Quelques idées de films



Voici 16 ans que je vous propose quelques conseils cinématographiques. Par esprit de contestation, je ne modifie pas cette phrase d'introduction :

  1. Jappeloup - (8,5) est une claque émotionnelle qui parvient à nous faire aimer les chevaux, même si l'univers équestre n'est pas notre quotidien. Ainsi, Christian Duguay nous propose de suivre, sur une petite décade, le destin presque irréel de Pierre Durand (Guillaume Canet plus qu'évident et investi) et de sa mythique monture Jappeloup (l'autre demeurant le trotteur Ourasi), n'occultant rien de ses échecs (les JO de L.A., sa relation paternelle...) et égoïsmes (la vente de son cheval parce qu'il n'assume pas ses propres fautes, sa relation amoureuse...). Le rendant humain davantage par ses travers que par ses qualités, Duguay fait de Durand un héros moderne, dont la rédemption et les réussites font vibrer les spectateurs à l'unisson de cette destinée plus belle que toute invention scénaristique. Si Canet y est pour beaucoup (comme acteur et scénariste), n'oublions pas le reste du casting humain (Marina Hands et Daniel Auteuil en tête) et chevalin (Jappeloup étant décédé en 1991). Au final, cette leçon de vie se savoure sans ménagement.

  2. Zero Dark Thirty - (8) nous propose la traque jusqu'au-boutiste de l'Ennemi mondial n°1 par une jeune agent de la CIA, nommée ici Maya - brillamment interprétée par Jessica Chastain citée aux Oscars - qui va consacrer 10 ans de sa vie, contre l'avis de ses chefs et les risques létaux encourus au Pakistan, à son enquête. Tour à tour, thriller militaire, géopolitique et absurde, n'occultant rien (des tortures aux frilosités politiques) et s'appuyant sur une enquête rigoureuse de Mark Boal, ce Zero Dark Thirty démontre à nouveau la maestria de la mise en scène de Kathryn "Démineurs" Bigelow, tant les 2 h 40 passent vite. Le futur nous dira si cette histoire est ou non éloignée de la Réalité, mais en attendant, si uchronie il y a, elle est parfaitement convaincante et de qualité.

  3. Hunger Games : l'embrasement - (8) est à la hauteur des attentes suscitées par le premier opus - que j'ai honteusement découvert en Bluray alors que je pensais assister à un nième naveton pour ados boutonneux. En effet, les aventures de Katniss -impressionnante Jennifer Lawrence - se politisent tout en demeurant épiques, permettant à tous les publics, jeunes et adultes, d'y trouver son plaisir. Ainsi, alors que les districts commencent à se rebeller contre le Capitole, le président Snow - glaçant Donald Sutherland - oblige les anciens vainqueurs à revenir dans l'arène mortelle, chargeant le mystérieux Heavensbee - Philip Seymour Hoffman à sa hauteur habituelle - d'éliminer définitivement l'espoir de la rébellion. Etonnamment, Francis Lawrence renouvelle les Jeux tout en rendant hommage à ceux de Gary Ross et nous offre un final dantesque grâce à l'ultime regard de Jennifer. HG mérite son triomphe mondial et me rend impatient pour le 3e volet.

  4. Rush - (8) nous offre l'affrontement monochrome de deux fous roulants géniaux de la formule 1 des 70s, James Hunt et Niki Lauda, tellement archétypaux qu'ils en deviennent des héros évidents et les meilleurs ennemis de l'époque. Il faut dire que la saison 75-76 fut tellement improbable (de la domination de l'Autrichien à son retrait lors de l'ultime course en passant par l'accident du Nürburgring et la fin du couple de Hunt) que Ron Howard avait un matériau rêvé. Rester à trouver des acteurs capables d'incarner ces héros Bigger Than Life. C'est chose faite grâce à Chris Hemsworth - bien plus intéressant qu'en dieu nordique - et Daniel Brühl - acteur majeur mondial - dont les saillies sont autant de fulgurances que le montage de leurs courses, Howard permettant de les rendre irrespirables. Leur alchimie est entière et permet de nous captiver pendant 2 heures. Une pole-position inattendue mais incontestable.

  5. Gatsby le Magnifique - (8) est un magnifique retour aux affaires de Baz Luhrmann dont les délires visuels illustrent parfaitement la décadence survivante des années folles avant la profonde Dépression. En adaptant le roman de Francis Scott Fitzgerald, il nous propose une magnifique incarnation de cette époque et de la notre en parallèle - bien plus présente qu'il n'y parait, épaulé par un quatuor d'acteurs à l'unisson de Leonardo DiCaprio. Si l'histoire est classique (l'argent peut-il empêcher ou sauver l'amour ?), la forme magnifiée par une 3D utile - une fois n'est pas coutume - nous emporte entre flamboyance flashy et Pulp cartoonesque, devenant pour tout spectateur - y compris les lecteurs assidus de l'œuvre originelle - un tourbillon émotionnel impressionniste. Si Australia (2008), voire Moulin rouge (2001), nous avait fait oublier l'univers particulier de l'Australien, ce Gatsby est un superbe aide-mémoire.

  6. La Reine des neiges - (7,5) est le meilleur dessin animé de l'année et n'est pour une fois pas dû à Pixar ou à Dreamworks. En effet, en jouant la carte classique (comédie musicale et histoire de princesses), Disney retrouve un leadership depuis longtemps perdu. Chris Buck et Jennifer Lee modernisent le conte de Hans Christian Andersen en se concentrant sur l'histoire de 2 sœurs Anna et Elsa séparées par le pouvoir secret de cette dernière qui la pousse à s'isoler dans la Montagne du Nord. Alors qu'Elsa a plongé involontairement son royaume dans un hiver sans fin, sa cadette part la retrouver avec un montagnard bourru, son renne délirant - clin d'œil double à Raiponce - N.Greno & B.Howard - 2008, au passage - et le bonhomme de neige Tex Averyen Olaf alors qu'un prince félon et un duc arriviste complotent pour récupérer le Royaume. Soutenu par une animation féérique et des péripéties régulières, cette Reine séduit tous les publics.

  7. 7 psychopathes - (7,5) est le 2nd polar absurde que nous propose Martin McDonagh après son inattendu Bons baisers de Bruges (2008). En effet, en cherchant à écrire un scénario sur des psychopathes, Colin Farrell se confronte à son ami acteur et kidnappeur de chien à ses heures - Sam Rockwell - pour l'y aider. Ils croiseront les routes d'un co-tueur en série de tueurs en série, un amish borné, le Valet de Carreau, un Viêt-Cong vengeur et un gangster bouleversé par la disparition de son Shih Tzu - Woody Harrelson en rien excessif. Débuté comme un Pulp Fiction (Q.Tarantino - 1994) sous acide, les situations s'enchaînent à la limite du fantasme ou du cérébral (étonnante fuite désertique de Farrell, Rockwell et Christopher Walken), donnant un charme poétique à l'ensemble que le retour impromptu du lunaire Tom Waits souligne une fois de plus. À voir si vous avez aimé BBdB ou si vous êtes curieux.

  8. Flight - (7,5) débute comme un survival aérien où le sang froid vodkaïsé du commandant de bord (Denzel Washington en mode Oscar) parvient à faire atterrir le vol 277 en limitant les pertes humaines au maximum. Seulement, afin de ne pas avoir à payer les conséquences de ce crash, les compagnies d'assurance - de la compagnie, de l'avionneur et des pilotes - vont tout faire pour trouver un coupable idéal, confrontant le nouveau héros américain à ses déchéances et addictions. Entre hypocrisies de la société américaine qui brûle ses icônes aussi vite qu'elle ne les adore, la rédemption de Whip Whitaker apparait comme impossible, tant le cynisme et les mensonges (aux autres et à lui-même) du pilote sont flagrantes et anciennes. Dès lors, le combat de Washington épaulé ou non par son avocat Don Cheadle, son dealer "Dude" John Goodman, sa paumée consciente Kelly Reilly ou son ami Bruce Greenwood se suit comme un thriller magnifiquement mis en scène par l'humaniste Robert Zemeckis. À voir pour se rappeler que Seul au monde (2000) n'a jamais été un accident.

  9. Casse-tête chinois - (7,5) est le 3e volet (toujours réussi) des aventures de Xavier qui, après l'Auberge espagnole (2002) et les Poupées russes (2005), voit son couple avec la craquante Kelly Reilly s'achever, l'obligeant à devenir un immigré (presque) clandestin aux États Unis (sympathique avocat...). Il y retrouve Cécile de France, amoureuse et mère de sa progéniture, Audrey Tautou, enfin apaisée et adulte, China Town - et son mariage blanc, son éditeur skypé, des clins d'œil appuyés à la série (Ah, cette sortie par les toits...) et ses enfants. Peut-être n'est il pas devenu mature ou ne suis-je que nostalgique, mais je reprendrais bien un nouveau chapitre de cette histoire tant elle demeure une véritable réussite et un ovni dans le cinéma français. Vivement 2018...

  10. Les Profs - (7,5) adapte/relit gourmandement la BD éponyme de Pica et Erroc, en devenant par ses 7 mercenaires de l'EN la version 2000 de P.R.O.F.S. (P.Schulmann - 1985) et du Plus beau métier du monde (G.Lauzier - 1996). Pour y parvenir, UGC a fait appel au lunaire Pierre-François Martin-Laval (Essaye-moi - 2006, King Guillaume - 2009) afin de proposer une hilarante comédie. Il plonge ainsi les pires profs de France (Christian Clavier et Isabelle Nanty en tête en mode jubilatoire dans l'excès) dans le lycée Jules Ferry dont les 12 % de réussite au Bac menace l'existence. Dès lors, entre un perfide inspecteur adjoint (magique méchant François Morel) et un proviseur responsable (pauvre Philippe Duclos), un disciple de Jean-Claude (Arnaud Ducret) et un philosophe philosophe (Raymond Bouchard), les 88 mn du film passent trop vite tant on rit à ce nouvel enseignement visionnaire (les élèves venant même des autres établissements pour le suivre !). Même l'irritant Kev Adams parvient à être drôle, c'est dire si le pari de PEF est rempli haut-la-main. À voir sans retenue notamment parce que ces Profs n'ont qu'une seule prétention : nous faire rire.

  11. Le Passé - (7,5) confirme le talent d'Asghar Farhadi à proposer des histoires internationalement émouvante et humaniste. Il a posé cette fois sa caméra dans une banlieue parisienne (pas tout à fait) misérable où Marie (captivante Bérénice Bejo) survit avec ses deux filles et son nouvel amour (Tahar Rahim incroyablement évident). L'arrivée de son époux iranien (Ali Mosaffa absolument fabuleux) venu en France divorcer va mettre à jour le drame qui a plongé la femme de celui-là dans un coma (peut-être) irréversible. Par petites touches dominos, il nous concocte une descente sans frein dans la culpabilité aussi bien adolescente (Pauline Burlet au bord du précipice) qu'adulte, sans pour autant céder au pathos larmoyant et moralisateur, tant l'amour non-dit des personnages affleure dans cet univers potentiellement glauque mais jamais sordide. Farhadi prouve par son casting à l'unisson, son histoire ciselée et sa mise en scène passionnante qu'il est et sera un cinéaste majeur des années à venir.

  12. Guerrière - (7,5) a mis 2 ans pour traverser le Rhin et démontre à quel point les distributeurs français sont frileux face aux sujets dérangeants de la société actuelle. David Wnendt nous propose une plongée dans la mouvance néonazi allemande en s'intéressant aux destins de 2 (plus ou moins) adolescentes - Alina Levshin particulièrement éprouvante et à suivre ! et Jella Haase déboussolée -au sein de cette folie haineuse. Alors que la première s'humanise involontairement en aidant un jeune réfugié pakistanais qu'elle a cherché à écraser- la scène démontrant la maestria du réalisateur, la 2nde cherche à se faire accepter par tous les moyens, y compris la trahison, par ses nouveaux "amis". La réussite de cette impossible rédemption est la logique même de cette démonstration (et de sa conclusion bouclée). Un film intelligent, brillamment interprété et bien plus subtil que ce que la presse, qui regrette de ne pas avoir assisté à un pensum moraliste sur le Mal et ses Origines, laisse entendre. À voir pour ne pas oublier le vrai visage de la Bêtise.

  13. Diaz - Un crime d'état - (7,5) est une effrayante plongée dans l'abjection et la barbarie humaine qui plus est largement impunie. Dans un montage déstructuré à la Rashomon (A.Kurosawa - 1950), Daniele Vicari propose l'assaut délirant des forces de l'ordre italiennes à l'école Diaz, en parallèle au sommet du G8 de Gennes en 2001. Alors que celles-ci espéraient découvrir des armes et des militants du Black Bloc, ils n'agressèrent que des étudiants européens et quelques journalistes venus couvrir les manifestations dans un déchaînement de violence totalement incontrôlée, conduisant même l'essentiel de leurs victimes dans la caserne de Bolzaneto où 3 jours durant, de nouvelles exactions furent commises. Bien sûr, on pourra reprocher à Vicari de ne pas avoir creusé davantage les conséquences de ce Crime ou d'amenuiser son propos en puzzlant les points de vue, mais dans l'Italie Berlusconienne du 3e millénaire, son témoignage brillamment réalisé (à l'instar des vols d'une bouteille vide) est d'une troublante modernité tant le sentiment d'impunité du Cavaliere est encore présent. Un film politique et coup de poing édifiant et à creuser notamment ici.

  14. Kick-Ass 2 - (7,5) est la suite inattendue du film de Matthew Vaughn (2010) produite uniquement grâce aux ventes Dvd qui ont rendu culte les aventures de Hit Girl, Big Daddy et Kick-Ass. Dès lors, bien décidé à profiter de cette opportunité, Mark Millar et John Romita Jr nous proposent un second volet délirant dont le seul mojo semble être : "Bigger is Better". Ainsi, on retrouve notre duo de superhéros au lycée, la première tentant de se faire accepter par les autres et le second faisant le mur pour s'entraîner sous la houlette de Hit Girl. En parallèle, Red Mist, devenu doublement orphelin, change d'identité secrète pour devenir Mother Fucker en mode SM et engage le maximum de psychopathes pour se venger. Dès lors, les 103 mn multiplient les moments de bravoures (Ah, la vengeance scolaire du joli petit canard ou les essais d'armes sur cible réelle), où la violence graphique outrancière et les réparties geeks rappellent l'origine comics de K-A 2. Un vrai shoot de bonne humeur à ne pas mettre devant des yeux enfantins néanmoins.

  15. Monstres Academy - (7,5) est la préquelle de Monstres & Cie (P.Doctor & L.Unkirch - 2002) qui permet de croire que l'accident industriel de Cars 2 (J.Lasseter & B.Lewis - 2011) est clairement oublié par les créatifs de Pixar. Cette fois, on assiste à la rencontre de Bob et Sulli décidés à devenir des Terreurs reconnues mais loin d'être des amis (ainsi, le compagnon de chambrée de Bob n'est autre que le futur félon, Léon) au cours d'un cursus universitaire qui les voient contraints à s'allier pour ne pas être renvoyés. Entre clins d'œil au premier volet et membres cauchemardesques de la fraternité Oozma Kappa, animation flamboyante et passage au monde adulte, clichés estudiantins et blagues potaches, ce Monstres 2 vaut le détour, même si certains pourront regretter le ton léger, voire anodin, de l'ensemble (Oui, ce n'est ni Wall-E - A.Stanton - 2008, ni Là-haut - P.Docter & B.Peterson - 2009).

  16. Eyjafjallajökull - (7,5) nous propose une guerre sentimentale où tous les coups bas sont permis entre deux anciennement divorcés, Dany Boon et Valérie Bonneton - exceptionnelle - dont la méchante complicité est la principale réussite et le nerf de cette comédie, certes pas innovante, mais particulièrement efficace. En effet, alors qu'ils doivent se rendre en Grèce pour assister au mariage de leur fille, l'éruption du volcan islandais les cloue au sol, les obligeant à faire route commune pour empêcher l'autre de s'y rendre. Entre un voyage dans le coffre d'une voiture, avec des supporters ou un illuminé, le scénario démultiplie les situations invraisemblablement rocambolesques mais hilarantes (à l'instar de leur escale albanaise) qui nous tiennent en haleine pendant les 90 mn du film. Une vraie bouffée de bonne humeur à goûter avec sérénité.

