avoir anéanti une nouvelle émanation d'Umbrella Corporation. La quête de Milla Jovovich passe alors par Los Angeles où elle retrouve une Ali Larter amnésique et une foule contaminée et affamée. Si Paul W.S. Anderson revient aux manettes de la saga, il multiplie jusqu'au dégoût les ralentis et les plans à la Matrix (L. & B.Wachowski - 1999) allant jusqu'à affubler le méchant d'un look à la Agent Smith. Heureusement que Milla et consort sont convaincus dans leur chasse aux mutants car sinon, l'ennui finirait par user notre attente.

  74. Mon beau-père et nous - (5,5) marque le retour de la famille Furniker - Byrnes aux affaires. Cette fois, après une alerte cardiaque, Robert De Niro décide de confier les rênes de la famille à son gendre. Venu assister à l'anniversaire de ses petits-enfants, il soupçonne Ben Stiller de tromper sa fille, démultipliant les filatures et les enquêtes. Ce dernier doit d'ailleurs faire face à l'entreprenante et sculpturale Jessica Alba et au retour du rival richissime Owen Wilson. Bien sûr, entre 2 quiproquos et des références mafieuses, on sourit parfois. Mais il faut attendre le générique de fin et le remix You Tube pour assister à la meilleure idée de ce 3e volet. Tardif, non ?

  75. Buried - (5,5) parvient à maintenir un semblant d'intérêt en se concentrant pendant 90 mn sur un homme (l'heureusement charismatique Ryan Reynolds) prisonnier d'un cercueil sous la terre d'Irak. Muni d'une lampe-torche, de barres lumineuses et d'un portable laissé par ses ravisseurs, il tente de s'en sortir en faisant appel à son gouvernement. Optant pour l'option claustrophobique (et économique !), Rodrigo Cortés alterne le meilleur (le renvoi du héros par son entreprise afin de ne pas avoir à payer la future veuve) et le facile (à l'instar du serpent ou l'ensablement progressif des lieux) pour atteindre une durée acceptable. Mais en jouant trop sur la forme, il oublie parfois qu'une tension artificielle peut finir par nuire à son projet.

  76. Copains pour toujours - (5,5) marque les retrouvailles d'amis d'enfance lors d'un week-end hommage à leur entraîneur décédé. Initialement caricaturale voire vulgaire, cette chronique infantile parvient sur la longueur à adoucir la consternation primitive, d'autant plus que le quintet masculin est attachant. Entre leur roulette indienne et les filles de Rob Schneider, on s'attache malgré l'irritante Salma Hayek. Au final, ces copains... ne bouleversent pas l'univers cinématographique mais peuvent s'accompagner un instant.

  77. Les aventures extraordinaires d'Adèle Blanc-Sec - (5,5) souffre d'une vision très familiale, voire infantile de la création de Tardi comme si Luc Besson était resté dans l'univers d'Arthur (2006 - 2009), d'une disparité surprenante dans la qualité des effets spéciaux (les images de synthèse du sauvetage du professeur Espérandieu sont indignes du reste du film) mais surtout de l'absence de méchant (le professeur Dieuleveult ne participe qu'au prologue - plus que réussi, certes, mais si court...) - ce qui est un véritable handicap pour un film d'aventures. Heureusement, le choix vivifiant de Louise Bourgoin pour incarner l'héroïne, la charte graphique restituée fidèlement et des dialogues globalement amusants parviennent à compenser le sentiment diffus (mais présent) de déception que procure ce 1er volet. Souhaitons que Besson corrige le tir pour la suite de ces Aventures non annoncée mais tellement naturelle.

  78. L'Immortel - (5,5) s'inspire d'un fait divers marseillais qui avait vu un célèbre truand - Jacques Imbert - échapper miraculeusement à une tentative d'assassinat. Richard Berry, à l'instar de l'auteur originel Franz Olivier Giesbert, réinvente cette histoire en greffant une vengeance implacable dans un milieu drogué sans limite qui oppose "honneur" passé incarné par l'excellent Jean Reno et "transgression" actuelle massacrée par le ratage de casting, Kad Merad, car là est l'erreur industrielle de Richard Berry : si Merad a prouvé sa capacité à investir des personnages dramatiques (Je vais bien, ne t'en fais pas - P.Lioret - 2006), son interprétation de chef mafieux est un mix raté de Scarface et Vito Corleone tellement surjoué qu'il désamorce systématiquement la tension et l'attention du spectateur. Heureusement, Marina Foïs - brillante veuve policière (Ah, la gifle libératrice !) - et Jean-Pierre Darroussin - ami par dessus tout - soutiennent brillamment ce polar plus musclé que psychologique.

  79. Planète 51 - (5,5), coproduction européenne, se laisse voir sans déplaisir, ni hélas beaucoup d'émotions tant le scénario réutilise ce qui a fait le succès de dessins animés récents (de la trilogie Shrek - 2001 - 2004 - 2007 - à celle d'Arthur de Luc Besson - 2006 - 2009 - 2010 - en passant par les Chimpanzés de l'espace - K.De Micco - 2008) : l'antagonisme de 2 univers qui finissent par se rencontrer et se comprendre. Même si l'échange des rôles terrestres/extraterrestres parvient sporadiquement à nous amuser, cette planète 51 s'oubliera vite.

  80. Il reste du jambon ? - (5,5) est une comédie bien pensante sur l'intégration et les stéréotypes culturels. En narrant la rencontre d'une journaliste "locale" et d'un médecin urgentiste arabe, l'ex-miss météo de Canal nous propose une confrontation méditerranéenne à la Le Quesnoy / Groseille qui pèche par sa démultiplication des clichés comparatifs caricaturaux, mais nous séduit par ses personnages empathiques et quelques scènes rigolotes (le retour dans la cité). Si Anne Depetrini doit encore faire quelques efforts d'écriture pour devenir une réalisatrice incontournable, ses premiers pas laissent espérer le meilleur.

  81. Happiness runs - (5,5) nous plonge dans l'arrière-cour d'une communauté hippie/gourou en suivant les pas des enfants et ados de cette microsociété libertaire. Et le constat est sans appel : ils sont tous névrosés, suicidaires et drogués. Suivant les pas de Victor et Becky (beau duo formé par Hanna Hall et Mark L.Young), on s'imprègne peu à peu des dérives et des incidences destructrices des mouvements (quasi)sectaires (Rutger Hauer incarnant un "directeur" de pensée très crédible). Mais si l'ambiance crépusculaire et sous acide est parfaitement exploitée, la volonté de désespoir a tendance à désamorcer le propos, le réalisateur ne semblant pas faire confiance à l'intelligence du spectateur. Comprendre que "noir, c'est noir" ne me semble pourtant pas insurmontable...

