Quelques idées de films



Voici 18 ans que je vous propose quelques conseils cinématographiques. Par esprit de considération, je ne modifie pas cette phrase d'introduction :

  1. Birdman - (8) n'a pas volé ses Oscars, même si la caméra d'Iñárritu se fait parfois tellement virtuose qu'on le soupçonne de vouloir démontrer jusqu'à l'absurde son talent. Heureusement, il s'appuie sur un script - aussi Oscarisé - simplement génial qui suit la tentative d'une ex-star de la télé - Michael Keaton en autocitation - pour se refaire un nom en mettant en scène une adaptation de Raymond Curver à Broadway. Entre une vedette psychotique et récalcitrante - Edward Norton enfin de retour à l'excellence et en forme sur scène - et un agent prêt à tout - Zach Galifianakis sobre et melliflu, une fille ex-junkie - émouvante Emma Stone - et une critique qui veut sa peau, un égo halluciné et un double schizophrène ailé, Keaton doit faire face à de nombreux obstacles - y compris se retrouver en slip sur Broadway - pour retrouver la lumière et sa rédemption, au point de ne plus savoir lequel des deux y parvient : l'acteur ou son personnage. Une vraie réussite à voir et revoir sur le mirage des paillettes.

  2. Imitation Game - (8) est un thriller mathématique qui propose une reconnaissance bien tardive du travail capital d'Alan Turing - Benedict Cumberbatch essentiel au cinéma anglo-saxon actuel - pendant la 2nde Guerre Mondiale. C'est en effet sous sa direction qu'une petite équipe parvint à décrypter les messages envoyés par Enigma puis géra l'exploitation statistique de cet avantage stratégique. Abordé comme un thriller, notamment grâce à Mark Strong particulièrement manipulateur, ce passage historique méconnu - et honteusement traité par la perfide Albion qui poussa au suicide Turing en raison de son homosexualité 10 ans après la fin de la guerre - ne laisse aucun répit au spectateur, en raison d'un casting 5 étoiles - Keira Knightley et Matthew Goode en tête, d'une dramaturgie en flashbacks efficace, de personnages asociaux empathiques et d'une réalité Bigger Than Life. À voir sans retenue.

  3. L'hermine - (8) débute banalement comme un drame français lambda avec sa photographie neurasthénique et ses personnages grisés, incarné par le sobre et malade juge d'instruction Fabrice Luchini. Tout en rigueur et droiture sévère, il hante les tribunaux sans complicité humaine - vive les toilettes publiques ! - en charge d'un banal infanticide poisseux de la misère ambiante. Puis le tirage au sort des jurés - et l'arrivée de la suppléante Sidse Babett Knudsen - fait basculer le nouveau film de Christian Vincent dans une romance - le passé commun des 2 héros - policière - le père meurtrier n'est peut-être pas aussi monstrueux qu'au premier abord - plus dense que prévu. Confrontant présent et passé - dedans et en dehors des Assises, Vincent nous captive jusqu'à la dernière minute et un retour inattendu pour le procès suivant. Une réussite de petits riens citée aux César 2016 pour son duo principal.

  4. Star Wars : Le réveil de la Force - (8) n'a rien d'original puisque son scénario est un coller-copier des épisodes 4 et 6 (Une nouvelle étoile de la mort menace l'équilibre des pouvoirs à l'instigation du Nouvel Ordre obligeant la Résistance à réagir pour défendre la Nouvelle République - et que l'apparition de Snoke - et chef des méchants - est franchement raté. Pourtant, dès que le générique apparaît, le sourire aussi. Il faut dire qu'en revenant aux fondamentaux, J.J.Abrams tire un trait intelligent sur le magma numérique de la prélogie (1999 - 2002 - 2005) en rappelant la vieille garde (Carrie Fisher et Harrison Ford en tête) et en formant une nouvelle - Daisy Ridley et son cousin casqué Adam Driver. Entre clins d'œil appuyés et questions en devenir - Qui est Rey ? Combien a touché Mark Hamill ?, ce volume VII est un excellent reboot et laisse augurer de 2 nouveaux opus réussis. Mais 2 années passent vite.

  5. Vice Versa - (8) prouve à tous les inquiets de la Firme d'Emeryville que la magie Pixar n'a pas disparu après les sublimes Wall-E (A.Stanton - 2008) et Là-haut (P.Docter & B.Peterson - 2009). En effet, en laissant libre court à son inventivité, ce 15e opus est une splendeur d'émotion et d'intelligence. Ainsi découvre-t-on le quotidien, aussi bien extérieur qu'intérieur, de la jeune Riley après l'emménagement de ses parents à San Francisco. Alors que ses relations scolaires et familiaux se tendent, 5 émotions - Joie, Peur, Colère, Dégoût, Tristesse - tentent de la faire grandir. Mais lorsque Joie et Tristesse se disputent un souvenir et sont expulsées du QG, son fragile équilibre s'effondre laissant Colère, Dégoût et Peur à la manœuvre. En plus d'une technique irréprochable - C'est tout de même Pixar ! - et d'un sens du gag de tous les instants (Ah, le pessimisme de Tristesse que doit traîner Joie ou les différents quintets présentés - y compris d'un chat !), d'une alternance de belles émotions (le sacrifice de Bing Bong, par exemple) et des choix osés (le changement d'animation lors de la course entre Joie, Tristesse et Bing Bong), Pete Docter parvient à rendre crédible - voire essentiel - les 2 mondes proposés sans fausse naïveté, construisant pour tous plusieurs niveaux de lecture et d'appréciations. Bravo et Bis, assurément.

  6. The Voices - (7,5) surprend totalement par son mélange détonnant d'humour et d'horreur qui voit un Ryan Reynolds, n'ayant plus rien à perdre depuis les échecs coûteux de Green Lantern (M.Campbell - 2011) et RIPD (R.Schwentke - 2013), se lâcher totalement dans ce tueur en série malgré lui qui entend les voix de ses victimes (craquantes Gemma Arterton et Anna Kendrick) et de ses consciences animales - le bon Chien et le diabolique chat (mais c'est un pléonasme) - qui bénéficient des meilleures répliques. Pour souligner ses délires, Marjane Satrapi multiplie les constructions acidulées et géométriques (des boites hermétiques aux caisses d'emballages) ou les clins d'œil sordides au genre slasher (la maison abandonnée, la poursuite nocturne dans les bois), démultipliant les inventions marquantes, jusqu'à ce générique orangée et chanté par le casting. Au final, suivez ces Voix, vous ne le regretterez pas.

  7. Un peu, beaucoup, aveuglément - (7,5) est la comédie romantique française que j'espérais depuis Populaire (R.Roinsard - 2012) : légère, drôle, intrigante et irrévérencieuse. Alors que Machin - Clovis Cornillac aussi convaincant derrière que devant sa caméra - est un inventeur de jeux cloitré depuis la mort de son épouse, la pianiste Machine - sublime Mélanie Bernier - emménage dans l'appartement voisin absolument pas insonorisé. Si le premier a besoin du silence absolu pour créer, la seconde a besoin de répéter pour son retour en concours. La détestation initiale et particulièrement burlesque (Ah, le coup du métronome !) va laisser place à une complicité de tous les instants (très belle variation du repas à 4) et une évolution bienvenue des 2 héros. Il faut dire que l'excellent scénario de Cornillac et Lilou Fogli - qui s'est d'ailleurs réservé l'hilarante sœur délurée - rebondit régulièrement, entre poésie absurde (les échecs en 4 D!) et péripéties brillantes, parfaitement rythmé par son quatuor magique - Philippe Duquesne interprétant l'ami indispensable et génialement sympathique. Une réussite magistrale à voir et pas qu'à la Saint Valentin.

  8. Valley of Love - (7,5) est un fragile équilibre entre fantastique et voyage initiatique, réalité et fiction, ambiance et atmosphère, dont l'acceptation ou non du pitch initial - deux parents séparés depuis longtemps sont réunis pour une semaine dans Death Valley par leur fils suicidé 6 mois plus tôt - conditionne l'appréciation ou non de ce trip désertique. Sans fioriture, Guillaume Nicloux, que j'avais totalement perdu de vue depuis les réussites du Poulpe (1998) et d'une affaire privée (2002), suit deux monstres Depardieu - au sens propre comme le filme d'ailleurs Nicloux - et Huppert - au sens figuré, car qui, de sa génération, peut encore surprendre le spectateur avec autant de facilité ? - arpenter la torpeur caniculaire californienne dans l'espoir de revoir leur fils mort et de se réconcilier avec la vie. Ce qui sur le papier frôle le ridicule devient grâce à ce duo magique - mais seront-ils récompensés à la juste hauteur de leur performance, cela est moins sûr - un voyage dont la route et la finalité comptent. En ces temps de canicule, allez-vous refroidir dans cette Valley.

  9. Kingsman : Service Secret - (7) est un hommage à l'univers sixties libéré des Avengers plus qu'au sérieux récent des JB. Ainsi suit-on les aventures de Colin Firth, gentleman jusqu'au bout de son parapluie blindé, et de son apprenti, Taron Egerton, jeune banlieusard à problèmes, du recrutement de ce dernier et son entraînement délirant à leur lutte contre le vilain technophile - Samuel L.Jackson - et son acolyte patineuse - Sofia Boutella, au rasoir. Ouvertement outrancier, comme l'anthologique visite à l'église, et flashy en diable - tout le monde ne peur porter le violet sans être ridicule, ce nouveau délire visuel de Matthew "Kick-Ass" Vaughn s'appuie sur un solide scénario qui n'hésite jamais à nous surprendre, multiplie les scènes d'actions improbables et n'oublie jamais une pointe d'humour trash. Au final, on assiste à un jubilatoire défouloir qui mérite une suite !

  10. Le petit Prince - (7) frôle pendant 90 mn le chef d'œuvre instantané tant par la juxtaposition des 2 animations - numérique pour le présent, papier en stop-motion pour la rêverie, la pertinence des chapitres adaptés du roman initiatique de Saint-Exupéry et l'angle choisi par Mark Osborne pour relire / moderniser ce voyage. En effet, il confronte une petite fille au sage destin scolaire tracé par sa mère à un excentrique - peu subtilement sursouligné par leurs univers respectifs - aviateur âgé qui va lui faire découvrir et aimer le périple du Petit Prince. Son récit poétique va lui faire découvrir une autre vie que celle grisée par le sérieux des grandes personnes. Hélas, alors que la magie agit pleinement, il ne parvient pas à la terminer, inventant un épilogue adulte à cette errance, tentant une mise en abîme maladroite du discours de Saint-Ex. Dommage.

  11. Frank - (7) est un OFNI musical qui suit les premiers pas de Domhnall Gleeson, fils de, comme claviériste au sein d'un groupe de pop dont le leader - Michael Fassbender réellement émouvant - se cache sous une tête de papier mâché géante. Intrus pour la majorité du groupe - particulièrement Maggie Gyllenhaal parfaite en double brune de Julee "Twin Peaks" Cruise, le jeune John devient essentiel à Frank, de leur retraite irlandaise pour l'enregistrement halluciné de leur nouvel album à un festival texan à succès, diffusant sur les réseaux sociaux l'essentiel de leurs créations. Là d'ailleurs, réside l'étrange alchimie de Feel Good Movie bancal, prenant les codes hyper-communicants de la cible adolescente et les retournant contre ce groupe fusionnel et barré, jusqu'au final émouvant et essentiel. Une étonnante surprise à découvrir comme un rite de passage à la vie adulte.

  12. Jurassic World - (7) renoue après 14 ans avec la franchise Jurassic Park (J.Johnston - 2001). Cette fois, l'île est devenue un parc d'attraction en activité qui, pour garder son attrait, doit régulièrement proposer de nouvelles attractions, en l'occurrence sous forme de dinos agressifs et terrifiants. La directrice - Bryce Dallas Howard - va devoir gérer l'arrivée de son patron, de ses neveux - en mode préhistoriques groupies - et de la 1ère création génétique particulièrement contrariée d'être seule depuis sa naissance. Bien sûr, tout le monde attend et sait que tout va dégénérer. Bien sûr, les relations familiales et amoureuses (Chris Pratt a tout du nouveau Harrison Ford : la coolitude et 2 franchises à succès) sont particulièrement téléphonées. Mais cette suite / reboot / hommage se savoure pleinement en raison de l'alchimie des acteurs, des Fx réalistes, des combats de dinos saignants et d'un rythme sans temps mort. Vivement le 5 !

  13. Un moment d'égarement - (7) modernise le film éponyme de Claude Berri en remplaçant avec réussite le duo Lanoux - Marielle par Cluzet - Cassel tout en conservant la même structure - lors de vacance, un père est séduit par la fille de son meilleur ami et ne parvient pas à le lui avouer - et la même efficacité comique. Il faut dire que le quatuor principal - Cassel obsédé par un sanglier et la quête de vérité, Cassel fuyant, Lola Le Lann toute en séduction et Alice Isaaz un peu en retrait - s'ingénue à nous séduire par ses dialogues enlevés, ses personnages humains avant tout et sa fausse légèreté. De plus, ce film nous permet de découvrir une inattendue vis comica chez Richet et Cassel, ce qui est au final la principale gageure de ce film pas aussi anodin (le rajeunissement des 2 héroïnes, par exemple) que son thème faussement vaudevillesque.

  14. Seul sur Mars - (7) n'est pas l'huis-clos spatial à la Gravity (A.Cuaron - 2013) tant redouté. En effet, en adaptant le roman d'Andy Weir, Ridley Scott superpose au survival martien la campagne terrestre de sauvetage et le remord des autres astronautes, ne nous laissant ainsi aucun répit. Bien sûr, le nombre d'événements contraires (explosions de navette et de module de survie, épuisement rapide du ketchup) défie l'entendement, à croire que Matt Damon est le chat noir de l'univers. Mais ce naufragé extraterrestre n'est jamais seul - et sans Wilson de compagnie (Cf : Seul au monde - R.Zemeckis - 2001), entre ses multiples tentatives de survie et ses échanges épistolaires avec ses bases - terrestre et spatiale, les fuites récurrentes d'oxygène et sa culture de pommes de mars, son retraitement des déchets et ses idées farfelues (Ah, Iron-Man dans l'espace). Au final, le spectaculaire l'emporte peut-être sur le réalisme, mais SSM est une réussite.

  15. Dope - (7) est une surprise tant cette plongée dans l'univers lycéen américain sentait le réchauffé 80's. Au contraire, ce Feel-Good Movie s'appuie sur un trio de mysfits mené par Shameik Moore, fan de hip-hop décomplexé, qui enchaîne les mésaventures avec une candeur de survivants inattendue. Ainsi, après une soirée d'anniversaire du dealer local achevé par une fusillade, le héros, tout en essayant de réussir son entretien d'intégration à Harvard, se retrouve détenteur d'une sacoche de drogue que tous les trafiquants d'Inglewood cherchent à récupérer. Coloré, cycliste et amoral, ce Dope revitalise et fait sourire le spectateur pendant 103 mn, se concluant brillamment par un monologue du héros. À voir pour se changer durablement l'esprit.

  16. Fast & Furious 7 - (7) reprend avec talent son slogan initial car ce 7e (et ultime) volet de l'ère Toretto - Conner est le plus fou - dans ces moments de bravoure (comment décrire autrement les cascades dans la montagne, entre les 3 immeubles d'Abu Dhabi ou la poursuite par drone et hélicoptère ?) - et le plus humain - dans son hommage à Paul Walker (dont personne ne pourra soupçonner les doublures fraternelles) ou la mort de Vin Diesel (Non, je plaisante... enfin, un peu). Si le scénario nous propose (enfin !) des méchants d'anthologie (le vengeur et sur vivant Jason Statham - Quelle entrée en scène médicale ! - et le trafiquant "Mais il ne peut en rester qu'un" Djimon Hounsou), les faits de renverser les habituels cibles/chasseur et de recentrer l'histoire sur la "famille" et sa survie - même si certains regretteront la quasi-absence de Dwayne Johnson malgré 2 scènes explosives - contribuent au réel plaisir de cette balade testostéronée.

  17. Le pont des espions - (7) est le nouveau biopic de Steven Spielberg. Cette fois, c'est James Donovan, un avocat d'assurances engagé par le gouvernement américain pour défendre un espion russe en 1962, qui a l'honneur d'être sobrement incarné par Tom Hanks. Il faut dire que Spielberg et les frères Coen - au script - n'ont guère eu de travail pour rendre ces événements captivants. Reconstituant cette période paranoïaque avec une rare efficacité mais sans fioriture inutile, Spielberg ne choisit jamais d'orienter et/ou juger ses protagonistes, largement aidé par l'interprétation inspirée de Hanks alternativement homme le plus haï des États Unis et héros du Monde libre. Parvenant à le rendre humain dans un univers si manichéen, Hanks prouve une fois de plus son aptitude à être l'héritier de James Stewart. Au final, ce Pont assume son classicisme avec une élégance et une assurance toute moderne.