  17. Ma meilleure amie, sa sœur et moi - (7,5) témoigne de ce qu'il y a de meilleur dans l'improvisation auteurisante. En effet, ce 4e film de Lynn Shelton s'est largement nourri des inventions du trio principal (Emily Blunt, Rosemarie DeWitt, Mark Duplass à l'unisson) qui a crédibilisé cette histoire tellement invraisemblable (Afin de surmonter le décès de son frère, Jack accepte l'invitation de son amie - et ex du mort - à passer quelques jours dans le chalet familial, ignorant que sa sœur lesbienne, qui vient de rompre, y séjourne déjà. Une nuit alcoolisée bouleversera le futur de ce trio) par la qualité de leurs réparties et de leurs jeux. Leur alchimie est tellement évidente que l'on est happé par ce huis-clos romantique et que l'on aspire à suivre la suite de leurs aventures.

  18. The Bay - (7) est une improbable réussite tant la mode des found footage horrifiques a été surexploitée pour le pire (qui a parlé de la série des Paranormal Activity - 2009 - 2010 - 2011 - 2012 ?). Cette fois, c'est le reportage d'une journaliste (Kristen Connoly survivor) qui utilise toutes les sources possibles (smartphones, vidéos amateurs ou policières) pour mettre à jour la contamination par un détestable parasite (franchement beurk !) de la population de la baie de Chesapeake qui nous est proposé comme un témoignage véridique. Et étonnamment, cette fois, tout fonctionne, le talent d'un vrai metteur - Barry Levinson ayant réalisé Good Morning, Vietnam (1987), Rain Man (1988) ou Sleepers (1996) - en scène faisant toute la différence avec les tâcherons habituels.

  19. 9 mois ferme - (7) offre enfin au réalisateur Albert Dupontel le succès populaire que ses mises en scène précédentes (Bernie - 1996, Le Créateur - 1999, Enfermés dehors - 2006, Le Vilain - 2008) auraient du lui permettre de rencontrer. Il faut dire que sa relecture d'une grossesse non désirée est une farce slapstick imparable où le timing, les péripéties et les dialogues enlevés s'enchaînent sans baisse de rythme notamment grâce au trio Kiberlain (enfin au niveau des Patriotes - E.Rochant - 1993) - Dupontel - Marié (et futur Césarisé) parfaitement à l'unisson. On rit aux éclats aux gags cartoonesques sans que la minceur du scénario ne vienne gripper la mécanique imaginée par Dupontel. À voir en toute confiance, donc.

  20. Before Midnight - (7) peut par sa forme agacer le cinéphile estival qui préfère effets spéciaux et fusillades aux introspections existentielles dont le trio Delpy - Hawke - Linklater nous offre le 3e volet. En effet, après les chapitres consacrés à la rencontre (Before Sunrise - 1995) et à la confirmation (Before Sunset - 2004), le trio poursuit son exploration amoureuse en retrouvant Céline et Jesse, mariés et parents de jumelles, en vacances en Grèce. Or, cette fois, la passion a laissé la place au quotidien, à l'érosion et aux disputes afférentes. Découpé en chapitres plus ou moins bavards - marque de ce triptyque - (l'aéroport, le voyage en voiture, le repas amical, la balade, l'hôtel...), leur séjour nous emporte vers leur histoire simplement universelle. Là réside d'ailleurs la force de cette chronique qui, par petites touches dialoguées, parle à tous en parlant d'un. Dire qu'il va falloir attendre 2022 pour connaître la suite...

  21. Prisoners - (7) n'est pas un thriller confortable car rapidement ce rapt d'enfants dévie vers une question de choix qui rappelle le terrible j'ai rencontré le Diable (K.Jee Woon - 2011). En effet, le père de l'une des disparues - Hugh Jackman simplement impressionnant d'inhumaine humanité - prêt à tout pour ramener sa fille bascule vers l'inexcusable, confrontant son entourage (et les spectateurs) à leurs propres limites. Dès lors, son évolution empathique (ou non) prend le pas sur l'enquête dont la résolution n'est pas l'essentiel, même si Jake Gyllenhaal remplit parfaitement son rôle d'inspecteur en échec. Profitant d'une longueur adéquate, Denis Villeneuve nous offre un polar lent, sombre et efficace qui laisse au spectateur le choix final.

  22. Jeune & jolie - (7) n'est pas que le brûlot sexy présenté à Cannes, mais un pertinent portrait d'une certaine adolescence actuelle pas tout à fait perdue mais assurément borderline. Toujours aussi pertinent, François Ozon nous offre ainsi de suivre l'année scolaire de la jeune Isabelle - Marine Vacth joliment à accompagner - issue d'un milieu aisé se prostituant par choix auprès de riches hommes de passage ou non (dont l'émouvant Johan Leysen, déclencheur de ses (més)aventures). En 4 saisons (et autant de chapitres), on passe de la maladresse à l'enquête policière et la réaction des proches plus ou moins dissimulée. Si le passage à l'âge adulte, soulignée par la magnifique rencontre avec Charlotte Rampling, ne s'accompagnera d'aucune explication superflue (ou psychologique de bazar), Ozon réussit pleinement son propos laissant à chacun le choix de son interprétation.

  23. Les garçons et Guillaume, à table ! - (7) souffre de sa structure qui multiplie les va-et-vient entre le spectacle éponyme de Guillaume Gallienne et sa vie romancée, théâtralisant parfois artificiellement sa vie palpitante et rare - nous offrir un coming out inversé n'est pas si fréquent en 2013. En choisissant d'incarner sa mère dont l'envie d'avoir une fille l'a conduit à transformer son cadet, il est simplement épatant et mériterait une citation pour son interprétation de grande bourgeoise. Le reste du casting est à l'avenant du metteur en scène : drôle, pathétique, sérieux, triste, simplement humain et foncièrement comique. Là réside d'ailleurs la principale réussite de cette autobiographie cinématographique car dans toutes les situations, Gallienne parvient à nous émouvoir par le rire et son optimisme humaniste. Au final, on se laisse prendre par cette belle déclaration d'amour filial.

  24. Le Hobbit : la désolation de Smaug - (7) nous rassure sur la capacité de Peter Jackson à rebondir après un premier volet (2012) pas tout à fait à la hauteur d'une décennie d'attente. En effet, les scories ratées du premier (des effets spéciaux toujours réussis au contraire de ceux de la fuite de nos héros des grottes des gobelins, la 3D réellement immersive...) ne sont plus que de mauvais souvenirs, d'autant que les péripéties -parfois totalement imaginés par le couple Jackson - s'enchaînent avec délectation jusqu'à la confrontation avec la plus grande réussite de cette suite : le dragon Smaug. Une fois de plus incarné par Andy Serkis, il est simplement vivant, rendant son invincibilité immortelle totalement crédible. Si quelques détails peuvent paraître Too Much (l'évasion du royaume des Elfes, le surf sur l'or en fusion...), les autocitations (Gimli, Legolas...) et le retour de Sauron rendront impatients les amateurs des Terres du Milieu.

  25. Capitaine Phillips - (7) confirme le retour en grâce de Tom Hanks. Le roi de 90's incarne à nouveau une figure normale et pas nécessairement sympathique de prime abord - le capitaine d'un supertanker navigant au large des côtes somaliennes - confrontée à des événements extraordinaires - la prise en otage de son bateau par un quatuor de pirates suivi heure par heure par les chaînes d'infos en continue américaines. La réussite de la reconstitution de ce fait-divers réside en la mise en scène recentrée sur les 2 protagonistes principaux (Hanks - Barkhad Abdi à l'unisson dans l'excellence) de Paul Greengrass, qui met de l'humain dans un drame qui ne l'est plus - rendant même absurde la cavalerie libératrice (aka les marines) - amplifiant par la même occasion la tension et le stress de cette situation. À voir pour l'exemple.

  26. Le Quatuor - (7) n'est pas qu'un simple film de concertistes talentueux mais âgés, c'est surtout une chronique amicale (parfois) désabusée qui peut rappeler les temps glorieux de Cassavetes. En effet, après avoir appris qu'il souffre de la maladie de Parkinson, le violoncelliste et patriarche d'un quatuor à cordes célébré depuis 25 ans (Christopher Walken magistral en professeur-interprète adulé et diminué) annonce son départ du groupe, provoquant par ricochet la (quasi) implosion de ce quatuor, d'autant plus que le couple Keener - Seymour Hoffman (particulièrement émouvant) rencontre des turbulences (Être ou ne pas être premier violon / Comment élever sa fille et assurer des tournées mondiales ?...) et que Mark Ivanir découvre que son art n'est pas sa seule raison de vivre. Par touches simples mais non simplistes, Yaron Zilberman crée une empathie profonde pour ce quintet (Imogene Poots incarnant une fille parfois injuste mais sincèrement passionnée) qui évolue au rythme de la rémission et de la musique de Beethoven. Un instant estival étonnant mais à découvrir en toute confiance.

  27. Le loup de Wall Street - (7) est la 5e aventure que le duo Scorsese - DiCaprio nous propose. Cette fois, ils s'intéressent au monde de la finance des 90's où l'excès semblait être le seul mojo, en nous offrant le biopic de Jordan Belfort, fondateur de Stratton Oakmont Inc, dont la principale fonction fut de ponctionner les économies des épargnants américains avec cynisme et éclats (Ah, les fêtes de boulot de fin de semaine...). Au lieu de nous proposer une vision moraliste, le duo nous offre une relecture extravagante et totalement décomplexée de ces années Drugs, Sex & Rock'n'Roll où le duo DiCaprio - Hill s'essaie à tout (détruisant même un yacht lors d'une traversée méditerranéenne mémorable) et à toutes (Margot Robbie... soupir). L'outrance et le pathétisme assumé (ou pas) de ces personnages (la bagarre au ralenti, par exemple) les rendent sympathiques à force d'être des ratés. Les autres personnages étant au niveau, ce Loup est un beau cadeau de Noël.

  28. Lone Ranger, Naissance d'une légende - (7) vaut largement plus que sa terrible réputation américaine ne laisse présager. En effet, malgré un plantage (quasi) mondial, ce western (pas tout à fait) parodique est un agréable divertissement aoûtien qui ressuscite un héros inconnu de la télé US des 50's. Si le scénario n'est guère original (un indien et un cow-boy des villes s'allient pour se venger de deux frères responsables de l'extermination de la tribu de l'un et de la mort du frère de l'autre), le duo parfaitement mal assorti (Arnie Hammer en clown blanc décalé et Johnny Depp en roue libre à la mode Sparrow assumé) croise un cheval blanc (parfait mix de Jolly Jumper et Rantanplan), Ruth Wilson (l'une des 2 parfaites idées de la série britannique Luther - 2010 - 201?) en veuve Jules et Jim (F.Truffaut - 1962), Helena Bonham-Carter en mère maquerelle unijambiste, Barry Pepper en capitaine aussi bête que sanguinaire, William Fichtner en bandit défiguré et malsain ou Tom Wilkinson visionnaire à la Il était une fois dans l'Ouest (S.Leone - 1968). Bien sûr, Gore Verbinski cite régulièrement sa trilogie tiroir-caisse (Pirates des Caraïbes - 2003 - 2006 - 2007) à l'instar de l'improbable poursuite ferroviaire finale. Mais son style outrancier et décérébré colle parfaitement à ce western popcorn. On peut trouver l'ensemble indigeste ou retrouver son sourire d'enfant. Moi, j'ai facilement choisi mon camp.

  29. Red 2 - (7) marque le retour de l'ensemble du casting des retraités de Red (R.Schwentke - 2010). Cette fois, l'équipe doit se reformer afin de découvrir ce qu'est le projet Nightshade et pourquoi cela met leurs vies en péril. Malgré une petite baisse de régime lors du passage parisien et l'adjonction (superflue ?) d'un agent russe (Catherine Zeta-Jones) et d'un tueur à gages coréen (Byung-Hun Lee), le retour du quintet et l'arrivée du Chapelier fou (Anthony Hopkins) nous offrent une hilarante comédie policière (Ah, la séance de libération par Helen Mirren sous les yeux amoureux de Brian Cox) où chaque apparition du trio Parker - Willis - Malkovich rentabilise le ticket pour Red 2. Leurs réparties et les situations où les plongent les frères Hoeber font le charme de ce projet absolument pas gériatrique. Vivement le 3e volet.

  30. Ma vie avec Liberace - (7) offre à Michael Douglas un retour triomphal aussi bien sur le petit écran outre-Atlantique (production HBO oblige) que sur le grand européen. Sous la baguette finale de Steven Soderbergh, il incarne Liberace, célèbre pianiste, permanenté et outrancièrement vêtu, aux Etats Unis, plus intéressé par les Adonis que par ses fans féminins. Bien que linéaire, le film se concentre sur les 10 dernières années de sa vie où il rencontra l'amour - admirablement incarné par Matt Damon - qu'il façonna à son image et réciproquement. En plus d'une impeccable double interprétation - dans l'amour comme dans la haine, Soderbergh nous offre une reconstitution entre kitsch et flamboyance du Las Vegas des années disco qui ajoute à la qualité de ce qui n'était au départ qu'un simple téléfilm. Entre une résurrection et un chant du cygne, ce film vaut largement un détour automnal.

  31. Insaisissables - (6,5) renouvelle largement le casse cinématographique en proposant les aventures d'un groupe d'illusionnistes (Jesse Eisenberg, Isla Fisher, Dave Franco et Woody Harrelson - parfait en mentaliste manipulateur) dont le numéro final - un braquage de banque sur un autre continent ou le transfert de la fortune d'un assureur malhonnête - les voit être poursuivis par des membres d'Interpol (Mélanie Laurent qu'on a vu plus en forme) et du FBI (Mark Ruffalo continuellement en retard), secondés par un révélateur de "vérités" magiques (Morgan Freeman toujours parfait). Malgré quelques raccourcis gênants et des personnages globalement peu (pas...?) développées, ce tour de passe-passe bénéficie d'un rythme endiablé et d'effets visuels (exagérément ?) spectaculaires (ça virevolte parfois ad nauseam), faisant passer un excellent moment, absolument pas impérissable, mais tout à fait divertissant.

  32. Moi, moche et méchant 2 - (6,5) nous offre les nouvelles aventures de Gru, de ses minions et des 3 orphelines qu'il a adoptées lors du 1er volet (C.Renaud & P.Coffin - 2010). Ayant renoncé à son existence de supervilain, Gru est contacté par une organisation secrète chargée de récupérer un sérum qui démultiplie l'agressivité de la personne infectée. Secondé par une belle espionne un brin maladroite, Lucy, et les filles qui espèrent le voir tomber amoureux, il va alors enquêter et sauver le monde. Soutenu par une belle animation, quelques jolies scènes (Gru amoureux aller-retour ou le kidnapping initial), des couleurs flashy (entre jaune et violet !) et malgré une ambiance (trop ?) enfantine, un scénario linéaire, un happy-end téléphoné et un Gru pas assez vilain, on passe un agréable moment, en espérant le retour du Gru méchant dans l'évident 3e opus.

  33. Shérif Jackson - (6,5) est un western vengeur improbable qui témoigne de la résurgence intelligente d'un genre enterré si souvent à tort. Cette fois, l'Ouest dépeint n'est pas essentiel au plaisir du spectateur tant le trio principal (January "Revenge" Jones ex-prostituée veuve et bafouée, Ed "Crazy" Harris extravagant shérif dansant seul à la lune et Jason "Charles Manson" Isaacs gourou sectaire et sexué) suffit à l'intérêt de cette histoire de parias. Mais, le côté Outlaw bénéficie des terres vierges où le salut vient rarement de la Loi et des hommes de "Bien". Leurs quêtes, souvent nihilistes, s'entrecroisent pour se confronter dans une ultime demi-heure jouissive dont aurait dû s'inspirer QT cette année.

  34. Happiness Therapy - (6,5) sera peut-être l'étonnante surprise des Oscars 2013 mais constitue une agréable variation romantique. En effet, elle place deux asociaux - Bradley Cooper de retour chez ses parents après 8 mois d'hôpital psychiatrique à la suite d'une douloureuse tromperie et la craquante Jennifer Lawrence, veuve nymphomane et danseuse par intermittence - sur la même route tortueuse. Alors que le premier espère toujours reconquérir son ex, il négocie l'aide de la 2nde contre la participation à un concours de danses de salon. Bien sûr, on espère que l'alchimie évidente des protagonistes sera récompensée, mais le talent de David O'Russell est de nous faire toujours douter de l'inéluctable, tout en s'appuyant sur de magnifiques acteurs (à l'instar des 2nds rôles : Robert De Niro, Jacki Weaver et Chris Tucker en tête). Au final, les héros retrouvent le bonheur et nous le sourire.