  82. Be bad ! - (5,5) ne tient pas sa promesse d'être caustique, tant le film n'exploite jamais pleinement le double machiavélique (et imaginaire) de la parfaite victime Michael Cera. Tout est si sage dans cette révolte de bisounours. À peine, peut-on sourire aux péripéties hallucinées des rigides et rigoristes parents de l'Aimée ou de la tentative navrante de détourner l'attention de la police locale. Mais cela ne fait que souligner l'amoralité qu'aurait pu être ce BB !. Hélas, ce film est la parfaite démonstration de la différence entre Être et Vouloir être. Ersatz édulcoré d'une potentielle révolte comique, BB ! est sage, si sage, bien trop sage pour n'être plus qu'un simple divertissement d'après-midi d'adolescence nostalgique.

  83. The American - (5,5) n'est pas ce que pourrait nous faire croire son prologue (l'élimination froide de tout problème), c'est à dire un thriller actif, mais plutôt une variation silencieuse et ralentie des polars de Melville. Si Clooney et le reste de la distribution en ont le charisme, une réalisation old school finit par desservir le propos et affadir l'ambiance classieuse, plus que classique, de ce polar atmosphérique. Anton Corbijn s'est longtemps distingué par ses clips inspirés pour les Depeche Mode. Peut-être croit-il encore que la stylisation peut suppléer à une histoire solide ? Il a tort et malgré la présence habitée de ses hérauts, The American rate sa cible. De peu, certes, tant les tueurs à gages sont épuisés.

  84. Bad Lieutenant : Escale à la Nouvelle Orléans - (5) a autant de rapport avec son illustre prédécesseur (A.Ferrara - 1992) que Batman et Robin (J.Schumacher - 1997) avec Batman returns (T.Burton - 1992). En effet, à part un titre et un policier ripoux, les 2 histoires ne partagent rien. Si le 1er plongeait Harvey Keitel dans une rédemption religieuse new yorkaise, le 2nd ne propose à Nicolas Cage qu'une mauvaise relecture floridienne d'un flic borderline et chanceux, dont la seule originalité réside en ses visions hallucinées. Mais, sur une descente voisine, The Shield (2002 - 2008) a fait bien mieux et bien plus sombre. Donc, malgré l'abattage de Cage et sa démarche claudicante, la comparaison ne penche guère en la faveur de la ..Nouvelle Orléans. Comme quoi, certains héritages de producteurs ne sont pas des cadeaux.

  85. Robin des Bois - (5) est un western médiéval qui reforme le duo gagnant de Gladiator (1999), Ridley Scott et Russell Crowe. Ceci étant dit, est-ce que cela suffit à faire un bon film ? Hélas non, tant la psychologie des personnages (Robin et Lady Marianne en tête, suivis de très prêt par le roi Jean) est traitée par dessus la jambe (et ce malgré - ou à cause - de 3 scénaristes), sans finesse ni aspérité qui les auraient au moins rendus humains. Et que dire des péripéties tant elles ont été formatées pour le public américain des multiplexes... Alors, est-ce que cela suffit pour en faire un film à fuir ? Et bien, non, car Ridley Scott est un malin talentueux qui nous en donne toujours pour notre argent - même si parfois il est à minima - et son Robin des Bois se laisse voir sans déplaisir si on n'en attend rien. Evidemment sur vous espérez le souffle épique de Gladiator, autant revoir le bluray, sinon la claque de désillusion sera grande.

  86. Marmaduke - (5) appartient à un genre familial particulier, l'animalier parlant dont Disney s'est fait une spécialité. Si l'histoire de ce grand Danois, tirée d'un comic enfantin, qui devient le "New Dog in Town", quitte à s'attirer les foudres de l'ancien chef de meute et perdre ses ex-compagnons de galère, n'est guère originale, le mélange de scènes réelles et d'effets spéciaux est plutôt réussi. Toutefois, en ayant totalement négligé la partie humaine de l'histoire, Tim Dey prend le risque de s'aliéner une part non négligeable du public, convaincu - largement à raison - que si on dépasse 6 ans, Marmaduke ne nous séduira pas. Au final, on est très loin de Marley & Moi (D.Frankel - 2009) mais on s'en contentera largement pour une après-midi de Noel.

  87. Hors de contrôle - (5) partait avec un énorme capital sympathie car revoir Mel Gibson dans un vrai rôle et non dans son personnage d'illuminé puritain alcoolique et violent me faisait très envie. Si ce thriller débute parfaitement par l'assassinat accidentel (?) de la fille du héros, l'enquête de Gibson (fidèle à son personnage de flic borderline des années de la Magnificence) s'égare rapidement entre vengeance, manipulation, complot gouvernemental, thallium et écologie, des thèmes dans l'air du temps conspirationistes, mais pauvrement exploités ici. Le happy-end angélique paraît alors bien déplacé dans cet univers où la valeur monétaire semble la Vertu ultime.

  88. Crime d'amour - (5) rate son propos en raison du trop grand déséquilibre qu'il y a entre les 2 principales protagonistes. En effet, leur abyssale différence d'âge ne parvient pas à rendre crédible le postulat de base - la rivalité quasi-œdipienne (amour platonique puis humiliation) entre une directrice et son adjointe : soit Kristin Scott Thomas est trop vieille et a donc raté sa carrière puisqu'elle n'a pas encore atteint le sommet de sa hiérarchie compte tenu de la jeunesse de sa dauphine, soit Ludivine Sagnier est trop jeune et peut difficilement être touchée par sa vieille supérieure alors qu'elle a atteint les plus hautes sphères de son entreprise si rapidement. Dès lors, malgré la bonne volonté manipulatrice d'Alain Corneau pour mettre en place la vengeance de cette dernière, on ne parvient jamais à s'intéresser à ce que l'on voit. Entre le polar et l'étude psychosociologique, il fallait choisir et recommencer après la suppression de l'une des deux parties. Corneau ne l'ayant pas fait, il faut attendre la dernière partie de Crime d'Amour pour ne plus bailler ouvertement.