  18. Entre amis - (7) vaut davantage que son pitch bateau (oui, je sais et je n'ai même pas honte !) - une croisière amicale dégénère en naufrage et règlement de comptes. En effet, pour cette galère de potes sexagénaires, Olivier Baroux a réuni Daniel Auteuil beau sur le retour d'une jeunette - Mélanie Doutey craquante à souhait, Gérard Jugnot amoureux et sexué de son épouse - Isabelle Gélinas fofolle à souhait, François Berléand frustré et de plus en plus éloigné de son exécutive woman de femme - Zabou Breitman tueuse d'ambiance à souhait. Malgré une présentation théâtrale - par ses unités de lieu et de temps - et quelques rebondissements vaudevillesques - la fratrie corse, les saillies drolatiques et pince-sans-rire du sextet..., Entre amis divertit par le plaisir évident que prennent et donnent les acteurs et par le montage sans gras du scénario d'Eric Besnard et Richard Grandpierre. Bien sûr, certains lui reprocheront sa légèreté ou son final gentillet sans aspérité. Mais n'est-ce pas la vertu essentielle d'un Feel-Good Movie ? EA en est assurément un et vaut donc largement le prix d'une place.

  19. Broadway Therapy - (7) a tout d'un bon cru de Woody Allen : par son pitch improbable - une ex-escort-girl devenue star du cinéma revient sur sa vie au cours d'une interview journalistique, par son ambiance chorale et bobo - tout le monde est acteur, auteur, metteur en scène ou psychiatre sans soucis pour finir le mois, par sa localisation new-yorkaise - essentiellement à Broadway, d'où la traduction française rigolote du titre original She's funny that Way, par son casting aux petits oignons - Imogen Poots, Owen Wilson et Rhys Ifans en tête, par ses dialogues sur-écrits et anodins ou ses chassés-croisés superficiels et (parfois) agréablement scabreux - les retrouvailles à l'hôtel du quatuor principal sont particulièrement réussies). Et pourtant... BT est dû à l'acteur/scénariste/ producteur/etc... Peter Bogdanovitch et aurait mérité d'être estampillé Allen, ne serait-ce que pour attirer davantage de spectateurs.

  20. American Sniper - (7) propose le biopic du plus létal des tireurs d'élite des Navy Seals, Chris Kyle, lourdement incarné par Bradley Cooper, entre vie de famille parasitée au pays et batailles irakiennes sans merci - sa première mission conditionnant durablement son "œuvre". Loin de l'apologie monochromatique et patriotique attendue, Clint Eastwood transcende son sujet en ne se concentrant pas uniquement sur les scènes de guerre - bien que mémorables comme l'ultime sur les toits irakiens - mais en développant la dimensionnalité de son sujet : comment rester humain quand on tue autant de gens. Ainsi, les scènes les plus importantes sont celles en creux, lors de ses retours au pays absolument pas triomphants, où Cooper prend conscience de l'irréversibilité de son état (la scène d'anniversaire en ainsi emblématique). Sans doute moins monolithique que le vrai, le Kyle de Cooper nous émeut réellement dans sa dualité, offrant davantage qu'un divertissement guerrier.

  21. Citizenfour - (7) est un documentaire édifiant - et oscarisé à raison - sur les révélations faites par Edward Snowden sur les agissements secrets de la NSA. En effet, la réalisatrice Laura Poitras nous offre en direct et sur la longueur les témoignages de Snowden et du journaliste Glenn Greenwald qui ébranlèrent durablement l'administration Obama. Des premiers mails anonymement échangés à la célèbre interview hongkongaise de Juin 2013, de la rencontre où le duo s'écrit questions et réponses pour éviter toute écoute potentielle à la dernière image d'un couple aimant exilé en Russie, des infos américaines aux interviews gênées des officiels américains, ce documentaire ne cache rien des pressions et mensonges américains - notamment sur le Guardian et ses archives ! - sur ses alliés et autres personnages de l'affaire, faisant de Snowden un idéaliste maladroit un héros moderne, prêt à payer un prix démesuré pour ses idées. Un moment d'Histoire en somme, à voir pour se rappeler que nous avons besoin de lanceurs d'appels et devons davantage les protéger.

  22. Le dernier chasseur de sorcières - (7) est une heureuse surprise tant le pitch semblait improbable à priori - Vince Diesel en dernier rempart immortel de l'humanité contre la Reine des Sorcières de retour de nos jours. Pourtant avec une coolitude absente des Fast & Furious (2001 - 2002 - 2008 - 2009 - 2011 - 2013 - 2015), il parvient à incarner sans mal ce gardien des équilibres confronté au meurtre de son ami. Bien épaulé par Rose Leslie, une sorcière intégrée, et Elijah Wood, son nouvel assistant religieux, il va tout faire pour empêcher une nouvelle Apocalypse. Il faut dire que le scénario ne laisse aucun répit en s'appuyant sur de superbes effets - les transitions rêve-réalité sont particulièrement soignées - et quelques réparties à la Schwarzie d'avant Governator. Du fantastique moderne à la Hansel & Gretel (T.Wirkola - 2013) fun et décomplexé.

  23. La rage au ventre - (7) nous plonge une fois de plus dans le Roller Coaster du monde de la boxe où l'on peut passer de champion du monde à Sparring Partner ruiné en 40 mn. Pitché ainsi, on pourrait craindre le pire de cette Rage, d'autant qu'aucun cliché ne nous ait épargné - du blanc plus black que ses amis à l'imprésario malhonnête - 50 Cent pas encore ruiné - en passant par l'enfant confiée aux services sociaux et à l'entraîneur éthique - Forest Whitaker en roue libre du cœur. Et pourtant, malgré des personnages caricaturaux et une morale surlignée, cette Rage séduit grâce à l'incroyable investissement de Jake "Pourquoi n'est-il pas encore Oscarisé ?" Gyllenhaal. De toutes les scènes, il est brillant dans son intimité dévastée et convaincant en boxeur sur le retour. Un film punchy au final Balboain mais captivant.

  24. Les nouveaux héros - (7) est le 2nd dessin animé Disney sorti depuis la prise de pouvoir de John Lasseter. Et il faut bien le dire : en l'absence de Pixar et devant le multi-recyclage Dreamworks, la maison mère ne rate plus sa cible. Cette fois, elle adapte un comic mé(in ?)connue Marvel et nous propose une improbable escouade de superhéros menée par le jeune Hiro Hamada désireux de venger la mort de son grand frère lors d'une exposition robotique. Lorsqu'il découvre que ses minirobots ont été utilisés par un mystérieux homme masqué, il transforme son bibendum-infirmier en ninja rouge volant et réunit les anciens collègues du mort dans une troupe improbable et motivée. Soutenu par une animation colorée, une 3D de compétition, des péripéties haletantes et d'un Baymax marquant et émouvant (je défie quiconque de ne pas être ému par son sacrifice !), ces Nouveaux héros planent brillamment sur ce début d'année et devraient avoir une suite.

  25. Mission : Impossible - Rogue Nation - (7) réussit l'exploit d'être bien meilleur que les premiers opus de la franchise, se concentrant sur le fun - assuré par Simon Pegg depuis le 3e film (J.J.Abrams - 2006) - et l'improbable - à l'instar du prologue de ce 5e volet. cette fois, l'increvable Tom Cruise plonge son équipe dans une lutte à mort avec le mystérieux Syndicat, organisation qui privilégie le côté obscur partout dans le monde. Retrouvant ses compagnons de route Rhames et Renner - pince sans rire lors des commissions sénatoriales, narguant jubilatoirement le directeur de la Cia - Alec Baldwin futur membre de la série, et s'associant avec la belle découverte et absolument pas faire-valoir Rebecca Ferguson, Cruise témoigne que son âge n'est pas encore celui de la retraite, d'autant que le scénario ne lui laisse que peu de répit - entre une apnée périlleuse et une mémorisation piège. Oui, M:I mérite un 6e chapitre et pas dans 4 ans !

  26. Good Kill - (7) nous offre la version technologique - voire vidéo-"ludique" - de la guerre contre le terrorisme en suivant le quotidien américain du commandant Egan - Ethan Hawke toujours impressionnant - partagé entre son pilotage de drones au-dessus de l'Afghanistan et sa famille. Alors que celui-ci s'interroge sur la portée effective et l'efficacité de sa mission - symbolisée par la vision récurrente du viol d'une afghane par un taliban de passage, sa famille ne parvient ni à comprendre, ni à l'épauler dans sa souffrance. Bien sûr, ce film à charge est dans l'air européen (!) du temps. Bien sûr, les réfractaires au thriller psychologique s'ennuieront ferme. Bien sûr, le final est un peu bâclé. Mais la performance de Hawke et l'intelligence du script d'Andrew "Gattaca / Lord of War Niccol font de ce GK un thriller glaçant.

  27. This is not a Love Story - (7) tente le hold-up émotionnel de Nos étoiles contraires (J.Boone - 2014) qui triompha au box-office il y a deux ans. Cette fois, on s'intéresse à l'amitié contrainte d'un lycéen introverti - Thomas Mann banalement pas quelconque - qui "suède" des films indépendants avec son seul camarade - RJ Cyler pas seulement caution quota ethnique - avec une ancienne amie de maternelle leucémique - Olivia Cooke craquante et loin des sociopathes habituels. Formellement littéraire - le film est découpé en chapitres, cette fausse romance est plus intelligente que son mélo de script ne le laisse supposer, notamment grâce à l'empathie naturelle qu'entraîne ce trio improbable. Leur envie de vivre (ou de faire comme si) implique l'impression de funambule propre à l'adolescence, soulignée par des dialogues jamais nunuches, des situations rarement larmoyantes et une émotion réelle.

  28. Joy - (6,5) propose une vision funkie et optimiste de la vie de la créatrice de la serpillère magique, entrepreneuse milliardaire américaine à la famille particulièrement dysfonctionnelle - un ex qui vit dans son sous-sol, une mère qui ne vit que par les soap-opéras, un père divorcé et viré de son domicile. David O'Russell retrouve sa muse oscarisée - Jennifer Lawrence incroyable dans tous ses rôles même de mère célibataire et quarantenaire - pour incarner cette incarnation du rêve américain. Si seuls les premiers pas de l'inventeur l'intéressent, il choisit d'en faire une description insouciante et délirante, un Géo Trouvetou en jupon dont l'ingéniosité est à peine esquissé, secondé par ses complices habituels, Robert De Niro et Bradley Cooper, nous offrant un Feel-Good Movie de Noël, certes pas novateur, mais réussi.

  29. Invincible - (6,5) est une de ces improbables histoires que le plus imaginatif des scénaristes hollywoodiens n'oserait inventer tant le destin du héros - voleur adolescent / champion sportif / survivant de crash / naufragé pendant 47 jours / prisonnier torturé - aurait pu donner lieu à plusieurs films. Pour sa 2nde mise en scène, Angelina Jolie se concentre sur les années guerrières et la relation de son héros avec son terrible geôlier - impressionnant Miyavi - seul japonais à refuser le pardon d'après-guerre de Zamperini. Leur duel (édulcoré ?) tient en haleine pendant les 2/3 du film. Bien sûr, la réalisation de cette histoire vraie est totalement académique dans ses montées lyriques ou ses cadrages surlignants. Bien sûr, la linéarité du biopic a déjà été vue. Mais, l'humanisme jusqu'au-boutiste de Jack O'Connell bouleverse durablement.

  30. Les souvenirs - (6,5) est la 3e réalisation de l'ex-Robin, Jean-Paul Rouve, après Sans arme, ni haine, ni violence (2008) et Quand je serai petit (2012). Il nous offre une virée transgénérationnelle entre une grand-mère - émouvante et espiègle Annie Cordy - et un petit-fils - tendre Mathieu Spinosi - qui voit celle-ci fuir la maison de retraite-mouroir où l'ont cantonnée ses 3 fils - Michel Blanc en tête. Entre une dépression post-retraite et des rencontres scolaires improbables, des dialogues saugrenus (Ah, cette visite à l'office du tourisme !) et des tableaux animaliers colorés, un casting à l'unisson et quelques allers-retours émouvants, ces Souvenirs sont la bonne surprise française de ce début d'année et méritent largement son succès.

  31. Shaun le mouton - (6,5) témoigne du talent des studios Aardman qui, à contre-courant des modes, poursuit son œuvre en plasticine. Cette fois, Richard Starzak offre au personnage télé de Shaun un passage sur grand écran particulièrement réussi, en refusant le moindre anthropomorphisme et en misant sur le gag à tout prix. Pour ce faire, il narre les mésaventures du mouton vedette et de sa clique laineuse à Londres pour retrouver leur fermier devenu amnésique. Sans gras et en 3D, démultipliant les clins d'œil cinématographiques (Vive Les évadés !), les péripéties s'enchaînent sans temps mort, introduisant un sociopathe de fourrière très convainquant. Le tout est hilarant et rappelle que l'ordinateur n'a pas l'apanage de l'émotion.

  32. San Andreas - (6,5) est le film catastrophe de 2015 (rappelons que 2012 - R.Emmerich - a maintenant 6 ans). S'il ne se concentre que sur la Californie - et non sur l'habituelle planète, il utilise les ficelles du genre : destructions massives et impressionnantes, mort des méchants - qui prouve l'annulation de la série Forever (2014 - 2015), sacrifice des 2nds rôles et survie du héros - Dwayne "De plus en plus The Rock" Johnson - et de sa famille - car on sait déjà que tous survivront et que les amoureux séparés se retrouveront. Bien sûr, le pitch sert de scénario et les Fx sont plus que réussis. Bien sûr, le scénario est linéairement prévisible et la psychologie des personnages monochromatiquement ténue. Bien sûr, on ne sacrifie toujours pas les enfants ou les chiens. Mais le spectacle décérébré est au rendez-vous et cela suffit largement pour ce blockbuster.

  33. Snow Therapy - (6,5) n'est pas le film de vacances montagnardes rêvées tant ce film suédois bouleverse / détruit et reconstruit une paisible famille venue se détendre dans les Alpes françaises. Alors que toute la famille se repose au restaurant d'altitude, une avalanche voit Thomas - Johannes Bah Kuhnke brillant dans sa lâcheté - s'enfuir sans se préoccuper de ses enfants et son épouse. Son retour, une fois le danger passé, va alors déclencher davantage de dégâts que la coulée de neige, tout d'abord pernicieusement lors d'un repas entre amis où Ebba - Lisa Loven Kongsli impressionnante dans son implosion interne - met des mots sur l'incident. Dès lors, la famille va poursuivre sa semaine au bord du précipice jusqu'à une ultime sortie familiale brumeuse. Une thérapie de choc pour tous en somme.

  34. Hunger Games - La révolte : Partie 2 - (6,5) ne renoue pas avec la réussite des 2 premiers opus (2012 - 2013) mais fait oublier le pathétique premier volet de ce final. On retrouve donc Katniss - Jennifer Lawrence héroïnesque - prête à fondre sur Panem et son président - Donald Sutherland fielleux à souhait. Enfin spectaculaire, ce film propose quelques effets spéciaux dans les égouts qui viennent souligner l'engagement des acteurs et ne dénature pas les tensions dramatiques et les aspirations fascisantes de la présidente Coin - Julianne Moore glaçante lors de son ultime conseil de guerre avec les survivants des Hunger Games. Evidemment, les espérances en ce final ne pouvaient pas être toutes remplies, mais il se laisse voir sans aucun déplaisir, nous faisant patienter jusqu'à la nouvelle adaptation littéraire à succès.

  35. Into the Woods, Promenons-nous dans les bois - (6,5) triomphait à Broadway depuis 1986. C'est donc tout naturellement que cet improbable mix des contes Cendrillon, Raiponce, le petit Chaperon rouge et Jack et le haricot magique fait ses pas musicaux au cinéma. Epaulé par un solide casting - Meryl Streep, Emily Blunt et Anna Kendrick en tête, cette comédie musicale parvient à convaincre, malgré des chansons d'un autre temps, notamment par son mélange des genres, l'adjonction d'un couple de boulangers maudit par la sorcière de Raiponce et des histoires d'amour qui finissent mal en général. Si le nombre de twists finit par lasser, le plaisir général demeure néanmoins par la féérie de l'ensemble et l'alchimie des acteurs impliqués.