  35. Star Trek Into Darkness - (6,5) prolonge les aventures de l'Enterprise et du reboot (J.J.Abrams - 2009) de son équipage. Cette fois, après une mission de sauvetage d'un monde naissant, Kirk et Spock se voient mettre sur la touche lorsqu'un double attentat décime le commandement de Starfleet. Débute alors une chasse à l'homme, le responsable (Benedict Cumberbatch passionnant), un commandant de Starfleet, s'étant réfugié sur la planète des Klingons. Si certains Trekkies reprocheront à Abrams la "starwarisation" de l'univers de Gene Roddenberry, il faut bien admettre qu'il ne nous laisse aucun répit, démultipliant les rebondissements et autres scènes d'actions (avec quelques grosses ficelles dans l'ultime ligne droite, reconnaissons-le). S'appuyant sur des effets réussis (mais une 3D post-convertie), quelques réparties drolatiques (car 5 ans dans l'espace, c'est long !), ce 2e volet ne surprend peut-être pas, mais il ne déçoit absolument pas. Vivement la suite.

  36. Gangster Squad - (6,5) romance la véritable lutte d'une partie de la police de Los Angeles contre Mickey Cohen à la fin des années 40, convaincue de devoir utiliser les méthodes de gangsters pour pouvoir combattre à armes égales avec le crime organisé. Plus proche de Dick Tracy (W.Beatty - 1990) que des Incorruptibles (B.De Palma - 1987) par la maladresse initiale de ces pieds nickelés policiers et par le jeu outrancier et raté de Sean Penn (dont les prothèses faciales gâchent tout !), ce thriller d'action convainc néanmoins par le reste de son casting (Josh Brolin, Ryan Gosling et Emma Stone en tête), sa superbe reconstitution graphique limite cartoonesque - Ruben Fleisher confirme son talent formel après le surprenant Bienvenue à Zombieland - 2009, ses scènes d'actions (la vengeance de Cohen mode Le Parrain 2 - F.F.Coppola - 1974 - ou son arrestation mode The Raid - G.Evans - 2012) et sa morale polychrome.

  37. Au bout du conte - (6,5) marque (enfin !) le retour des Jacri (Oubliez le pathétique Parlez-moi de la pluie) à la comédie chorale qu'ils avaient délaissé depuis Comme une image (2004). Cette fois, ils ont imaginé une improbable relecture des contes enfantins (avec un impressionnant Big Bad Wolf), conduisant à un étonnant trio amoureux, où le duo s'offre des seconds rôles - une tante actrice et perdue, un père cynique et instructeur d'autoécole - cruciaux et ciselés. Le maelstrom assurément bordélique de leur histoire rend les coïncidences naturelles et les réparties brillantes (Ah, l'amour du genre humain de Bacri). Bien sûr, le formalisme de la mise en scène et quelques raccourcis faciles évitent à ce conte d'être incontournables. Mais pour l'ensemble des leçons de conduite et le happy end, retrouver nos amis est une bonne idée.

  38. Le monde de Charlie - (6,5) adapte, par l'auteur, un roman décrivant le quotidien d'un lycéen au cœur des 90's - Logan Lerman lunaire et attachant - en marge de ses camarades pris sous l'aile de 2 élèves de terminale - Ezra Miller et Emma Watson très convaincante en post-Hermione. Entre récit initiatique et film de passage (Garden State - Z.Beaff - 2005 - n'est pas loin), Stephen Chbosky mélange avec subtilité dépression adolescente et amours variées renouvelant avec les meilleures comédies de John Hughes (Breakfast Club - 1985 - pour ne citer que lui). À voir sans a priori, car pour un premier film, celui-ci est plutôt réussi.

  39. The Sessions - (6,5) s'inspire d'un article de Mark O'Brien, atteint par la polio depuis son enfance et ne survivant que par l'aide d'un poumon d'acier et d'assistants dévoués. Brillant journaliste free-lance, il se voit confier la rédaction d'un article sur la sexualité des handicapés, l'amenant à vouloir ne plus être vierge et à contacter une assistante médicale - Helen Hunt bien trop rare depuis son Oscar mérité (Pour le pire et le meilleur - J.L.Brooks - 1997). Sans atteindre les délires réussis de Hasta La vista (G.Enthoven - 2012), ce film, cru et émouvant, évite magistralement tout voyeurisme malsain pour ne décrire qu'une histoire d'amour inhabituelle et médicale. Il faut dire que les acteurs (John Hawkes, William H.Macy ou Moon Bloodgood) et le scénario rythmé et sans faute de goût épaulent pleinement la mise en scène en retrait - mais parfaitement adapté à cette histoire - de Ben Lewin. Un bon film, en somme.

  40. Les Croods - (6,5) montrent que les 5 Légendes (P.Ramsey) n'étaient qu'un accident, rappelant à Dreamworks que la paresse ne faisait pas un film. Cette fois, sous la baguette de Chris "Dragons" Sanders et Kirk DeMicco, on a droit à une relecture homo sapiens de la tectonique des plaques. Ainsi suit-on l'évolution d'une famille préhistorique forcée à quitter leur Home Sweet Home détruit par un tremblement de terre. Entre non-dits générationnels (Ah, les contes nocturnes du père) et love-story en 3D réussie (et pour une fois, pas que financière), dialogues percutants pour tous les publics et scénario à plusieurs niveaux de lecture, les Croods est un bon film familial, et pas seulement d'animation.

  41. Iron-Man 3 - (6,5) est de très loin le meilleur volet de la trilogie IM (J.Favreau - 2008 & 2010), notamment parce depuis les Avengers (J.Whedon - 2012), les scénaristes mettent davantage en avant le héros plutôt que l'armure. Or, Robert Downey Jr est un magnifique cabotin capable de magnifier n'importe quelle scène, notamment si elle est vraiment écrite. En confiant son personnage emblématique à Shane "Kiss, Kiss, Bang, Bang" Black, Marvel ne s'est pas trompé. Il développe à la fois un véritable trauma lié aux Avengers, une vengeance jubilatoire (le duo Pearce - Kingsley étant particulièrement réussi) et un reboot audacieux, tout en nous offrant une zone de confiance (le trio Downey - Paltrow - Cheadle, les citations à la Pop Culture, les Fx, la 3D...) rassurante. Au final, même si ce ne sont pas les X-Men, cet IM 3 est un bon divertissement où l'humain reprend sa place au côté du superhéros, et non plus derrière. Notons que si vous êtes patient, l'ultime scène est un excellent sketch (qui n'annonce rien, pour une fois).

  42. Fast & Furious 6 - (6,5) est un nouveau miracle motorisé qui, après 2 volets réussis (J.Lin - 2009 / 2011), parvient encore à nous scotcher avec des personnages plus proches des équipiers de Danny Ocean (S.Soderbergh - 2002 / 2004 / 2007) que de bandits de grand chemin. Cette fois, Dom et consorts se voient proposer par l'agent Hobbs de l'aider à récupérer une arme volée par une équipe de mercenaires motorisés (Quelle surprise !) contre leur réhabilitation. Pourtant, malgré ce pitch de carambar et quelques saillies viriles, la sauce prend, y compris toutes les incohérences (le retour de Letty !!! - à croire que Michelle Rodriguez n'est plus blacklistée pour ses problèmes alcooliques) et autres twists bancals (Qui trahira la prochaine fois ?). Il faut dire que les F&F sont devenus les westerns de cette décennie, avec ses gentils pas si méchants et ses méchants pas si gentils, qui assument pleinement leurs excès testostéronés. Sans doute pas très subtil, mais diablement divertissant.

  43. World War Z - (6,5) est un mélange surprenant entre enquête scientifique, fin du monde et survival zombie. En effet, alors que la journée débute tranquillement pour la famille Lane prise dans un embouteillage citadin, Gerry (Brad Pitt simplement convaincant en ex-enquêteur des Nations Unis) comprend que la présence surnuméraire des forces de l'ordre et des hélicoptères est anormale, à l'instar de la suragressivité de certains habitants de New York. Il n'aura alors de cesse de sauver sa famille de la pandémie mondiale, acceptant notamment de rechercher l'origine de ce mal afin que l'armée protège les siens. Bien sûr, le scénario ne renouvelle pas le genre, démultipliant les cordes à l'envie (à l'image de la poisse récurrente de Pitt qui provoque l'arrivée des zombies en Israël jusque là épargnée, survit au crash d'un avion ou sert de cobaye pour sauver l'humanité) afin de ne jamais nous laisser de répit. Et il faut l'avouer : Mark Forster y parvient pleinement faisant des 2 heures de son film une course poursuite haletante. Ce n'est peut-être pas original mais pour un blockbuster estival, le contrat est pleinement rempli, nous laissant espérer une suite réussie.

  44. Il était temps - (6,5) mixe le fantastique d'un jour sans fin (H.Ramis - 1993) à la comédie romantique inventive popularisée depuis 20 ans par Richard Curtis. Pour ce faire, il nous permet de suivre la vie sentimentale/familiale de Domhnall Gleeson (fils de Brendan) qui, ayant le pouvoir de remonter dans le temps de sa vie, corrige ou non ses erreurs passées. La réussite de ce qui n'aurait pu être qu'un pitch malin est l'alchimie entre les divers protagonistes (Rachel McAdams, Bill Nighy pour ne citer que les plus évidents) et l'intelligence du script qui n'évite pas au héros la tristesse ou la souffrance (sauver sa sœur et perdre sa fille ou ne rien changer, par exemple). Au final, c'est à une vie émouvante et drôle que l'on assiste et à laquelle on a plaisir d'assister.

  45. Amour & Turbulences - (6) est une agréable comédie romantique française qui vaut bien plus que son paresseux pitch (un ancien couple, se retrouvant côte à côte lors d'un vol New York - Paris, va solder leur passé). En effet, construit à la Rashomon (A.Kurosawa - 1950), ce vol nous permet de retrouver Ludivine Sagnier, rare ses dernières années, et d'humaniser le sniper Nicolas Bedos, parfois maladroit dans son jeu, mais connaissant parfaitement ce genre de personnage : le con prétentieux qui aimerait être autre chose. Bien sûr, ne cherchez pas d'originalité ni de suspens à cette romance, mais grâce aux seconds rôles (Jonathan Cohen et Michel Vuillermoz en tête), à de belles réparties et à son thème assumé, on passe un bon moment.

  46. Oblivion - (6) est plutôt une bonne surprise car, en nous offrant une nouvelle version post-apocalyptique de la terre, Joseph "Tron l'héritage" Kosinski refuse les effets clinquants pour une approche (presque) naturaliste. On découvre ainsi notre planète en 2077 ravagée par une guerre qui a vu des extra-terrestres, les Chacals, être vaincus au profit d'un exil de l'essentiel des habitants pour Titan. Jack Harper - Tom Cruise presque sobre - est en charge de la réparation et l'entretien de drones présents sur la Terre pour extraire les denrées nécessaires à la survie des exilés. La présence de vie va bouleverser son quotidien et ses certitudes. Soutenu par de beaux effets et un scénario malin - qui hélas sacrifie pratiquement tous les 2nds rôles, ce film démontre qu'un film de science-fiction coûteux peut être réussi lorsque le pitch (Qui a dit Cowboys et envahisseurs - J.Favreau - 2011 - ou John Carter - A.Stanton - 2012 ?) n'est pas absurde.

  47. Cet été-là - (6) est un film de passage (de l'adolescence vers le monde adulte) dont le cinéma - pas qu'américain - a le secret et dont tout spectateur se sent proche. Il faut dire que c'est le duo des scénaristes de The Descendants (A.Payne - 2012), Nat Faxon et Jim Rash, qui est aux commandes. On suit donc un été particulier de la vie du jeune Liam James, martyrisé par son psychorigide beau-père (Steve Carell encore épatant), mollement soutenu par sa mère (parfois) soumise (Toni Collette), qui trouve une famille de substitution auprès du personnel du zoo local (conduit de manière totalement anachronique par un Sam Rockwell rarement aussi touchant). Bien sûr, tout cela est classique. Mais la grâce du script et des acteurs parvient à nous faire passer un excellent moment.

  48. Möbius - (6) n'est pas, disons-le tout de suite, les Patriotes (1994) de cette décennie. Néanmoins, en revenant au thriller d'espionnage, Eric Rochant reprend en main sa carrière cinématographique tombée en déliquescence depuis son triptyque originel. Ainsi nous offre-t-il un triple jeu où l'agent russe (Dujardin en mode sérieux et toujours convaincant) demande à la trader (de France) d'espionner son russe employeur (Tim Roth) afin de pouvoir le compromettre auprès des nouvelles forces soviétiques. Mais leur amour interdit - sursouligné par quelques parties fines à la limite de la respiration caricaturale - va les conduire à la frontière de leur perte. Bien sûr, ce thème était déjà celui des Patriotes anormalement inédits en Bluray. Bien sûr, les seconds rôles, à l'exception d'Emilie Dequenne, sont sacrifiés au profit du duo star. Bien sûr, le final n'est pas des plus réussis. Bien sûr. Pourtant, on passe un bon moment, ce qui n'est pas si mal pour un film de genre.

  49. The Hit Girls - (6) a tout de la navrance adolescente - et son florilège de personnages tête à claques (Qui a dit Anna camp plus Barbie que nature ?) - et putassière (Oui, les producteurs ont vu les séries Glee - 2009 - 201? - et Smash - 2012 - 2013). Bien sûr, les rebondissements du scénario et le développement psychologique des personnages tiennent sur un demi-timbre poste. Bien sûr, cette compétition de chorales scolaires n'a aucune réalité en France. Bien sûr, la vie est courte. Pourtant, on se laisse peu à peu séduire par l'énergie naïve et de le dynamisme de ces battles vocales, la fraîcheur de ses interprètes - qui chantent vraiment ! - ou la compétition (dont on oublie presque l'inéluctabilité du résultat). À voir en passant, sans à priori.

  50. Les Miller, une famille en herbe - (6) nous propose une comédie stupéfiante avec un improbable quatuor réuni par le dealer Jason Sudeikis afin de ramener une cargaison de marijuana du Mexique. Ainsi la strip-teaseuse Jennifer Aniston, la fugueuse Emma Roberts et le simplet - et malchanceux - Will Poulter se retrouvent pour un Road Trip improbable en camping-car, rendant tout à fait crédible leur famille si dysfonctionnelle donc tout à fait réaliste. Entre un boss ridicule et un narcotrafiquant mexicano-français (Tomer Sisley ?!?), une rencontre opportune et particulièrement inapproprié - mais hilarante - et une morale (presque) familiale, leur périple nous fait passer un bon moment politiquement incorrect que même le bêtisier raté final ne parviendra pas à gâcher.

  51. Northwest - (6) nous plonge au sein de la petite pègre danoise comme l'avait fait avec plus de talent David Michôd pour le milieu australien (Animal Kingdom - 2011). Cette fois, ce polar suit la progression de Casper (Gustav Dyekjaer Giese brutal et enfantin) petit trafiquant élevé par sa mère sous l'emprise d'un malfrat paternaliste. De petits larcins à la prostitution, il montera rapidement les marches de cet univers quitte à s'y perdre ainsi que ses proches. En le suivant au plus proche, Michael Noer choisit un style naturaliste qui amplifie l'identification au personnage et ses doutes/choix, mais aussi contribue au classicisme de son histoire. Pas un gros défaut, certes, mais pas aussi un avantage.

  52. C'est la fin - (6) tient plus de la blague potache pour initié que du film tant le sextet principal s'autoparodie en jouant de leur image vraie et supposée. Sur le thème minimaliste de la fin du monde, le duo Goldberg - Rogen s'offre un plaisir coupable et régressif, conviant leurs amis à un survival apocalyptique où James Franco et Danny McBride tirent leur épingle du jeu. Ne se refusant rien (de l'intervention d'Emma Watson fuyant le viol aux considérations philosophiques sur la masturbation en passant par le confessionnal propre à toute bonne téléréalité), C'est la fin surmonte même ses quelques faiblesses (qui a dit Jay Baruchel ou le Paradis ?) pour un final cannibale réjouissant.

  53. Man of Steel - (6) reboot l'un des superhéros qui ne m'a jamais intéressé, Superman. Pourtant grâce à Zack Snyder (300 - 2007, Watchmen - 2009, Sucker Punch - 2011) et Christopher Nolan, le retour du kryptonien parvient à susciter l'intérêt même si la quête existentielle du héros rappelle celle de Bruce W. (mais en plus indestructible). Dès lors, grâce au (presque) inconnu convaincant Henry Cavill et quelques seconds rôles (Kevin Costner, Amy Adams, Russell Crowe et Michael Shannon), des effets visuels particulièrement réussis (notamment la supervision du héros) et quelques plans (quasi)naturalistes, la sauce prend et laisse espérer le meilleur pour la suite de ses aventures (y compris la future réunion des héros de DC Comics).