  89. Ondine - (5) débute comme un conte moderne lorsque le pêcheur Colin Farrell - caricaturalement irlandais - retire de ses filets une belle inconnue, Tony Curran, amnésique. Est-elle une Ondine, génie des eaux, ou plus prosaïquement une clandestine ? Entre sa fille souffrante et son ex agaçante, Ondine s'intègre peu à peu à la petite communauté tout en gardant son mystère et en se rapprochant de son sauveur. Le hic de cette histoire est de se poursuivre sur près de 110 mn, perdant peu à peu de son intérêt à force de délayer dans le rien un pitch improbable initialement. Ce n'est pas que l'on s'ennuie mais il en faut de peu.

  90. Very bad cops - (4,5) (dont le titre français tente hypocritement d'exploiter le succès surprise de Very bad Trip - T.Phillips - 2009) est un nième buddy-movie policier, ni pire ni meilleur que ces récents prédécesseurs. Tentant de remplacer le duo iconique de la police locale décédé en opération (presque caméos de Samuel L.Jackson et Dwayne "The Rock" Johnson), Mark Wahlberg (en petite forme) et Will Ferrell (fidèle à lui-même) enquêtent sur un trader (forcément !) louche provoquant une avalanche de calamités sur les Autres. Flirtant entre l'absurde et le comique troupier, on sourit parfois, on rit rarement et on oublie instantanément ce que l'on vient de voir.

  91. Night & Day - (4,5) ne marque pas le retour triomphal de Tom Cruise sur le devant de la scène cinématographique, tant ce Chevalier & Jour - et oui, souvent les traductions perdent beaucoup du sens originel - associe l'invraisemblance (mais oui, les pilotes d'avions qui se crashent survivent toujours sans égratignure) au pire des films d'action des 80's (est-ce d'ailleurs pour cela que les effets spéciaux semblent dater de cette période ?). Or, si le flegme (et la musculature) de Schwarzenegger apportait un 2nd degré évident à ses Commando (M.L.Lester - 1985) et autre Effaceur (C.Russell - 1996), le sérieux Colgate de Tom Pouce et la folle dinguerie de Cameron finissent par lasser, d'autant plus que le scénario ne parvient pas à équilibrer - voire relier ! - action et romance. Au final, on n'assiste ni à un plantage honteux ni à une réussite complète, mais à un pop-corn movie limite insipide qui nous tient au frais pendant 110 minutes et qui s'oublie instantanément.

  92. The Crazies - (4,5) a deux gros défauts : il est sorti après Bienvenue à Zombieland - R.Fleischer - 2009 - et Infectés - A. & D.Pastor - 2010 - et la série X-Files s'est arrêtée en 2002. En effet, sans être totalement raté, la comparaison ne penche pas en sa faveur tant son aspect cheap de téléfilm joue contre lui. De plus, entre sa conspiration gouvernementale tellement surexploitée par le passé et ses "horribles" meurtres (pourquoi doit-on toujours signaler sa présence en laissant traîner son arme contre le mur ou le sol ?), The Crazies hésite toujours entre l'interdiction aux moins de 12 ans (les "fous" font frissonner) et celle aux moins de 16 (oui, une bêche ne sert pas qu'à jardiner), le pur film de contamination et le polar conspirationiste, le sérieux de l'interprétation et l'adrénaline des attaques, le minimalisme du film fauché et quelques effets blockbusters. Ce qui aurait pu être un honnête téléfilm est devenu film, au grand dam du spectateur.

  93. Burlesque - (4,5) est la meilleure comédie musicale de 2010. Il faut dire que la 1ere marche n'était pas très haute. Pourtant, par son scénario inexistant récupéré sur un vieux roman-photo, son interprétation infantile où chacun se dispute le droit à décrocher un Razzie Award, son casting improbable entre une botoxée et une ancienne maigre (euphémisme !), ses chansons ridicules écrites par un adepte de Beethoven - pas le musicien, le Saint-bernard, ses personnages aussi épais que les cheveux de la perruque de Cher, Burlesque avait tout du pastiche dépassé. Et pourtant, malgré tout, on se surprend à sourire, voire passer sinon un bon moment au moins un moment relaxant.

  94. Mon babysitter - (4,5) souffre d'une 3e partie totalement ratée. Alors que le pitch de départ (une récente divorcée - Catherine Zeta-Jones toujours craquante - quarantenaire tombe amoureuse de son jeune babysitter) avait tout du casse-gueule par anticipation, Bart Freundlich parvient pendant une heure à nous faire oublier la différence d'âge de ses protagonistes, n'abusant pas de la mode couguar, en développant de vrais personnages. Mais comme il aurait pu réussir son film, il s'empresse d'envoyer son jeune héros grandir (et vieillir) dans un voyage initiatique (et de carte postale) autour du monde. 25 minutes confondantes de sucrerie hollywoodienne qui ruine toute subtilité esquissée. Ouf, la morale est sauve et le film oubliable instantanément.

  95. Mords-moi sans hésitation - (4,5) pastiche les 2 premiers volets de la pénible série Twilight (C.Hardwicke - 2009 / C.Weitz - 2009) en offrant quelques bons moments background (les "retrouvailles" amicales du père de l'héroïne et de son ami indien, la présence du fou furieux Ken Jeong, la non-frigidité de l'héroïne...). Mais en voulant rester fidèle au modèle, cette pochade vampiresque finit par s'enliser et nous agacer autant que l'original.

  96. Nine - (4,5) est une comédie musicale complètement ratée et un hommage plutôt réussi à la Dolce Vita italienne. En effet, pour la première, il faut attendre plus de 40 minutes pour assister à une chanson de qualité (Be Italian par Fergie) et si Marion Cotillard est la star qui s'en sort le mieux (ah... son Take it all), seul le show de Kate Hudson pour Cinema Italiano réveille les doigts de pied. Pour la 2nde, on se croirait replonger dans les années fastes de Cinecitta où officiait Fellini (que reproduit outrageusement Daniel Day-Lewis, oubliant qu'inspiration ne signifie pas copie carbone). Là, le travail des chefs décorateur et costumier a été colossal permettant à Rob Marshall de sauver une partie de son projet. Mais qu'UNE partie.

  97. Le choc des Titans - (4) surfe sur le raz-de-marais 3D dû à Avatar (J.Cameron - 2009). À la demande des responsables de la Warner, Louis "Hulk" Leterrier s'est résigné à "3-Déifier" son Choc qui, malgré le charisme de Sam Worthington (Quelle année avec Terminator Renaissance - McG - et Avatar !) et une histoire qui enchaîne les moments de bravoure - mais pas nécessairement intelligemment, rate globalement sa cible, essentiellement en raison d'un casting trop fourre-tout (à l'exception de Mads Mikkelsen) et d'effets 3 D tocs. Non, ce n'est pas l'Eldorado annoncé si elle n'est pas pensée sérieusement en amont. L'Enfer demeure pavé de bonnes intentions et le royaume d'un Hadès pathétique.