  36. Papa ou maman - (6,5) est, certes, moins méchant que son pitch (des parents en instance de divorce font tout pour que leurs "adorables" enfants choisissent l'autre parent) et la BA ne le laissaient supposer. Certes, certaines soirées (pour la fille complexée entre sa mère en mode MILF bourrée et son père philosophe dans un bar à striptease) ou après-midis (le paint-ball à 1 m, ça fait mal, alors à tir touchant...) sont cruelles. Certes, les parents sont des êtres civilisés, jamais lâches notamment face à une progéniture idéale (Il suffit de voir l'amour de leur baby-sitter). Certes, Stéphane Plaza aurait pu être le vendeur d'un bien (plus qu') atypique. Mais, en construisant progressivement cette descente aux Enfers familiale, les auteurs du Prénom (2012) nous proposent une mécanique efficace qui n'a le défaut que de ne pas être jusqu'au-boutiste. On rit énormément malgré un happy-end télévisuel.

  37. Un village presque parfait - (6,5) a tout du cinéma provincial et empathique de Jean Becker. Ce remake du film québécois La grande séduction (J-F.Pouliot - 2003) voit tout un village mentir/manipuler un médecin - chirurgien plasticien des stars - pour l'amener à s'installer pour au moins 5 ans afin que l'UE accepte de verser une subvention capable de remettre à flot l'ancienne salmoniculture locale. Entre un maire débonnaire et inventif - Didier Bourdon "sobrement parfait" - et un chien craquant, des habitants désespérément attachants - Lionel Astier et Denis Podalydès en tête - et une institutrice moqueuse - Gwendolyn Gourvenec pulpeusement à suivre, une absence de réseau et un téléphone sur écoute (Ah, les conversations érotiques...), Lorànt Deutsch a beaucoup à faire pour oublier son amour du cricket, son inculture de la pêche, son goût douteux pour la techno hardcore et sa suffisance de façade. Plus souriante qu'hilarante, cette chronique campagnarde vaut le détour par son humanisme feel-good et naïf qui fait du bien en ces temps délicats.

  38. Love & Mercy, la véritable histoire de Brian Wilson et les Beach Boys - (6,5) tente le biopic musical en se scindant en deux époques - géniale et paranoïaque - et deux acteurs - Paul Dano exceptionnel et John Cusack médicamenté. Pour sa première réalisation, le producteur Bill Polhad nous propose donc une relecture de l'enregistrement de l'album Pet Lovers passionnante et une rédemption amoureuse post-pharmaceutique. Il faut dire que la vie de Brian Wilson est suffisamment complexe pour ne pas tenir sur seulement 2 heures. Dès lors, le choix des scénaristes d'alterner ces 2 mondes flamboyants et traumatiques scelle le plaisir du spectateur, épaulé par des acteurs secondaires investis et crédibles - Elizabeth Banks en tête. La BO étant à la hauteur, ce L&M mérite la vision.

  39. Une belle fin - (6,5) suit John May - Eddie Marsan parfait - un modeste fonctionnaire sans vie sociale chargé de retrouver les proches des personnes récemment décédées afin de leur assurer des présences amies lors des enterrements. Pour ce faire, il épluche les biens des défunts récents pour retrouver toute connaissance susceptible d'accompagner une ultime fois le mort. L'enquête sur son propre voisin va l'amener à s'ouvrir au monde, rencontrant notamment Kelly - Joanne Froggatt, proposant une triste vision des hasards de la vie - la scène finale est particulièrement cruelle. Sans effets, mais tout en délicatesse, cette Fin est d'un fatalisme délicat dont la retenue touche durablement le spectateur. La sortie (plus que) discrète du film d'Uberto Pasolini ne doit surtout pas vous décourager de tenter cette triste aventure.

  40. Everest - (6,5) nous propose de suivre les décisions qui conduisirent à la plus meurtrière escalade de l'Everest en 1996. Pour ce faire, Baltasar Kormakur s'entoure d'acteurs confirmés - notamment pour les seconds rôles à l'instar de Robin Wright ou Jake Gyllenhaal - n'hésitant pas à tourner in situ, afin d'éviter une débauche d'effets numériques antinomiques de cette expérience qu'il a voulu plus qu'immersive, ou fait appel au véritable coordonateur de l'expédition - interprété par Sam Worthington - afin d'accentuer la véracité des événements. Il se concentre naturellement sur le très expérimenté et charismatique leader - brillamment incarné par Jason Clarke - et quelques figures du groupe - dont le survivant Josh Brolin - en nous offrant une première partie, parfois longuette, mais nécessaire pour comprendre ce qui va les conduire au drame, et une ascension en rien héroïque et pourtant tout à fait spectaculaire, en raison de paysages imposants voire intimidants. Bien sûr, on pourra critiquer certaines ellipses et autres choix de mise en scène, mais on ne pourra pas nier l'efficacité de cette (més)aventure.

  41. The Big Short : Le casse du siècle - (6,5) adapte le best-seller éponyme de Michael Lewis qui nous explique cyniquement la crise des subprimes et les conséquences bancaires qui en découlèrent. Fun - la crise expliquée par Margot Robbie dans sa baignoire, décomplexé et formellement réjouissant - les définitions en pop-up, ce film suit 4 laissés-pour-compte de Wall Street persuadés que l'euphorie boursière va s'effondrer vont jouer contre toutes les banques et autres officines financières du pays. Pour ce faire, Adam McKay s'entoure de Christian Bale, Steve Carell, Brad Pitt et Ryan Gosling - narrateur jubilatoire - afin de rendre nos pieds-nickelés sympathiques. Luttant contre un système dubitatif et prêt à tout pour se protéger, le quatuor - surtout le trader sans foi Gosling - parvient à rendre humble le Goliath bancaire. Edifiant mais encore d'actualité.

  42. Maggie - (6,5) est le premier "vrai" film d'Arnold Schwarzenegger qui, à presque 68 ans, interprète enfin un vrai personnage - un père déchiré entre son amour paternel et son devoir de père confronté à la zombification progressive et rapide de son enfant - Abigail Broslin à la hauteur. Les relations psychologiques de ce duo qui doit faire face aux forces de l'ordre - entre compréhension et obstination - et à leurs proches - du petit ami zombi et apeuré à la mère effrayée par le futur de son enfant - constituent la principale force de cette variation pandémique des Morts-Vivants cinématographiques. Sensible et humain, Maggie refuse les effets faciles du genre terrifique, privilégiant l'intelligence du spectateur. À raison ?

  43. Hôtel Transylvanie 2 - (6,5) poursuit intelligemment les aventures de la famille Dracula débutées il y a 2 ans (G.Tartakovsky - 2013). Après le mariage de sa fille unique et de l'humain Johnny, c'est au tour de son père et de son petit-fils d'être les héros / perturbateurs de son quotidien. En effet, entre l'ancêtre Vlad Old School et l'hybride Dennis, il ne sait plus où donner de la tête et du dentier pour que ses acolytes ne démultiplient pas les ennuis. Entre une animation Addams et des gags à plusieurs niveaux de lecture - et nombreux!, ce 2nd volet se savoure par toute la famille et autres morts-vivants. Vivement la suite sanglante !

  44. Au cœur de l'océan - (6,5) offre à Ron Howard un nouveau film inspiré d'histoires vraies. Cette fois, il relit la genèse de Moby Dick d'Herman Melville en présentant l'attaque du baleinier Essex par un gigantesque cétacé. Pour y parvenir, il allie sa maîtrise des effets numériques à un casting mené par Chris Hemsworth - son James Hunt du formidable Rush - 2013. Savant remix de Master & Commander (P.Weir - 2003) pour sa tempête prenante et Seul au monde (R.Zemeckis - 2001) pour la survie de l'équipage, cet Océan propose un spectacle aussi bien divertissant - la première partie épique - que terriblement humain - la seconde partie et la confession libératrice de Brendan Gleeson.

  45. Divergente 2 : L'Insurrection - (6,5) poursuit l'aventure de Tris - Shailene Woodley de plus en plus investie - et de Quatre - Theo James, musculairement dominant - pour le renversement de Jeanine - Kate Winslet, strictement despotique. Après un premier acte dans la veine apocalyptique du 1er opus (N.Burger - 2014) où on retrouve une partie des protagonistes (im)popularisés, on bascule dans le monde virginal et technologique des Erudits dans la 2nde partie où Tris devient une nouvelle Néo et révolutionne enfin la société locale. Ce basculement est d'ailleurs la meilleure partie de ce diptyque conçu comme un tout puisque la Vilaine en chef est destituée pour installer la mère de Quatre. Soutenu par des effets réussis et quelques trahisons passagères, le rythme ne faiblit pas et convainc largement plus que le 1er volet. Espérons que le prochain diptyque - jurisprudence mercantile HP oblige - sera à la hauteur.

  46. Une équipe de rêve - (6,5) est un documentaire anglais qui suit la tentative des Samoa Américaines pour se qualifier pour le Mondial 2014. Composée d'amateurs souvent maladroits qui tentent de se relever après la plus grande déculottée officielle de tous les temps - 31-0 contre l'Australie, l'équipe nationale passa une petite annonce pour engager le meilleur des entraîneurs. Mais seul le britannique et expérimenté Thomas Rongen postula pour ce rôle. Ce film, après un retour sur les nombreuses défaites des Samoa, se concentre sur ce choc culturel évident, marqué par les personnalités du puissant mais traumatisé gardien de but Nicky Salapu et du premier compétiteur transgenre Jaiyah Saelua. Des entraînements de plus en plus professionnels à l'ultime compétition qui bascule en 10 secondes surdécoupées cinématographiquement - et qui donnent son titre original "Next goal wins", ce témoignage vaut surtout par ses relations humaines et sa déclaration d'amour des différences si importantes pour l'évolution de nos sociétés.

  47. Crimson Peak - (6,5) est le nouveau rêve de Guillermo Del Toro qui, après le raté et esthétisant Pacific Rim (2013), revient à un fantastique réaliste. Pour ce faire, il plonge Mia "Alice" Wasikowska dans une histoire pas de, mais avec des fantômes et de sombres demeures où l'attendent Jessica Chastain et Tom Hiddleston, parfaits en frère et sœur particuliers. Orpheline américaine, Mia rejoint Tom, aventurier anglais décidé à financer sa maison d'Allerdale grâce à une de ses inventions. De multiples manifestations la mettent alors en émois et en garde contre le duo. Superbement mis en images, cet hommage à la Hammer ne laisse jamais indifférent malgré certains stéréotypes horrifiques. Il faut dire que Del Toro n'est pas un adepte du gore, lui préférant l'étrange et le perturbant. Au final, sans atteindre la perfection de son Labyrinthe (2006), CP vaut largement le détour.

  48. Manglehorn - (6,5) est une nouvelle performance d'Al Pacino qui, après The Humbling (B.Levinson - 2015), tient cette histoire de choix à bout de bras. Il incarne un serrurier qui a mis sa vie entre parenthèses après la mort de sa bien-aimée. Entre son chat souffrant et son fils qu'il délaisse, son métier parfaitement routinier et une caissière de banque - Holly Hunter à la hauteur - amoureuse, une petite fille qui parvient à l'émouvoir et un ancien élève devenu "presque" maquereau, son septuagénaire misanthrope - son humiliation de Hunter est particulièrement peu empathique - doit enfin décider de vivre et avancer. De tous les plans, Pacino rend ce veuf sympathique dans ses bassesses et empathique dans ses erreurs. Il ne lui reste plus qu'à trouver un rôle oscarisable et à succès !

  49. N.W.A. Straight Outta Compton - (6,5) romance - quitte à réécrire la réalité par et pour les fans - la révolution musicale que fut en 1987 le groupe de rappeurs NWA (Niggaz Wit Attitudes). Produit par les membres survivants - Ice Cube et Dr Dre en tête, il retrace l'amitié et les divers confrontations de 5 amis de la pire banlieue de Los Angeles - avec les forces de police et entre eux dès que le succès fut monétaire - de l'anonymat à la mort réconciliatrice d'Easy E (qui a dit que sa veuve coproduisait aussi ?). Malgré ses imperfections pour spécialistes - DJ Yella et MC Ren sont donc des potiches ?, SOC se savoure comme un western, sans temps morts, à la BO digne des meilleurs Morricone où les méchants sont nombreux et imprévisibles. Un biopic, même hagiographique, prenant et instructif, en somme.

  50. The Walk - Rêver plus haut - (6) se veut la version Live et 3D du documentaire oscarisé de James Marsh (Le funambule - 2008). Reconstituant la traversée de Philippe Petit entre les 2 tours de World Trade Center en Août 1974, Robert Zemeckis nous offre une évasion certes futile mais donc indispensable dans notre univers hyperconnecté. Pour ce faire, il offre à Joseph Gordon-Levitt le rôle du narrateur, alternant fausse interview face caméra et conspirations amicales qui le conduisirent à marcher au petit matin sur un câble tendu à plus de 500 m au-dessus du sol, et au spectateur des plans sublimes - à l'instar du premier pas sur le câble conjugué à la dissipation de la brume matinale. Bien sûr l'accent français du héros est un peu trop surfait et la folie du personnage fait parfois oublier son futur exploit. Mais au final, cette Balade se savoure sans vertige.

  51. Renaissances - (6) est un thriller d'anticipation qui voit le mania Ben Kinglsey mourant accepter la proposition du groupe Phénix de transférer son esprit dans un corps - celui de Ryan Reynolds investi depuis qu'il n'a plus rien à perdre à Hollywood - en bonne santé afin de profiter pleinement d'une nouvelle vie. Mais l'arrivée de souvenirs ne lui appartenant pas va le pousser à enquêter et à s'opposer à Phénix. Si la trame futuriste laisse très vite la place à un action movie basique, Reynolds y est convaincant et Matthew Goode fait un méchant suffisamment vicieux pour maintenir l'intérêt à cette 2nde chance. Seule la mise en scène de Tarsem Singh semble sage tant The Cell (2002) et The Fall (2006) paraissent loin. Mais qu'importe pour un divertissement estival.

  52. Hyena - (6) est un polar ultraviolent qui assure l'absence de rédemption à son antihéros de flic - Peter Ferdinando perdu à souhait, corrompu et alcoolique, confronté aux méthodes jusqu'au-boutistes des nouvelles mafias de l'Est. En essayant d'expliquer aux gangsters albanais les règles du milieu londonien, il se condamne au pire, ainsi que son entourage, d'autant plus qu'il tente en chemin de les faire chanter et de sauver une de leur prostituée. Leur réaction sera bestiale et rougeoyante. Poisseux et nihiliste jusqu'à son final inattendu et intelligemment frustrant, Hyena n'offre ni échappatoire ni empathie pour un quelconque personnage. Mais, alors que son scénario se suffit à lui-même, Gerard Johnson choisit de sursouligner son propos en plagiant les polars et les metteurs en scène récents (Qui a dit Nicolas Winding Refn ?). Le mieux est alors l'ennemi du bien et affadit son propos. Dommage car cette descente crépusculaire n'en avait pas besoin.

  53. Les Minions - (6) souffre de débuter par la meilleure séquence, un véritable court-métrage qui suit les tentatives historiques et létales des Minions à trouver leur patron démoniaque. La suite, malgré les excellentes idées de Pierre Coffin - la famille croisée par les 3 héros, par exemple - souffre d'un trop plein d'agitation et de gags qui ont du mal à cacher la maigreur du scénario et dont le final gigantesque n'est pas la meilleure partie. Heureusement, le trio Kévin - Stuart - Bob est suffisamment délirant pour nous faire oublier ces quelques défauts et leur passage à la tête du Royaume britannique assure de grands éclats de rire. Entre un caméo qui fait le lien avec la franchise originale (2010 - 2013) et le langage Banana des Minions, ce spin-off / préquel laisse augurer de nouveaux chapitres. Souhaitons-leur seulement un scénario plus captivant.

  54. Ex Machina - (6), à l'instar d'Eva (K.Maillo - 2012), nous offre une plongée moderne vers un futur cybernétique qui aspire à son humanité. Cette fois, nous suivons la semaine passée par le jeune programmateur Caleb - Domhnall Gleeson - chez son patron - Oscar Isaac en mode ermite - à la suite d'une loterie interne. Ce dernier doit faire passer un test de Turing à une machine intelligente - Alicia Vilkander - sous l'égide de son employeur. Entre naïveté du personnage principal et espoir d'Ava de découvrir le monde, isolement du génial fou et sexdroïde, manipulations multiples et final d'apprentis sorciers, cet Ex Machina réjouit sans être révolutionnaire, surprend sans être un twist inattendu, captive sans fausse note. De l'anticipation intelligente, en somme.

  55. Les Suffragettes - (6) présente la lutte d'anglaises pour acquérir le droit de vote malgré l'opposition farouche du gouvernement, qui instrumentalise sa police pour réprimer leur volonté d'émancipation. Afin de personnaliser cette lutte, Sarah Gavron offre à Carey Mulligan un rôle d'héroïne brisée par le machisme ambiant, perdant son fils abandonné par son lâche de mari - Ben Whishaw servilement haïssable - et poursuivi par l'inspecteur Brendan Gleeson convaincu par la pertinence du combat mais aux ordres. Si Gavron parvient à traduire pleinement son combat et son évolution, afin de faire de la petite histoire la Grande, elle échoue à transcender le tout, n'utilisant sa mise en scène que pour un téléfilm prenant. Le combat égalitaire des Suffragettes est suffisamment passionnant pour que la forme ne soit pas essentielle à l'intérêt du film. Mais elle méritait mieux.

