Quelques idées de films



Voici 17 ans que je vous propose quelques conseils cinématographiques. Par esprit de confrontation, je ne modifie pas cette phrase d'introduction :

  1. Whiplash - (8,5) est le choc de cette fin d'année, car en transformant une banale confrontation musicale en survival jazzy, Damien Chazelle rentre dans le cercle fermé des débutants en état de Grace. Il faut dire qu'il a su nous offrir le duo le plus acharné qui soit, entre le jeune batteur - et pourtant déjà briscard - Miles Teller, décidé à intégrer l'orchestre du terrifiant et exigeant J.K.Simmons - futur Oscarisé - capable en quelques secondes de la plus grande douceur charmeuse ou d'une violence pas du tout psychologique. Se rendant coup pour coup musical, ce couple sadomasochiste partage pourtant la même quête improbable de perfection - de la répétition quasi nocturne au concert humiliation / rédemption final qui oublie le public pour la musique. Au final, cette balade guerrière bouleverse, intrigue, captive en nous laissant exsangue.

  2. Her - (8) est un petit miracle fantastique qui voit, dans un avenir voisin, Theodore Twombly - Joaquin Phoenix éblouissant - séparé de son amour d'enfance - Rooney Mara amante séparée - tomber amoureux de la voix riche et intrigante d'un programme informatique - Scarlett Johansson incroyablement présente dans son absence. Alors que Samantha lui devient peu à peu indispensable, il retrouve espoir en assumant cette relation hors-norme avec ses amis (belle et maladroite sortie à la campagne à 3 / 4). La beauté du scénario oscarisé de Spike Jonze est de rendre crédible cette romance et de faire disparaître totalement la machine en donnant une chair (pas que métaphorique) à Sam. La réussite de la mise en scène élégante et (parfois) effacée est de souligner l'alchimie du duo et de rappeler que l'amour peut être inattendu. Une renaissance réussie pour le trio de cette histoire à savourer en salle.

  3. Qu'est-ce qu'on a fait au Bon Dieu ? - (8) est - et restera vraisemblablement - la meilleure comédie de cette année. En effet, sur le thème du racisme, Philippe de Chauveron nous trousse une hilarante facétie en 2 époques où un couple - Christian Clavier et Chantal Lauby, parfaits - de bourgeois franciliens et catholiques, ayant vu ses 3 premières filles convoler avec un musulman, un juif et un chinois, se prépare au mariage de leur benjamine avec un africain - ce octuor est à l'avenant, avec la jubilatoire et dépressive Emilie Caen. Devant tant de clichés, on pouvait redouter le pire. Pourtant, en jouant sur les racismes ordinaire de chacun - l'arrivée du beau-père Pascal N'Zonzi offre d'ailleurs un souffle épatant au 3e acte de cette comédie, de Chauveron nous fait rire comme rarement depuis une décennie, notamment parce qu'il ne cherche pas à culpabiliser ou à émouvoir à priori, faisant le pari de l'intelligence du spectateur. On rit, on rit, on rit.

  4. Tristesse Club - (8) est l'une des plus injustes victimes du Mondial brésilien. En effet, cette comédie au titre intriguant avait tout pour être une contre-programmation réussie : un trio majeur génial - Ludivine Sagnier toujours craquante, Laurent Lafitte beauf touchant, Vincent Macaigne lunaire perdu; une intrigue d'atmosphère particulièrement empathique (2 frères découvrent l'existence d'une demi-sœur lors des obsèques de leur père perdu de vue) ; des dialogues ciselés et gourmands; des péripéties multivers entre attaques de chiens errants et jeux alcoolisés, absurdités tennistiques et émois campagnards, solitudes bouseuses et secondes chances, retours vers le passé (Ah, ce vol d'essence !) et faux semblants évidents. On ne peut qu'aimer ce faux road trip aux airs de reboot existentiel, chaque personnage pouvant enfin prendre une voie plus en accord avec ses espoirs et son quotidien. Si la fin déçoit, c'est parce qu'elle arrive trop vite, nous privant de nouvelles (més)aventures du trio. Dès lors, malgré un box-office anémique et un nombre de copies ridicule, battez-vous pour rejoindre ce Club absolument pas triste !

  5. Boyhood - (8) n'est pas qu'une expérience cinématographique improbable (filmer pendant 12 ans les mêmes protagonistes et parvenir rendre le tout cohérent ET palpitant), c'est surtout une expérience de vie magnifique parfois chaotique - entre les remariages et les multidéménagements - mais tellement vraie qu'est parvenue à mener pleinement Richard Linklater. On suit ainsi Mason - Eltar Coltrane a un avenir tout tracé, sa grande sœur - Lorelei Linklater et fille de - et ses parents séparés - Ethan Hawke et Patricia Arquette - de l'enfance à l'entrée en université du héros, années cruciales faites de riens et de tous, aussi immémoriales que nécessaires. Or, la réussite de Linklater est de construire ce voyage avec ces instants de grâce (le camping final) ou pas (la rupture avec Bill et le départ sans se retourner de Patricia et ses enfants) sans juger aucun des protagonistes. La complicité des acteurs devient la notre et on se met à rêver de la suite de ce projet dans les 12 années à venir car Manhood, ça aurait aussi de la gueule.

  6. Gemma Bovery - (7,5) nous offre une délirante adaptation de la bande dessinée éponyme de l'anglaise Posy Simmonds qui voit un couple d'anglais installé en Normandie devenir l'objet de l'attention du boulanger local en raison de leur patronyme littéraire. Ce qui pourrait n'être qu'une longue litanie de doubles clichés devient grâce à son duo principal un savoureux face-à-face enlevé par le duo si disparate mais totalement complémentaire : Gemma Arterton et Fabrice Luchini. Pendant qu'Anne Fontaine sublime la première, ce dernier s'offre un one-man show où chacun de ses dialogues devient un aphorisme savoureux. Certes, l'histoire colle au roman de Flaubert, mais nous offre suffisamment d'envolées comiques pour oublier qu'Emma B demeure l'expression du XIXe romantique.

  7. La French - (7,5) nous plonge dans la France mafieuse et méditerranéenne des 70's où le Milieu ne réglait pas encore ses comptes à la kalachnikov et où la Justice portait les mêmes pattes d'Eph que les Vilains. On suit le juge Pierre Michel - parfait Jean Dujardin - dans sa quête pour mettre fin à la carrière du caïd marseillais Gaëtan Zampa - Gilles Lellouche surjouant parfois - devenu ennemi public et trafiquant d'héroïne n°1. Entre la "bienveillance" des autorités, le double-jeu halieutique d'une police locale corsée et des truands loin des truculences Gabinesques, sa croisade n'aura rien d'une sinécure, puisqu'il sera prêt à tout sacrifier, sa famille comprise, pour y parvenir. Pour convaincre le spectateur à se plonger dans un cinéma français - hélas ! - révolu - celui des grandes oppositions, Cédric Jimenez multiplie les péripéties en recentrant les événements réels, parvenant à tenir un rythme endiablé soutenu par une pléiade de "Gueules" et de comédiens visiblement heureux d'être là. Le plaisir est sur la pellicule et dans la salle. À voir sans hésitation.

  8. Astérix - Le Domaine des Dieux - (7,5) réussit pleinement le retour de l'irréductible gaulois à l'animation 8 ans après l'oublié .. et les Vikings (S.Fjedelmark et J.Møller - 2006). Cette fois, c'est le 17e album de Goscinny et Uderzo qui est adapté avec succès par Alexandre "Kaamelott" Astier, scénariste, voix et (un peu) coréalisateur. En effet, en s'appuyant sur une animation 3D étonnamment immersive, des running gags inventifs (la pousse des arbres, la lutte syndicale...), un casting voix où revient Roger Carel (Yes !), des références à tiroirs (C'est du pur Astier !) et un irrévérencieux respect du patrimoine Astérix, ce Domaine surpasse toutes les relectures récentes du Gaulois - à l'exception du Mission Cléopâtre (2002) d'Alain Chabat. Un dessin animé donc réussi pour tous les publics et pas seulement les plus jeunes.

  9. Only Lovers Left Alive - (7,5) est un trip hallucinatoire et décadent qui suit les pas de deux vampires amants antinomiques : Tom Hiddleston, qui est donc un véritable acteur et non pas seulement la pire idée Marvel (K.Brannagh - 2011) de la décennie, désespéré et suicidaire et Tilda Swinton lumineuse et crépusculaire, dont le physique à part souligne l'irréalité de son état. Jarmusch nous offre alors des retrouvailles dont la lenteur désabusée marque davantage l'esprit que les nombreuses adaptations clipesques récentes, marquant clairement la différence entre auteur et tâcheron. Du Détroit délabré au Tanger musical, leur rock trip borderline nous berce et nous séduit en s'inspirant du romantisme dangereux d'Anne Rice. Une réussite à découvrir de préférence en V.O.

  10. Dragons 2 - (7,5) rassure sur l'état de santé des studios Dreamworks, capable de donner des suites de qualité - et pas seulement des franchises pourries (Qui a dit Shrek - 3 & 4 ?). Cette fois, on retrouve Harold et Krokmou à la découverte d'une grotte habitée par de nombreux dragons et protégée par la mère d'Harold disparue 20 ans plus tôt. Lorsque le viking Drago y débarquera pour les aliéner à sa flotte, le duo fera appel à ses amis et parents pour les défendre, nous permettant de retrouver les personnages qui avaient fait le sel du premier opus. Dean DeBlois allie toujours une animation parfaite - même si la 3D ne sert toujours pas beaucoup et obscurcit l'image - à un scénario solide et émouvant (ce qui n'est pas si fréquent) - osant une disparition marquante, ponctués de gags réussis (Ah ! vive le moutonball !). Une réussite estivale à apprécier sans modération.

  11. Rio 2 - (7,5) marque les retours de Carlos Saldanha, le John Lasseter de Blue Sky, et de son Aras bleu. Afin d'apprendre à Blu et ses 3 enfants à se débrouiller comme de vrais perroquets et non des geeks humanisés, Perla les amène au cœur de l'Amazonie, y retrouvant son père et ses amis d'enfance, confrontés à la déforestation sauvage de leur environnement. Soutenu par une animation colorée, des passages lyriques pas du tout incongrus, des rebondissements réguliers et jubilatoires (à l'instar de la "guerre" aras bleus - rouges) et de nouveaux personnages à la hauteur (les complices de Hector, principalement), ce 2nd volet (C.Saldanha - 2011) ne peut que séduire toute la famille. Une réussite carnavalesque de saison.

  12. Dallas Buyers Club - (7) est un coup de poing émotionnel porté par Matthew McConaughey, retrouvé, et Jared Leto, triomphal après 4 années musicales. Celui-ci incarne le cowboy Ron Woodroof qui survécut plus de 2000 jours au pronostic létal de son médecin, refusant les dictats économiques des laboratoires. Recourant à des traitements alternatifs (notamment) mexicains qu'il propose contre rémunérations à d'autres malades, s'opposant à la médecine officielle et aux autorités particulièrement orientées, il n'est pas qu'un simple Robin des Bois manichéen, Jean-Marc Vallée ne cachant rien de son héros homophobe, héroïnomane et abandonné de tous. Pourtant, la sincérité de ses actions et l'acharnement de la F.D.A. le rendent inoubliable et font de ce Club une ode à l'espoir et une leçon d'Histoire.

  13. Gone Girl - (7) voit le best-seller de Gillian Flynn adapté par David Fincher et démultiplier les twists réussis - bien que prévisibles. Ainsi, suit-on la descente aux Enfers médiatiques de Ben Affleck - parfaitement dépassé - accusé d'avoir assassiné son épouse Rosamund Pike - Gone Girl bien présente - disparue le jour de leur 5e anniversaire de mariage. Se concentrant davantage sur la psychologie - à l'image de la magnifique et terrible scène de l'aéroport - que sur l'action - dans la 2nde partie essentiellement, Fincher parvient à créer, par flash-back, un univers nocif dominé par la performance létale de Pike, la comédienne étant la pierre (très !) angulaire de ce thriller. Entre retournements de vestes et mauvaises consciences, victimes et bourreaux, couple dysfonctionnel et (belles /) familles distendues, vedettariat à tout prix (Ah, le selfie !) et débats sensationnalistes télévisés, il nous tient en haleine pendant 145 minutes, confirmant son statut de challenger de Christopher Nolan.

  14. Interstellar - (7) ne va pas laisser indifférent le public traditionnel de Christopher Nolan tant son nouveau projet frôle le ridicule christique régulièrement (Mais oui, les aiguilles de la montre vont sauver le monde ! Mais oui personne ne meurt dans un trou noir !). Heureusement, Nolan et son frère savent maintenir l'intérêt malgré une boulimie temporelle régulière - 169 mn cette fois. Ils nous proposent donc le sauvetage de l'humanité par une poignée d'astronautes (Anne Hathaway et Matthew McConaughey en tête) partis explorer des planètes habitables au-delà d'un trou de verre mystérieusement créé. Entre planètes aquatique et glacée, vieillissements variables (voir vieillir ses enfants par messages unilatéraux, retrouver un compagnon d'infortune après 2 heures et 12 ans) et trahisons de survie (Matt Damon quasi-caméo), compagnons robotiques référencés et absurdités accidentelles (La mort de Marion Cotillard n'était donc pas un hasard...), le sacrifice / calvaire du héros nous captive si on souscrit au postulat improbable de base : sauver le monde peut se faire dans le n'importe quoi. Bien sûr, on pourra regretter un happy-end trop hollywoodien pour être honnête. Mais globalement, ce voyage cosmique vaut le détour.

  15. D'une vie à l'autre - (7) est un film de mensonges (originel, de guerre, d'espionnage) parfaitement réussi. Ainsi découvre-t-on Juliane Köhler, fille norvégienne d'un soldat allemand enlevée par le programme Lebensborn pour l'élever comme une véritable aryenne. Échappée d'Allemagne de l'ouest, elle a retrouvé ses origines et fondé sa propre famille. Son quotidien est bousculé par un avocat - Ken Duken nocivement sécotine - qui désire l'utiliser comme témoin de cette période à la cour européenne des droits de l'homme. Hélas, son passé n'étant pas tout à fait celui qu'elle le prétend, son présent ne sera pas non plus celui qu'elle espère. Construit comme une chronique flashback, cette Vie, qui se déroule au début des années 90, nous replonge dans une guerre froide bipolaire mais pas si éloignée de nous (Merci, Mr P.) où l'humain pouvait (devait !) être broyé pour une cause, bonne ou mauvaise, et la confiance laisser sa place au conspirationisme exacerbé. Tragique, à l'image de l'époque, cette histoire reste vivace à l'instar de son final logique bien que terrible.

  16. Les Gardiens de la Galaxie - (7) est un OVNI rafraichissant dans l'univers MARVEL puisque loin des habituelles hyperpuissances mutantes. Cette fois, on assiste à une version Star Wars fun où seul Han Solo aurait de l'importance. Après avoir volé une Orbe convoitée par Thanos, Peter Quill - Chris Pratt particulièrement à l'aise dans cet héritier d'Indiana - doit s'allier à un quatuor particulièrement disparate - avec une préférence pour Groot et Rocket - afin de survivre aux divers chasseurs de primes et autres forces néfastes. En plus d'effets spéciaux particulièrement efficaces et un scénario soigné, ces Gardiens bénéficient d'un décalage humoristique permanent - jusque dans le générique final des Jacksons - revigorant qui permet à cette troupe de loosers magnifiques de surclasser sans difficultés les Avengers (J.Whedon - 2012). Normal ! Eux, ils ne sauvent pas une planète, mais une galaxie !

  17. John Wick - (7) est le plaisir bourrin coupable de cet Automne qui nous permet d'assister à la vengeance implacable d'un tueur professionnel retiré - Keanu Reeves en mode résurrection - après le vol de sa Mustang et l'assassinat de sa chienne, dernier souvenir de sa femme décédée. Boogeyman légendaire, John Wick remontera la piste des coupables, éliminant tout complice même si ceux-ci sont membres de la mafia locale. Soutenu par des cascades millimétrées - les 2 réalisateurs débutants s'étant d'abord fait connaître dans ce domaine, des acteurs parfaitement castés - de la tête-à-claques Alfie Allen au père aimant Michael Nyqvist en passant par le mentor Willem Dafoe - ou un hôtel très particulier, ce John W. canarde dans tous les coins sans frôler l'indigestion classique du genre. Du bourrin décérébré, donc, mais parfaitement calibré pour le plaisir du spectateur.

  18. La famille Bélier - (7) est le Feel-Good Movie de cet hiver qui suit l'improbable destin d'une adolescente - Louane Emera redécouverte - entendante dans une famille sourde, douée pour le chant. Entre son père - François Damiens - décidé à devenir maire de son village malgré son handicap, sa mère - Karin Viard - aimante mais parfois terrible dans ses aveux, sa meilleure amie - Roxane Duran - particulièrement désireuse d'apprendre le langage des signes, son frère - Luca Gelberg - allergique au latex, son prof de musique - Eric Elmosnino - odieusement sélectionneur et son partenaire de chant - Illian Bergala, son quotidien n'a rien de simple. Pourtant, sa soif de vivre, son empathie familiale, sa voix traçant sa voie ou son interprétation exceptionnelle du Je vole de Michel Sardou nous séduisent continuellement. A Star is Born.

  19. Nos étoiles contraires - (7) m'a surpris car cet amour adolescent tragique avait tout du mélo dégoulinant et manipulateur. Or, même si leur relation doit finir - leur cancer étant tout à fait létal, leur voyage convainc parfaitement, entre rémissions et voyage chaotique à Amsterdam (Willem Dafoe n'étant pas le plus sympathique auteur exilé), vengeance ovidienne et cérémonie post-mortuaire, renaissance et départ définitif, réparties drolatiques et répliques dramatiques, adolescents tellement adultes et parents tellement parents. Il faut dire que le duo Shailene Woodley - Ansel Elgort parvient à incarner les héros imaginés par John Green avec une rare crédibilité, compte tenu de leurs situations, et une humanité simple et non mièvre. Bien sûr que l'on pleure devant tant d'injustice. Mais c'est aussi une déclaration d'amour à la vie inspirante. Comme le disait feu Robin Williams : "Carpe Diem".

  20. 12 Years a Slave - (7) s'inspire de la révoltante histoire vraie de Solomon Northup (Chiwetel Ejiofor percutant et humain), citoyen noir de l'état de New York, kidnappé et vendu sous une autre identité comme esclave. Pendant 12 ans, confronté à deux "propriétaires" (le lâche Benedict Cumberbatch et le violent dual Michael Fassbender), il va tout faire pour survivre, renonçant à son humanisme et sa confiance en l'Autre - face aux trahisons de ses pairs (l'oscarisée Lupita Nyong'O) involontaires ou à la supérieure bêtise des esclavagistes (le suintant et épatant Paul Dano). Soutenu par une mise en scène édifiante et sensée, Ejiofor et Steve McQueen nous captivent et nous émeuvent - à l'instar du gospel humide - par la simple sincérité de leurs propos pas si passéistes que cela, hélas.