  98. Le Mac - (4) marque le retour de José Garcia à la comédie survitaminée et décérébrée. Si le pitch - remplacer un gangster proxénète disparu par son jumeau comptable qui ignore tout de cette fratrie exubérante - est dans l'air du temps (Cf. : le Siffleur - P.Lefebvre - 2010), le traitement clipesque l'est aussi, au risque de rendre immédiatement ce Mac instantanément passé. Marcher sur une corde de funambule nécessite des acteurs convaincus (si ce n'est convaincants), un scénario solide (et pas seulement des vignettes avec de jolies actrices dénudées - Rappelez-vous le titre !!!) et des dialogues amusants et/ou percutants. Hélas, seule cette dernière partie est sporadiquement remplie. Dès lors, sans être une arnaque complète - puisqu'on sourit souvent, ce Mac n'est pas une révélation.

  99. Tell Tale - (4) est une nième variation sur les visions fantômes de transplantés. Ici, on s'intéresse à Terry Bernard, greffé cardiaque et père d'une jeune fille handicapée, et à l'emballement de son cœur. Il suit alors les traces des assassins de son donneur tout en tentant de gérer son histoire amoureuse. Bien sûr, rien n'est crédible (Mais oui, mais oui, le policier chargé de l'enquête doit être l'amant de la victime !) et le dénouement est réglé (ou saboté) en 30 secondes (si un médecin peut m'expliquer de quoi a été amputé Terry dans la baignoire, je suis preneur). Mais bon, même Eastwood s'est cassé les dents avec une histoire aussi alambiquée avec Créance de sang (2002). Alors que pouvait-on espérer de Miguel Cuesta ? Rien de plus ni de moins que son twist final qui rend moins mauvais son thriller.

  100. American Trip - (4) offre à un personnage secondaire de Sans Sarah rien ne va ! (N.Stoller - 2008) le premier rôle. Mais si la bande son est exceptionnelle, les péripéties d'Aldous Snow, amant célèbre et décérébré de Sarah Marshall qui s'offre un caméo dans une série improbable, ne font que recycler les pires clichés sur les Rock Stars. Et ce ne sont pas l'abatage usant de Russell Brand, la complicité bonhomme de Jonah Hill déjà surexploitée dans les productions Apatow - le vomi récurrent en plus - ou les luttes musicales qui vont arranger les choses. Certes, quelques scènes, clips et présences clins d'œil sont jubilatoires. Mais le sentiment persistant est un constat déprimant : tout ça pour ça ? Oui, hélas.

  101. Precious - (4) est un conte de Noël joyeux et optimiste qui place une gracile héroïne au cœur d'une famille idéale et aimante. Comme tout va bien dans le meilleur des mondes, rien ne vient perturber son existence parfaite comme un inceste depuis l'âge de 3 ans ayant engendré 2 enfants avec un père mort du sida, une mère qui la déteste, la frappe et l'humilie dès qu'elle le peut, une scolarité en échec, un physique botérien et un imaginaire prenant. Cette accumulation de petits bonheurs finit par être indigeste malgré l'excellence de l'interprétation de Gabourey Sidibe et Mo'Nique - en mère haïssable et oscarisée. Un journal a qualifié ce Precious de porno social... Comme quoi, on n'écrit pas que des bêtises dans la presse.

  102. Le livre d'Eli - (4) bénéficie de l'excellence de Denzel Washington qui offre à cette nième variation christique post-apocalyptique la chaire nécessaire pour supporter le chemin de rédemption qu'il emprunte. Ce dernier arpente ainsi un monde sans loi ni foi (enfin pour l'instant) dominé par Gary Oldman à la recherche d'un mystérieux livre. Mais devant tant de péripéties prévisibles, de méchants caricaturaux et de prosélytisme agaçant, le sacrifice inattendu (non, je plaisante) du héros nous laisse froid.

  103. La famille Jones - (4) débute sur une idée brillante (influencer son voisinage pour vendre insidieusement des produits luxueux) mais ne parvient pas à maintenir l'intérêt longtemps tant cette fausse famille et le manque de profondeur de la psychologie de ses membres finissent par lasser. Il faut beaucoup de courage pour résister à la 1ère heure. Heureusement, tout bascule après le voyage d'une tondeuse au fond d'une piscine, qui fissure l'iconique famille et sauve de l'oubli ce presque-navet. Ce n'est pas encore cette fois que Demi Moore et David Duchovny retrouveront une place de choix cinématographique.

  104. Saw 3D - (4) clôt (je l'espère !) la série du Tueur au puzzle en mettant fin aux agissements de son disciple, Hoffman, (pathétique Costas Mandylor) et de son épouse (Ouvrez grand la bouche). En rendant les scènes de boucherie plus craspecs et en 3D, les producteurs ont renouvelé leur hold-up mondial, en nous proposant un volet honnête, concentré sur les survivants du Jeu, qui aurait pu être regardable malgré les apparitions idiotes de Tobin Bell et la volonté d'un twist grotesque. Mais, bon. Le tâcheron Greutert n'est pas un virtuose et parvient à se ridiculiser une nouvelle fois.

  105. Gardiens de l'ordre - (3,5) plonge un duo inattendu (Cécile de France et Fred Testot, dramatiquement convaincant) de gardiens de la paix lâché médiocrement par leur hiérarchie dans un trafic d'amphétamines fluorescentes. Entre un casting de contre-emplois (Julien Boisselier a beaucoup de mal à nous faire peur en grand méchant loup) et une virée à la "Miami-Banlieue Vice", le scénario part dans le grand n'importe-quoi : Bien sûr que de simples policiers peuvent s'infiltrer parmi de grands truands sans que leurs chefs ne s'en rendent compte et oui, on peut tuer de vilains dealers sans en souffrir outre mesure. Mais, il ne faut pas s'étonner que le spectateur se moque totalement de ce qui arrive.

  106. Le monde de Narnia - Chapitre 3 - L'odyssée du Passeur d'Aurore - (3,5) est un mélange du pire des volets précédents (2005 - 2008) - l'irritant Eustache qui remplace l'agaçant Edmund, des dialogues infantiles et religieux, une morale excessivement moralisatrice (l'envie, c'est mal; aider, c'est bien)... - et le meilleur - la qualité de l'animation, l'univers magique créé, les scènes d'actions (notamment celle contre le serpent de mer). Seulement, à trop restreindre la noirceur monochrome et à s'adresser à un public monociblé (4 - 10 ans), l'adulte se consterne davantage qu'il ne se concerne. Ce coûteux 3e chapitre aura du mal à connaître une suite, la faute à un choix discutable qui prive la saga d'un large public. RIP.