  56. Terminator Genisys - (6) parvient à relancer la franchise en faisant comme si les 2 derniers chapitres (J.Mostow / 2003 - McG / 2009) n'avaient jamais existé. Pour y parvenir, le duo de scénaristes multiplie les failles temporelles quitte à réécrire les 2 premiers volets. Alors, bien sûr, soit on adhère - ce qui est globalement mon cas, malgré le vieillissement du Gardien du Temple - Arnold n'est pas encore fini malgré une série très noire au Box office, soit on souffre de tant d'incohérences et d'action linéaire qui transforment ce potentiel blockbuster en simple Shoot'm up. Si la bande annonce spoile le twist principal de l'histoire, le nouveau duo principal - Emilia Clarke / Jay Courtney - seconde plaisamment le souriant Schwarzenegger. Au final, ce TG mérite mieux que la curée sans précédent qui a frappé sa promotion particulièrement calamiteuse. Certes, ce n'est pas un chef d'œuvre mais un honnête divertissement qui cartonnera en bluray !

  57. Belle et Sébastien : L'aventure continue - (6) est un divertissement à l'ancienne qui offre à chaque personnage ses moments d'humanité et/ou de rédemption. On retrouve le duo créé par Cécile Aubry peu après la libération, attendant le retour de leur (presque) mère Angelina - Margaux Châtelier quasi-caméo cette fois - dont l'avion s'est abimé dans les montagnes. Alors que tous la pensent morte, le gentil Félix Bossuet se refuse à le croire et pousse son grand-père - Tchéky Karyo humaniste patriarche - à faire appel au seul pilote de la région - et vrai père (qui l'ignore) du héros - Thierry Neuvic antipathique de façade - pour la retrouver. Bien sûr, le tout est naturaliste et nostalgique à souhait, avec de petites aspérités - les rencontres avec un ours et une jeune italienne - pour captiver pleinement la famille entière. Mais la fraîcheur des acteurs font de ce film à la Papa un bon moment de fin d'année. Pas transcendant, mais agréable.

  58. Spy - (6) pourrait être la version girlie de Johnny English (2003 - 2011) si Melissa McCarthy n'était pas aussi excessive dans son interprétation de la discrète analyste de la CIA obligée d'aller sur le terrain après la disparition de son espion traitant - Jude Law en mode Bond mais pas trop. Il faut dire que Peter Feig est connu pour sa finesse parfois canalisée (Les flingueuses - 2013), parfois non (Mes meilleures amies - 2011). Cette fois, il offre à son imposante égérie la possibilité de sauver le monde en récupérant un missile nucléaire, à Jason Statham de s'amuser en incarnant un espion pathétique et macho et au spectateur un divertissement rebondissant et parodique. Cela ne changera pas la face du monde mais ça nous donnera une justification suffisante pour aller pouffer dans une salle climatisée.

  59. La femme au tableau - (6) est de ces histoires vraies inattaquables où David - une vieille dame juive Helen Mirren soutenue par un jeune avocat Ryan Reynolds qui lui sacrifie tout - renverse Goliath - l'Autriche et ses mauvaises conscience et foi personnifiées par le représentant du musée du Belvédère particulièrement antipathique. Dès lors, alors que les rebondissements réels - à la Erin Brokovitch (S.Soderbergh - 2000) - sont suffisamment présents pour soutenir l'attention de n'importe quel spectateur, pourquoi avoir choisi l'académisme le plus barbant - aux flashbacks classiques, bien que nécessaires - digne des pires téléfilms scolaires pour nous présenter cette histoire de vie ? On se partage alors entre la consternation et l'envie d'en savoir plus, ce sentiment demeurant heureusement prépondérant.

  60. Le nouveau stagiaire - (6) voit papy De Niro reprendre du service après la mort de son épouse en décrochant un stage dans une Start-up dirigée par la Working-girl Anne Hathaway surbookée entre son site de mode, sa petite fille et son conjoint qui s'éloigne peu à peu. Initialement anachronique dans cet univers où la jeunesse est une vertu, De Niro devient peu à peu indispensable à tous, telle la figure d'un Commandeur bienveillant. Bien sûr, tout est anodin et naïvement gentillet, mais un film positif doit-il être moqué systématiquement, d'autant plus que les péripéties sont relativement nombreuses et suffisamment intelligentes pour se suivre avec le sourire ? Donc à voir pour ce qu'il est : un feel-good movie d'automne.

  61. Sicario - (6) suit une apprentie Clarice Stirling - Emily Blunt - intégrer une section spéciale du FBI afin de débusquer le responsable d'un cartel qui sévit des 2 côtés de la frontière mexicanoricaine. Guidée par un Benicio Del Toro caricaturalement mystérieux, elle va accepter de se perdre pour exécuter sa mission et protéger le monde libre du vilain narcotrafiquant. Présenté ainsi, Sicario aurait pu être un pathétique téléfilm sous la direction d'un quelconque tâcheron. Mais, c'est Denis "Prisoners" Villeneuve qui dirige et il a déjà prouvé que le happy end n'était pas son but premier. Dès lors, l'enquête devient viscérale, ponctuée par le cynisme de Josh Broslin, l'acharnement de Del Toro et la droiture morale de Blunt. Si le final vengeur peut décevoir, il demeure pourtant logique et annoncée par le prégénérique. Vivement la suite de Blade Runner (R.Scott - 1982).

  62. Le tout nouveau Testament - (6) hésite entre folie fantastique, incarnée par la jeune Pili Groyne et ses futurs apôtres - de l'Assassin Damiens à la Gorillaphile Deneuve en passant par l'ornithologue voyageur De Nevk ou le scribe clochard Lorenzini - et le comique petit bras vantée par une bande annonce mensongère (pléonasme) - dont les meilleures saillies sont les commandements mesquins de Benoit Poelvoorde. D'un pitch simpliste - Belge et méchant, Dieu opprime sa femme et sa fille jusqu'à ce que cette dernière se rende sur terre afin de fonder une nouvelle religion, Dormael, absent depuis le bide abyssal de Mr Nobody (2010), réalise un film malin mais pas entièrement réussi comme si son originalité phagocytait son propos. Certes, on passe un bon moment, mais il y a un soupçon de déception au final.

  63. Strictly Criminal - (6) est un biopic policier improbable en raison de la convergence anachronique d'un agent fédéral (Joel Edgerton sacrifié), d'un sénateur (Benedict Cumberbatch fraternel) et d'un caïd (Johnny Depp prothésé capillaire) irlandais alliés pour évincer la mafia italienne de Boston. Couvert par son ami d'enfance, ce dernier en profita pour devenir le nouveau parrain et multiplier en toute impunité les éliminations d'opposants et autres trafics pendant une décennie. Sur un schéma classique d'infiltration inversée, Scott Cooper brosse un double portrait, celui d'un monstre opportuniste - parfaitement incarné par Depp investi - et d'une époque révolue (?) de coups fourrés et d'accointances amorales, largement aidé par son sujet - Bulger passa 16 ans en cavale avant d'être arrêté par le FBI et l'agent Connolly refusa de vendre son ami pour sauver sa tête - et son trio d'acteurs principal. Bien sûr, on a vu d'autres thrillers plus stressants ou renversants, mais ce SC mérite d'être apprécié en salle.

  64. Le voyage d'Arlo - (6) souffre d'être le second film produit cette année par Pixar après le chef d'œuvre Vice Versa (P.Docter - 2015), tant la comparaison avec cette uchronie préhistorique est constamment en la défaveur de ce Voyage. Ainsi, ce film pille tout l'univers Disney - Le Roi Lion (R.Allers & R.Minkoff - 1994), Dinosaure (R.Zondag & E.Leighton - 2000) pour les plus évidents - sans originalité - un père mort et un animal de compagnie. Il faut dire que ce projet est resté 6 ans en gestation voyant le metteur en scène originel être "déplacé" et une part de l'équipe virée. Pourtant, bien que s'adressant à une public très (trop !) jeune, ce Voyage nous réserve quelques belles idées - une relecture du T-Rex, la folie survival des ptérodactyles - au profit d'une technique sans faille. Au final, le tout est parfaitement anodin mais peut se voir sans honte.

  65. Babysitting 2 - (6) est la comédie dont on n'attend rien et qui ne nous déçoit pas - comme les 11 Commandements (F.Desagnat & T.Sarrioux - 2004) en son temps. On retrouve donc Franck - Philippe Lacheau - et ses amis en virée au Brésil afin qu'il puisse rencontrer le père - Christian Clavier en roue libre - de sa fiancée - Alice David. Mais ce dernier leur confie sa mère - Valériane de Villeneuve grabataire qui s'ennuie - une après-midi. La disparition de la troupe et la découverte de caméras DV vont alors renouer avec l'esprit du premier volet. Si le tout ne vole pas haut, la bonne humeur général, les exploits sportifs improbables - Mais oui, on peut sauter en parachute !, les running gags sexués et/ou régressifs, les poursuites absurdes - Non, il ne faut pas bruler le foyer des autochtones - et les réparties vachardes de la (fausse) grand-mère font passer un bon moment, du moment que vous avez laissé votre cerveau à l'entrée. C'est fun, décomplexé et idiot. Mais vous riez vraiment, ce qui fait du bien en ses temps troublés.

  66. Hacker - (6) vaut davantage que le monumental plantage américain ne le laissait supposer. Si l'histoire de la recherche sino-américaine des pirates informatiques responsables de l'explosion d'un réacteur nucléaire et de la manipulation de cours boursiers ne révolutionne pas le genre - d'autant qu'elle se double d'une vengeance et d'un amour (pas tout à fait) impossible, l'alchimie du trio principal, Leehom Wang en tête, parvient à pleinement nous divertir d'autant que Michael Mann démultiplie les combats - un geek bâti comme un dieu Aasgardien peut toujours botter le derrière de membres de triades! - et les disparitions empathiques afin de parfaire un thriller ciblé pour le public asiatique. Si on attend toujours le War Games (J.Badham - 1983) du XXIe siècle, ce Hacker est un honnête thriller linéaire mais agréable.

  67. Clochette et la créature légendaire - (6) poursuit l'exploitation du filon Clochette (2012 / 2014 - P.Holmes). Mais, en laissant cette dernière largement de côté, Steve Loter renouvelle sans transformer la vallée des fées. Il suit en effet Noa, fée des animaux, protéger Grognon, un étrange animal apparu à la suite du passage d'une inquiétante comète, en dépit de l'avis de Nyx, en charge de la sécurité de la vallée. Le tout est bien entendu enfantin, mais à la différence des autres DtV sortis sur nos grands écrans, sans niaiserie excessive. L'animation devenant de plus en plus soignée et la psychologie des fées plus poussée, cette 6e aventure se savoure en famille et sans hésitation.

  68. My Old Lady - (6) a tout du piège à cabotinage. En effet, la découverte par un new-yorkais sexagénaire - Kevin Kline quasi disparu des premiers rôles depuis la fin des 90's - de l'occupation de son appartement parisien hérité récemment par une grand-mère de 92 ans - Maggie Smith - et sa fille - la toujours formidable Kristin Scott Thomas - pouvait laisser redouter de multiples effets de manches éléphantesques. Or, c'est (presque) tout le contraire qui se produit car le trio fait acte de finesse et de retenue que les personnages français - Stéphane Freiss en tête - auraient gagné à suivre. Si le basculement vers une romance potentiellement incestueuse n'apporte pas nécessairement la fraîcheur attendue, l'alchimie du trio majeur est particulièrement empathique et nous fait passer un bon moment de légèreté.

  69. The Humbling - (6) suit, comme Birdman (A.G.Iñárritu - 2015), un acteur de théâtre - Al Pacino convaincu - entre dépression et retour sur scène chaotique - mourir ou ne pas mourir sur scène, telle est sa Question. En effet, persuadé d'avoir perdu son talent - magnifique cauchemar d'avant scène par exemple, Pacino se retire de toute activité artistique - à l'exclusion d'une future publicité culinaire - pour entamer une relation avec une femme qu'il connait depuis l'enfance. Adaptation du roman Le rabaissement de Philip Roth, l'histoire paresseusement filmée par Barry Levinson (mais que lui est-il arrivé depuis Rain Man - 1988 - ou Sleepers - 1996, à l'exception de The Bay - 2013 ?) ne vaut que par et pour Pacino qui prouve magistralement qu'il est toujours brillant. Ne lui reste plus qu'à trouver un projet mainstream à sa hauteur !

  70. La nuit au musée : Le secret des Pharaons - (6) est la tournée d'adieu du duo Shawn Levy - Ben Stiller après 2 opus (2007 - 2009) qui nous avait familiarisés avec le Muséum d'Histoire Naturelle new yorkais et ses membres inattendus (Roosevelt, Jedidiah, Octavius, Ahkmenrah, Attila, Sacajawea et Dexter). Alors que la tablette magique perd de son pouvoir, la fine équipe se rend à Londres pour tenter au près des parents du pharaon de sauver les habitants du musée. Particulièrement familial - avec ses transmissions père - fils, cette conclusion s'appuie sur des effets spéciaux toujours convaincants, une absence de "vrais" méchants, des caméos bien vus (Hugh Jackman en Wolverine arthurien !), des retours express (Mickey Rooney y fait son ultime apparition), des clins d'œil à la franchise (l'os pour le triceratops) et une bonne humeur généralisée pour nous proposer un bon moment, évidemment pas inoubliable, mais tout à fait honorable.

  71. Annie - (6) est une nouvelle adaptation du Musical rendu célèbre par les titres Tomorrow ou It's a hard knock Life depuis sa création à Broadway en 1977. Cette fois, la jeune orpheline - Quvenzhané Wallis, découverte dans les Bêtes du sud sauvage (B.Zetlin - 2012) - devient indispensable à un milliardaire - Jamie Foxx - désireux de devenir le prochain maire de New York. Entre une vice-présidente amoureuse - Rose Byrne attachante - et une (presque !) marâtre "directrice" d'orphelinat (Cameron Diaz parfaitement détestable), un directeur de campagne prêt à tout - Bobby Cannavale - et un amoureux transi - David "Batista" Zayas, Annie aura fort à faire pour retrouver ses parents et un nouveau foyer. Bien sûr, on pourra se gausser de la gentillesse des personnages et la naïveté des situations. Mais Annie est un conte de fées et il nous séduit encore dans cette version hollywoodienne.

  72. Selma - (6) a tout de l'hagiographie historique et scolaire culpabilisante, notamment en raison d'une mise en scène particulièrement statique, mollassonne et télévisée. Heureusement, le thème central est suffisamment empathique - la marche noire pour les droits civiques qui débuta (plutôt mal !) à Selma petite bourgade raciste d'Alabama - pour que ces défauts soient laissés de côté. Il faut dire que la violente répression de la marche pacifiste par les forces de l'ordre locales marque durablement l'esprit, à l'instar de la violence du Ku Klux Klan insuffisamment présente dans cette 1ère bio de Martin Luther King - sobrement mais efficacement interprété par David Oyelowo. La réussite du projet, bien que très largement monochromatique et assurément pédagogique, est de ne pas avoir voulu n'être qu'une suite d'événements chapitrés de la vie de MLK, mais de se concentrer sur cet épisode fondateur des 60's. À voir davantage pour son édification que pour son importance cinématographique, donc.

  73. Big Eyes - (6) est à nouveau un Burton mineur - comme on peut le dire pour le Woody annuel. Cette fois, il se concentre sur une imposture artistique qui défraya la chronique américaine aux débuts des 60's : la paternité de tableaux aux personnages aux yeux immenses signés Keane. Pour ce faire, il s'appuie sur le couple Amy Adams (peroxydée et talentueuse) - Christoph Waltz (publicitaire et manipulateur) dont l'évolution colle à celle de la société américaine et de la place de la femme. Si la première parvient à incarner l'hésitation de la création, le second par son extravagance et sa folie - à l'instar de la scène allumette - campe un Sardanapale jusqu'au-boutiste capable de tout perdre au lieu de reconnaître ses mensonges. Métaphore de la carrière actuelle de Burton ? Espérons que non...