  21. The Best Offer - (7) est ce qu'aurait dû être Le dernier diamant (E.Barbier - 2014) c'est-à-dire une arnaque réussie qui suit la rencontre d'un commissaire-priseur - Geoffrey Rush impérialement ganté - et d'une jeune recluse - Sylvia Hoeks divine en peignoir - décidée à vendre les trésors familiaux. Alors que le premier s'humanise à l'instar de l'automate que reconstitue pour lui l'horloger Jim Sturgess, la seconde parvient à revenir dans le monde des vivants sous le regard fasciné et voyeur de Rush, de Tornatore et du spectateur. Bien sûr, la finalité est évidente, comme les coupables de la déchéance de Virgil. Mais le chemin pour y arriver est jubilatoire et picturale.

  22. Hippocrate - (7) suit la fin d'internat d'un fils de professeur reconnu - Jacques Gamblin - confronté à l'enchaînement des gardes, des malades et des relations plus ou moins humaines, partagé entre ce père absent et son co-interne - Reda Kateb - plus expérimenté et sacrifié sur l'autel des petits arrangements hospitaliers. À un univers des visions télévisées récentes - et sexys, Thomas Lilti oppose un regard sans pathos mais tendu s'appuyant sur sa propre expérience passée (et ponctuellement présente) et le constat qu'il tire de nos hôpitaux qui n'est pas des plus optimistes malgré l'humanisme débordant des personnels. Hélas, en choisissant Vincent Lacoste comme héros dépassé, il nous confronte au syndrome Adèle où l'âge/expérience du personnage ne colle pas avec son interprète, diminuant la portée des intentions de Lilti. Ce n'est pas en soi rédhibitoire, mais cela minimise un peu la réussite de cette absence de serment.

  23. La planète des singes : l'affrontement - (7) nous entraîne rapidement, grâce à un générique efficace, dans un monde post-pandémique qui a vu l'essentiel de la société disparaître et l'avènement d'une communauté simiesque sous la direction de César - Oui, Andy Serkis est un génie. Alors que la 1ère tente de retrouver son faste électrique passé, elle débarque sur le territoire de la 2nde dont certains membres veulent prendre leur revanche, quitte à trahir plus que les enseignements de leur leader. Plus spectaculaire que Origines (R.Wyatt - 2011), cet Affrontement est aussi plus risqué (à l'instar du 1er quart d'heure où le nouveau monde de César est parfaitement dépeint sans aucun humain), nous proposant la corruption d'un idéal en parfait miroir de notre propre histoire. Bien sûr, on pourra regretter la linéarité du scénario - mais il faut bien que la tribu dominante bascule - ou la 3D plus financière que capitale (bien que jolie) pour le film. Bien sûr. Mais vu l'indigence estivale, un bon film devient un très bon film. Et cet Affrontement est un très très bon film !

  24. Du sang et des larmes - (7) prouve que Peter Berg n'a pas sombré avec son Titanic (2012) car, en perdant 150 000 000 $ pour son budget, il a retrouvé l'inspiration. Ainsi, il se recentre sur l'essentiel : une histoire - un fiasco militaire en Afghanistan doublé d'une humanité - et des acteurs impliqués et empathiques (Mark Wahlberg en tête du quatuor perdu). Dès lors, à l'instar de La chute du Faucon noir (R.Scott - 2001), l'opération Red Wings et sa fuite létale nous saisissent par leur réalisme, aussi bien dans la violence de la survie du quatuor principal que dans la survivance de rencontres improbables, soutenu par un montage en rupture et recentré sur les protagonistes. Bien sûr, certains n'y verront qu'une propagande américaine supplémentaire. Mais les autres découvriront un film de guerre immersif qui, sans atteindre le niveau d'Il faut sauver le soldat Ryan (S.Spielberg - 1998), fait réfléchir en divertissant.

  25. La grande aventure Lego - (7) est une véritable surprise animée qui mêle aventure, humour et performance technique pendant 85 minutes. En effet, en respectant la chartre parallélépipédique, Phil Lord et Christopher Miller (Tempête de boulettes géantes - 2009, 21 Jump Street - 2012) nous plonge dans un sauvetage mondial où se croisent Batman, Superman, Unkitty, Shaquille O'Neal, Han Solo, Cod Tag et l'Elu Emmet multipliant les références adultes (la réunion de la résistance est un des grands moments de ce dessin animé). Hélas, La grande... dure 100 minutes et voit l'intervention humaine survenir dans le dernier quart d'heure (Lego devant toujours vendre ses briques...). Sans être pathétiques, ces minutes gâchent ce qui aurait pu être le meilleur film d'animation de l'année à venir, tant elles font retomber la jubilation de cette délirante histoire. Au final, le plaisir est là, même s'il est minoré par une fausse réalité.

  26. Un homme très recherché - (7) adapte intelligemment le roman éponyme de John Le Carré, offrant par la même occasion une brillante, mais bien trop prématurée, sortie de scène à Philip Seymour Hoffman - dont le regard final restera l'un des plus marquant de 2014. Ce dernier incarne le responsable d'une petite équipe en charge de la surveillance des milieux islamistes de Hambourg. Quand débarque un jeune tchétchène désireux de récupérer l'argent sale de son père pour faire, sans doute, le bien, son agence et les autorités allemandes s'interrogent sur la réalité de ses intentions et débutent un dangereux jeu de manipulation. Anton Corbijn, clipper attitré de Depeche Mode, réussit un thriller d'espionnage à l'ancienne, sans gadgets ni supervilains cachés dans d'immenses sanctuaires, où les personnages (le casting international étant à l'unisson) et les situations se suffisent à eux seuls. Un film paranoïaque sur la paranoïa terroriste ambiante réussi.

  27. Samba - (7) n'était pas le projet le plus facile du duo multimillionnaire Toledano - Nakache car la double réussite public / histoire que fut Intouchables (2011) aurait pu paralyser longuement l'inspiration du couple TN. En choisissant la chronique sociétale - un sans-papier travaillant depuis 10 ans en France est prise sous l'aile d'une cadre supérieure victime d'un Burn out, le duo ne replonge pas dans la comédie pure, même si certaines scènes dérident assurément à l'instar du retour de Charlotte Gainsbourg à son travail. Mais par petites touches humanistes, ils réussissent à convaincre - si tant est qu'il le fallait - épaulés par un quatuor magistral : Omar Sy réellement acteur, Charlotte G touchante, Tahar Rahim lumineux brésilien d'Alger et Izia Higelin caustiquement engagée. Bien sûr, on pourra s'agacer de certains aspects moralisateurs ou de la linéarité des événements. Mais au final, cette Samba peut se danser sans faux rythme.

  28. La voleuse de livres - (7) nous offre, une fois n'est pas coutume, une vision du quotidien banal de l'Allemagne nazie où, loin des clichés fascisants, l'orpheline Liesel - Sophie Nélisse convaincante et à suivre - grandit dans une famille d'accueil qui, malgré les restrictions ou les glissements idéologiques de plus en plus insupportables (la voix de Geoffrey Rush étant la seule à se faire entendre lors de l'arrestation d'un voisin, la peur constante des interdits du Reich...), ne perd pas tout à fait son âme - cachant par exemple le fils d'un vieil ami ou en rêvant de s'enfuir avec son jeune voisin potentiellement future vedette de la dictature. Symbole de sa résistance dans une Allemagne qui brûle des livres, Liesel découvre la lecture et grandit grâce à elle. Bien sûr, la mise en scène de Percival souffre parfois de maladresse et/ou d'émotion facile. Mais entre un narrateur omniscient et un casting à l'unisson (Emily Watson, Ben Schnetzer), cette adaptation du roman de Markus Zusak mérite d'être vue.

  29. Lovelace - (6,5) nous propose une double lecture de la courte incursion dans le monde du porno de Linda Lovelace (Amanda Seyfried éblouissante aussi bien physiquement qu'émotivement). La 1ère partie en offre une vision masculine fantasmatiquement épanouie où l'on suit les amours heureuses de Linda et son mari Chuck - Peter Sarsgaard infâme charmeur - et son vedettariat érotique. La 2nde révèle la réalité et la souffrance de Linda, violée, battue et prostituée par son époux et abandonnée par sa famille, passa le reste de sa vie à s'opposer à l'univers qui l'avait rendue star en 1972. La juxtaposition des deux versions, soutenue par une interprétation au cordeau et une reconstitution bariolée des 70's, rend ce biopic tout à fait intéressant.

  30. X-Men : Days of Future Past - (6,5) est le nouveau chapitre de LA franchise Marvel, largement supérieure aux Avengers (J.Whedon - 2012) et autres avatars, par la complexité antichromatique de ses personnages ou la présence d'un auteur brillant, Brian Singer (oui, je veux et je vais oublier Jack le chasseur de géants - 2013). Après le retour flamboyant du Commencement (M.Vaughn - 2011), la gageure de Singer était de relier les 2 époques/casting. Or si la résurrection paradoxale du professeur Xavier ou le retour des griffes en adamantium de Wolverine (J.Mangold - 2013) ne seront pas expliqués, les allers-retours se déroulent sans mal se concentrant sur les plus récents héros. Malgré quelques jolies scènes (contre les sentinelles ou dans le stade), l'ensemble manque de souffle épique (où sont nos luttes intermutantes ?) voire d'utilité (Vous êtes sûr pour le Vietnam ?), Singer ayant voulu revenir à l'humain/mutant et sa psyché tourmentée. Le choix est honorable mais ne transcende ni le genre, ni la série qui, tout en demeurant largement au dessus du lot, ne comble pas pleinement l'amateur. Le mieux demeure l'ennemi du bien.

  31. The Raid 2 - (6,5) est donc le VRAI film d'arts martiaux qu'avait imaginé Gareth Evans avant que l'absence de financement ne l'oblige à revoir à la "baisse" ses ambitions (The Raid - 2012). Fort de son essai transformé, il fait sien l'adage hollywoodien des suites (More is Better) en démultipliant les combats (le final cuisinier dépasse les 10 mn), les étripements (l'interdiction aux moins de 16 ans n'est pour une fois pas superflue), les plans magnifiques (le pugilat boueux ou la tueuse borgne aux marteaux) ou la durée (150 minutes quand même !). Pourtant, loin de l'indigestion, le spectateur est happé par un scénario solide entre tragédie antique et figures westerniennes, ponctué par de vrais combats - Les acteurs/cascadeurs/danseurs se sont entraînés pendant 6 mois intensivement alors que les chorégraphies ont mis 18 mois à prendre forme - non câblés et réellement poisseux et pourtant tellement vidéographiques (Le tueur à la batte, L'Assassin...). Ce R2 n'est pas un film tout public mais mérite d'être vu.

  32. Les brasiers de la colère - (6,5) seraient une banale histoire de vengeance si son casting ne transcendait pas un sujet convenu (un frère tente de sauver son cadet détruit par un séjour irakien en s'opposant au caïd local). En effet, les confrontations entre Christian Bale, émacié et fraîchement libéré de prison après un accident de la route, Woody Harrelson, inquiétant dans sa normalité, Casey Affleck, perdu et perdant, Forest Whitaker, flic de bonne volonté et nouveau fiancé de l'ex, Zoe Saldana, ex mais toujours amoureuse, Willem Dafoe et Ben Shepard, mentors opposés, auraient mérité d'être citées aux Oscars tant elles transpirent de vérité, de malaise ou de jusqu'au-boutisme nihiliste. Le final épuré est à l'image de ce thriller poisseux : indispensable.

  33. Magic in the Moonlight - (6,5) marque le retour du Woody Allen léger - que certains qualifieront même - à tort ! - d'anodin - du Sortilège du Scorpion de Jade (2001). Il nous plonge dans la jet-set anglaise des années 20 résidente de la Côte d'Azur où une jeune et jolie médium - Emma Stone en mode craquante - sévit et séduit une partie de la bonne société expatriée. Pour la confondre est engagé le magicien Colin Firth - en mode clone de WA - spécialisé dans le démasquage des escrocs. Commence alors un jeu de chat et souris romantique ponctué de facéties, entre une tante brillante et un ami trouble, et de répliques piquantes et enlevées. Bien sûr, certains regretteront que Woody Allen fasse du Woody Allen (dans son univers, point de problème financier !), mais l'immense majorité des autres sera heureux de la balade (pas si) surannée.

  34. La vie rêvée de Walter Mitty - (6,5) modernise le classique de Norman Z.McLeod de 1947 en faisant de son héros le documentaliste en chef du mensuel Time Magazine. Forcé par les liquidateurs du journal à retrouver un négatif égaré, celui-ci va devoir se confronter au monde réel pour le récupérer, multipliant les aventures les plus improbables d'Islande au Tibet). Derrière et devant la caméra, Ben Stiller s'offre un personnage simple à la James Stewart / Tom Hanks, dont les rêves éveillés se concrétisent pour notre plus grand plaisir. À la fois poétique (quel est ce fameux cliché n°25?) et comique, fantastique et improbable, cette Vie nous touche et nous séduit pleinement, à l'instar de la reprise parfaite du Space Oddity de David Bowie.

  35. Calvary - (6,5) offre à Brendan Gleeson un nouveau personnage inoubliable et des retrouvailles avec son réalisateur de L'Irlandais (2011), John Michael McDonagh. Il incarne cette fois le père James dont l'une des ouailles lui a annoncé son futur meurtre en représailles d'actes abusifs commis par un autre prêtre. Il lui reste alors une semaine pour mettre sa vie en harmonie, entre une fille toxico mais aimante - Kelly Reilly toujours parfaite - et des administrés névrosés qui se moquent régulièrement de son engagement personnel, tout en recherchant l'identité de son assassin. Si la mise en scène demeure discrète, elle souligne néanmoins les aspérités irlandaises aussi bien géographiques que humaines, où la religion catholique porte/est un poids parfois démesuré. Le calvaire de Gleeson inéluctable et accepté achève terriblement ce film sacrificiel et rédempteur.

  36. Charlie Countryman - (6,5) vaut davantage que son acteur principal - Shia LaBeouf - en bad trip professionnel, grillé à Hollywood par ses critiques répétés envers les metteurs en scène qui l'avaient embauché et ses multiples plagiats, ne le laissait présager. Ainsi, suit-on Charlie, perdu à la mort de sa mère à Budapest sur les traces de la fille - Evan Rachel Wood - du passager d'à côté décédé pendant le vol. Tout irait pour le mieux si son ancien fiancé - Mads Mikkelsen - n'était pas un maffieux aussi jaloux que violent et si les forces de l'ordre - ou non - n'étaient à ses/leurs trousses. La descente du héros se savoure comme la chute des dominos - inexorable et cascadée - juste au final initial que boucle ce polar romantique décalé parfaitement. Un After Hours (M.Scorsese - 1985) halluciné et moderne, en somme, surstylisé par la réalisation clipesque - si on n'aime pas... - ou stroboscopique - si on adhère... - de Fredrik Bond. Moi, j'ai aimé.

  37. Maléfique - (6,5) est une relecture complète de La Belle au bois dormant (C.Geromini, W.Reitherman, E.Larson & L.Clark - 1959) car si la mythique malédiction demeure, c'est bien l'unique scène qui ait les honneurs de cette rédemption disneyenne. Mais comment pouvait-il en être autrement pour un blockbuster Mickey ? Comment pouvait-on laisser le Mal incarné devenir un héros moderne ? Ce n'était assurément pas possible pour la vénérable maison. Dès lors, certains détails (du baiser salvateur au combat dragonesque) sont passablement transformés et certains gentils montrent leur véritable visage (vision négative oblige !), nous permettant d'aimer la (pas si) méchante sorcière cornue. Le perdant est donc le père - Sharlto Copley en mode Elysium (N.Blomkamp - 2013) - d'Aurore dont l'arrivisme irréfléchi le pousse à trahir son amitié/amour (?) pour la naïve et virevoltante Maléfique. Dans cette mission rédemption, Angelina Jolie - à l'image du casting irréprochable - est un choix évident tant sa maternelle présence déborde de l'écran et d'humanité. Au final, la morale aux grandes oreilles n'est pas chamboulée puisque le bien triomphe du mal pour le bonheur de ceux qui croient aux contes de fées même modernes.

  38. Dans la cour - (6,5) a tout du trip dépressif, du duo principal (où Gustave Kervern ne joue pas, mais semble "être") insomniaque et à la frontière de la folie aux habitants (ou non) de l'immeuble particulièrement dysfonctionnels en passant par le fiasco de la réunion de copropriété ou le dépannage abusif de Lev. Pourtant, l'humanité débordante de l'ex-musicien drogué incapable de dire non aux autres séduit en nous offrant quelques moments d'anthologie (lorsque Kervern accompagne Catherine Deneuve dans sa croisade d'affichage ou l'attitude générale de cette dernière face à "sa" fissure), soutenu par le trio pas du tout secondaire Atkine - Bouchaud - Marmaï. Cette Cour d'immeuble devient, alors, pour Salvadori un injuste purgatoire où son héros (double ?) se brûle les ailes aux égo(t)ismes des résidants et pour le spectateur un cruel voyage dans ses propres individualismes. À voir si votre humeur n'est déjà pas au plus bas.

  39. Dom Hemingway - (6,5) débute par une ode casse-gueule au sexe du héros, dont Jude Law, tout en bacchante bull-terrier 19e, se délecte. Ses envolées délirantes et lyriques (dans le pub, chez le maffieux russe...) sont autant de saillies respiratoires que ses accès de violence (sa visite de l'ex de son ex) parfaitement vaudevillesques. Il faut dire qu'après 12 ans de prison pour ne pas avoir dénoncé ses complices, dom est particulièrement pressé de régler ses comptes afin de retrouver une vie à défaut de la sienne. Dès lors, son parcours hommage à Guy Ritchie des débuts (Arnaques, crimes et botanique - 1998, Snatch - 2000) multiplie les incongruités (l'accident de Rolls, le casting de casseur de coffre) guidé par son ami manchot - Richard E. Grant stoïquement sidekick - jusqu'à sa tentative de rédemption et ses retrouvailles filiales. C'est d'ailleurs dans cette partie émotive que Law défend le mieux son personnage (à l'image de son bouleversant monologue sur la tombe décatie de son seul amour), nous permettant de réellement sympathiser avec Dom. Au final, ce polar décalé s'apprécie vraiment et vaut plus que sa sortie en catimini.

  40. Lilting ou la délicatesse - (6,5) nous introduit dans le quotidien d'une veuve sino-cambodgienne - éblouissante Pei-Pei Cheng - qui ne parle pas l'anglais après la disparition de son fils unique - Andrew Leung, entre l'amant de ce dernier terrassé - Ben Whishaw écartelé à 1000 lieues de James Bond - qui tente de nouer des liens, un amoureux transi et obsédé - Peter Shaw maladroitement attachant - rencontré dans leur maison de retraite et une interprète bienveillante bien qu'envahissante - Naomi Christie traductrice ciblée. Hong Khaou multiplie les thèmes - homosexualité, choc des cultures, vieillesse... - pour dresser un portrait poignant de l'absence, ponctuée de respirations quasi comiques. Une belle découverte, en somme.

