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Patrice Leconte


Portrait Né le 12 Novembre 1947 à Paris, Patrice Leconte a passé son enfance à Tours en compagnie de ses 2 frères, François et Antoine, et sa soeur, Véronique, et de parents médecins. Sa scolarité, au lycée Descartes, se déroula sans histoire. Mais très vite, avec son frère aîné, il tourne de petites histoires dans le jardin familial (les Voisins sera sa première oeuvre en 1962).
En 1967, il quitte Tours pour Paris où il s'inscrit au cours Littré, en classe préparatoire à l'IDHEC (future Fémis). Il intègre cette dernière l'année suivante, mais grande est sa désillusion sur l'enseignement qui y est dispensé. Heureusement, la Cinémathèque le comble. Il y passe la plupart de ses journées et se gave des grands classiques et des nouvelles oeuvres des héros de la Nouvelle Vague (comme Rohmer, Rivette, Truffaut ou Chabrol). 36,4 Ko

Don Patillo Grâce à son professeur Jean-André Fieshi, il participe pendant quelque temps aux Cahiers du Cinéma, où il écrit quelques critiques (exclusivement sur les films qu'il aime !) sur le cinéma d'animation. Ainsi, son article, paru en Mars 1968, sur le Théâtre de monsieur et madame Kabal lui permettra d'obtenir au près de Walerian Borowzyck un stage de stagiaire.

Son premier emploi post-Idhec est une fausse biographie de Marcel Gotlib, Tout à la plume, rien au pinceau (1970), pilote pour une série télé sur les grands de la bande dessinée. Mais cette dernière s'arrêtera à cet unique épisode, le producteur ayant fait faillite. L'année suivante, il participe à un film à sketches, les Amours impossibles produit par Pierre Braunberger (en filmant l'histoire d'un aide-laborantin amoureux malheureux d'une collègue dans le Laboratoire de l'angoisse). 6,6 Ko

Affiche de ma Femme s'appelle revient Le succès inespéré de son court-métrage (qui remportera plusieurs prix et suffisamment d'argent pour rembourser le producteur) l'incitera à produire son court métrage suivant, la Famille heureuse (1972-1973), sera pour Patrice Leconte une véritable baffe : sans public, ni prix, Patrice mettra près de 12 ans pour tout rembourser.

En parallèle à ses premières expériences cinématographiques, Leconte, qui a rencontré René Goscinny grâce à Gotlib, participera pendant 5 ans au journal Pilote, dessinant en compagnie de Bretécher, Reiser, Cabu, Fred et autre Petillon. Avec Gotlib, il tournera pour le journal ses premiers spots publicitaires parodiques (avec le slogan "Pilote, le Journal qui ose rire de tout"). Par la suite, il deviendra l'un des réalisateurs publicitaires les plus prolifiques (plus de 250 spots pour Thierry de Ganay). 6,7 Ko

Affiche de Félix & Lola De l'Idhec, Leconte n'a pas conservé que des techniques cinématographiques, mais aussi ses plus proches amis, Bruno Nuytten et Luc Béraud. Ce dernier va d'ailleurs avoir sur la vie sentimentale du héros une importance primordiale. En effet, lorsque Leconte rencontra sa soeur, Agnès, il en tomba éperdument amoureux et l'épousa en 1972. Ils auront 2 filles.
Gotlib et Leconte adaptent le personnage du commissaire Bougret imaginé par le créateur des Rubriques à Brac pour le cinéma. Ils proposent leur scénario à une star confirmé, Jean Rochefort, et à un inconnu qui commence à se faire un nom dans l'univers du café-théâtre, Coluche. C'est grâce à la notoriété grandissante de ce dernier qu'Alain Poiré décide de produire les Vécés étaient fermés de l'intérieur (1975) (l'imparfait ayant été employé pour satisfaire la Gaumont qui trouvait le titre original trop vulgaire). Afiches des Vécés fermés de l'intérieur

17,5 Ko Hélas, le tournage va être un enfer pour Leconte, Rochefort remettant en question tous les choix de mise en scène du "néophyte".
"Leconte n'est pas à la hauteur. Ce n'est pas sa faute, car c'est son premier film, mais il faut continuer d'une autre manière. Moi qui connais bien le cinéma, je vous propose de lui donner les conseils nécessaires" déclare alors Rochefort au producteur.