  74. Une merveilleuse histoire du temps - (6) a le principal défaut d'être un évident écrin à Oscar pour (le déjà récompensé aux Golden Globes et aux BAFTA) Eddie Remayne. En effet, en racontant la vie de l'astrophysicien visionnaire et handicapé par une dystrophie neuromusculaire Stephen Hawking, James Marsh nous offre le parfait biopic à récompenses. Pourtant, cette aventure amoureuse - Felicity Jones ayant autant d'importance que le héros - et scientifique - de son doctorat aux multiples réticences des physiciens et autres cosmologues - passionne sans misérabilisme, ayant opté pour la description objective et humaine d'un assoiffé de vie. Bien sûr, la barrière vers le pathos culpabilisant est parfois très (trop ?) mince. Bien sûr, la mise en scène demeure d'un formalisme académique. Mais son personnage central possède suffisamment d'aspérités pour cultiver le spectateur qui a le temps.

  75. Chappie - (6) est la 3e escapade science-fictionesque réaliste de Neil Blomkamp qui, après l'immense ratage d'Elysium (2013), renoue avec l'oppression de District 9 (2009). Cette fois, c'est un robot policier, kidnappé et rebooté, qui devient l'objet de l'attention des autorités, d'autant qu'il a développé la faculté de penser par lui-même. Dans un monde où l'uniformisation et la répression sont au cœur du système défendu par Sigourney Weaver et Hugh Jackman, Chappie - vocalement Sharlto Copley - trouvera refuge auprès des Mysfits de la société, incarnés par le geek Dev Patel et l'albinette virginale Yo-Landi Visser, s'émancipant de sa programmation. Bien sûr, le scénario ressemble beaucoup (trop ?) à D9 et l'ancrage réaliste / post-apocalyptique de Chappie finit par faire marque de fabrique de Blomkamp. Mais si le prochain film bouleverse enfin son univers, on pourra toujours voir C comme l'ultime volet de sa trilogie. Sinon, C sera la preuve de sa perte d'inspiration.

  76. Taken 3 - (6) clôt les aventures létales de Bryan Liam Neeson Mills. Cette fois, en quittant les sentiers balisés des rapts passés (P.Morel / O.Megaton - 2008 / 2012), ce final est une version survitaminée du Fugitif (A.Davis - 1993) car le héros, accusé du meurtre de sa femme, doit échapper au FBI et venger sa mort. Si la trame demeure simpliste et linéaire, le plaisir du spectateur repose sur les scènes d'action réussies et sans scories, les acteurs particulièrement investis (Maggie Grace et Forest Whitaker en parfait contrepoids du Terminator du 3e âge) et le rythme effréné du script de Maken et Besson. Bien sûr que T3 est confortable. Mais pourquoi bouder le plaisir de retrouver de vieux amis ?

  77. Avengers : L'ère d'Ultron - (6) corrige le défaut de leur première réunion (J.Whedon - 2012) en offrant un méchant d'anthologie : l'intelligence artificielle Ultron. Se servant de la mythologie Hydra, il va confronter nos héros à l'extinction de la race humaine saupoudrée d'impérialisme US. Pourtant malgré une nouvelle fratrie superpuissante - Elizabeth "Je suis l'autre sœur" Olsen / Aaron "Kick-Ass" Taylor - Johnson - et de nombreuses scènes intimes - Jeremy Renner a enfin sa vraie place, ce 2nd volet déçoit car bien que spectaculaire, il manque une pointe d'émotion - et ce n'est pas la relation amoureuse entre Hulk et la Veuve Noire qui va contrebalancer cette mauvaise impression - et d'empathie comme si cet épisode n'était là que pour le titanesque annoncé Civil War. Au final, Ultron divertit, mais sans plus.

  78. Snoopy et les Peanuts - Le film - (5,5) voit Charlie Brown tenter de dépasser sa timidité pour impressionner la nouvelle élève de la classe pendant que Snoopy poursuit le Baron rouge en écrivant l'histoire de son ami. Si les Peanuts ont déjà connu des chapitres cinématographiques, celui-ci bénéficie des techniques récentes tout en conservant l'épure des lignes créées par Charles M. Schulz en 1950. Là est d'ailleurs la principale force de ce dessin animé atypique qui préfère l'histoire sur sa longueur qu'à l'accumulation de courtes saynètes pseudo-comiques. Le problème est alors de rentrer ou non dans cet univers quasi naïf, sans tension particulière mais par petites couches (trop ?) quotidiennes. Ce n'est pas révolutionnaire, mais cela peut plaire.

  79. En route ! - (5,5) divertit gentiment en nous contant les mésaventures d'un BOOV, Oh, extraterrestre multipattes coloré mais gaffeur, qui a - forcément accidentellement... - révélé aux ennemis de son peuple, les GORGS, leur nouvelle terre d'adoption après que les siens aient envahi notre planète nous parquant - mais gentiment ... - en Australie. Associé à l'orpheline Tif à la recherche de sa mère, il va tout faire pour les sauver sans sacrifier sa nouvelle amie. Si l'histoire est trop souvent infantile, l'animation bigarrée, la bonne humeur bisounours et quelques bonnes idées (le "retournement" de situation) font passer un bon moment même si le tout s'adresse essentiellement aux plus jeunes.

  80. Still Alice - (5,5) a le même défaut qu'Une merveilleuse histoire du temps (J.Marsh - 2015), celui d'être un écrin à récompenses pour son actrice principale, Julianne Moore. Il faut dire que son interprétation toute en retenue de cette brillante universitaire atteinte précocement de la maladie d'Alzheimer est simplement remarquable, à l'image de cette vidéo qu'elle s'est envoyée pour se suicider. Moore vampirise le film, ne laissant que des miettes à ses partenaires à la singulière exclusion de Kirsten Stewart, sa plus jeune fille, et apprentie actrice. Soulignée souvent maladroitement par une mise en scène scolaire, la déchéance est implacable, malgré les bonnes volontés familiales. Dès lors, voir Still Alice s'apparente davantage à un sacerdoce qu'à un nième divertissement.

  81. Projet Almanac - (5,5) tente un mix entre le F3 (found foutage film) et le génial Effet papillon (E.Bress & J.M.Gruver - 2004) en permettant à un groupe d'ados de remonter dans le passé et le changer à leur avantage, avant de prendre conscience des répercussions désastreuses que ces voyages peuvent avoir sur le présent. Hélas, après une première partie plaisante, en voulant greffer une love story à son aller-retour fantastique - afin d'attirer le maximum de public, enfin d'ados, Dean Israelite perd de vue le fun de son projet initial soulignant le vieil adage "Tout ça pour ça". Au final, si le tout reste divertissant, il ne vous fera pas vous relever en pleine nuit.

  82. Oups! j'ai raté l'arche... - (5,5) souffre de l'engorgement animé de cette année et d'une animation maladroite mais attachante. En racontant la tentative de 2 races animales inconnues - les Grymps et les Nestrians - d'intégrer l'arche de Noé, le duo Genkel - McCormack démultiplie les mésaventures de Leah et Finny, rejetons antagonistes, pour rejoindre leurs parents survivants respectifs en choisissant de privilégier la cible des plus jeunes, à l'instar des héros, par un design coloré et anodin, des dialogues gentillets et sporadiquement calambouresques et de bons sentiments rassurants. Ce n'est pas que cette production européenne soit ratée, mais en s'adressant aux (franchement !) plus jeunes, elle devient anodine et télévisuelle.

  83. No Escape - (5,5) offre une virée asiatique cauchemardesque à Owen Wilson et sa famille. Venu y faire fortune, ses rêves paradisiaques sont renversés par un coup d'état qui plonge son pays d'accueil dans le chaos et transforme notre héros en proie, puisque la multinationale qu'il représente et son homme de main - Pierce Brosnan de plus en plus crédible en méchant Bondien - en sont la cause. Dès lors, entre survival grand public et action movie à suspens (l'évasion par les toits, par exemple), ce thriller linéaire divertit cahin-caha jusqu'à son final paresseux (tout le monde est sauvé sauf les méchants !). Certes tout n'est pas à jeter, mais n'espérez pas en garder un souvenir impérissable.

  84. Joker - (5,5) voit Jason Statham retrouver son personnage emblématique de superhéros castagneur et taciturne. Ici, il incarne un ex-marine dont l'ex, escort à Vegas, a été battue et laissée pour morte par un maffieux puissant. Lui ayant permis de se venger, il devient alors la cible de la vindicte du truand - Milo "Heroes" Ventimiglia parfaitement antipathique. Si l'histoire est linéaire et sans surprise, les high-kicks de ce célèbre assassin, capable d'éliminer les méchants avec une petite cuillère, font mouche, remplissant parfaitement son quota de scènes décérébrées et sans culpabilités - jusqu'au nom sauvage du héros. Si vous avez envie de vous divertir - et pas seulement si vos Dieux sont Van Damme et Statham, ce Joker est fait pour vous.

  85. Chemins croisés - (5,5) tente de renouveler la comédie romantique en nous proposant une double histoire, qui permet au passé d'éclairer le présent. Bien sûr le duo principal est caricaturalement aux antipodes - Britt Robertson la craquante professionnelle d'art et Scott Eastwood le ténébreux champion de rodéo blessé. Bien sûr, Alan Alda humanise au mieux son veuf éploré. Bien sûr, adapter Nicholas Sparks casse parfois la baraque. Bien sûr, nous savons comment cela va s'achever. Pourtant, malgré la bonne volonté des acteurs et quelques jolies idées - de la liseuse romanesque à l'héritage inattendu, le tout est anodin et s'oublie une fois la salle de cinéma quittée.

  86. La promesse d'une vie - (5,5) suit un père - le réalisateur Russel Crowe ayant proposé ce rôle à l'acteur Russel Crowe - veuf prématuré venir chercher en Europe en 1919 le corps de ses 3 fils morts/disparus lors de la bataille des Dardanelles. Forçant de multiples portes, il sympathise avec la propriétaire - Olga Kurylenko pas toujours convaincante - de l'hôtel où il réside à Constantinople (Turquie) et l'ennemi de hier qui l'accompagne dans son enquête à rebours. Bien sûr, l'accumulation d'abracadabrants rebondissements et de flashbacks ou le mélange des genres ad nauseam peuvent rebuter. Mais la volonté de bien-faire et l'honnêteté de Crowe sont évidentes et contribuent à apprécier ce drame historique - sans doute trop - à l'ancienne.

  87. Ant-Man - (5) souffre d'être le premier film de superhéros superflu car en ne mesurant qu'un centimètre, il est compliqué de sauver l'univers voire le monde ou la ville. Dès lors, malgré la bonne volonté de l'antihéros par excellence Paul Rudd et quelques réparties comiques, cet Homme-fourmi est au mieux anecdotique, tant le scénario démultiplie les poncifs - la relation père/fille compliquée, le disciple qui trahit son mentor, l'entreprise tentaculaire qui veut spolier le génial inventeur. Pourtant, en forçant davantage sur le ton parodique - incarné entre autres par le bras cassé Michael Peña - et en assumant pleinement d'être un Marvel mineur, il y avait la place pour faire de cet Ant-Man un superhéros Bigger Than Life, d'autant que le duo Douglas - Lilly se donne à fond. Le remplacement d'Edgar Wright par Peyton Reed a mis fin à cette possibilité, au profit d'un divertissement lambda. Tant pis.

  88. Lost River - (5) suit une famille monoparentale tenter de survivre à la crise en sauvant leur maison de la banque créancière. Pendant que la mère - Christina Hendricks - accepte de devenir le fantasme plastifié de mâles plus ou moins dégénérés - Ben Mendelsohn en tête, le fils aîné - Iain De Caestecker - découvre une route secrète vers une cité engloutie. Particulièrement métaphorique, le premier film de Ryan Gosling - aussi scénariste - ne manque pas de qualités. Mais sa volonté de trop bien faire - le choix de Détroit en déliquescence, les multiples références à ses maîtres réalisateurs, Winding Refn et Lynch en tête, la noirceur cauchemardesque des inhumains croisés par les "héros"... - finit par être contre-productive. Un essai perfectible, en somme, mais à suivre.

  89. Youth - (5) a tout pour séduire : un casting 5 étoiles (Caine, Keitel, Weisz, Dano), une réflexion sur le temps certes pas originale mais globalement prenante, quelques plans oniriques et/ou séduisants (la scène qui donne l'affiche française !) ou des personnages dévastés - jeunes et vieux - qui existent tous dans l'étrangeté. Pourtant, quelque chose ne marche pas, comme si la juxtaposition de ces qualités potentielles ne parvenait jamais à se regrouper et ne restait que superficielle. Sans doute prétentieux et ne réussissant qu'un film sur deux - entre Il Divo (2008) et La Grande Bellezza (2013), il y avait eu This must be the Place (2011), Paolo Sorrentino se perd dans sa tentative Allenienne. Pas totalement raté, mais bien en deçà de mes espérances.

  90. Ricki and the Flash - (5) voit Meryl Streep tenter de se racheter après avoir sacrifié sa famille à sa carrière de rockeuse à frange, suite à la tentative de suicide de sa fille. Si le pitch rédempteur est sympathique - et la famille légèrement dysfonctionnelle, la réalisation plan-plan - où est donc passé le Jonathan Demme du Silence des agneaux (1991) et de Philadelphia (1993) ?, les situations passe-partout, les dialogues paresseux, le choix de la Streep multicarte, la présence d'acteurs de seconde zone ou démotivés, la BO paresseusement 80's et hit-paradesque amoindrissent la portée de cet aimable téléfilm d'avant-noël. Le tout se voit sans déplaisir mais s'oublie aussi tôt la salle quittée.

  91. Au Royaume des singes - (5) est le nouveau documentaire animalier Disney Family qui, après les Félins et les Grizzly(s) (A.Fothergill & K.Scholey - 2012 / 2014), suit le "quotidien" scénarisé de macaques à toque de l'île du Sri Lanka, notamment la jeune mère Maya qui, malgré son appartenance au bas de l'échelle sociale, aspire à élever son fils dans les plus hautes branches de l'arbre des macaques. Volontairement anthropomorphique, les documenteurs Disneynature s'adressent aux plus jeunes amateurs et à la famille dominicale. De là à être bouleversé dans une salle, il y a un monde que la magie simiesque ne parvient pas à nous faire franchir malgré leurs luttes et de leurs comportements si humains. Mais les plus jeunes y passeront un bon moment.

  92. Vive les vacances - (5) se concentre sur le voyage cauchemardesque des Griswold à travers les États Unis pour rejoindre un parc d'attraction. En multipliant les scènes scatos (lors d'un revival estudiantin ou d'un bain particulier) et les péripéties les plus vulgaires (Qu'il est difficile d'effacer un sexe peint sur une voiture improbable !), ce Very Bad Trip n'est pas le nouvel écrin comique qu'Ed Helms espérait. Pourtant entre l'exhibitionnisme membré de Chris Hemsworth, le suicidaire Charlie Day ou l'accident vaché, quelques sourires viennent nous rappeler que ce n'est pas une comédie familiale, mais une tentative très maladroite de Feel Good Movie trash. À voir au cas où la canicule vous replonge dans une salle obscure par hasard.

  93. Charlie Mortdecai - (5) aurait pu être une comédie d'espionnage légère sans la volonté affichée d'offrir à Johnny Depp un nième ersatz de Jack Sparrow. En effet, en incarnant le héros imaginé par Kyril Bonfiglioli à la moustache Poirotienne, un aristocrate fin de race désargenté et escroc poursuivi par des terroristes, des agents multi-gouvernementaux et des maffieux chinois, Depp s'offre une nouvelle figure de style où son look maniéré et lâche - Merci, Paul Bettany ! - fait office de scénario loufoque. Moins ridicule et raté que Transcendance (W.Pfister - 2014), Charlie ne mérite pas l'opprobre international, en raison des 2nds rôles - Gwyneth Paltrow, en tête - qui s'amusent réellement. De là à sauver totalement le film, il y a un gouffre que je ne franchirais pas.

  94. L'interview qui tue ! - (5) ne mérite pas de déclarer la guerre à une industrie ou à un pays car, quelque soit l'origine des menaces, cette Interview n'est qu'un film potache du duo Rogen - Goldberg déjà à la tête de C'est la fin (2013). Cette fois, ils ont imaginé le plus crétin des journalistes américains - James Franco toujours convaincant - désigné par Kim Jong-un pour venir en Corée du Nord l'interroger sur sa perception de SA réalité du monde. Bien sûr, il est hautement ridicule - mais Saddam Hussein l'était déjà dans Hot Shots ! 2 (J.Abrahams - 1993) - mais c'est le vrai qui a commencé (Regarder une photo nocturne de la Corée du Nord pour vous en convaincre). Bien sûr, la subtilité n'est pas le point fort du duo - aussi auteurs de Voisins du 3e type (A.Schaffer - 2012) ou Nos pires voisins (N.Stoller - 2014). Bien sûr, le greffon CIA n'apporte pas grand chose de plus. Mais les acteurs - Eminem inclus - s'amusent en nous divertissant et si résister, c'est aussi voir ce film, alors vive la liberté.