  54. Django Unchained - (6) est un western gourmand qui rend hommage aux versions spaghettis, reprenant même la figure mythique de Django, créée par Sergio Corbucci et incarnée par Franco Nero venu faire un caméo. Ainsi, suit-on l'émancipation d'un esclave (Jamie Foxx qui retrouve un vrai rôle à défendre loin des direct-to-vidéos où il surnageait comme tant d'autres - qui a dit Christian Slater ? - ces dernières années) pris en charge par un chasseur de primes allemand (Christopher Waltz simplement épatant) et désireux de retrouver son épouse, quitte à se confronter à Calvin Candie (Leonard DiCaprio pas si tranchant qu'espéré) le propriétaire et semi-dieu d'une plantation. Si les premières 90 mn sont jubilatoires (essentiellement grâce au personnage de Christopher Waltz), ce faux western finit par souffrir de sa gourmandise tant Tarantino surécrit ses situations et ne coupe rien. Dès lors, malgré l'empathie pour Django, on décroche dans l'ultime demi-heure, espérant une version courte (130 mn auraient suffit) éditée en vidéo.

  55. One Piece Z - (6) poursuit les aventures des pirates du Vogue Merry débutées le 4 Août 1997 au Japon en mangas shonen. Étonnamment, même si vous n'avez jamais lu l'un des 69 volumes publiés ou vu l'un des 710 (et quelques) OAV diffusés à la télé - ce qui était mon cas, ce film peut s'apprécier sans mal. Il faut dire que le pitch est des plus simple : les gentils pirates aux pouvoirs multiples doivent mettre fin à la croisade d'un général renégat décidé à exterminer tous les pirates du Nouveau Monde pour venger la mort de sa famille. Certes, le style animé particulier et le mix science-fiction / corsaire peuvent surprendre. Mais le résultat, parfaitement japonais, comblera sans mal les nostalgiques des après-midis Dorothée.

  56. Hôtel Transylvanie - (6) nous offre une fausse relecture de la Famille Adams (1964 - 1966) en se concentrant sur le comte Dracula, veuf et père de famille, qui a créé un havre de paix en Transylvanie pour les monstres de la planète. À la veille du 118e anniversaire de sa fille unique, Mavis, il accueille ses amis et clients, leur garantissant un lieu sans humain à la ronde. Mais la "jeune" héroïne aspire à connaître le monde du dehors et ses dangers. Alors quand un routard égaré arrive à l'hôtel, le comte Dracula doit faire un choix simple : comment s'en débarrasser sans nuire à son quotidien ? Si Genndy Tartakovsky ne parvient pas totalement à s'affranchir des règles usuelles (Pourquoi toujours chanter... ?), le pep de sa mise en scène, la qualité de la 3D, quelques gags bien sentis mâtinés d'un mauvais esprit jubilatoire et une histoire bien écrite font de cet Hôtel la destination à succès de ces congés d'hiver.

  57. Amitiés sincères - (6) avait tout pour être la comédie de potes de l'année, concurrençant (enfin !) Mes meilleurs amis (J-M.Poiré - 1988) ou les Maris, les femmes, les amants (P.Thomas - 1988) : deux trios d'acteurs aux petits oignons (Lanvin - Anglade - Yordanoff, Girardot - Breitman - Lindinger), un pitch rouleau compresseur (un homme ne supportant pas qu'on lui mente rend la vie de son entourage invivable jusqu'à...) , des dialogues enlevés et des sentiments positifs. Pourtant, sans être totalement déçu, je reste sur sa faim notamment en raison du monolithique personnage de Lanvin (qui ne peut défendre que ce qu'on lui écrit et qui évolue si rapidement à la fin du film), sa décevante confrontation aux secrets de ses proches (on est loin du Money Time de Crazy, Stupid, Love - J.Requa & G.Ficarra - 2011) ou parce que j'en espérais davantage. Au final, ne boudez pas votre plaisir car vous rateriez un moment léger en ce début d'année.

  58. Battle of the Year - (6) est, après The Hit Girls (J.Moore - 2013), ma grosse cote de cette année tant j'étais persuadé d'aller voir une niaiserie à la Paranormal Activity (2009 - 2010 - 2011 - 2012). Grande fut donc ma surprise qu'un film avec une telle absence de scénario soit passionnant (j'exagère sans doute un peu). En effet, entre des chorégraphies particulièrement impressionnantes et des acteurs (parfois) touchants, un suspens raisonnable et quelques réparties amusantes, le Candide de cet univers et/ou le cinéphile passe un bon moment.

  59. Last Vegas - (6) marque les retrouvailles, à Las Vegas, d'un quintet amical (Mary Steenburgen, Robert De Niro, Michael Douglas, Morgan Freeman et Kevin Kline) de 58 ans pour l'enterrement de vie de garçon de Douglas qui s'est décidé à officialiser sa relation amoureuse lors de l'oraison funèbre d'un de ses amis. Le Rat Pack vétéran décide alors d'oublier toutes les contraintes médicales et autres fâcheries passées pour profiter pleinement de cette virée. Bien sûr, bien que fringants, ils ne nous offriront pas une virée jusqu'au-boutiste à la Very Bad Trip (T.Phillips - 2009 - 2011 - 2013), mais une leçon amicale sans niaiserie ni bien-pensance, où chaque acteur semble réellement s'amuser (en boîte de nuit ou au concours de maillots de bains) et par effet domino, le spectateur aussi.

  60. Gravity - (6) est, certes, un bon film d'action mais pas le chef d'œuvre ultime vantée par la presse unanime à la 3D miraculeuse. En effet, si le scénario parvient à nous intéresser (mais pas captiver) pendant 90 mn au sauvetage solitaire d'une astronaute perdue dans l'espace (et qui ne criera pas Aline pour qu'elle revienne) - Sandra Bullock tout à fait crédible en apesanteur, comment s'extasier sur un tel film tant l'apport de la 3D est anecdotique et où certaines scènes sont lourdement démonstratives à l'instar de l'hallucination come-back ? À croire que la presse n'a pas vu le même film... Reste un bon moment de cinéma gâché par de grandes attentes non récompensées.

  61. Les flingueuses - (6) démontrent que nous avons bien changé de millénaire puisque ce Buddy Movie féminin remplace sans mal les duos testostéronés des 80's. Enquêtant sur un mystérieux maffieux, une ambitieuse agent du FBI - Sandra Bullock clown blanc coincé - doit venir investiguer à Boston et faire équipe avec la brutale et grossière inspectrice Mullins - Melissa McCarthy en roue libre - capable de mettre son propre frère en prison. Contre vents et marées, elles vont s'associer pour arrêter les vilains, entre misogynie et racisme albinos, enivrances 80's (Belle chorégraphie sur le Groove is in the Heart de Deee-Lite) et balles (pas vraiment) perdues, quiproquos machos inversés et fusillades pastichées (Ah, ce couteau à huitres !). Bien sûr, la subtilité n'est pas la marque de fabrique de Paul Feig mais le résultat est plus supportable que Mes meilleures amies (2011) et aura, devant son succès outre-Atlantique, une suite.

  62. American Nightmare - (6) n'est pas un film d'horreur mais une survival futuriste qui dépeint une Amérique ayant pratiquement éradiqué le crime grâce à une nuit par an de justice gratuite. Cette Purge a fait la richesse d'Ethan Hawke vendeur de systèmes de protection d'habitation et qui se prépare avec sa petite famille à passer une nuit en toute sécurité à son domicile. La volonté du fils de famille à épargner un vagabond noir va bouleverser la survie familiale et révéler les jalousies du voisinage. Si le propos est parfois simpliste (la dénonciation du racisme ou les twists finaux enchaînés), les divers péripéties maintiennent l'intérêt pendant les 85 minutes du film. Pas une révolution mais un petit frisson aoûtien.

  63. Stoker - (6) offre à Park Chan-Wook, inoubliable auteur d'une trilogie sur la vengeance (Sympathy for Mr.Vengeance - 2002, Old Boy - 2003, Lady vengeance - 2005), sa première incartade américaine sur un scénario de Wentworth "Prison Break" Miller. Il nous présente ainsi les conséquences sur une veuve et sa fille (Mia Wasikowska toujours pertinente) de l'arrivée du frère du défunt (Matthew Goode en mode Hannibal Lecter excessif). Aussi attirant que menaçant, il va perturber durablement ce duo. Si Park Chan-Wook souligne rapidement le côté dysfonctionnel du trio à l'instar de ce sublime duo musical perversement érotique, il nous offre aussi une maestria graphique (bouclant magistralement ses épilogue et prologue) qui rend ce thriller intriguant, tout en estompant les aspects paresseux du scénario (l'inceste en devenir, le personnage de la mère sacrifié, l'étrangeté initiale d'India ...). Au final, sans être une réussite, Stoker mérite largement d'être vu.

  64. Alceste à bicyclette - (6) plonge Lambert Wilson, acteur télévisé à succès, dans l'enfer rhétais solitaire de Fabrice Luchini, ex-gloire parti fâché du microcosme du spectacle. Wilson a l'ambition de convaincre l'ancien comédien de reprendre avec lui le Misanthrope de Molière. Pendant une semaine, pour voir, ils vont répéter alternativement les personnages d'Alceste et de Philinte, comme les cabots qu'ils sont ou sont restés, tout en flânant sur l'Île, croisant un conducteur de taxi déçu, une apprentie star du X et une italienne en instance de divorce - épatante Maya Sansa. Souvent jubilatoire, la joute relationnelle perd hélas de sa légèreté et paradoxalement de sa vigueur dans le final, Philippe Le Guay se décidant à ne sauver personne. Dommage car les 90 premières minutes m'avaient largement conquis.

  65. Hansel & Gretel : Witch Hunters - (6) est le parfait exemple du popcorn movie décérébré assumé et pleinement jouissif à voir. Si faire des personnages des frères Grimm des superchasseurs de sorcières pouvait initialement laisser au mieux sceptique (d'un autre côté, il y avait Abraham Lincoln... comme quoi...), les 88 mn du film passent si rapidement qu'on en vient à espérer une suite. Il faut dire qu'en misant sur Gemma Arterton et Jeremy Renner, Tommy Wirkola a fait le bon choix. Le duo sexy (et presque œdipien) dégomme tout sur son passage - sorcières (Famke Janssen parfaitement létale et séduisante) et shérifs frustrés - à la mode gore (ce qui change des films récents résolument orientés familiaux pour amasser des pépètes). C'est bourrin, futile, en 3D et funky ! Tout un programme alléchant, en somme, pour un divertissement qui sait de ne pas être sérieux.

  66. Promised Land - (6) capture l'air du temps (la lutte ou non contre le gaz de schiste) en nous proposant un instantané de l'état de la campagne américaine exsangue. Matt Damon, coauteur du scénario, y incarne un cynique démarcheur d'une compagnie gazière venu dans une petite ville pour faire signer des autorisations d'exploitation des sous-sols locaux. Mais sa tâche va être contrarié par l'arrivée d'un militant écologiste - John Krasinski coscénariste, dont la ferme a été ruinée et empoisonnée par une telle extraction, et par certains habitants convaincus que l'offre financière n'est pas à la hauteur de leur gisement. Dès lors, Gus Van Sant nous propose un thriller social mâtiné de romance (Rosemarie DeWitt, Frances McDormand/Titus Welliver), où la patte du metteur en scène s'efface derrière la volonté nostalgique du duo Damon - Krasinski. Certes le tout ne révolutionne pas le Cinéma, mais il nous fait passer un bon moment.

  67. Week-end royal - (6) nous offre la rencontre réelle de 2 des plus célèbres dirigeants handicapés de l'histoire récente - le bègue George VI, récent héros du Discours d'un roi (T.Hooper - 2011), et le paralysé Franklin Delano Roosevelt, interprété avec délectation par Bill Murray - à la veille de la 2nde Guerre mondiale, celui-ci venant recherché le soutien de ce dernier contre l'ennemi nazi. En se basant sur une correspondance restée secrète pendant 70 ans, Roger Michell choisit de présenter la Grande Histoire sous l'éclairage romantique en développant essentiellement la relation de Roosevelt avec sa cousine Daisy, interprétée délicatement par l'impeccable Laura Linney. Ce choix anecdotique permet d'humaniser la période, qui en a largement besoin, accentuant l'empathie naturelle des acteurs. Bien sûr, la charge émotionnelle n'atteint pas celle du Discours..., mais le charme (pas tout à fait) suranné de ce film mérite d'être vu.

  68. Warm Bodies Renaissance - (6) aborde l'univers des zombies à la sauce décalée (Shaun of The Dead - E.Wright - 2004 - ou Bienvenue à Zombieland - R.Fleischer - 2008 - en étant les meilleurs représentants). Cette adaptation du roman éponyme de Isaac Marion suit l'humanisation de R (Nicholas Hoult qui a grandi depuis Pour un garçon - C. & P.Weitz), un zombie amoureux de Julie (Teresa Palmer) la fille du leader des survivants humains (John Malkovich en mode RED - R.Schwentke - 2010). Les relations (et les dialogues !) entre ces Roméo & Juliette d'un nouveau genre, l'utilisation volontairement cliché des univers mort-vivant (Ah, les déplacements des zombies !) et post-apocalyptique ou l'amitié entre R et M contribuent à rendre sympathique ce film sans prétention.

  69. Sous surveillance - (6) permet à Robert Redford de retrouver le genre qui fit sa renommée dans les années 70 (les Trois jours du condor - S.Pollack - 1975, les Hommes du Président - A.J.Pakula - 1976) : le thriller politique. Il incarne, cette fois, un activiste écologiste qui préféra l'anonymat à la prison à la fin des années 60. Suite à l'arrestation volontaire d'une ancienne complice et à l'enquête d'un journaliste arriviste (Shia LaBeouf parfaitement tête à claques), il devient alors la cible des autorités, l'obligeant à débusquer la véritable responsable des attentats qui le poussèrent, avec ses compagnons, à disparaître. Bien sûr on pourra reprocher à Redford le côté vieillot de sa mise en scène, plus classique que révolutionnaire, l'intégrité familiale de son personnage et de sa fille ou le côté poussif de ses scènes d'actions (Papy a tout de même 77 ans). Mais, il réussit pleinement à nous convaincre dès qu'il confronte les ex-militants à leur passé et leurs évolutions, s'intéressant assurément davantage à la psychologie qu'à l'agitation. Au final, le côté presque suranné de cette Surveillance mérite le détour.

  70. Epic : la bataille du royaume secret - (6) est la nouvelle production du studio Blue Sky (l'Âge de glace - 2002 / 2006 / 2009 / 2012, Robots - 2005, Horton - 2008, Rio - 2011). Cette fois, on suit les aventures d'une jeune fille - orpheline et en quête de son père scientifique perdu dans sa quête - plongée dans une lutte qui oppose de petits défenseurs de la forêt aux forces du Mal. Si l'animation demeure de qualité à l'instar de la 3D plutôt bien exploitée (comme la course d'oiseaux), l'absence de 2nd degré rend cette Bataille plus enfantine que les précédentes productions. Heureusement, la multiplication des péripéties compense cette (petite) déception et permet à Epic de s'apprécier sans mal.

  71. Oh Boy - (6) suit la journée pourrie de Niko (épatant Tom Schilling) : sa copine, lassée par son indécision, le quitte; son thérapeute l'humilie lors d'une consultation; son père lui coupe les vivres; des contrôleurs du métro berlinois le rançonnent; il se fait tabasser pendant qu'il vient en aide à une ex-camarade de classe actrice avant-gardiste (et risible) et voit toutes ses tentatives de se consoler par un café interrompues. Inscrit dans la Nouvelle Vague allemande, le premier film de Jan Ole Gerster nous propose un After Hours au noir et blanc somptueux et à la musique réussie, soutenus par des acteurs convaincants et à l'unisson dans un Berlin (presque) décadent récompensé à juste titre par 6 Césars germaniques. Un film plein de promesses.

  72. Broken City - (6) plonge un ancien flic (Mark Wahlberg en mode Max Paine - J.Moore - 2008) au cœur d'une machination politique qui voit le maire corrompu de New York (Russell Crowe très occupé cette année) prêt à tout pour être réélu, y compris faire espionner son épouse (Catherine Zeta-Jones moins lisse que d'habitude). Mais quand l'objet de sa surveillance est assassiné, l'heure des choix douloureux arrive. Dès lors, au petit jeu de la manipulation, Allen Hughes nous propose un thriller classique mais agréable à suivre, même si le final est plus aimable que transcendant. À voir pour le casting plus que pour la surprise.