  41. Horns - (6,5) voit Aja poursuivre sa route mainstream, débutée par sa relecture de Piranha 3D (2010), délaissant (enfin !) la pure horreur. Il offre à Daniel Radcliffe le rôle d'Ig Perrish accusé du viol et du meurtre de sa fiancée Juno Temple qui a tout oublié de la nuit du meurtre. Coupable aux yeux de la population, il se réveille un matin avec 2 cornes démoniaques qui lui confèrent le pouvoir de révéler les pires pensées de son entourage. Dès lors, débute son enquête infernale qui le confrontera à quelques vérités parentales et autres vengeances mesquines / faciles (envers son frère toxicomane ou la serveuse avide de célébrité) sur sa route pavée de (fausses) vérités. Malgré de nombreux raccourcis / économies à la limite de l'amateurisme - si Radcliffe est convaincu, le reste du casting ne l'est pas toujours à l'instar de son avocat Max Minghella ou du beau-père David Morse, cette adaptation du roman de Joe "King Jr" Hill se savoure sans arrière-pensée.

  42. States of Grace - (6,5) nous plonge dans le quotidien d'un foyer pour adolescents américain où quelques adultes - Brie Larson et John Gallagher Jr en tête - essayent de leur rebâtir un futur. L'équilibre précaire de ce microcosme bascule avec le renvoi judiciaire simultané du poète du groupe - l'épatant Keith Stanfield - et l'arrivée de l'asociale Kaitlyn Dever qui bouleverse les souvenirs de Grace, la replongeant dans sa propre histoire traumatique. Dès lors, Destin Cretton avait le choix entre deux options : souligner le pathos de la situation et nous proposer un mélo insupportable mais rassurant ou miser sur l'intelligence du spectateur en prenant le temps de définir les personnages et amplifier l'empathie pour leurs tristesses et le plaisir de leurs joies. Visiblement, son choix a été le bon, à l'instar des traducteurs qui, par leur jeu de mot, souligne la beauté de ce petit film.

  43. Ton absence - (6,5) prouve une fois de plus le renouveau et la force du cinéma transalpin qui, après Il Divo (P.Sorrentino - 2008) ou A.C.A.B. (S.Sollima - 2012), exporte une nouvelle chronique à savourer. Cette fois, on suit, dans l'Italie 70's, des variations amoureuses dans le non conformisme conformiste de l'artiste pseudodécadant - Kim Rossi Stuart, l'un des 3 acteurs majeurs italiens actuels - aux modèles maîtresses d'un soir et de la mère au foyer - Micaela Ramazzotti - qui aspire à davantage que de faciles infidélités. Narré en partie du point de vue de leurs jeunes fils, cet instantané de vie et, en filigrane, de la société italienne a des échos Sautétiens (la scène du port - et ses conséquences - est magnifiée) sans l'imagerie facile de Risi. Bien sûr, rien n'est simple ou acquis, à l'instar du quotidien. Mais l'amour de ce couple demeurera malgré l'évolution naturelle de ce duo attachant et dysfonctionnel.

  44. Men, Women & Children - (6,5) est un film choral qui entremêle les destins communicants d'adultes et d'ados, perdus ou non. Entre l'usure du couple ou la découverte de la sexualité, l'étouffement maternelle et le refuge du virtuel, l'adepte des Escorts et l'accroc du porno, l'héroïne d'un blog limite et sa photographe de mère, chacun se donne des rendez-vous 2.0. afin de trouver l'amour ou se retrouver. Mais si la forme pop-up du propos de Jason Reitman prend parfois le dessus sur son fond, son constat demeure terrible sur l'incommunication de notre société ultracommunicante, bien aidé par son casting 5 étoiles (d'Ansel Elgort à Adam Sandler en passant par Jennifer Garner, Judy Greer ou Kaitlyn Dever) investi. Après Last Days of Summer (2014), Reitman se fait indubitablement un prénom.

  45. #Chef - (6) est à mi-chemin entre la publicité (agaçante !) de 114 mn pour les réseaux sociaux et le Feel Good Movie culinaire. Après avoir été à la tête de la démesure de la franchise Iron Man (2008 - 2010), John Favreau s'offre une balade en Food Truck pour rebâtir une vie partie en lambeau à la suite d'une critique gastronomique 2.0. Épaulé par son second - John Leguizamo indéfectible - et un fils adepte de son temps interconnecté, il va retrouver le succès, son épouse - Sofia Vergara sexy et amoureuse - et sa cuisine. Résumé ainsi, ce #C a tout d'une recette éventée limite putassière. Mais, l'investissement de Favreau - et des plats cuisinés par/pour lui, le casting particulièrement sympathique (y compris les presque caméos Scarlett J. et Robert D. Jr), le road trip rédempteur et la bonne humeur généralisée justifient largement le plaisir de ce menu.

  46. Last Days of Summer - (6) suit, dans l'Amérique sudiste 80's, l'irruption dans une famille monoparentale - Kate Winslet et Gattlin Griffith - d'un évadé - Josh Brolin - condamné pour meurtre. Pendant un week-end prolongé, le trio va s'apprivoiser pour définir les contours d'une famille pas si dysfonctionnelle que cela, permettant aux adultes de se racheter (Non, Brolin n'est pas un meurtrier en série) / se redécouvrir (oui, Winslet peut être encore heureuse) et au fils de passer à l'âge adulte (en retrouvant un père et en tombant amoureux). Loin de l'agitation moderne, le choix temporel permet à Jason Reitman d'installer sa moiteur estivale dans une lenteur funambule qui pourra irriter certains spectateurs, mais qui est totalement nécessaire à l'atmosphère réussie de ces Derniers jours. Un film de passage, plus que de transition, mais tout à fait recommandable.

  47. Supercondriaque - (6) n'est pas la comédie de l'année et ne retrouvera pas les sommets des Ch'tis (2008) et Rien à déclarer (2011). Pourtant, malgré un final aventureux superflu, la 4e mise en scène de Danny Boon fait très souvent rire (à l'image des confrontations entre le patient envahissant Boon et le médecin courage pince sans rire Merad - simplement parfait car jamais dans le surjeu). Si l'hypocondrie se double d'une relation amoureuse quiproquo et se triple d'une soif d'engagements révolutionnaires et linguistiques, le rythme soutenu des péripéties fait passer un bon moment certes pas inoubliable, mais un bon moment quand même.

  48. Non-stop - (6) retrouve Liam Neeson dans un emploi d'homme d'action brisé - dont il semble être devenu l'icône depuis la (future) trilogie Taken (P.Morel / O.Megaton - 2008 / 2012 / 2014). Cette fois, il incarne un air marshall, à la dérive après la mort de sa famille, prévenu par sms qu'un passager sera tué toutes les 20 mn dans l'avion dont il a la charge si une rançon n'est pas versée sur un compte off-shore. Son enquête confinée démultiplie les fausses pistes et les meurtres inattendus avec une malignité que le final brinquebalant ne gâche pas totalement. Un bon thriller pas transcendant mais largement honorable.

  49. White Bird - (6) nous offre le retour de Greg Araki dont le génial Kaboom date de 4 ans maintenant. Cette fois, il nous plonge dans le quotidien de Kat, une adolescente de 17 ans - Shailene Woodley en actrice non Divergente (N.Burger - 2014), dont la mère - Eva Green magnifiquement absente - a disparu. Entre un père effacé - Christopher Meloni anormalement normal - et une sexualité en devenir, une BO impeccable et admirablement datée et un univers coloré (Ah, les tenues d'Eva !), onirisme et décalages (amicaux, parentaux, d'un soir), le passage au monde adulte de Kat sera létal mais régénérateur, malgré un twist final inconstruit.

  50. Big Bad Wolves - (6) débute superbement par un générique ralenti qui laisse augurer le pire pour les futures victimes de Grand Méchant Loup. Rapidement, la police israélienne a un suspect. Mais un interrogatoire musclé et filmé lui permet d'échapper à toute autre investigation, à l'exception de celles du policier enquêteur et du père de la dernière victime, résolu à le torturer pour lui faire tout avouer. Or, si la mise en place du drame laisse entrevoir une réelle noirceur, le choix (économique ? scénaristique ?) de se concentrer sur cette longue séance plombe durablement ce polar crasseux (en accentuant artificiellement sa durée par des visites et appels incongrus). Dès lors, ce n'est plus à un Seven (D.Fincher - 1995) proche-oriental que l'on a droit, mais à un banal slasher dont la complaisance envers la violence sert de scénario. Dommage, car Aharon Keshales et Navot Papushado savent assurément se servir de leur caméra.

  51. Les Boxtrolls - (6) poursuivent l'aventure stop-motion du studio Laïka en offrant une nouvelle histoire de laissés-pour-compte. Sous la ville de Cheesebridge, vit cachée une communauté sympathique, les Boxtrolls, accusée par un dératiseur-du-dessus de tous les maux. Décidé à gagner sa place dans la bonne société, celui-ci est prêt à tout pour les exterminer, quitte à éliminer le jeune garçon Œuf élevé par les Boxtrolls depuis sa plus tendre enfance. Même si on ne retrouve pas la folie des productions Aardman, le savoir-faire du duo Annable - Stacchi est indéniable, nous offrant un univers gothique coloré - marque de fabrique depuis la participation de Laïka aux Noces funèbres (T.Burton - 2005) - et émouvant - car les Boxtrolls sont trognons ! - au méchant particulièrement réussi. Seule la linéarité du scénario, guère novateur, déçoit face à un tel savoir-faire, mais la forme supplée largement la finesse du fond et vous aurez plaisir à visiter les bas-fonds de Cheesebridge.

  52. Belle - (6) nous plonge dans l'Angleterre esclavagiste de la fin XVIIIe où Dido Elizabeth Belle (Gugu Mbatha-Raw noble de retenue), fille légitimée et mulâtre d'un amiral, grandit dans la famille de son oncle William Murray (Tom Wilkinson immédiatement empathique), Lord Chef de la Justice. Riche héritière, elle va s'éprendre d'un jeune avocat abolitionniste décidé à profiter du procès d'armateurs négriers pour bousculer la société anglaise. Adaptant librement l'affaire du Zong, Amma Asante nous offre un thriller romantique et historique dans la veine de 12 Years a Slave (S.McQueen - 2014), qui replace l'Humain dans l'Histoire. Bien sûr, certains s'agaceront du sous-traitement du procès au profit de l'évolution de Belle et sa cousine dans une aristocratie raciste, voire de l'humanisme avancé de la famille Murray. Mais Belle n'est pas un documentaire mais un film qui sait que la puissance de l'empathie renforce le propos au lieu de le desservir. En l'occurrence, la mission d'Asante est parfaitement remplie et Belle est aussi édifiant que convaincant.

  53. Paddington - (6) adapte sur grand écran le personnage enfantin préféré des anglais depuis 1956, mais pas aussi connu de ce côté de la Manche. Ainsi, découvre-t-on un jeune ours péruvien - doublé magistralement par Guillaume Gallienne - venu se réfugier à Londres après la mort accidentelle de son oncle Pastouso et le départ en maison de retraite de sa tante Lucy. Adopté par la famille Brown, il devient alors la cible de Millicent, empailleuse et décidée à faire de lui son nouveau trophée. Plus animé que Ted (S.MacFarlane - 2012) bien qu'aussi maladroit parfois (Ah, cette première rencontre avec la salle de bains des Brown...), son interaction naturelle avec les acteurs (Quel plaisir de retrouver Hugh Bonneville et de voir Nicole Kidman s'amuser outrancièrement !), les péripéties sympathiquement familiales ou l'humour discret mais référencé rend ce

  54. Night Call - (6) ne tient que sur les épaules d'un Jake Gyllenhaal transcendé et (fortement !) amaigri qui aurait mérité davantage qu'une citation au Bafta du meilleur acteur. Il incarne Lou, un apprenti paparazzo en quête d'images sensationnalistes à vendre à une Tv locale. Prêt à tout, donc du pire, il écoute inlassablement les fréquences radios policières pour être le premier sur place, quitte à déplacer les corps d'accidentés de la route pour être plus efficace ou à suivre des meurtriers au lieu de les dénoncer à la police. Secondé par son épouse, René Russo, parfaite en journaliste dévoyée, Dan Gilroy fait des débuts marquants derrière la caméra en nous proposant une charge en règle contre les dérives du journalisme spectacle, amplifiées par les multiples chaînes d'infos en continue.

  55. Les gazelles - (6) font redouter le pire lors du 1er quart d'heure, tant l'introduction des personnages est superficielle, voire insupportable (Qui a dit Véro - défendue comme elle peut par Olivia Côte ?). Pourtant, peu à peu, le désespoir évolutif de Camille Chamoux, la fausse assurance d'Audrey Fleurot ou la légèreté de Joséphine de Meaux transcendent le pitch (au moment de signer l'achat de l'appartement commun, Marie/Camille comprend qu'elle veut vivre autre chose et quitte son ami pour une renaissance amicale auprès de 4 célibattantes assumées), rendant ce quintet (Anne Brochet et Naidra Ayadi) attachant. Si le montage clipesque dessert souvent le propos, les facéties maladroites de Camille et de ses amies emportent l'adhésion. Il faut dire qu'une personne qui aime la vodka ne peut être totalement mauvaise.

  56. Dumb & Dumber De - (6) parvient en une seule scène à faire oublier les 20 années qui séparent ce 2nd volet de l'opus originel (B. & P.Farrelly) et à justifier cette nouvelle mésaventure. Cette fois, Lloyd et Harry partent à la recherche de la descendance de ce dernier afin de lui trouver un rein capable de le sauver. Sur leur route, ils croiseront entre autre une épouse vénale - Laurie Holden, des jumeaux malchanceux mais experts en camouflage - Rob Riggle hilarant ou une ex qui a très très mal vieilli - Kathleen Turner qui a très très mal vieilli. Bien sûr, l'humour régressif n'a plus rien de nouveau - les Jackass étant passés par là. Bien sûr, la nostalgie n'est plus ce qu'elle était. Bien sûr, la carrière du duo principal et des réalisateurs n'est plus à la hauteur des années 90. Bien sûr. Pourtant, ce revival - pas si bête que ça -peut s'apprécier sans honte, l'abattage du couple Lloyd - Harry demeurant constant.

  57. Le Hobbit : La bataille des cinq armées - (6) débute comme une escroquerie en mettant fin à Smaug avant le générique initial. Pourtant, en se concentrant sur la folie déchéante de Thorin à la recherche de l'Arkenstone, Peter Jackson retrouve - un peu - du souffle épique de la première trilogie (2001 - 2002 - 2003) d'autant que le sauvetage de Gandalf de sa prison de Dol Guldur par le Conseil blanc donne envie de la revoir. Pourtant, malgré la bataille à venir et le retour rapide des vieilles alliances, ce final rate sa cible à la fois par son ton résolument tout public (Alfrid ? Non mais quand même...) et sa durée réduite, qui contribue à ce sentiment diffus d'inachèvement. Dès lors, l'envie initiale de voir un diptyque se justifie pleinement. Mais il est hélas trop tard et mon Précieux est perdu. Jusqu'à la version longue ?

  58. Homefront - (6) est une surprise puisqu'il y avait longtemps que Jason "Futur Steven Seagal" Statham n'avait pas été bon dans un film (2008 et le duo Braquage à l'anglaise - Le transporteur 3 - R.Donaldson / O.Megaton). Si, en plus, j'ajoute que le scénario est dû à Sylvester Stallone, tout était mis en place pour le nouvel échec balourd de Mr Statham. Pourtant, en incarnant un ancien agent de la DEA retiré avec sa fille en Louisiane, il redevient un acteur convaincant, aidé, il faut bien le dire, par le duo Franco - Ryder, nuisibles en chef du coin redneck. Bien sûr, il n'oublie pas de botter / annihiler quelques motards vengeurs, mais sans pour autant n'être qu'un bourrin décérébré. Dès lors, cet Action Movie s'apprécie sans aucune honte.

  59. Get on Up - (6) n'est pas le biopic musical du millénaire, malgré un sujet potentiellement en or : James Brown. Tate "Couleur des sentiments" Taylor poursuit sa peinture du sud américain déconstruisant exagérément son film par de multiples flash-back et d'apartés à la limite de l'absence d'inspiration. Heureusement pour lui, la vingtaine de titres du Parrain de la Soul suffisent à entraîner le spectateur dans ces 7 décennies particulièrement mouvementées, où on (re?)découvre les relations (quasi) fusionnelles de Brown et Bobby Byrd. Le duo, réincarné par Chadwick Boseman et Nelsan Ellis, est d'ailleurs la principale réussite de ce GOU parfois amer, dans leurs collaborations, trahisons et autres retrouvailles. Au final, James n'est pas Ray (T.Hackford - 2005) mais peut s'apprécier pour l'importance de sa musique et ses débordements inhumains.

  60. 300 : la naissance d'un empire - (6) nous fait redouter le pire tant la bataille initiale revisite les tics clipesques (ralentis excessifs, violence graphique, effusions sanguinolentes, calendrier des Dieux du stade...) de l'opus originel (Z.Sneider - 2007). Mais très vite, le duo principal (Sullivan Stapleton en pectoraux huilés / Eva Green en meilleure idée de cette suite/préquel/suite) trouve sa place faisant oublier les Spartiates - qui n'apparaissent que 10 mn, notamment lors des batailles navales qui renouvèlent largement les combats (même si l'apparition de Thémistocle à cheval est particulièrement ridicule). Comme Noam Murro n'édulcore rien (Spartacus - 2010 - 2013 - est passé par là), la boucherie graphique s'apprécie pleinement d'autant que la 3D est parfaitement utilisée. Un popcorn movie parfaitement assumé et largement honorable.

  61. Dans l'ombre de Mary - La promesse de Walt Disney - (6) suit en parallèle l'accouchement douloureux du chef d'œuvre de Disney, Mary Poppins - 1964, dont l'irascible et intransigeante auteure P.L.Travers (Emma Thompson en vieille fille détestable chrysalide) fit un défi à Walt (Tom Hanks toujours aussi bon) et le destin d'une famille dans l'Ouest australien à la fin du 19e siècle. Jonglant entre les chansons (devenues) mythiques et la déchéance alcoolisée du père de famille (Colin Farrell rarement aussi présent), John Lee Hancock parvient à entremêler les deux histoires avec une finesse inattendue pour le scénariste de Bad Boys 2 (M.Bay - 2003). Un bon film, donc, en appoint à l'édition 50e anniversaire de MP.

  62. Barbecue - (6) est faussement vendu comme une comédie cruelle où un quinqua (Lambert Wilson plus que sympathique) dirait toutes ses vérités à ses plus vieux amis (Guillaume de Tonquédec et Florence Foresti en tête) après une alerte cardiaque. Or, ce BBQ tient plus du film de complicité à la Mes meilleurs copains (J-M.Poiré - 1988), avec ses fâcheries, ses mensonges partiels, ses vacheries larvées mais un amour réel fédérateur qui voit une troupe de 9 amis lyonnais se retrouver un été dans les Cévennes gardoises. Entre ruine potentielle et divorce délicat, rivalité sportive et babillage accablant, sangria la plus chère du monde et silence naturaliste emmerdant, cette réunion amicale est tout à fait plaisante, même si elle n'est pas transcendante.