  95. Diversion - (5) n'offre pas à Will Smith un retour sur son piédestal hollywoodien puisqu'il enchaîne une 3e déception de rang avec ce film d'arnaques mou du genou. Ce n'est pas qu'il ne mouille pas sa chemise, allant jusqu'à ce faire tirer dessus, mais le duo Pygmalion-Apprentie amoureuse qu'il forme temporellement avec la craquante découverte du Loup de Wall Street (M.Scorsese - 2013), Margot Robbie, semble d'un autre siècle. Malgré quelques belles cartes postales exotiques, le scénario ne poussant pas ses héros dans d'invraisemblables twists - enfin, pas totalement, cette Diversion n'a rien de mémorable. Pas totalement bof, mais d'une banalité complète.

  96. Pixels - (5) est partagé entre le portnawak du scénario - des extraterrestres proposent de jouer l'anéantissement de la Terre en 3 parties d'arcade avec Kevin James en président des États Unis ! - et le fun espiègle des acteurs - Adam Sandler et Peter Dinklage en tête. En effet, sans eux, ce revival de Geeks 80's ne serait qu'un shoot'm up à effets sans âme mollement réalisé par le faiseur Chris Colombus. Ils se démènent contre Pac-Man, triomphent de Donkey Kong et se font grassement payer - entre une tenniswoman et une incarnation vidéo-sexy-ludique (Ashley Benson, soupire...), en conservant leur sérieux malgré la platitude des dialogues Carambar. Certes, ils auront été payé, mais peut-être pas à la hauteur du nanar potentiel qu'est Pixels.

  97. Listen Up Philip - (5) repose sur les larges épaules de Jason Schwartzman, romancier égocentré à la veille de publier son 2e roman qui rencontre son idole - Jonathan Pryce, peu inspiré. N'ayant guère de moyens, Alex Ross Perry privilégie les tunnels dialogués aussi amers qu'arrogants - quand les 2 écrivains se concentrent sur leur sujet préféré, c'est-à-dire eux - fuyant tout silence (systématiquement interrompu par une voix-off) et rendant les rôles féminins particulièrement insipides. Un peu plus d'écoute n'aurait pas fait de mal à cette production indé qui veut faire du Woody Allen sans en avoir les moyens et confond clichés branchouillés (Yvette et le jazz) et inspiration. Pas totalement raté, mais largement perfectible.

  98. A vif ! - (4,5) surfe sur le succès des émissions culinaires qui ont fait des tyrans des fourneaux les nouveaux héros de ce siècle. On suit donc Bradley Cooper, ex-deux étoiles au Guide Michelin revenu de la drogue et de l'alcool, se relancer à Londres pour obtenir une 3e étoile grâce à Daniel Brühl en salle et Sienna Miller en cuisine à ses côtés. Forçant ses démons et survivant aux trahisons attendues - Omar Sy caricatural, il va parvenir à ses fins en nous proposant de multiples moues investies et de belles assiettes préparées par d'autres. Si les ressorts ne manquaient pas autant de punch et le scénario ne surjouait pas autant l'esbroufe, la recette de cette comédie aurait pu être appétissante. Mais le casting international semble confondre agitation et investissement. Si vous désirez voir un bon film de cuisine, préférez #Chef (J.Favreau - 2014).

  99. Foxcatcher - (4,5) s'inspire de l'histoire sportive (et délirante) des frères Schultz - Channing Tatum et Mark Ruffalo crédibles au point d'être oubliés par les Oscars, lutteurs américains médaillés, et de leur coach improvisé, John du Pont. Ce dernier, incarné tout en prothèses par Steve Carell, finança une équipe de lutte pour trouver grâce aux yeux de sa mère - et accessoirement rapporter des médailles de Séoul. Entre incompétence prosélyte et drogues, l'entraînement particulier de ce pôle peu sportif s'acheva dans le sang et la paranoïa, devenant l'un des plus célèbres faits divers des 80's outre-Atlantique. Pourtant, malgré la sincérité des acteurs et de la reconstitution des compétitions, on reste un peu en dehors du film, tant le duo principal est antipathique et l'histoire loin de notre culture. Ce biopic n'est donc pas la bombe annoncée par la presse - ni le naufrage redouté.

  100. Wild - (4,5) est la version féminine et moins jusqu'au-boutiste d'Into the Wild (S.Penn - 2007). Débutant sur un magnifique plan de Reese Witherspoon - naturellement citée aux Oscars - jetant une chaussure dans le vide, ce chemin de Compostelle sauvage intrigue rapidement, nous présentant lors de flashbacks académiques ce qui l'a amené - l'échec de son couple, la mort de son ancre maternelle - à ce périple solitaire de 1700 kms. Pourtant, l'intérêt décroche constamment, par ce background lourdement démonstratif et les rencontres naturelles inquiétantes (On sait que l'homme est un loup pour l'homme... donc pourquoi changerait-il au milieu de nulle part, surtout s'il n'y a pas de témoin ?). Dommage car la beauté des paysages et l'utilisation nostalgique de la musique de Simon & Garfunkel auraient dû contribuer à rendre cette renaissance sauvage passionnante.

  101. Crazy Amy - (4) hésite entre vulgarité - débitée à la mitraillette par la scénariste et actrice principale Amy Schumer - et bienveillante humanité - car nous aspirons tous au bonheur malgré nos imperfections (Qui a dit que c'était un slogan de site de rencontres ?). Il faut dire que Judd Apatow a vieilli et, en père responsable, propose maintenant des chroniques adultes (parfois) désabusées en lieu et place de ses comédies trash adolescentes qui le rendirent célèbre. Dès lors, cette transition féministe - on suit les aventures sexuées d'une journaliste Dom Juan qui, à la mort de son père, s'interroge sur ses choix de vie, se confrontant entre autres au sujet gourmand de son article - erre entre un trop plein de sages sentiments rédempteurs et une grivoiserie régressive et jouissive. Au final, ce n'est pas cette Amy qui rendra populaire Apatow en France.

  102. Pan - (4) tente le reboot-préquel de l'univers de J.M. Barie en nous permettant de découvrir son jeune Pan orphelin d'avant Wendy. Entre un Barbe Noire amoureux de Nirvana - Hugh Jackman dans la démesure amusée - et un Crochet en devenir, une Lily la Tigresse anémiée et une mère cachée, Peter - la belle découverte Levi Miller - hésite entre les 2 côtés de la Force dans un univers kitch et coloré, desservi par un scénario linéaire et des dialogues enfantins. De plus la volonté d'une production - excessivement - familiale efface de fait toute aspérité des personnages - qui sont donc moins entre gris clair et clair obscure qu'espéré - accentuant le côté anodin de cette relecture. Il n'y a pas de déplaisir à voir ce Pan, ni plaisir bouleversant, hélas.

  103. Cake - (4) souffre d'être le véhicule estampillé Oscar pour Jennifer Aniston. En effet, incarner sans fard une femme dépressive, alcoolique et abandonnée de (presque) tous - mais pas de sa bonne hispanique - séduit souvent les votants. Alors quand en plus une de ses connaissances - Anna Kendrick - se suicide, Aniston peut étaler toute l'étendue de son talent, en permettant aux autres personnages d'exister. Hélas, sans un scénario carré ou un metteur en scène compétent, cela peut être compliqué. Or ce ne sont ni le réalisateur David Sortilège Barnz ni le débutant scénariste Patrick Tobin qui parviennent à canaliser son one-woman show, rendant alors ses efforts vains. Ce n'est pas que ce Gâteau soit indigeste, mais il n'a pas un goût de revenez-y.

  104. Spectre - (3,5) souffre de débuter par la meilleure scène introductive des JB depuis ... longtemps. En effet, cette fête mexicaine des Morts au rythme des tambours nous laisse augurer du meilleur après le triomphal Skyfall (S.Mendes - 2012). Las ! La suite est une longue déception interminable qui ruine, en 150 mn, la Némésis bondienne par excellence, le SPECTRE et son chef Blofeld, que l'on découvre demi-frère envieux du héros. Tout est alors ridicule comme si Daniel Craig - producteur exécutif - ne voulant plus être l'agent 007 avait choisi un sabordage à 300 millions de dollars. Ni la présence enivrante de la cinquantenaire Monica Bellucci, ni les cascades délirantes et vraies de cet opus ne viennent relever le combat mortel que se livrent mondialement Christopher Waltz et Daniel Craig. Pire, la démultiplication des explosions Bigger Than Life (la base du méchant, l'immeuble final) tente vainement d'apporter du souffle - au premier sens du terme - à cette 25e aventure du héros de Flemming. Mais, c'est sans compter le jusqu'au-boutisme involontaire du duo intouchable Mendes-Craig qui élimine systématiquement les aspérités soufflées de ce Spectre. Tant pis, mais il est temps de changer de héros avant qu'ils ne soient inexorablement fatigués.

  105. Ted 2 - (3,5) ne renouvelle pas la demi-bonne surprise que fût le 1er opus (S.MacFarlane - 2012) car en voulant devenir père, l'ours obsédé nous oblige à grandir et laisser tomber la partie décérébrée qui avait tant plu. Certes, le choix de l'avocate Amanda Seyfried ou la visite à la banque du sperme nous rappellent encore son glorieux aîné. Mais le reste du film n'est qu'une sage litanie de scénettes faussement Rated R qui prouve que MacFarlane a eu de la chance une fois - mais pas deux. Certes, T2 n'atteint pas le niveau abyssal d'Albert à l'Ouest (2014), mais il faut rapidement qu'il laisse le scénario à de vrais auteurs pour son prochain film.

  106. La face cachée de Margo - (3,5) tente le hold-up émotionnel de Nos étoiles contraires (J.Boone - 2014) du même romancier John Green. Hélas, la chasse au trésor de Nat Wolff - Amoureux de sa voisine depuis son enfance, il tente de la retrouver après qu'elle ait fugué en suivant les petits messages codés laissés à son intention - n'en a ni la force, ni la saveur, la faute incombant aussi bien à son héroïne fantôme (Cara Delevingne actrice en devenir qui peut survivre plutôt bien sans argent...) qu'à la maigreur des enjeux dramatiques (Et oui, on passe tous de l'adolescence au monde adulte). Dès lors, l'émotion attendue laisse sa place à la superficialité et l'ennui. 3000 kms de Road Trip pour rien ne constitue pas un scénario. Alors un film intéressant...

  107. Indian Palace - Suite Royale - (3,5) est la suite inutile de l'année. En effet, malgré le plaisir de retrouver le casting survivant du 1er opus (J.Madden - 2012), les nouvelles aventures des occupants de l'hôtel Marigold sonnent creuses - de l'ouverture du 2e hôtel des héros à l'arrivée de l'auteur à succès Gere qui trouve en la mère de Dev Patel une nouvelle muse en passant par la complication des noces de ce dernier (et ses nombreuses scènes bollywoodiennes). Il est dommage que les 123 minutes du film ne soient pas à la hauteur de la dernière demi-heure plus remuante car, alors, l'échec aurait été moindre et le titre n'aurait pas été à ce point mensonger !

  108. Le Labyrinthe : La Terre brûlée - (3,5) n'a plus grand chose à voir avec le 1er volet (W.Ball - 2014) qui voyait les héros tenter de s'échapper d'un parc encerclé par un (Roulement de tambour !) labyrinthe. Cette fois, les survivants des Blocards se retrouvent sujets d'étude de la société WICKED, puis proies de créatures issues d'un sous-Resident Evil (2002 - 2004 - 2007 -2010 - 2012) avant de prendre la tête de le rébellion. Après un début pathétique - Ah, ces "sauveurs" ne semblent guère sympathiques - et un milieu affligeant - Rho, mon amie a été mordue, le final déçoit en étant presque sympathique - bien que prévisible (Quelle étonnante trahison !) nous donnant rendez-vous pour l'année prochaine. Tant pis.

  109. Mad Max: Fury Road - (3,5) souffre de son absence de scénario puisque Miller a décidé de mettre en image son pitch (Max aide Furiosa à fuir son Saigneur de Guerre, Immortan Joe) en privilégiant les prouesses des cascadeurs au dépend d'une histoire fouillée. Dès lors, si on en prend plein la vue et les oreilles - le montage Cut étant particulièrement clipesque par ses zooms avant/arrière démultipliés, le schéma poursuite - explosion - sable pendant 2 heures finit par être tellement systématique qu'il en devient contre-productif, voire écœurant. Tout est alors vain, la forme ne suffisant pas à constituer un film. Au final, Miller nous offre un reboot ou une parodie de sa célèbre trilogie (1979 - 1981 - 1985) ébouriffante de maestria tape-à-l'œil. Une vraie déception.

  110. Naruto The Last - Le film - (3,5) n'a pas la qualité de One Piece Z (T.Nagamine - 2013) : être directement compréhensible par le spectateur béotien qui découvre en salle ce monument du manga - 72 tomes publiés, 220 OAV et 10 films ! - car sans être particulièrement obscures, les relations entre les personnages méritent quand même quelques explications / connaissances initiales. Le rapprochement mystérieux et menaçant de la lune amène Naruto et ses amis à s'opposer à Toneri venu kidnapper la promise de Naruto, Hinata, et se venger du monde des Ninjas responsable de la mort de Hamura. Sorti au Japon pour les 15 ans du manga et scénarisé par l'auteur Kishimoto, ce NtL ne parvient jamais à transcender son statut d'OAV de luxe, tant l'animation fait plus télé que cinématographique.

  111. À la poursuite de demain - (3) ne parviendra pas à renouer avec le succès de l'attraction Disney des Pirates de Caraïbes (2003 - 2006 - 2007 - 2011 - G.Verbinski). En effet, malgré de jolis effets spéciaux, cet écrin à 190 millions de dollars tourne à vide, tant cette histoire d'adolescente potentiellement sauveuse du monde a été surexploitée ces dernières années. Ayant découvert un mystérieux pin's dans ses affaires qui la projette dans un univers parallèle, la jeune Casey - Britt Robertson - se met à la recherche d'un excentrique inventeur - George Clooney qui s'ennuie ferme - pour lui permettre d'accéder à la mystérieuse (dans tous les parcs D !) cité de Tomorrowland. Au final, cette Poursuite est par trop ambitieuse pour le jeune public qui aura du mal à percevoir les portées écologiques du film et par trop cucul pour les adultes qui souffriront du traitement particulièrement Disneyen de l'histoire.

  112. The Mend - (3) est une fausse comédie qui confronte deux frères - Stephen Plunkett en couple et actif et Josh Lucas aîné quasi clochard céleste - aux parcours antagonistes. Lorsque le plus jeune confie son appartement à Lucas, il est loin d'imaginer les bouleversements à son univers bobo que celui-ci va provoquer. Si le tout n'était pas aussi volontairement arty et Central Park, leur rapprochement pourrait s'apprécier, notamment grâce au duo principal - et la désinvolture débonnaire de Lucas - investi. Mais John Magary est trop préoccupé par sa volonté de faire du Woody Allen pour tenter d'élever son sujet au delà de l'anecdotique. Au final, cette Guérison essaye de faire passer la paresse générale pour de l'excentricité et le recopiage éhonté pour de l'hommage. Mais qui peut décemment être dupe, sinon les amis de Magary ? Personne.

  113. Girls only - (3) est une romance girlie parfaitement anodine bien que sympathique grâce au duo Knightley - Rockwell. En effet, si la partie amicale et intergénérationnelle n'offre que peu (qui a dit pas ?) d'intérêts - malgré Chloë Grace Moretz, le choix cornélien - oui, je plaisante - de l'héroïne entre son passé paralysant et son futur Rockwellien parvient à susciter l'intérêt. Malheureusement, il faut, avant le final prévisible (si, si !), souffrir les amies têtes à claques et minaudantes, le doublage agaçant, les dialogues passe-partout de supérette et autres mésaventures de teenagers de sitcom. Fallait-il sortir ce film en salle pendant le festival de Cannes ? C'est une bonne question que l'absence de public a définitivement résolu.

  114. Vue sur la mer - (3) est un anachronisme cinématographique et second film d'Angelina Jolie-Pitt à sortir cette année car si Invincible était une éprouvante réussite, cette Vue laisse pantois devant tant d'absconses lenteurs. En effet, en filmant la fausse désagrégation d'un couple d'artistes américains dans le sud de la France pendant les 70's, Angelina pouvait proposer une mise en abîme de son histoire et sa célébrité. Las, d'autant plus que la première demi-heure met en place une atmosphère intrigante avec cet hôtel figé et ses clients bohèmes. Mais, à force de paralyser ses plans et ses intrigues, d'accentuer les pauses hitcockiennes glacées, l'ennui s'installe pernicieusement et définitivement. Cette Vue n'est alors plus que surannée et cliché, décevant hélas les pires pronostiques. Dommage.