  73. Thor : le monde des ténèbres - (6) confronte le Dieu du Tonnerre à Malekith, l'elfe noir, résolu à se venger d'Asgard et à conquérir l'univers. Si j'ajoute le retour (et la nouvelle fausse mort) du pathétique Loki, tout était réuni pour que ce Thor 2 ne soit qu'un long pensum à fuir. Pourtant, en changeant de metteur en scène, Marvel réussit à nous proposer un Asgard technologique et concret (et non la gravure mythologique du 1er opus - K.Branagh - 2011) soutenu par des effets spéciaux magistraux et pourtant parfaitement intégrés et une aspiration terrienne crédible. Dès lors, entre clins d'œil malins (le caméo étoilé !) et batailles dantesques, acteurs qui s'amusent et personnages qui s'étoffent, cette suite ne coupe pas l'élan qualitatif de la firme rouge. To be continued, donc.

  74. Don Jon - (6) confronte deux genres antinomiques : la comédie romantique et le porno. Joseph Gordon-Levitt, dragueur à succès, préfère à ses conquêtes du samedi soir l'excitation que lui procure la vision de vidéos X. Si sa rencontre avec la belle, mais exigeante voire insupportable castratrice, Scarlett Johansson va l'obliger à se remettre en cause, en reprenant notamment ses études, celle avec Julianne Moore, émouvante et compréhensive, lui offrira une étonnante, mais judicieuse 3e voie. Ce 1er film est une bonne surprise, jamais glauque ni vulgaire, mais comiquement rafraichissant où les clichés et les évidences sont malmenés pour le plus grand plaisir voyeur du spectateur. Vivement le prochain !

  75. Le Majordome - (5,5) nous plonge dans l'histoire américaine du siècle dernier en se focalisant sur celle (pas si) anecdotique d'un majordome de la Maison Blanche - Forest Whitaker impeccable - passé durant son existence de l'esclavage à la fréquentation effacée mais pas du tout immatérielle de 7 présidents américains. Livre historique à la Forrest Gump (R.Zemeckis - 1994) mais d'un didactisme scolaire beaucoup moins ludique, ce Majordome séduit essentiellement par ses interprètes (Oprah Winfrey en tête). Mais condenser 80 ans d'existence en 2 heures oblige à de nombreux raccourcis qui finissent par desservir l'intérêt et l'empathie du spectateur pour cette histoire humaniste. Dommage.

  76. Malavita - (5,5) démontre que la comédie n'est pas le genre de prédilection de Luc Besson. Pourtant, l'idée de plonger une famille mafieuse dans la campagne normande débutait plutôt bien, notamment parce que chaque membre avait une façon particulièrement efficace de régler ses conflits du quotidien (de la fille tenniswoman à la mère explosive en passant par le fils trafiquant et maître chanteur et au père écrivain passablement soupe au lait). Pourtant, malgré quelque(s ?) bonne(s) idée(s) - De Niro dissertant sur les Affranchis - M.Scorsese - 1990, la sauce par trop second degré ne prend pas (ou mal). Dommage pour les acteurs qui s'amusent beaucoup et les spectateurs qui s'ennuient un peu. J'aurais préféré l'inverse.

  77. All is lost - (5,5) témoigne de l'intelligence de J.C.Chandor qui, après la réussite de Margin Call (2012), change complètement de registre et de forme. En effet, après son thriller économique au casting pléthorique, il nous plonge dans un survival maritime et intimiste dont l'unique héros - Robert Redford - tient plus du poissard ultime (entre son bateau éperonné pendant son sommeil par un container perdu au milieu de nulle part et les multiples tempêtes qui l'épuisent) que du marin. Il parvient néanmoins à nous intéresser à son destin, même si cet univers n'est pas le votre. Le final christique est sans doute la seule fausse note de ce scénario.

  78. La vie d'Adèle - Chapitres 1 et 2 - (5,5) n'est pas le chef d'œuvre encensé par la presse unanime, mais demeure un film dont les qualités contrebalancent pleinement les défauts. En premier lieu, le choix de filmer en gros plan apparait dans un premier temps comme un simple artifice nauséeux avant de devenir une évidence. Puis, le choix de la sublissime et lumineuse Adèle Exarchopoulos se retourne contre Kechiche car si en lycéenne de 15 ans, elle est crédible, il n'en est pas de même en femme de 25 ans, tant les gros plans sur elle ne la montrent pas vieillir un peu. Dès lors, les ellipses répétées finissent par atténuer sa magnifique histoire d'amour avec Léa Seydoux, bilalienne et injuste, amoindrissant l'universalité de leur histoire. Enfin, la durée invraisemblable du film témoigne de la difficulté (ou de l'absence) de choix de Kechiche à rendre cohérente son histoire. Frustrant, mais à voir au cas où.

  79. Percy Jackson : La mer des secrets - (5,5) continue à trahir l'œuvre de Rick Riordan en nous offrant la résurrection prématurée de Cronos. Pourtant, malgré le remplacement de Pierce Brosnan, le charme agit, notamment en raison d'effets 3D et spéciaux réussis et des péripéties qui s'enchaînent à un rythme soutenu. Bien sûr, la psychologie des personnages n'est que superficielle à l'instar de dialogues parfois pathétiques et d'économies de bout de chandelle (Magnifique paquebot de Luke !). Bien sûr, Percy ne sera jamais Harry. Bien sûr, la cible visée ne dépasse pas 10 ans. Pourtant, compte tenu du niveau estival, PJ se laisse voir sans trop de problème. Evidemment, si vous espérez un grand film...

  80. Turbo - (5,5) prouve que la lutte plagiaire qui avait un temps opposé Dreamworks et Pixar n'est pas totalement oubliée puisque cette fois, on a droit à un remake/pastiche/raté de Cars (J.Lasseter & J.Ranft - 2006). En effet, David "Gang de requins" Soren nous propose le rêve improbable d'un escargot mutant décidé à battre le champion (français ?) arrogant de course automobile, Guy La Gagne. S'appuyant sur une technique toujours parfaite, il nous offre un divertissement plus enfantin qu'à l'accoutumée amplifiant les valeurs familiales au détriment d'un humour cartoonesque. Pas forcément décevant, mais pas nécessairement pour un public adulte.

  81. Les âmes vagabondes - (5,5) débutent mal. En effet, l'esthétisme (presque) niais de la possession de l'héroïne et ses dialogues intérieurs limite Bisounours laissaient redouter le pire. Pourtant, peu à peu, cette adaptation de la nouvelle série de Stephenie "Twilight" Meyer finit par séduire, notamment grâce au jeu convaincant de Saoirse Ronan et la maîtrise d'Andrew Niccol. On accepte alors la borgnitude de la traqueuse Diane Kruger, le trio (presque quatuor) amoureux marque de fabrique de l'auteure mormone, la bienveillance de la communauté terrienne et le twist téléphoné pour une éventuelle suite. Certes, on est loin des réussites Bienvenue à Gattaca (1997) ou Lord of War (2006), mais Andrew Niccol parvient à rendre une copie supérieure à l'originale, ce qui n'est pas si mal au final.

  82. The Iceman - (5,5) narre le double quotidien d'un bon père de famille, Richard Kuklinski, et tueur à gages de la mafia pendant 3 décennies. Gommant certains aspects peu empathiques du vrai Kuklinski (sa bipolarité, sa violence envers sa femme...), Ari Vromen se concentre sur l'extraordinaire durée pendant laquelle celui, qui congelait ses victimes pour s'en débarrasser bien après ses crimes, parvint à concilier ses deux existences sans que sa famille ne se doute de quoi que ce soit. Bien sûr, le choix du terrifiant Michael Shannon est pour beaucoup dans l'acceptation de ce "héros", tant sa rage intérieure affleure régulièrement à la surface du colosse Shannon. D'ailleurs, le jeu en retrait de Winona Ryder convient parfaitement à la folie rampante de son époux. Sans leur duo, The Iceman ne serait qu'une suite de contrats variés, d'errements et de trahisons de maffieux et autres tueurs et de sauts temporels, événements déjà vus ailleurs et régulièrement en mieux.

  83. Shadow Dancer - (5,5) est un thriller politique qui nous plonge au cœur de la lutte que l'état anglais mena contre l'IRA et réciproquement pendant les années Thatcher. Après un attentat avorté, l'activiste responsable (Andrea Riseborough survivante ou pas) se voit proposer d'espionner ses frères terroristes à la place d'un séjour très longue durée en prison. Entre trahir les siens ou son fils, le choix proposé par Clive Owen - plutôt convaincant - ne peut que conduire à une impasse personnelle. Seulement, James Marsh, tout à l'habileté du scénario, oublie d'accentuer les dimensions de ses personnages (à l'exception de son héroïne) et nous propose une copie où chaque acteur tire la gueule pour souligner la lourdeur de l'époque ou de la cause, oubliant de provoquer l'empathie et/ou l'intérêt du spectateur. Au final, le sentiment de gâchis prévaut sur la manipulation perspective.

  84. Planes - (5) est le 2e plagiat de l'univers Cars (J.Lasseter & J.Ranft - 2006) en une semaine. Cette fois, c'est la maison-mère, Disney, qui propose une relecture aérienne de la création Pixar en nous offrant les aventures de Dusty, aéroplane fermier, engagé dans une compétition d'orientation autour du monde (ça me dit quelque chose...). Soutenu par un vieux briscard anciennement célèbre (ça me rappelle vraiment quelque chose...) et un ami pas très futé mais sincère (non, mais sans rire, cela m'évoque vraiment quelque chose...) et amoureux d'une pimpante carrosserie (Là, il n'y a pas à dire, j'ai déjà vu cela !), Plars ne se donne même pas la peine de modifier le script originel. Dès lors, autant voir l'original qui a le mérite d'être en plus drôle. Mais bon, l'Oncle Picsou avait sans doute besoin de gagner quelques billets verts supplémentaires.

  85. Lincoln - (5) se concentre, sous la baguette académique de Steven Spielberg, sur les 4 derniers mois de la vie du président préféré des américains, Abraham Lincoln, lorsque ce dernier mène ses 2 principaux combats de front : mettre fin à la terrible Guerre de Sécession et promulguer le 13e amendement qui abolit l'esclavage. Epaulé par le duo évident Tommy Lee Jones - Daniel Day Lewis, Spielberg nous offre de longs monologues mettant en scène les lenteurs du débat démocratique qu'il sursouligne ad nauseam en s'interdisant toute scène d'action, jusqu'à l'assassinat présidentiel dont Spielberg nous prive. Sans doute un film important pour l'identité américaine, mais par trop scolaire pour les autres publics.

  86. Effets secondaires - (5) est l'avant-dernier film de Steven Soderbergh usé par Hollywood et son hyperactivité cinématographique. Il suit la dépression de l'épouse (Rooney Mara en attente de la suite de Millénium - D.Fincher - 2012) d'un trader (Channing Tatum toujours surévalué) récemment libéré de prison à laquelle un psychiatre financièrement intéressé (Jude Law en mode What Else') a prescrit un traitement miracle expérimental. Si la mise en place du drame laisse espérer le meilleur, la multiplication des twists fait basculer ces effets vers un nième thriller qui se croit plus malin que les précédents. Hélas, à trop vouloir surprendre le spectateur (qui a dit Catherine Zeta-Jones en psy lesbienne ?), Soderbergh finit par le lasser. Ce n'est pas que son film soit mauvais, mais on en a tellement vu de semblables et de meilleurs que la déception pour son chant du cygne est grande.

  87. Les gamins - (5) alternent le meilleur, son duo principal complémentaire (Max Boublil et Alain Chabat), et le pire, l'absence de jusqu'au-boutisme des péripéties qui désamorce toutes les situations. Pourtant, en proposant une virée entre gendre adulescent et beau-père dépressif et régressif, Anthony Marciano avait la possibilité de nous offrir une belle comédie outrancière. Hélas, il demeure très sage, préférant de multiples sketchs réussis (la première rencontre familiale, la maison de disque, le doublage onusien...) à un effet domino comique, sacrifiant au passage le duo féminin monodimensionnel (Mélanie Bernier et Sandrine Kiberlain, ne déméritant pas dans le peu de ce qu'on leur propose). Au final, on est loin d'un Very Bad Trip (T.Phillips - 2009) à la française, mais on peut néanmoins y passer quelques bons moments.

  88. L'homme aux poings de fer - (5) est à la fois un hommage aux films de Wuxia, aux westerns spaghetti et à l'œuvre du producteur, Quentin Tarantino. Le musicien RZA propose la vengeance d'un forgeron noir, qu'il incarne, vivant en Chine féodale mutilé par le gang des Loups pour lequel il a créé des armes. Entre une Lucie Liu en mode Kill Bill Vol 1, Russell Crowe en mode bibendum empoté et anachronique ou David "WWE" Batista en mode Rock du pauvre, un scénario incongru à la limite des Lapins crétins, un usage délirant des câbles que n'aurait pas renié Jim Henson ou des dialogues de plus en plus idiots - mais bon, RZA est un musicien, pas un parolier, le plaisir du film passe de coupable à crétin. Dommage pour l'univers psychédélique.

  89. Le monde fantastique d'Oz - (5) est à la fois un hommage et un préquelle au Magicien d'Oz (V.Fleming - 1939), puisqu'il se concentre sur l'arrivée au pays d'Oz le fameux magicien (et fringant James Franco). Afin d'échapper à la colère d'un mari trompé, Oscar Diggs s'enfuit en montgolfière. Mais une tempête le conduit dans un monde en guerre où il va devoir choisir entre 3 sorcières (Mila Kunis et Rachel Weisz, emportant largement la bataille de la conviction). Si pour des histoires de droits, on ne retrouvera ni épouvantail, ni route pavée d'or dans cette version, Sam Raimi sait rendre son univers graphique et coloré. Hélas, la naïveté de son scénario, l'affligeance de ses dialogues, la forme un peu trop Alice au pays des merveilles (T.Burton - 2010) flashy ou sa longueur qui aurait mérité quelques coupes font de ce film un divertissement enfantin. Mais pas plus.

  90. Jobs - (5) se focalise sur la création d'Apple et le retour aux affaires de Steve Jobs, oubliant les années 2000 et l'interrègne. Lorgnant régulièrement vers le Social Network (2010) sans la maestria de David Fincher, ce biopic souffre de la médiocrité du scénario qui insiste (à raison, mais si lourdement) sur la tyrannie et le génie de Steve Jobs (bien interprété par Ashton Kutcher, malgré une démarche qui semble être l'essentiel de son incarnation). Dès lors, en ne développant jamais les autres personnages et en oubliant tant d'événements, l'impression de survoler exagérément sa vie prend le pas sur son intérêt et limite l'empathie naturelle de ce projet. Ce n'est pas que le film soit raté mais il est dommage de n'avoir qu'un brouillon de film.

  91. Mandela : un long chemin vers la liberté - (5) tente en 146 mn de résumer un demi-siècle de lutte. Si le projet est plus qu'honorable, il s'apparente, malgré ses deux acteurs principaux Idris "Luther" Elba et Naomie "Moneypenny" Harris habités, davantage à un luxueux téléfilm qu'à un film. En effet, si l'on découvre une chronologie (relativement) factuelle de l'engagement de Mandela, les nombreux événements qui la jalonnent s'enchaînent sans souffle épique ou mise en abime de réalisation, comme si Justin Chadwick n'avait pas osé s'approprier cette histoire, oubliant qu'un pitch sans émotion demeure un pitch. Dès lors, ce qui aurait pu être un hommage à l'humanisme de Madiba s'oublie une fois le film achevé. Décédé peu de temps après la sortie de ce biopic, Nelson Mandela mérite mieux que ce film pour épitaphe d'une longue et incroyable vie.

  92. Prince of Texas - (4) suit la cohabitation de 2 cantonniers - Emile Hirsch et Paul Rudd - chargés de peindre une ligne jaune sur une route perdue aux confins du Texas. Tourné sans argent (et 4 acteurs) et sans réel scénario (si ce n'est l'idée de filmer son duo principal dans la nature), ce PoT tente de faire passer le vide pour de l'onirisme, quitte à multiplier les plans naturalistes sans intérêt. Ce n'est pas que l'on s'ennuie franchement mais fallait-il vraiment donner l'Ours d'Argent du meilleur réalisateur à David Gordon Green ? Pas sûr.

