Quelques idées de films



Voici 14 ans que je vous propose quelques conseils cinématographiques. Par esprit de substitution, je ne modifie pas cette phrase d'introduction :

  1. Intouchables - (9,5) nous ferait presque croire que le monde peut être humain et entraide. En effet, en adaptant le livre de Philippe Pozzo di Borgo, le duo de Nos jours heureux, Eric Toledano et Olivier Nakache, parvient à nous faire rire aux larmes et à nous émouvoir malgré le potentiel réservé de cette histoire improbable (un jeune banlieusard devient les bras et les jambes d'un milliardaire tétraplégique). Il faut dire que le duo qu'ils ont formé va devenir aussi célèbre que le Bourvil - De Funès de la Grande Vadrouille ou le Boon - Merad des Ch'tis. Entre un François Cluzet qui sans geste nous fait partager toutes sa passion et ses douleurs de la vie et un Omar Sy futur Césarisé tant il est, tout n'est que vannes et amour amical, soutien et découverte, évidence et oubli (du handicap ou de la cité). L'alchimie parfaite de ce duo humain ne serait rien sans les seconds rôles (et tout particulièrement du duo féminin Audrey Fleurot - Anne Le Ny) à l'unisson. Ne vous demandez pas pourquoi le taux de satisfaction atteint un incroyable 99%, demandez-vous seulement quand vous allez voir ces Intouchables.

  2. Harry Potter et les reliques de mort - Partie 2 - (9,5) est la meilleure conclusion possible à la saga HP. En effet, si les 2 derniers opus manquaient (un peu) d'attrait, voire de péripéties, cet ultime volet semble ne nous laisse aucun répit entre l'intrusion chez Gringotts et la bataille létale de Poudlard absolument dantesque. Quelle jubilation de voir enfin la magie dans toute sa puissance. Bien sûr, quelques uns objecteront que certaines disparitions auraient pu être davantage mises en valeur (et particulièrement celle de Rogue), que la 3D (pour une fois parfaitement réussie) ne sert qu'à renflouer les caisses pleines de la Warner, que le trio principal (relativement crédible) aura bien du mal à retrouver des rôles marquants au cinéma ou que David Yates tient plus du faiseur que du visionnaire. Mais quelque soient les critiques, plus ou moins justifiées, ce 8e voyage de HP est un enchantement à ne pas rater. Sinon Avada...

  3. J'ai rencontré le diable - (9) est un thriller à ne pas mettre devant tous les yeux tant sa noirceur et son jusqu'au-boutisme peuvent révulser. Mais dès que l'on a accepté cette sombre plongée, la maestria du réalisateur Kim Jee-Woon et l'éprouvant duo Lee Byung-Hun - Choi Min-Sik démontrent une fois de plus que le cinéma Sud Coréen est ce qui est arrivé de mieux au cinéma mondial depuis longtemps. Ainsi suit-on les pas d'un agent secret se vengeant d'un tueur en série qui a massacré sa fiancée enceinte. Alors qu'un "vigilante" classique se serait achevé avec l'élimination de l'ordure après une enquête plus ou moins longue, celle-ci se termine en 40 mn. Dès lors débute un autre film car Byung-Hun désire plus que l'éradication du psychopathe, il aspire à l'humilier et à le faire viscéralement souffrir. Dès lors, le spectateur assiste à une surenchère de violences, partagé entre son empathie naturelle du "Bon" qui se perd et le dégoût logique du "Bourreau" qui engouffre sa nouvelle victime. Dans un final historique, supérieur à celui de Seven (D.Fincher - 199), leur relation devient symbiotique laissant simplement exsangue le spectateur. Immense, mais plus que difficile.
    "Que celui qui lutte avec des monstres veille à ce que cela ne le transforme pas en monstre. Si tu regardes longtemps au fond de l’abîme, l’abîme aussi regarde au fond de toi.” Friedrich Nietzsche

  4. Le Discours d'un Roi - (8,5) est une magistrale plongée dans l'histoire récente que certains sondages ont tendance à nier. En effet, sous son apparent formalisme classique, le film de Tom Hooper suit le travail acharné d'un apprenti-monarque pour surmonter son handicap verbal, allégorie à peine voilée, pour combattre le flambant mais nauséeux tribun germanique. Présenté ainsi, le discours... n'a rien d'un film essentiel. Et pourtant. Entre le bégayant et futur roi Colin Firth, oscarisé à juste titre, et l'orthophoniste australien improbable Geoffrey Rush, oscar d'honneur du 2nd rôle, se noue l'anecdotique amitié qui transcende la grande Histoire. S'appuyant sur des dialogues affutés et précis, un scénario limpide et imprévisible et un trio (Helena Bonham-Carter enfin "normale") brillant, ce Discours est le chef d'œuvre inattendu de ce début d'année. À voir. À voir. À voir. Comme quoi le bégaiement a parfois du bon.

  5. Animal Kingdom - (8,5) est un polar viscéral et poisseux australien, qui débute par l'arrivée d'un orphelin dans une aimable famille de Melbourne. Petit problème : ce sont des voleurs, des dealers, des camés, des tueurs ou les 4 en même temps à l'image de l'aîné (glaçant Ben Mendelsohn). Gros problème : c'est sa propre famille, fuie il y a longtemps par sa mère. Le clan est mené par la grand-mère (absolument formidable Jacki Weaver) au "petit chaton" terrifiant et doit se confronter à l'acharnement policier ingérable (ceux-ci abattant sans raison certains membres de la famille, notamment celui qui désire se ranger). Le jeune Josh (James Freshville convaincant) fait très vite tâche entre ces 2 prédateurs et devra choisir son camp comme ne cesse de lui rappeler le capitaine Leckie (Guy Pearce de passage chez lui). Toute la maestria du pourtant débutant David Michôd réside à ne jamais rendre ce choix de survie simple pour notre héros et de nous laisser exsangue lors d'un final d'une douloureuse évidence. Un très grand film, simplement.

  6. X-Men - Le Commencement - (8,5) marque le retour aux affaires de l'initiateur de la franchise, Brian Singer, qui coproduit et cosigne le scénario. Il confie à Matthew Vaughn la rencontre post-deuxième guerre mondiale de Charles Xavier et Erik Lehnsherr (James McAvoy et Michael Fassbender simplement bluffants) réunis afin de mettre fin aux agissements de Kevin "Sebastian Shaw" Bacon, décidé à déclencher une guerre mondiale nucléaire afin d'éliminer les humains au profit des mutants. On suit alors les premiers pas de leur amitié et la création des x-men, soutenus par des effets spéciaux réussis et discrets et de dialogues intelligents. Malgré des seconds rôles adolescents (Vivement que la mode Twilight soit de l'histoire oubliée !) parfois irritants, le basculement du Bien et du Mal (à l'instar de l'ultime rencontre entre Magnéto et son créateur) nous offre le meilleur épisode de la série. Bravo et vivement la suite !

  7. Mr Nice - (8) est un biopic psychédélique sur le plus grand trafiquant des seventies, Howard Marks, tombé par hasard dans le deal lors de ses études brillantes à Oxford lors des Swinging Sixties, père de famille comblé au charme charismatique et aux relations d'affaires anachroniques (entre membre de l'IRA amateur de porno reconverti à Hollywood - David Thewlis décomplexé - et agent du MI 6 révolutionnaire reconverti). Grâce à un scénario survitaminé qui se base sur l'autobiographie Bigger Than Life (Assistez à son 1er procès pour vous en convaincre) de l'ex-fugitif, Bernard Rose offre un superbe écrin à Rhys Ifans, tout simplement inspiré. Son parcours est tellement improbable et sincère que l'on en oublie presque ses méfaits. Pas nécessairement un exemple à suivre mais quel sujet cinématographique.

  8. Arrietty le petit monde des chapardeurs - (8) est la dernière (ré)création des studios Ghibli. Même s'il n'est pas signé par l'un des 2 créateurs, Hayao Miyazaki et Isao Takahata, Arrietty... reprend les obsessions et les univers des 2 hommes, qui ont longtemps cherché un metteur en scène capable d'adapter le roman de Mary Norton. Hiromasa Yonebayashi réinvente le monde lilliputien en nous plongeant dans les (més)aventures d'une petite famille où la plus jeune, Arrietty, a croisé le regard d'un humain. Dès lors, entre une vieille gouvernante menaçante et un jeune garçon malade, la poésie des situations s'installe par petites touches subtiles, intelligemment épaulée par une musique celtique bienvenue écrite par Cécile Corbel. Le télescopage des 2 mondes ne suivant pas les règles disneyennes, cet Arrietty... est d'une rare intelligence et renoue avec le charme fantastique du voyage de Chihiro.

  9. Scream 4 - (8) est le plaisir coupable nostalgique de ce printemps. En effet, 15 ans après l'original, on retrouve le trio survivant - Neve Campbell en perte de carrière, Courtney Cox couguar divorcée et David Arquette divorcé de la couguar - de la 1ère trilogie (W.Craven - 1996, 1998 & 2000) dans la ville de Woodsboro. Sidney Prescott y revient 10 ans après les premiers meurtres lors de sa tournée promotionnelle littéraire, déclenchant le retour de la tuerie et du Ghost Face iconique. Grand amateur de cette saga, c'est avec un immense soulagement et un sourire de plus en plus large que j'ai retrouvé cet univers familier, modernisé avec intelligence, mais en rien trahi par l'équipe originelle. Surfant sur la mode des remakes hollywoodiens et du quart d'heure de célébrité fondé sur l'absence de talent et la vacuité absolue, Craven s'amuse des codes qu'il a lui-même popularisés, sans céder à la facilité des tortures gores récentes. Certains, fans de Saw 1,2 ... (2005...), trouveront sans doute les morts trop sages (!). Mais, Scream 4 est un slasher à suspens, pas à vomi, référentiel et intelligent où le spectateur sursaute avec jubilation et non dégoût. Ah, si les 2 prochaines suites pouvaient garder ce niveau.

  10. Le Complexe du Castor - (8) mérite d'être découvert. En effet, Jodie Foster magnifie cette dépression familiale qui voit l'héritier d une usine de jouets (Mel Gibson immense, mais hélas pour rien compte tenu de l'échec sans précédent de ce film) s'inventer une 2e personnalité pour ne pas avoir à se suicider. Ce qui aurait dû être ridicule (Gibson ne communiquant à sa famille et à son entourage qu'à travers sa marionnette) devient alors une évidence, le castor étant un personnage aussi véridique que cette famille qui se délite (entre le fils aîné qui monnaie son talent littéraire et une mère qui veut croire en elle). Ce Complexe transcende l'exercice de style pour devenir un classique dépressif instantané. Un grand film qui ne doit pas rester qu'une anecdote de carrières.

  11. Je n'ai rien oublié - (7,5) est une très belle surprise. En effet, il y avait longtemps que la performance de Gérard Depardieu n'avait pas été si délicate et subtile, comme si sa propre mémoire fluctuante (le Monstre est depuis longtemps secondé par une oreillette) servait le vertige de son personnage. Les duos qu'il forme avec Alexandra Maria Lara, jeune mariée trompée, et Niels Arestrup, ami jumeau d'enfance, nous plongent avec intelligence dans les secrets troubles de la famille Senn, peu avant le mariage de l'héritier. Depardieu campe Conrad Lang, employé lichen de cette famille atteint par la maladie d'Alzheimer. Hélas, les souvenirs épars de son passé mettent en danger la matriarche, impeccable Françoise Fabian, bien décidée à maintenir son statut (quo). En adaptant le polar Small World de Martin Suter, Bruno Chiche nous séduit autant par son suspens (certes, ce n'est pas Agatha Christie) que par sa mise en scène. Un bon film français, en somme.

  12. La chance de ma vie - (7,5) prouve que Virginie Efira a bien fait de quitter la télévision pour se consacrer uniquement à sa carrière de comédienne. En effet après une belle année 2010 (le Siffleur - P.Lefebvre - et surtout l'Amour, c'est mieux à deux - D.Farrugia & A.Lemort), elle renoue avec réussite avec la comédie romantique en incarnant la nouvelle victime du serial-poissard François-Xavier Demaison, véritable aimant à problèmes pour les futures ex-femmes de sa vie. Rythmé, parfaitement interprété (à l'image des seconds rôles impeccables, à l'exception notable d'un Elie Semoun caricatural à l'excès) et soutenu par des dialogues pétillants et des péripéties drolatiques, ce 2e long métrage est une réussite à tous points de vue.

  13. Le monde de Barney - (7,5) est une agréable surprise qui suit les traces d'un éditeur (immense Paul Giamatti récompensé pour son interprétation aux Golden Globes) sur une 30aine d'années, entre mariages (rencontrer la femme de sa vie le jour de son mariage n'est pas facile à gérer) et drames (notamment en raison des disparitions de son meilleur ami et de sa première femme), petites (il crée un fan-club exotique pour son actrice principale has-been afin de lui adoucir son vieillissement) et grandes trahisons (il perd tout pour avoir trop bu). Adaptant le roman de Mordecal Richler, Richard J. Lewis entoure son soliste, miraculeux de grâce, d'un harmonieux quartet (Minnie Driver, Rosamund Pike, Dustin Hoffman, Scott Speedman) dont l'évidence et la subtilité du jeu contribuent aux nombreuses émotions que procure cette vie. Beau et humain, en fait.

  14. Polisse - (7,5) n'est pas une plongée dans l'Île aux enfants (1974 - 1982), malgré le prégénérique musical. En effet, filmé comme un reportage, on suit une équipe de la brigade des mineurs dans leur sordide quotidien plus (le pédophile huppé ayant des appuis politiques) ou moins (l'adolescente prête à tout pour récupérer son portable) sordide. Afin d'être ce dernier rempart d'humanité, Maïwenn crée une véritable bande (Karin Viard fraîche divorcée, Marina Foïs misanthrope par manque de vie, JoeyStarr hypersensible, Nicolas Duvauchelle et Karole Rocher amoureux platoniques, Jérémie Elkaïm si lettré, Naidra Ayadi barrière calme contre l'obscurantisme, Frédéric Pierre chef de bande usé par ses luttes vaines et hiérarchiques...) dont les (més)aventures d'écorchés vifs nous bouleversent, font rire, inquiètent ou révoltent jusqu'à ce temps suspendu final. Grand, mais rude comme tout réveil.

  15. L'Irlandais - (7,5) est une comédie jubilatoire qui place un trafic de drogue international - mené par un trio de bras cassés (avec une préférence pour Marc "Rambo" Strong - sur la route d'un sergent de campagne. Loin d'être policé, ce dernier, amateur de femmes d'adorable vertu et génialement interprété par Brendan Gleeson, a tout de l'attardé raciste et alcoolique. Pourtant, son duo avec l'extraterrestre du FBI (Don Cheadle est parfait, notamment dans ses tentatives désespérées pour capter l'attention des habitants du cru) parvient à nous séduire de manière anachronique certes, à la Bons baisers de Bruges (M.McDonagh - 2008), mais très agréable pour peu que l'on s'y laisse prendre.

  16. Le couleur des sentiments - (7,5) témoigne d'une réalité infâme pas si éloignée puisqu'elle aborde le traitement raciste des femmes noires employées par quelques bourgeoises désœuvrées du Mississippi, persuadées par leur éducation d'être supérieures à leurs bonnes. Entre deux mondes menés d'un côté par Bryce Dallas Howard (détestablement dans son entêtement) et de l'autre par Viola Davis (incroyablement humaine malgré tout), naviguent l'apprentie écrivain (Emma Stone révoltée par la perte de sa seconde mère) décidée à témoigner malgré les risques mortels (KKK & Cie) et sociaux (Perdre ses "amies" ou ses convictions), la survoltée cuisinière (Octavia Spencer immense dans sa vengeance) ou l'exclue car étrangère à la ville (Celia Foote désespérément à la recherche d'un soutien). À la fois ironique et mordante, injuste et touchante, révoltante et jouissive, cette adaptation, réalisée par Taylor Tate, est simplement humaine et mérite la vision.