  63. Et (beaucoup) plus si affinités - (6) est un peu plus qu'une nième - mais néanmoins sympathique - romance adolescente, puisqu'il offre à Daniel Radcliffe un nouveau chapitre - non horrifique, pour une fois- à sa reconversion. Lors d'une soirée, ce dernier croise et tombe amoureux de Chantry - Rafraichissante Zoe Kazan. Mais la demoiselle étant déjà en couple, leur complicité immédiate doit se transformer, malgré Radcliffe, en amitié. Bien sûr, le final est connu, mais ce qui importe dans ce genre ultracodifié est le chemin pour nous y mener. Entre maladresses et visions délirantes (Ah, l'apparition de Zoe pour empêcher Daniel de coucher avec sa sœur !), alchimie du duo principal et taquineries sarcastiques, on apprécie ces Affinités électives.

  64. Edge of Tomorrow - (6) tente la fusion improbable d'Un jour sans fin (H.Ramis - 1993) et de Starship Troopers (P.Verhoeven - 1998) qui voit le commandant Cage - Tom Cruise plus nain de jardin que d'habitude malgré son exosquelette - revivre la même journée et progresser en mode arcade, à chaque mort, afin d'éliminer de la terre des bestioles extraterrestres particulièrement antipathiques et prescientes - sauf de leur future raclée. En décalant les divers décès, Doug "Mr & Mrs Smith" Liman maintient l'intérêt de ce qui a tout d'un banal Shoot'em'up, chaque mort préfigurant la sauvegarde automatique du système. Pourtant, malgré la linéarité et la sensation persistante de déjà-vu (et pour cause !), le fun assumé - et les morts parfois absurdes du héros (Ne pas se relever trop tôt d'un passage sous camion...) rend le tout sympathique, même si le final est hollywoodien, production Cruise oblige. À voir comme un préambule à l'été.

  65. American Nightmare 2 : Anarchy - (6) tient plus du survival (presque) politique que du film d'horreur. Après un premier volet (Id - 2013) plutôt malin, James DeMonaco retrouve sa purge annuelle vengeresse (le loueur frustré ou la sœur trompée) en lui ajoutant une dimension sociale inattendue - mais logique. En effet, un quintet disparate - une mère et sa fille, un couple et leur sauveur - devient la proie de mystérieux "purgeurs" alors que le protecteur aspire à retrouver l'assassin accidentel de son fils et qu'un pirate des ondes critique ouvertement cette Purge. Dès lors, ça canarde plus ou moins erratiquement, renversant quelques situations compromises - jusqu'au final rédempteur ou pas. Comme quoi, quand on a des idées, une franchise peut être réussie.

  66. Sous les jupes des filles - (6) pèche au départ à provoquer l'empathie pour ses personnages (la scène du tampon inaugurale donnant un La trompeur) et par voie de conséquence pour ses scénettes plus sketchs que réellement histoires. Puis, à la manière de Claude Lelouch dont Audrey Dana est une découverte / fidèle / disciple, les multiples hasards bien trop arrangeants finissent par charmer, particulièrement grâce au personnage de Laetitia Casta attachante par sa naïveté gastrique. Dès lors, même si elles sont souvent outrancières, les péripéties liées (disciple oblige) séduisent, Dana bénéficiant d'un casting improbable qui parvient globalement à s'exprimer à une ou deux présences gourmandes mineures. Bien sûr, Dana ne prétend pas révolutionner le genre Chick Flick, mais sa première incartade derrière la caméra peut s'apprécier pleinement.

  67. Philomena - (6) relate la quête réelle de Philomena Lee, recueillie / exploitée adolescente par le couvent Roscrea suite à sa grossesse prématurée, qui tenta pendant des années de retrouver son fils, adopté de force par des américains. Son histoire, confiée au journaliste Martin Sixmith, marquera durablement l'acteur Steve Coogan qui l'adaptera et la proposera à Stephen Frears. Le duo épaulé par Judi Dench nous offre alors une bouffée d'humanité face aux obscurantismes de tout genre. Seule la comparaison avec le similaire The Magdaleine Sisters (P.Mullan - 2003) en sa défaveur minimise la portée de ce témoignage.

  68. Equalizer - (6) démontre une fois de plus que Denzel Washington peut tout à Hollywood, y compris moderniser une série mid-eighties avec Edward Woodward. Retraité extrêmement dangereux, Robert McCall prend sous son aile une jeune prostituée - Chloë Grace Moretz en mode émancipation - malmenée par des maffieux russes (cliché aussi récurrent que terroristes arabes ou cuisiniers français). En mode Terminator chronométré, il parvient à éliminer aussi bien le braqueur de passage que l'infâme gang, sans que le spectateur ne l'en croit incapable et sans se faire repérer de ses collègues du rayon bricolage. Bien sûr, le rythme est aux antipodes des versions Statham. Bien sûr, Antoine Fuqua a déjà dirigé Washington dans Training Day (2001). Bien sûr, l'histoire est parfaitement linéaire et les moyens de tuer son ennemi parfaitement digne d'un Slasher 80's (du taille-haies au tire-bouchon en passant par la perceuse sans fil et le marteau). Bien sûr, on est dans le pur cliché qui verra le bien triompher et le Mal l'égratigner un peu. Bien sûr. Mais pour un thriller automnal, cet Equalizer se regarde sans aucun déplaisir et s'oublie parfaitement.

  69. Fury - (6) plonge le spectateur dans les combats badass de fin de guerre où les humanités semblent laisser le pas à la revanche implacable. Cette fois, c'est à bord d'un tank - le fameux Fury du titre - qu'en Avril 1945, 5 hommes se risquent au-delà des lignes nazies. À leur tête, Brad Pitt est en mode Inglorious Basterds (Q.Tarantino - 2009) - notamment lorsqu'il enseigne au jeune Norman Ellison la réalité sanglante et expéditive de la guerre - épaulé par Michael Peña, Jon Bernthal et Shia LaBeouf. Bien sûr, le final est franchement Too Much et on ne touche pas à la star - ou alors les grenades allemandes sont à blanc. Mais la mission létale que le quintet à accepter se suit sans honte, confirmant que David Ayer sait filmer et que le film de guerre est un genre parfaitement calibré pour le divertissement.

  70. God help the Girl - (6) est une agréable comédie musicale estudiantine qui suit l'adorable Emily Browning, auteure de chansons à ses heures, fonder un groupe de pop avec Holly Alexander, entre concerts à assurer et amitiés à consolider - Hannah Murray, complétant le casting principal. La première réalisation du leader de Belle and Sebastian, Stuart Murdoch, ne bouleverse pas le paysage cinématographique mondial mais parvient à nous divertir naïvement mais sans mièvrerie superflue, dans une Glasgow colorée et fantasmée. Ni kitsch, ni surannée, cette rêverie remplit aimablement son cahier des charges divertissant. Ni plus, ni moins.

  71. The Spectacular Now - (6) n'est pas une nième et insipide romance adolescente, mais s'inscrit davantage dans la lignée du Monde de Charlie (S.Chbosky - 2013). Remarqué au festival de Sundance, il nous offre le portrait d'une adolescence actuelle en se concentrant sur Sutter, lycéen populaire et alcoolisé - Miles Teller - qui va bouleverser son quotidien grâce à l'amour mature que lui porte Shailene Woodley, parfaite en opposée effacée, et ses retrouvailles avec un père indigne - Kyle Chandler, antipathique à souhait. Fuyant (presque) tout effet exagéré - à l'exception d'un accident, James Ponsoldt parvient subtilement à séduire tous les publics.

  72. Joe - (6) suit la tentative d'un ex-taulard - Nicolas Cage qui parvient à nous faire oublier 10 ans de navets - de se faire oublier dans une petite ville du Texas, alternant sa vie de bûcheron et d'alcoolique solitaire (en dehors de quelques visites nocturnes). Tout va être remis en cause lorsque le jeune Gary - Tye Sheridan héritier en puissance - débarque dans sa vie pour gagner la sienne. Le prenant sous son aile, il va peu à peu se perdre en espérant le sauver. Ou est-ce plutôt le contraire ? Adapter le roman de Larry Brown avait tout de la gageure, surtout entre les mains de David Gordon Green, réalisateur de Délire express (2008), Votre majesté (2011) ou Baby-sitter malgré lui (2012). Pourtant, il y a un charme indéniable dans cette poisseuse tentative de rédemption, gâchée uniquement par le déjà-vu cliché du Sud Redneck de Green. Au final, Joe remplit globalement son cahier des charges et peut s'apprécier pleinement en salle.

  73. American Bluff - (6) offre à David O'Russell, après Fighter - 2011 - et Happiness Therapy - 2013, une comédie d'arnaque 70's qui s'inspire de faits réels et lui permet de retrouver son casting à succès. Suivant un duo d'escrocs (Amy Adams éblouissante / Christian Bale moumouté et flanqué d'une invraisemblable épouse tête à claques - Jennifer Lawrence parfaite) contraint par le F.B.I. (et Bradley Cooper) à piéger des politiques (Jeremy Renner en tête), il concocte une première partie jubilatoire. Mais voulant être trop malin, O'Russell multiplie inutilement les manipulations, préférant l'esbroufe au crescendo, la forme au fond, le bon moment à la réussite éclatante. Dès lors, ce Bluff s'oublie dès la sortie de la salle, mais se savoure à l'intérieur.

  74. Expendables 3 - (6) vaut plus que son apparition internet prématurée ne laissait augurer, Stallone ayant nettement choisi la parodie au pastiche involontaire testostéroné. En effet, conscient que son grand âge n'est pas un avantage, il choisit de mettre en semi-retraite son équipe passée d'autant que son vieux camarade (Mel Gibson, meilleur méchant de la série 2010 / 2012 et grand acteur tout simplement) resurgit de sa tombe. Quand la nouvelle est capturée, il lui faut bien prendre conscience que c'est dans les vieux plats (mais pas ventrus) qu'on fait les meilleurs Terminators (et quelle réussite, car il n'y aura aucun blessé dans sa troupe alors qu'ils auront éliminé une armée complète !). Alors, évidemment, vous avez deux visions possibles de ce n'importe quoi : souffler ou pouffer. Moi, j'ai depuis longtemps fait mon choix et fais déjà des paris sur les prochains Expendables - en remplacement de Jet Li et Harrison Ford sous- et mal- employés.

  75. Black Storm - (5,5) n'est pas Twister (J.de Bont - 1996), la faute incombant à l'absence de têtes d'affiche pour lesquelles le spectateur puisse s'inquiéter un peu. Heureusement, l'intérêt d'un tel film n'est pas que dramatique. Il est surtout destructif. Or dans ce registre, cette tempête détruit pas mal sur son passage. Bien sûr, certaines scènes sont ridicules à l'instar de l'envol de Pete ("I Believe I can Fly") au sein de la tornade finale ou le sauvetage de Donnie. Bien sûr, beaucoup trop de personnages survivent en passant à un cheveu d'un décollage fatal. Bien sûr, le choix des multicaméras portables agace plus qu'il ne sert. Bien sûr, le scénario est anémique. Mais pour un divertissement estival, c'est largement suffisant.

  76. Le labyrinthe - (5,5) - est la 2e adaptation de la littérature adolescente à sortir cette année après le (presque) honorable Divergente (N.Burger). Cette fois, elle plonge l'amnésique Thomas - Dylan O'Brien - au sein d'une communauté d'adolescents prisonniers d'une mystérieuse structure qui y survit depuis 3 ans. En 3 jours et l'arrivée de Teresa - Kaya Scodelario, unique recluse du groupe, il va bouleverser cet univers en pénétrant contre l'avis de Gally - Will Poulter, chef du groupe, dans le labyrinthe qui entoure leur camp et défier les Griffeurs, de terribles créatures hybrides, pour trouver un voie pour s'enfuir. Si l'univers post-apocalyptique délabré évoque (encore !) Divergente et si Wes Ball est davantage un spécialiste des effets spéciaux qu'un metteur en scène, cette nouvelle franchise pécuniaire semble capable de s'adresser à un public un peu plus large que la cible ado. Le futur 2e opus dira ce qu'il en est réellement.

  77. Captain America, le soldat de l'hiver - (5,5) prolonge les aventures (J.Johnston - 2011) du moins spectaculaire des Avengers (J.Whedon - 2012) en mettant fin (?) au SHIELD gangréné, depuis sa création, par Hydra. Suite à l'attaque meurtrière subie par Nick Fury (On voit enfin ce qui se cache derrière son bandeau noir !), Rogers s'associe à la Veuve Noire (Scarlett Johansson de moins en moins faire-valoir) et au Faucon (le nouveau venu Anthony Mackie) pour le venger et affronter un tueur efficace, le Soldat de l'Hiver. Marvel ayant fait le choix d'une certaine crédibilité pour cette franchise (les superpouvoirs ne sont que technologiques ou liés à l'entraînement), ce 2e opus souffre d'une certaine modestie, voire banalité que le final ne parvient pas totalement à compenser, à l'instar des 2 vilains du film particulièrement sous-développés. Vivement le retour des X-Men !

  78. Apprenti Gigolo - (5,5) est un hommage (presque parodique) à l'œuvre de Woody Allen par l'un de ses habitués, John Turturro. Celui-ci a en effet imaginé un moyen inattendu de résoudre les problèmes financiers d'un duo amical (un fleuriste et un bouquiniste) : la prostitution. Pour ne pas nous dépayser, il y greffe un amour juif impossible (Vanessa Paradis de passage et émouvante) condamné par la Communauté envahissante (le procès d'Allen est une belle idée de comédie), des bourgeoises qui s'ennuient (Sharon Stone et la bombissime Sofia Vergara), un enquêteur (souvent) grotesque (Liev Schreiber) et de longs dialogues hilarants et parfaitement vains. Au final, cet Apprenti n'apporte pas grand chose à ses auteurs et au spectateur, sinon des moments et des sourires complices.

  79. Triple alliance - (5,5) nous permet d'assister à une vengeance délectable d'un trio féminin - l'épouse trompée Leslie Mann, l'ignorante Cameron Diaz et la maîtresse nunuche Kate Upton - envers le macho idiot et malhonnête par excellence - Nicolaj Coster-Waldau. Comédie dans l'air du temps - les Chick Flick s'émancipant depuis le succès invraisemblable de Mes meilleures amies (P.Feig - 2011), cette Alliance laisse redouter le pire tant l'abattage initial de Leslie Mann - qui aurait dû revenir à Kristen Wiig, ceci expliquant cela - est lassant. Mais rapidement, le trio devient plus subtil et le rire plus franc, démultipliant les saillies oratoires et les péripéties (globalement, néanmoins) linéaires. Bien sûr, cette comédie s'oublie dès la salle de cinéma quittée, mais elle fait passer un bon moment.

  80. Les pingouins de Madagascar - (5,5) souffre de ne pas être à la hauteur de la franchise initiale même si découvrir les origines du quatuor volatile pouvait être intéressant. Hélas, Dreamworks renouvelle avec la semi-déception du Chat potté (C.Miller - 2011), en ne parvenant pas totalement à gérer ce mix d'espionnage (Qui du loup ou de la pieuvre est le plus agaçant... ?), de Tex Avery (Ah, ces chips dégustées en plein discours) et d'émotions (Qui a dit le sacrifice de Soldat ?), tant le duo à la tête de ce (faux) 4e volet tente de jongler sur tous les tableaux qui ont fait le succès de Madagascar (2005 - 2008 - 2012). Mais il manque Alex, Marty, Gloria et Melman pour être totalement convaincant. Dès lors, sauver les mignons et populaires pingouins de monde entier de la vindicte et jalousie octopode n'est pas l'agréable sinécure espérée mais seulement un joli savoir-faire animé.

  81. Blue Ruin - (5,5) est un film de vengeance inversée qui suit les pas de Dwight - Macon Blair convaincant - désireux de tuer l'assassin de ses parents libéré de prison. Son forfait réalisé au bout de 20 minutes, il devient - ainsi que sa sœur - la cible de la vengeance de la famille du meurtrier. Pitché ainsi, ce thriller bancal trop souvent désamorcé par l'humour (Ah, ces méchants qui n'écoutent pas Tucco : "When you have to shoot, shoot. Don't talk !") ou l'absurdité des situations (les causes de la tragédie) pourrait sembler ratée. Il n'en est - pas tout à fait - rien, tant l'implication de Blair en Droopy dépassé est palpable. Hélas, le script balisé et linéaire, l'absence d'opposition ou la confrontation finale caricaturale desservent son jeu souvent extatique. Au final, BR peut se voir sans honte mais ne laissera hélas pas longtemps son emprunte sur votre mémoire.

  82. Arthur Newman - (5,5) - Colin Firth égal à lui-même - tente de refaire sa vie en mettant en scène sa disparition afin d'oublier son divorce (et son fils !) et devenir golfeur dans l'Indiana (Si, c'est possible au cinéma !). En route, il croise Michaela - Emily Blunt - aussi perdue que lui et entame un improbable voyage - qui passe par les maisons de multiples inconnus (si, c'est possible mais pas qu'au cinéma !) - où chacun n'est dupe que de ses propres histoires. Bien sûr, le scénario tient sur un micro post-it et mise sa crédibilité sur le duo principal habité. Est-ce pour cela que ce 1er film a mis 2 ans pour traverser l'Atlantique ou parce que cet anti-road trip est aux antipodes des productions clipesques récentes ? Dans tous les cas, un peu de curiosité ne nuira pas au spectateur.

  83. Exodus : Gods and Kings - (5) n'est pas qu'une modernisation des 10 Commandements (C.B.DeMille - 1956) tant Ridley Scott essaye de crédibiliser la légende biblique (justifiant "scientifiquement" l'ouverture de la Mer rouge par l'attraction d'une comète). Ainsi, en choisissant une approche diamétralement opposée à celle de Darren Aronofsky - c'est-à-dire sans délires mystico-prosélytes (Noé - 2014), il parvient à susciter l'intérêt du spectateur, épaulé par un Christian Bale investi. Pourtant, entre une 3D envahissante, des effets spéciaux et des cascades réussis, une longueur boursoufflée et une empathie limite clinique - à l'instar de cet enfant colérique et méchant, cet Exodus malmène trop souvent l'attention du public pour que l'équilibre fragile d'un tel film soit complet. Au final, ce péplum ne convainc qu'à moitié.

  84. Lucy - (5) est un film dont l'immense potentiel est gâché par l'absence d'un véritable scénariste à la baguette car si Besson est indubitablement un réalisateur visionnaire, ce n'est hélas pas sa plume qui est sa meilleure arme. Ainsi en imaginant une héroïne - Scarlett Johansson à l'aise dans tous les registres - mule involontaire d'une triade taïwanaise, il retrouvait ses personnages cultes - Matilda, Leeloo, Angela voire la pénible Jeanne - plongées dans des mésaventures trépidantes et confrontées à des vilains - Min-Sik Choi l'est assurément - Bigger Than Life. Mais développer une intrigue passionnante ne suffit pas. Il faut savoir la boucler. Or à partir du milieu - et de la plus belle scène du film (quand Lucy appelle sa mère en gros plan), le film bascule dans le n'importe quoi Néo-new Age d'action où tous les nouveaux personnages (Avec un Top décerné au capitaine de police non défendu par Amr Waked) sont au mieux inintéressants et au pire... . Ce n'est pas tant la déception qui domine au final mais la frustration devant tant de possibilités inexploitées. Non, on est loin des 100 %.