  107. Predators - (3,5) devrait marquer la fin d'une idée de producteur usée jusqu'à la poussière, tant la franchise Predators n'a plus rien à offrir depuis l'original (J.McTiernan - 1987), prenant même la place improbable des Gendarmes de Saint-Tropez de l'Espace. Après une visite en Amérique centrale, à Los Angeles (S.Hopkins - 1990), dans l'Antarctique (P.W.S.Anderson - 2004) et à Gunnison (Colorado - EU) (C. & G.Strause - 2008), c'est un débarquement involontaire de mercenaires et de criminels sur une planète inconnue qui sert d' "histoire" pour ce reboot produit par Robert "Meilleur ami mexicain de Q.T." Rodriguez. Ce n'est pas qu'Adrien "Oubliez Splice svp" Brody, Topher "Venom" Grace, Laurence "Morpheus" Fishburne ou Alice "Je suis le quota féministe du film" Braga soient mauvais, c'est que l'on se fout de leur survie, sachant bien que le duo principal s'en sortira plus ou moins bien.

  108. Cyrus - (3,5) a été vendu comme une impitoyable confrontation entre un prétendant - John C.Reilly - et un fils - Jonah Hill. Hélas, celle-ci n'est que psychologique. Dès lors, les 2 orfèvres de la comédie américaine - complices de Will Ferrell et de Judd Apatow - sont sous-employés et souffrent de leur intériorité. Malgré une émouvante Marisa Tomei en mode The Wrestler (D.Aronofsky - 2009), Cyrus déçoit en raison d'un mauvais placement publicitaire. Et dire que des publicitaires ont été payés pour cela...

  109. Jonah Hex - (3,5) est une adaptation elliptique du superhéros défiguré de l'Ouest. Incarné par Josh Brolin, ce chasseur de primes confédéré traîne ses guêtres afin de stopper John Malkovich, résolu à déclencher un Apocalypse infernal sur Washington. Hommage à Django (S.Corbucci - 1966), Jonah Hex cite sans honte l'histoire du western spaghetti. Il souffre toutefois de son adaptation vignette qui superpose quelques scénettes au détriment de la cohérence de cette vengeance. Réduire le montage à moins de 80 minutes - dont 7 pour le générique final - n'était pas non plus une bonne idée, tant cela accentue la sensation d'incohérence de cette histoire fantasque. Au final, le résultat, assurément bancal, laisse un goût de déception inattendu.

  110. Chasseur de prime - (3,5) est une comédie romantico-policière, aussi grossière et balourde que la majorité de la production insipide actuelle. Et ce n'est pas le duo Aniston - Butler qui viendra apporter un peu de finesse à ce scénario digne des soirées rediffusées du lundi. Bien sûr, on sourit parfois devant tant de bêtises, mais ce n'est pas ce film qui relancera la carrière vacillante de Rachel perdue depuis si longtemps ou offrira à Gérard Butler une nouvelle option de carrière.

  111. Twilight 3 : Hésitation - (3,5) est meilleur que l'opus 2 (C.Weitz - 2009), notamment en raison d'une bataille finale létale, bien que très cheap. Mais la valse-hésitation de l'héroïne qui hurle moins cette fois, l'insipidité des Jules et Jim lunaires charismatiques de prisunic, la platitude des répliques écrites sur des pochettes carambar et la linéarité des péripéties pour midinettes rendent cette suite - en dehors de raisons mercantiles - totalement inutile. Mais tel Jason Voorhees, Twilight reviendra. Encore.

  112. Mange, prie, aime - (3) est une adaptation carte postale d'un pensum à succès d'Elizabeth Gilbert. Ainsi pendant 140 très très très (ou trop...) longues minutes, suit-on les pas d'une récente divorcée (Julia Roberts a été bien meilleure ailleurs) qui pour se (re)trouver va aller manger des spaghettis bolognaise en Italie, assister à un mariage coloré en Inde et faire du vélo en Indonésie. Je sais que je caricature un petit peu, mais ce n'est pas moi qui aie commencé !

  113. Légion - L'Armée des anges - (3) souffre d'une absence patente de moyens. En effet, si l'idée de donner le mauvais rôle aux anges était maligne, le choix d'une station essence délabrée au milieu du désert pour le combat final nous replonge dans la majorité des pauvres séries B de fin de week-end, interprétée par des has-been (Randy Quaid, pour ne pas le nommer) et autres "stars" du petit écran (pathétique et hystérique Kate Walsh) qui n'ont comme utilité que de pouvoir être sacrifié à tout instant. Multiplier les scènes de nuit permet alors de réduire le nombre de figurants (alors que les armées divines sont censées être infinies...) tout en accroissant la tension subie par les héros (où sont nos vilains ennemis méchants ?). Le pire est que malgré ces ficelles visibles de la lune, cela aurait pu passer. Heureusement que Paul Bettany surjoue le sacrifice constamment et que le final est ridicule. Mais il s'en est fallu de peu.

  114. A serious Man - (3) est une parenthèse égoïste des frères Coen qui nous proposent la déliquescence d'une vie, celle d'un professeur de mathématiques, Larry Gopnik (excellent Michael Stuhlbarg), qui voit son univers lui échapper totalement alors qu'il tente de faire ce qu'on attend de lui. Face à l'absurdité répétitive des situations, ce dernier nous propose une prestation minimaliste efficace, mais qui malheureusement nous éloigne de l'empathie nécessaire pour pénétrer ce monde si référencé. Peu à peu, on se désintéresse alors de ce qui lui arrive, rendant ce film éprouvant au final.

  115. Prince of Persia : les Sables du temps - (2,5) aurait dû être le nouveau jackpot du duo Disney - Bruckheimer. Mais malgré la présence de Mike Newell à la réalisation, le jeu amusé de Jake Gyllenhaal ou sexy de Gemma "Mmmm" Arterton, cette adaptation du célèbre jeu vidéo des 80's est une catastrophe tant son scénario est consternant et prévisible, comme si les 4 scénaristes successifs avaient voulu faire un hommage (involontaire) au jeu éponyme linéaire. Une citation aurait suffit, mais la photocopie devient indigeste. Son insuccès outre-Atlantique nous privera peut-être d'une suite annoncée. Croisons les doigts.