  93. Les amants du Texas - (4) n'est pas une modernisation de Bonnie et Clyde mais une version naturaliste tendance mollassonne. En effet, David Lowery expédie la partie amants terribles dans les 10 premières minutes avant de se concentrer sur la reconstruction de Bonnie (aka Rooney Mara) qui élève sa fille sous la bienveillante protection du shérif Ben Foster. L'évasion du pathétique et marmonnant Casey Affleck emmènera le trio principal à des choix drastiques, au dépend de l'intérêt du spectateur, particulièrement ennuyé devant tant de vacuité. Dès lors, malgré l'intervention foutraque d'un gang et quelques fulgurances dues à Keith Carradine, l'ennui devient général, comme si chaque Auteur voulait rivaliser avec la naturaliste minimaliste de Terrence Malick. Si seulement ils avaient son rythme des 80's.

  94. White House Down - (4) se voulait la réponse mainstream à La chute de la Maison Blanche (A.Fuqua) qui, au début de l'année, avait surpris le box-office mondial et réduit en cendre la MB. Pourtant malgré la mise en scène de Roland Emmerich et des têtes d'affiche bankables (Channing "Je suis super musclé" Tatum et Jamie "Dire qu'un jour j'ai été un acteur oscarisé" Foxx), la nouvelle attaque de la présidence américaine rate le plus souvent sa cible (nous divertir sans nous prendre pour des idiots) tout en voulant prendre la place de destructeur en chef laissée vacante par Michael Bay (qui s'est essayé en vain à la comédie sans explosion cette année avec le nanar bodybuildé No Pain, no Gain). Pas totalement anecdotique au final, mais pas franchement indisponible non plus.

  95. Trance - (4) souffre de sa volonté d'être trop malin pour son genre, Danny Boyle cherchant à tout prix à démultiplier les coups de théâtre improbables. Pourtant, le pitch initial - un commissaire-priseur, complice d'un vol de tableau, perd la mémoire et force les voleurs à engager une thérapeute pour les aider à retrouver le butin qu'il a dissimulé - était largement suffisant pour intriguer, d'autant que le trio principal (James McAvoy - Rosario Dawson - Vincent Cassel) s'investit totalement dans les péripéties imaginées par le duo Ahearne - Hodge. Hélas, en dehors de la plastique adorable et dénudée de Mlle Dawson, les multiples visions sous hypnose s'apparentent davantage à un trip sous acide non assumé plutôt qu'une variation de la réalité. Ce n'est pas totalement raté mais c'est globalement bien creux et superficiel pour un polar outrecuidant oublié dès la porte franchie.

  96. Upside Down - (4) souffre de son concept qui voit deux mondes tête-bêche coexister, l'un d'opulence et de richesses pour dirigeants, l'autre pauvre pour ouvriers. Alors qu'il est interdit aux habitants du second de s'élever vers le premier, Adam (Jim Sturgess plutôt convainquant) est depuis l'enfance amoureux d'Eden (Kirsten Dunst en mode midinette pathétique et amnésique) habitante de l'Autre Monde. Dès lors, parce qu'il est un brillant scientifique, il parviendra à la retrouver et lui faire ouvrir les yeux. Dis comme cela, Upside Down a tout d'un nième Roméo & Juliette du pauvre. C'est hélas vrai tant les développements psychologiques des héros - et l'empathie nécessaire pour eux, aussi - ont été abandonnés au profit des effets pour convaincre de la réalité de cet univers. Dès lors, bien que bluffé par les 10 premières minutes, on finit par se moquer totalement de ce qui arrive aux héros, confirmant une fois de plus que la forme sans le fond ne fait pas un film. À 60 000 000 $ la leçon, cette coproduction européenne démontre que les producteurs américains ne sont pas les seuls à avoir oublié le mojo de Jean Gabin : "Pour faire un bon film, il faut trois choses : une bonne histoire, une bonne histoire, une bonne histoire".

  97. La chute de la Maison Blanche - (4) a le défaut d'arriver après Hansel & Gretel (T.Wirkola) pour devenir le plaisir bourrin de ce Printemps et l'avantage d'arriver avant la version arts et essais de Roland Emmerich (White House Down) en Automne pour être un succès. Si la première partie (et sa prise d'otage) remplit pleinement son rôle (et les espoirs du spectateur), la suite est hélas sans surprise, Gerard Butler n'étant pas connu pour son jeu subtil et nuancé (avouons qu'il n'est pas aidé par son personnage tellement cliché qu'il en devient sympathique au 2nd degré). Au final, la BA a été efficace en survendant un nième film d'action pas plus mauvais ou meilleur que la production actuelle.

  98. Wolverine : le combat de l'Immortel - (4) ne renouvelle pas le raté du 1er opus (G.Hood - 2009) mais manque clairement d'une menace à la hauteur de Wolverine. En effet, au lieu d'un blockbuster explosif voire intelligent, on assiste à un film (presque) intimiste où la quête existentielle prend le pas sur l'action mutante (Dire que la seule menace vient de Vipère - Svetlana Khodchenkova - suffit à résumer l'étendue de l'escroquerie...). Il faut dire que le choix de plonger le héros en adamantium dans le trauma post-Affrontement final (B.Ratner - 2006) laissait peu de place à un complot mondial. Dès lors malgré (ou à cause, c'est selon) un Japon de shoguns, une introspection et une renaissance du héros (Comment referont-ils pousser ses griffes en métal ?), deux jolis geishas (avec une nette préférence pour la Hit Girl Rila Fukushima) et un samouraï plombant, on assiste à un film absolument pas taillé pour l'été. Pas raté, mais frustrant !

  99. La stratégie Ender - (4) souffre de son final inattendu et réussi qui fait presque oublié les 80 premières minutes ratées et ridicules où de (trop) jeunes adolescents sont formés pour devenir les futurs défenseurs de la Terre contre les Doryphores, peuplade extraterrestre qui a déjà failli la détruire. Ainsi, dans une version puérile et édulcorée de Full Metal Jacket (S.Kubrick - 1987), s'opposent au futur "héros" terrien des caricatures de militaires miniatures régulièrement antipathiques et monochromes comme si Gavin Hood (déjà responsable du naufrage X-Men Origins : Wolverine - 2009) n'avait pas vu les Harry Potter. Hélas, alors qu'on tenait l'un des navets les plus chers de l'année, tout bascule avec la prise de conscience d'Ender lors de la simulation finale, nous offrant presque l'envie de voir adapter le 2nd volet des aventures littéraires d'Orson Scott Card. L'insuccès mondial de cette Stratégie ne nous l'offrira (hélas ?) pas.

  100. Ginger & Rosa - (4) nous plonge dans une Angleterre sixties redoutant, comme le reste du monde, le pire lors de la crise des missiles cubains. Alors que le monde est en arrêt, Sally Potter s'intéresse à l'évolution d'une amitié entre 2 adolescentes (Alice Englert et Elle Fanning), dont les aspirations libertaires vont finir par les éloigner l'une de l'autre. Entre leurs mères divorcées, l'apprentissage de l'amour (parfois interdit) ou la découverte de l'engagement politique, il y avait tout pour rendre ce passage à l'âge adulte passionnant. Hélas, malgré la justesse de l'interprétation des 2 actrices principales, seuls l'ennui et le désintérêt perdurent lors du film.

  101. 40 ans, mode d'emploi - (3,5) n'est pas une comédie (à l'exception notable d'un rendez-vous scolaire) mais la chronique familiale d'une tranche d'âge qui aurait gagné en efficacité si Judd Apatow se décidait enfin à couper 30 mn (au moins) de ses scenarii. Il s'intéresse cette fois à la sœur et au beau-frère de l'héroïne d'En cloque, mode d'emploi (2007) dont le couple traverse une crise à la fois économique, personnelle - Ah, ces pères particuliers -, sentimentale et éducative. En offrant à son alter-égo - Paul Rudd, sa femme - Leslie Mann - et ses deux filles - Maude et Iris - les rôles principaux de cette chronique, il nous propose davantage une séance psy personnelle qu'un film. Et c'est bien là le problème car, en dehors du personnage de Megan - Soupir ! - Fox, jamais on ne parvient à s'intéresser à leurs misères. Au final, la sauce ne prend - une fois de plus ! - pas.

  102. Dark Skies - (3) est un mauvais épisode des X-Files qui nous plonge dans un futur enlèvement extraterrestre. Mais pour être sûr de brasser le plus de public, les scénaristes ont couplé cela avec un zeste plus qu'appuyé à la série pathétique Paranormal Activity (2009 - 2010 - 2011 - 2012) rendant les nuits de la famille Barrett agitées (entre plans de vidéo surveillance perturbés et ombres menaçantes). Ce n'est pas que le couple Keri Russell - Josh Hamilton n'est pas crédible ou que leurs enfants ne soient pas flippants, mais Dark Skies recycle tellement de thèmes que le gloubiboulga résultant finit par être plus bourratif que plaisant.

  103. Mamá - (3) est la version hispano-canadienne des films de fantômes japonais tant populaires depuis une dizaine d'années - autant pour son faible coût de production que pour ses frissons d'Halloween. Cette fois, l'inquiétante entité protège/asservie deux sœurs disparues pendant 5 ans dans une forêt après un drame familial. Retrouvées, elles s'installent chez leur oncle accompagnées par celle qu'elles appellent Mamá. Évidemment, la cohabitation ne sera pas des plus tranquilles. Entre sursauts sursoulignés par la musique et les cadrages, victimes du fantôme qui survivent malgré tout, mise en place prématurée du background de Mamá et final poétique à 30 centimes d'euros, ce film d'épouvante light manque sa cible.

  104. Les Schtroumpfs 2 - (3) propose la quête existentielle (pour les tous petits !) de la Schtroumpfette, création originelle de Gargamel, persuadée de ne pas avoir sa place au village des Schtroumpfs. Alors quand elle retrouve à Paris le nouveau duo des Canailles inventé par le mage noir (Hank Azaria seul acteur à s'amuser vraiment) devenu une célébrité du music-hall, un choix cornélien va s'offrir à elle. Présenté ainsi, cette suite ne semblerait pas que financière, d'autant que l'animation reste au même niveau que le 1er opus (R.Gosnell - 2011). Hélas, elle souffre de son manque de surprises et de son caractère, d'un trio d'acteurs (Mays - Harris - Gleeson) en mode paiement d'impôts et exagérément enfantin (voire puéril). Mais on ne m'empêchera pas de penser que cela manque un peu de schtroumpfs.

  105. Parkland - (3) souffre d'être une nième lecture de la tragédie du 22 Novembre 1963, dont la seule originalité réside en son final qui superpose les enterrements - national - du président abattu et celui - plus que local - de son meurtrier assassiné. Avant cela, on aura eu droit aux dernières minutes hospitalières de JFK, à la lutte pathétique des forces de l'ordre et des services de sécurité pour le rapatriement du corps, à la destruction de preuves par la CIA complotive, à la famille Oswald plus que partagée et à une kyrielle de micro-événements méconnus qui ne suffisent pas à rendre intéressant ce film choral, malgré le casting 3 étoiles des seconds rôles américains (on perd une étoile puisqu'il n'y a aucune star). Pas inintéressant, plus téléfilm que film de cinéma.

  106. 12 Heures - (2,5) a failli être la surprise estivale 2013 puisque, pendant 70 minutes, on parvient à oublier que l'on regarde un polar de Nicolas Cage en mode paiement d'impôts. En effet, dans cette partie, les producteurs toujours aussi cyniques (pléonasme !) avaient assez d'argent pour payer les acteurs ET un scénariste. Ce dernier parvient à développer les personnages au point de rendre intéressant les enjeux du kidnapping initial, provoquant même un soupçon de début de commencement d'empathie pour ce père voleur qui a tout perdu. Heureusement pour le spectateur habitué aux navets et autres infamies tournés ces derniers temps par l'Oscarisé neveu de Francis Ford Coppola (Si ! si !), le final est à ce point pathétique qu'il se retrouve en zone connue et sécurisée. Il ne manquerait plus que Cage se souvienne qu'il a été un bon acteur, épaulé par une bonne histoire, pour qu'il fasse son coming-out de comédien. Déjà que Jean-Claude a failli se perdre avec JCVD (M.El Mechri - 2008) ! Heureusement, il reste Steven S. et son mono-faciès. Heureusement...?

  107. R.I.P.D. Brigade fantôme - (2) est de ces projets dont on ne peut comprendre initialement la raison du financement. En effet, pitcher l'enquête policière de 2 flics morts en service revenus d'outre-tombe pour arrêter des zombies qui refusent de quitter la terre peut s'apparenter à une vaste blague. Mais convaincre Universal de donner 130 millions de dollars et laisser engager Ryan Reynolds qui a déjà participé à des plantages historiques (Green Lantern - M.Campbell - 2011 - ou Deadpool dans X-Men Origins : Wolverine - G.Hood - 2009) demeure un exploit totalement surréaliste. Dès lors, malgré les décalages scénaristiques, l'aspect clipesque parodique du film, le duo Jeff Bridges / Mary-Louise Parker qui demeure la meilleure idée de Robert Schwentke, R.I.P.D est un naufrage annoncé et une erreur hollywoodienne non assumée. Même au 2nd degré.

  108. Riddick - (2,5) va devenir le John McClane de la science-fiction tant le célèbre sociopathe nyctalope est poisseux : où qu'il se retrouve, c'est toujours sur une planète plus que hostile et poursuivi par des chasseurs de primes vengeurs - ce qui n'est pas anormal puisque sa tête est mise à prix dans l'univers. Ainsi, alors qu'on l'avait quitté haut-commandeur des Nécromongers, on le retrouve abandonné sur une planète désertique, luttant contre une espèce de scorpion géant, sans vaisseau pour la quitter et menacé par des mercenaires plus bas de plafond les uns que les autres (Pauvre Katee Sackhoff bien loin de Battlestar Galactica - 2003 - 2009). Ce n'est pas que Vin Diesel soit mauvais, c'est simplement qu'il est à la hauteur du scénario. Pas plus.

  109. Evasion - (2,5) conclue une année difficile pour les papys sur le retour, Sylvester Stallone et Arnold Schwarzenegger. En effet, alors que, 25 ans plus tôt, une telle affiche n'aurait pas eu besoin de scénario, le spectateur moderne demande plus qu'un pitch (un expert de l'évasion doit s'échapper d'une prison inviolable) et quelques réparties 80's pour être satisfait. Il faut dire que Jason Statham a, depuis, pris le relais des Action Movies décérébrés et que, sans vouloir les insulter, à 60 ans passés, leurs scènes d'action sont parfois plus poussives qu'un épisode de Derrick, même si leur plaisir de se retrouver semble réel. Au final, on est partagé par l'enthousiasme des protagonistes et la navrance du film.

  110. The Mortal Instruments : la Cité des ténèbres - (2) va rejoindre l'immense majorité des adaptations récentes de la littérature adolescente qui ne connaitra qu'un seul volume cinématographique (de Numéro 4 - D.J.Caruso - 2011 - aux Âmes vagabondes - A.Niccol - 2013). En effet, en plus d'être l'une des plus ratées de ces dernières en accentuant tous les travers clipesques adolescents - de la BO trop 80's au duo principal tête à claques en passant par leurs sentiments caricaturalement de pacotille, cette relecture laisse de côté toute subtilité empruntant à tant d'univers à succès que l'on se demande si on est dans une parodie ou un film qui se prend au sérieux. Dès lors, entre une lutte démoniaque (tant de fois) rabâchée et un "Je suis ton père" pathétique, on se dit que le naufrage public est mérité.

  111. Pacific Rim - (2) n'est pas le retour glorieux espéré pour le réalisateur du diptyque Hell Boy (2004 - 2008) et du féérique Labyrinthe de Pan (2006) après l'échec de son adaptation de Bilbo. En effet, ce n'est pas que sa guerre des mondes (des aliens monstrueux ravageant régulièrement les côtes terrestres, les humains se sont unis pour fabriquer des robots géants afin de les combattre, jusqu'à ce qu'ils n'y arrivent plus) soit totalement ratée, mais l'abondance (la permanence ?) des effets numériques - heureusement réussis - et le sérieux limite caricatural des interprétations (avec un accessit à Max Martini père de la tête à claques Robert Kazinsky) finissent par ôter tout intérêt aux événements montrés, rendant le spectateur totalement hermétique aux sacrifices des "héros" (pourtant largement soulignés par la musique et les acteurs du film qui applaudissent à chaque combat victorieux). Vous dire que le final est un choc est à la hauteur du scénario. C'est tout dire.