  85. Sin City : j'ai tué pour elle - (5) a sans doute trop attendu pour arriver sur nos écrans car, en suite direct du 1er opus, ce pulp en 3 chapitres aurait pu réellement séduire. Mais en presque une décennie, les artifices graphiques de Miller et Rodriguez ont pris beaucoup (trop !) de poussière. Pourtant, les arrivées d'Eva Green en femme fatale du titre et Joseph Gordon-Levitt en joueur de poker illégitime redéfinissaient pleinement l'univers de la Cité du Péché. Mais, cette fois, les incohérences et la multiplicité des vignettes, les acteurs en surjeu sur fond vert ou les personnages caricaturaux au possible (Ah, ce Roark !) ne prennent plus, comme si les multiples pillages de ces années passées avaient ringardisé définitivement ce procédé, à l'instar plus que superficiel de l'emploi financier de la 3D. De la forme certes, mais sans fond.

  86. Hunger Games - La révolte : Partie I - (5) est la première déception de l'adaptation de la franchise de Suzanne Collins car jusqu'à présent, en se concentrant sur chaque volume, les 2 premiers volets (2012 - 2013) avaient réussi brillamment à intéresser tous les publics. Or, le passage politique du 3e livre devait être une apothéose. Mais, en préférant le tiroir-caisse à l'honnêteté, les décideurs de Lions Gate nous offrent un HG mou du genou, dont toutes les péripéties sont décalées pour le final - qui, lui, sera énorme. Ne restent alors que des scènes introductives (sur le District 13 et son quotidien), des semi-coups de théâtre (la libération de Peeta n'est pas le regard dur de Katniss), des réparties poussives (Vive les slogans de la Résistance) et un sentiment persistant d'immobilisme de remplissage. Heureusement que Jennifer Lawrence et Donald Sutherland sont là, car autrement ce gâchis serait total.

  87. Man of Tai Chi - (5) est le meilleur film de Keanu Reeves de 2014, après le plus que raté 47 Ronin (C.E.Rinsch). En effet, alors qu'il se réserve le rôle du vilain, il suit l'avilissement de Tiger Hu Chen, humble élève d'un maître de Tai Chi, que Reeves pousse à combattre en pervertissant son art. Si le propos - et le jeu des acteurs - tient sur un feuillet carambar, l'investissement de Reeves et de ses acteurs séduit par des combats bien ficelés et nombreux. Evidemment, si vous aspirez à du cinéma, et pas seulement de genre, vous risquez de trouver l'ensemble plus creux qu'intéressant. Pour les autres, à choisir, préférez cette version à la 3D surgonfl(ant ?)ée de 47R.

  88. Une heure de tranquillité - (5) voit Patrice Leconte adapter la pièce éponyme de Florian Zeller en remplaçant Fabrice Luchini par Christian Clavier, redevenu bankable après le succès mérité de Qu'est-ce... (P.De Chauveron - 2014). Sur une trame vaudevillesque classique (le héros voit son désir égoïste d'écouter un album de jazz ruiner par une épouse en pleine dépression, un fils militant tête à claques, un ami parasite désargenté, un voisin envahissant, une maîtresse en pleine crise d'honnêteté et des travaux de plomberie pas réellement polonais), Leconte ne remplit pas - malgré l'abattage de Clavier et la folie de Valérie Bonneton - toutes les attentes de ce pitch potentiellement ludique, la faute incombant en partie à l'écriture poussive de la famille du héros - Carole Bouquet, n'ayant par exemple pas grand chose à défendre. Dès lors, les effets sont sursoulignés et tombent régulièrement à plat, comme si Leconte n'arrivait pas à sortir du carcan théâtral. Au final, malgré quelques sourires, cette comédie rate l'essentiel : divertir pleinement.

  89. Si je reste - (5) ne se suit que par l'implication de Chloë Grace Moretz. Cette dernière incarne Mia, une adolescente de 17 ans qui se retrouve fantôme à l'hôpital après un accident de voiture, devant décider de sa survit ou non - c'est-à-dire avec son petit copain ou avec ses parents et son petit frère décédés. Ce n'est pas que cette vision aérienne ne propose pas quelques bons moments (la prise de conscience de Mia qu'elle est comateuse, les encouragements à son petit frère), mais au final, ce mélo (presque) mystique et foncièrement adolescent ne bouleversera pas l'histoire cinématographique.

  90. A Most Violent Year - (5) n'est pas une relecture 80's du Parrain (F.F.Coppola - 1972), ni de n'importe quel film maffieux. Au contraire, J.C.Chandor (Margin Call - 2013, All is lost. - 2014) suit les pas d'un entrepreneur immigré - Oscar Isaac - décidé à défendre les intérêts de son entreprise pétrolière malgré une concurrence plus ou moins (!!) honnête, un procureur en campagne, une épouse - Jessica Chastain parfaite - Ma'Dalton et une époque suintante de violences (à l'image de la poursuite pédestre des braqueurs d'un de ses camions par le héros). Mais ce western, qui ne dit pas son nom, ne parvient pas totalement à convaincre, notamment en raison de la volonté de Chandor de garder ses personnages à la frontière du thriller et du spectaculaire, désamorçant systématiquement toutes tensions et nervosités. Au final, cette volonté d'intériorité antispectaculaire contrebalance exagérément l'implication émotive des acteurs convaincus et laisse un sentiment permanent d'ennui.

  91. Fruitvale Station - (5) suit la dernière journée d'Oscar Grant abattu le 1er Janvier 2009 lors d'un banal contrôle de police qui dégénéra tragiquement. En décidant de l'idéaliser (sous la forme d'un dealer repenti et aimé de ses proches, prêt à tout pour retrouver le droit chemin), Ryan Coogler fait le choix de la dramatisation et de l'injuste gâchis que fut ce meurtre - amplifié par la justification du policier et de sa faible condamnation. Hélas, à trop vouloir provoquer l'empathie du spectateur (le policier raciste passe les menottes à Grant après lui avoir tiré dessus!), Coogler déséquilibre son film en accentuant sa charge, obligeant le public à l'indignation. Compte tenu du sujet, cette manipulation n'était pas nécessaire pour la provoquer.

  92. La Belle et la Bête - (5) est un joli conte enfantin où la forme graphique séduira les plus jeunes. Si l'histoire est connue grâce à Cocteau ou aux Studios Disney, Gans ne la transcende jamais, comme s'il ne s'adressait qu'aux enfants (les teckels / mogwais étant clairement destinés à devenir des peluches). Et ce n'est ni la famille de Belle (particulièrement caricaturale), ni le gang de Perducas qui ne viendront donner de la profondeur à ce scénario. Reste le duo principal (Léa Seydoux magnifique et Vincent Cassel numériquement bestial) qui équilibre ce conte, tout en faux rythme et linéarité médiocre. Pas tout à fait une déception, mais assurément loin des attentes.

  93. Clochette et la fée pirate - (5) est évidemment une production vénale (Rappelons que la série des Clochette sort directement en vidéo aux États Unis, justifiant le temps réduit de gestation entre 2 films et la pauvreté - relative - de l'animation) des studios Disney. Pourtant, à chaque fois, il y a un petit quelque chose qui la rend sympathique. Ici, ce n'est pas l'histoire destinée aux petites filles (Clochette et 5 de ses amies doivent récupérer la poussière de fée dérobée par une fée renégate) et à la vente de produits dérivés, ni l'échange temporaire des pouvoirs féérique, mais la présence du jeune James Crochet et de la naissance de son antagonisme crocodilesque. Au final, ce nouveau volet, après le Secret des fées - P.Holmes - 2012, se laisse une fois de plus voir sans déplaisir.

  94. Zéro Theorem - (5) rappelle lors de rares fulgurances que Terry Gilliam est un grand réalisateur (le ballet cosmique entre Christoph Waltz et Mélanie Thierry, par exemple). Mais ce script (un informaticien vit en reclus dans une église abandonnée afin de démontrer un mystérieux théorème à la demande d'une autorité toute puissante) vieux de 12 ans n'a pas la modernité de Brazil (1985) - Les publicités ciblées ont été crédibilisées par Spielberg en 2002 (Minority Report) - ni les moyens financiers de son Imaginarium. Dès lors, Gilliam tente de compenser son manque d'inspiration en mixant le sentiment amoureux à la science jusqu'au-boutiste, la solitude à la dépersonnalisation des nouveaux réseaux, Orwell à Douglas Adams, sans réussir ni à décevoir complètement ni à enthousiasmer vraiment. Au final, le choix du titre est prémonitoire puisque le zéro est le seul chiffre à la fois positif et négatif. Comme ce film, donc.

  95. Khumba - (5) propose aux plus jeunes une leçon contre le racisme en se focalisant sur les aventures d'un zèbre à demi-rayé, moqué / isolé par sa communauté qui le rend responsable de la sécheresse persistante. Epaulé par une autruche et une vieille maroufle, il part chercher un moyen de les sauver. Sur une trame particulièrement pompée au Roi Lion (R.Minkoff & R.Allers - 1994) avec un soupçon du Livre de la jungle (W.Reitherman - 1967), Anthony Silverston parvient à faire oublier son 1er scénario (Drôles d'oiseaux - W.Thornley - 2013), tant l'animation, cette fois-ci, est contemporaine et les personnages / péripéties plus qu'esquissés. Il ne lui reste plus qu'à placer des gags adultes et à voler de ses propres ailes afin de nous proposer un divertissement qui satisfaire toute la famille et pas uniquement les plus jeunes.

  96. The Ryan Initiative - (5) ne relancera pas la franchise de Tom Clancy malgré un quatuor d'acteurs (Knightley - Branagh - Costner - Pine) impliqué, la faute incombant à un manque flagrant de surprise. Ce n'est pas que l'idée de voir les premiers pas de Jack au sein de la C.I.A. n'était pas bonne, mais fallait-il autant de clichés (bons américains / méchants russes, scènes d'action clipesques d'un autre millénaire...) ? Et surtout, pourquoi n'y a-t-il aucun twist pour renouveler l'attention ? Même le reboot improbable de Jason Bourne (T.Gilroy - 2012) captive davantage. Pourtant, tout n'est pas à jeter (à l'image du dîner moscovite ou du charisme de Chris Pine). Dès lors, on ne peut qu'espérer une suite supérieure !

  97. The Amazing Spider-man : le destin d'un héros - (5) balance entre le ridicule - la première heure et les tourments pathétiques du héros, l'arrivée de Harry Osborn tellement inférieure à l'originale (S.Raimi - 2002), la démultiplication des vilains ... - et le très bon - l'excellente 3D, le charisme de Jamie "Electro" Foxx, le final enfin pas hollywoodien... . Dès lors, le spectateur balance entre la déception de ce qu'aurait dû être cette nouvelle trilogie (pas une version mainstream pour ado boutonneux, mais une relecture Arkham à la Alan Moore) et le fun flashy décérébré. L'impression pécuniaire demeure persistante mais le final laisse augurer un peu plus d'artistique que de mercantilisme. Espérons que le 3e volet annoncé pour 2016 sera ENFIN à la hauteur.

  98. All about Albert - (5) n'est pas le testament attendu de James Gandolfini, décédé peu après la fin du tournage, mais une aimable romance cinquantenaire. Il y incarne un divorcé qui s'éprend de Julia Louis-Dreyfus, une masseuse dont une cliente poétesse, Catherine Keener, n'est autre que son ex dénigreuse. Entre non-dits et petits mensonges protecteurs, acteurs crédibles mais pas transcendés, scènes réalistes mais pas empathiques, leur histoire douce-amère s'apprécie sans problème, mais ne bouleverse jamais le spectateur.

  99. Comment tuer son boss 2 - (5) tente de retrouver le plaisir du volet initial (S.Gordon - 2011) grâce à la présence de 5 des acteurs principaux (On ne ressuscite pas les morts !). Cette fois, le trio Bateman - Day - Sudeikis aspire à devenir leur propre patron en créant une entreprise, mais le duo financier qui doit les y aider - Chris Pine qui s'amuse et Christoph Waltz qui s'ennuie ferme - les escroque les obligeant à faire appel à leurs anciens patrons (Aniston et Spacey, toujours les plus réussis). Dès lors, entre retrouvailles - Jamie Foxx toujours aussi bras cassé de la pègre - et plans pourris, références amusées et fausses transgressions, ce 2nd chapitre manque de réelles surprises pour pleinement convaincre. Pas réellement raté ni complètement réussi, ce divertissement anodin s'oublie tranquillement entre 2 fêtes.

  100. M.Peabody et Sherman : les voyages dans le temps - (5) ne restera pas dans les annales comme un grand cru Dreamworks. En effet, malgré quelques belles idées comme les relectures de la Révolution française ou de la Joconde, le scénario - qui suit les aventures temporelles d'un génial chien, de son fils adoptif et d'une désagréable-puis-adorable-petite-amie - recycle allègrement les productions antérieures (l'insupportable Penny, l'affreuse Miss Grunion, la quête d'identité du duo principal...) dans une mièvrerie familiale bien pensante à l'image de la conclusion adoptive. Heureusement, la qualité de l'animation ou les multi-univers qui constituent des courts métrages indépendants soutiennent l'intérêt pendant les 90 minutes, mais sans plus.

  101. Closed Circuit - (5) ne révolutionne pas les thrillers judiciaires, malgré quelques belles idées. Eric Bana interprète un avocat chargé de la défense du responsable présumé d'un attentat meurtrier au cœur de Londres. Secondé par un ex, Rebecca Hall, en charge de la partie secret défense, il comprend rapidement les véritables enjeux de ce procès et la volonté gouvernementale de dissimuler l'essentiel. Bien sûr, John Crowley maintient régulièrement l'attention par quelques accélérations typiques du genre (tentatives d'assassinat, courses-poursuites...) et autres révélations complotistes (superbe repas avec Jim Broadbent). Bien sûr, le duo principal est tout mignon. Bien sûr, l'histoire est d'actualité. Bien sûr. Pourtant, CC ne transcende jamais le genre et s'oublie rapidement après la sortie du cinéma. Au film un film honnête sans plus.

  102. Les voies du destin - (5) est une histoire vraie improbable - on le découvre dans le générique final - qui vit un ancien prisonnier de guerre devenir ami avec l'un des tortionnaires 20 ans après la fin de la guerre. Ici, Jonathan Teplitzky se concentre sur cette dernière et la reconstruction du héros sous-lieutenant contraint de bâtir la ligne de chemin de fer, rendue célèbre par David Lean et son Pont de la rivière Kwaï (1957), souffrant d'un syndrome post-traumatique. Si l'alternance des époques - plus que flashbacks - est par trop académique, la performance des acteurs, particulièrement la cruauté des geôliers nippons, et le contraste humaniste du discours (Colin Firth / Hiroyuki Sanada) parviennent à capter l'attention. Il est simplement dommageable que ces voies manquent d'une vision de mise en scène qui aurait pu transcender ce sympathique téléfilm historique en poignant cri anti-barbarie.
    “Sometimes the Hating has to stop.”

  103. [.Rec]4 - (5) est visiblement le dernier chapitre de la franchise horrifique espagnole et le premier volet que je vois. Dès lors, ce huis-clos maritime, loin des extravagances (trop souvent) pathétiques des derniers Resident Evil (2010 - 2012), se savoure globalement, même si je ne possède aucune clé référencée de ce que je vois (la transmission/justification du "virus" zombificateur, l'empathie pour les survivants décimés sans que cela ne me provoque quoi que ce soit). Bien sûr, ce [.Rec] ne fait pas peur. Bien sûr, le nom found-footage n'a pas lieu d'être ici. Bien sûr, le final laisse la place à une éventuelle suite. Bien sûr, tout est plutôt anodin et les fans sont globalement déçus. Mais, pour un divertissement légèrement frissonnant, ce nième revival zombie peut se regarder.

  104. Une promesse - (5) est une adaptation costumée d'une nouvelle de Stefan Zweig qui plonge un trio - Alan Rickman riche mari malade, Rebecca Hall épouse beaucoup trop jeune et Richard "Robb Stark" Madden employé amant potentiel - dans la jalousie de la suspicion amoureuse. En accentuant le classicisme de la situation par un formalisme maniéré - Ah, ces gros plans de nuque ! Ah, ces effleurements involontaires (?) ! Ah, ces non-dits littéraires ! Ah, ces fantasmes d'absence !, Patrice Leconte s'amuse, à défaut de passionner son auditoire, à cet exercice de style romantique, voire romanesque. Certes, il a fait beaucoup mieux (La fille sur le pont - 1999, par exemple), mais cette expérience anglaise semble lui avoir redonné une envie de cinéma. Alors simplement pour cela, vous pouvez aller voir cette Promesse.

  105. Divergente - (5) n'est pas Hunger Games (F.Lawrence - 2013) en dehors de la cible et de la forme littéraire /cinématographique. Pourtant, cette division sociétale possède un réel potentiel. Ce 1er volet suit l'entraînement de Béa"Tris" chez les Audacieux chargés de l'ordre. Dans un univers Mad-Maxien aux antipodes des HG, Shailene Woodley (vue dans The Descendants - A.Payne - 2012 - ou The Spectacular Now - J.Ponsoldt - 2014) essaie - et réussit régulièrement - à se faire un nom dans un monde où Kate Winslet aspire à éliminer le gêne humain de l'humanité. Bien sûr, il ne faut pas attendre une complexité des événements - franchement linéaires - ou de la psychologie des personnages (le gentil Theo "quatre" James vs le méchant Jail "Eric" Courtney...) mais les bases peuvent laisser augurer d'une franchise pas complètement nulle (Qui a dit Twilight - 2009 - 2010 - 2011 - 2012 ?).

  106. Five Thirteen - (4) est un polar choral qui se concentre sur la volonté de deux frères - Malik Barnhardt et Avelawance Phillips - de se sortir de leur passé, le premier en participant à un braquage mené par un fou - Tom Sizemore perdu depuis sa vidéo porno - et le second devant effectué une ultime mission d'infiltration dans la maffia locale. Hélas, multiplier les micros scènes (braquage, livraison pourrie perdue/retrouvée, multi-trahisons dominos...) et les personnages typés/typiques (Danni Trejo, Gary Dourdan) ne constitue pas un film, même si réalisé par un français en rêve d'Hollywood.

  107. 3 Days to kill - (4) est une production Besson décérébrée typique qui alterne castagne et comédie avec métronomie et banalité. Cette fois, il invite Kevin Costner, sur le retour, à Paris afin d'arrêter un terroriste nucléaire contre un traitement médical de la dernière chance afin de lui permettre de profiter de son adolescente de fille (Hailee Steinfeld cycliquement insupportable). Entre sonneries téléphoniques impromptues et images touristiques d'Epinal, des méchants pas si terribles que cela (Marc Andreoni, en tête) et des interrogatoires éducatifs, une mystérieuse femme fatale (Amber Head particulièrement peu gâtée) et une ex toujours amoureuse (Connie Nielsen cachetonnante), McG assure à peine le minimum syndical. Heureusement que je n'attendais rien de ces 3 Jours car ainsi, je n'ai été ni surpris, ni déçu. Pour tous les autres spectateurs ambitieux, par contre...