  17. La défense Lincoln - (7,5) confronte un avocat spécialiste dans la libération de coupables - Matthew McConaughey enfin de retour au cinéma après de trop nombreuses apparitions estivales - à un client - Ryan Phillippe peut-être un peu trop tendre - richissime qui se dit innocent et victime d'un complot destiné à lui extorquer de l'argent. Dès lors, secondé par un fin détective (improbable William H. Macy) ou flirtant avec son ex de l'autre bord (toujours pertinente Marisa Tomei), McConaughey traverse son procès en équilibre subtil entre remords et incertitudes. Sur une trame classique de faux semblants, cette adaptation du roman éponyme de Michael Connely est simplement la meilleure relecture d'un thriller depuis le L.A. Confidential (1997) de Curtis Hanson, tant la manipulation jubilatoire est efficace. À voir avec délectation.

  18. Rio - (7,5) est une excellente surprise, montrant que le studio Blu Sky, créateur de la franchise Âge de glace (2002 - 2006 - 2009), peut rivaliser avec Dreamworks ou Pixar. En s'attachant aux mésaventures de Blu, dernier perroquet bleu mâle de retour à Rio de Janeiro qui ne sait pas voler, Carlos Saldanha nous offre une vision magique de son pays, colorée par la samba et magnifiée par une 3D réussie, démultipliant les personnages délirants à l'instar du bulldog mécanicien ou de la cohorte simiesque, proposant des duos inoubliables tout en détournant savoureusement les clichés classiques (Pedro poussant Blu à séduire Perla, Linda en reine de Carnaval...). Le méchant, Nigel, étant jouissivement à la hauteur, c'est avec tristesse que l'on quitte le Brésil au bout de 90 mn. Vivement le retour dans une suite plus que probable.

  19. Le Stratège - (7,5) est le premier film passionnant à évoquer le baseball, sport quasi-incompréhensible en Europe, en s'inspirant de la vie de Billy Baine, ancien joueur et dirigeant d'une équipe sans moyen. Celui-ci a bouleversé la donne en privilégiant une lecture statistique du jeu plutôt que sportive. La bonne idée des scénaristes a été de faire un film humain dans un univers sportif et non l'inverse, permettant au non-initié de se laisser prendre par les mésaventures des Oakland Athletics. La bonne idée du réalisateur (et surtout des producteurs) a été d'avoir confié les rôles principaux à un duo à la fois improbable et parfaitement associé, Jonah Hill et Brad Pitt. Ainsi, contre la vieille garde limite paternaliste, ils insufflent une modernité dont ils n'obtiendront pas - excellente idée de la vie - les lauriers. Qu'importe, puisqu'ils nous auront convaincu que le base-ball et les mathématiques peuvent provoquer de beaux frissons.

  20. The Artist - (7) a tout du projet Carambar, c'est à dire une blague à la quelle personne ne croit (tourner en N&B sans parole à l'ère de la 3D surfacturée). Pourtant, cette déclaration d'amour au cinéma de l'Âge d'Or est une réussite à la fois parce que le duo principal (Bérénice Bejo et Jean Dujardin) a une évidence rétro et parce que Michel Hazanavicius nous offre une histoire à la Chantons sous la pluie (G.Kelly & S.Donen - 1951), lorsque les débuts du parlant poussèrent de grandes vedettes du muet à disparaître, à la fois enlevée (à l'image des quelques numéros dansants), inventif (à l'instar de ce cauchemar sonore) et intime (comme cette visite maladroite de l'ex-apprentie star à l'ex-star devenue muette). À la fois hommage et modernisation, cet Artist mérite d'être découvert en salle.

  21. Les Winners - (7) offre un nouveau rôle humaniste à l'excellent Paul Giamatti. Celui-ci incarne un avocat frappé par la crise qui décide de prendre sous tutelle un vieil homme atteint d'Alzheimer afin d'empocher la prime qui va avec. Mais sa combine est mise à mal quand surgit le petit fils (le débutant mais convaincant Alex Shaffer) fugueur de ce dernier. Dès lors, les deux vont s'apprivoiser pour se retrouver : Paul son humanité et Alex son avenir. La réussite de ce film indépendant repose autant sur les situations (presque) banales que sur des dialogues simples mais non simplistes et un casting uni (de Melanie Lynskey, petite fille - pas si - indigne, à Jeffrey Tambor, entraîneur parfois jaloux et jalousé, en passant par Amy Ryan, épouse compréhensive et partenaire). Au final, ces Winners dépeignent une réalité de crise avec une espérance revigorante : l'Avenir est ce que nous en faisons.

  22. Rien à déclarer - (7) est contre toute attente réussi. En effet, même si elle s'adresse davantage à ceux qui sont nés avant l'Europe unie, cette comédie a la chance de s'appuyer sur un acteur en état de grâce, Benoit Poelvoorde, qui, en incarnant un douanier belge raciste, est la vraie star de ce film. Entre une reconquête nocturne du territoire belge ou des visites ecclésiales ou familiale, il fait mouche à chaque apparition (à l'instar du couple Janus - Karin Viard / François Damiens parfaits - irrésistibles cafetiers en perdition, ou l'équipée sauvage Lochet - Gamelon, bras cassés audiardiens). Bien sûr, Dany Boon en profite pour nous témoigner son amour des autres et la nécessaire acceptation de nos différences. Mais là n'est pas l'essentiel comme le prouve avec humour la dernière apparition de Poelvoorde face à un plombier asiatique. Ouf ! Rien ne change vraiment tant que l'on peut en rire, ce que l'on fait pendant 108 mn.

  23. Habemus Papam - (7) transforme l'élection d'un nouveau pape en thriller psychanalytique à la fois respectueux et intelligemment irrévérencieux (à l'image du tournoi de volley organisé dans un Vatican coupé du monde). Ainsi, après la désignation du Cardinal Melville (Michel Piccoli épatant et enfin de retour !) à la magistrature suprême, celui-ci ne parvient pas à s'adresser à la foule de fidèles et préfère disparaître, au grand dam de ses condisciples, qui font appel à un célèbre psy (Nanni Moretti athée mais non mécréant) pour l'épauler. Dès lors, son escapade buissonnière et théâtrale est un souffle libertaire rare que l'on espère permanente, mais que l'on sait temporaire. La devise "Urbi et Orbi" n'a jamais été autant d'actualité.

  24. L'Ordre et la Morale - (7) est la deuxième adaptation de l'année d'un témoignage d'un ex du GIGN après l'Assaut (J.Leclercq). Si la première traitait d'un acte héroïque, ce n'est pas le cas de la délivrance des otages de la grotte d'Ouvéa en 1988. En effet, afin de bénéficier du poids politique d'une libération, celle-ci fut accélérée au mépris des efforts de Philippe Legorjus impliqué dans une résolution pacifique. Mathieu Kassovitz nous offre alors une plongée (quasi) journalistique de ce qui a conduit au drame, en se concentrant sur deux hommes : le gendarme qui tente par tous les moyens de solutionner cette folie malgré la démultiplication des portes closes et le preneur d'otage dépassé par les évènements qui n'espère que sortir honorablement de cette erreur. Malgré un budget (pour la France) confortable, il filme au plus près des acteurs, réduisant le champ de vision, afin plonger le spectateur dans cet invraisemblable gâchis. Le résultat n'est pas flatteur pour notre République, mais demeure salutaire.

  25. Tron l'héritage - (7) est un curieux retour vers le passé avec cette suite du film visionnaire de Steven Lisberger. En effet, d'une fidélité excessive, Joseph Kosinski modernise la technologie (on reprend les mêmes combats - Disque / moto - mais 27 ans technologiques plus tard) tout en demandant à Daft Punk une BO ultra-80's (et ses nappes de synthé caractéristiques), oppose 2 versions manichéennes de Jeff Bridges (entre vieux maître Jedi et jeune tyran libérateur), repompe quelques effets matrixiens (Castor et Mérovingien, mêmes histoires) ou StarWariens (période Attaque des clones) et s'entoure d'acteurs inspirés (Jeff Bridges n'est pas le Duc pour rien tandis qu'Olivia Wilde est un magnifique n°13). L'histoire étant plutôt prenante et la 3D réussie, Tron... est une bonne surprise.

  26. Black Swan - (7) est une plongée en apnée dans la psyché psychotique d'une danseuse apprentie étoile infantilisée par sa mère possessive (terrifiante Barbara Hershey), manipulée par son chorégraphe abusif (Vincent Cassel lui montrant concrètement ce qu'est la séduction), enviée par ses coreligionnaires sexuées (voire caliente pour Mila Kunis) et frôlant sa future déchéance (parfaitement incarnée par l'absente Winona Ryder). Dans le rôle-titre, Natalie Portman se transforme, passant de l'innocente cygne blanc dominée au flamboyant cygne noir sexuée, sans parvenir à se distinguer et / ou s'y retrouver. Sa schizophrénie est d'ailleurs amplifiée magistralement par la mise en scène inspirée de Darren Aronofsky qui amène le spectateur aux bords de la folie de son héroïne. Et si tout cela n'était qu'une hallucination ?

  27. Fighter - (7) est un biopic tellement improbable qu'il n'en est que plus passionnant. En s'intéressant au destin et à la rédemption de 2 frères boxeurs, Mark Wahlberg a trouvé SON rôle majeur, portant depuis plus de 10 ans ce projet à bout de bras. Entre la valse des acteurs (à l'instar de Brad Pitt ou Matt Damon) et des metteurs en scène (Darren Aronofsky a fini par quitter le bateau pour The Wrestler - 2009), il lui a fallu beaucoup de ténacité pour arriver à ses fins. Ce sera chose faite sous la houlette de David O'Russell. Entraîné et affuté comme jamais, il n'incarne pas. Il est Micky Ward. Seul soucis : il se fait voler toutes les scènes par son frère, Christian Bale une fois de plus hallucinant en ex-boxeur junkie taulard. Véritable caméléon, celui-ci prouve une fois de plus qu'il est le meilleur dans l'extrême. Au final, cette relecture de Rocky se déguste avec plaisir y compris pour les non-aficionados de la boxe.

  28. Les aventures de Tintin : le Secret de la Licorne - (7) réussit son improbable cahier des charges : rendre l'univers de Hergé transposable sur grand écran. En effet, à l'exception de l'incarnation de Jean-Pierre Talbot durant les années 60, aucune modernisation n'avait été tentée. Or cette fois, le duo Jackson - Spielberg donne des visages réalistes aux personnages imaginés par Georges Rémi, à l'exception (évidemment) de Tryphon Tournesol qui n'apparait qu'à partir du Trésor de Rackham Le Rouge, tout en conservant une imagerie animée. Si l'aspect 3D s'apparente encore (comme à chaque fois ?) à un moyen de surfacturer le billet d'entrée, les aventures de ce 1er volet de la (future ?) trilogie des compères sont pleinement réussies (même si parfois exagérées comme la récupération des 3 parchemins) et devraient satisfaire tous les spectateurs de 7 à 77 ans (et les autres !).

  29. Les marches du pouvoir - (7) n'est pas le brûlot politique attendu. Néanmoins, l'adaptation de la pièce de théâtre de Beau Willmon n'offre pas un portrait optimiste du politique qui doit être prêt à tout pour accéder aux sièges suprêmes. Dans le rôle de l'agneau sacrificiel, Ryan Gosling joue de son charisme de jeune loup, rappelant celui de son réalisateur et démontrant tout le bien de cette année 2011. Il trahit (ses convictions et ses amours) et survit avec une parfaite empathie, comprenant à marche forcée la leçon de Paul Giamatti et son gagnant-gagnant de conseiller. Cynique, certes, mais totalement lucide sur notre société.

  30. Drive - (7) est un polar mutique qui suit les traces d'un cascadeur - Ryan Gosling initiateur du projet - le jour et chauffeur de braqueurs la nuit. Sa routine se bouleverse lorsqu'il sympathise avec sa charmante voisine, Carey Mulligan, dont le mari doit faire un dernier vol afin de payer sa dette auprès de ses usuriers protecteurs. Présenté ainsi, le nouveau film de Nicolas Winding Refn pourrait n'être qu'un nième thriller de série B. Mais par sa mise en scène inspirée (résumée en la scène de l'ascenseur à la fois sensuelle et létale), ses gueules dignes des meilleurs Guy Ritchie ou ses (absences de) dialogues, Drive transcende le genre et transforme cette histoire de chauffeur en rédemption (quasi) christique ou en simple bon moment.

  31. Conviction - (7) est un biopic que seul l'univers judiciaire effrayant américain est capable d'engendrer. Afin de permettre la libération de son frère aîné condamné à vie pour un meurtre qu'il n'a pas commis, la jeune Betty Anne, interprétée avec sincérité par la multi-oscarisée Hilary Swank, va devenir avocate, quitte à renoncer à sa vie personnelle. Bien sûr, la réalisation de Tony Goldwyn est très (trop ?) discrète, mais cette pudeur (volontaire ?) sert admirablement le propos. Même sans atteindre les émotions d'Au nom du père (J.Sheridan - 1993), cet infâme gâchis (Kenny Waters mourut dans un accident de voiture 6 mois après sa libération alors que l'officière de police responsable n'était même pas inquiétée en raison des lois du Massachusetts) marque durablement le spectateur.

  32. Sucker Punch - (7) témoigne une fois de plus du talent graphique de Zach "Watchmen" Snyder. En effet, entre combats picturaux et esthétisme délavé, on suit les aventures fantasmées de Babydoll - craquante Emily Browning, internée de force par un oncle tactile déviant, dans la terrifiante institution de Brattleboro. Là, afin d'échapper à une lobotomie forcée, elle échafaude un plan d'évasion en 5 points qui l'oblige à convaincre 4 coreligionnaires de l'aider. Dès lors, dans un monde parallèle qui prend forme dès qu'elle danse, l'escouade féminine tente de mettre fin à une barbarie tout en y sauvant leur peau. Bien sûr, Snyder force, comme à son habitude, sur les hyper ralentis/accélérations et les teintes surcolorisées tel un mangaku. Bien sûr, ces virées imaginaires ne sont pas d'une modernité confondante. Bien sûr, les coups de théâtre sont longtemps annoncés. Pourtant, cette descente dans une démence (pas si) ordinaire a un charme évident, amplifiée par la cohérence du projet et la plastique aguichante du casting féminin (Abbie Cornish, Jean Malone, Vanessa Hudgens et Jamie Chung). À découvrir d'urgence.

  33. L'Agence - (7) est un mix improbable entre mysticisme (avec le Grand Patron de cette Agence), suspens fantastique (à la Dark City - A.Proyas - 1998) et comédie romantique. Au soir d'une défaite sénatoriale mémorable, le député David Norris - parfait Matt Damon - croise la route d'Elise (souple Emily Blunt) future danseuse étoile, dont il tombe éperdument amoureux. Hélas pour lui, ces sentiments s'opposent aux desseins d'une mystérieuse agence dont il lui est formellement interdit de parler. Dès lors, il va devoir choisir entre son destin et son amour, choix paranoïaque entretenu par quelques anges (bienfaiteurs comme Anthony Mackie ou manipulateurs à l'instar du parfait Terence Stamp). En adaptant une nouvelle de Philip K.Dick, George Nolfi s'offre une première mise en scène haletante sur les coïncidences de la vie. Une étonnante réussite pas aussi heuristique que cela.

  34. Fast and Furious 5 - (7) est un pur western mécanique qui combine film de cambriolage et de voitures. Reprenant le final de l'opus précédent (J.Lin - 2009), il plonge le trio principal (Diesel - Walker - Brewster dans les rôles de leurs vie) dans les favelas de Rio où ils doivent échapper à la pègre et à la police locales (Joaquim de Almeida en tête) ainsi qu'à un chasseur du FBI (Dwayne "The Rock" Johnson). À la fois suite hommage (toutes les stars de la série reviennent sauver nos héros) et reboot (car la fin lance ouvertement la suite), cette 5e aventure est le meilleur film de la licence F & F, menée à 200 à l'heure. Vivement la 6e vitesse.