Pour en finir avec ce cauchemar, Leconte accepte l'aide contrainte de Rochefort et c'est plutôt "mal an" que le tournage s'achève. Le résultat, éreinté par la critique, ne rencontre pas le public et laisse Leconte exsangue pour le milieu du cinéma. Il travaille alors pour l'émission télé Aujourd'hui madame. Il se remet peu à peu à écrie des scenarii, notamment Epouvantable méprise avec Petillon qu'il propose à la troupe du Splendide. 8,7 Ko

Affiche des Bronzés Ne trouvant aucun financement, le projet est vite oublié, sauf par les membres du Splendide qui souffle le nom de Patrice au producteur de leur premier film les Bronzés (1978), adaptation de leur pièce Coquillages et Crustacés. Ce tournage sera très harmonieux et lancera durablement les carrières de la troupe et du metteur en scène. La première a lieu le 22 Novembre 1978 et est un succès (près de 2 200 000 spectateurs).

Yves Rousset-Rouard, producteur et oncle de Christian Clavier, a lancé très rapidement l'idée d'une suite, ce qui donnera naissance en 1979 aux Bronzés font du ski. Le succès bien que présent (1 354 900 spectateurs) fut à l'image du tournage moins réussi. Mais, Leconte retrouvera individuellement Jugnot (Tandem en 1986), Lhermitte (Tango en 1992) et Michel Blanc qu'il va retrouver à 7 reprises comme acteur et qui participera à l'écriture de 3 films (Viens chez moi, j'habite chez une copine en 1980, Ma femme s'appèle revient en 1981 et les Spécialistes en 1984). Sur le tournage des Bronzés

Affiche des Spécialistes Devenu un cinéaste "comique", Leconte enchaîne pour le compte de Christian Fechner 3 comédies jusqu'en 1984 où il se voit proposer la réalisation d'un film d'action qu'il va co-écrire (les Spécialistes). A partir d'une idée originale de Fechner (un film d'aventure avec Lanvin et Giraudeau), Leconte tisse un film qui va devenir son plus grand succès (5 320 000 entrées) et lui permettre de réaliser des projets plus personnels.

Face au sujet de Tandem (1986), les producteurs (dont Fechner) ne se précipitent pas pour financer le film. Cela sera donc la première production de l'ex-critique Philippe Carcassone et l'occasion pour Leconte de retrouver Jugnot et Rochefort : le premier avec plaisir, le second pour une "revanche". Si Jugnot fut difficile à convaincre (celui-ci devant briser son image de moustachu comique), le second fut enthousiaste. Ce tournage permit alors au réalisateur et à son acteur de se re-découvrir.
"Tu vois Patrice, nous, on a commencé par notre pain noir. Aujourd'hui, nous mangeons notre pain blanc. C'est mieux dans cet ordre-là."
Affiche de Tandem

Affiche de Mr Hire Ils se retrouveront alors dans le Mari de la Coiffeuse (1990), Tango (1992), les Grands Ducs (1995) et Ridicule (1996).
Pour une fois, un film de Leconte est plébiscité par la critique (et le public). Les César lui offrent même 6 nominations (pour un unique trophée, hélas, celui de l'affiche !). Il franchit un nouveau cap en 1989 en offrant à Michel Blanc le personnage dramatique de Monsieur Hire. Présenté à Cannes, le film remportera 7 nouvelles nominations aux César (et encore un seul trophée pour le son). Il marquera surtout une nouvelle étape dans la carrière de Michel Blanc, comme fut Tandem pour Jugnot.

