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Extraits

Adèle interviewée

Adèle: Et bien parce que c'est toujours comme ça avec moi : ça commence mal et ça finit encore plus mal. Je tombe jamais sur le bon numéro.
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Adèle: Et bin la poisse, ça s'explique pas, hein... C'est comme l'oreille musicale, si vous voulez, on l'a ou on l'a pas.
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Adèle: Vous savez les papiers collants qui attirent les mouches en spirale ? Mais c'est moi craché. Les histoires moches, il n'y en a pas une qui me passe à côté. Faut croire qu'il y a des gens comme ça qui font aspirateur pour soulager un peu les autres. Je tombe jamais sur le bon numéro. Tout ce que j'essaye, ça rate. Tout ce que je touche, ça se transforme en vacherie.
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Adèle: Peut-être que j'ai jamais mérité mieux ? Ca doit être écrit quelque part, j'sais pas où. Y en a qui sont fait pour vivre en rigolant, moi j'ai jamais passé un seul jour de ma vie sans me faire avoir.
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Première rencontre sur le Pont

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Gabor: Vous avez l'air d'une fille qui va faire une connerie.
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Adèle: Il faut pas que j'y pense, c'est tout...
Gabor: Non, vous avez raison, pensez à des trucs marrants, ça vous donnera un petit coup de pouce.
Adèle: Non, mais ça va pas être facile, parce que les trucs marrants, c'est pas trop ma spécialité. C'est même à cause de ça que je suis là, vous voyez...
Gabor: Vous savez ce que je vois surtout ? Je vois qu'il va y avoir gaspillage, et ça, je supporte pas.
Adèle: Mais quel gaspillage ?
Gabor: Mais vous ! On ne jette pas une ampoule quand elle éclaire encore.
Adèle: Oui, bin, l'ampoule, ça fait un moment qu'elle est naze, figurez-vous.
Gabor: Vous me foutez le bourdon, là.
Adèle: Oh et bin, restez pas là, je vous ai rien demandé, je suis au bout du rouleau, vous comprenez pas ?
Gabor: Mais, enfin quel rouleau ? Euh, regardez vous, il est même pas entamé votre rouleau. Vous traversez une mauvaise passe, et puis c'est tout.
Adèle: Mais depuis que je suis née, je traverse une mauvaise passe. J'ai le label catastrophe, ça s'en va pas.
Gabor: Mais qu'est-ce que vous croyez ? Que ça va partir à l'eau ?
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Gabor: Passé la quarantaine, le lancé de couteaux devient aléatoire. C'est pour ça que je recrute sur les pont. J'aime bien rendre service.
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Adèle: Non, il me manque juste un petit peu de cran, parce que j'ai peur que ça soit glacé
Gabor: Bin, évidemment que c'est glacé ! Qu'est-ce que vous croyez ? Qu'ils la chauffent ?
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Gabor: Vous serez pas un peu con par hasard ?

Adèle  et Gabor aux urgences

Gabor: Ca vous arracherez la chique de sourire de temps en temps ?
Adèle: Vous trouvez que c'est le moment ?
Gabor: Mais c'est même le moment où jamais, vous devriez être dans un frigo, avec une étiquette aux doigts de pied.
Adèle: De toute façon, j'aurais dû le savoir...
Gabor: Savoir quoi ?
Adèle: Que je me raterais ! Je suis capable de rien, ni de me noyer correctement. Ca a toujours été comme ça.
Gabor: Et allons y, le violoncelle... Et que je te chiale un coup.
Suicidé: Faut pas vous laisser abattre. Un jour ou l'autre, vous y arriverez.
Adèle: Oh bin non, c'est pas la peine que j'insiste. J'ai jamais eu de chance pour rien, la preuve !
Gabor: Ah mais quelle preuve ? Quelle chance ? Ah non ! Venez avec moi.
Suicidé: Non, mais il faut qu'elle réchauffe. Vous voyez bien qu'elle n'est pas dans son assiette.
Gabor: La chance, la chance ! Qu'est-ce que vous croyez ? Que ça s'attrape comme ça, en regardant en l'air comme la grippe ? Mais il faut y croire, il faut la vouloir. Il faut se bouger le cul. Allez. Faut aller la chercher la chance, bordel de chiotte !
Adèle: Mais la chercher où ? Des coups de bol, j'en ai jamais vu passer. Je sais même pas à quoi ça ressemble.
Gabor: A moi. Vous voulez que je vous montre ?
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Adèle  et Gabor dans la Gare