  35. London Boulevard - (7) est un film atypique dans la lignée de Bons baisers de Bruges (M.McDonagh - 2008) - déjà avec Colin Farrell. Celui-ci incarne un prisonnier libéré récemment qui n'aspire qu'à se tenir loin des embrouilles malgré les multiples attentions d'"amis" (Ben Chaplin parfait en lâche grande gueule) et d'un chef de gang inquiétant (Comment oublier l'entrée de Ray Winstone chez la sœur du héros ?). Pour y parvenir, il accepte de chaperonner une actrice harcelée (Keira Knightley parfaite en star perdue) par des paparazzi depuis qu'elle a renoncé à sa carrière à la suite d'une agression sexuelle secrète, tout en cherchant à venger l'assassinat d'un ami clochard par deux jeunes désœuvrés. Décrit ainsi, on pourrait imaginer que la structure est artificielle, superposant les histoires sans savoir comment les relier. Pourtant, par le jeu (enfin !) inspiré de Farrell, les seconds rôles à l'unisson et une écriture au cordeau, ce London Boulevard procure un plaisir inattendu.

  36. Cadavres à la pelle - (7) permet à John Landis de revenir (enfin !) aux affaires après 12 ans d'absence cinématographique. Pour ses retrouvailles, il choisit d'adapter la vie de criminels anglais, William Burke et William Hare, qui, pour satisfaire les recherches médicales du docteur Knox, assassinèrent 17 personnes à Edimbourg au XIXe siècle, à la sauce facétieuse. Dès lors, même s'il s'éloigne largement des funestes originaux, sa vision parodique nous offre un duo inédit (Simon Pegg - Andy Sirkis) jubilatoire. C'est à qui des deux surjouera le plus. Afin de ne pas les rendre ridicules, il les entoure d'un quatuor tout aussi cabotin (Isla Fisher - Jessica Hynes, amours des 2 affreux, et Tom Wilkinson - Tim Curry, rivaux médicaux). Dès lors, même si le tout ne provoque pas une hilarité constante, cette farce noire est suffisamment caustique pour mériter le voyage.

  37. True Grit - (6,5) marque le retour du western alcoolisé. En effet, en adaptant davantage le roman de Charles Portis que le classique d'Henry Hathaway (1969), les frères Coen s'amusent en rencontrant leur plus grand succès. Il faut dire qu'avec Jeff Bridges en marshal borgne qui tire presqu'aussi efficacement qu'il ne boit du whisky, Matt Damon en ranger presqu'aussi boyscout que texan, Josh Brolin en tueur irascible presqu'aussi sociopathe que malchanceux et l'incroyable découverte (pour moi et 99 % des spectateurs) Hailee Steinfeld en jeune fille vengeresse presqu'aussi exceptionnelle que butée ils ont une main majeure afin de séduire le spectateur. Entre scènes d'anthologie à l'instar de la démonstration plus où moins réussie des aptitudes au tir du marshal Cogburn et d'esthétisme graphique comme l'ultime scène nocturne équestre, ce retour occidental s'apprécie pleinement.

  38. Le fils à Jo - (6,5) est un film de terroir qui parlera davantage à la province rugbystique qu'à la capitale footballistique. Et je dois bien le confesser, je fais partie de la 1ère catégorie. Pourtant, ce fils... multiplie les lourdeurs, à l'instar d'un scénario cousu de cordes navales, des amitiés bourrues mais sincères qui s'opposent aux vilains profiteurs, de jolies voisines irlandaises (surtout pas anglaises !) qui ne sont pas que de passage, de conflits (mais pas trop) père-fils novateurs... . Mais la qualité de l'interprétation (du génial Gérard Lanvin à la craquante Karine Lombard en passant par l'incroyable Forrest, Vincent Moscato, le copain à la vie, Olivier Marchal, et le rancunier, Abbes Zahmani), l'humanité des situations et l'univers du rugby (1ère, dans mes souvenirs) font passer un excellent moment, couronné par un succès public inattendu et mérité.

  39. Hugo Cabret - (6,5) est le parfait conte de Noël tout en permettant à Martin Scorsese d'exprimer son amour agiographique du cinéma. En suivant les pas d'un orphelin survivant dans la gare Montparnasse sous la menace d'un chef de gare claudiquant (méconnaissable car sobre Sacha Baron Cohen) et soutenu par l'héritière des Foster et autre Dunst, Chloe Moretz, on rencontre un vendeur de jouets automates (Ben Kingsley parfait et émouvant Georges Méliès). Tout devient alors tour de force de mise en scène (le déraillement, la fuite de Hugo...) et féerie de couleurs (la projection du Voyage à la Lune...). Scorsese aime le cinéma et a le talent de nous faire partager cet amour. Seule question : avait-il vraiment besoin de le faire en 3D ?

  40. Gnoméo et Juliette - (6,5) revisite le plus célèbre drame véronais à la mode nain de jardin. Ainsi suit-on les rivalités entre les Rouges Redbrick et les Bleus Bluebury sous fond de coups en douce, de courses de tondeuses et de chansons d'Elton John dans un monde à la Toy Story (1995 - 1999 - 1999) où tout se fige dès qu'un humain croise la route de nos héros. La suite est connue de tous comme nous le rappelle un hilarant prologue. La réussite de Kelly Asbury, transfuge disneyen de Dreamworks, repose sur la qualité sans faille de l'animation, un grand écart référentiel qui parlera à tous les publics et un univers simplement original et létal (Gare à la chute).

  41. 127 heures - (6,5) est à la fois une incroyable ode à la vie et une renaissance quasi-mystique. Tiré d'une histoire vraie, ce film suit les traces et l'accident qui coûta l'avant-bras d'un aventurier, ce dernier restant plus de 5 jours prisonnier d'un éboulement. Seul, face caméra, sans possibilité de mouvement, James Franco mérite largement sa citation aux Oscars, tant il parvient à faire passer toutes les émotions et autres hallucinations qui vont le frapper pendant sa renaissance morale. Danny Boyle n'échoue pas son retour à l'écran après le triomphal succès du surfait Slumdog Millionnaire (2009), tant sa mise en scène variée (aussi bien en forme qu'en fond) colle parfaitement à cette histoire extraordinaire. Si après l'avoir vu, vous êtes toujours tenté par une longue escapade montagnarde, n'oubliez pas de prévenir vos proches de l'endroit où vous irez, au cas où...

  42. La planète des singes : les origines - (6,5) tient à la fois du reboot et du préquelle de l'œuvre de Pierre Boulle. En effet, dans une société qui pourrait être la notre, Will Rodman (James Franco qui assume avec brio d'être un 3e choix) recherche un remède contre la maladie d'Alzheimer qui frappe son père (émouvant John Lithgow), testant différentes formules sur des singes. L'une d'entre elle met au monde César, un jeune chimpanzé, qui développe rapidement une intelligence bien supérieure à celle de son espèce. Mais à la suite d'un incident, les autorités l'obligent à placer César dans un refuge où le personnel maltraite ses congénères. Dès lors, conscient de la situation, il prend la tête de leur révolte quitte à oublier son passé "humain". La réussite de cette version tient dans la perfection de la motion capture confiée une fois de plus à Andy Sirkis (expert mondial) et au réalisme de la situation, emprunte d'humanité. Bien sûr, cette Origine se veut l'opus inaugural d'une nouvelle franchise. Mais qu'importe, puisque le film est réussi.

  43. Blue Valentine - (6,5) est la version désespérée de (500) Jours ensemble (M.Webb - 2009). Construit en parallèle, on suit les débuts et la fin d'une histoire d'amour entre Ryan Gosling et l'exceptionnelle Michelle Williams (qui a eu la malchance de croiser la concurrence hallucinée de Natalie Portman aux Golden Globes et aux Oscars). Loin d'être un simple exercice de style vain, cette structure amplifie la douleur de leur éloignement sous-tendue par la présence de leur fille aimée (et sa douloureuse mais inéluctable fin). Présentée à Cannes en 2010, cette 1ère réalisation de Derek Cianfrance est une belle rencontre, bien que triste, qui nous met en appétit pour la suite de ses péripéties.

  44. Carnage - (6,5) est un exercice de style que Roman Polanski s'est offert après sa libération helvète. En adaptant le huis-clos théâtral multirécompensé de Yasmina Reza qui réunit deux couples venus achever la querelle de leur fils, il s'entoure d'un quatuor brillant (Jodie Foster, Kate Winslet, John C. Reilly et Christoph Waltz) qui, pendant 90 mn, va perdre tout verni civilisé et joyeusement s'étriper, réglant les comptes de leurs couples (avec une jubilation évidente du duo féminin cité aux Golden Globes). Bien sûr, la forme pourra décevoir certains qui n'y verront qu'une nième captation théâtrale. Mais la tension et l'implosion des valeurs feront passer un bon moment à la majorité des spectateurs.

  45. Les Lyonnais - (6,5) marque le retour d'Olivier Marchal à la mise en scène après le sombre MR 73 (2008). Délaissant ses ex-collègues, il nous offre une virée (légèrement) inspirée par la vie tumultueuse d'Edmond Vidal - ex-chef de gang, alternant deux époques afin de narrer une histoire d'amitié trahie. Pour ce faire, il confie à l'épais Gérard Lanvin le rôle prévu un temps pour Alain Delon et l'entoure du casting de gueules de l'année (Tchéky Karyo, Daniel Duval, François Levantal, Lionnel Astier, Patrick Catalifo, Francis Levantal). Bien sûr, ce polar est très eighties et testéronné. Mais, les péripéties s'enchaînent sans temps mort et les acteurs défendent convaincus leur personnage. Un bon moment à l'ancienne.

  46. Comment font les femmes ? - (6) est le premier film mettant en scène Sarah Jessica Parker que je supporte. En suivant le quotidien d'une femme qui tente de mener de front une vie professionnelle réussie (entre une assistante célibattante et future mère par accident - Olivia Moon - et un partenaire humaniste séduisant et veuf - Pierce Brosnan) et une vie familiale épanouie (avec 2 enfants qui lui reprochent ses trop nombreuses promesses non tenues et un mari entrepreneur dépassé - Greg Kinnear), Douglas McGrath parvient à me séduire, notamment grâce à ses témoignages souvent hilarants (des mères modèles au collègue jaloux) et ses bulles de présentation. Bien sûr, le tout est inoffensif voire naïf. Mais pourquoi refuser la légèreté lorsqu'elle est plaisante ?

  47. Forces spéciales - (6) est un ovni dans la production française, tant il parait incongru de voir un film de sauvetage militaire français. Pourtant, une fois accepté l'improbable, l'unité en charge de celui-ci est aussi crédible que ces devancières américaines. En effet, composée de têtes d'affiches (Djimon Hounsou et Benoît Magimel) et de gueules (Alian Figlarz ou Marius) investies, cette équipe rend crédible la libération de l'agaçante journaliste (Diane Kruger plus que crédible en tête à claques) et leur fuite dans un environnement hostile et létale. Malgré quelques ficelles tendance amarres (mais, oui, j'ai bien vu un amiral...), leur survie divertit pleinement, sans être (tout à fait) ridicule (à l'exception du final).

  48. Limitless - (6) rend le nouveau héros US, Bradley Cooper, plus intelligent qu'Albert E. grâce à une drogue expérimentale, la NZT, fournie par son ex-futur beau-frère. Seul problème : l'effet ne dure que 24 h et la quantité récupérée doit être partagée avec un usurier russe. Dès lors, malgré le ridicule de l'évolution du héros (du beatnik mythomane limite épave au riche broker propret limite homme politique qui ne pense qu'à "ça" dès son réveil), le style clipesque afin de symboliser la perte de repères temporels d'Eddie ou Robert De Niro qui n'a aucune matière à défendre, le fun assumé de ce popcorn movie ouvre l'époque estivale avec une fraicheur toute à fait appréciable. Un divertissement vite oublié, certes, mais divertissant !

  49. Paul - (6) est le nième avatar des productions pour geeks initiées par Hollywood. Mais celle-ci a un avantage de poids : son duo principal Simon Pegg - Nick Frost. Leur complicité fusionnelle rend leur couple d'ufologues aussitôt crédible et attachant, tant ils semblent venus d'ailleurs. Leur route croise celle d'un extraterrestre en rupture de ban du gouvernement américain décidé à le disséquer afin d'obtenir ses derniers secrets. Plutôt bien animé, Paul n'a qu'un seul défaut : être doublé par Philippe Manœuvre, celui-ci n'offrant que peu de variations à son personnage. Entre religieux bornés et men in black décérébrés, leur fuite s'appréhende avec plaisir. Rafraichissante, cette balade quasi-redneck s'oublie, hélas, dès le film achevé.

  50. Comment tuer son Boss ? - (6) est une comédie inattendue et enlevée qui propose une alternative à la version "Au revoir, président" de la loterie nationale. En effet, alors que leurs 3 patrons les humilient (Colin Farrel incompétent héritier, Jennifer Aniston nymphomane dentiste et Kevin Spacey narcisse manipulateur en mode excessif jubilatoire), un trio d'amis (Jason Bateman, Charlie Day, Jason Sudeikis en mode Very Bad Trip - T.Phillips - 2009) cherche au près de Jamie Foxx un moyen de mettre fin à leurs malheurs. Sans prétention et soutenue par de bonnes répliques, cette comédie estivale emporte sans mal l'adhésion et devrait être suivie d'une suite.

  51. The Troll Hunter - (6) est une surprise. Filmé à la Projet Blair Witch (D.Myrick & E.Sanchez - 1999), on suit les pas d'un chasseur de trolls norvégiens désabusé qui tente par ce reportage de faire comprendre la difficulté de son métier à des étudiants moqueurs. Mi-sérieux, mi-crédule (ne surtout pas être catholique pour faire ce job), ce documenteur manque parfois sa cible en raison d'effets numériques limite grotesques et d'une très (trop ?) large improvisation générale. Pourtant, l'originalité du propos (ce n'est pas un nième raté horrifique) et quelques belles trouvailles (à l'instar des images d'archive du premier ministre norvégien) nous font passer un bon moment.

  52. L'Assaut - (6) nous plonge au cœur de la plus célèbre prise d'otages aérienne, le détournement du vol Air France 8969 par des membres du GIA. Filmant au plus près de ses personnages comme Peter Greengrass (notamment Vol 93 - 2006), Julien Leclercq humanise les mystérieux membres du GIGN formés pour se sacrifier. Afin de crédibiliser au maximum son propos, il entoure Vincent Elbaz de réels militaires et multiplie les points de vue, quitte à ce que certains soient plus cinématographiques que réalistes (notamment autour du personnage de Mélanie Bernier). Hélas, à trop vouloir bien faire, il rate le coche de l'empathie et finit par laisser ses spectateurs sur le côté. Parfait documentaire de recrutement pour le GIGN, il a au final davantage sa place sur le petit écran que le grand.

  53. M.Popper et ses pingouins - (6) est une aimable comédie familiale qui, sans être extraordinaire, peut s'apprécier sans honte. Ainsi, suit-on les mésaventures de Tommy Popper (Jim Carrey en mode The Mask) un agent immobilier qui a sacrifié sa famille à son métier. Alors quand son père lui lègue un groupe de pingouins, il voit sa vie professionnelle déraper au profit de son humanité retrouvée. Bien sûr, la technique parvient à donner vie à ses craquants manchots. Mais l'émotion vient aussi du reste du casting, notamment féminin (Carlo Gugino et Angela Lansbury), qui ne fait pas de cette adaptation un simple one-man show. Un bon divertissement de Noël avec 5 mois d'avance.