  108. Un été à Osage County - (4) souffre de ses excès tant les retrouvailles familiales accumulent les clichés et les situations abracadabrantes (fin d'un couple, amours approchés qui deviennent incestueux, mère haineuse car droguée, le beau frère dragueur d'adolescente...). Les interprétations outrancières (à Oscar) de Meryl Streep et Julia Roberts écrasent toute velléité de subtilité de leurs compagnons (notamment le trio Julianne Nicholson / Chris Cooper / Benedict Cumberbatch). Pourtant, quelques scènes (le dîner des sœurs Weston, par exemple) maintiennent l'intérêt, nous convaincant - à tort - d'aller au bout de ce règlement de compte estival.

  109. Mary, Queen of Scots - (4) tient davantage du téléfilm historique que du souffle épique cinématographique tant la vie de Marie Stuart - reine et future décapitée - a connu d'adaptations filmées/écrites/dramatiques. Cette fois, la rivalité épistolaire avant d'être létale avec Elizabeth suit Camille Rutherford de son adolescence française à son abdication forcée après l'empoisonnement de son mari légitime pour convoler avec son amant. Hélas, souffrant d'un budget - visiblement - limité, Thomas Imbach privilégie la psychologie des personnages (et des situations) en offrant un montage qui prend (trop !) son temps, une austérité outrancièrement maniérée et une leçon trop souvent guindée pour qu'une quelconque empathie ne se dégage pour cette figure étonnante.

  110. Yves Saint Laurent - (4) suit, sur une vingtaine d'années, le destin du célèbre couturier et de son amant et codirigeant de la maison de Haute-couture éponyme, Pierre Berger, sans cacher la face sombre de son génie (son avilissement ou son injuste comportement envers ses proches - comme Charlotte Le Bon). Hélas, très vite, on se désintéresse du sujet tant on est fasciné par l'exceptionnelle performance de Pierre Niney dont le mimétisme avec son personnage est fusionnel : il ne joue pas YSL, il est YSL, par son phrasé et sa gestuelle si particuliers. Dès lors, malgré les efforts de ses coreligionnaires (Guillaume Gallienne, en tête), on attend patiemment la fin du spectacle, en oubliant que c'est un film avec une unité de thème. Fâcheux, non ?

  111. Blackout Total - (4) n'est pas la version féminine de Very Bad Trip (T.Phillips - 2009) vendue par une presse (pas toujours) spécialisée mais une sympathique comédie calimérienne qui voit Elizabeth Banks accumuler les ennuis les plus invraisemblables à la suite d'une nuit érotique et arrosée. Au petit matin, court-vêtue, sans véhicule confisqué par la fourrière, elle se voir harceler par la police qui la prend pour une prostituée, par les péripatéticiennes qui la croient concurrente, par des trafiquants qui l'espèrent cliente, par ses futurs employeurs qui l'imaginent présente, par un écolier qui négocie son vélo et par les scénaristes qui l'envisagent consentante. Reste Banks qui croit en cette princesse perdue dans la réalité dont l'abattage sauve de nombreuses scènes consternantes. Bien sûr le multiple happy end (oui, elle va avoir le job et le prince - Marsden en mode potiche - et changer pour plus de sincérité et moins de superficialité) est par trop excessif - à l'instar des "gentils" gangsters qui l'ont aiguillée dans la rue, mais pour un instant léger et rapidement oublié, ce Blackout peut ne pas être négligé.

  112. L'incroyable histoire de Winter le dauphin 2 - (4) reprend les aventures du dauphin infirme recueilli par l'hôpital Clearwater en lui inventant de nouvelles mésaventures. Cette fois, c'est une nouvelle réglementation qui force Nathan Gamble et Cozi Zuehlsdorff à se démener pour trouver un nouveau compagnon à Winter sous risque de le voir partir dans un autre aquarium. Bien sûr, ce programme est Disney Family Friendly et tous les personnages sont - exagérément - positifs. Bien sûr, Winter et le duo adolescent sont craquants et les moins de 6 ans y trouveront leur plaisir/enseignement moral. Mais un peu de dramatisation n'aurait pas nuit à cette Incroyable histoire. Bien au contraire.

  113. Puzzle - (4) entremêle 3 histoires romantiques entre New York (Mila Kunis / James Franco), Paris (Olivia Wilde / Liam Neeson) et Rome (Moran Atias / Adrien Brody) entre séparations, divorces difficiles et séductions primitives, comme les chapitres d'une même histoire. C'est d'ailleurs le principal défaut de l'œuvre de Haggis qui choisit l'optique du film à tiroirs et le dit à tous, nous privant de légèreté (...! Avec le fils du couple divorcé ou le passage clandestin de la fille de Monika) et du plaisir d'un tel éventail. La mécanique de précision - plutôt efficace - prend alors le pas sur l'émotion, l'implication réelle des acteurs et l'intérêt empathique du spectateur. Dommage.

  114. Nebraska - (3,5) n'est pas un mauvais film, mais un film ennuyeux qui suit la traversée des États Unis par un père limite Alzheimerien (Bruce Dern impliqué) persuadé d'avoir gagné le gros lot d'une loterie publicitaire et un fils sacrificiel (Will Forte), où toute rencontre est un pensum ou une raison supplémentaire d'être misanthrope. Ainsi, leur arrivée à Hawthorne, village d'enfance du père, provoque en chaque habitant - y compris les membres de leur famille - le pire, chacun n'aspirant par le mensonge, la menace ou le vol qu'à récupérer une part du magot fantôme. Au final, près de 2 heures qui en paraissent largement le double récompensées à Cannes plus par hasard que pour sa réussite. À voir au cas où...

  115. Grizzly - (3,5) ne transcende pas le genre animalier disneyen, en nous proposant l'aventure anthropomorphique d'une famille de grizzlys - Maman et ses 2 enfants facétieux - en Alaska. Si les images sont magnifiques et le trio principal attachant, ce documentaire n'apporte jamais rien de plus, démultipliant exagérément les faux suspens (Le vieux grizzly affamé va-t-il parvenir à manger l'un des 2 oursons ? Maman ourse va-t-elle arriver à temps dans son restaurant de saumons attitré ? Le public ciblé a-t-il plus de 5 ans ?) pour maintenir l'attention des parents (Dormir dans une salle de cinéma ne se fait pas !). Au final, ce Grizzly a tout du programme télévisé dominical devant la cheminée. Mais pour 9,5 € (à multiplier par le nombre d'accompagnants !), cela fait un peu cher.

  116. The November Man - (3) souffre de la comparaison évidente avec la carrière bondienne passée de Pierce Brosnan, tant par sa forme - plus tout à fait olympique - que par les péripéties datées et linéaires que Roger Donaldson lui fait subir. Il incarne cette fois un agent retraité de la CIA, père célibataire d'une jeune adolescente, contraint, par amitié, d'exfiltrer la mère de sa fille, poursuivie par le futur - et très très très méchant ! - président russe. Après un début plutôt réussi, l'intervention d'un fils spirituel fâché, la trahison tellement novatrice d'un vieil ami et le twist moisi de la demoiselle à protéger nous achèvent, confirmant que ce NM n'a pour lui que d'être une encyclopédie des clichés du genre. Si Pierce ne cherchait pas à sauver ce film du naufrage, TNM ne serait qu'un médiocre téléfilm du samedi soir. Mais Pierce se démène et parvient sporadiquement à nous tenir éveillé. Mais seulement sporadiquement.

  117. Balade entre les tombes - (3) suit le retraité de la police Matt Scudder - Liam Neeson, Charles Bronson des années 2000 - enquêter sur des meurtres barbares frappant les proches de trafiquants de drogue. Sur cette trame glauque et mince, Scott Frank, scénariste de L'interprète (S.Pollack - 2005), Marley & moi (D.Frankel - 2009) ou Wolverine : le combat de l'Immortel (J.Mangold - 2013), parvient à rater largement son premier film, tant il démultiplie les clichés de service. Entre un duo de tarés décalque du pauvre du pervers de Seven (D.Fincher - 1995), un gamin des rues exagérément débrouillard, un héros monolithique et brisé par son passé ou un premier degré particulièrement Steven Seagal, cette Balade dépasse de peu un épisode d'Esprit criminel (2005 - 201?). Mais de peu.

  118. Planes 2 - (3) ne s'adresse plus qu'aux enfants et change réellement de registre en reconvertissant Dusty en pompier des airs suite à la défection de sa boîte de vitesse (Si !). Si la production a été lancée en parallèle au 1er volet (K.Hall - 2013) afin d'en réduire les coûts, l'argent a été entièrement utilisé pour rendre l'univers et l'animation plaisants à regarder - et accessoirement vendre quelques peluches - délaissant la complexité scénaristique au profit d'une linéarité bon enfant et facilement empathique. Si les plus jeunes spectateurs seront comblés par cette attention, leurs parents risquent de trouver le ticket cher, soutendu par une version 3D quasi-nationale. Merci Oncle Picsou. Ou pas.

  119. The Riot Club - (3) suit des étudiants de l'élite Oxfordienne au sein d'un club décadent - et assumé par certains - où la valeur/fortune pécuniaire remplace l'humanité. Un repas arrosé va faire basculer les consciences d'intouchables qui choisiront leur caste ou leur morale. Las. Entre des personnages odieusement caricaturaux et prévisibles (le gentil humaniste amoureux, le détestable manipulateur, la victime ouvrière...) et une linéarité particulièrement voyante, un rythme brouillon et une scène étirée ad nauseam, ce téléfilm nous propose une affligeante vision moralisante : être riche ne nous empêche pas d'être humain.

  120. Cold in July - (2,5) se rate en prenant après 30 mn, une route qui n'a plus aucun rapport avec l'excellent début anxiogène qui suit un paisible père de famille - Michael C.Hall - devenir un héros involontaire de la NRA, après l'élimination accidentelle d'un cambrioleur, persécuté par le père de la victime - Sam Shepard, principale raison de voir tout le film. Hélas, avec l'arrivée de Don Johnson, perdu depuis trop longtemps, et la bifurcation vers un réseau de snuff movies pornographiques, on passe du thriller réussi à un Vigilente crade et inutile, à peine sauvé par la confrontation père-fils tragique. Au final, le sentiment d'escroquerie prend le pas sur la première demi-heure palpitante qui aurait dû être exploitée jusqu'au bout. Dommage.

  121. The Canyons - (2,5) n'est pas la résurrection annoncée de la pauvre petite fille Disney perdue en vol, Lindsey Lohan fatiguée et éreintante, mais un pensum arty prévisible et parfois coquin qui offre à l'acteur porno James Deen une reconversion parfaitement crédible. Celui-ci incarne Christian, un producteur cinématographique passablement jaloux, qui offre sa petite amie, LL, à des inconnus mais ne supporte pas son attachement à un acteur raté. Entre scènes faussement déviantes et sexy (mais oui, le duo principal tourne nu), Paul Schrader fait son possible pour donner une épaisseur au scénario de Bret Easton Ellis qui n'envisage que décadence et manipulation clichetons. Dès lors, ce thriller fait davantage téléfilm du samedi soir que polar pour salles obscures.

  122. Tu veux ou tu veux pas - (2,5) déçoit par son absence de scénario qui ne dépasse pas son pitch prometteur - la confrontation d'un Sex-Addict abstinent avec son assistante hypersexuée. Pourtant, le choix du duo Marceau - Bruel augurait de meilleur pour une comédie romantique enlevée, permettant à Tonie Marshall de revenir sur le devant de la scène après son tour de passe-passe (2008). Hélas, si l'alchimie du duo principal est certaine, ils n'ont pas grand chose à défendre en dehors de regards appuyés, de chemisiers plus ou moins ouverts et d'invraisemblables consultations pour couples au bord de la crise de nerf. C'est maigre pour une romance cinquantenaire, d'autant que certains passages consternent assurément (Sylvie Vartan en mère nymphomane, l'enivrance de Sophie Marceau qui la pousse à voir Patrick Braoudé en écureuil...). Tristesse Club...

  123. Le juge - (2,5) confronte Robert Downey Jr, avocat New Yorkais, à son père, Robert Duvall, juge pré-Alzheimerien d'un petit patelin. Alors que la famille se retrouve au décès de la mère, les tensions passées entre la brebis galeuse et le patriarche éclatent jusqu'à l'arrestation de ce dernier soupçonné de meurtre. Devenu son avocat, le fiston fera tout son possible pour laver son père de toute accusation, malgré les réticences de celui-ci (Oh, je préfère finir sur la chaise électrique plutôt que m'abaisser à demander l'aide de mon fils méprisé !), un avocat en second pathétique (Oh, il vomit !), un procès cousu de fil blanc (Oh, mais comment s'appelle-t-il ?), des péripéties inattendues (Oh, la voiture du juge est passée par ici ! Oh, elle repassera par là !) et une morale morale (Oh, mais je ne vous le dirais pas !). Ce n'est pas que ce Juge ennuie, mais ce film de procès est mou du genou. De là, à le condamner entièrement, il y a un pas que l'on peut assurément franchir.

  124. Nos pires voisins - (2,5) échoue à convaincre car le film ne choisit jamais entre jusqu'au-boutisme vachard - le final étant sans doute le plus raté depuis longtemps - et comédie familiale consensuelle - Des godes, vous êtes sûrs ? Pourtant, dans ce combat de voisinage entre fratrie étudiante (Zac Efron et Dave Franco particulièrement mimétiques, notamment lors de leur journée De Niro) et jeunes parents (Seth Rogen et Rose Byrne lâches et manipulateurs à souhait), tout était réuni pour devenir le nouveau Very Bad Trip (T.Phillips - 2009) / Projet X (N.Nourizadeh - 2012) estival. Et il faut bien le reconnaître, on rit très souvent (entre l'utilisation des airbags et la vente des godes - Si, si ! - en passant par la zizanie provoquée par Rose Byrne). Hélas. Comme si le duo de scénaristes se censurait régulièrement, dès que la confrontation peut être classée R, le soufflé retombe systématiquement (Où est l'Armageddon annoncé par Efron ?) désamorçant les bonnes scènes du film, jusqu'à ce pathétique final moralisateur. Une escroquerie en somme.

  125. Sabotage - (2,5) a hélas 15 ans de retard. En effet, si Schwarzie n'avait pas 66 ans, son personnage de chef commando DEA ne serait pas ridicule à défaut d'être crédible. Comment ne pas pouffer devant cet ne revival d'Action Joe - N'oublions pas que Les Expendables 1 & 2 jouent sur le 2nd degré badass, leur permettant d'être TOUJOURS sympathiques ! - où Arnold "J'ai une coupe au bol" S. doit faire face à l'élimination progressive de son équipe à la Léon (L.Besson - 1994) après le vol de 10 000 000 $ à un Cartel mexicain. Entre des dialogues Gilles-de-la-Tourette et des looks totalement freelance, un suspens (Plus tu es connu, plus tu es présent dans le film) et une direction Found Footage de luxe, on s'interroge encore sur la nécessité de sortir ce film au cinéma alors qu'il a tout du DtV.

  126. Un amour d'hiver - (2,5) est un gloubiboulga parfaitement impossible qui brasse romance (sans doute la partie la plus réussie entre Colin Farrell et Jessica Brown Findlay), science-fiction (le pire étant dépassé par Will "Lucifer" Smith - sic et re-sic !), vengeance (qu'est-ce qui a bien pu convaincre Russell Crowe à part un chèque notable ?) et rédemption (Mais oui, le cinéma américain ne peut tuer ni enfant, ni animaux). Ce n'est pas que le film soit raté - à l'exception du look Orange Mécanique des démons - mais comme Akiva Goldsman ne choisit jamais entre ces thèmes, le film est simplement bancal et perd rapidement le spectateur qui se moque de la survivance et de la mission de Farrell - pourtant réellement impliqué. Pas du gâchis, mais pas loin.

  127. Mr Turner - (2) voit Mike Leigh en semi-retraite s'attarder sur les dernières années du peintre anglais Joseph Mallord William Turner. Incarné par Timothy Spall récompensé à Cannes (???!), celui-ci apparaît particulièrement misanthrope, alternant borborygmes méprisants et saillies moqueuses (avec un critique), sanguin et charnel (avec son ultime logeuse), visionnaire pictural et artiste majeur. Pourtant, par sa mise en scène limite naturaliste et la superposition excessive de saynètes languissantes, Leigh ennuie pendant 150 mn, réussissant l'exploit de rendre lourdement académique quelqu'un qui ne l'était pas. Pas à fuir, mais quand même...

  128. Mise à l'épreuve - (2) est un Buddy Movie 80's copier-coller des œuvres d'Eddie Murphy mâtiné de "modernisme" féministe (non, je déconne !) qui n'est ni totalement mauvais (grâce à l'abattage rafale de Kevin Hart et la morne boudeuse d'Ice "Héritier" Cube) ni follement moisi (entre flics ripoux et méchant mystérieux). Sur un scénario parfaitement linéaire - donc sans bonne surprises - mais globalement normé - donc sans mauvaises surprises (un frère protecteur et policier accepte de partager une patrouille avec son potentiel beau-frère afin de le décourager de fréquenter sa jeune sœur et le pousser à envisager une nouvelle carrière), ce polar pseudo-comique divertit, même si une impression de voyage dans le temps persiste longtemps.

  129. Noé - (2) est une escroquerie qui n'a d'intérêt que par l'interprétation dense et en gros plans de Russell Crowe. Il faut dire que Darren Aronofsky choisit d'inclure ses obsessions dans la relecture mythologique de la célèbre Arche, ajoutant une touche d'Heroic Fantasy - les anges déchus sont des Ents de Pierre - à son histoire. Il ne parvient que rarement à donner de l'épaisseur ou légitimité aux autres personnages (à l'exception d'Anthony "Mathusalem" Hopkins), notamment le vilain Tubal-Caïn (Ray Winstone en mode péplum 50's) et les femmes du film - Jennifer Connely mutique par obligation et Emma Watson en Seule Pleureuse, ratant même son déluge biblique. Dès lors, on aspire à la terre ferme annonciatrice de fin du film et du supplice du spectateur.