Adèle: On peut tuer quelqu'un avec ces trucs là... ?
Gabor: Ah mais on peut tuer quelqu'un avec n'importe quoi. Avec un cure-dent, avec un trombone. Il ne faut pas se fier aux apparences, hein.
Adèle: Pas se fier, vous êtes marrant. Il fout quand même les ch'tons votre matériel.
Gabor: Mais les ch'tons de quoi ? Je croyais que vous étiez au bout du rouleau, que vous vous foutiez de tout. Il faudrait savoir. Ca vous a passé ?
Adèle: J'en sais rien moi. J'ai même pas eu le temps d'y repenser.
Gabor: Non, mais, regardez moi franchement : est-ce que je vous fait peur ?
Adèle: Bin, franchement, il faudrait pas me pousser beaucoup... Ca dépend...
Gabor: Ca dépend de quoi ?
Adèle: Je sais pas mais avec votre atelier, là, on peut pas dire que vous faîtes penser à un ange.
Gabor: Et ça ? Ca vous fait peur ça ?
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Adèle  et Gabor dans le train

Gabor: Vous en mettez ?
Adèle: De quoi ?
Gabor: Non, mais à votre avis, quand vous vous en fermez aux chiottes avec le premier venu, en général, vous mettez quoi ? Des boules Quiès ? Un protège-dents ?
Adèle: C'est pas le premier venu. C'est... Il fait de la tachycardie
Gabor: Et alors ?
Adèle: Bin alors... il a le coeur qui bat trop vite. Et moi aussi des fois. J'avais besoin, j'avais envie que quelqu'un me prenne dans ces bras. J'avais besoin d'un petit peu de douceur, et puis bon euh, je me suis peut-être un petit peu emballé, j'ai pas réfléchi.
Voyageur: Moi, non plus. On n'a pas réfléchi.
Gabor: Ah, bin comme quoi, vous étiez fait l'un pour l'autre. A vous deux, vous êtes à l'abri de la congestion cérébrale. Hein, ça...
Adèle: C'est de ma faute. Je sais bien que c'est pas une solution. Ca fait que colmater les brèches.
Voyageur: Mais quelles brèches ?
Gabor: Bin les siennes. Vous voyez bien qu'elle est fêlée de partout. Non. Non, non, ça ira, merci. Vous pouvez aller colmater ailleurs.
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Quelques conseils dans l'hôtel

Gabor: Qu'est-ce qu'il y a, il vous plaît ? Si vous voulez faire connaissance, les chiottes sont sur votre droite.
Adèle: On me sourit, je suis polie.
Gabor: Ah, mais j'ai bien peur qu'avec vous, la politesse finisse toujours au fin fond d'un plumard, hein.
Adèle: Non, mais évidemment, si vous voyez le mal partout...
Gabor: Non, non, non, pas partout, non.
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Gabor: Et puis vous me feriez plaisir si vous pouviez vous tenir à peu près droite, les reins cambrés, les épaules sorties et avec un rien de défi dans le menton, l'air décidé.
Adèle: Décidé à quoi ?
Gabor: A émouvoir. Tout à l'heure, il faudra que les spectateurs tombent amoureux de vous, qu'ils aient les boyaux noués quand le premier couteau partira.
Adèle: Non, mais vous faîtes pas de soucis : quand ils vous verront, ils seront complètement noués.
Gabor: Et puis, faites vous un petit trait noir, là, sous les yeux, ça vous donnera un regard inquiet, un peu tragique. Ca plaît toujours, ça.
Adèle: Vous trouvez pas que j'ai l'air assez tragique comme ça ? C'est peut-être pas la peine d'en rajouter ?
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Premier spectacle

Adèle: Comment vous faite à l'aveugle ? Vous fermez les yeux ?
Gabor: Ah, non. Ecoutez, tenez vous droite, respirez à fond, je m'occupe du reste, hein.
Adèle: Mais vous l'avez déjà fait ?
Gabor: Pas entièrement. Il me manquait la cible. J'vous attendais.
Adèle: Ohhh. Mais qu'est-ce que je vous ai fait ?
Gabor: Bien, vous m'inspirez. Je crois en votre chance. Il y a quelque chose en vous comme un fer à cheval, un trèfle à quatre feuilles. Mais si vous n'avez plus envie d'y croire, la sortie est là au fond du couloir et je ne vous en voudrais pas.
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Premières impressions

Adèle: Ca vous est déjà arrivé d'avoir très peur et du plaisir en même temps ?
Gabor: Oui.
Adèle: Quand ?
Gabor: Ce soir.
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Adèle: Et alors ça vous a plu ?
Gabor: Evidemment.
Adèle: Evidemment.
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Adèle: Enfin, si. Il y a un truc que je voudrais bien savoir : ça vous arracherez la chique de sourire de temps en temps ?
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Lendemains pluvieux

Adèle: Ca vous est jamais venu à l'idée qu'on pouvait vivre sans couteaux ?
Gabor: On peut vivre sans couteau, sans bras, sans jambe, sans vous, mais c'est moins bien qu'avec, quoi.
Adèle: Mais je vois pas le rapport... C'est complètement con comme réponse. C'est curieux comme vous pouvez avoir des absences, des fois.
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Adèle: Voyez : pas besoin de couteau, il suffit que je me baisse pour trouver de l'or.
Gabor: Vous travaillez tout le temps, vous, ça vous épuise pas ?
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Adèle: Allez, souriez, c'est les vacances.
Gabor: Mais, on n'est pas en vacances. On est perdu.
Adèle: Mais non. Ca, c'est parce que vous êtes défaitiste.
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Dernière gare...