  115. Un + Une - (2,5) ne permet pas à Claude Lelouch de retrouver la légèreté de ses films les plus célèbres, tant il est respectueux de sa rencontre avec Mata "Amma" Amritanandamayi. Pourtant, le film nous offre, dans sa première partie parisienne, des aphorismes jubilatoires Lelouchiens par excellence. Puis, la rencontre avec l'hallucinée Elsa Zylberstein et son voyage indien font dérailler Lelouch et son acteur Dujardin de leur mécanique du cœur pour la voie paresseuse du road-trip ferroviaire improvisé. Pourtant, ici et là, quelques idées viennent réveiller le spectateur endormi (les rêves ou les larmes de Zylberstein, les retrouvailles des 2 couples principaux et le discours du revenant Lambert). Mais le tout est tellement lénifiant par manque d'ambition que la tristesse supplante le plaisir du spectateur.

  116. Mémoires de jeunesse - (2,5) suit les désillusions de la jeune et féministe auteure Vera Brittain - Alicia Vikander seule satisfaction de ce pensum agiographique - dont les rêves universitaires furent brisés par le déclenchement de la Grande Guerre. Devenue infirmière sur le front, elle y retrouvera une partie de ses amis plus ou moins détruits par le conflit. Alors que ses aspirations modernistes sont évacuées en quelques minutes, le film se déconcentre sur la génération sacrifiée - mollement incarnée par Kit "Jon Snow" Harington - à la boucherie. Prédire que la survivante deviendra pacifiste en 1918 est follement inattendu comme ce téléfilm paresseusement réalisé. Pas à fuir, mais de peu.

  117. Tracers - (2,5) suit les pas de Taylor Lautner en mode recyclage parkour, qui aspire à rentabiliser les 5 années d'abdos consenties pour la série Twilight (2008 / 2009 / 2010 / 2011 / 2012). Cette fois, après avoir changé d'identité dans Identité secrète (J.Singleton - 2011), il "incarne" un modeste coursier à vélo endetté auprès de la mafia chinoise qui rejoint l'équipe de voleurs de sa bien-aimée - Marie Avgeropoulos à la hauteur des enjeux dramatiques de son personnage. Bondissant - enfin sa doublure cascade - entre les buildings et les balles de ses partenaires et des policiers pas toujours de confiance (les deux !), il finira par retrouver sa liberté, sa voiture et la fille. Original, donc.

  118. Tale of Tales - (2,5) a été présenté à Cannes en pitchant l'aspect féérique de son scénario. C'est à mon sens très exagéré tant le grotesque des 3 histoires contées est affligeant. Entre un roi amoureux - Toby Jones - d'une puce géante qui donne son unique enfant à marier à un Terminator des montagne et un monarque libidineux - Vincent Cassel - qui épouse une très vieille lavandière métamorphosée en bombe A en passant par une reine - Salma Hayek - prête à sacrifier son époux pour devenir mère, rien n'inspire le rêve ni l'imaginaire. On s'ennuie de tant de monstrueuses inutilités dans des décors de carton-pâte et une absence de figuration qui apparente ce faux conte à un piètre téléfilm italien. Pas à fuir, mais pourquoi s'infliger cela ?

  119. Inherent Vice - (2,5) se veut tellement cool dans sa reconstitution du LA poppers et sexué de la fin des sixties que Paul Thomas Anderson en oublie l'essentiel : faire un film, et pas seulement une juxtaposition de saynètes hallucinées. Sur une enquête improbable d'un détective à rouflaquettes (retrouver le milliardaire amoureux de son ex), PTA offre à Joaquin Phoenix un personnage à la Dude qui, à défaut de passionner le spectateur, s'amuse dans l'extravagance de son trip parfois sexy, bien qu'exagérément prude. Et ce ne sont pas Josh Brolin, flicaille limite, Owen Wilson, informateur zen, Reese Witherspoon, amicale vice-procureur, ou Benicio Del Toro, avocat à la "Better Call Saul", qui vont l'aider à remonter le niveau de l'enchevêtrement indigeste. seule l'ex-petite amie - et Yummie Katherine Waterston - sauve un peu de l'ennui cette histoire, mais elle disparait au bout de 15 mn. Donc...

  120. Lazarus Effect - (2) voit n°13, pardon Olivia Wilde, s'essayer à la terreur - light, bien entendu - en revenant à la vie. Elle incarne à cet effet Zoe, une scientifique forcée, par l'intrusion du gouvernement dans ses recherches, à accélérer ses expérimentations sur la résurrection. Evidemment, tout se passant mal, ces coéquipiers finissent par la prendre pour cobaye afin de la sauver. Mais son retour à la vie va s'accompagner de multiples morts violentes, de musiques flippantes et stridentes, d'objets téléportés, de coupures électriques inopportunes, de possessions agitées et de clins d'œil inquiétants. Bien sûr, on peut sursauter un peu à ce recyclage sans vergogne des poncifs actuels (démultiplications des cameras de surveillance, yeux noirs pour souligner la possession maléfique, séparation des membres du groupe pour chasser le Démon...) mais cela demeure bien anodin, mais revoir Olivia Wilde, ça n'a pas de prix... Enfin si : 9,5 €.

  121. While we're young - (2) ne retrouve pas la magie de Greenberg (2010) du duo Baumbach - Stiller. Il faut dire que son rôle de documentariste bloqué depuis 8 ans sur le même reportage est surtout irritant et peu empathique. Sa rencontre avec Adam Driver, admirateur talentueux, et sa compagne fantasque Amanda Seyfried va donner un coup de boost à son couple et le confronter à ses choix. Filmé comme le testament d'une vie, While... ne se refuse rien, ni la vulgarité - Ah, ce vomi chamanique !, ni la honte - Naomi Watts devait-elle vraiment danser sur du hip-hop, ni la lenteur d'une mise en scène sans inspiration. Dès lors, ce bilan quadragénaire devient un pensum sexagénaire à voir dans un trop plein d'activité. Ou pas.

  122. True Story - (2) annonce les faits dans son titre simpliste qui lui sert aussi bien de scénario, de mise en scène et de justificatif aux retrouvailles du duo Hill - Franco. En narrant les relations ambigües d'un accusé du meurtre de sa famille et d'un journaliste désavoué après avoir truqué quelques articles, Rupert Goold espère donner au duo comique de C'est la fin (S.Rogen & E.Goldberg - 2013) une carte de visite Tchao Pantin (C.Berri - 1983). Mais il oublie de les diriger, les laissant pour l'un froncer ombrageusement les sourcils pour faire menaçant et l'autre être en mode ahuri Dumb & Dumber (B. & P.Farrelly - 1994). Cela peut se regarder à la télévision, mais à 10 €, la pertinence se pose.

  123. Gunman - (2) suit un tueur à gages - Sean Penn en mode paresseux / impôts à payer - forcé de reprendre son métier lorsqu'il devient la cible d'agents expérimentés. Si Pierre "From Paris with Love" Morel nous offre notre lot de scènes d'action, d'Europe en Afrique, il ne leur insuffle ni urgence ni passion, accentuant la sensation linéaire d'un script d'un autre temps. Ce ne sont d'ailleurs pas les pathétiques traumas psychologiques du héros - Rhô, je vais me racheter de mon dernier assassinat en travaillant pour une association humanitaire - ou les trahisons prévisibles - Rhô, j'étais ton ami et je me suis marié à ton Amour - qui l'amélioreront. Le tout est certes divertissant, mais parfaitement oublié une fois la salle de cinéma quitter.

  124. Mme Bovary - (2) est à l'image de la célèbre héroïne de Gustave Flaubert : tête à claques et suicidaire. En cela, l'interprétation apprêtée de Mia Wasikowska est parfaitement calibrée pour le drame attendu aussi bien financier qu'amoureux. Mais le manque de souffle romantique remplacé par un misérabilisme moderniste ou l'ambition auteure indé de la réalisatrice Sophie Barthes plombent excessivement un classique déjà particulièrement chargé, poussant le spectateur à s'interroger sur la pertinence d'une telle vision plus téléfilmesque que nécessaire. Ce n'est pas qu'Emma Bovary n'est pas un personnage fondamental du XIXe siècle. Mais l'est-il encore au XXIe, là est la question à 10€ que je vous suggère d'éviter.

  125. Agents très spéciaux - Code U.N.C.L.E. - (1,5) a tout du film que l'on veut aimer : un univers référencé et joyeusement désuet à la Avengers, des agents secrets des 2 bords qui ne se surclassent pas à la James "L'espion qui m'aimait" Bond, un réalisateur odieusement talentueux qui a réussi à rendre Sherlock Holmes (2010 - 2012) moderne et sexy - en parallèle à la version de Cumberbatch mortellement actuelle, certes. Pourtant, rien ne prend : ni le public qui a fui en masse, ni cette enquête - pour stopper définitivement une entreprise criminelle résolue à exploiter la Guerre froide à son seul intérêt - vue et revue, ni les répliques foncièrement MTV. Du gâchis, en somme, à la hauteur de l'attente.

  126. Poltergeist - (1,5) est le remake Canada Dry du film de Tobe Hooper (1982). En effet, si Gil Kenan ne change rien au pitch originel - les parents d'une petite fille enlevée par des esprits font appels à des experts des Forces Occultes, la présence de Sam Rockwell et Rosemarie DeWitt assure un spectacle (presque) pour tous où les effets, à défaut de ne pas être effrayants, sont spectaculaires - budget de 63 millions de dollars aidant. Toutefois, le résultat, correct sous sa forme, est particulièrement vain sur le fond, puisqu'aucun tressaillement ne vient réveiller le spectateur assoupi après 90 mn d'un rythme lénifiant. Merci donc pour les nostalgiques de Derrick (1974 - 1998). Pour les autres, passez votre chemin.

  127. Things People Do - (1,5) voit un père de famille renvoyé - Wes Bentley qui fait ce qu'il peut - cambrioler maisons et magasins afin de maintenir le niveau social et matériel de son heureuse petite famille. Alors qu'il parvient au quotidien à sauver l'illusion, il sympathise avec un inspecteur de police - Jason Isaacs rarement du bon côté empathique - qui va lui permettre de retrouver sa dignité, quitte à sacrifier un innocent pour conserver sa vie. Jonglant avec ce choix moral, Saar Klein semble ne pas avoir d'autre intention que de nous plonger dans cette interrogation éthique : être ou ne pas être en accord avec ses idées. C'est quand même peu pour justifier et/ou passionner pendant 110 mn de film.

  128. Captives - (1,5) est un mélange lourdaud entre le délitement du couple - malgré les efforts de Rosario Dawson et Ryan "Plus poissard que moi tu meurs" Reynolds, la perte d'un être cher, un Cold Case canadien à tendance pédophile technologique (summum du ridicule, il faut bien le dire) et une réflexion sur l'image - Alexia Fast pouvant voir tous les jours sa mère espionnée par caméra interposée. En effet, Atom Egoyan nous offre le "retour" de la fille d'un couple implosé 8 ans après sa disparition alors que les soupçons se sont portés sur le père. Dans cet anti-film de kidnapping, il démultiplie les flashbacks incongrus, démontant systématiquement toute tentation de tension et de rebondissements empathiques, comme si le suspens allait nuire à son propos. Le problème est que le spectateur a depuis longtemps perdu son intérêt pour son propos et ce n'est pas le final pathétique qui le fera changer d'avis.

  129. L'épreuve - (1,5) en est une car malgré tout le capital sympathie que l'on peut éprouver pour le couple Binoche - Coster-Waldau, il est difficile d'adhérer à cette histoire de correspondante de guerre blessée lors d'un attentat dont elle a suivi tous les préparatifs et confrontée à ses choix de vie que sa famille n'accepte plus. D'autant que l'antipathie familiale est si caricaturale que la réaction outrée de son mari après que notre héroïne ait amené sa fille aînée sur un fait-divers fait davantage sourire que pitié. Là est d'ailleurs le problème de cette Epreuve : entre les intentions louables du réalisateur et le surjeu des acteurs, le spectateur ne peut éprouver la moindre empathie pour ce barbant suicide programmé.

  130. Pitch Perfect 2 - (1) ne retrouve pas le capital sympathie du 1er volet (J.Moore - 2013). Il faut dire que les Bellas n'ont pas vu leurs personnages - Amy la Baleine ... Sic ! - s'étoffer depuis Hit Girls, que le scénario est encore plus anémique que l'original - interdit de compétition, la chorale doit remporter le titre mondial pour effacer le scandale de l'anniversaire du président américain - et que les Mash-up sont moins réussis. Seul le duo délirant des commentateurs - Elizabeth Banks et John Michael Higgins - sauve cette suite du naufrage. Leurs réparties sans filet PG 13 d'une misanthropie réjouissante allègent régulièrement le propos lourdingue et linéaire de PP2. Certes, cela ne rembourse pas les 10 € de la place, mais cela justifie le point généreux de ce classement.

  131. Knock Knock - (1) est une escroquerie qui, à part la vision affriolante du duo féminin - la craquante Lorenza Izzi et la folle Ana de Armas - dans la salle de bain, ne provoque que bâillements et absurdités. Si Eli Roth essaie un temps de nous faire croire que la vie d'un bon père de famille - Keanu Reeves ne reçoit donc plus de bons scénarii ? - peut être détruite après un moment d'égarement - alors qu'il a résisté, mais alors résisté..., il se désintéresse de sauver ses personnages plus idiots ou antipathiques les uns les autres dans d'improbables sursauts - Oh, un quota black et gay à supprimer sans remords, Ah, une décoration revue et corrigée d'intérieur, Eh un enterrement de vie d'homme marié filmé et publié sur Facebook (alors qu'on sait tous que le site censure le moindre idée de prémices d'un téton). C'est idiot et même pas jusqu'au-boutiste, prouvant une fois de plus que Roth se fichait de ce film et de nous.

  132. American Ultra - (1) oublie dans son scénario d'action décomplexée, narrant le retour à la "vie" d'un agent dormant effacé - Jesse Eisenberg Jason Bourne junkie - et des tentatives de l'Agence américaine qui l'a crée pour l'effacer, qu'il faut un minimum de finalité à une histoire foutraque. Or, entre les évasions à la Terminator (2009 - 2015) et les combats à la Jet "Danny the Dog" Li, la schizophrénie du personnage principal et les ralentis informatisés, le cabotinage des acteurs principaux (Au moins, Kristen "Bella" Stewart ne hurle pas pendant 2 heures, le film de durant que 96 mn) ou non et la joie du réalisateur concentré sur la forme de son ouvrage - n'ayant aucun fond à défendre, il n'a certes que peu de choix, on sort rapidement de ce long, si long, trop long clip raté.

  133. Docteur Frankenstein - (1) aspire à moderniser l'œuvre de Mary Shelley en se concentrant sur le créateur (James McAvoy pas assez convaincu pour dépasser son froncement de sourcils de l'affiche ratée) - et son assistant bossu (Daniel Radcliffe tentant de vieillir) et non la créature. Ce n'est pas que cette vision soit déplaisante, mais après le comique I, Frankenstein (S.Beattie - 2014), on n'attendait pas d'un pied bienveillant cette nouvelle adaptation prométhéenne. On n'est donc guère déçu par cette bromance grisâtre qui, sous prétexte d'opposer science et obscurantisme religieux, brasse dans un gloubiboulga indigeste effets spéciaux et dialogues involontairement parodiques. Un nanar inutile, en somme.

  134. Jet Lag - (1) n'est pas une mauvaise comédie, seulement un téléfilm dont on se fiche avant, pendant et après la vision. En effet, jamais le périple du trio Vaughn (Bad Trip !) - Franco (Frère de !) - Wilkinson (Je devais avoirs des impôts à payer ...!) en Allemagne pour sauver leur entreprise aérienne ne vient bousculer le spectateur somnolant. Il faut dire que les "gags" tombent à plat systématiquement - du séjour dans un hôtel-musée à la version skypienne du passage sous un tunnel en passant par le dépucelage de Dave Franco. Au final, le mystère demeure sur la sortie française au cinéma de ce nanar de luxe qui a coûté trois fois plus qu'il n'en a rapporté outre-Atlantique.

  135. The Visit - (1) a le mérite d'avoir coûté le budget bonbons sur L'ère d'Ultron et d'avoir relancé (mais non !) la carrière de M.Night "Twist" Shyamalan. En mode Found Footage pour faire jeune, il nous offre la visite de 2 petits enfants à leurs grands-parents particulièrement inquiétants (Qui confierait des enfants à la garde de Leatherface ????). Seulement, pourquoi ne pas lui avoir dit qu'aucune personne saine d'esprit ne continuerait à tenir une caméra lorsque sa vie est en danger ou que le rap juvénile tient plus du pathétique que de la bonne idée ? Il est d'ailleurs si peu certain de ses effets qu'il démultiplie les Jump Scare musicaux et ratés, pastichant même ce qu'il espère obtenir. Qu'Incassable (2000) paraît loin et mis en scène par un autre, tant cette Visite est digne de Scary Movie 2 (K.I.Wayans - 2003).