  130. Nymphomaniac - Volume 1 - Volume 2 - (2) présente en 8 chapitres la vie érotique de Joe (incarnée par la toujours dérangeante Charlotte Gainsbourg et la jeune Stacy Martin) recueillie, après une agression, par un vieil homme (Stellan Skarsgard au bord de la rupture). Au cours d'une nuit (pas si) réparatrice, celle-ci lui racontera ce qui l'a menée à cette soirée (de sa longue histoire avec Jérôme - Shia LaBeouf étrangement convaincant - à ses multiples expériences - K, les frères africains...). Si certaines scènes séduisent ponctuellement (la drolatique discussion africaine ou le final réussi), l'ensemble démultiplie - sur 4 heures !!! - froideur (F, K, H, S...) et désincarnation sexuelle (je défie quiconque de trouver chez Lars Von Trier une envie de séduction dans ce diptyque) où le glauque supplante à jamais le plaisir et la joie. Recyclant certaines scènes (l'enfant de Joe quittant son berceau lors d'une soirée masochiste, par exemple), Von Trier rate (forcément !) volontairement ses cibles se ridiculisant particulièrement dans sa fausse subversivité. Qui sait si sa version longue de 5 h 30 annoncée en préambule bousculera la donne ? Pour l'instant, j'en doute.

  131. The Giver - (2) n'est pas la meilleure adaptation pour ados boutonneux décérébrés vaches-à-lait (Rayez la mention - pas forcément - inutile) de l'année. Cette fois, c'est la tétralogie de Loïs Lowry qui a l'honneur des salles obscures. Dans un monde post-apocalyptique aseptisé, les émotions humaines ont été éradiquées dans la population à l'exception du Giver qui doit se souvenir du passé pour l'ensemble de la société. Le jeune Jonas - Brenton Thwaites qui fait ce qu'il peut, c'est-à-dire pas beaucoup - devient l'apprenti du sage Passeur - Jeff Bridges en mode expressif type Steven Seagal. Suivent 97 mn de (presque) ennui dont l'évolution du héros - Oh, je vois des couleurs (ce qui est mieux que des morts, il est vrai) ! Oh je fais de la luge sans neige ! Oh, je m'enfuis avec un bébé sans le nourrir ! Oh, ma petite amie ... mais qu'est-ce qu'une petite amie ? etc... - passionne. Heureusement que le 3e volet de Hunger Games (2012 - 2013) arrive...

  132. Beaucoup de bruit pour rien - (2) est un exercice de style en noir et blanc qui tente d'actualiser la pièce quadricentenaire de William Shakespeare. Pour ce faire, Joss "Buffy/Avengers" Whedon s'entoure d'anciens (Amy Acker, Alexis Denisof, Nathan Fillion, Tom Lenk...) et tourne dans une villa en 12 jours son adaptation. Ce n'est pas que le résultat soit inintéressant, c'est qu'il n'apporte rien ni à l'œuvre, ni aux participants, ni au spectateur qui comprend parfaitement l'intérêt du titre : À voir si on est en manque de Derrick (1974 - 1998), sinon... .

  133. Ninja Turtles - (2) poursuit le happening animé 80's - dont le plus flagrant avatar (M.Bay) a sévi cet été. Cette fois, Bay - comme producteur ! - s'attaque aux improbables TMNT en les voyant seconder Megan "Sois belle et tais-toi" Fox, journaliste mésestimée par ses collègues - Pauvre Whoopi Goldberg - qui enquête sur le Clan des Foot et son chef Shredder. Epaulé par une technologie qui a fait ses preuves - la Motion Capture - et qui remplace les costumes en latex, ces Tortues ninjas - qui pensent fuir le ridicule en version anglaise - souffrent seulement d'une absence de scénario - les scènes d'action clipées servant de chapitres au futur bluray - et d'une volonté de séduire la cible adolescente - Et un scat musical dans l'ascenseur, un ! Ce n'est pas honteux mais ça restreint nécessairement l'intérêt quand on a passé le drame de l'acné.

  134. The Activist - (2) suit 2 activistes indiens emprisonnés chez les rednecks qui, intrigués par les visites d'un conseiller de Nixon, d'un sénateur et d'une star hollywoodienne, les ont mis sous écoute dans leur cellule. Entre secret détenu par l'épouse défunte du héros et insurrection de Wounded Knee (Dakota du Sud), crise du Watergate et flic particulièrement antipathique (Michael Spears parfait de dégoût), cet huis-clos fauché tente d'associer maladroitement politique et divertissement, sans parvenir à nous émouvoir, tant les scènes-sketchs se succèdent à elles-mêmes sans réels liens, ne soulignant que l'aspect théâtre filmé artificiel aux dépens de son message. Seule l'absurdité du finale apporte un semblant d'intérêt de ce qui aurait pu être un pamphlet.

  135. The Baby - (2) est un Personal-footage horrifique de luxe qui suit les 9 mois de grossesse - ainsi que le mariage et la lune de miel préparatoires du "Drame" - d'Allison Miller et Zach Gilford qui ont toute la vie - enfin 9 mois ou 85 mn - pour s'aimer. Si l'absurdité de filmer tout le temps et partout (surtout quand on explore une maison abandonnée ou qu'on tient une lampe) est toujours aussi ridicule, ce Baby a comme principal défaut d'être particulièrement peu inspiré (Tous les clichés habituels sont là) et pas du tout flippant (On sursaute par politesse aux volets claquants ou aux aboiements de chien). Dès lors, malgré un duo plutôt crédible, des effets spéciaux (pour une fois !) pas cheap et un montage assez fluide, ce bébé est parfaitement inutile bien que supérieur aux autres found-foutage-de-gueule.

  136. Monuments Men - (2) est la déception de ce début d'année car après une promotion rouleau compresseur, on était en droit d'attendre un thriller historique mâtiné d'envolées parodiques (car les soldats montrés avaient largement passés l'âge de la conscription). Las ! Rien ne vient sauver le spectateur d'un ennui lancinant tant les parties potentiellement jubilatoires sont expédiées en 2 plans cuts (le recrutement, l'entraînement...). Les rares scènes mémorables (celles de Bob Balaban et Bill Murray, en résumé !) passent trop vite, dévoilant ce qu'aurait dû/pu être ce film si Clooney avait choisi entre son respect et son envie de s'amuser. Au final, ce film est bancal ne parvenant jamais à impliquer le spectateur.

  137. Hercule - (1,5) trahit tout autant la mythologie que la comédie involontaire printanière (R.Harlin). Cette fois, c'est le duo The Rock / Brett Ratner qui s'y colle et reconnaissons-le, leur histoire ne casse pas plus 3 pattes à un canard que le 1er de 2014. Cette fois, on se concentre sur l'unification de la Grèce grâce à Herr Cul et à ses 5 compagnons - pas 7 ou 12 car c'était déjà pris - épaulés par des combats ratés (À quand un remake de Troie - W.Peterson - 2004 ?), des effets limites (Oh, la belle flamme qui brûle la Cité !), une psychologie Arlequin mais en pire (Bou-hou ! Ma femme et ma fille ont été tuées. Bou-hou ! On veut tuer le gentil garçon) et un Dwayne Johnson en mode Obélix (Moi avoir massue. Moi frapper méchant avec massue). Ce qui sauve cette version du désastre est l'humour suicidaire d'Ian McShane et la jolie archère Ingrid Bolso Berdal. Mais peut-on faire un film avec ça? La Paramount et la MGM l'ont cru. Pas le public.

  138. RoboCop - (1,5) est un nième reboot inutile des 80's (après Total Recall : mémoires programmées - L.Wiseman - 2012 - ou The Thing - M.van Heijningen Jr - 2011) qui n'apporte rien à la vengeance du cyborg, à part une technologie plus aboutie et la présence de Michael Keaton. En effet, l'original de Verhoeven proposait, en plus de l'action, une critique politique d'une précieuse modernité. Entre les interventions pathétiques de Samuel L.Jackson et les aspirations frankensteiniennes de Gary Oldman, une mise en scène passe-partout et des dialogues consternants, Verhoeven et le spectateur peuvent être tranquilles : oui, ce reboot est raté et ne vaut pas 10 €.

  139. Opération casse-noisette - (1,5) n'est pas le hold-up attendu sur la marmaille estivale tant le script se résume à un mini-timbre et l'animation est poussive et indigne de jeux vidéos bas de gamme. Entre une histoire confondante (le vilain écureuil solitaire accusé à tort de la famine frappant un parc va collaborer avec une troupe d'élite pour les beaux yeux d'une écureuil afin de dérober les noisettes d'un magasin, lui-même couverture des activités souterraines de cambrioleurs - Oh, la mise en abîme !), des rebondissements aplatis et des pompages sans vergogne (oui, le compagnon de Surly EST Ratatouille - B.Bird - 2007), cette Opération est une soustraction complète : temps, argent, intérêt. Seule la présence animée de Psy et de son Gangnam Style permet de sourire, nostalgiquement bien sûr.

  140. Serena - (1,5) démontre que des stars sans histoire à défendre ne sont guère plus convaincantes que des acteurs des Feux de l'amour (1973 - 20??). Or, Serena est l'archétype du ratage industriel. En tentant de rendre empathique un couple détestable et arriviste, Suzanne Bier parvient à rendre Jennifer Lawrence et Bradley Cooper dignes des Razzies Awards, en démultipliant les gros plans visages en lieu et place de scénario. Il faut dire que le roman de Ron Rash - Serena jalouse la femme qui donna à son époux un fils avant leur rencontre - n'avait rien de glamour. Mais le traitement de Bier parvient à le rendre insipide, soutenu par l'aveuglement des 2 stars et/ou leurs entourages, qui ont cru que ce navet pourrait leur servir de nouveau tremplin à Oscars. À oublier.

  141. Dracula Untold - (1) n'est pas honteux si on prend l'adage d'Alexandre Dumas au pied de la lettre, mais si on aime le cinéma, là c'est plus compliqué. En effet, réinventer la mythologie vampirique n'est pas une première, à l'instar des recréations d'Anne Rice et de Joss Whedon. Mais vouloir faire du plus célèbre vampire un sacrifié de l'Histoire, il y a un pas qui nécessite un scénario et une interprétation au cordeau. Or, sans atteindre le niveau abyssal d'Abraham Lincoln, chasseur de vampires (T.Bekmambetov - 2012), ce Dracula aurait mérité de rester Untold tant les clichés ridicules s'enchainent, du sacrifice paternel aux combats pour la liberté de son peuple en passant par la damnation du héros qui a eu 3 jours - et pourquoi pas une semaine ? - pour redevenir humain. Si Luke Evans semble s'intéresser à la rédemption du Prince, il est hélas bien le seul !

  142. Duo d'escrocs - (1) donnait envie d'aimer le film - Il faut dire qu'avec un tel trio d'acteurs - Thompson, Brosnan, Spall - à la retraite, ça met en confiance. Hélas, très vite, la réalité se fait évidente : aucune lourdeur, ni rebondissement ronflant ou personnage insipide - avec un duo frenchy (Louise Bourgoin caricaturalement tête à claques et Laurent Lafitte qui a surtout joué cette année dans Tristesse club - V.Mariette) qui aurait dû lire le scénario avant de signer leur contrat - ne nous sera épargnés. Tout sonne faux, à l'exception de l'hilarant passé de Timothy Spall, dans ce casse allergique pour sauver les retraites des ex-employés de Brosnan. À part vouloir passer des vacances en France - Paris et Côte d'Azur - tous frais payés, je ne vois pas ce qui a pu motiver l'équipe à participer à un tel naufrage.

  143. The Face of Love - (1) tient sur un pitch improbable : retrouver le portrait parfait d'un amour défunt et sortir avec lui sans rien dire du passé. Soit vous adhérez et vous serez convaincu par le jeu particulièrement intense de la toujours impliquée Annette Benning, soit vous pouffez devant une telle ânerie et vous vous demanderez comment Ed Harris a pu accepter de mourir deux fois dans ce navet à 10 € et pourquoi Robin Williams joue si mal les utilités secondaires. En ce qui me concerne, je crois bien avoir choisi la 2nde option.

  144. 22 Jump Street - (1) n'est dôle qu'à deux reprises : lors du week-end des parents à l'université lorsqu'Ice Cube découvre qui est le petit ami de sa fille et lors du générique final particulièrement génial qui présente les prochaines suites de Jump Street (avec une préférence pour le retour de Jonah Hill après une alternance de Seth Rogen). En dehors de cela, ce 22 décalque le 21 (P.Lord & C.Miller - 2011) à l'Université et lors d'un Spring Break foncièrement lénifiant, en perdant le sel de l'original (si on excepte l'attaque de poulpe). Compte tenu du succès outre-Atlantique, il va falloir se creuser les méninges pour savoir où envoyer les 2 trentenaires (Hill aura 32 ans et Tatum 36...). Dans les cours du soir pour scénariste ?

  145. Need for Speed - (1) prouve que la franchise des F&F est un petit miracle de subtilité tant cette adaptation du jeu vidéo éponyme est caricaturale, de la trahison amicale qui amène le héros - Aaron Paul absolument pas charismatique - en prison à la méchanceté assumée du champion en titre - Dominic Cooper... - en passant par la blonde petite amie - Imogen Poots - et les courses clandestines cousues de cordes blanches. Seuls Michael Keaton et le trio en soutien - Rami Malek, Scott Mescudi, Ramon Rodriguez - sauvent le film de la sortie de route définitive. Clinquant comme un cabriolet mais avec le moteur d'une voiture à savon pour le prix d'une Maserati, le spectateur devrait avoir l'impression de s'être fait rouler. J'arrête là, à l'image des producteurs qui devraient s'arrêter de photocopier les mauvaises idées de leurs voisins.

  146. Match retour - (1) confronte Stallone et De Niro dans un improbable combat de boxe arthritique dont seuls les déambulateurs manquent à l'appel. Entre un fils non reconnu et une fiancée délaissée mais toujours aimée, une maladroite double humanisation, deux acteurs cabotinant en roue libre et qui multiplient les bides paresseux, ce Match a tout de la parodie involontaire de Rocky Balboa (S.Stallone - 2007). Dès lors, ne voir que la bande annonce peut être une excellente idée puisqu'elle ne dure que 2 minutes et non 105 !

  147. Transformers : l'âge de l'extinction - (1) est le Jurassic Park des années 2000 puisque le succès de ce 4e volet (2007 - 2009 - 2011) est totalement indépendant des acteurs (Mark Wahlberg est en mode cacheton de luxe "J-assure-ma-retraite-avec-la-nouvelle-trilogie" et Nicola Peltz ne sera jamais Megan Fox) ou de la cohérence des histoires passées (Si quelqu'un pouvait nous expliquer l'état d'Optimus Prime quasi-mort au début...). Si personne n'y va en espérant assister à une modernisation Shakespearienne, il y a quand même un pas vers le plan rentier - largement effectué par l'équipe Production de Dreamworks - absurde que le spectateur espère toujours ne pas voir rempli, ne serait-ce que par un minimum de scénario. Hélas, ami spectateur, en dehors d'une frénésie épileptique d'explosions et d'effets spéciaux déjà vus en mieux dans le précédent opus, l'histoire est sans queue-ni tête comme si Michael Bay, ayant annoncé son départ de la franchise, avait voulu la suicider. Si seulement... car avec plus d'1,1 milliards de recettes, le 5e volet est déjà en préproduction.

  148. Cristeros - (1) a mis 2 ans pour traverser l'Atlantique et ne doit sa sortie qu'aux présences sacrificielle d'Andy Garcia et presqu'ultime de Peter "Lawrence" O'Toole. Las ! Deux acteurs ne feront jamais un film. Cristeros suit la révolte de catholiques mexicains contre leur gouvernement décidé à interdire les pratiques religieuse par tous les moyens : massacres aveugles, tortures et pendaisons sommaires que Dean Wright nous souligne par un excès de ralentis grandiloquents et d'envolées musicales pompières. Dès lors, batailles et autres exactions / sacrifices (Oui, la Guerre civile n'est jamais sympathique) nous laissent parfaitement froid tant le manichéisme du propos ne laisse guère de choix au spectateur. Si désigner le Bien et le Mal suffisait à justifier une cause, cela se saurait et tout apprenti dictateur serait sincèrement aimé. Si prendre le spectateur pour un enfant à éduquer faisait un bon film, cela se ferait depuis longtemps et tous les films triompheraient au Box-office. Au final, Cristeros mérite mieux qu'une leçon monochrome culpabilisante.

  149. Tempête de boulettes géantes 2 : l'île des Miam-Nimaux - (1) a tout de la suite (P.Lord & C.Miller - 2009) direct-to-vidéo, les réalisateurs ayant eu la bonne idée de se lancer dans La grande aventure Lego au lieu de ce pensum : un scénario réduit à son pitch, un graphisme encore plus simpliste, des mutations culinaires comme seules créations originales, des dialogues et des enjeux paresseux, une cible exclusivement premier degré et une sensation vibrante d'avoir perdu son temps et son argent. Cette Île a tout de l'accident industriel (enfin pas outre-Atlantique) et du gâchis artistique. Et si le prochain opus n'était cette fois que vidéo ?

  150. Godzilla - (1) laisse entrevoir quelques instants le potentiel de ce film anniversaire (60 ans et toutes ses dents) en choisissant de supprimer les têtes d'affiche avec une réjouissante régularité (Binoche nucléarisée en 5 mn et Bryan Cranston puréisé en 15 mn). Encore faudrait-il que les remplaçants humains aient davantage de charisme que des plantes vertes plastiques ? Hélas, si on excepte le professeur Watanabe, caution nippone oblige, tous les personnages sont pathétiques (du super-résistant Taylor-Johnson à l'épouse moderne Olsen qui n'a rien à défendre sinon un brushing témoin de ses angoisses en passant par le chef militaire Strathairn soucieux de la liberté et de ses hommes - un père qu'on vous dit puisqu'e le vrai est mort dans le premier quart d'heure... vous suivez ou pas ?!). Heureusement, la bébête verte vient nous sauver du couple de MUTO qui n'aspire qu'à se reproduire - même si c'est au cœur de San Francisco et que les ébats de bestioles de 80 m de haut peuvent faire des dégâts. Le trio ravage Hawaï (Non, un gosse ne peut toujours pas mourir dans un film américain) et SF avant que le néros parvienne à détruire leur progéniture et sauver la baie de SF d'une explosion atomique grâce à un bateau brinquebalant - si vous avez déjà gobé ce qui précède, vous n'êtes plus à ça près. GodZ, super-costaud, survivra à ces 2 MUTO pour revenir fêter ses 70 ans dans 10 ans (enfin, je n'espère pas avant).

  151. Délivre-nous du mal - (0,5) essaie de faire passer ce gloubi-boulga indigeste, mixant serial killer dérangé, incarnation diabolique et amour (assurément) démoniaque des Doors, en rappelant que les faits évoqués sont inspirés d'événements réels. Ainsi suit-on, en pouffant régulièrement, l'enquête d'un flic - Eric Bana seul élément à sauver de ce naufrage - et d'un prêtre exorciste - Edgar Ramirez pas pire qu'un autre pour un tel ratage - sur une étrange série de crimes. Si Scott Derrickson n'avait pas tenté de (très mal !) ronéotyper les ambiances pluvieuses de Seven (D.Fincher - 1995) en nous abreuvant d'un discours phylosophicomoraliste tiré du petit bréviaire "Témoins de J. pour les Nuls" et d'un absurde final eau-de-rose, cela aurait pu être un aimable divertissement. Mais après 15 minutes d'exorcisme vues et revues Ad Nauseam, ne demeure que le sentiment de paresse - du scénariste parti dépenser son argent aux Bahamas - voire de plagiat.