  116. Que justice soit faite - (2,5) débute comme le pire des Justiciers (M.Winner - 1973, 1982...) avec l'assassinat de la famille de Gerard Butler et les disfonctionnements de la justice américaine. Il se poursuit comme n'importe quel thriller à twists (Mais comment fait Butler pour se venger de tous alors qu'il croupit au fond d'une cellule d'isolement ?), avec sa pointe de revanche nauséeuse. Il s'achève par une ultime confrontation (Mais où est passé le Jamie Foxx oscarisé ?) défendant une morale moisie. Entre, on peut s'interroger sur le pourquoi d'une sortie pendant les fêtes de Noël ?

  117. La machine à démonter le temps - (2,5) tente de recycler le concept de Retour vers le futur (R.Zemeckis - 1985) en transformant la DeLorean en jacuzzi (sic !) spatio-temporelle. En plus de ce pitch improbable, le quatuor principal lorgne tellement vers le succès de Very Bad Trip (T.Phillips - 2009) que les nombreuses poitrines sexy et la musique 80's ne parviennent pas à dérider le spectateur, d'autant plus que les "gags" (le bras du factotum, l'écureuil Tex Averyen, le pari perdu savonneux...) tombent à plat et que les incohérences se multiplient (quid du réparateur incarné par Chevy Chase ? Quid du fiston 2010 ?...). Ce n'est pas que la production initiée par John Cusack soit catastrophique mais elle a tout de même 25 ans de retard.

  118. Shutter Island - (2,5) est le 1er raté du duo Scorsese - Di Caprio. En suivant l'enquête décousue d'un marshall légendaire, on assiste rapidement à une plongée dans la folie des lieux amplifiée par une musique atonique et un montage schizophrénique qui sursoulignent le malaise des héros. Victime du syndrome Jeanne d'Arc (L.Besson - 1999) qui oblige Di Caprio à surjouer les situations, Shutter Island manque de subtilité, n'offrant qu'une absence de suspens tant le final est évident.

  119. Iron Man 2 - (2) souffre du syndrome de la suite qui, trop rarement, a donné des chefs d'œuvres (évidemment Batman returns - T.Burton - 1992, voire X-Men 2 - B.Singer - 2003). En effet, fort de son succès, le réalisateur décide toujours de proposer un 2nd volet qui doit surpasser l'opus original en effets ou en noirceur. Jon Favreau a tenté la surenchère à la Aliens (J.Cameron - 1986) en opposant à Robert Downey Jr (en roue libre) une armée de clones d'Iron Man. Mais croire que les effets spéciaux pourront faire oublier la minceur du scénario (l'arrivée de Nick "Samuel L.Jackson" Fury tombe à plat), l'absence de développement des personnages (Gwyneth "Pepper Potts" Paltrow) ou un méchant falot est une erreur industrielle grave. Iron... ouvre donc la période estivale des escroqueries hollywoodiennes.

  120. Le Siffleur - (2) est une "comédie" française qui oublie d'être drôle sur la longueur. Alors que le pitch est déjà minimaliste (François Berléand s'invente un frère jumeau limite gangster afin de sauver sa cantine-restaurant), la démultiplication de bras-cassés (Fred Testot, Sami Bouajila, Virginie Efira), une absence de répliques percutantes (Que c'est plat !), un twist qui tombe à plat (les Be 4 You !!!!) ou des péripéties qui se phagocytent (la double-enquête policière qui frappe Thierry Lhermitte) achèvent le spectateur qui se demande encore ce qu'il est venu faire dans cette galère.

  121. Top Cops - (2) devrait convaincre Bruce Willis à abandonner définitivement le Buddy movie policier, tant cette parodie (involontaire) de Piège de Cristal (J.McTiernan - 1988) parait datée. En incarnant 2 flics new-yorkais à la poursuite d'une carte rarissime, Willis et Tracy Morgan cabotinent insupportablement sous le regard endormi et en perpétuelle digestion de Kevin Smith. Si la nostalgie de McClane faisait beaucoup pardonner, ce n'est plus le cas ici, tant les "bonnes" répliques n'en sont plus. Vivement Incassable 2 !

  122. The Tourist - (2) est une mauvaise idée qui prouve qu'Angelina Jolie et Johnny Depp ne peuvent sauver un film quand le scénario est un décalque affadi d'Anthony Zimmer (J.Salle - 2005 ) et que le réalisateur (brillant, pourtant. Comment oublier la Vie des autres ?) ne dirige pas. L'original proposait une profondeur et un doute que déclenchait l'improbabilité Marceau - Attal. Ce Tourist ne laisse aucune place au suspens dans le monde des Beaux Gosses. Le ridicule est d'ailleurs amplifié par l'acharnement de la police britannique (Paul Bettany coincé et Timothy Dalton ironique) motivée uniquement par le paiement d'arriérés d'impôts de l'escroc Alexander Pierce. Si vous désirez voir un bon thriller, revoyez l'original !

  123. Valentine's Day - (2) est certes une comédie romantique mercantile (compte tenu de la date de sortie) mais surtout ratée. Il faut dire que Gary Marshall n'a pas choisi la facilité en s'attaquant au sous-genre le plus délicat : la comédie chorale. En effet, à l'exception de Love Actually (R.Curtis - 2002), toutes les tentatives passées allaient de bancal à pathétique, en passant par la case ridicule. Cette navrante tentative les cumule toutes, parvenant néanmoins sporadiquement et miraculeusement à nous faire sourire, de quoi réussir un court-métrage mais non un long.

  124. Date limite - (2) évoque parfois Mr Bean (M.Smith - 1997) et la Panthère Rose (B.Edwards - 1964), tant le personnage irritant de Zach Galifianakis provoque de catastrophes sur son entourage - en la personne de Robert Downey Jr. Ainsi parvient-il dans les premières minutes à lui faire perdre ses bagages, le faire interdire de vol et arrêter par la police de l'Air qui l'immobilise par une balle de plastique. Suivront une agression par un handicapé, un accident de la route, une virée mexicaine et j'en passe et pas des meilleures. Le road-movie lourdaud de Todd Phillips - spécialiste de la comédie tâcheronne - ne retrouve pas la grâce accidentelle de Very Bad Trip (2009). Logique respectée donc.