  54. Mission : Impossible - Protocole fantôme - (6) marque le retour de Tom Cruise sur le devant de la scène (et heureusement pas scientologue) avec sa franchise. 5 ans après ses dernières aventures, on le retrouve au cœur du Kremlin pour une nouvelle mission d'IMF. Mais sa destruction et la responsabilité potentielle de son équipe poussent le président américain à lâcher le quatuor de Cruise. Dès lors, sans soutien logistique, Cruise et consort (Jeremy Renner en clone de Hunt, Simon Pegg en faire-valoir comique et Paula Patton en double quota) vont tout faire pour laver leur honneur (et sauver leurs peaux). Pour y parvenir, Brad "les Indestructibles" Bird multiplie les moments de bravoure sans originalité mais efficacement. Est-ce parce que le tout est extrêmement linéaire ou parce que le scénario sursouligne ses intensités psychologiques (Pôooovre Renner...) ou bien parce que le prologue surpasse le reste du film que le plaisir n'est pas entier ? La question demeurera jusqu'au 5e futur épisode.

  55. Le Rite - (6) suit les pas d'un futur ex-prêtre parti étudier la théologie afin de fuir un quotidien de croquemort peu attractif. Alors qu'il va renoncer à l'aube, on lui propose de suivre une formation d'exorciste. Dubitatif et sceptique, il assiste le Père Lucas lors d'une cérémonie. Ses convictions évolueront peu à peu grâce à ses expériences et au personnage atypique défendu par l'emblématique Anthony Hopkins. Cousu totalement de fils blancs, cette rédemption bien pensante surpasse sans mal les tentatives récentes mystiques (le Dernier exorcisme - D.Stamm - ou Paranormal Activity 2 - T.Williams - en 2010, pour ne citer que les navets récents) et s'apprécie étonnamment.

  56. Killing Fields - (6) s'inspire d'un fait divers poisseux texan. Entre rivalités policières, deux inspecteurs (l'épais désabusé Jeffrey Dean Morgan et le dynamique Sam Worthington sont totalement habités par leur rôle) tentent de mettre fin aux agissements d'un tueur en série, notamment quand celui-ci s'attaque à la jeune Anne (Chloe Moretz encore parfaite), une ado protégée par Morgan en raison de son environnement dysfonctionnel - qui nous offre le retour - enfin ! - de Sherry Lee. La qualité de ce polar repose aussi bien sur son interprétation que sur son ambiance suintante. Si une enquête parallèle parasite l'histoire, le final, plutôt réussi, nous convainc définitivement sur les qualités de la jeune réalisatrice Ami Canaan Mann, fille de.

  57. Rango - (6) plonge un caméléon mythomane de compagnie dans un far-West contemporain où l'eau vient à manquer. À la suite d'un banal incident de voiture, il se retrouve dans la ville de Poussière, y devenant le nouveau shérif après avoir raconté ses aventures imaginaires et avoir mis fin, par chance, à la menace d'un oiseau. Si l'histoire que Gore Verbinski développe n'a rien de révolutionnaire (jusqu'à son introduction narrative exploitée quelques semaines plus tôt dans Gnoméo & Juliette - K.Asbury), elle s'appuie sur une animation sans faille (avec la 1ère participation d'ILM), un casting vocal de haute-volée (Johnny Depp, en tête), des clins d'œil complices au western spaghetti en nous offrant quelques pistes de réflexion écologique. Au final, on y passe 100 mn sympathiques, rapidement oubliées une fois la salle de cinéma quittée, ce qui n'est toutefois pas si mal.

  58. Thor - (6) avait tout du projet Marvel improbable : un réalisateur anachronique - le Shakespearien Keneth Branagh (Et on se rappelle ce que cela avait donné lors du choix d'Ang Lee pour l'insurpassable Hulk - 2003), un personnage méconnu voire antipathique, un inconnu dans le rôle principal (à l'instar de Brandon Routh pour Superman returns - B.Singer - 2006) entouré de stars oscarisées. Tout aurait dû conduire à un naufrage complet. Pourtant, à l'aide d'un scénario moins manichéen qu'à l'accoutumée, des effets spéciaux dynamiques, voire explosifs, et quelques bonnes réparties, ce Thor convainc, ce qui est franchement inattendu.

  59. Time Out - (6) plonge Justin Timberlake (qui ne devrait se concentrer que sur sa carrière réussie - elle - d'acteur) dans un futur proche où le temps a remplacé l'argent. Après avoir reçu un siècle d'un richissime désespéré, il devient la cible du gardien du temps (Cillian Murphy en mode Matrix). Dès lors, confronté à l'opulence temporelle de nantis, il se lance dans une croisade Robinesque, secondé par la petite Princesse (Amanda Seyfried enfin de retour aux affaires) de cette société caricaturalement injuste. Même si ce Time out est un Andrew Niccol mineur (on ne peut pas toujours être au niveau de l'anticipant Bienvenue à Gattaca - 1998 - ou du déprimant Lord of War - 2006), il reste supérieur à la majorité de la production récente.

  60. Sans identité - (6) prouve que Liam Neeson n'est pas fait pour les voyages européens puisqu'après le rapt de sa fille dans le parisien Taken (P.Morel - 2008), c'est au tour de sa vie qu'une visite berlinoise fait disparaître. Après un accident qui l'a placé 4 jours dans le coma, privé de son histoire et pourchassé par des tueurs butés mais maladroits (à moins que l'entraînement de M. Neeson n'en ait fait une arme fatale), le docteur Harris multiplie les fuites automobiles crissantes, les escapades pétaradantes et les questionnements meurtriers afin de découvrir la Vérité. Pour ce faire, Jaume Collet-Serra, précédemment auteur de Esther, lui associe la clandestine autochtone multicartes Diane Kruger et l'ex-Stasi nihiliste Bruno Ganz. Ce trio s'en sort bien, pour ce thriller efficace, mais prévisible.

  61. Contagion - (6) débute au 2e jour d'une pandémie inconnue. En reprenant une structure à la Traffic (2000), Soderbergh nous offre un visage multiple et réactionnel de ce qu'aurait pu être le H1N1, entre recherches médicales expérimentales et incontrôlables (Kate Winslet ou Laurence Fishburne) et paranoïas gouvernementales, manipulations publicitaires (Jude Law) et égoïsmes locaux (Maintenir à tout prix le week-end d'achats pré-Noël), protections familiales et émeutes de survie. Epaulé par une cohorte d'acteurs de premiers plans et mortels (car, pour une fois, les stars ne sont pas épargnées), il parvient à nous inquiéter dans nos gestes communs (pousser une porte, taper un code digital...) tout en nous délivrant un constat informatif peu serein. Bien sûr, certains s'agaceront de la trop grande dispersion des points de vue, soulignant la (relative ?) superficialité du propos. Mais Contagion n'est qu'un film, inquiétant parfois, mais divertissant surtout.

  62. Stone - (6) suit les pas d'une évasion légale de prison. Ainsi, Edward Norton doit passer devant une commission d'évaluation avant une éventuelle libération anticipée. Afin de mettre toutes les chances de son côté, il utilise sa (très !) sexuée épouse (Milla Jovovich sensuelle et vénéneuse) pour séduire le futur retraité (Robert De Niro entre folie et obsession) en charge de son dossier. L'ensemble serait d'un banal classicisme si John Curran ne plongeait pas son duo masculin dans une religiosité destructurante (Norton atteint une sereine distanciation alors que De Niro perd de plus à plus une foi bancale). Sursoulignant son propos (Ah, ce prologue ...), Curran sauve de peu l'intérêt du spectateur tant il gâche son matériel à trop vouloir expliciter ses intentions. À voir pour les acteurs en ne cherchant pas à imaginer ce que Stone aurait pu devenir avec un metteur en scène inspiré.

  63. We want Sex equality - (6) témoigne du combat égalitaire d'ouvrières Ford dans l'Angleterre des sixties. S'apercevant qu'elles sont payées un quart de moins que les hommes, 183 femmes de l'usine de Dagenham se mettent en grève au printemps 1968 afin d'obtenir un salaire égal. Déjà réalisateur du féministe Calendar Girls (2003), Nigel Cole est rapidement apparu comme le metteur en scène idéal pour ce projet, ayant lui-même grandi à quelques kilomètres de l'usine. Il s'entoure d'un casting féminin mené par la (volontairement) banale épouse Sally Hawkins et sauve (un peu) l'aveuglement masculin (avec l'antipathique et menaçant Richard Schiff) grâce à l'humanisme très steedien de Bob Hoskins. Alors certes, les conséquences politiques de cette lutte ont été (peu) subtilement récupérées par Ford, comme en témoigne l'épilogue, mais ce petit film, triplement récompensé à Dinard, méritait davantage que sa sortie plus que discrète.

  64. Pirates des Caraïbes - La Fontaine de Jouvence - (6) assure le minimum syndical de la série en conservant l'essentiel (le duo de pirates - Jack Depp outrancier en roue libre et Geoffrey Barbossa devenu corsaire par vengeance - et une quête mythique - l'Immortalité). Malheureusement, alors que la trilogie initiale (G.Verbinski - 2003 - 2006 - 2007) démultipliait à l'excès les intrigues secondaires, faisant ainsi vivre les péripéties de Sparrow, ce 4e opus tente de rentabiliser le salaire mirobolant de Johnny Depp en ne nous proposant qu'une histoire linéaire où le malhonnête Sparrow est de toutes les scènes. Si l'indigestion n'est jamais loin, il reste l'inquiétante présence de Barbe-Noire (Ian McShane sombre sorcier inhumain), le couple impossible (la sirène Astrid Berges-Frisbey et l'évangélisateur Sam Claflin) et l'érotique (presque amoureuse) Penélope Cruz. Pas tout à fait insuffisant pour s'ennuyer, mais il s'en faut de peu.

  65. Le Marquis - (6) est un Buddy movie extrêmement classique qui évoque, sans en atteindre les qualités, les œuvres de Francis Veber. Ainsi, Richard "Milan" Berry - plus clown blanc que d'habitude - et Franck "Pignon" Dubosc - toujours aussi mauvais acteur car n'ayant qu'une seule corde à son arc de comédien - doivent faire équipe afin de dérober 200 millions de dollars pour le compte de Jean-Hugues Anglade, psychopathe en chef. Evidemment, cette association de bras cassés parviendra cahin-caha à se sortir de cette situation délétère, tout en nous faisant régulièrement sourire à défaut de rire franchement. Dominique Farrugia n'est pas un nouvel Orson Wells mais un honnête artisan qui trousse une comédie familiale plaisante.

  66. Morning Glory - (6) est une comédie sympathique, parfois paresseuse, où l'on suit Becky Fuller (adorable, mais anecdotique Rachel McAdams), jeune productrice télé engagée pour redynamiser les audiences catastrophiques d'une matinale. Pour ce faire, elle sort de sa semi-retraite dorée Mike Pomeroy (Harrison Ford en roue libre jubilatoire), odieux journaliste multiprimé, contraint par contrat d'accepter la co-présentation de Daybreak avec la diva Colleen Peck (Diane Keaton en mode Cher). Roger Michell nous offre un aimable divertissement (Ah, les interventions de Steve Park, météorologue testeur malgré lui !), saupoudré d'une pointe de romance et de bons sentiments. Familial, certes, mais pourquoi s'en plaindre ?

  67. De l'eau pour les éléphants - (6) offre enfin un rôle plus convaincant à Robert Pattinson qui ne redoute plus la lumière du jour. Plongé dans la dépression de 1931, il incarne l'apprenti-vétérinaire du cirque itinérant Bozini mené d'une main terrible par August (Christoph Waltz en roue libre limite surjeu), qui tombe amoureux du fruit défendu (Reese Witherspoon en semi-couguar). Si la forme n'a rien de révolutionnaire (un trio amoureux dans un univers moins classique), le charme qui s'inspire de la défunte mais exceptionnelle série la Caravane de l'étrange (2004 - 2006) opère pleinement même si les ficelles sont particulièrement grossières (comme son intro à la Titanic - J.Cameron - 1997) et cousues de cordes marines, à l'instar de l'animal de compagnie des héros, Rosie, une éléphante de 53 ans. Ce (faux) plus grand chapiteau du monde nous propose une virée agréable, à défaut d'être spectaculaire.

  68. Un jour - (6) tente de révolutionner (voire plutôt se distinguer dans) la comédie romantique en nous proposant de suivre la relation sentimentaloconflictuelle qui lie pendant 20 ans Anne Hathaway et Jim Sturgess. En présentant une journée particulière de quelques années, Lone Scherfig construit et déconstruit leurs existences amoureuses (un amour confortable pour celle-ci) ou professionnelles (un emploi télé pathétique pour celui-là), tout en croisant leurs destins amicaux. Adaptant un roman à succès de David Nicholls, la réalisatrice a choisi de nous présenter la conclusion tragique dès le départ, parvenant à nous la faire oublier pendant près de 85 mn. Lorsqu'elle survient, elle souligne douloureusement notre propre temporalité et nous émeut pleinement. Une réussite à suivre, en somme.

  69. Colombiana - (6) est une version chicano de ce qu'aurait pu être Mathilda si Luc Besson avait donné une suite à son chef d'œuvre Léon (1994). À la suite de l'assassinat de ses parents, la jeune Cataleya se réfugie aux États Unis où son oncle lui apprend le métier de tueuse à gages. Naturellement, sa route professionnelle croise celle des meurtriers familiaux, contrariée par les autorités locales pugnaces. En mélangeant action échevelée et expertise policière, Olivier Mégaton confirme son talent pour déclencher les montées d'adrénaline de ses spectateurs (le contrat dans le commissariat est digne du premier Mission : Impossible - B.De Palma - 1996 - et son casse de la CIA). Il faut dire qu'en offrant le rôle principal à Zoe Saldana, le duo Mégaton - Besson a eu une idée de génie tant l'actrice s'est investie corps et âme pour être cette tueuse vengeresse. Au final, malgré quelques facilités inhérentes des scenarii bessoniens, Colombiana est un bon cru.

  70. Crazy, Stupid, Love - (6) est une aimable comédie adulte qui suit la reconstruction de Cal Weaver (Steve Carrell en mode effacé) après son divorce. Célibataire incompétent, il est pris sous l'aile instructive du tombeur Jacob Palmer (Ryan Gosling métrosexuel triomphant) qui lui donne les rudiments de survie amoureuse. Dès lors, après quelques aventures (ah, les rencontres enseignantes...), il tentera de reconquérir son ex-femme (Julianne Moore responsable mais pas coupable). Malgré quelques longueurs (Pourquoi Judd Apatow a imposé une durée standard de 2 heures pour la nouvelle comédie américaine ?), mais grâce à quelques scènes cultes (la rencontre familiale finale, le triangle amoureux transgénérationnel) et des dialogues fleuris et convaincants, CSL remplit pleinement son office divertissant.

  71. L'Affaire Rachel Singer - (6) remake le film israélien La dette (A.Bernstein - 2007), présentant d'anciens agents du Mossad devenus célèbres après l'élimination du Chirurgien de Birkenau (parfait Jesper Christensen) en 1965. Seulement cette version n'est qu'un mensonge qui risque de faire tomber leurs vies heureuses si Rachel Singer, seule rescapée mobile, n'achève enfin le monstre. Construite en flashbacks, cette adaptation laisse la part belle au duo féminin Helen Mirren - Jessica Chastain qui incarne l'héroïne avec une égale conviction. Certes, quelques (grosses !!!) ficelles interviennent de temps en temps (Ah, l'évasion ratée de Berlin Ouest ! Ah, l'évasion réussie de Vogel !) comme quelques tensions survendues (notamment lors des 10 jours de séquestration). Mais, au final, ce thriller, absolument pas révolutionnaire, tient son cahier des charges.

  72. Submarine - (6) nous offre le portrait décalé d'un adolescent (étonnant et touchant Craig Roberts) qui doit empêcher sa mère de tomber amoureuse d'un gourou et conquérir la plus jolie fille de son collège. Entre petites réussites et maladresses alcoolisées, notre héros parviendra à ses fins. L'une des réussites de ce film repose sur le formalisme de la mise en scène de Richard Ayode qui place cette histoire dans une Angleterre post-70's à la fois crédible et fantasmée propice à cette histoire entre innocence et maturité. La musique réussie et les multiples extravagances (ah, lire le dictionnaire pour se détendre) contribuent au charme de ce sous-marin.