  112. The Call - (2) plonge Halle Berry, téléopératrice de la police de Los Angeles, dans une course poursuite contre la mort, une jeune fille (Abigail Broslin qui a bien grandi depuis le génial Little Miss Sunshine - J.Dayton & V.Farris - 2006) ayant été kidnappée par un tueur en série. Hélas, le scénario de Richard D'Ovidio enchaîne alors toutes les incohérences et aberrations popularisées par les téléfilms du samedi soir, du trauma initial de l'héroïne à la bêtise du tueur qui ne comprend pas pourquoi tous les automobilistes le dévisagent alors que de la peinture s'échappe de son coffre et qu'il est couvert de sang en passant par le final vigilante ou la possession par l'ado du seul mobile intraçable par le LAPD. Ce n'est pas que ce thriller soit entièrement consternant, mais bon, de là à payer 10 € pour le voir...

  113. Cartel - (2) est un Ridley Scott en mode mineur qui nous permet de suivre la chute de Michael Fassbender, avocat pénal tenté par la richesse rapide et l'excitation du trafic de drogue. Mais, confronté à des prédateurs/trices (Cameron Diaz est la meilleure idée de ce polar déjà vu), il va découvrir qu'il n'était pas prêt à payer le prix demandé pour jouer dans la cour des méchants. S'entourant d'un casting 5 étoiles (Penélope Cruz, Javier Bardem, Brad Pitt), Scott ne parvient jamais à transcender son sujet, multipliant les péripéties factices et effets flashy dignes de ses jeunes années clipesques. Mais en soignant la forme, Scott oublie l'essentiel : le fond et le public. Dès lors, ce dernier subit au lieu de s'amuser, attendant impatiemment la fin de ce raté magistral.

  114. Machete kills - (2) poursuit avec moins de bonheur les aventures du mexicano à la machette. En effet, pour ce 2e opus, Roberto Rodriguez choisit la surenchère en tout. Hélas, alors que le portnawak pulp du 1er volet (2010) contribuait à son charme parodique, l'exagération de ces tribulations anéantit le charme de MK, le personnage d'Amber Heard étant le seul à parvenir à nous intéresser, la faute à une absence de scénario et d'écriture des personnages qui semblent plus improvisés que dirigés. Voir Danny Trejo survivre à tout ou des has-been condamnés par le système (Mel Gibson et Charlie Sheen en tête) ne suffit pas à faire un film, même si l'annonce d'une conclusion spatiale de la trilogie peut intriguer.

  115. No Pain no Gain - (2) est le témoignage de la incommensurable bêtise humaine puisque tirée d'une histoire vraie. 3 bodybuilders décérébrés (pléonasme ?) - Wahlberg, Johnson, Mackie plus vrais que nature - kidnappèrent un client fortuné - Tony Shalhoub - pour lui dérober sa fortune. L'ayant laissé pour mort, personne ne crut à son histoire jusqu'à ce qu'un détective ne vienne les faire arrêter. De ce fait-divers débile, Michael Bay tire un pastiche (qui n'en est même pas un) qui tombe souvent à plat, tant il n'est pas habitué à être subtile. Comme à son habitude, il choisit le brouillon emphatique à la place de la vérité empathique, rendant encore plus crétins ses pieds-nickelés et déçus ses spectateurs.

  116. Crazy Joe - (2) n'est pas le Jason Statham bourrin que voudraient suggérer les distributeurs français qui ont changé le nom originel (Rédemption) moins punchy en ce Joe le fou plus connoté action, et donc bien plus mensonger car, ici, point de Gun Fights endiablés et permanents ou de justices expéditives et punitives, mais une tentative de reconstruction après une désertion liée à une expérience militaire en Afghanistan traumatisante. Bien sûr, Statham n'est pas un acteur de la Méthode et sa démonstration de la déchéance est aussi subtile que sa gestion de la colère ou du sentiment amoureux (cette fois, avec une nonne !). Mais, ce (presque) changement de registre parvient parfois à soutenir l'intérêt que la (quasi) absence d'action ne vient pas affadir, comme si Woody Allen jouait le terrible méchant du prochain Expendables. Ce n'est pas inintéressant, mais on n'y croit pas un instant.

  117. 2 Guns - (2) nous offre un Buddy Movie digne des 80s en suivant les pas de deux agents infiltrés au sein d'un réseau de narcotrafiquants manipulés par leurs hiérarchies et poursuivis par la CIA et le cartel. Hélas, en raison d'un scénario (?!?) paresseux (pléonasme des périssologies), d'acteurs somnambules (ou comédiens endormis), de dialogues carambar télégraphiques (ou Télé Z), de scènes d'actions télévisés, de méchants cartoonesques (Eliminons la Belle Paula Patton !) ou pathologiquement caricaturaux, 2 Guns enchaîne tout ce que les manuels cinématographiques proscrivent. Reste le spectateur dubitatif et circonspect qui devrait davantage lire les critiques avant de perdre 110 minutes.

  118. Le dernier pub avant la fin du monde - (2) est le 3e volet des aventures de Simon Pegg, Nick Frost et Edward Wright. Hélas, cette fois, le trio se rate en beauté en raison d'un scénario totalement improbable qui mélange beuverie adolescente nostalgique et invasion extraterrestre clonesque. Ainsi, après un début tellement Dumb and Dumber (P.Farrelly - 1994) où Simon Pegg est un beauf réussi, le titre prend tout son sens en nous plongeant en plein Gendarme et les extraterrestres (J.Girault - 1979) en mode bière foutraque où scènes absurdes et combats se succèdent sans déclencher le moindre sourire à part de consternation. Dommage d'achever une trilogie sur une daube.

  119. Conjuring : les dossiers Warren - (2) souffre d'être un mauvais épisode des X-Files (1993 - 2002) ou d'avoir déjà été vu dans tous les films d'exorcisme qui sont produits régulièrement depuis le succès L'Exorciste (W.Friedkin - 1972). Pourtant les gens devraient le savoir maintenant : habiter une maison très isolée achetée une bouchée de pain, voir son chien être assassiné la première nuit d'un séjour ou s'amuser avec de vieux jouets flippants dignes des cauchemars d'un tueur en série sont des signes qu'il va se passer quelque chose moins rassurants qu'une visite de la chocolaterie de Willie Wonka. Dès lors, même si les effets sont réussis (le drap blanc qui s'envole par exemple), on ne peut s'empêcher de s'interroger sur son succès délirant outre-Atlantique.

  120. Infiltré - (2) s'inspire d'une histoire vraie afin de crédibiliser ce nième téléfilm policier qui suit un père de famille (Dwayne "The Rock" Johnson en mode fragile aussi crédible que son avatar numérique du Retour de la Momie - S.Sommers - 2001) prêt à tout pour éviter à son fils la prison pendant 10 ans. Entre gangsters très méchants / bêtes (Vous n'êtes pas obligé de rayer l'une des deux mentions) et fonctionnaires de justice pas très moraux, film d'action pour justifier la présence / cachet (Bis Repetita pour la mention à barrer) du Rock et drame psychologique pour attirer le public féminin / crédibiliser l'Acteur Johnson (Rayer les 2 mentions, cette fois) ou dialogues à la Jason Statham sans Jason, on ne se demande pas pourquoi ce film s'est planté au Bof Office US. On s'interroge seulement sur la nécessité de sortir ce film au cinéma.

  121. Les Stagiaires - (2) réinventent le placement produit en prenant comme trame scénaristique un stage chez Google où deux quarantenaires - Vince Vaughn et Owen Wilson - tentent de rebondir après la perte de leur emploi. Dire que la confrontation avec de jeunes surdiplômés fait des étincelles serait exagéré car malgré quelques bonnes idées (le dévergondage dans la boîte de topless, le match de quidditch ou le directeur de recherche), le tout est parfaitement balisé afin de ne pas faire d'ombre à la marque hôte. Il manque alors la folie de Serial Noceurs (D.Dobkin - 2005) qui aurait été nécessaire à cet aimable téléfilm plan-plan d'après-midi de Noël. Pas nul en somme, mais bien cher pour une séance plein tarif.

  122. Gambit, arnaque à l'anglaise - (2) ne renouvelle pas le film d'arnaques remis au goût du jour par la trilogie Ocean (S.Soderbergh - 2002 - 2004 - 2007). Cette fois, Colin Firth organise la vente d'un faux Monet à un riche collectionneur et imbu de lui-même, Alan Rickman. Pour ce faire, il utilise une rodéo-girl, Cameron Diaz en mode mineur, chargée de lui faire croire à l'appartenance de ce tableau par sa famille depuis la 2nde guerre mondiale. Hélas, après un agréable générique animé, l'arnaque est complète puisqu'au lieu d'une comédie d'action maligne, avec de nombreux twists, on assiste à un aimable téléfilm de dimanche après-midi au rythme plan-plan. Pas totalement raté ni déplaisant, mais faut-il vraiment le voir en salle, la question demeure.

  123. Boule et Bill - (2) adapte (trahie !) au cinéma les personnages créés en 1959 par Jean Roba, hélas sans le charme intemporel de la Bd. Après l'affligeant Marsupilami (A.Chabat - 2012), c'est donc au tour d'un chien d'être victime du manque d'inspiration de producteurs. Le duo à la tête de ce projet, Alexandre Charlot et Franck Magnier, est davantage en mode Astérix aux Jeux Olympiques (T.Langmann & F.Forestier - 2008) que de Bienvenue chez les Ch'tis (D.Boon - 2008). Dès lors, à aucun moment, leur scénario ne provoque de sourires, ce qui est un peu handicapant pour une comédie familiale. Ni le duo cocker - tortue craquant, ni l'agaçant voisin de la famille de Boule ne parviennent à sauver ce film, sauf si vous avez moins de 5 ans... Enfin, je l'espère.

  124. G.I.Joe : Conspiration - (2) se débarrasse des héros du premier opus (S.Sommers - 2012) en 20 mn, en introduit de nouveaux (Dwayne "The Rock" Johnson et Bruce "le fameux Joe" Willis), détruit Londres, démultiplie les Fx et les combats improbables, surclasse le volume originel (mais ça n'était pas l'exploit le plus inattendu) et interroge toujours sur la raison de son décalage d'un an (car la postconversion 3D n'apporte pas grand chose). Au final, ces G.I.Joe ne sont plus consternants que les premiers, mais on se demande encore quand Hasbro cherchera des scénaristes pour vendre ses jouets (Soyons honnête : on n'est pas au niveau de Battleship - P.Berg - 2012 - qui demeure le cas d'école ultime).

  125. Hitchcock - (2) nous propose un nouveau Making Of - biopic, genre initié par c (S.Curtis - 2012). Cette fois, on s'attaque à l'icône du suspens, Alfred H., empêtré par son nouveau projet, Psychose, qui, avant de devenir son plus grand succès, eut bien du mal à se concrétiser. Si l'intérêt documentaire sur ce tournage historiquement rare est évident, celui de le fictionner est bien plus douteux, non pas que le quotidien du Maître ne soit pas accidenté (entre sa femme - Helen Mirren - et ses actrices - sous-employées Scarlett Johansson et Jessica Biel - en passant par le tournage chaotique). Mais ni le cabotinage prothésé d'Anthony Hopkins en petite forme, ni la mise en scène faussement théâtrale mais réellement superficielle de Sasha Gervasi ne viennent accrocher l'attention. Fantasme de cinéphile, cet Hitchcock a le mérite d'inciter à se plonger dans les suppléments du coffret bluray pour découvrir davantage sur son œuvre. Quant au film, un bon documentaire sera toujours supérieur à un mauvais biopic.

  126. La fleur de l'âge - (1,5) est une déception à la hauteur des espérances que le duo Arditi (vieux beau pathétique) - Marielle (misanthrope acariâtre) avait suscitées. Devenus père et fils sous la baguette de Nick Quinn, leurs mésaventures (Arditi recueille chez lui son père alité et le confie à une aide-soignante charismatique mais sans diplôme - Julie Ferrier seule bonne surprise, chacun tombant amoureux de cette dernière) consternent par le manque d'inattendu et d'alchimie du duo. Plus téléfilm d'après-midi que spectacle de cinéma, cette Fleur de l'âge est davantage un crépuscule qu'une aube glorieuse.

  127. Insidious : chapitre 2 - (1,5) reprend les aventures de la famille Lambert là où le premier opus (J.Wan - 2011) l'avait laissée - avec le père possédé (pour ceux qui n'auraient pas suivi mon spoiler précédent). Cette fois, James Wan nous offre un final familial puisqu'après 90 mn à vouloir éliminer le reste des Lambert, l'esprit - un fils martyrisé par une mère folle et tueuse en série (Comme quoi, quand on n'a pas de chance...) - est vaincu permettant au père et à médium de retrouver leurs corps et la sécurité d'un happy-end. Youppie. Ou pas.

  128. The Master - (1,5) suit les pas d'un vétéran de guerre alcoolique, Joaquin Phoenix en surjeu permanent, qui devient le compagnon de route de Lancaster Dodd, monstrueux Philip Seymour Hoffman, inspiré à demi-maux par le fondateur de la Scientologie. Hélas, malgré quelques jolies scènes - essentiellement entre le duo principal - et une reconstitution réussie des années 50, le formalisme académique de la mise en scène, l'excessive atmosphérique lenteur, la durée surdimensionnée du film, les personnages particulièrement antipathiques ou les endoctrinements sectaires et répétitifs rendent ce pensum indigeste. Une question, néanmoins, demeure : pourquoi la presse s'est-elle à ce point enthousiasmée pour ce navet ?

  129. Carrie, la vengeance - (1) est un remake inutile aussi terrifiant qu'un épisode des Bisounours. Kimberly Peirce respecte tellement l'œuvre de De Palma qu'elle en oublie le roman de King et nous propose une photocopie délavée, voire édulcorée à l'instar d'un final (presque) modeste (À quand la destruction de Chamberlain ou la structure en flashbacks respectée ?). Pourtant, Julianne Moore est une mère déséquilibrée totalement convaincante. Hélas, il n'en est pas de même pour Chloë Moretz qui, malgré tout son talent, a du mal à passer pour une victime (par son physique ou sa fausse fragilité). Il faut dire qu'elle n'est guère soutenue par la mise en scène trop teenager de Peirce qui parvient même à faire (sou)rire lors du bal de promo. Dès lors, le seul mérite de ce navet est de donner envie de revoir le film original, ce qui n'est pas si mal que cela, mais ne nécessite pas d'aller s'enfermer dans une salle de cinéma.

  130. L'écume des jours - (1) bénéficiait d'un a priori plus que positif : le roman culte de Boris Vian, un réalisateur Michel Gondry à l'univers bariolé si reconnaissable, un couple évident Audrey Tautou / Romain Duris. Hélas, à trop forcer le trait du bricolage, de l'inventivité et de la bizarrerie poétique (rendant la Science des rêves - 2006 - bien sage en comparaison), Gondry dessert son propos en ne permettant jamais au spectateur d'entrer dans cette histoire. Dès lors, tout confine au superficiel et à l'ennui, voire à l'écœurement fantaisiste. Du gâchis surréaliste, au lieu d'être surréel. Et dire que ce pensum dépasse 2 heures...

  131. Du plomb dans la tête - (1) a rencontré le même succès mérité que le dernier Rampart (K.J.Woon - 2013) de son collègue et ancien rival, Arnold Schwarzenegger. En effet, ce Buddy movie policier - cette fois, un flic et un tueur à gages - n'a rien de transcendant (de la fille tatoueuse dénudée sans obligation aux chefs des méchants régulièrement éliminés en passant par les retours de Jason "Conan" Momoa ou du cachetonnant Christian Slater), entassant les clichés - Ah, le retour des flics pourris et des gangsters rois du pétrole - et les dialogues 80's comme cache-sexes du scénario (enfin, de son absence). Ce n'est pas que cette série B soit nulle, mais il s'en faut de peu. Espérons que cette fois, le genre revival sérieux soit définitivement enterré.

  132. What Richard did - (1) ne laissera pas de marbre les lecteurs assidus de la Bibliothèque verte. Quant aux autres, l'ennui sera au rendez-vous de la description de ce futur étudiant à la vie parfaite aux conséquences de son crime accidentel qui finalement ne changeront pas grand chose à ce futur (à l'exception d'une crise de nerfs). En effet, ses tourments et l'attitude de son entourage sont tellement évidents, voire manichéens, que l'on s'interroge sur un tel déploiement d'Actors Studio. Dire que l'on s'ennuie serait exagéré, mais même réduit à 88 mn, faut-il s'infliger cette étude psychologique pour les nuls ? J'en doute assurément.