  125. Sex and the City 2 - (2) se paye le luxe d'être une antithèse de la série originelle (aussi légère et rapide qu'un gloubiboulga avarié et d'une durée exagérée pour son absence de scénario) et d'une superficialité publicitaire (la présentation luxueuse d'Abou Dhabi en devient même pathétique et contreproductive... vous avez vraiment envie d'y aller après la fin de ce film ?!) caricaturale (Il y a une vie occidentale sous la burqa. Mais non, ce n'est pas de l'occidentalisme primaire, seulement de la bêtise). L'échec commercial inattendu et sans appel de ce 2nd opus laisse espérer que le mauvais goût outrancier ne sera pas de retour. Il faut laisser Big et Carrie tranquilles maintenant.

  126. Le dernier Exorcisme - (2) est le nouvel avatar de la fausse production horrifique amateur initiée par l'escroquerie Blair Witch (D.Myrick & E.Sanchez - 1999). En suivant les pas d'un exorciste télé confronté à une vraie possession (la torsion du cou fait quand même un peu mal), on s'ennuie ferme en s'interrogeant sur la prochaine arnaque cinématographique. Si vous voulez quand même vous y risquer, privilégiez la bande annonce. Elle ne dure que 3 mn... .

  127. Où sont passés les Morgan ? - (2) multiplie les scènes ridicules en déracinant le duo de bobos new-yorkais séparés Parker - Grant afin de leur permettre d'échapper à un tueur à gages. Plongés en pleine cambrousse sans téléphone ni connexion internet (Mon Dieu !), ils vont - quelle surprise ! - se retrouver tout en s'intégrant à cet univers d'extraterrestres républicains carnivores et amateurs d'armes. Ce n'est pas que cette comédie romantique soit nulle, mais moderniser La vie, l'amour, les vaches (R.Underwood - 1991) était-il une bonne idée, voire une nécessité ? Vu le résultat, certainement pas.

  128. Nanny McPhee et le Big Bang - (2) prouve la bonne idée de ne pas avoir donné de suite aux féériques aventures de Mary Poppins (R.Stevenson - 1965). En effet, si le 1er opus nous offrait une belle découverte du monde de l'horrible mais attachante Mme McPhee, ce 2e volet plonge le spectateur dans l'expectative et la 2nde guerre mondiale. En améliorant le quotidien de Maggie Gyllenhaal - dont le mari soldat a disparu - et de ses enfants / neveux, Emma Thompson n'assure pas l'après-vente, les leçons de son personnage étant apprises à la vitesse de l'éclair par un quintet sans charme en comparaison des enfants Brown. Certes, les plus jeunes spectateurs y trouveront un certain charme, mais n'étant pas un amateur de pets à répétition, NM 2 restera pour moi une vraie déception.

  129. Shrek 4 : Il était une fin - (1,5) parvient à être pire que son lamentable prédécesseur (C.Miller - 2007). En effet, pendant 94 mn, ce film déconstruit et efface tout ce qui faisait le charme de cet univers (le 2nd degré, les références adultes...) pour ne plus être qu'une cash-machine - grippée, heureusement - destinée à financer, à court terme, le Studio et s'adressant exclusivement à un public familial. Quand on pense que la même année, Dreamworks nous a proposé Dragons (C.Sanders & D.Deblois - 2010), on est heureux que Pixar ne nous offre qu'un film par an afin de maintenir une qualité sans faille. Ce navrant 4e opus s'achève sur une bonne nouvelle : c'est le chapitre final et la série de l'Ogre vert ne pourra pas descendre plus bas.

  130. Une famille très moderne - (1) est la version Anistonienne du pitoyable Plan B, comme si faire un enfant toute seule était devenu la nouvelle mode/interrogation hollywoodienne après l'adoption de masse. Cette fois, c'est le meilleur ami - Jason Bateman au minimum de sa forme, voire en dessous - qui s'y colle, enivré lors de la cérémonie d'insémination festive (Sic). Comme toute (catastrophique) comédie romantique, l'héroïne ignore tout et plonge son confident dans une situation délicate : s'occuper de son fils anonymement. Je vous laisse deviner ce qui va se passer et vous invite à fuir votre chemin. À l'instar du public américain qui ne se trompe pas systématiquement.

  131. Le Plan B - (1) devrait inspirer Jennifer Lopez afin qu'elle s'interroge sur la qualité de ses choix de carrière. En effet, l'actrice prometteuse de U Turn (O.Stone - 1997) et Hors d'atteinte (S.Soderbergh - 1998) s'est largement perdue en route depuis, enchaînant les comédies romantiques les plus pathétiques et parvenant même à remplacer au Panthéon du nanar Sandra Bullock. Ce plan B ne change rien aux mauvaises traditions, enchaînant le balourd de la situation (l'hommage de JLo à JJG) aux dialogues convenus et Arlequinistes. Oui, c'est à fuir. Et oui, on espère que cela se finira mal, afin de provoquer un peu d'émotions au spectateur.

  132. From Paris with Love - (1) est le 1er nanar surtestostéroné de l'année qui plonge un duo mal assorti - le rookie tête à claques Jonathan Rhys-Meyers et le vétéran défoncé tireur compulsif John Travolta - dans un trafic terroristo-stupéfiant. Entre les pires clichés banlieusards, une musique éléphantesque, une interprétation sans subtilité, des fusillades toutes les 5 mn, des dialogues carambars et un suspens à couper le souffle, cette parodie involontaire cumule tout ce qu'un apprenti-metteur en scène doit éviter.

  133. Wolfman - (1) demeurera le mystère 2010. En effet, si voir des producteurs confier un budget indécent à une absence de projet n'est guère extraordinaire, savoir qu'est-ce qui a bien pu coûter 150 millions de dollars dans ce film est pour moi une énigme absolue. Cela ne peut pas être en raison des cachets des acteurs (Benicio Del Toro essentiellement grimaçant, Anthony Hopkins perdu du côté d'Hannibal Lecter, Emily Blunt amoureuse d'une fratrie - quelque soit le survivant ! - ou Hugo Weaving, trop agent Smith pour l'époque, n'émargent pas à 20 millions de dollars par film) ou des 2 scénaristes (qui se sont contentés de remixer l'original de George Waggner (1941) et le Dracula de Bram Stoker), ni des effets spéciaux (ou alors les prothèses sont hors de prix !). Joe Johnston est parvenu à rendre une hyperproduction aussi cheap qu'une production Corman. Félicitons-le et oublions ce navet.

  134. Alpha et Oméga - (1) est la preuve que, sans une âme et une exécution parfaite, un dessin animé en 3D n'est qu'un nième incident industriel. En ne s'adressant qu'aux très jeunes, celui-ci nous offre de plus l'un des pires design character jamais proposé, à peine indigne d'une création télé fauchée. Sans aucun effort de scénario ni personnages originaux, Alpha.. est un ratage sans nom qui a tenté de surfer sur une mode, aussi attachant qu'une visite chez le dentiste sans anesthésie locale. Vous avez le droit d'aimer. Moi, non.