  73. Johnny English - le retour - (6) marque le retour du furieux agent secret. Si la partie monacale tibétaine est la plus réussie du film, la suite ne trahit pas l'opus originel (P.Howitt - 2003), puisqu'il confronte le gaffeur Rowan Atkinson à une mystérieuse organisation d'assassins, pastichant l'univers codifié des agents secrets avec fougue (du bunker improbable aux gadgets absurdement utiles en passant par la patronne du MI 7 - Gillian Anderson magnifique). Entre la poursuite la plus lente du cinéma et un fauteuil récalcitrant, une tueuse escamotable et une ex-James Bond Girl (Rosamund Pike), un cocktail à ne pas boire et un auto-combat improbable, ce 2nd volet fait davantage rire qu'il ne consterne, prouvant une fois de plus le talent de mime de Mr Bean.

  74. Bienvenue à bord - (5,5) nous plonge dans la vengeance d'une femme trahie (Valérie Lemercier jubilatoire) qui espère saboter la croisière inaugurale de son ex-amant et patron (Lionel Astier truculent) en confiant à l'incompétent Franck Dubosc (monoemploi) l'animation du Costa Atlantica. Hélas, si le début laisse espérer une comédie rythmée, très vite, Eric Levaine la tempère d'un humanisme qui transforme le boulet Rémy en fée Amélie. Dès lors, malgré l'abattage des seconds rôles (dont le toujours parfait Gérard Darmon), Bienvenue accoste cahin-caha sur les rives zygomatiques. C'est déjà pas mal dans la sinistrose automnale, mais espérons que la suite sera plus mouvementée au niveau des côtes.

  75. Le Chat Potté - (5,5) est une préquelle poussive de la série Shrek (2001 - 2004 - 2007 - 2010) qui nous propose donc l'enfance du félin et son amitié trahie avec Humpty Dumpty (célèbre dans les pays anglo-saxons). Si l'animation demeure de qualité, le scénario n'a rien de transcendant comme si Dreamworks avait définitivement renoncé à toute ambigüité ou toute profondeur psychologique, sachant son match contre Pixar perdu d'avance. On passe alors un moment agréable mais pas vraiment transcendant, le conte "Jack et le haricot magique" ayant été déjà abondamment exploité.

  76. The Company Men - (5,5) est la vision (presque) hollywoodienne de la crise financière récente à travers les destins variés de 3 cadres supérieurs d'une même société. Au plus bas de l'échelle alimentaire des prédateurs, Ben Affleck incarne un jeune vendeur obligé d'abandonner sa maison et ses greens pour survivre (sic !), se (re)découvrant même dans l'adversité au contact d'un beau-frère (Kevin Costner en mode bâtisseur) bourru. Vient, ensuite, Chris Cooper, fidèle second, simplement sacrifié sur l'autel d'un jeunisme facile (re-sic !). Enfin, l'entrepreneur Tommy Lee Jones, en mode vieux loup de mer, tente de se révolter face à un capitalisme inhumain (re-re-sic !) auquel il a largement participé. Au final, même si c'est lent, évident, parfois ouvertement pathos et moralement limite (voire limité), la qualité de l'interprétation parvient à sauver cette (fausse) charge systémique.

  77. 50/50 - (5,5) a tout du mélo facile en présentant les conséquences de la découverte d'un cancer létale sur le jeune Adam (Joseph Gordon-Levitt investi) et son entourage. Entre exubérance (personnifiée par le meilleur ami Seth Rogen qui ruine la relation amoureuse d'Adam) et maladresse (comme les premiers pas de thérapeute d'Anna Kendrik), tristesse (Angelica Huston a déjà vu son mari perdre ses souvenirs) et amour de la vie (les rencontres entre cancéreux sont incroyables), on suit cette descente prévisible, pas toujours privée du pathos du pitch.

  78. Rouge comme le ciel - (5,5) s'inspire de faits réels dans l'Italie des sixties. À la suite d'un accident domestique, le jeune Mirco perd la vue et doit quitter son école communale afin de rejoindre, comme la loi transalpine le lui impose, un institut religieux pour jeunes déficients visuels. Entre un directeur rigide et passéiste et un abbé instituteur mentor, il va recréer un monde sonore illustrant avec talent son imaginaire et découvrir l'amour avec sa jeune voisine qui va lui permettre de s'ouvrir à nouveau au monde. Histoire de courage (presque) ordinaire et à priori de mélo, ce Rouge... n'abuse jamais d'effets tire-larmes, préférant la pudeur à l'excès. Maintenant, faut-il vraiment le découvrir dans une salle obscure plutôt qu'en téléfilm éducatif du mercredi soir ? La question est plus que pertinente.

  79. Transformers 3 - la face cachée de la lune - (5,5) nécessite pour s'apprécier pleinement de déconnecter votre cerveau tant l'absence de scénario est flagrante. Si Michael Bay n'a jamais été reconnu pour son cinéma intellectuel, on peut lui faire confiance pour son lot d'action et ses effets spéciaux réussis. Dans ce que j'espère être l'ultime volet de ce hold-up nostalgique, on suit le duo LaBeouf - Optimus à nouveau réuni pour empêcher la colonisation de la terre par les Decepticans et ses alliés. Avant d'y parvenir, le spectateur traversera une orgie de décibels et d'images de synthèse (dont le clou est au centre de la bande annonce). Si ce chapitre surpasse sans mal l'opus précédent, l'apport de la 3D est au même niveau que celui de la trilogie au cinéma : nulle.

  80. Sex Friends - (5,5) est un produit formaté de consommation romantique avec de beaux (pas forcément bons, même s'ils l'ont déjà été) acteurs, Natalie Portman et Ashton Kutcher en tête. Ces derniers interprètent des amis qui, devant les échecs récurrents de leurs vies amoureuses passées, décident de ne devenir qu'amants sans le poids des sentiments. Naturellement, tout ne sera pas aussi simple. Mais c'est le principe d'un tel film, tout à fait consommable, mais aussi oubliable après avoir quitté la salle de cinéma.

  81. 30 minutes maximum - (5,5) marque le retour du duo Fleischer / Eisenberg responsable du jubilatoire Bienvenue à Zombieland (2009). Hélas, malgré un pitch improbable (un duo d'idiots force un livreur de pizzas à dévaliser une banque afin de leur permettre de payer un tueur à gages), le charme n'opère pas autant. Bien sûr, l'absurdité des situations et les relations particulières des deux duos principaux, aussi loosers les uns que les autres, nous procurent quelques sourires. Seul le souvenir de Bienvenue... nous incite à attendre la prochaine aventure du duo Fleischer / Eisenberg en espérant que ces 30 mn... n'auront été qu'un accident.

  82. Super 8 - (5,5) plonge une troupe d'ados liée par leur amour du cinéma au cœur d'une conspiration militaire venue faire le ménage à la suite du déraillement nocturne d'un train. Hommage à tous les niveaux au cinéma des 80's en général et de Spielberg en particulier, ce Super 8 cite tellement (des Goonies à ET en passant par Rencontres du troisième type ou la Guerre des mondes) qu'il en devient un gloubiboulga limite indigeste dont l'histoire (à tort) semble avoir déjà vu des dizaines de fois. Heureusement, les jeunes acteurs parviennent de temps en temps à distraire l'ennui du spectateur. Mais pas suffisamment pour faire de ce 3e film de J.J.Abrams un moment inoubliable. Le mieux demeure l'ennemi du bien.

  83. Détective Dee : le mystère de la flamme fantôme - (5,5) nous permet de retrouver Andy "Infernal Affaires" Lau dans une nouvelle fresque national(ist)e de Tsui Hark. Ainsi, il incarne un juge contestataire que libère la future impératrice Wu ZeTian afin d'enquêter sur de mystérieuses combustions spontanées. Entre combats aériens classiques et tractés et complots vengeurs, Tsui Hark s'achète une bonne conduite locale, flattant les huiles gouvernementales en prônant le sacrifice individuel pour le salut communautaire, au dépend d'une indépendance mondiale. Cela peut se comprendre, mais aussi se regretter.

  84. Bad Teacher - (5,5) débute bien avec ce personnage excessif d'Elizabeth Halsey (Cameron Diaz en roue libre), enseignante sur le départ pour un mariage d'intérêt. Forcée de revenir au travail, elle enchaîne les manipulations envers ses collègues (et la parfaite tête-à-claques de gondole Lucy Punch), ses élèves (Ah ! Laver les voitures pour de bonnes œuvres...) et ses patrons. Mais ce qui aurait dû être une farce délirante est affadie par une romance bancale avec Justin Timberlake (bien plus convaincant acteur que chanteur) et Jason "How I met your Mother ?" Segel. On perd alors la causticité de la première heure pour une morale (presque) bien-pensante, heureusement tempérée par le destin muté de Miss Ecureuil. Mais il s'en faut de peu.

  85. Easy Money - (5,5) est un thriller suédois (nouvelle plaque tournante du genre depuis le triomphe posthume de Stieg Larsson) qui plonge un brillant étudiant en commerce (Joel Kinnaman assurément convaincant dans ce rôle d'homme perdu dans sa vie et ses choix) dans l'univers létal du trafic de drogues où dealer en cavale, mafia yougoslave et tueur à gages se croisent et s'éliminent. Entre manipulation, trahisons (amicale, professionnelle ou amoureuse) et fusillades, cette ode à la survie punchie et dernier coup de truands souffre d'avoir été vue et revue outre-Atlantique. Mais bon, cet essai nordique peut quand même se voir sans honte.

  86. Source Code - (5,5) est un mélange entre Déjà vu (T.Scott - 2006) pour le voyage dans le temps afin d'empêcher un attentat meurtrier et Angles d'attaque (P.Travis - 2008) pour la répétition de la même scène. Ainsi, Duncan Jones, rejeton de David B., plonge Jake Gyllenhaal 8 mn avant que n'explose une bombe dans un train, cherchant à répétition les éventuels responsables, tout en draguant l'évaporée Michelle Monoghan. Si la découverte de son état ou l'humanisme de l'officier de liaison font sourire, le principal écueil de ce scénario demeure son extrême linéarité jusqu'au happy-end final prévisible.

  87. L'Ange du mal - (5,5) se veut le portrait référencé et sociétal d'un hors-la-loi transalpin Renato Vallanzasca, comme le fut le diptyque consacré à Jacques Mesrine (J-F.Richet - 2008 - 2008). Hélas, même si celui-ci a publié son autobiographie en 2009 et s'est souvent évadé, ce n'est qu'un criminel de droit commun, sans réelle envergure révolutionnaire ni vision personnelle à l'exception d'une belle vie paresseuse. Dès lors, malgré les efforts de Kim Rossi Stuart habité, le biopic de Michele Placido ne propose pas davantage de dimensions qu'une efficace série B du samedi soir.

  88. Captain America - First Avenger - (5) souffre de ce superhéros monolithique, témoignage d'une 2e Guerre Mondiale où seul le manichéisme avait sa place. Joe Johnston remplit d'ailleurs à merveille son cahier des charges, ne parodiant ni ne transformant son héros interprété de manière convaincante par Chris Evans. Hélas, Christopher Nolan ou Brian Singer sont passés par là et ont offert bien davantage qu'une simple lecture respectueuse. Ce Captain, boy-scout toujours prêt et tête à méga-baffes, manque de noirceur et d'intérêt. Bien sûr, les salles sont climatisées en cette période d'alerte canicule, mais est-ce vraiment suffisant ?

  89. Le Mytho - (5) tente de retrouver le charme d'Amour & Amnésie (P.Segal - 2004) où Adam Sandler parvenait à séduire la rétro-amnésique Drew Barrymore. Cette fois, celui-ci incarne un médecin qui ment à ses conquêtes afin de se protéger, forçant sa secrétaire (Aniston en mode casse-pied amoureuse malgré elle) à se faire passer pour sa future ex-femme. Si quelques scènes évoquent l'ère Farrely (le combat hawaïen à la noix de coco, par exemple) - l'outrance scatophile en moins, l'empathie entre les personnages souffre notamment du jeu en roue libre de Sandler ou de la parfaite tête à claques Brooklyn Decker, rendant cette romance tellement factice qu'elle en finit par être sporadiquement sympathique. Paradoxal, non ?

  90. Une pure affaire - (5) s'inspire des succès télé Weeds (2005 - 201?) et Breaking Bad (2008 - 201?) en plongeant une famille normale dans le trafic de drogue. Lors d'une balade nocturne, François Damiens récupère un sac laissé par un dealer. Face au licenciement de son épouse, adorable Pascale Arbillot, il décide de vendre son contenu. L'amorale euphorie des débuts fera évidemment place à une prise de conscience plus ou moins violente, mais pas trop, comédie oblige. Seul soucis mais de taille : l'aspect drolatique de l'histoire m'a échappé...

  91. Real Steel - (5) aurait bien aimé avoir le même succès que la trilogie des Transformers (2007 - 2009 - 2011). Shawn Levy, réalisateur notamment des Nuit(s) au musée (2007 - 2009), avait pourtant l'expérience Fx suffisante pour rendre réaliste ces combats de Roboxe. Bien qu'il y parvienne, Real Steel ne provoque, souvent, que d'aimables bâillements tant la partie mélo / rédemption (Hugh Jackman n'est pas qu'un mauvais manager, c'est aussi un mauvais père) s'inspire sans nouveauté des navets du passé. Alors, bien sûr, le tout s'apprécie comme un divertissement popcorn, correct voire agréable sur l'instant, puis indigeste et sans profondeur sur la longueur. Mais la rentrée automnale propose franchement mieux.

  92. Le dernier des Templiers - (5) est un projet improbable qui mêle désabusement religieux et lutte fantastique en plein univers médiéval. Avec un tel pitch, on aurait pu craindre le pire, notamment parce que le réalisateur Dominic Sena n'est pas reconnu pour sa subtilité. Mais avec un scénario primé et un Nicolas Cage toujours en grand-écart, la sauce prend presque. Heureusement, la multiplication des invraisemblances (Ah, ce petit pont de bois...), le jeu outré ou monolithique des acteurs (oh, je suis possédé. Oh, je suis terrifié. Oh, je suis désabusé), les citations excessivement clins d'œil (Mais non, personne n'a repiqué une scène complète des 7 Mercenaires - J.Sturges - 1960 - ou du Nom de la Rose - J-J.Annaud - 1986) ou le final ridicule viennent refroidir un soupçon d'enthousiasme.

  93. Il n'est jamais trop tard - (5) est la seconde mise en scène de Tom Hanks après le nostalgique et musical That Thing you do ! (1997). Hélas s'il réussit pleinement à convaincre lorsqu'il offre à son personnage Larry Crown une vie estudiantine tardive (et largement idéalisée à l'instar de ses condisciples adeptes de chevauchées sauvages à scooters), il se plante totalement en s'offrant une love story artificielle avec la revenante Julia Roberts. Cette dernière n'a en effet rien à défendre tant son personnage semble sorti d'un roman-photo pour midinettes des 60's (entre son mariage alcoolisé et ses élèves qui reprennent et lui font reprendre vie). Sympathique parfois, anecdotique constamment.

  94. Le Flingueur - (5) remake à la sauce action le film éponyme de Michael Wynner (1972) qui mettait en scène Charles Bronson, tueur à gages désabusé, amené à former un apprenti. La relecture de Simon West, impulsée par les fils du producteur originel, offre à Jason Statham un nième rôle de surhomme armé qui, après avoir été manipulé afin d'éliminer son mentor (Donald Sutherland en presque caméo), forme le fils (Tony Goldwyn en disciple roublard) de ce dernier afin de venger l'honneur familial. Si tout est téléphoné en PCV, jusqu'au twist final (malin et demi), cet honnête ouvrage a plus du téléfilm du samedi soir que du thriller cinématographique.

  95. Requiem pour une tueuse - (5) pourrait être un pastiche respectueux de Nikita (L.Besson - 1990) tant la tueuse à gages Lucrèce - Mélanie Laurent peroxydée - s'inspire de l'icone bessonienne, jusqu'à la présence Bobesque de Tchéky Karyo et le caméo à la Jeanne Moreau de Jean-Claude Dreyfus. En effet, Jérôme Le Gris nous présente le dernier contrat lyrique et létal de l'héroïne perturbée par Rico, barbouze revenu de tout - Clovis Cornillac de plus en plus monocorde. Malgré une trame improbable et de nombreux rictus involontaires, ce polar cousu de parpaings finit par se supporter, ce qui constitue un pur miracle.