Gabor: Non, mais là, je vais lui laisser ma place parce que vous allez vous dévisser les cervicales.
Adèle: Mais, j'ai pas besoin de votre place, je regarde, c'est tout. Ces derniers temps, vous pouvez pas dire que j'ai fait beaucoup d'excès, hein.
Gabor: Mais, allez y, soyez pas timide. Avec un peu de chance, il vous prendra debout, sur une table, à la portugaise. Ce serait bête de s'en priver.
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Adèle: Mais qu'est-ce que vous faites ? Vous avez quel âge pour jouer au train ? Vous cherchez quoi ?
Gabor: Je cherche ma voie.
Adèle: Regardez moi. Moi, j'y ai cru à vos histoires de chance, de trèfle à quatre feuilles, de tout sera facile, de Far Addibah. Moi, je vous ai fait confiance. C'est dégueulasse de faire ce que vous faîtes, d'essayer de décourager les autres, avec vos grands airs, vos trains, vos "je suis là, je suis plus là". Et puis votre genre proviseur à la con, à toujours juger les gens, à dire ce qu'il faut faire ou pas faire, c'est bien, c'est mal, tenez vous droit, levez le menton, mettez vous là.
Gabor: Moi, j'ai un genre proviseur à la con ?
Adèle: Un peu.
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Adèle: Non, mais vous pouvez bouder, j'm'en fous. Et puis d'abord, j'ai pas demandé à venir. Seulement maintenant, vous m'avez emmenée jusqu'ici, faut plus me lâcher. Et puis la chance, je crois que je commence à m'y habituer et à vous aussi.
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Départ d'Adèle

Gabor: Mais non, c'est pas possible.
Adèle: Si.
Gabor: Non, enfin, pas lui. Il vient de se marier. Il est dépressif. Il est grec.
Adèle: Il n'y en a jamais aucun qui m'a regardé comme lui. Il n'y en a jamais aucun qui m'a demandé si je préférais le côté droit ou gauche du lit, si j'avais froid, si j'avais chaud, si j'avais faim ou si j'avais soif. A part vous... peut-être, dans vos bons jours.
Gabor: Non, non, moi je ne vous ai jamais demandé si vous préférez le côté gauche ou le côté droit.
Adèle: Gauche.
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Adèle: Vous. Et puis lui, y a à peu près que ça qui m'est arrivé de bien dans ma vie. Voyez, ça fait pas lourd.
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Adèle: On fait comment : on se sert la main, on s'embrasse...
Gabor: On s'oublie.
Adèle: Je vous promets rien.
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Dernier Pont

Adèle: Vous avez l'air d'un type qui va faire une connerie.
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Adèle: Vous attendez quoi ? Que l'eau monte ? Vous avez vu, c'est pas facile, hein. On a l'impression qu'il suffit de penser à rien, de se laisser aller. Mais ces trucs là , ça marche jamais. Et puis les ponts, c'est pas tranquille comme point de chute. Il y aura toujours quelqu'un pour venir vous foutre des remords.
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Adèle: Vous vous êtes cassé quelque chose ?
Gabor: Oh... Un tas de choses. Faudrait tout changer... mais ça vaut pas le coup. Ca reviendrait plus cher qu'un lanceur de couteaux neuf.
Adèle: Mais qu'est-ce que j'en ferais, moi, d'un lanceur de couteaux neuf ?
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Adèle: On y va ?
Gabor: Où ça ?
Adèle: N'importe où. Partout où on ira, vous trouverez toujours un ou deux couteaux à me lancer.
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Adèle: De toute façon, on n'a pas le choix : quand c'est pas moi qui saute, c'est vous. On peut pas continuer...
Gabor: Continuer quoi ?
Adèle: A pas être ensemble.
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Les photos et les personnages des films cités ici sont la propriété exclusive de Patrice Leconte et de ses différents producteurs : Christian Fechner, Alain Poiré, la Gaumont, Trinacra Prod., AMLF, A2, Philippe Carcassone, René Cleitman, Lambart Prod, Thierry de Ganay, Hachette Première, Cinéa, UFD, Gilles Legrand, Frédérique Brillon,.... Leurs utilisations dans ces quelques pages n'ont aucun but lucratif. Bien au contraire, elles se veulent un réel hommage aux divers créateurs qui ont aidé Patrice Leconte à s'exprimer.