  135. Ensemble, nous allons vivre une très, très grande histoire d'amour - (1) a surtout permis la sortie d'un 2nd coffret dvd (mais sans bonus !!!) de Pascal Thomas avec son chef d'œuvre et mon film culte les Maris, les femmes, les amants (1988). Hélas, pour le spectateur, Ensemble... se veut une parodie parodique au 3e degré si référencée qu'elle en devient ridicule à l'image du duo Hands-Doré pathétique à force de sursouligner le décalage de leurs interprétations. Donc allez acheter le coffret et espérer que cet ensemble... frivole ne soit qu'un accident de parcours.

  136. Jackass 3D - (1) est la version extrême scato (le passage du petit train ou les toilettes volantes ne sont pas une ode à la dentelle) des 11 Commandements (F.Desagnat & T.Sarrioux - 2004). Si vomir, frapper les bullocks, avilir les baleines et patauger dans un océan d'excréments est votre mojo, alors la version en relief (mais heureusement pas en odorama) des Jackass est pour vous. Pas pour moi.

  137. Donnant, donnant - (1) est un pensum qui ne doit son existence qu'aux succès passés d'Isabelle Mergault (Je vous trouve très beau en 2006 et Enfin veuve en 2008). Hélas, le retour de sa découverte Medeea Marinescu et les arrivées de Sabine Azéma et Daniel Auteuil s'effectuent au sein d'un ratage complet, tant tout sonne faux ou tombe à plat (de l'élocution dyslexique d'Auteuil à la relation haineuse mère-fille en passant par l'entourage caricaturalement haut en couleur). Si les péripéties avaient été drôles, j'aurais pu fermer les yeux sur la bêtise des dialogues ou l'absence de direction d'acteurs. Mais ce n'est pas le cas. Loin de là.

  138. Le dernier maître de l'air - (1) a dû abandonner son nom originel, Avatar, afin de ne pas être confondu avec l'épopée de James Cameron (2009). Mais je tiens à rassurer tout de suite l'éventuel lecteur : il n'y a AUCUN risque de les confondre, ni de les comparer d'ailleurs, tant ce dernier... l'est vraiment. Shyamalan, qui a perdu la main depuis Incassable (2000), a bénéficié d'une ultime chance et d'un budget conséquent pour adapter un dessin animé boudhisant. Conçu comme le 1er volet d'une trilogie, ce dernier.. multiplie les scènes infantiles et ratées, baignées dans un écologisme dangereusement passéiste et ponctuées par des passes manuelles à la Power Ranger. Dotée d'un suspens digne du pire des Oui-Oui, cette adaptation est un plantage destiné aux amibes et autres mollusques qui ont cru en Domenech et "son" équipe. Mais si son relatif succès permet à Shyamalan de financer Incassable 2, je suis même prêt à voir les 2 derniers volumes.
    Enfin, si on peut faire sans, je prends aussi.

  139. Paranormal Activity 2 - (0,5) est encore plus risible que l'original (O.Peli - 2009), tant les acteurs surjouent avec un manque de naturel confondant. Après un couple, c'est au tour d'une famille (une veuve, sa fille et son fils à la caméra) d'être harcelée par un esprit pervers (puisqu'il s'attaque régulièrement à la cadette). Reprenant les mêmes recettes pourries (la visite du médium, les traces inexpliquées au plafond - qui a dit "Spider-cochon" ?, les appels d'outre-tombe, les hurlements, les claquements de porte - avec des seins en plus - ...) et les mêmes absurdités (bien sûr que l'on filme toujours quand on fuit ou que l'on cherche à consoler un membre de sa famille), ce 2e volet a rencontré un succès colossal outre-Atlantique prouvant d'une part que le ridicule ne tue pas et d'autre part que l'on rira bientôt à nouveau lors d'un 3e opus.

  140. All about Steve - (0,5) démontre qu'une comédie romantique peut être totalement ratée lorsque le "scénariste" recherche l'originalité au détriment de son sujet. Ainsi, suit-on ici l'illuminée Sandra Bullock, inventeur de mots croisés (Ah... pouvait-il trouver occupation plus absurde ?), arpenter la moitié des Etats Unis et croiser 2 autres nerds afin de harceler le "fameux" Steve qu'elle croit amoureux d'elle. Dès lors, s'enchaînent les "péripéties" les plus ridicules, le summum étant atteint par l'effondrement d'un terrain. Oui, Sandra Bullock peut être craquante. Oui, on peut sourire à ces mimiques de mijaurée. Oui, mais pas dans cette nullité !

  141. Skyline - (0) est une merveille de subtilité (les vilaines bébêtes finiront-elles par exterminer le baffable Eric Bal(f)our(d) qui semble super-résistant ?), d'originalité (mais non, ce navet n'est pas un remix raté des Alien(s), Cloverfield et autres Godzilla...), de suspens (les acteurs n'étant pas des têtes d'affiches, ils peuvent disparaître à tout moment - et le font tous ! - sauf l'inusable Eric) ou d'inventivité (tourner un film d'envahisseurs en multipliant les scènes situées dans la même chambre d'hôtel ne cache pas l'absence totale de budget !). C'est nul, cheap et ridicule. Donc passez votre chemin ou préparez-vous à rire nerveusement pendant 90 mn en vous demandant si le duo de scénaristes a vraiment été payé pour cette bouse.

  142. Splice - (0) a un mérite évident : permettre à Vincenzo "Cube" Natali et à Adrien "le Pianiste" Brody de payer leurs impôts. Sinon, pour ceux qui aiment rire, ce suicide collectif a tout du nanar culte, tant l'accumulation de mauvais choix tient davantage de l'erreur industrielle que du concept cinématographique. Entre une Delphine Chaneac qui ne relancera pas son absence de carrière malgré sa plastique et les meilleures "répliques" du film (oui, je sais qu'elle ne parle pas !) à Brody atteint d'une Nicolas Cagïte aigüe (qui se caractérise par un brushing humainement improbable) en passant par une Sarah Polley enceinte de la créature (Oups ! J'ai vendu le final... d'un autre côté, je vous fais économiser 10 € et 107 minutes de votre vie, ce qui n'a pas de prix), on s'interroge sur le niveau d'alcoolisme atteint par certains "décideurs", car on ne m'enlèvera pas de l'esprit que Splice ne peut pas avoir été financé sobre. Définitivement, non.

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