  152. Le dernier diamant - (0,5) avait tout pour lui : un casting Hype - Bérénice Bejo et Yvan Attal en tête - et un film d'arnaque à la française mâtiné d'une romance (potentiellement à la Anthony Zimmer - J.Salle - 2005). Pourtant, rien ne marche : de la trahison des mercenaires attendue dès leur apparition à celle du père (mais non, je ne trahis pas ce "scénario"), du "gentil" escroc à sa condamnation particulièrement mineure, de l'arrestation des bandits à la scène amoureuse pour empêcher Bérénice de découvrir la duplication de sa clé, des dialogues clichetons à la présence silencieuse d'Annie Cordy. Un navet consternant qui rate toutes ses cibles et les spectateurs.

  153. Under the Skin - (0,5) est l'archétype du non-film arty où la forme - en l'occurrence Scarlett Johansson Yummie After All - remplace le fond, le pitch (Elle incarne une extraterrestre qui, en Ecosse, séduit des hommes et les fait disparaître) servant de scénario sur 107 mn. Malgré la sublime Laura, ses errances nocturnes au volant d'une camionnette tournent rapidement en rond ponctuées des mêmes pas (de plus en plus) déshabillés (ce qui n'est pas si mal, voire ce qui est tout pour ce film...) dans une immense pièce vide et immaculée. Misant sur l'incompréhension pour faire davantage intriguant, Glazer ajoute un mystérieux motard nettoyeur et muet, un héritier de Joseph Merrick, une B.O. tapageuse et c'est tout. Vide. Creux et la plus grande désillusion Scarlettienne...

  154. Une nouvelle amie - (0,5) est un pensum insupportable qui ferait presque oublier que François Ozon est l'auteur de 8 femmes (2002), Swimming Pool (2003), 5×2 (2004) ou Dans la maison (2012). Pourtant, en racontant ce veuvage bord-cadre qui voit Romain Duris se travestir sous la houlette de la meilleure amie - Anaïs Demoustier tête à claques - de la morte, Ozon rate à peu près toutes ses cibles, confondant transgenre et mascarade, émotion et pathétisme - Qui a dit le réveil hospitalier de Duris ?. Dire que cette Nouvelle amie est un plantage total est une évidence à la hauteur du talent de François Ozon : quand il s'égare, il ne le fait pas à moitié !

  155. Gimme Shelter - (0,5) ne permettra pas à Vanessa Hudgens de faire oublier son passé Disney tant les ennuis que sont personnage doit surmonter sont caricaturaux. Sans atteindre le niveau nauséeux de Precious (L.Daniels - 2010), la jeune Apple n'est guère aidée dans la vie par sa mère toxicomanipuloculpabilisante - Rosario Dawson convaincante en 'alop', sa grossesse précoce, ses yeux fatigués surmaquillés - pour faire fatigué, au cas où on n'aurait pas tout compris au scénario - ou un père dépassé - Brendan Fraser sobre - qu'elle n'a jamais rencontré. Tirée de faits réels, cette chronique au pathos gonflant n'apporte rien au cinéma, ni à votre portefeuille.

  156. Annabelle - (0,5) tente de voler la place de Chucky (1988 - 201?) pour devenir la poupée la plus terrifiante du cinéma. Si ce challenge suffit à trouver des financiers irresponsables, cela ne suffit pas à faire un bon film, même d'horreur lite destiné aux ados boutonneux mais pas décérébrés. Il faut dire que peu d'effets / coups de théâtre capillotractés ne nous sont épargnés - du "physique" du monstre qui devrait faire fuir n'importe quel adulte sain d'esprit à l'intervention satanique d'une secte à la Manson Family en passant par la sieste incendiaire, la musique stridente et forte ou le gentil petit couple et leur chérubin à la limite de l'incident industriel. Pour ceux qui doutent, concentrez-vous sur la bande annonce car certains navets méritent juste d'être des courts métrages.

  157. Locke - (0,5) n'est pas un film mais un concept routier, puisque pendant 90 minutes, la caméra nous offre Tom Hardy conduisant sa voiture et répondant au téléphone. Certes, la performance d'acteur peut intriguer un temps, d'autant que la vie de son personnage s'étiole particulièrement au cours de son parcours (il perd sa famille et son emploi, mais y gagne un fils nouveau-né). Mais sur la longueur, le procédé apparait foncièrement artificiel et le spectateur ne peut que s'étonner d'une telle programmation estivale. Sauf pour l'heure de la sieste, évidemment.

  158. Brick Mansions - (0,5) ne ment pas sur son pitch puisqu'il est le décalque US -à la mauvaise scène près - du consternant Banlieue 13 (P.Morel - 2004). Pour être sûr que le spectateur verra du spectaculaire (Paul Walker n'étant pas là pour ça...), David Belle reprend son personnage et ses exploits parkour de l'opus originel. Hélas, même s'il semble encore y croire, en superposant les mêmes clichés (Oh que les politiciens sont pires que les chefs trafiquants !) et en s'offrant un final pathétique (En 30 s, on peut passer du pire des assassins au meilleur des jardiniers), Camille Delamarre offre toujours le même nanar au spectateur. Vraiment Paul Walker méritait mieux comme épitaphe... ou alors... ?

  159. 47 Ronin - (0,5) est l'une des 2 Arlésiennes cinématographiques de ces dernières années - avec World War Z (M.Forster - 2013). Celle-ci voit une légende japonaise - 47 samouraïs renoncent à leurs vies afin de venger leur maître assassiné par un duo maléfique - être trahie par Hollywood. Entre une sorcière multiforme (Ah, ce dragon raté !) et des combats particulièrement nombreux et inutiles, une esthétique encore plus kitsch que celle de la famille Wachowski et un Keanu Reeves singulièrement insipide, des acteurs nippons qui s'interrogent sur la raison de leurs présences et le spectateur qui en fait autant - d'autant plus qu'il a réglé un supplément 3D, personne n'a besoin d'explication sur le plantage public de ce navet.

  160. Le Septième fils - (0,5) n'est pas l'adaptation de la géniale série de Joseph Delaney L'Epouvanteur mais un remake de l'inénarrable Eragon (S.Fangmeier - 2006). En effet, les 2 films ont en commun de trahir ouvertement les œuvres qu'ils sont censés illustrer. Ici, suit-on un jeune homme destiné à éliminer la plus terrible des sorcières, la Mère Malkin - Julianne Moore qui semble s'amuser - avec l'aide d'un vieux sage - Jeff Bridges qui parodie ses emplois récents ou le contraire, compte tenu du retard de la postproduction. Hélas pour le spectateur, ce navet industriel sans âme n'a pris des romans originels que les noms des personnages, oubliant leurs âges, apprentissages et réels liens (Alice... !?), espérant qu'en pompant dans les films de Peter Jackson - des trolls à la place des gobelins ??? - le spectateur ne verrait pas l'escroquerie. Tant pis pour les financiers cupides et incultes !

  161. Wrong Cops - (0,5) n'est pas raté, mais n'est assurément pas un film. En effet, superposer des mini-sketchs aux personnages débiles (Mark Burnham en dealer de rats dopants, Eric Judor en technophile borgne, Marilyn Manson sans maquillage, Arden Myrin en maître chanteuse de son boss acteur de porno gay, Eric Wareheim en obsédé pathétique, Daniel Quinn en cadavre quasi immortel...) ne constitue pas un scénario, seulement un pitch. Mais Quentin Dupieux est un Artiste multicartes ... enfin, Mr Oizo. Dès lors, il peut continuer à faire et tourner n'importe quoi. Chapeau bas, l'artiste... pardon, l'Artiste. Le spectateur, lui, peut continuer à aller voir d'autres films.

  162. Heli - (0,5) suit les pas du jeune Armando Espitia qui, à part une maladie incurable, cumule une invraisemblable quantité de maux (une petite sœur de 12 ans amoureuse d'un policier ripoux et bientôt abusée, un père abattu lors d'une descente de gendarmerie sans préavis, des trafiquants qui vont le torturer...) dans un Mexique absolument pas touristique. Savoir pourquoi cet éloge du sordide a reçu le prix cannois de la Mise en scène restera l'une des énigmes de ce millénaire au même titre que les Géoglyphes de Nazca ou la taille des Fingers chocolat. À fuir ou à subir.

  163. Grace de Monaco - (0,5) a ouvert Cannes en étant unanimement moqué par les Festivaliers, conspué par la presse heureuse de brûler ses anciennes idoles, répudié par la famille Grimaldi et l'objet d'une bataille sans fin entre le gentil Auteur français et le méchant Producteur mercantile américain. Forcément complot généralisé, ce biopic interdit centré sur la difficile adaptation de la princesse à sa vie sur le Rocher en pleine crise d'indépendance de la France et à ses envies de comédienne valait mieux que son pitch pour midinettes. Hélas, non ! Car rien ne marche entre une Nicole Kidman particulièrement fade de tant de glamour et des péripéties de romans-photos, des acteurs si peu ressemblants (Hitchcock et De Gaule en tête) et des dialogues superficiels. GdM est un navet dont le seul intérêt est de donner envie de revoir la vraie Grace à l'écran.

  164. Sarah préfère la course - (0,5) aurait pu être un hommage à l'œuvre de William Sheller mais n'est qu'un pensum sur la sexualité non assumée à la lourdeur symbolique dinosaurienne à la fois par son discours antédiluvien (la course en stade nous ramène toujours au point de départ... Oh, je n'y avais pas pensé avant... Ah, si ! Merci, Coluche...) et ses non-dits pachydermiques (Kechiche n'a jamais gagné une Palme d'or). de plus, si par hasard le spectateur accidentel n'avait pas compris que Sarah était un drame contemporain, Chloé Robichaud le lui rappelle par un traitement délavé des images (pour faire encore plus drame humain), des acteurs non professionnels (Ah ? Certains le sont ? Ils sont crédibles car on ne le voit pas !), des dialogues supermarchés (mais surtout pas en deux maux) et une héroïne anti-empathique. Comme Sarah court, laissons-la faire, car comme le disait Michel Audiard, "Deux intellectuels assis vont moins loin qu'une brute qui marche", alors une intellectuelle qui court...

  165. Pompéi - (0,5) mélange sans honte Gladiator (R.Scott - 2000) et Titanic (J.Cameron - 1997), en nous racontant l'amour impossible d'un esclave devenu star des gladiateurs (Kit "Game of Thrones" Harington) et d'une pompéienne (Emily Browning) promise à un vilain sénateur (Kiefer Sutherland plus survivant que le pire des slashers) meurtrier des parents du héros (ça, c'est de la trouvaille scénaristique). Alors que Paul W.S. Anderson s'ingénie à devenir l'Üwe Boll américain, les effets spéciaux ne parviennent pas à cacher l'indigence du scénario et l'absence de directions des acteurs qui font ce qui peuvent avec ce rien. On rit nerveusement, d'abord, devant ce portnawak à 12 € (Merci la 3D), puis comme les "créateurs" osent vraiment tout, on rit à gorge déployée (car on sait maintenant qu'un simple cheval ne peut battre de vitesse une coulée de lave qui s'avance à plus de 700 km/h)... Bien pour une comédie, mais affligeant pour un film qui se veut sérieux.

  166. I, Frankenstein - (0,5) est un nanar fantastique qui en devient jubilatoire devant tant de portnawak. Comment pouvoir un seul moment ne pas pouffer devant cette confrontation millénaire entre gargouilles et démons arbitrée par la créature de Frankenstein judicieusement (non, je plaisante !) appelée Adam ? Comment ne pas s'esbaudir devant ce mix improbable d'Underworld (L.Wiseman - 2003), Van Helsing (S.Sommers - 2004), La ligue des gentlemen extraordinaires (S.Norrington - 2003), Priest et autre Légion (S.C.Stewart - 2011 / 2010) ? Le plus drôle est que des producteurs (sous amphétamines assurément) aient déboursé 68 millions de dollars pour parvenir à ce résultat. Comme quoi, Hollywood conserve beaucoup d'humour malgré la crise. Le public en aura-t-il autant ? À 10 €, non.

  167. Sex Tape - (0) est la nième réponse à la question "Mais qu'allai(en)t donc il(s) faire dans cette galère ?". Cette fois, les improbables héros de ce navet, pardon interrogation, sont Cameron Diaz et Jason Segel, couple de Bad Teacher (J.Kasdan - 2011), carton pas si raté de l'été 2011. Par amitié et un gros chèque, ils retrouvent leur metteur en scène qui accepte de tourner cette publicité géante pour la Pomme et son Nuage tellement perméable ces derniers temps (Qui a parlé de Jennifer Lawrence et consœurs ?). Le pitch leur sert alors de scénario - ils doivent récupérer la vidéo de leurs ébats malencontreusement synchronisée sur toutes les tablettes / ordis offerts par Segel à leurs amis / famille / collègues de travail par tous les moyens - conduisant le spectateur à : 1) regretter d'être rentré dans la salle de cinéma, 2) s'interroger s'il doit partir tout de suite ou croire à un éventuel - et tellement improbable - miracle, 3) dire à ses amis tout le bien qu'il pense de ce film (?) et donc garder le silence pour ne pas devenir vulgaire. Donc et dont acte.

  168. Albert à l'Ouest - (0) rate tout - de sa parodie de western (Lone Ranger - G.Verbinsky - 2012 - étant lui réussi) à son jeu d'acteur (même Ted - 2012 - est plus crédible que Seth MacFarlane) en passant par ses gags absents (rarement plus qu'un vague sourire) ou lourdement vulgaires (lors des différents duels, notamment), une histoire linéaire (Albert est un couard forcé de se battre en duel pour les beaux yeux de la belle - Charlize Theron - d'un hors-la-loi sanguinaire - Liam Neeson), de plates réparties (ils se sont mis à 3 pour écrire les dialogues...) ou son quatuor d'acteurs peu impliqué (à l'exclusion du duo Ribisi - Silverman). Cet Albert ne marque que l'égo de son auteur-acteur-producteur-réalisateur-dame-pipi qui s'est fait plaisir après le chèque en blanc inespéré de sa 1e mise en scène (2012), oubliant qu'un pitch n'est ni un gag, ni un film, ni suffisant pour un spectateur.

  169. The Double - (0) veut faire du Terry Gilliam intrigant et bizarre sans avoir ni le scénario, ni l'univers personnel du Monty Python. En racontant la crise identitaire de Jesse Eisenberg - qui méritait mieux - confronté à un jumeau physique mais psychologiquement opposé, Richard Ayoade ennuie considérablement dans sa tentative d'adapter le roman éponyme de Fiodor Dostoïevski. Il faut dire que David Fincher a déjà largement transcendé le sujet schizophrénique (Fight Club - 1999) et cette lutte est tellement superficielle que rien ne peut nous sortir de notre léthargie défensive, comme si l'été devait être le cimetière des navets improbables. The Double est donc à fuir, même si vous voulez y emmener votre pire ennemi.

  170. La légende d'Hercule - (0) combat dans la même arène risible que Pompéi (W.S.Anderson - 2014), en tentant de renouer avec le jackpot improbable du diptyque des Titans (L.Leterrier / J.Liebesman - 2010 / 2012). Renny Harlin, qui fut un jour un vrai metteur en scène (Au revoir, à jamais - 1996 !), trahit allègrement la mythologie pour nous proposer une tragique rédemption mâtiné de lutte fratricide à la Caïn et Abel, saupoudré d'effets spéciaux presque aussi laids que ceux étalons de Jack et le chasseur de géants (B.Singer - 2013) et de dialogues plus consternants que de I, Frankenstein (S.Beattie - 2014). Au final, une belle réussite du genre foutage de gueule.

  171. Un amour sans fin - (0) est une insulte à la comédie romantique tant cette bluette pathétique n'est que mauvais clichetons (Oh, je souffre depuis la mort de mon frère/fils et je me refuse à vivre...) et personnages caricaturaux (avec une mention spéciale à Bruce Greenwood odieusement protecteur). Fille d'un cancérologue ayant perdu un fils et destinée à des études médicales, Jade - Gabriella Wilde - tombe amoureuse du ténébreux mais attachant David - Alex Pettyfer - qui va la ramener avec le reste de sa famille à la vie. Youpi. Sinon, si vous l'ignorez, il y a d'autres films à voir pendant la fête du cinéma dont Her, Qu'est-ce qu'on a fait au Bon Dieu ? ou Tristesse Club...

  172. Transcendance - (0) est l'archétype du naufrage Potemkine qui, chaque année, semble une évidence pour tous sauf pour des financiers inconscients. Cette fois, ces imbéciles (plus) heureux ont donné 100 000 000 $ à Wally Pfister, anciennement directeur photo de Nolan, pour imaginer une guerre technologique entre humains et réseau informatique. Tout débute lorsque la conscience du professeur Depp, pas très chanceux dans ses choix récents, est téléchargée par sa femme Rebecca Hall, tête à claques bornée, dans une I.A. de son invention, lui offrant un accès à tous les réseaux mondiaux. Décidé à faire bénéficier l'humanité d'une version 2.0, le duo plus ou moins uni développe des technologies pour la soigner et l'améliorer (Ah, complexe de Frankenstein quand tu nous tiens !) au grand dam de leurs anciens collègues - Paul Bettany et Morgan Freeman perdus au milieu de nille part. Si le début du film pouvait laisser entrevoir un autre film moins mou du genou et plus captivant, les nombreuses ellipses temporelles ou raccourcis psychologiques (Syndrome de Stockholm...) et la 3D exclusivement mercantile achèvent le spectateur qui aurait dû attendre une diffusion télé sur la TNT...

  173. How I live now - Maintenant, c'est ma vie - (0) présente une faute terrible dans son titre puisqu'il faut lire "Leave" et non "live". Ainsi prévenu, le spectateur ne viendra pas perdre 106 mn dans ce qui restera comme le plus affligeant film consacré à l'adolescence de ces dernières années. Un film qui a lui seul justifie le téléchargement en permettant au spectateur contrevenant d'accélérer à l'envie la vision de ce pensum foutraque (Mais oui c'est une invasion guerrière ! Mais oui je peux traverser toute la campagne inhospitalière anglaise avec ma petite cousine insupportable dans un trip à la Délivrance - J.Boorman - 1972 ! Mais oui avoir un aigle comme animal de compagnie, c'est fun ! Etc...). Que la presse s'extasie devant cette bouse tient plus de la blague potache que de la réalité.

  174. Paranormal Activity : The Marked Ones - (- 1) marque sans doute (Espoir !) la fin de la plus hilarante série horrifique des années 2000. En effet, alors que les volumes 2, 3 et 4 repoussaient les limites de ce qui est humainement supportable comme navet - tout en engrangeant beaucoup de brouzoufs, ce nouveau volet tente un reboot original en inventant le found footage Gangsta-mexicano. Comme si cela ne suffisait pas à l'ambition du "réalisateur", ce (par)anormal... se déroule essentiellement en plein jour accentuant l'aspect grotesque de spin-off bouseux. Oui, c'est nul et oui, il faut être sacrément bien accompagné pour ne pas quitter la salle avant la fin. Mais il est tellement bon de rire en temps de crise que je vous conseille cette abyssale ânerie.

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