  96. Kung Fu Panda 2 - (5) tombe dans le piège classique des suites en voulant donné un lien intime entre notre dodu héros et le vilain méchant pas beau, une fois de plus volontaire pour conquérir la Chine et éradiquer le Kung Fu. Dès lors, malgré une animation brillante et un graphisme magnifié, cette suite manque sa cible, préférant se concentrer sur les relations amoureuses de Po (Payer grassement Angelina Jolie pour un 2nd rôle a dû chagriner certains décideurs de Dreamworks) plutôt que sur ses liens avec Maître Shifu (Dustin Hoffman n'est plus aussi bankable qu'avant), tout en préparant le 3e volet. Mercantile, sans aucun doute, mais avec quelques bons moments quand même.

  97. Faster - (5) a tout de la parodie avec son héros taciturne, décérébré et robo(pas)copien - Dwayne "The Rock" Johnson en mode émotion, son flic perdu futur divorcé - Billy Bob Thornton en mode épave ou son tueur à gages vainqueur du yoga qui lutte contre ses propres limites - Oliver Jackson-Cohen en mode Robert Vaughn. Entre ses dialogues bientôt cultes ("ton père est désolé"), ses poursuites en marche arrière (San-A a bien inventé la filature 4 m DEVANT le suspect), son montage clipesque (Ah, ce sépia qui avait disparu depuis la fin des 80's), sa musique rocailleuse citant ironiquement Ennio Morricone et son scénario aux rebondissements (le gunfight hospitalier...) aussi improbables que le Prix Goncourt pour Michel Houellebecq, Faster afflige autant qu'il amuse. Mais pas moins.

  98. Une soirée d'Enfer - (4,5) nous replonge dans les années 80 en démultipliant tous les clichés de l'époque et des comédies romantiques cheaps des 80's. Si la musique est une compilation réussie des tubes de l'époque, le casting rate le coche en offrant à des post-trentenaires (Anna Faris, Topher Grace et Dan Fogler pourtant énergiques) des rôles d'adulescents à la sortie de l'université. Au moins, les œuvres de John Hughes respectaient cette cohérence. Ceci étant dit, malgré l'évidence du final et l'absence de gags marquants (à l'exception de l'arrestation du duo masculin par le père du héros), on peut regarder les 90 mn sans déplaisir, le tout étant oublié dès la sortie de la salle du cinéma.

  99. Identité secrète - (4,5) a un défaut majeur : l'anticharismatique Taylor Lautner qui joue très bien les plantes vertes canines dans la saga Twilight (2009 - 2010 - 2011) mais pas autre chose. En effet, sur un scénario orienté ado en colère (le héros s'interroge sur ses origines après l'élimination de "sa" famille et essaie d'échapper à des bataillons de la mort), John Singleton nous offre quelques péripéties amusantes (dont le final) sans jamais nous convaincre de la dangerosité de la fuite de Lautner. Ce n'est pas que l'on s'ennuie mais l'envie de gifler Lautner et le ridicule géniteur inconnu finissent par plomber cette Identité (pas si) secrète.

  100. Les femmes du 6e étage - (4) nous plongent dans le Paris bourgeois des années 60 où des bonnes espagnoles, fuyant leur pays franquiste, trouvent emplois (mais pas refuge) au sein de familles fortunées. C'est le cas du couple Kiberlain - Luchini qui s'ennuie sans se l'avouer. Ce dernier, notaire fadasse, n'a qu'une exigence dans la vie : pouvoir manger son parfait œuf à la coque. Alors lorsque la bourrasque Verbeke croise sa route, il perd ses repères, son épouse et son confort. Entre un Luchini aérien et une Kiberlain grande bourgeoise matérialiste, l'univers bariolé de ces exilées impulse de l'envie dans ce téléfilm qui se croit film.

  101. Les Schtroumpfs - (4) est l'inattendu hold-up du box-office mondial qui adapte à la sauce ricaine (et 3D) le classique de Peyo, disparu la veille du Noël 1992. Afin de fuir leur ennemi Gargamel (Hank Azaria grimé à la Grinch), 6 Schtroumpfs empruntent un tunnel spatiotemporel qui les mène à Manhattan. Dès lors, ils vont tout faire pour retourner dans leur village magique, quitte à ruiner la vie et/ou la carrière d'un gentil couple new-yorkais limite fadasse (Jayma Mays - Neil Patrick Harris). Ciblant clairement les plus jeunes spectateurs, cette modernisation mercantile (la 3D étant sous-employée) ne rend pas hommage aux dessins originels, tant l'animation 3D est ratée, mais peut toutefois s'apprécier en famille sans trop de honte.

  102. Les Boloss - (4) est la version longue d'une série télé anglaise (qui m'était inconnue). On suit ainsi les vacances crétoises de 4 étudiants anglais passablement bas de plafond qui multiplient les galères et les mauvais choix. Leur périple offre son lot de graveleux (vive la Pussy Patrouille), d'humour scato (Ah, les toilettes d'hôtel !) et de vulgarité qui finissent par faire oublier les bons moments (l'envoi dans une piscine d'un sale gosse qui ne sait pas nager). Ces Boloss sont pitoyables. Mais la volonté de dynamiter toute velléité de bons sentiments peut être apprécié. Ou pas.

  103. Lourdes - (4) raconte la guérison (presque) miraculeuse d'une pèlerine (Sylvie Testud en mode épuré) venue à Lourdes en désespoir de cause, se confrontant à la jalousie de ses condisciples et au doute d'une institution parfois mercantile. Seul soucis mais de taille : ce film s'apparente davantage à un téléfilm est-allemand par sa colorimétrie délavée, son doublage d'un autre temps, ses personnages antipathiques ou plats, ses dialogues écrits sur un coin de table et son absence de péripétie qu'à un film estival. Ce n'est pas que l'on s'ennuie mais cela fait cher pour regarder sa télé.

  104. Twilight - Chapitre 4 : Révélation - 1ère partie - (4) est moins navrant que les chapitres précédents (2009 - 2010) - la maturité, sans doute... non, je déconne. Débutant sur le mariage (enfin) des héros hurlants, se poursuivant sur la nuit de noces habillée (fallait pas rêver), ce 1er volume (mais non, ce n'est par mercantile... sinon ça se verrait) témoigne de la lutte finale entre les Cullen et les lycanthropes, le gentil toutou Lautner ayant choisi le camp de son amour. Pour la suite (les vilains Volturi voulant tuer le bébé des z'héros - car chez les Mormons, si tu couches une fois, tu tombes tout de suite enceinte d'un quasi monstre), il faudra attendre un an... Mais nous serons là pour rire une dernière fois de ce ratage.

  105. Very Bad Trip 2 - (4) n'aurait dû être qu'un moyen métrage tant la première demi-heure laissait augurer du meilleur pour cette suite clairement financière. Ainsi retrouve-t-on notre quatuor en Thaïlande venu assister au mariage de Stu (Ed Helms sans Heather Graham... sniff !). Alors que le futur beau-père n'approuve pas ces noces, notre sympathique trio se rend à Bangkok avec le futur beau-frère et perle de la famille. C'est après l'appel de Cooper que ça se gâte car malgré ses promesses, leur périple n'est pas pire que le premier (T.Phillips - 2009), seulement une photocopie plus bancale. Toutes les bonnes idées de l'original s'y retrouvent en moins bien (à l'image de l'outrancier Ken Jeong sous-employé ou de la participation inutile de Mike Tyson), l'enchaînement des catastrophes apparaissant totalement artificiel cette fois. Après le navrant Date limite (2010), cette suite prouve que Todd Phillips ne devrait plus s'occuper des scénarii des films qu'il réalise.

  106. Sexe entre amis - (4) est la version bisounours de Sex Friends (I.Reitman - 2011), tant le duo potentiellement sexy Mila Kunis - Justin Timberlake (bien meilleur acteur que chanteur) n'est pas exploité, à l'instar de leur première scène amoureuse asexuée. Recruté par Jamie pour une entreprise new yorkaise, Dylan, célibataire désappointé, partage avec la jeune chasseuse de tête une désillusion de l'amour. Après avoir couché ensemble, ils vont rapidement devoir statuer sur leurs vraies intentions et se retrouver dans une relation sérieuse. Evidemment, ce film est écrit à l'eau de rose et ne tente pas de frustrer ses spectateurs en renonçant au happy end. Mais même si tout est sage et convenu, on peut sans déplaisir voir cette comédie romantique.

  107. Echange standard - (4) est un nouvel avatar des comédies d'amitié (dont le pas totalement raté B.A.T. - B.& P.Farrelly - 2011 - est un exemple récent). Il faut dire qu'avec le triomphe critique et financier de Very Bad Trip (T.Phillips - 2009), nombreux sont les producteurs "inspirés" qui se sont lancés sur ce créneau "novateur". Dans celui-ci, Ryan Reynolds, père de famille responsable et avocat d'affaire brillant, et Jason Bateman, célibataire et acteur porno, se voient prendre la place de l'autre. Malgré quelques gags scatos - pour faire genre - ou sexuels - pour faire adulte, le tout s'achève sur une morale très classique (on est quand même bien dans sa propre vie) et familiale. Heureusement que l'alchimie du duo masculin est palpable sinon...

  108. Hanna - (3) est une jeune adolescente élevée par son ex-CIA de père (Eric Bana perdu dans cette large coproduction), loin de tout et tous, dont les aptitudes au combat et à la survie font d'elle une arme létale. Alors quand son géniteur protecteur lui assigne une mission, elle s'emploie à la réussir, quitte à devoir défier tous les services secrets occidentaux, et principalement l'agent spécial Wiegler (Cate Blanchet méchante classique, mais récurrente). Présenté ainsi, ce thriller avait tout pour séduire. Mais rapidement, cette citation à peine voilée à la Matilda de Luc Besson se perd entre son traitement ultra (trop !) réaliste à la Paul Greengrass et ses péripéties plus invraisemblables les unes que les autres à la Stallonegger, ses scènes d'actions courtes et déjà trop vues et ses dialogues carambar. Dommage pour Saoirse Ronan et pour nous.

  109. Another Earth - (3) débute par un terrible accident routier avant de se poursuivre à la sortie de prison de l'héroïne, brillante ex-étudiante en astronomie. Celle-ci choisit un emploi de femme de ménage et décide de sortir de sa torpeur un musicien alcoolisé. Présenté ainsi, Another Earth ne serait qu'un nième mélo auteurisant. Afin de rendre son propos encore plus "métaphorique", Mike Cahill fait apparaître une nouvelle planète, miroir de la notre qui semble héberger nos doubles. Malheureusement, sans moyen, ses ambitions philosophiques (comment le notre s'est-il débrouillé de sa vie ?) finissent par n'être que formelles. Dès lors, cette autre Terre ennuie, plus qu'elle ne divertit.

  110. Hell Driver - (3) remet en scelle le Nicolas Cage période Ghost Rider dans ce nanar assumé et paroxystique. Ainsi, apprenant que sa fille a été assassinée par un gourou de secte satanique (outrancier Billy Burke) et que sa petite fille va être sacrifiée par les mêmes fanatiques, celui-ci s'échappe des Enfers afin de faire le ménage, poursuivi par l'impeccable Comptable (flegmatique William Fichtner). Suivent 104 mn de poursuites improbables, de répliques idiotes, de fusillades Infernales et de cool attitude par trop débonnaire. Série Z parodique et régressive ou hold-up mercantile (effets 3D à l'appui), mon cœur ne balance pas. Malheureusement.

  111. Cowboys et envahisseurs - (3) avait tout de la blague potache et conceptuelle. En effet, depuis l'échec sans nom de Wild Wild West (B.Sonnenfeld - 1999), je ne pensais par revoir de mélange western - science-fiction. Hélas, grâce au succès de la franchise Iron Man (2008 - 2010), Jon Favreau a eu le feu vert pour adapter une improbable BD. Ainsi retrouve-t-on Daniel Craig, amnésique et portant au poignet un mystérieux bracelet, confronté à la vindicte du patriarche Harrison Ford et à l'attention de la troublante Olivia Wilde. Cela aurait pu passer si les péripéties n'hésitaient pas autant entre sérieux et parodie ou si l'histoire avait été vraiment développée. Au final, on assiste à une très chère série Z, voire à une private joke de poivrots qui auraient dû s'exécuter par contrat. Heureusement que les salles de cinéma sont climatisées.

  112. Zookeeper - (3) marque le retour de la comédie stéréotypée animalière où sans aucune originalité (les animaux parlent, si, si ! Bon, on le sait depuis les premiers Disney...) ni scénario (un gardien de zoo veut changer de personnalité afin d'avoir la fille avant de découvrir que rien n'est mieux que d'être soit même et d'avoir la bonne fille), on peut quand même trouver le temps aimable en famille un Dimanche après-midi devant sa télé et sa cheminée. La seule question vraiment délicate est de savoir s'il existe des cinémas avec cheminée... Dans le doute, autant attendre une diffusion télé.

  113. Cars 2 - (3) fait redouter le pire sur la Disneyification de Pixar. En effet, alors que la Maison Mère s'est depuis longtemps spécialiser dans les suites plus ou moins honteuses de ses classiques afin de rémunérer grassement ses actionnaires, la filiale créative n'avait jamais tenté de surfer sur une réussite passée (Cars - J.Lasseter & J.Ranft - 2006) à l'exception notable des Toy Story (1995 - 1999 - 2010). Comme l'adaptation télé de Cars est un vrai succès (notamment par l'explosion des ventes de produits dérivés), la tentation l'a donc emporté sur l'envie de surprendre. Ce n'est pas que ce 2e opus soit mauvais, c'est qu'il s'apparente davantage à 2 épisodes télé mis en parallèle (les courses de Flash McQueen sans ses compagnons de Radiator Springs d'une part, les mésaventures de l'espion Mater d'autre part). Par encore un naufrage, mais sans aucun doute un sérieux avertissement.

  114. Sanctum - (3) dramatise l'histoire vraie d'Andrew Wight, spéléo et scénariste, qui se retrouva, avec ses compagnons, prisonnier deux kilomètres sous terre à la suite d'une tempête tropicale. Partant de cette idée, Alister Grierson tente le thriller en multipliant les morts de nos aventuriers, soutenu par une 3D étonnamment prenante. Seul soucis, mais de taille : l'absence d'empathie pour ces personnages - à l'instar du rocailleux chef de meute - qui nous tient éloignés de leurs mésaventures, notamment en raison d'une psychologie caricaturale à la truelle (Ah ! ce "tu es le meilleur" paternel) entre conflit œdipien et sacrifice divin. Dès lors, même si le film est formellement réussi, il ne dégage pas davantage d'intérêt qu'un documentaire sur les amibes.

  115. Comment savoir - (3) nous permet de retrouver Jack Nicholson en père indigne et manipulateur qui doit se servir de son fils (Paul Rudd victime de la vie) afin d'éviter la prison. Le reste de cette comédie romantique mélange indigence (Owen Wilson compile ses personnages de Serial Noceur - D.Dobkin - 2005 - ou des séries Mon beau-père... - J.Roach - 2001 / 2005 / 2010 et la Nuit au musée - S.Levy - 2007 & 2009), cucuterie (le charmant minois de Reese Witherspoon n'y étrenne guère son Oscar) et dialogues légers (Ah, la fidélité du joueur de baseball). Pas totalement raté, mais parfaitement anodin et superficiel.