Le Mari de la Coiffeuse, l'année suivante, aura une carrière à l'image des César : si la critique fut excellente (7 nominations), seulement 360 000 français auront la joie de rêver devant lui (0 récompenses !). Et pourtant, si le film fut un incroyable pari (il fut lancé par Thierry de Ganay sans l'ombre d'un scénario...), l'alchimie et la magie qui s'en dégagent auraient mérité d'être mieux récompensées. Jean Rochefort, dans son rôle de mari, y est aérien (souvenez vous de ses quelques pas de danse) alors qu'Anna Galiéna, actrice italienne presque débutante, y est sensuellement belle. Affiche du Mari de la Coiffeuse

avec Alain Delon En 1991, avec l'aide de Jean-Claude Dreyfus rencontré sur le tournage de publicités, Leconte convainc la veuve de Jean Anouilh de mettre en scène Ornifle au théâtre des Bouffes Parisiennes. Après 4 mois passés à Paris, la troupe part en tournée provinciale, lui donnant déjà l'idée de ses futurs Grands Ducs. En attendant, il retrouve Lhermitte et découvre Philippe Noiret et Richard Bohringer à l'occasion du mésestimé Tango (1992).

Cet échec sera suivi par l'échec du Parfum d'Yvonne (1993), adaptation en demie-teinte de Villa triste de Modiano. La performance de Jean-Pierre fait quant à elle l'unanimité.
Heureusement pour leurs producteurs, les films de Leconte rencontrent de vifs succès à l'étranger, notamment au Japon et en Scandinavie (allez savoir pourquoi...).
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Affiche des Grands Ducs 1995 marque l'arrivée d'un double projet cinématographique : les Grands Ducs avec le trio Marielle - Noiret - Rochefort et Ridicule avec Charles Berling, Fanny Ardant, Bernard Giraudeau et, à nouveau, Rochefort. 5 semaines sépareront les 2 tournages et ils auront des destins opposés : le premier sera un four et le second offrira ses premiers César au réalisateur.

L'idée d'une Chance sur deux (1998) revient encore à Fechner qui désirait depuis longtemps réunir Alain Delon et Jean-Paul Belmondo. Et c'est à partir de rien que Leconte et Patrick Dewolf vont imaginer ce scénario parodique où 2 ex-aventuriers se disputent la paternité de Vanessa Paradis. Jouant de multiples références (l'utilisation d'une mitraillette identique à celle de Borsalino (), l'évasion de Belmondo par l'échelle d'un hélicoptère,...), ce film aurait dû marquer le retour au Box office du duo. Il n'en sera rien et laissera Leconte groggy (il refusera ainsi d'être membre du Jury de Cannes). Affiche d'une chance sur deux

affiche de la Veuve de Saint-Pierre Vient alors le tournage de la Fille sur le Pont et la première rencontre avec Daniel Auteuil. La seconde ne se fera pas attendre puisque Patrice Leconte a accepté de remplacer, au pied levé, Alain Corneau qui a renoncé à filmer la Veuve de Saint-Pierre (2000). Cette histoire réunit le couple Binoche-Auteuil chargé de surveiller un condamné à mort, Kusturica. Si le tournage fut difficile (par -30°), la féerie de la Fille... ne se retrouva pas dans cet double histoire d'amour.

Après les ratés Felix et Lola (2001), Rue des Plaisirs (2002) et l'Homme du train (2002), il retrouve Sandrine Bonnaire pour l'agréable Confidences trop intimes (2004). Après son documentaire symphonique Dogora ouvrons les yeux (2004), il revient à la comédie avec la troupe du Splendide (les Bronzés 3 - 2006) et avec Daniel Auteuil (Mon meilleur ami - 2006). Après 35 ans de carrière et une nouvelle comédie (la Guerre des Miss - 2009), il semble vouloir prendre sa retraîte, annonçant - tel Luc Besson - qu'il ne lui reste que 2 réalisations à faire avant. Patrice Leconte en Chine


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Les photos et les personnages des films cités ici sont la propriété exclusive de Patrice Leconte et de ses différents producteurs : Christian Fechner, Alain Poiré, la Gaumont, Trinacra Prod., AMLF, A2, Philippe Carcassone, René Cleitman, Lambart Prod, Thierry de Ganay, Hachette Première, Cinéa, UFD, Gilles Legrand, Frédérique Brillon,.... Leurs utilisations dans ces quelques pages n'ont aucun but lucratif. Bien au contraire, elles se veulent un réel hommage aux divers créateurs qui ont aidé Patrice Leconte à s'exprimer.