  133. Arnaque à la carte - (1) veut aborder l'usurpation d'identité à la mode comique tendance vulgaire pathétique, réunit 2 acteurs comiques à la mode (Jason "Comment tuer son Boss ?" Bateman et Melissa "Mes meilleures amies" McCarthy) mais en sous régime forcené, propose un road movie improbable à la "Date limite" (T.Phillips - 2010) en aussi raté et nous ennuie pendant 111 mn. Savoir que cette Arnaque a dépassé les 130 millions de dollars outre-Atlantique est un mystère à la hauteur du néant et de l'affligeante consternation dans lesquels cette escroquerie plonge le spectateur non masochiste.

  134. Dans la tête de Charles Swan III - (1) pète, vulgairement parlant, plus haut que son séant. Ainsi, en voulant nous proposer un voyage dans la psyché de son héros (Charlie Sheen à l'aise dans cet exubérance déconstruite), Roman Coppola - fils et frère de - rate à peu près tout ce qu'il ose tant il est difficile de se comparer au maître Terry Gilliam (Brazil - 1985 - ou l'Imaginarium du docteur Parnassus - 2009). Sans véritable script à l'exception de son pitch, il juxtapose ses saynètes sans leur donner la moindre matière cohérente, perdant ses acteurs (Patricia Arquette, Bill Murray ou son cousin Jason Schwartzman) et le spectateur poli mais impatient de retourner à la plage au lieu de subir ce pensum.

  135. Drôle d'oiseaux - (1) aurait dû rester un aimable direct-to-vidéo que son animation indigente ne destinait pas au grand écran. En effet, si l'histoire se défend sans mal (un jeune faucon veut s'affranchir de la tutelle paternelle et trouver sa place à Zambézia, royaume de liberté pour tous les oiseaux) ainsi que les valeurs humanistes parfois naïves véhiculées par ce dessin animé, la folie manque assurément à ces personnages plus agaçants que sympathiques, constamment plombés par une animation numérique digne d'une console Atari des 80's. N'est pas Pixar ou Dreamworks qui veut, même si l'envie du hold-up estival peut motiver les moins lucides des producteurs.

  136. Evil Dead - (1) est un nouveau reboot inspiré par des envies financières qui plonge cette fois 5 étudiants, venus soutenir l'une d'entre eux dans sa cure de désintoxication, dans les griffes du Livre des Morts. Dès lors, les 90 mn du film démultiplient ad nauseam les excès gore, les survivances invraisemblables (avec un accessit particulier à Lou Taylor Puci), les effets sonores du genre et autres clichés caricaturaux du film d'épouvante. Ce n'est pas que ce remake soit mauvais, mais à 10 € la place, cela fait chère la photocopie prévisible et lénifiante.

  137. Le choc des générations - (1) nous propose un aimable téléfilm du dimanche après-midi ni pire ni meilleur que les autres, en se concentrant sur le retour de grands-parents (Bette Midler - Billy Crystal en mode Disney) venus s'occuper de leurs petits-enfants distants. Empilant les gags carambar (donc pas drôles), les personnages monodimensionnels et les péripéties téléphonés au mégaphone, ce choc consterne et questionne sur la santé mentale des producteurs américains, pas sur ceux des acteurs venus payer leurs impôts.

  138. As I Lay Dying - (1) est l'adaptation par James Franco du roman éponyme de Faulkner jugé souvent inadaptable qui présente le périple à travers le Mississippi d'une tribu transportant contre vents et événements le cercueil de la mère de famille. Afin de confronter l'avis et les expériences de chacun, Franco multiplie les split screens au risque d'alourdir son propos et de théâtraliser exagérément son film. Les acteurs surjouant leurs partitions, le résultat est d'une lourdeur sans nom. À lire donc, en priorité, plutôt que voir cette version.

  139. Le dernier rempart - (1) enterre la nostalgie 80's qu'avait relancée la série des Expendables (S.Stallone / S.West - 2010 / 2012). En effet, si l'histoire est sans surprise (un vilain baron pas beau de la drogue s'évade de prison en kidnappant une belle agent de la CIA et trouve malin de traverser le territoire d'un shérif bougon et indestructible) et aurait eu sa place aux côtés du Contrat (J.Irvin - 1986) et autres Effaceur (C.Russel - 1996), le jeu arthritique d'Arnold, les dialogues involontairement parodiques, une absence de surprise y compris dans les poussifs twists et l'outrance de la mise en scène de Jee-Woon Kim, pourtant réalisateur de chefs d'œuvres (A bittersweet Life - 2005, Le Bon, la Brute et le Cinglé - 2008, J'ai rencontré le diable - 2011), finissent par plomber ce mauvais comeback. Des fois, il ne faut pas tenir ses promesses, T 800.

  140. Parker - (1) n'est pour une fois pas raté par la faute d'un scénario ultra balisé et prévisible qui enchaîne les bagarres chorégraphiées les plus invraisemblables les unes que les autres ou par le jeu ultra monochrome de Jason Statham qui fait du Statham et rien que du Statham. Bien sûr, les 2 sont vrais comme la suffisance des méchants (un gang de voleurs mené par Michael "The Shield" Chiklis ayant trahi leur complice, Jason), le style clipesque de Taylor Hackford, les dialogues carambar ou la capacité à être toujours debout de Parker malgré des blessures qui conduiraient n'importe qui au service des urgences. Non, le film est raté en raison de la bêtise du personnage féminin, pas incarnée par Jennifer Lopez, qui préfère venir voir ce qui se passe dans la maison des méchants et donc risquer sa vie au lieu de rester tranquillement cachée dans sa voiture. Dire que ce rebondissement est d'une affligeante stupidité est très en dessous de la vérité et transforme cette série B passable en série Z consternante. Comme quoi, tout choix a ses conséquences.

  141. Vive la France - (0,5) n'est pas au niveau de Fatal (M.Youn - 2010), inattendue et burlesque vie d'un rappeur savoyard. En effet, en suivant 2 apprentis terroristes taboulistanais (aussi pathétiques mais en beaucoup moins drôles que ceux de Four Lions - C.Morris - 2010) - Michael Youn et José Garcia, duo potentiellement drôle, mais seulement potentiellement ! -, on découvre une France des régions fière d'elle mais pas de sa globalité, traversée de rares bonnes idées (le tribunal clandestin corse hilare ou l'évasion costumée du centre de rétention toulousain). Mais, sans rires, une comédie n'en est pas une. Or, ce pastiche de Borat (L.Charles - 2006) rate toutes ses cibles avec une consternante régularité, y compris dans ses effets dominos téléphonés (le maillot du PSG, la danse taboulistanaise...). Espérons que la belle sera drôle.

  142. Die Hard : Belle journée pour mourir - (0,5) arrivera peut-être à faire ce que ni la famille Gruber, ni un commando de marines renégats et ni des terroristes informatiques n'étaient parvenus à accomplir en 4 films : mettre fin aux aventures de John McClane. Il faut dire que cette fois, le scénariste-producteur, Skip Woods, a fait fort. En plongeant Bruce Willis en Russie dans une paternité éducative tardive, le tâcheron John Moore, déjà "auteur" de Max Paine (2008), ridiculise son héros par de multiples scènes clipesques plus invraisemblables les unes que les autres, reprenant les pires clichés des films d'action (cela faisait longtemps qu'un méchant n'avait pas perdu son temps à parler au héros au lieu de l'éliminer), sans y ajouter les répliques comiques, marque de fabrique de la série jusque là. Alors que sauver de cette Bérézina ? Juste l'espoir tenu d'une éventuelle version longue de 2 heures qui changerait tout faisant de ce non-Die Hard un presque Die Hard... Mais bon, les miracles... .

  143. Magic Magic - (0,5) est une plombante et vaine plongée paranoïaque qui amène (la pourtant toujours juste et jolie) Juno Temple sur une île chilienne isolée où elle commence à souffrir des hallucinations canines. Dès lors, entre ses compagnons d'(in)fortune - où Michael Cera campe un personnage antipathiquement ou inconsciemment débile - et son isolement - puisque son amie - Emily Browning - part avorter, on perd à la fois le sens du récit et l'intérêt du spectateur, Sebastian Silva oubliant qu'à vouloir être trop malin, on peut laisser en chemin l'essentiel : l'empathie envers ses personnages. Que dire de la fin ouverte après l'exorcisme dénudé chez les Mapuches qui confirme tout le bien de ce que je pense de ce film ?

  144. After Earth - (0,5) poursuit le naufrage de M.Night Shyamalan (qui, un jour, réalisa le Sixième sens - 1999 - ou Incassable - 2000). Cette fois, il n'est pas totalement responsable car il n'a fait qu'adapter l'idée de son acteur principal et producteur, Will Smith, ce dernier ayant voulu filmer en 3D ses vacances familiales avec son cher fiston karatéka. Dès lors, pour les justifier, il a imaginé un retour sur la terre quittée 1000 ans plus tôt devenue clairement hostile. Hélas, le résultat, malgré quelques effets spéciaux réussis, est simplement affligeant tant la vision écolo semble sortie de la bibliothèque pour les Nuls et le jeu de Jaden cloné sur celui de Steven Segal. Naufrage quand tu nous tiens, mais n'est pas Titanic qui veut, car là, même la musique est ratée.

  145. Very Bad Trip 3 - (0,5) clôt enfin les mésaventures du Wolf Pack débutées avec talent à Las Vegas (2009) et poursuivies en mode photocopie à Bangkok (2011). Ce 3e volet les oblige à récupérer l'argent volé par Leslie Chow à un trafiquant du Nevada (John Goodman en roue libre), abandonnant la structure originelle pour une simple comédie policière. Hélas, le renouvellement de forme oublie celui des vannes pourtant essentielles dans la réussite d'une comédie. Dès lors, entre l'abattage épuisant de Ken Jeong, le bestiaire renouvelé (de la girafe décapitée aux poulets cocaïnés), les rôles de Justin Bartha et Heather Graham anecdotiques, seule la 3D nous est évitée. C'est peu mais c'est 2 € de moins de gâcher.

  146. Cloud Atlas - (0,5) fait oublier que la famille Wachowski (et anciennement frères) a été un jour des créateurs visionnaires (Bound - 1996, Matrix - 1999). En effet, ce gloubiboulga philosophico-fantastico-polaro-héroïco-fantasy monté en vrac qui brasse (au moins) 5 siècles plongeant ses acteurs dans une multitude d'univers et de postiches plus ou moins réussis est d'une lourdeur sans nom et sans résumé possible, tant l'ambition de la (non) fratrie, secondé par Tom Tykwer, oublie que le cinéma peut être aussi un divertissement. Ce n'est pas que le film soit absurdement incompréhensible (même si c'est vrai), ni long (ce qui est aussi vrai), ni moralisateur (toujours vrai), c'est que c'est un pur gâchis de talents (Tom Hanks en tête) et de moyens (à l'image des Fx réussis mais envahissants). À voir à vos risques et périls.

  147. My Movie Project - (0,5) est une compilation de sketchs d'une vulgarité sans nom (des testicules de Hugh Jackman aux fantasmes scato d'Anna Farris en passant par la nouvelle féminité de Chloë Moretz) qui ont été largement reniés par les stars (incroyablement nombreuses) venus se perdre dans ce pensum. Pourtant au cœur de ce naufrage, 5 histoires viennent sauver (un peu) les producteurs qui ont perdu beaucoup d'argent : l'iBabe musical parfaitement crétin, la fausse pub saignante de Tampax, le jeu Action ou Vérité jusqu'au-boutiste entre Halle Berry et Stephen Merchant et surtout le speed-dating de superhéros et le match de basket de 1959 parfaitement hilarant. C'est peu et cela ne méritait pas 90 mn en salle.

  148. Un grand mariage - (0,5) plonge le spectateur dans l'expectative : comment ce remake d'un film franco-suisse sans succès (Mon frère se marie - J-S.Bron - 2006) a-t-il réussi l'exploit de convaincre autant de célébrités - passées et pas toutes has-been - à se fourvoyer dans ce navet ? En effet, entre vulgarité, clichés à tous les étages, absence de rires, acteurs en roue libre non dirigés et péripéties arthritiques, seule Géronte parvient à trouver un résumé efficace : "Mais que diable allait-il faire dans cette galère ?"

  149. Elysium - (0) est la déception de l'été, voire de l'année. En effet, après la réussite (quasi) philosophique de District 9 (2009), j'espérais beaucoup du nouveau film de Neil Blomkamp. Las ! Sa lutte des classes version 2154 rate à peu près toutes ses cibles, en raison notamment du ridicule des exosquelettes qui font de Matt Damon et Sharlto Copley des fighters de jeux vidéos dans ce qui restera le final le plus pathétique depuis longtemps. Pourtant, la mise en place de l'histoire - Damon, après avoir été irradié et renvoyé, accepte l'upgrade de son corps pour survivre contre une mission suicide à Elysium, colonie spatiale des terriens nantis protégée par la Secrétaire d'état implacable et génocidaire en devenir (Jodie Foster jubilatoire) - laissait espérer le meilleur, les effets spéciaux bénéficiant pleinement du budget de 100 millions de dollars. Mais très vite, à l'apparition de Copley en mode sociopathe, la machine se grippe, ne nous laissant aucun répit à la débilité ambiante (entre l'alibi petite fille gravement malade et la moral monochrome et simpliste en passant par des dialogues Télé Z et des coups de théâtre inattendus pour les moins de 2 ans - Devinez qui meurt à la fin... ?). Au moins sur le Titanic, il y avait de la musique lors du naufrage du bateau. Ici, le seul réconfort qui reste au spectateur est de ne pas avoir eu à payer le supplément 3D, cash-machine habituelle et cache-misère de moins grands navets.

  150. Jack le chasseur de géants - (0) est une leçon de cinéma. En effet, malgré un génial metteur en scène qui maitrise parfaitement les effets spéciaux (Brian Singer qui n'aurait jamais dû quitter la franchise des X-Men), 5 scénaristes, un budget pharaonique, des acteurs bons d'habitude (Ewan McGregor en tête), on peut arriver à ce navet abyssal aussi stupide que ses géants sont ratés. À un moment, il faut avoir la lucidité et le courage de s'arrêter. Visiblement, cela n'a rien d'évident, à l'exception du spectateur qui a dû payer un supplément 3D...

  151. Bad Grandpa - (0) aurait dû rester un Direct-to-vidéo tant l'estampille Jackass est mensongère. En effet, en lieu et place de sa bande allumée habituelle, Johnny Knoxville n'est entouré que du bambin Jackson Nicoll - dont l'unique intérêt est son sabotage d'un concours de Mini-Miss. Pour le reste, les rares caméras cachées sont intégrées plus que maladroitement à une histoire inintéressante. Au final, ceux qui espèrent un Jackass 4 doivent passer leur chemin. Ceux qui espèrent un bon film doivent passer leur chemin. Les autres passeront leur chemin sans que je n'aie à les convaincre. Et ils auront raison.

  152. Copains pour toujours 2 - (0) est une pitoyable déception qui ne rend pas du tout hommage au premier volet (2010), certes pas très fin mais assurément plus humain que cette daube. Il faut dire qu'après deux échecs au box office, Adam Sandler avait une pression supplémentaire. Si la mission fut remplie aux Etats Unis, il faut s'interroger sur l'intérêt d'un tel naufrage scénaristique sans humanité ni gag. À proscrire même aux masochistes.

  153. Les Misérables - (0) ne réconcilieront pas les français avec les comédies musicales tant l'adaptation par Tom Hooper du triomphe mondial est pathétique. À l'exception de Hugh Jackman véritablement à l'aise dans le genre, le casting hurle davantage qu'il ne chante, le pompon du pire étant atteint par Russell Crowe qui incarne le plus raté des Javert (Pour une fois, on est soulagé par son suicide). D'Anne Hathaway oscarisée contre toute logique à Sacha Baron Cohen, grotesque Thénardier, en passant par Amanda Seyfried, Cosette du pauvre, rien ne fonctionne, d'autant plus que Hooper filme en très (trop !!!) gros plans ses hérauts. Bien sûr, le musical est une trahison assumée de l'œuvre de Victor Hugo. Mais fallait-il vraiment priver les acteurs de scènes non chantées afin de "mieux immerger le spectateur" ? Rien n'est moins sûr tant certains passages tiennent davantage du pastiche que de la chansonnette. Si vous avez un minimum d'amour propre, fuyez cet excrément avec nom. Sinon, tant pis pour vous.

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