  116. Au-delà - (3) prouve que Clint Eastwood est un être humain faillible et non un demi-dieu, preuve en est cette incursion éléphantesque dans le genre choral. Ainsi, cette 32e réalisation propose un tour (presque) complet sur l'après-vie, entremêlant 3 histoires internationales toutes aussi peu subtiles les unes que les autres. Pourtant, les premières minutes et son tsunami laissaient espérer le meilleur. Mais il faut rapidement déchanter et assister à un rare faux-pas de Mr Eastwood. Toute série doit avoir une fin et les 6 films précédents avaient été des réussites (de Million Dollar Baby en 2005 à Invictus - 2010 - en passant par l'Echange - 2008 - ou Gran Torino en 2009).

  117. Bon à Tirer - (3) est une comédie Farrelly typique (grasse, vulgaire et tendre) qui manque de pointures pour la défendre. Sans faire insulte à Owen Wilson (en mode amoureux malgré lui à la Marley & moi - D.Frankel - 2009), il n'a pas la carrure de Ben Stiller pour assumer seul un scénario poussif des frangins. Ses faire-valoir (à l'exception notable de Stephen Merchant - Ne ratez surtout pas le générique final !) n'assurent pas non plus leur fonction, tirant rarement la couverture à eux, à l'instar de l'insipide complice Jason Sudeikis, qui reprendra très vite sa place de 3e couteau. Et pourtant, cette comédie (pas toujours) familiale se laisse regarder. Sans plus, certes, mais sans moins, aussi.

  118. Yogi l'ours - (3) n'est pas le premier film à mélanger animation et acteurs réels (citons, entre autres, les chefs d'œuvres Mary Poppins - R.Stevenson - 1965 - ou Qui veut la peau de Roger Rabbit ? - R.Zemeckis - 1988). Hélas, entre la subtilité et la comédie éléphantesque, Eric Brevig choisit la 2e option en accentuant systématiquement le côté décérébré de ses "héros", tous pathétiques (Anna "Scary Movie" Farris et Tom Cavanagh en tête mais pas seuls !) à claquer. Dès lors, leurs actions écologistes (Mais, non, Brevig n'est pas qu'opportuniste, c'est aussi un idéaliste pédagogue... Non, je déconne !) pour sauver leur parc des griffes économiques ne provoquent que de rares rictus polis. Le film n'est pas nul, mais ne s'adresse qu'aux amateurs des télétubbies.

  119. Les 3 Mousquetaires - (2,5) désirent tellement rencontrer le succès que cette nième adaptation de l'œuvre de Dumas ne ressemble plus vraiment à l'original, puisqu'on y trouve des combats en galions volants 140 ans avant les frères Montgolfier, des costumes bariolés dérobés chez un couturier daltonien, des effets ralentis à la Bullet Time lors des combats à l'épée, des aventuriers stéréotypés afin d'être sûr de pas se tromper de camps, une Milady en mode Resident Evil et une outrance pseudo-second degré qui n'est qu'un aveux du néant qualitatif du tâcheron Anderson. Au final, à force de se vouloir référencé ou post-moderno-branchouillé, ces 3 Mousquetaires nous font fortement espérer la défaite du risible quatuor. Hélas, seul le happy-end originel a été respecté. Dommage, car il pourrait y avoir une suite...

  120. The Thing - (2,5) est le dernier avatar de la mode hollywoodienne des reboots et autres préquelles des succès passés. Cette fois, c'est au classique de John Carpenter (1982) que l'on s'attaque, en nous présentant la découverte de l'extraterrestre capable de dupliquer les êtres humains. On assiste donc à une mission scientifique qui s'apparente très vite à un Who dunnit survival, car il faut vite trouver celui (ou celle) qui n'est pas humain si on aspire à être à l'écran le plus longtemps possible. Le principe de ce genre, très encadré, réside évidemment dans l'élimination (plus ou moins) rapide et (plus ou moins) horrifique des personnages. Si dans le meilleur des cas, on empathise avec les héros, cette fois, on espère leur annihilation et notre libération conséquente rapides. Hélas, elle ne survient qu'au bout de 100 mn...

  121. Le casse de Central Park - (2,5) est une des comédies ratées dont Ben Stiller s'encombre régulièrement afin de nous montrer combien ses réussites sont majeures. Dans cette vengeance post-Madoff (Alan Alda excelle dans l'indignité) où de modestes employés planifient le cambriolage de l'appartement d'un milliardaire qui leur a volé leur retraite, Murphy et Casey Affleck viennent cachetonner sans humour. Il faut dire que le réalisateur n'est autre que Brett Ratner, tellement survitaminé qu'il a réussi à se faire virer des Oscars 2012. Avec lui, tout était possible, sauf la réussite de ce film. À conserver pour un après-midi télévisé au coin du feu car à 10 € la place, on voit bien qui a été réellement volé.

  122. Melancholia - (2,5) n'a pas été, n'est pas et ne pourra jamais être la bombe annoncée par certains festivaliers cannois trop fatigués par les nombreuses fêtes (qu'on souhaite) décadentes du célèbre Festival palmé pour avoir réellement pu apprécier le dernier pensum de Lars Von Trier. Après un invraisemblable prégénérique wagnérien de 10 mn qui peut laisser le spectateur croire (espérer ?) qu'il a raté le film, on assiste sur 2 parties à une (potentielle) fin du monde diversement appréhendée par deux sœurs volontairement antinomiques (Charlotte Gainsbourg en mode "je continue à explorer les univers barrés de réalisateurs psychotiques" et Kirsten Dunst en mode "Miam Miam"). Ce n'est pas que les acteurs jouent mal, même si le cauchemardesque mariage laisse redouter le pire (John Hurt ou Charlotte Rampling en tête). Ce n'est pas que l'idée ne soit pas intéressante, même si le tournage dogmatique et instable finit par lasser. Ce n'est pas que voir Kirsten aussi craquante ne soit pas largement suffisant pour tout spectateur mâle (Enfin pour moi !). C'est que tout finit par être tellement superficiel que l'on souhaite souvent quitter la salle pendant les 130 interminables minutes de ce Nostalgia du bon cinéma. Mais, bon, Kirsten Dunst est enfin nue... d'où la surnotation.

  123. Destination finale 5 - (2,5) a une seule bonne idée : faire la boucle avec la DF (J.Wong - 2000) originelle lors de l'épilogue meurtrier. Entre les deux, ce ne sont que morts gores (cet épisode dépassant tous les autres de loin) et effets déjà revus (bien qu'efficaces en 3D). Pourtant après un départ réussi (la destruction du pont demeure un des meilleurs débuts de la franchise), le scénariste se perd en multipliant quelques ficelles aisées (à l'image de l'intervention Némésis du Candyman Tony Todd) alors que les acteurs surjouent de plus en plus mal (Mention spéciale à Miles Fisher qui mérite amplement sa future citation aux Razzies Awards). Bien sûr, les amateurs y trouveront quelques réjouissances comme la découverte des moyens employés par la Mort pour mettre ses comptes à jour. Pour les autres...

  124. Alvin et les Chipmunks 3 - (2) n'a plus d'idée pour récupérer l'argent de poche des têtes blondes. C'est pourquoi le scénario n'est resté qu'à l'embryon de pitch : au cours d'une croisière, les 6 écureuils nasillards se retrouvent sur une île presque déserte où le duo antagoniste Lee - Cross viendra les chercher. Dès lors, en décalquant paresseusement les 2 premiers opus (2007 - 2009) et malgré une technique toujours réussie, le cultivateur de navets multicarte (réalisateur notamment de Shrek 4 - 2010) enterre (je l'espère !) cette franchise. Pas en fanfare, bien sûr. En crécelle !

  125. Sortilège - (2) comblera toutes les jeunes romantiques de moins de 10 ans. Pour les autres, ce repompage de la Belle et la Bête à la sauce Charmed (1998 - 2006) offre tout de la parodie involontaire, que seules les prestations de Jean-Claude VD nous avaient offerte jusqu'à présent. Entre le nouveau visage du bellâtre (Alex Pettyfer aussi bon que dans Numéro quatre - D.J.Caruso - 2011) et la sorcière peinturlurée (Mary-Kate Olsen risible en cherchant à inquiéter), Vanessa Hudgens, nudiste malgré elle, tente de sauver sa carrière Disney. C'est, de ce naufrage guimauve, la seule bonne idée, presque impliquée, des producteurs. Inoffensif, déjà vu et évidemment inutile.

  126. Green Lantern - (2) avait tout de l'échec potentiel : un superhéros méconnu voire anticharismatique, un traitement infantile à la 4 Fantastiques (T.Story - 2005 / 2007), des effets parfois ridicules (Ah ce méchant et cette force jaune digne des Inconnus...), des personnages humains pathétiques (Ryan Reynolds était jusque là un acteur prometteur), une histoire linéaire incapable de lancer une franchise (à l'image du Chef des gentils qui malmène le héros pour son bien avant de devenir méchant pour l'éventuelle suite). On n'est donc pas déçu par le résultat de cette adaptation catastrophique digne du Hulk (2003) d'Ang Lee.

  127. Ma part du gâteau - (2) est un portnawak inclassable. En effet, en suivant les pas de Karin Viard toujours aussi juste venue gagner sa vie en femme de ménage chez un trader, Gilles Lellouche salaud assumé, Cédric Klapisch mitonne un mélange de dramédie sociale et de comédie romantique. Hélas, parce qu'il ne choisit jamais, multiplie les scènes caricaturales monochromes (les infectes et individualistes capitalistes et les humanistes et solidaires ouvriers) et rate totalement sa fin indigne d'un accident industriel, il déçoit entièrement, ne sauvant ce naufrage que par la qualité de ses interprètes. C'est peu, mais c'est mieux que rien.

  128. L'Aigle de la 9e légion - (2) prouve que Tahar Rahim est vraiment un grand acteur car il parvient à être crédible en insoumis gaélique, qu'un homme à pied va plus vite qu'à cheval, que Jamie Bell ne sait pas que danser et qu'une bande annonce ne témoigne pas de la qualité véritable d'un film. Ce n'est pas que l'on s'ennuie mais on se désintéresse rapidement de cet ersatz de Gladiator (R.Scott - 2000). Engagez-vous qu'ils disaient, rengagez-vous. Non, je crois que ça va pas être possible.

  129. World Invasion : Battle Los Angeles - (2) parvient à faire oublier le nanar Skyline (C.& G.Strause - 2010) sur le même thème. Il faut dire qu'avec 70 millions de dollars, Jonathan Liebesman avait les moyens de rendre crédible cette nouvelle extermination extraterrestre. Pourtant, il choisit de nous offrir une réalisation à la Cloverfield (M.Reeves - 2008), filmant les gentils marines au plus près, tactique employée d'habitude par manque de moyens. Dès lors, entre mal de mer et ode patriotique lourdingue (Ah, ces petits déjeuners rapides !), on finit par se moquer éperdument de la fin de l'espèce humaine et de ce commando de survivants guerriers.

  130. Animaux et Cie - (2) cible les enfants de moins de 6 ans tant ce mélange de Madagascar (E.Darnell & T.McGrath - 2005 / 2008) et autres Roi Lion (R.Allers & R.Minkoff - 1994) propose un graphisme naïf, un scénario pédagogue (Oh que les humains détruisent notre belle planète où nous ne sommes pas seuls) mais infantile, des animaux mille fois vus (un lion, des suricates, un chimpanzé ou un coq chiraquien) et des humains grotesques. Parodie involontaire ou plagiat germanique, les avis pourront diverger, mais à 10 € l'avis, je vous suggère de bien réfléchir AVANT.

  131. Le dilemme - (2) est la nouvelle comédie ratée de Vince Vaughn. En racontant le choix cornélien de Ronny (révéler ou non l'aventure sentimentale de la femme de son meilleur ami), Ron Howard n'assure même pas le minimum syndical, soit nous faire desserrer les dents au moins une fois, laissant ses vedettes sans réelle direction (à l'image de Queen Latifah caricaturalement mécano) et ratant tout embryon de bonne idée (Wynona Ryder se confrontant à Vaughn dans un café). Il ne faudrait pas qu'il s'abandonne à la facilité et se repose sur le diptyque Langdon (Da Vinci Code - 2006 / Anges & démons - 2009) pour passer à la postérité.

  132. Hop - (2) retente le hold-up enfantin des Chipmunks (2007 - 2009). Mais là où la venue des écureuils chantants s'effectuait à Noël dans une ambiance propice, l'arrivée du lapin de Pâques tombe à plat en pleine fraîcheur estivale. Bien sûr, ce dessin animé live se regarde sans nausées excessives malgré des acteurs, au mieux, en surjeu. Mais on est loin de Roger Rabbit (R.Zemeckis - 1988) et de ses multiples degrés de lecture. Ici, Tim Hill n'est qu'un faiseur animé, engagé pour renflouer les caisses d'Universal. On pourra alors trouver ce léporidé moins sympathique que ses bonbons.

  133. Chez Gino - (2) est un naufrage abyssal qui gâche toute velléité de bonne idée. Loin de la féroce crudité de C'est arrivé près de chez vous (R.Belvaux, A.Bonzel, B.Poelvoorde - 1992), c'est avec consternation que l'on assiste à la réalisation d'un faux documentaire sur un pizzaiolo (José Garcia rare qui ne méritait pas ça) qui aspire à se faire passer pour un terrible mafioso afin d'hériter de la fortune familiale. Samuel Benchétrit renouvelle le genre de la comédie pas drôle, spécialité française ces derniers temps, qui se croit maligne à force de références sursoulignées et d'absence de direction d'acteurs. On peut évidemment être conquis par ce vide agité qui ne sait pas où il va. Ou pas. Ou pas.

  134. Devil - (1,5) prouve que M.Night Shyamalan s'est totalement perdu puisqu'après le ridicule Dernier maître de l'air (2010), il est à l'initiative de ce pathétique et fauché téléfilm d'halloween. Ainsi, 5 inconnus se retrouvent bloqués dans un ascenseur où, à la 10 petits nègres d'Agatha Christie, ils se font décimés. Evidemment, dans un lieu clôt, les possibilités de coupables diminuent rapidement. Alors pour faire genre suspens, Shyamalan, pardon son tâcheron Dowdle, invente un meurtrier satanique qui officie à chaque coupure d'électricité, un policier en charge traumatisé par la mort de sa famille 5 ans plus tôt de la main alcoolisée du survivant, une absence d'effets par soucis d'économie et un final rédempteur du meilleur effet. Seules informations intéressantes : Satan existe en raison de la loi de Murphy (ou réciproquement) et la curée ne dure que 80 mn... ou pas.

  135. Happy Feet 2 - (1,5) fait l'exploit de (quasi) ruiner un espoir de franchise à succès. Il faut dire que si l'animation demeure correcte, le scénario est affligeant, manquant très (trop ?) souvent d'empathie, qui oublie la différence entre subtilité et sursoulignage. Pourtant, le 1er opus (G.Miller - 2006) nous offrait un équilibre plaisant entre les séances musicales et les séquences comiques. Ici, le ton écolomoralisateur finit par lasser, peu aidé par les nouveaux venus (à l'image des pérégrinations "philosophiques" d'un duo de krills). Au final, 99 mn qui en paraissent le double...

  136. Harry Brown - (1,5) nous replonge 30 ans en arrière lorsque Charles Bronson (re-re-re-re-)déambulait dans les rues de New York. Cette fois, ce n'est pas pour venger sa famille que le "héros" flingue à tout va la racaille qui sévit dans son quartier hautement délabré, mais un vieux compagnon de jeu martyrisé par de jeunes voyous. Entre dératisations maladroites, renoncements policiers face à une révolte urbaine uniquement motivée par le maintien du pouvoir des trafiquants locaux et rebondissements attendus, on s'interroge sur ce qui a poussé Michael Caine à accepter ce personnage monochrome. Le final étant aussi peu convaincant, c'est donc à vos risques et périls que vous pouvez aller voir ce navet. Ou pas. Surtout, ou pas.