  136. La loi du marché - (1) est d'un ennui et d'un misérabilisme caricatural tels qu'on en vient à oublier l'immense performance de Vincent Lindon - justement récompensée à Cannes et qui devrait lui permettre d'en recevoir d'autres ! - et la 2nde partie qui pousse son personnage à un choix éthique. Malheureusement, ayant dû, avant, supporter 50 mn des pires clichés voyeuristes liés à la crise et à la détresse humaine - Ah, cette blague sur le nombre de gouttes contenues dans un verre vide, l'intérêt du spectateur a totalement disparu à ce moment. Dépressive et déprimante, cette Loi ne fait pas la sienne et ne vaut pas d'être subie.

  137. Insidious : Chapitre 3 - (1) se maintient à son niveau d'excellence - par rapport à la série Paranormal Activity (2009 - 2010 - 2011 - 2012 - 2014) qui va revenir à Halloween (Si, si! On en rit d'avance). Alors que James Wan est allé triomphé avec Fast & Furious 7 (2015), son acolyte de Saw (2005), Leigh Whannell, prend la suite de la franchise horrifique (2011 - 2013) et nous offre un banal téléfilm de possession qui ne parvient jamais à nous effrayer, y compris dans l'ultime faux twist qui ouvre la porte au chapitre 4. C'est donc à la fille Brenner - jolie Stefanie Scott - d'être la victime démoniaque sauvée une fois de plus par Lin Shaye. Vous en dire plus serait me moquer de vous. Ou pas.

  138. Pyramide - (1) est raté si vous espérez frissonner réellement tant les vilaines bestioles rencontrées dans la pyramide éponyme enterrée ne sont guère réussies. Par contre, la partie archéologique est plutôt intrigante, laissant augurer un survival d'aventures border line. Mais très vite, on déchante devant l'enchaînement de scènes improbables et l'élimination des personnages inutiles à l'histoire, mais nécessaires pour le quota d'hémoglobine du spectateur. Si on ajoute le monstre principal pathétique, on arrive à un nouvel avatar horrifique pitoyable, à peine réveillé par l'utilisation de nouvelles technologies et le faux twist générique. Manque juste une momie ou deux pour rendre le tout comique au premier degré, nous permettant de rire à gorge déployée dans la salle sans offusquer le reste du public déjà hilare.

  139. La bataille de la Montagne Tigre - (1) est un film de propagande chinoise qui n'a traversé le continent que sur le nom de Tsui Hark. Ce dernier s'en donne d'ailleurs à cœur-joie en démultipliant les effets Bullet Time, les méchants exagérément atypiques et les morceaux de bravoure des gentils soldats chinois. Si la propagande ne marquait pas autant les péripéties, l'ennui ne viendrait pas aussi vite. Hélas, par son outrance héroïque - 30 soldats peuvent éliminer des centaines de crapules surarmées - et des effets 3D carton-pâte, les 140 mn ne passent pas vite tant les tentatives d'endoctrinement de Hark sont maladroites. Peut-être qu'au nième degré ce film est autre chose qu'un pensum assommant embarrassant et fastidieux, mais alors seulement au nième degré.

  140. Cendrillon - (1) ne cible que les jeunes filles de moins de 6 ans, tant cette adaptation live est l'exact contraire de Maléfique (R.Stromberg - 2014) : cucul et monochromatique. Si on découvre les parents d'Ella et future Cendrillon, la suite ne bouleverse pas nos habitudes entre la marâtre jalouse de la jeunesse de l'héroïne - Cate Blanchett unique satisfécit du film, les demi-sœurs tout de jaune et de rose vêtues plus bêtes que méchantes, le prince amoureux et futur roi, la chaussure de verre - et plus de vair comme originellement - et le pardon de Sainte Cendrillon. C'est assurément naïf de croire que M.Mickey voulait tout changer en une fois, mais ce retour en arrière est particulièrement affligeant ou mercantilement assumé. À vous de voir.

  141. Jupiter : Le destin de l'univers - (1) questionne fortement sur la santé mentale de certains financiers du cinéma qui ont quand même donné 176 millions de dollars aux (faux-frères) Wachowski pour qu'ils puissent renouveler le mash-up indigeste et visuel entamé par Speed Racer (2008) et confirmé par Cloud Atlas (2013). Or, si certaines scènes semblent tirer d'un jeu vidéo magistral (la fuite multicolore terrestre !), la forme semble davantage motiver le duo que la création d'une histoire intéressante (Mais oui, on peut récurer des toilettes et accepter en moins de 5 mn d'être la réincarnation de la Reine des étoiles protégée par un ange sans aile au look Jar Jar Binks). Des effets spéciaux, aussi réussis soient-ils, ne remplaceront/constitueront jamais un scénario et personne ne me fera croire que tout l'argent est à l'écran !

  142. Ouija - (0,5) a mis 6 mois pour traverser l'Atlantique et n'ajoute rien au "talent" du producteur low-cost de la franchise des Paranormal Activity (2009 - 2010 - 2011 - 2012 - 2014), Jason Blum. Cette fois, c'est à cause d'une vieille tablette d'Ouija que le destin de 6 adolescents va basculer dans "L"'horreur et la mort, en se confrontant à un esprit pas content d'être toujours mort. Interdit aux moins de 12 ans, ce film fait donc "très" peur, multipliant les effets de base (sursauts musicaux et des acteurs, arrivée ou non des méchants, faux-twists annoncés 10 mn à l'avance, etc...). Le tout se laisse voir sans frissons ni bâillements. Mais pour réviser vos classiques d'Halloween, passez votre chemin.

  143. Bob l'éponge - Le film : un héros sort de l'eau - (0,5) n'était à priori pas ma tasse de thé, tant j'étais réfractaire à la série. Mais avec La grande aventure Lego (P.Lord & C.Miller - 2014), j'étais prêt à faire un effort. Las ! Les 3/4 du film sont animés et le 1/4 restant est particulièrement ridicule, Antonio Banderas surjouant l'outrance afin d'exister - un peu. Si ce calcul réussissait globalement à Hank Azaria dans l'oubliable diptyque bleu de Raja Gosnell (Les Schtroumpfs - 2011 / 2013), là, cela ne fait que souligner l'indigence du scénario où le rire semble avoir été volontairement éliminé. Un ratage complet.

  144. Le Transporteur : Héritage - (0,5) est un nouveau reboot inutile et raté (pléonasme ?) d'une série plus ou moins récente. En effet, après la trilogie Statham (2002 - 2005 - 2008) et la série télé (2012 - 2014), Besson tente de s'offrir un renouveau financier. Après la fin de la série Taken (2008 - 2012 - 2015) et le recyclage déjà raté de Banlieue 13, il signe (post-it !) une nième photocopie bourrine et paresseuse de sa Nikita (1990) originale. Hélas, il confie ses brouillons à des Yes-man plus (Olivier Megaton) ou moins (Camille Delamarre) doués. Celui-ci ne rate pas toutes ses scènes d'actions mais il sacrifie la globalité du fun des versions précédentes en confiant le rôle principal à Ed Skrein, qui fait ce qu'il peut avec ce qu'il a, c'est à dire rien. Ce n'est pas nul pour un téléfilm de la TNT, mais pour une production internationale, c'est bien imité.

  145. Hitman : Agent 47 - (0,5) réadapte le célèbre personnage de Square Enix (ex-Eidos) après la sympathique version de Xavier Gens (2007). Une fois de plus, l'action remplace la furtivité du tueur à gages, afin de souligner son efficacité, et tient lieu de scénario - 47 - Rupert Friend pas tout à fait rasé - doit retrouver une femme - Hannah Ware assez craquante - capable d'anticiper le futur : 47 tue les méchants - et régulièrement l'immortel Zachary Quinto, sauve la fille, échoue à sauver Ciaran Hinds et doit abattre son clone. Youpie. 85 mn de portnawak à effets spéciaux décérébrés pétaradants qui n'aura pas de suite grâce au publie américain. Merci pour une fois à eux.

  146. Les Chevaliers du Zodiaque - La légende du Sanctuaire - (0,5) parvient à condenser en 93 mn - et une chanson parfaitement ridicule du Chevalier du Cancer - les 73 épisodes de 20 mn de la célèbre série animée consacrés à la récupération par Athéna de son trône. En supprimant de multiples péripéties, sacrifiant des personnages secondaires importants et autres combats dantesques, ce film en 3D sans âme parvient à ruiner un univers, certes ridicule mais ayant de nombreux fans, sans apporter davantage que n'importe quelle intro d'un jeu vidéo lambda. Si la Toei espérait avec ce reboot attirer de nouveaux amateurs, elle ne parvient qu'à aigrir les fans de la première heure, tuant enfin - et sans doute définitivement - ces Chevaliers de Bronze jusqu'ici particulièrement increvables...

  147. Knight of Cups - (1,5) est le nouveau Terrence Mallick incompréhensible pour la majorité du public non critiques respectueuses du cinéma. Cette fois, l'absence de script se fait sentir dès les premières minutes tant Christian Bale semble errer dans son personnage et son histoire. Si être un génie permet de s'affranchir d'une histoire, de personnages et de mise en scène, alors assurément Mallick vient de réaliser son chef d'œuvre, tant tout est superficiel, hasardeux et brinqueballant comme sa volonté de confronter le héros à un maximum d'actrices brillantes, quitte à ne pas savoir quoi leur proposer. Entre le pensum sûr de sa bien-pensance et le puzzle à clés dont on n'a plus qu'une seule pièce, ce Chevalier peut sans mal ne pas se "savourer" en salle pour s'épargner un long moment de bâillements intempestifs et dépressifs.

  148. Magic Mike XXL - (0,5) ne devrait séduire que le public féminin récompensé par 100 mn d'abdominaux de chippendales - Oui, le film en dure 115, mais si on enlève les 10 mn de générique, il reste largement 5 mn pour la psychologie des personnages et la profondeur de l'histoire. Pour le reste du public cinéphile, en perdant Soderbergh et McConaughey, il perd l'essentiel du film originel (2012). Mais sans effets 3D - toujours pour la gente féminine, ce XXL est assurément raplapla et ne peut être qualifié de film, même au 3e degré.

  149. Gallows - (0,5) est encore un found fo(?)o(u!)tage terrifique qui, cette fois, suit 4 lycéens dans les entrailles du théâtre scolaire se préparant à se moquer de la reprise d'un spectacle qui avait causé de nombreuses morts 20 ans plus tôt. Bien entendu, les fantômes vont se venger des imprudents. Suivent 81 mn inutiles où tous doivent disparaître - surtout quand le fils du Pendu parvient enfin à sortir libre et que la Belle a été capturée... Suspens... Qui va mourir ? Les deux évidemment! Oups, j'ai encore spolié la fin d'un navet. Pardon. Comme Le Projet Blair Witch (D.Myrick & E.Sanchez - 1999) a 16 ans, ne serait-il pas temps de se renouveler vraiment, maintenant ?

  150. Cops - Les forces du désordre - (0,5) a tout du direct-to-video tant l'humour date d'un autre millénaire. Ainsi, suit-on deux amis - Jake Johnson & Damon Wayans Jr - qui se font passer pour des policiers parce qu'ils ont des costumes crédibles (!). Acceptés naturellement (!!) par de vrais policiers (!!!), ils participent au démantèlement de vrais truands sans que cela ne choque personne (!!!!) à l'exception du spectateur qui s'interroge s'il peut payer ce faux film (!!!!!) avec de faux billets (!!!!!!) ou demander un remboursement au distributeur (!!!!!!!) qui a osé sortir une telle bouse (!!!!!!!!).

  151. Les Profs 2 - (0) est LA déception française de 2015 tant l'esprit du 1er volet (P.F.Martin-Laval - 2013) a disparu. En traversant The English Channel, l'octuor perd son efficacité au profit d'une vulgarité affligeante - Arnaud Ducret n'a plus que le flageolet comme "signature" comique, par exemple - et d'un scénario indigent où ils doivent sauver l'héritière tête à claques de la couronne britannique malgré elle. Et ce ne sont ni Eric Lampaert sorti du château de Harry Potter, ni la directrice Laura Benson qui parviennent à redresser ce naufrage désolant. Vouloir produire une suite était logique. Mais fallait-il vraiment la bâcler à ce point ? Seul Christian Clavier semble avoir été lucide en quittant le bateau avant. Comme quoi...

  152. Les 4 Fantastiques - (0) est un nanar sans précédent tant son coût abyssal va ruiner la Fox, bien aidée en ce sens par Marvel, qui a mis en stand-by les comics consacrés à la famille Richard, et son réalisateur Josh "Chronicle" Trank, qui a crié partout qu'on lui avait volé "SON" film. Il faut dire que si le premier diptyque (2005 - 2007) s'adressait aux ados, celui-ci ne s'adresse à personne grâce à ces personnages pathétiques dans leurs background et le choix de leurs interprètes - car, quelque soit le talent de Miles Teller et Jamie Bell, ils n'ont plus 20 ans depuis longtemps. Quand on sait que l'introduction des "héros" prend une heure, que la découverte de leurs pouvoirs 20 mn, on ne peut qu'être atterré par la résolution du cas Fatalis dans le dernier quart d'heure, méchant ultime de l'univers FF et faire-valoir fantoche de cet éprouvant faux Marvel. Comme je suis d'humeur généreuse, je n'évoquerais pas l'indigence des effets spéciaux qui sont à peine dignes de Hulk (A.Lee - 2003), étalon du mauvais goût numérique. Heureusement que le public mondial a fui en masse, car ainsi il n'y aura pas de suite ! Mais un reboot dans 5 ans quand la Fox risquera de perdre ses droits est toujours possible. Hélas.

  153. Unfriended - (0) ne tient que sur sa nouvelle forme puisque tout se déroule en plans séquences sur les ordinateurs des 6 héros / victimes / coupables qui conversent sur Skype, Facebook et autres réseaux sociaux. Un an après le suicide d'une lycéenne, un mystérieux vengeur menace de mort toute personne qui se déconnectera d'une conférence à 6. Bien sûr, on peut louer l'inventivité de Levan Gabriadze qui parvient à rendre la forme crédible. Hélas, le fond est particulièrement raté tant les meurtres des protagonistes semblent tomber du ciel, s'enchaînant sans logique et sans peur puisque tout est pixellisé à outrance. Savoir qui est la coupable - l'héroïne, si ca intéresse quelqu'un - passe au 2nd plan tant la bêtise abyssale de l'ensemble fascine. S'interroger si cela vaut 10 (ou 4) € n'est par contre qu'une gageure tant la réponse négative s'impose rapidement au spectateur. À fuir.

  154. Un voisin trop parfait - (0) est tout à fait ridicule dans sa construction de thriller érotique tant la tension sensuelle entre Jennifer Lopez et Ryan Guzman rappelle celle du duo de Cinquante nuances.... Parfaitement insipide et capillotractée, la vengeance de ce dernier après que Mamie ne veuille plus le voir démultiplie les clichés harcelants au point de rendre ce méchant sympathique par tant de bêtises. Pour ce téléfilm du pauvre, on en vient à espérer un final amoral qui le verrait tuer la vilaine MILF et s'en sortir indemne ou on s'en fout totalement... On s'en fout totalement !

  155. Paranormal Activity 5 Ghost Dimension - (0) n'aura pas mis longtemps pour se moquer de ses spectateurs puisque cette fois, les producteurs de la plus délirante série soporifique du pop corn movie inventent le Found Footage en 3 D ! C'est tellement con que cela en devient de l'Art à ce niveau de cynisme et d'absence de morale. Si le film suit toujours le même créneau débilitant (Y a des méchants esprits qui viennent embêter / réveiller / détruire une gentille famille ricaine qui réfléchira à deux fois avant de s'installer dans une maison bradée), la forme amène un plus Nanar qui manquait jusque là. À fuir ou à regarder sans lunettes 3D pour s'amuser vraiment.

  156. Cinquante Nuances de Grey - (0) est tout sauf un film émoustillant tant la fadaise et la nunucherie bigote suintent de cette adaptation édulcorée et ratée. Pourtant, malgré tout le mal que j'en pensais à priori - le Mom Porn n'est pas mon genre de chevet, je m'étais promis d'être juste si le film en valait le coup. Or, au lieu d'une vague relation subversive, on assiste à une longue romance virginale au pays des Bisounours en cuir. Et ce n'est pas l'interprétation non alchimique du duo principal Johnson - Dornan qui contribue à réveiller le spectateur endormi ou hypnotisé par l'absurdité de ce casting qui se déteste ouvertement et qui n'arrive pas à le cacher. C'est nul et non avenu, mais comme cela a rapporté plus de 560 millions de dollars dans le monde, cela aura une suite !

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