  137. Killer Elite - (1) est une mauvaise blague qui se prend tellement au sérieux qu'elle en devient consternante. En effet, si les autres apparitions de Jason "Un jour je serais aussi mauvais acteur que Steven Seagal" Statham pouvaient s'apparenter à des pastiches référencés voire des popcorn-movies, ce pensum, qui place un trio de supermercenaires (Jason, Dominic "John Doe" Purcell, Aden Young) au début des années 80 afin de "venger" un cheik terroriste, s'imagine renouveler un genre si balisé en engageant des acteurs réputés (Robert de Niro en mode "Jean Lefebvre paye ses impôts" et Clive Owen en mode "Je passais par là et j'ai vu de la lumière mais pas dans mon scénario"). Malheureusement, rien ne fonctionne à part la bande son boostée au-delà du raisonnable.

  138. Blitz - (1) plonge le délicat et pince-sans-rire Jason Statham au sein de la police britannique victime d'un tueur en série aussi inquiétant que ce thriller est inattendu. Tentant de justifier cette débauche d'âneries par une pseudoquête de la frontière entre le Bien et le Mal, Elliott Lester réussit à rendre moderne les pires films de Bronson. Certes, ce n'est pas le plus navrant téléfilm de l'année, mais il faut dire que nous avons déjà eu à subir des Champions du monde...

  139. Sleeping Beauty - (1) est un conte sexuel d'une froideur clinique esthétisant qui, à force de refuser tout charme érotique, laisse le spectateur dubitatif comme Lucy, charmante Emily Browning, étudiante diaphane prête à beaucoup pour gagner de l'argent, y compris passer une nuit endormie à la merci d'impuissants hommes riches. Entre un repas d'une laideur confondante et le désert désespérant d'une vie amoureuse ratée, l'héroïne ne parvient jamais à nous séduire tant le misérabilisme des situations finit par être une caricature auteurisante. Sur l'affiche, afin d'éviter la potentielle polémique, le bandeau "À vous de juger" barre le visage de Miss Browning. Pas de soucis : ce film est nul et ne risque pas de provoquer la moindre polémique.

  140. Dream House - (1) n'a rien du film rêvé malgré la présence prestigieuse de Jim "Au nom du Père" Sheridan (Sic !) à la réalisation et du trio Naomi Watts (Ah, quand même...) - Rachel Weisz (Non, mais vous êtes sûr ?) - Daniel Craig (Là, je ne comprends pas... mais alors pas du tout) devant la caméra. Sur un thème d'irréalité réelle - un éditeur finit par comprendre qu'il a (ou aurait... puisque Daniel Craig est un gentil) tué sa famille, cet éprouvant (car ses 91 mn se passent au ralenti) thriller empile tous les poncifs du genre aussi bien visuels que sonores (Ah, si seulement, on avait pu sursauter une fois...), scénaristiques que dialogués. Comme pastiche, il serait au niveau du naufrage Scary Movie 2 (K.I.Wyans - 2001). Comme film d'effroi, il est au niveau de Scary Movie 2. À fuir, donc, sauf à se déboiter la mâchoire par vos bâillements répétés.

  141. Fright Night - (1) remake sans originalité ni intérêt Vampire, vous avez dit vampire ? (T.Holland - 1985), une aimable comédie horrifique. Hélas, en 25 ans, de nombreux vampires sont passés par là, de Lestat (Entretien avec un vampire - N.Jordan - 1994) à Angel (1999 - 2004) en passant par Dracula (F.F.Coppola - 1992). Et même si Colin Farrell était un fan de l'original, ce pastiche involontaire est à fuir, tant les comédiens semblent en permanence auditionner en amateurs. Ridicule... mais cela ne tue pas les vampires !

  142. Mes meilleures amies - (1) se voulait le pendant féminin de Very Bad Trip (T.Phillips - 2009). Malheureusement, entre une scène interminable de confrontation vocale lors d'une soirée de fiançailles et une digestion difficile lors d'un essayage de tenues de mariage, c'est à un déluge de "plaisanteries", capables de faire passer les pitreries des Jackass (J.Tremaine - 2010) comme du subtile 3e degré, que l'on doit subir pendant plus de 2 heures. Judd Apatow a certes révolutionné la comédie américaine, mais il a surtout imposé une nouvelle construction humoristique qui détruit le rythme au profit d'une longue mise en place. En coupant 40 mn de son "œuvre", Paul Feig y aurait gagné en intérêt, à défaut d'efficacité (car on ne peut rendre drôle ce qui ne l'est pas). À fuir à moins d'être désespéré.

  143. The green Hornet - (1) a conservé son titre anglais afin que personne ne fasse le lien avec la kitchissime série télé des années 60. Sous l'impulsion de l'acteur-scénariste-producteur Seth Green survitaminé voire totalement à l'Ouest, cette relecture du Frelon vert s'adresse clairement aux plus jeunes tant les péripéties, les dialogues et les effets se veulent potaches, le héros irritant de gamineries et le personnage de super-Kato à la limite de la déification (Prenez par exemple la 1ère scène de combat en Bullet Time où il arrive à désarmer 4 vilains en arrêt). Hélas, trop de parodie tue la parodie. Le pire est sans doute que Michel Gondry est aux manettes. Au 3e degré et alcoolisé, ce supernabot pourrait faire sourire. Mais pas dans une salle de cinéma.

  144. Les Immortels - (1) veut surfer sur l'esthétisme graphique et le succès public de 300 (Z.Snyder - 2007) sans y parvenir dans les 2 cas. Tout est hypertrophié, des acteurs bodybuildés (le pire étant atteint par Mickey Rourke) à la relecture de l'histoire de Thésée qui devrait provoquer de nombreux rires (et pas que des spécialistes hellénistes), du montage épileptique en accélérés et ralentis à la 3D jackpot, des dialogues carambars aux péripéties bâclées. Les Immortels ne sont pas les dieux du nanar, mais dépassent largement le Choc des Titans (L.Leterrier - 2010) dans le panthéon des bouses mythologiques.

  145. Numéro Quatre - (1) tente de renouveler le braquage mondial de Twilight (2008 - 2009 - 2010) en adaptant un nième succès (???) de la littérature adolescente. Cette fois, on suit la fuite et la quête d'un jeune extraterrestre (John Smith, c'est mieux que John Doe), dernier rempart contre la barbarie invasive mogadorienne bas de plafond (ils éliminent les gentils par ordre numérique... si, si, c'est "L"idée !), qui tente malgré tout de mener une vie tranquille et de draguer la Reine du lycée. Marketé et non écrit, le scénario démultiplie cyniquement les moyens de son hold-up, en s'appuyant sur des effets spéciaux clipesques, une fin ouverte pour l'éventuel 2nd volet (Ah, où et qui sont les n°5, 7, 8 et 9 ? Ça, c'est du suspens !) et de beaux acteurs (je n'ai pas dit "bons"). Ridicule, non ? Pas pour Michael Bay qui produit...

  146. Insidious - (1) ne renouvelle pas le hold-up brillant que fut Saw (2005). En effet, en surfant sur la mode des possessions (Oren "Paranormal Activity" Poli étant le producteur), il remixe les films de vilains fantômes à la Grudge (T.Shimizu - 2004) pour effrayer le public, oubliant le ridicule des situations (entre le détecteur coloré de fantôme et le look toujours aussi improbable des esprits) et la nécessité de twists originaux (quelle surprise de retrouver le père possédé !). Au final, ce qui fait dresser les cheveux du spectateur n'est pas la peur liée au film mais l'incroyable agacement devant un tel navet.

  147. Votre Majesté - (1) pastiche les aventures médiévales d'une fratrie princière disparate (James "Fabious tête-à-claques" Franco - Danny "Thadeous pleutre" McBride) partie détruire le sorcier Leezar. Malheureusement, le duo de scénaristes confond ironie et vulgarité, démultipliant jusqu'à la nausée les blagues scato et/ou grivoises, quitte à rendre le duo de Scary Movie 2 (K.I.Wayans - 2001) pour des auteurs inspirés. Malgré la sculpturale présence de Natalie Portman, ceci est un invraisemblable nanar.

  148. Curling - (1) est un ovni qui nous plonge dans l'hiver canadien où un père éduque seul sa jeune fille de 12 ans en faisant tout son possible pour la tenir éloigner du monde réel. Dès lors, entre immobilisme effréné et personnages étranges, on s'interroge sur l'intérêt d'un tel film qui aurait mérité de n'être qu'un épisode de la série télé Strip Tease. Opter pour un film étrange est un choix justifiable quand on s'appelle David Lynch. Quand on est l'inconnu (par moi) Dennis Côte, c'est rendre son spectateur étranger aux péripéties et lui donner envie de changer de salle de cinéma.

  149. La locataire - (1) permet seulement de parodier Molière en se demandant ce qu'on est allé faire dans cette galère. En effet, tout est raté dans ce faux thriller qui choisit d'éventer son suspens au bout de 30 mn (Oui, oui, Jeffrey Dean Morgan est un psychopathe et oui, oui, Hilary Swank est une crétine puisqu'elle a cru pouvoir louer un vaste appartement pour une bouchée de pain). Même son aspect sexy est escamoté au profit d'un voyeurisme bobo. Alors savoir comment a été convaincu l'Oscarisée Hilary Swank de se gâcher autant dans cette daube tient du mystère. Mais arriver à me convaincre de revoir cette abyssale nullité tiendra davantage du bakchich que du miracle.

  150. Largo Winch 2 - (0,5) est un futur nanar, tant cette relecture du 1er opus (J.Salle - 2009) est une trahison naufrageuse de la BD originelle. Que ce soient les situations (Ah, le témoignage de l'amour birman), les personnages (Sharon Stone est à peu près aussi crédible en juge du TPI que Denise Richards en ingénieure en nucléaire), les dialogues (in)dignes de l'almanach Vermot, les coups d'éclats (Stallone avait déjà rayé les méchants généraux birmans de la carte dans John Rambo - 2008) et le rythme qui se veut saccadé pour faire genre. De cette succession d'absurdités et d'âneries, ne surnagent que Laurent Terzieff, magnifique vieil indigne, et Nicolas Vaude, parfait élément comique zélé. Mais cela fait vraiment trop peu pour désirer une trilogie.

  151. La Traque - (0,5) est la lecture française ridicule et fauchée de Razorback (R.Mulcahy - 1984). Attaquée par des sangliers mutants et agressifs (vilains engrais génétiquement modifiés), une famille de paysans doit surmonter ses dissensions pour survivre. Y arrivera-t-elle ? Non, bien sûr. Mais on s'en fout totalement. Ahhh, s'il y avait eu spider-cochon... .

  152. Conan - (0,5) est une erreur de producteur, persuadé que remaker un classique peut être un jackpot financier. Pour ce faire, il faut encore offrir au spectateur quelque chose de nouveau. Ou de réussi. Ou à la rigueur de sexy. Mais ici, le tâcheron Nispel, spécialiste de la modernisation horrifique, multiplie le pire (Ah, ce look lampe abat-jour de Rose McGowan), le grotesque (tout...) et le raté (Jason Momoa a autant de talent et de charisme que le duo bodybuildé des jumeaux Paul du risible Barbarians - R.Deodato - 1987). Au final, cette relecture permet de recycler la blague nulle de Conard le Barbant. C'est peu mais devant ce naufrage, c'est beaucoup.

  153. Le Chaperon rouge - (0,5) serait drôle s'il ne tentait pas autant de coller au conte de Charles Perrault. Entre une Amanda Seyfried sacrificielle rougeoyante sur des paysages immaculés, un Gary Oldman inquisiteur jusqu'au-boutiste éliminé après avoir été mordu par le père de l'héroïne (Voilà que je rechute en dévoilant le twist final inattendu), deux jeunes prétendants castés pour leurs pectoraux (Max Irons et Shiloh Fernandez) et non leur jeu à la Voisins, voisines et une Julie Christie Mère Grand mystérieusement dangereuse (puisque mariée à et mère de loup-garou), Catherine Hardwicke, d'une prétention sérieuse confondante, nous inflige un pensum pathétique, hommage involontaire au Grotesque. "Dis, Mère Grand, tu nous prendrais pas un peu pour des abrutis ?"

  154. Les voyages de Gulliver - (0,5) ont coûté une petite fortune sans rencontrer le moindre succès outre-Atlantique. Après avoir subi la relecture du classique de Jonathan Swift, on ne peut qu'être consterné devant tant de vulgarité et de moyens employés pour parvenir à ce rien abyssal aussi peu imprévisible que le retour des moustiques sous les tropiques. Rien de lourd (Ah, la 1ère chute du géant Gulliver sur un pauvre Lilliputien), de navrant (Merci aux traducteurs qui ont francisé les paroles de War) ou d'imbécile (Viva les ellipses gargantuesques, à l'image du court et foncièrement vain séjour de Lemuel sur l'île dont on ne doit pas dire le nom... ça devrait me rappeler quelque chose, mais quoi ?) ne nous sera donc épargné ? Si. La suite, car pas un seul financier ne voudra perdre 100 millions de dollars pour elle !

  155. Appolo 18 - (0) s'est heureusement lourdement planté et ne devrait pas connaître de suite Halloweenienne l'année prochaine. Surfant sur la mode "Je l'ai fait tout seul chez moi à la caméra" et son corollaire "C'est filmé avec les pieds et en très gros pixels, mais c'est voulu", cette fausse et ultime mission lunaire tente de nous effrayer par la présence d'entités arachnéennes et méchantes sur la face cachée de la lune. Malheureusement la trilogie Paranormal Activity (2009 - 2010 - 2011) a largement épuisé le filon du Projet Blair Witch (D.Myrick - E.Sanchez) et notre patience.

  156. Shark 3D - (0) débute comme une version requin de Piranha 3D (A.Aja - 2010) avec beaucoup moins de jolis minois bondissants avant de se poursuivre comme un film de vengeance gore et débile (puisque tous les locaux sont les meurtriers dégénérés et influencés par internet) avant de s'achever sur le sauvetage logique du chien de l'héroïne (qui, comme tout le monde le sait, doit toujours être sauvé). Je pourrais multiplier les exemples pathétiques (à l'image de l'extermination rapide des minorités ou du sursaut final avec l'apparition du requin pas tout à fait mort), mais comme personne n'ira voir ce requin synthétique, à quoi bon perdre davantage votre temps ?

  157. Priest - (0) est l'adaptation d'un comic apocalyptique coréen, dont heureusement il n'y aura aucune suite filmée future tant le projet s'est planté au Box-office US et à l'écran. Il faut dire que tout est raté dans ce Priest, des combats vu et revus au ralenti aux effets spéciaux plus cheap que ceux des programmes télé, des créatures informes aux héros à la Doberman (J.Kounen - 1997) en plus décérébrés, de la religiosité volontairement outrancière à la paternité sacrifiée, de l'amitié trahie sans suspens à la quête finale sans saveur, des dialogues écrits au toilettes à la va-vite aux acteurs venus cachetonnés. Lors du naufrage du Titanic, il y avait au moins un orchestre. Pas ici.

  158. Paranormal Activity 3 - (0) est soit la meilleure comédie de l'année (car au bout de 3 volets - 2009 - 2010 - 2011, on a bien saisi qu'il n'y avait rien à voir), soit le pire film d'horreur (car au bout de 3 volets - 2009 - 2010 - 2011, on a bien saisi qu'il n'y avait rien à voir). Compte tenu du succès délirant de cette franchise qui a fini par triompher de Saw, je pense que le public a fortement envie de se marrer, notamment en raison des sombres perspectives mondiales. Donc vivement l'année prochaine et le 1er film noté négativement de cette rubrique, PA 4.

  159. Bruegel, le moulin et la croix - (0) nous propose de visiter un tableau de Pieter Bruegel l'Ancien (Rutger Hauer seul convaincu par son rôle). Malheureusement, la forme semble avoir été la seule motivation du réalisateur quitte à rendre le tout excessivement prétentieux et abscons. Comme quoi, pour certains, faire culturel demeure faire du chiant. À fuir.

  160. Halal Police d'état - (0) prouve qu'un jeu de maux à la Vermot ne suffit pas à faire un film drôle. Consternant en tous points (de la visite Alien à l'assassin Bates en passant par les références statistiques), rien ne nous est épargné. J'aime le duo Eric & Ramzy, mais ils ne me le rendent pas. Une fois encore. Il sera dur de faire pire cette année... Enfin, espérons.

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